LA «TRICHEROUSA», LA VIERGE «AUX TROIS MAINS»
fêtée le 28 juin et le 12 juillet
Parmi les icônes vénérées de l'Église orthodoxe, quatre seulement sont attribuées directement au peintre-apôtre Luc. La plus célèbre est la «Panagia Trichèrousa» du monastère serbe de Chilandari, sur l'Athos. La tradition raconte que saint Luc l'a peinte alors que, en sa qualité de médecin, il accompagnait l'apôtre Paul dans ses voyages missionnaires. Au Vllle siècle, elle devint la possession du grand théologien de l'Église d'Orient, Jean Damascène, qui lui vouait, à cause de son pouvoir miraculeux, une vénération particulière. Il ne faut donc pas s'étonner qu'il se soit élevé de toutes ses forces contre la vague iconoclaste déchaînée dans tout l'empire d'Orient par l'empereur Léon III. Sur ordre impérial, le calife de Damas fit trancher la main droite à Jean l'iconolâtre, afin que cette main ne pût plus rédiger d'écrits dirigés contre les iconoclastes. «Ainsi cette main, d'abord tachée d'encre dans la lutte contre les ennemis du Seigneur, fut-elle teinte de son propre sang» , écrit l'hagiographe. En proie à de grandes souffrances physiques et morales, Jean Damascène courut à l'icône cachée, qui remit sa main en place et chargea le théologien guéri d'«utiliser cette main comme le roseau d'un prompt scribe, afin de composer des hymnes au Christ et à la Mère de Dieu. En signe de reconnaissance, Jean fit ajouter une main d'argent sur la partie inférieure de I'icône. Depuis lors, celle-ci est appelée Trichèrousa, la Vierge aux trois mains. Elle appartint pendant près de quatre cents ans au cloître de Saint-Sabas, dans le désert de Judée. Au Xlle siècle, elle parvint entre les mains de l'archevêque serbe homonyme, saint Sabas (ou Sava). C'est lui qui fonda en 1196, le monastère de Chilandari, où la célèbre icône est restée depuis lors.
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