Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes

sous la juridiction de S.B. Mgr. André

archevêque d'Athènes et primat de toute la Grèce

NUMÉRO 72
SEPTEMBRE 1996

Hiéromoine Cassien

Foyer orthodoxe

66500 Clara (France)

Tel : 00 33 (0) 4 68 96 1372

 SOMMAIRE

NOUVELLES

HOMELIE SUR LE JEUNE HOMME RICHE

MUSIQUE BYZANTINE

RÉPONSE À UNE LETTRE

LE CALENDRIER DE L'EGLISE

LE MARTYRE DE SAINT ABDU'L MASICH

CHANGEMENT D'HEURE

QUESTIONS ET REPONSES


Nouvelles

Avec pas mal de problèmes, j'ai pu enfin terminer ce bulletin - problèmes dûs surtout à l'imprimante.
Ioanna, la fille de Philippe et Marie Quinta a été baptisée le 29 Septembre. La voici en photo le jour de son baptême.

Pendant l'été, il y a eu au foyer un peu du monde qui venait de partout : Russie, Grèce, Allemagne et la France bien sûr. Il y a toujours de visiteurs, encore maintenant, mais moins.
Un nouveau livre de Saint Jean Chrysostome est sorti : Explication des psaumes, tome 1. Il y aura deux autres tomes par la suite, plaise à Dieu. Par contre, la carte des monastères et églises en France ne sera prête que dans un mois, selon l'imprimeur, qui a rencontré des difficultés imprévues (je ne suis pas le seul).

Dans l'amour du Christ

Hm. Cassien

Lorsque le Fils seul-engendré de Dieu se reconnaît inférieur au Père, auquel Il se dit aussi égal, Il manifeste la vérité de l'une et l'autre condition en Lui : l'inégalité démontre la nature humaine et l'égalité affirme la Nature divine.

saint Léon le Grand (7e sermon pour Noël )


HOMÉLIE SUR LE JEUNE HOMME RICHE

Aujourd'hui, le douzième dimanche de Matthieu, nous venons d'entendre le passage de l'évangile où il est question du jeune homme riche. Cette histoire, nous l'avons maintes fois écoutée et lue et pourtant chaque fois nous y découvrons quelque chose de nouveau, tant le contenu est riche.
Le Seigneur dit d'abord au jeune homme : Si tu veux entrer dans la vie, accomplis les commandements , et l'homme lui répond qu'il a fait tout cela et demande ce qui lui manque encore. Alors le Christ lui réplique : Si tu veux être parfait et y attache les conditions.
Une chose est donc d'entrer dans la vie, c'est-à-dire d'être sauvé, autre chose de devenir parfait. Le salut suppose l'observation des commandements, tandis que la perfection demande tout à l'homme.
Le mariage et le monachisme figurent ces deux états, mais ils ne font que les figurer, car la réalité ne se limite pas à des contextes extérieurs et va plus en profondeur. Il y a des laïcs qui se sont détachés entièrement de toute cette richesse dont parle l'évangile et il y a des moines qui y restent attachés avec leur coeur. Ceux-ci ne sont que moines par l'habit et ceux-là ont réalisé l'idéal monastique tout en vivant dans le monde, ayant femme et enfants.
La perfection - chacun y est appelé - n'est pas un privilège pour une élite. Si nous n'arrivons pas à nous séparer de la matière, au moins détachons-nous avec le coeur, car c'est là que réside le mal. Sinon, tout le monde devrait vivre comme une Marie l'Égyptienne. Pourtant, il y a eu des saints - la sainteté n'est rien d'autre que la perfection - pas uniquement dans les monastères, mais également dans le monde. L'exemple le plus flagrant est la toute-sainte Vierge. Fiancée à Joseph, élevant les enfants de celui-ci et Jésus, elle vivait modestement sa vie de famille. Toute sa sainteté était intérieure, c'est par là-même qu'elle dépasse les autres saints. Ainsi, on la nomme plus sainte que tous les saints.
Quand le Seigneur demanda au jeune homme de quitter ce à quoi il tenait tant, celui devint tout triste. C'est ce qui nous arrive aussi chaque fois quand nous nous agrippons à ces fausses richesses auxquelles nous tenons tant : la volonté propre, notre culture, l'indépendance (que nous confondons souvent avec la liberté), et certes la matière et l'argent que nous croyons être à nous mais qui sont déjà passés par tant de mains et qui nous échapperont inévitablement.
Marc, seul parmi les évangélistes synoptiques, relate que le Sauveur, après la réponse du jeune homme disant qu'il a accompli tous ces commandements, le regarda et l'aima. On n'a pas envie d'expliquer et comprendre mais seulement on s'imagine le Regard du Seigneur, Regard plein de compassion et de compréhension. Quand je suis tenté, le meilleur moyen pour ne pas tomber est de représenter devant mes yeux le Seigneur qui me regarde sans rien dire, mais avec un regard qui dit tout.
Cette histoire n'est pas une parabole comme celle du bon Samaritain par exemple, mais un fait vécu. L'évangéliste nous l'a relaté afin que nous en tirions une leçon car chacun de nous est ce jeune homme riche et à tant d'instants dans la vie nous sommes mis devant le choix de nous replier sur nous-mêmes ou de suivre l'invitation à la vie que Dieu nous propose.
Pour terminer, encore un dernier aspect : le Sauveur disait les deux fois : Si tu veux , laissant toujours à notre libre choix de Le suivre, de L'aimer. Il n'y a rien d'obligatoire dans l'Église mais rien non plus ne reste sans conséquence. À chacun donc de voir ce qu'il cherche vraiment dans cette vie, ce qu'il en veut faire.

hm. Cassien

 

LORS DE LA DORMITION


Au casino de Corinthe, les clients sont marqués au laser, à l'entrée, d'une marque lisible à la lumière noire (et indélébile) : 666. Le casino détient au demeurant le record de morts mystérieuses de jeunes gens depuis le début de l'année.
dans : IOTA UNUM n° 342 

Quoi qu'il arrive à l'humble, aussitôt il se tourne vers la prière et il considère tous les hommes comme ses bienfaiteurs. Mais nous, après nous être détournés du chemin de la vérité et de la conduite des saints, nous voulons nous frayer un chemin selon nos volontés mauvaises. Cependant quoi de plus facile que d'écouter ce maître saint et exercé, abba Ammonas : «Prends bien soin de garder le silence quand quelqu'un t'afflige en quoi que ce soit et ne dis absolument rien avant que ton cÏur n'ait été adouci par la prière ininterrompue, et alors exhorte ton frère.»

En effet, celui qui désire marcher dans le chemin véritable et droit, lorsqu'il est troublé, s'en prend violemment à lui-même et se reprend lui-même constamment en disant : Pourquoi t'affoles-tu, ô mon âme ? Pourquoi te troubles-tu comme les insensés ? En cela même tu montres que tu es malade. Si tu n'étais pas malade, tu ne souffrirais pas. Pourquoi omets-tu de te blâmer toi-même et accuses-tu ton frère, alors qu'il t'a révélé ta maladie dans la vérité des faits ? Apprends les commandements du Christ, qui insulté, ne rendait pas l'insulte; souffrant, ne menaçait pas». Écoute-le dire en montrant l'exemple : «J'ai prêté mon dos aux coups, mes joues aux soufflets et je n'ai pas détourné mon visage de la honte des crachats». Et toi, malheureux, pour un seul outrage, une seule humiliation, tu es là à tramer mille pensées, te dressant des embûches à toi-même comme les démons. En effet, qu'est-ce que le démon peut faire de plus à cette âme que ce qu'elle se fait à elle-même ? Nous voyons la croix du Christ, chaque jour nous lisons les souffrances qu'Il a subies pour nous et nous ne supportons pas le moindre outrage ! Vraiment nous avons délaissé le droit chemin.

Entretiens d'abba Zosime (5 a-b)


Musique sacrée byzantine

La musique traditionnelle de l'Église orthodoxe, sa nature, son but et son exécution

par Constantin Cavarnos

La musique sacrée byzantine, qui est la musique traditionnelle, officielle de l'Église orthodoxe grecque, est caractérisée essentiellement par la simplicité c'est-à-dire qu'elle est exempte de toute complexité déplacée, la pureté c'est-à-dire qu'elle est loin de tout ce qui est sensuel, ostentatoire, faux, et par une puissance et une spiritualité sublimes. En ce qui concerne sa forme extérieure ou son aspect technique, elle a deux caractéristiques principales : elle est entièrement vocale, c'est-à-dire qu'elle ne fait usage d'aucun instrument et est monophonique, c'est-à-dire qu'elle n'emploie que des mélodies à une seule voix.

Ces qualités de la musique sacrée byzantine ainsi que la manière dont elles la caractérisent, deviendront évidentes dans ce qui suit, particulièrement lors de la discussion de son but et de la manière dont elle est exécutée.

Le but de cette musique n'est pas de faire entendre les belles voix des chantres ou de susciter des sensations esthétiques. Certes, les chantres doivent avoir une bonne voix et le chant doit être bien exécuté et agréable à entendre. Cependant, les bonnes voix et la bonne exécution ne sont pas recherchées pour elles-mêmes, et le plaisir qu'elles suscitent n'est pas non plus un but délibérément recherché, mais quelque chose d'accessoire. De plus, il ne s'agit pas d'un pur plaisir esthétique, mais de quelque chose de bien plus riche et élevé. Le but de la musique byzantine est spirituel. Cette musique est, en premier lieu, un moyen de culte et de vénération; en deuxième lieu, un moyen de se perfectionner, c'est-à-dire de stimuler et cultiver les pensées et les sentiments les plus élevés de l'homme en contrant et éliminant ceux qui sont plus bas et indésirables.
Son usage en tant que moyen de culte consiste à l'employer pour rendre gloire à Dieu et d'exprimer des sentiments de supplication, d'espoir, de gratitude et d'amour envers Lui. Son usage comme moyen de vénération consiste à l'employer pour honorer la sainte Vierge et les autres saints. Son usage en tant que moyen de cultiver des sentiments et des pensées plus élevés et de contrer les plus bas, est inséparable des deux autres. Il n'y a pas une sorte de musique qui sert à rendre gloire à Dieu et à honorer les saints et une autre sorte servant à transformer notre vie intérieure, mais la même musique, tout en ayant comme but direct le premier, mène en même temps à la réalisation du second. Car, pendant que nous rendons gloire à Dieu et honorons les saints au moyen des psaumes et des hymnes, ou pendant que nous écoutons les autres psalmodier en faisant de même dans notre coeur, les sentiments tels que la tristesse, la haine et la torpeur cèdent la place aux sentiments que suscite la musique, tels que la contrition, l'amour, la paix, la joie et le désir spirituels.
Dès le début, la chrétienté reconnut la valeur de chanter des hymnes et des psaumes comme un moyen de culte. Le Christ et ses disciples, comme en témoignent les évangiles, s'en servaient dans ce but. Matthieu et Marc relatent que lors de la dernière Cène, le Christ et ses disciples après le chant des psaumes, partirent pour le mont des Oliviers . (Mt 26,30; Mc 14,26) Et Luc, décrivant le même événement avec davantage de détails, dit : Déjà Il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. Ils disaient : 'Béni soit le Roi qui vient au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux !' (Lc 19,37-38). Et l'apôtre Paul, écrivant aux Éphésiens, leur dit : Chantez et célébrez le Seigneur de tout votre coeur. En tout temps et à tout propos, rendez grâces à Dieu le Père, au Nom de notre Seigneur Jésus Christ (Ép 5,19-20). Et Paul encore, écrivant aux Colossiens, leur dit de remercier Dieu, par le chant des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels (Col 3,16). Et dans son épître aux Hébreux, il cite le psaume de David : J'annoncerai ton Nom à mes frères. Je Te chanterai une hymne au milieu de l'assemblée (Héb 2,12). Et dans les Actes des Apôtres, Paul et un de ses principaux compagnons de travail, Silas, usaient de l'hymnodie comme un moyen de culte : Vers minuit, Paul et Silas, en prière, chantaient les louanges de Dieu; les prisonniers les écoutaient (Ac 16,25).
On trouve également dans le Nouveau Testament la reconnaissance du chant sacré comme instrument de progrès spirituel. Ainsi, Paul conseille aux Éphésiens : Ne vous enivrez pas de vin : on n'y trouve que libertinage; mais cherchez dans l'Esprit votre plénitude, récitant entre vous des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels (Ép 5,18-19). Ici, il est clairement entendu que la pratique de chanter ou d'écouter des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels nous élève spirituellement et fait de nous des réceptacles de l'Esprit saint. Et dans sa lettre aux Colossiens, il dit : Que la parole du Christ réside chez vous en abondance : instruisez-vous en toute sagesse par des admonitions réciproques. Chantez à Dieu de tout votre coeur avec reconnaissance, par des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés (Col 3,16).
L'enseignement de pères orientaux à ce sujet, enseignement éparpillé dans leurs nombreux écrits, est le développement des idées contenues dans le Nouveau Testament. Beaucoup parmi les plus grands pères parlent de façon saisissante de l'usage des psaumes, hymnes et chants spirituels en tant que moyens de culte. Dans une de ses lettres, saint Basile (330-379) dit : Qu'est-ce qui est plus béni que de se hâter à la prière dès la pointe du jour et d'adorer le Créateur avec des hymnes et des chants ? Saint Jean Damascène (c.676- c.754), dans l'Ode 5. du Canon de Pâques, dit : Veillons dès la pointe du jour; au lieu de la myrrhe, offrons l'hymne au Maître . Et saint Syméon le Nouveau Théologien (11e siècle) dit que chaque prière et psalmodie est une conversation (
synomilia ) avec Dieu dans laquelle tantôt nous L'implorons de nous donner les choses qu'il est propre à Dieu de donner aux hommes, tantôt nous Le remercions pour ses Dons, ou nous Le glorifions pour toutes les créatures qu'Il a faites, tantôt nous relatons ses Faits merveilleux qu'Il a accomplis à des époques diverses pour le salut des hommes et le châtiment des impies, ou nous racontons le grand mystère de l'Incarnation du Fils et Verbe de Dieu, et des choses semblables. Notons que le terme psalmodie , sous la plume des auteurs grecs, ne signifie pas seulement le chant de psaumes, mais aussi celui d'odes et d'hymnes.
Concernant l'honneur rendu aux saints au moyen de la psalmodie, saint Jean Damascène dit que nous devons honorer les saints en tant qu'amis du Christ, en tant que fils et héritiers de Dieu, comme dit saint Jean le Théologien et évangéliste : 'À tous ceux qui L'ont accueilli, Il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu' (Jn 1,12). 'Ainsi donc ils ne sont plus esclaves, mais fils; et comme fils, aussi héritiers de Dieu par le Christ'. (Gal 4,7) Or, un des moyens de rendre cet honneur est par 'des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels' . Ainsi, dans l'
apolytikion (l'hymne de renvoi) ou tropaire chanté en l'honneur des trois grands docteurs de l'Église - saint Basile le Grand, saint Grégoire le Théologien et saint Jean Chrysostome - le 30 janvier, il est dit : Nous tous, les amants de leurs paroles, réunis, chantons des hymnes en leur honneur, car ils ne cessent d'intercéder pour nous auprès de la sainte Trinité .
Les pères orientaux ont dit beaucoup de choses illuminantes sur la grande valeur de la psalmodie en tant qu'instrument de purification et de progrès intérieurs et moyen de combattre et d'éliminer les pensées négatives, vaines et indésirables (
logismoi ), ainsi que les sentiments négatifs et indésirables qu'ils appellent passions (pathè ) et de susciter et nourrir les pensées et les sentiments positifs, plus élevés et désirables. Je vais donner quelques exemples. Saint Athanase le Grand (295-372) constate que grâce à la psalmodie, la turbulence, la dureté et le désordre de l'âme s'adoucit et la tristesse est surmontée . Et un peu plus loin il remarque que ceux qui psalmodient bien, psalmodient non seulement avec leur langue, mais aussi avec leur esprit et en tirent profit grandement non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour ceux qui souhaitent les écouter. Ainsi le bienheureux David, chantant de cette façon à Saül, fut agréable à Dieu, en même temps qu'il chassa la passion turbulente et folle de Saül et apaisa son âme. Semblablement, dans une de ses lettres, saint Basile dit : L'exercice de la piété nourrit l'âme de pensées divines. Qu'est-ce qui est donc plus béni que d'imiter sur terre les chorales sacrés des choeurs angéliques; de se hâter à la prière dès la pointe du jour et d'adorer le Créateur avec des hymnes et des cantiques spirituels; puis, quand le soleil brille et que nous vaquons à nos besognes, la prière étant notre compagnon partout, assaisonner d'hymnes notre travail, comme la nourriture de sel ? Car l'état de l'âme qui a de la joie et pas de tristesse est une bénédiction procurée par la consolation des hymnes . Et dans une autre lettre, il affirme que grâce à la psalmodie, on acquiert l'attention et on empêche le coeur de vagabonder. Saint Jean Chrysostome (c.345-407), dans son commentaire du psaume 41, dit : Rien, rien n'élève l'âme autant, rien ne lui donne des ailes, ni ne la délivre de la terre, ni ne la libère des liens du corps, ni ne la fait aspirer à la sagesse, ni n'efface tous les soucis de cette vie autant que la mélodie à l'unisson et les chants sacrés bien rythmés . Et commentant le passage de l'épître de saint Paul aux Éphésiens que j'ai cité plus haut, il dit : Ceux qui psalmodient sont remplis de l'Esprit saint, exactement comme sont remplis d'un esprit impur ceux qui chantent des chansons sataniques . Évagre le moine (c.345-399) constate que la psalmodie, l'endurance et la compassion arrêtent l'agitation de la colère . Saint Cassien (4e-5e siècles) souligne la valeur qu'a la psalmodie, accompagnée d'autres moyens, de produire la purification de l'intellect. La correction de notre intellect (dianoia ), dit-il, est en notre pouvoir et requiert des efforts de notre part. Car lorsque nous étudions continuellement et avec intelligence la Loi de Dieu et chantons des psaumes et des chants sacrés et pratiquons à côté le jeûne et les veilles, les mauvaises pensées se raréfient et ne trouvent plus de place dans notre intellect . Saint Nil l'Ascète (4e-5e siècles) enseigne que la psalmodie endort les passions et calme l'intempérance du corps . Saint Jean Climaque (c. 525-605) observe que parfois une psalmodie convenable éteint la colère d'une manière très efficace . Et ailleurs il affirme que selon les pères, la psalmodie est une arme contre les mauvaises pensées. Encore ailleurs, parlant de manière dramatique de la torpeur spirituelle (acédie), il fait confesser au démon de l'acédie : Mes adversaires par qui je suis maintenant tenu lié, sont la psalmodie et le travail manuel . Et à un autre endroit, parlant de façon plus générale, il dit : Un cheval noble quand il commence à courir, se réchauffe et plus il court, plus il a l'habitude de courir. Par la course j'entends la psalmodie et par le cheval noble l'intellect (nous ), qui, percevant de loin la lutte spirituelle et étant préparé (au moyen de l'hymnodie), reste invincible .

À suivre 

 


Dieu est paix, au-déla de tout trouble et bruit.

Nos hymnes, de même, doivent être angéliques, sans trouble.

saint Grégoire du Sinaï


Quoi qu'il arrive à l'humble, aussitôt il se tourne vers la prière et il considère tous les hommes comme ses bienfaiteurs. Mais nous, après nous être détournés du chemin de la vérité et de la conduite des saints, nous voulons nous frayer un chemin selon nos volontés mauvaises. Cependant quoi de plus facile que d'écouter ce maître saint et exercé, abba Ammonas : «Prends bien soin de garder le silence quand quelqu'un t'afflige en quoi que ce soit et ne dis absolument rien avant que ton cÏur n'ait été adouci par la prière ininterrompue, et alors exhorte ton frère.»

En effet, celui qui désire marcher dans le chemin véritable et droit, lorsqu'il est troublé, s'en prend violemment à lui-même et se reprend lui-même constamment en disant : Pourquoi t'affoles-tu, ô mon âme ? Pourquoi te troubles-tu comme les insensés ? En cela même tu montres que tu es malade. Si tu n'étais pas malade, tu ne souffrirais pas. Pourquoi omets-tu de te blâmer toi-même et accuses-tu ton frère, alors qu'il t'a révélé ta maladie dans la vérité des faits ? Apprends les commandements du Christ, qui insulté, ne rendait pas l'insulte; souffrant, ne menaçait pas». Écoute-le dire en montrant l'exemple : «J'ai prêté mon dos aux coups, mes joues aux soufflets et je n'ai pas détourné mon visage de la honte des crachats». Et toi, malheureux, pour un seul outrage, une seule humiliation, tu es là à tramer mille pensées, te dressant des embûches à toi-même comme les démons. En effet, qu'est-ce que le démon peut faire de plus à cette âme que ce qu'elle se fait à elle-même ? Nous voyons la croix du Christ, chaque jour nous lisons les souffrances qu'Il a subies pour nous et nous ne supportons pas le moindre outrage ! Vraiment nous avons délaissé le droit chemin.

Entretiens d'abba Zosime (5 a-b)

RÉPONSE À UNE LETTRE 

Mon cher,

Tu m'écris que tu regrettes le temps où tu étais en bonne santé, te permettant de faire tes métanies, de prier debout, de jeûner selon les règles, le temps où tu vivais avec aisance en faisant des aumônes et autres bonnes oeuvres.

Saches, en supportant avec résignation et joie même les humiliations, les privations et les maladies d'aujourd'hui, tu progresseras bien plus spirituellement.

Ne te révolte et ne t'afflige pas, mais regarde le Christ qui dès la crèche jusqu'à la croix supportait bien plus pour nous. On ne t'a pas encore crucifié, même pas flagellé, et tu te lamentes.

Au lieu de t'apitoyer sur ton sort, pense à l'amour que le Seigneur a montré envers nous, pense à tous ceux qui souffrent à ce moment même, bien plus que toi. Combien sont en prison et envient ta liberté ? Combien sont gravement malades ou en agonie ? Combien sont seuls et n'ont personne avec qui partager leur peine et leur solitude ? Combien ont faim ou même pas d'eau à boire ? Combien de misères et de drames que Dieu seul connaît ? Qu'est-ce ton petit malheur à côté de tant de souffrances ?

Plutôt que de gémir sur ton sort et sous ta croix, songe un peu à tous les bienfaits dont tu jouis jour après jour. Dieu ne t'accorde rien pour ton malheur; même la souffrance contribue à ton salut. Par contre, ce que le malin t'apporte, la joie même t'entraîne à ta perte. Regarde donc plutôt d'où t'arrive ceci ou cela.

Est-ce par hasard que tu es malade et pauvre, ou n'est-ce plutôt la conséquence de ta vie déréglée d'autrefois qui est loin d'être réglée ? Prends en toi à toi-même, et pas à Dieu ni aux autres, car «comme on fait son lit on se couche».

Pour finir, toutes nos souffrances viennent de la fausse pitié que nous avons envers nous-même, comme je l'ai déjà écris dans un bulletin antérieur.

Que Dieu t'éclaire et te rende courageux !

Dans l'amour du Christ.
hm. Cassien

Mon âme, mon âme, réveille-toi, pourquoi dors-tu. La fin est proche et tu vas être examinée. Lève-toi, afin que le Christ Dieu t'épargne, Lui qui est partout présent et qui remplit tout.

Kondak du Carême

LE CALENDRIER DE L'ÉGLISE
(suite)

a. Ne vous conformez pas au siècle présent

Jusqu'en 1924, l'Orthodoxie vivait au milieu du monde sa propre vie qui est cachée en Jésus Christ . Par l'exemple et la médiation sanctifiante de notre Souveraine, des saints anges, prophètes, apôtres, pères, mères, martyrs et confesseurs, le fidèle prenait conscience de sa haute et éternelle destinée, du fait qu'il ne constitue pas une entité individuelle, qu'il n'est pas un parmi les petits pois uniformes qui rempliront la boîte de conserve de l'Antichrist, mais qu'il est une personne dont les cheveux sont dénombrés et qui tient dans sa main un caillou blanc sur lequel est écrit son propre nom et que ce nom est unique. C'est ce nom unique qui lui attribue sa qualité d'homme créé à l'Image de Dieu et à sa Ressemblance, un peu inférieur aux anges selon la nature, mais appelé à devenir un dieu par la grâce et surpasser même les armées angéliques, comme ce fut le cas pour la très sainte Vierge Marie.
Il est un homme, car contrairement aux autres créatures terrestres, il est une âme raisonnable, et comme âme raisonnable et temple de Dieu, il a un appel et possède une destinée, ainsi qu'une liberté de choix et une possibilité d'éternité. Tout ceci le rend une personne responsable qui marche sur la terre de son émigration à l'aide d'une boussole, en suivant un itinéraire prescrit. Il suit sa propre direction et ne se limite pas à la marche et à la direction des autres, car il n'est pas une cellule d'une masse anonyme, ni un animal d'un troupeau quelconque. Il a reçu un appel personnel; il sait en qui il a cru et peut choisir ses propres compagnons de route.
Jusqu'en 1924, l'Orthodoxie vivait sa vie et son calendrier n'était rien d'autre que la pulsation de cette vie, le battement de son coeur. Depuis 1924, on cherche à l'obliger à suivre le monde et à se conformer à ce siècle , afin que son coeur batte selon la pulsation de ce monde, même si la forme de ce monde passe (1Co 7,31) malgré toute sa logique , toute sa précision mathématique et astronomique, malgré ses exploits scientifique et spatiaux.
Demain peut-être on découvrira un autre calendrier, plus scientifique, ou une nouvelle mesure du temps. Car pourquoi maintenir par exemple le cycle hebdomadaire de sept jours ? Pourquoi l'ONU ne trouverait-elle pas un autre système avec des jours blancs de sorte que le jour de l'An tombe toujours un dimanche ou de nouvelles divisions du mois.
Faudra-t-il alors que l'Orthodoxie change, une fois de plus, sa pascalie, son cycle des huit modes, son sanctoral et toute sa vie et tradition pour se conformer et s'adapter aux nouvelles exigences d'une époque plus moderne ?
Les réformateurs de 1924 qui n'ont pas encore compris que les cieux et la terre passeront (Mt 24,35) avec tous les systèmes de mesure et que toutes ces questions constituent (d'après l'illustre patriarche Jérémie II) des enfantillages , ont répondu oui à cette question, il y a 47 ans.
Ainsi, au lieu que l'Église sanctifie et vivifie le monde et lui attribue de nouvelles dimensions au-dessus du temps , elle est obligée de s'adapter elle-même aux matrices que le monde lui propose, de se conformer à lui et se faire remorquer par lui.
Au lieu de permettre à l'homme de devenir lui-même icône en regardant les saintes icônes, ils dessinent notre très sainte Mère de Dieu sous les traits de telle ou telle courtisane de la Renaissance italienne, justifiant ainsi les Bibles maçonniques selon lesquelles l'homme créa Dieu à son image et à sa ressemblance . Les hommes ne pouvant pas distinguer la beauté spirituelle des icônes orthodoxes, préfèrent les décalcomanies charnelles de l'Occident. Ne voyant pas les dimensions spirituelles et supra-temporelles de l'Église, ils préfèrent la précision du calendrier grégorien. D'après leur foi sont aussi leurs icônes, leur musique, leur architecture, leur calendrier etc., comme nous avertit saint Jean Damascène.

b. Danger du conditionnement scientifique

Les hommes, ayant perdu l'espérance de la seconde Venue du Christ, cherchent sur cette terre la totalité de leur bonheur. Mais ce bonheur est dépendant du progrès de l'humanité, le progrès est dépendant du développement de la science et la science présuppose la précision. Ainsi, la recherche de la précision scientifique est devenue maintenant une psychose.
Quand les hommes sont allés sur la lune, l'archevêque Jérôme appela cela le plus grand miracle de l'humanité . Des
Te Deum furent chantés en la cathédrale d'Athènes et ailleurs et des prières et des cantiques furent improvisés dans les églises en l'honneur des astronautes. Qu'est-ce que cela peut faire d'être hérétique, du moment que l'on est parvenu à marcher sur la lune ! Voilà des miracles bien tangibles.
La plus grande corporation religieuse de la Grèce, ZOI , qui engendra l'archevêque Jérôme et la plupart des nouveaux métropolites (en remplacement des anciens) édita et diffusa comme chaque année un agenda religieux de poche. En dehors d'un vieillard barbu sur la première page, symbole indéfinissable d'un vague déisme quelconque, l'agenda était plein d'astronautes, d'engins spatiaux, de voitures lunaires, d'inventeurs de fusées. Pour tout cela, on trouvé une place dans l'agenda de ZWH ! Mais pour le signe de la croix, l'icône du Sauveur, de la Plus-Vénérable que les chérubins ou d'un de nos saints, IL N'YA PAS EU DE PLACE !
Mais les pauvres astronautes se sont tout simplement déplacés dans les limites de la nature ! Nos saints, par contre, ont vécu comme des hommes célestes et des anges terrestres , comme ayant vaincu la chair, vaincu la nature, et ayant vaincu la nature sont devenus surnaturels , tandis que les astronautes, même s'ils traversent toutes les galaxies, ne pourront jamais devenir surnaturels sans le deuil joyeux de la foi orthodoxe !
C'est donc ainsi que conçoivent les miracles l'archevêque Jérôme et ses adeptes ! Tels sont les exploits qui les éblouissent jusqu'au délire ! Telle doit-elle être l'attitude d'un archevêque orthodoxe qui par sa position ne regarde pas vers les choses visibles, car les visibles sont passagères, tandis que les invisibles sont éternelles (2 Cor 4,18).
Voilà donc pourquoi la réforme de 1924 constitue l'indice d'une décadence spirituelle de la majorité qui revendique - arbitrairement d'ailleurs  - le titre de Orthodoxie officielle".

LES OPPOSITIONS DE NOS ADVERSAIRES

a. Généralités

Sur ce cinquième et dernier chapitre du présent mémorandum, qu'il me soit permis d'ajouter les arguments et oppositions de nos adversaires essayant d'y donner une réponse aussi courte que possible, à l'aide de notre très sainte Tradition.

b. Il s'agirait d'un détail

De tout ce que nous venons d'exposer plus haut, nous espérons qu'il ressort clairement que, si petite que puisse être considérée l'affaire du calendrier, du moment que, du fait de cette innovation, la Tradition, la piété et le dogme de l'Église furent méprisés, il nous est impossible de la tenir pour un détail. Dans le domaine spirituel, le commandement n'est pas mesuré quantitativement par son volume, mais par la dignité de celui qui commande. C'était aussi un détail que le fruit d'Éden, mais qui fut le Commandant et quelles en furent les conséquences !
À Aaron, il ne fut pas même permis de pleurer ses fils que Dieu avait punis de mort à cause d'un détail, en mettant sur l'autel un feu étranger !
Quelqu'un a osé ramasser du bois le jour du sabbat et il fut lapidé par toute l'assemblée des fils d'Israël. C'était aussi un détail.
Le Seigneur foudroya Uza pour avoir touché à l'Arche de l'Alliance afin de la protéger (privilège exclusive des Lévites) tandis qu'Il avait permis qu'elle soit capturés par les Philistins qui avaient même mis dedans des statuettes de souris et d'hémorroïdes.
Les sept saints adolescents Macchabées préférèrent le martyr plutôt que de manger de la viande de porc, bien qu'il s'agissait d'une prescription pédagogique provisoire pour Israël !
À cause de tout ceci nos saints pères nous ont transmis comme héritage spirituel e qui suit :
sache que même la plus petite transgression des choses transmises causerait le mépris du dogme entier , même si on altère une toute petite partie (de la foi), on opère un grand déshonneur et immédiatement reçoit le reproche (4e et 6e épîtres du saint et grand Photius).
Il nous est préférable de verser notre sang plutôt que d'innover un seul iota (Saint Sabba le Sanctifié à l'empereur Anastase).
N'invoque pas Jacques ni Jean, car même si quelqu'un parmi les premiers anges du ciel corrompt la prédication, qu'il soit anathème. Et il n'a pas dit : s'ils renversent ou contredisent tout, mai même si l'on annonce une moindre choses contre ce que nous avons annoncé, même s'ils ont déplacé n'importe quoi, qu'ils soient anathème ! (Commentaire de saint Jean Chrysostome de Ga 1,18
Nous ne permettrons point, ni à nous-même ni aux autres de toucher au dépôt présent, ni de transgresser une seule syllabe. (4e Concile oecuménique)
Il est appelé hérétique et est sous le coup des lois concernant les hérétiques, celui qui dévie même un tout petit peu de la vraie foi. (Georges le Scholaire)
Il ne faut pas seulement chasser de la communion de l'Église ceux qui pensent mal au sujet des choses primordiales et des principaux mystères, mais nous les séparons également comme 'cacodoxes' ceux qui pèchent contre les choses secondaires . (Athanase de Paros, Épitome, chap. 7.)

c. Le calendrier dit julien n'est pas exact

Ils nous disent même qu'à cause de l'inexactitude de notre calendrier, nous risquons de fêter Noël au mois d'août ! À cela nous répondons premièrement que nulle part nous n'avons reçu de la Tradition que nous devons fêter Noël avec la neige et le sapin, et deuxièmement que lorsque nous fêtons Noël avec la neige, comment nos frères de la même foi le fêtent-ils en même temps en Australie ?
Aussi, quand notre Église calcule la fête pascale en tenant compte de l'équinoxe du printemps , nous aimerions qu'ils nous disent : pour les orthodoxes australiens, l'équinoxe pascal reste-t-il printanier ?
Nous avons reçu de saint Basile que : Il ne faut pas servir le temps, mais le Seigneur , et saint Jean Chrysostome commande : Il ne faut pas observer des jours, des années et des temps, mais suivre l'Église partout avec précision et préférer l'amour et la paix au-dessus de toute autre chose .
Pas seulement cela, mais il ne faut pas oublier que l'Église n'a jamais eu une notion scholastique et rationaliste sur la précision. l'Église, débarrassée du corset de l'esprit scholastique, attribue à la vie de ses enfants de nouvelles dimensions, infiniment plu vastes que les dimensions de réalité et de précision de ce monde limité.
Cette attitude de l'Église, nous ne la rencontrons pas seulement par rapport à l'astronomie, mais aussi à l'histoire, la littérature et en général tout. L'inscription historique du Christ sur la croix est INRI (bien que non d'une façon identique dans les quatre évangiles). Nous préférons pourtant l'inscription : LE ROI DE GLOIRE ou L'ARBRE , car la théologie mystique prédomine sur la précision historique. En regardant Jésus sur la croix avec les yeux de la piété et de la connaissance véritable, nous Le voyons comme le Roi de gloire et non comme le roi des Juifs, avec la précision de l'histoire écrite par Ponce Pilate ! Quel serait au juste le texte de la prière dominicale Notre Père , car il n'est pas identique dans les évangiles qui la mentionnent ! Pas seulement cela, mais tous les récits évangéliques eux-mêmes ne sont pas identiques. Mais chaque fois que fut proposée à l'Église la compilation des quatre évangiles en un texte unifié, elle rejeta la proposition, jugeant que les différences en question ne la dérangeaient pas.
Souvent les Latins (façonnés par leurs dogmes erronés à un type d'homme différent doté d'une autre logique) perdent leur latin en discutant avec des orthodoxes : Quand cela vous plaît, vous prenez un mot au sens littéral, et quand cela vous plaît, au sens mystique ; toujours come cela vous arrange . Ceci parce qu'ils ne comprennent pas que les mots n'ont pas d'autre signification propre que celui que l'Église leur attribue.
Dans le Synaxaire du jeudi saint, nous lisons ceci : les pères divins qui ont tout bien prescrit  nous ont transmis de fêter quatre choses . Nous demandons : Est-ce arbitrairement que nous fêtons les fêtes ou selon la Tradition ? . Certes, selon la Tradition, car il dit : Ils nous ont transmis (tradition= transmission) ! Ceux qui ont transmis, étaient-ils les premiers venus ? Non, car on dit les divins pères . Leur tradition était-elle juste ou erronée ? Il dit : qui ont tout bien prescrit ! Ne connaissaient-ils pas les différences astronomiques ? Si, certainement. Du moment donc où eux n'en étaient pas dérangés, nous, le serions-nous ?

d. Il crée des difficultés dans la vie sociale contemporaine

Nous n'avons pas connu jusqu'à ce jour une nation plus commerciale que la nation juive. Où que l'on tourne la tête, on vérifiera de ses propres yeux le rôle de l'élément hébraïque : dans le commerce, l'industrie, les sciences, les beaux-arts, la politique. Et nous demandons : Les Juifs se sont-ils jamais dérangés du fait qu'ils utilisent un calendrier civil pour leurs transactions commerciales en même temps qu'un autre, religieux, pour leurs besoins cultuels ? Ou se sont-ils dérangés, les musulmans qui utilisent à la fois un calendrier civil solaire et un calendrier religieux lunaire ?
C'est seulement nous, chrétiens orthodoxes, qui sommes dérangés par la véritable Tradition de nos pères et qui ne l'honorons même pas de l'honneur dont les gens des autres religions honorent leur traditions fausses ! Dieu avait béni les fils de Recab qui, selon l'ordre de leur père, demeuraient sous des tentes et ne buvaient pas de vin, et les proposa comme exemples aux Israélites !
Nabuthé (3R 20,3) refusa au roi Achab même de vendre sa vigne pour honorer son père selon la chair, et nous, nous poserions devan la pantoufle papale l'héritage d ceux qui nous ont engendrés par la grâce de l'évangile et qui ont tracé devant nous le chemin étroit qui mène au ciel, et nous ferions ceci avec un retard de quatre siècles ?


L'HEURE À 0,000 000 000 000 001 SECONDE PRÈS

Le record de l'horloge la plus précise du monde a été pulvérisé cette année par une équipe française. Le Laboratoire primaire des temps et des fréquences (LPTF), à l'observatoire de Paris, est aujourd'hui capable de mesurer un intervalle de temps d'un millionième de milliardième de seconde (10-15 s), une femtoseconde !

Pourtant, en dépit de la précision fantastique avec laquelle on mesure aujourd'hui le temps, la réalité de ce qu'il est nous échappe toujours : «Nous nous contentons de fabriquer ce qui se rapproche le plus de la définition de la seconde, reconnaît Michel Granveaud. Nous laissons aux philosophes ou aux poètes les réflexions sur le temps.»

Laurence Plévert (SCIENCES ET AVENIR Novembre 1996)


LE MARTYR DE SAINT ABDU'L MASICH

L'an 390 de notre ère, vivait à Schingar (Singara, aujourd'hui Sindjar, à quinze kilomètres de Mossoul) un petit juif ayant nom Ascher, dont le père se nommait Lévi, personnage très opulent. Ce Lévi confia à ses fils la gérance de son bien; Ascher alors âgé de onze ans, gardait le troupeau de vaches qu'il amenait à l'heure dite à I'abreuvoir, où il se rencontrait avec de petits bouviers de son âge. On se réunissait tous ensemble et on dînait; les petits chrétiens et les petits mages faisaient bande à part et Ascher restait tout seul, car il n'y avait pas d'autre Juif que lui. Il mourait d'envie de dîner avec les petits chrétiens, mais ceux-ci n'y consentaient pas, ils ne voulaient admettre que des chrétiens parmi eux, car ils se redisaient entre eux de belles histoires du Christ et les combats des martyrs qu'ils avaient entendus raconter à leurs parents. Un jour que l'heure du dîner approchait, tous nos petits enfants réunis, Ascher vint et dit :

- Mes frères, je vous en supplie, je mangerai avec vous, ne me chassez pas.

- Quand tu auras reçu le baptême d'eau au nom du Christ, tu mangeras avec nous; jusque-là c'est défendu.

- Voici de l'eau, rien n'empêche qu'on me baptise.

- Mais si, il faut un prêtre, et cela se fait à l'église.

- Mais l'église est loin, les prêtres aussi; on aura peur de mon père et de mes frères; vous, baptisez-moi ici.

On le déshabilla, on le mit dans l'eau et tous ensemble dirent : «Au nom du Père et du Fils et du saint Esprit, que le serviteur du Christ soit baptisé, et Toi, ô Christ, notre Dieu et le Dieu des prêtres, supplée sur cette eau toutes les paroles que disent les prêtres en baptisant, et fais que ton serviteur soit bien baptisé.» On le fit plonger trois fois dans l'eau, ainsi qu'ils l'avaient vu faire, puis on l'en tira, tout le monde l'embrassa, on le promena en triomphe afin d'imiter la procession des néophytes, et on l'habilla avec les habits les plus propres. Alors on s'assit et on dîna, tous les honneurs allaient à lui comme à un jeune marié le jour de ses noces; I'enfant était radieux; on lui donna un nom, on l'appela Abdu'l Masich, ce qui veut dire : Serviteur du Christ. Puis on recommanda bien à Abdu'l Masich d'être fidèle à sa nouvelle profession; alors un des garçons qui portait des boucles d'oreilles en or dit à ses camarades : « Mes frères, vous savez que les juifs ne percent pas l'oreille aux hommes; mais si cela vous va, nous allons percer les oreilles d'Abdu'l Masich, afin qu'il persévère dans le christianisme et qu'il se détache entièrement du judaïsme. Nous lui passerons une de mes boucles d'oreilles en or. Cela nous sera un gage et une étrenne et un témoignage de sa persévérance.» Tout le monde cria : « Cela va bien.» On perça l'oreille droite et on y passa une boucle d'oreille, puis chacun retourna bien content avec son troupeau, mais non sans quelque inquiétude de l'accueil que Abdu'l Masich recevrait de ses parents. Quand sa mère le vit et sut ce qui s'était passé, elle se lamenta; mais, sans perdre de temps, elle cacha le petit afin que son père ne le vît point. Cela dura pendant un mois : l'enfant partait de bon matin et rentrait à la nuit; le jour se passait avec son troupeau et ses compagnons, la nuit dans la cachette, et le père, surchargé d'occupations, ne songeait même pas à remarquer cette absence.

Pendant ce temps il arriva que les parents de plusieurs des petits bouviers firent leur pèlerinage à l'un des monastères de la montagne, à l'occasion de la fête de saint Babylas et de ses compagnons. À leur retour, ils eurent de belles histoires toutes nouvelles sur les martyrs à raconter aux enfants qui vinrent les redire à l'heure du repos, et le petit Abdu'l Masich se sentait tout enflammé du désir de faire ce qu'il ne pouvait qu'entendre.

Un jour qu'il faisait paître son troupeau, passa un évêque, de ceux qui vont de ville en ville. L'enfant courut à lui, s'agenouilla et dit :

- Seigneur, bénis-moi, signe-moi du signe de la croix et achève mon baptême.

- Comment m'as-tu connu ?Je ressemble au premier venu.

- Celui qui m'a révélé à toi et qui a dirigé ton chemin pour aller à moi et pour qui je suis prêt à mourir.

L'évêque étonné répondit : «En effet, j'ai eu l'ordre d'aller à toi et de te bénir avant ton triomphe.» Il mit la main droite sur la tête de l'enfant et lui imposa le saint Esprit : « Va, dit-il ensuite, va dans la force de l'Esprit, que ton Seigneur se complaise en toi et prépare-toi à endurer les souffrances du Christ. Quant aux jeunes garçons qui t'ont baptisé, ils seront conviés à de hautes destinées.» Le vieillard continua son chemin et l'enfant raconta à ses camarades tout ce qui lui était arrivé. Ceci se passait un vendredi, et le lendemain, jour de fête solennelle chez les juifs, son père donnait un grand dîner. Pour la circonstance, il envoya ses gens prévenir ses fils de revenir avant le commencement de la fête. On était à table lorsque Lévi aperçut la boucle d'oreille de son fils :

-  Ascher, dit-il, qui vous a trompé ? Qu'est-ce qu'on vous a fait ? Vous voilà comme un esclave, le savez-vous ?

- Sois sans crainte, Maître; je sais tout cela; mais je suis devenu esclave du Christ, je suis chrétien.»

Son père sauta sur lui, le souffleta et le lança au milieu des invités en le rouant de coups de pied. Tout le monde se leva et implora pour l'enfant : «Pardonnez-lui, il est jeune, il n'a pas su ce qu'il faisait. Il ne faut pas se fâcher aujourd'hui, le dîner serait gâté. C'est jour de fête, pas de fracas.» On se remit à table et on s'essaya à flatter I'enfant et à le faire manger. «Vous ne savez donc plus, leur disait-il,qu'un chrétien ne mange pas avec les juifs ?» Le père bondit de nouveau pour le frapper, mais on l'arrêta. «Viens, cher, lui dit-on de nouveau, dîne, ton père pardonnera et nous ne dirons rien de ta faute qu'on attribuera à l'ignorance; mais obéis, viens et dîne.» Mais il s'obstina et il essaya même de discuter avec eux; c'en était trop, et le père saisit un couteau sur la table. Mais, voyant cela, les domestiques laissèrent fuir l'enfant, qui courut à travers champs, toujours poursuivi par son père jusqu'à la fontaine dans laquelle les camarades l'avaient baptisé. La nuit tombait, le sabbat était commencé; le père l'atteignit comme il venait de s'agenouiller et offrait sa vie à Dieu; il le saisit, renversa la tête et coupa la gorge; I'enfant continuait de dire : «Christ, mon Seigneur, je remets mon âme entre tes Mains»; et ses paroles sortaient avec son sang.

British Museum (mss. addit 12174)


Ne méprise pas, ô homme, les trésors de la Bonté et de la Patience divines. La Bonte de Dieu t'invite à te repentir et à te corriger. Ta dureté de coeur, qui te fait persévérer dans ton erreur, augmente la sévérité du jugement futur, et tu recevras la juste rétribution de tes fautes.

saint Ambroise de Milan
CHANGEMENT D'HEURES

Ces jours-ci, l'heure a changée, et c'est donc l'horaire d'hiver. Il paraît que c'est la dernière année. Selon mon avis, ce ne sera ni pire ni mieux car ni une façon ni l'autre sont en conformité avec le cycle de la vie. Ces sont des horaires mises en place pour l'industrialisation et dues au raisonnements abstraits qui font partie du «paradis» que l'homme s'est créé lui-même.

La nature n'en tient guère compte. On peut tout au plus la violer, ce qui ne reste pas sans conséquences.Le vacher qui veut se tenir à l'heure est devant deux dilemmes : ou il trait ses vaches toujours à la même heure, ou il tient compte de l'heure d'hiver. Dans le premier cas, ses vaches ne sont pas prêtes pour la traite, et cette dernière sera maigre, et dans le second cas, le temps est dépassé et elles mugissent . Le chasseur de son côté aura du mal à faire lever les sangliers à l'heure de sa montre et il devra se plier à la nature. En fait, j'ignore quand le vacher trait ses bêtes et je ne fais que croiser les chasseurs sur le chemin de l'hermitage. Le temps est également passé où je m'occupais de mes chèvres, dont on voit une photo.

Mais laissons vaches et sangliers sinon on me citera le proverbe : «À chacun à son métier et les vaches seront bien gardées.»

Les anciens ont eu d'autres horaires, plus conformes à la nature. Dans les monastères orthodoxes, on se tient encore à l'heure byzantine qui débute au coucher du soleil. Ainsi l'heure recule ou avance selon le cycle de la nature et varie aussi selon les régions. L'heure Perse, pratiquée encore dans un monastère du Mont Athos, commence au lever du soleil. L'heure, au temps de saint Benoît*, commençait et au lever et au coucher du soleil. Ainsi les heures, toujours douze, entre lever et coucher, furent élastiques. Dans la compagne, par ici, les gens se tiennent encore à l'heure du soleil qui est en retard de deux heures par rapport à l'heure actuelle.

Certes, dans notre société actuelle, ce serait une utopie de revenir à l'heure des anciens, qui est plus conforme au cycle de la nature, mais qui ignore la vie industrielle.

Mais la vie moderne ignore aussi ce que chante le psalmiste : «Depuis la garde du matin jusqu'à la nuit, depuis la garde du matin, Israël espère dans le Seigneur.»

hm.Cassien

 

* Voilà ce qu'écrit P.Schmitz dans : «La règle des moines» (Namur 1948)

«Fondé sur le cours du soleil, I'horaire à cette époque varie constamment. Le jour et la nuit sont divisés en douze parties ou heures. La sixième heure de l'un et de l'autre correspond toujours à midi et à minuit. Aux équinoxes seules, les heures sont égales. Pour le reste, elles ont une durée qui change selon le lever et le coucher du soleil. En hiver, les heures du jour sont plus courtes que les nôtres, celles de la nuit sont plus longues; en été, c'est le contraire. Au milieu de décembre, par exemple, les douze «heures» de la nuit correspondaient à environ seize des nôtres; chacune d'elles comptait donc 80 de nos minutes. Au milieu de juin, par contre, les douze «heures» de la nuit équivalaient seulement à 7 heures et demie selon notre manière de calculer le temps; chacune n'avait une durée que de 40 minutes approximativement.»


QUESTIONS ET RÉPONSES

 

Question :

Pourquoi jeûne-t-on dans les monastères le lundi ?

Réponse :

Pour des raisons diverses :

- Afin de réparer la faute d'Adam et Eve, car selon la Tradition, les protoplastes sont tombés un lundi.

- Afin de commencer la semaine par le jeûne, sans compter le dimanche où on ne jeûne pas.

- Afin de dépasser la justice des scribes et des pharisiens qui jeûnaient deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi, car d'eux il est écrit quelque part dans l'évangile : Si votre justice ne dépasse pas ceux des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le royaume de Dieu.

- Car l'ordre des moines et moniales est celui des anges qu'on fête le lundi.

Et peut-être encore pour d'autres motifs que j'ignore.

 

Question :

Pourquoi dit-on : Hiéromoine ?

Réponse :

Hiéromoine veut dire : prêtre-moine. Hiéros, en grec, c'est consacré, prêtre. Voir aussi, hiérarchie.

 

Question :

Les non-orthodoxes ne seront-ils pas sauvés ?

Réponse :

À cette question, je ne peux répondre «oui» ou «non» car la réponse est plus complexe.

En tout premier lieu, ce n'est pas à nous de juger le prochain mais le jugement revient à Dieu qui seul connait le fond de chacun. Il y a certainement des gens qui appartiennent officiellement à telle ou telle fausse croyance mais dont la foi est droite. Dieu les jugera d'après leur foi et ils seront sauvés, non grâce à cette fausse croyance, mais malgré elle. Le Christ dit bien dans l'évangile qu'Il a à garder d'autres brebis qui ne sont pas de sa bergerie, c'est-à-dire de l'Église, et Il dit également «qui n'est pas contre Moi est pour Moi».

Il n'y a pas seulement le baptême comme sacrement, mais il y a aussi le baptême du désir et du sang. Combien de bourreaux païens, à la vue de l'héroïsme des martyrs, se sont convertis et joints à eux et c'est dans leur sang qu'il furent baptisés par l'Esprit saint Lui-même. Combien ignorent, ne connaissent pas l'Église mais suivent la loi naturelle, inscrit dans leur conscience. Ils seront jugés selon cette loi.

Je pourrais aussi me demander si tous les orthodoxes seront sauvés. Certes que non, car celui dont la vie ne correspond pas à son engagement du baptême, le baptême contribue à sa condamnation et non à son salut.

hm.Cassien

Celui qui est tombé dans l'hérésie, erre dans un désert aride, oubliant le seul vrai Dieu, il cherche de l'eau dans les étendues désertes et s'installe dans une contrée aride et inhabitée.

saint Clément d'Alexandrie