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Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes sous la juridiction de S.B. Mgr. André archevêque d'Athènes et primat de toute la Grèce |
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Hiéromoine Cassien |
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Foyer orthodoxe |
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HOMELIE SUR LE JEUNE HOMME RICHE
Avec pas
mal de problèmes, j'ai pu enfin terminer ce bulletin -
problèmes dûs surtout à l'imprimante.
Ioanna, la fille de Philippe et Marie Quinta a été
baptisée le 29 Septembre. La voici en photo le jour de son
baptême.
saint Léon le Grand (7e sermon pour Noël )
Aujourd'hui, le douzième dimanche de Matthieu, nous
venons d'entendre le passage de l'évangile où il est
question du jeune homme riche. Cette histoire, nous l'avons maintes
fois écoutée et lue et pourtant chaque fois nous y
découvrons quelque chose de nouveau, tant le contenu est
riche.
Le Seigneur dit d'abord au jeune homme : Si tu veux entrer dans la
vie, accomplis les commandements , et l'homme lui répond qu'il
a fait tout cela et demande ce qui lui manque encore. Alors le Christ
lui réplique : Si tu veux être parfait et y attache
les conditions.
Une chose est donc d'entrer dans la vie, c'est-à-dire
d'être sauvé, autre chose de devenir parfait. Le salut
suppose l'observation des commandements, tandis que la perfection
demande tout à l'homme.
Le mariage et le monachisme figurent ces deux états, mais ils
ne font que les figurer, car la réalité ne se limite
pas à des contextes extérieurs et va plus en
profondeur. Il y a des laïcs qui se sont détachés
entièrement de toute cette richesse dont parle
l'évangile et il y a des moines qui y restent attachés
avec leur coeur. Ceux-ci ne sont que moines par l'habit et
ceux-là ont réalisé l'idéal monastique
tout en vivant dans le monde, ayant femme et enfants.
La perfection - chacun y est appelé - n'est pas un
privilège pour une élite. Si nous n'arrivons pas
à nous séparer de la matière, au moins
détachons-nous avec le coeur, car c'est là que
réside le mal. Sinon, tout le monde devrait vivre comme une
Marie l'Égyptienne. Pourtant, il y a eu des saints - la
sainteté n'est rien d'autre que la perfection - pas uniquement
dans les monastères, mais également dans le monde.
L'exemple le plus flagrant est la toute-sainte Vierge. Fiancée
à Joseph, élevant les enfants de celui-ci et
Jésus, elle vivait modestement sa vie de famille. Toute sa
sainteté était intérieure, c'est par
là-même qu'elle dépasse les autres saints. Ainsi,
on la nomme plus sainte que tous les saints.
Quand le Seigneur demanda au jeune homme de quitter ce à quoi
il tenait tant, celui devint tout triste. C'est ce qui nous arrive
aussi chaque fois quand nous nous agrippons à ces fausses
richesses auxquelles nous tenons tant : la volonté
propre, notre culture, l'indépendance (que nous confondons
souvent avec la liberté), et certes la matière et
l'argent que nous croyons être à nous mais qui sont
déjà passés par tant de mains et qui nous
échapperont inévitablement.
Marc, seul parmi les évangélistes synoptiques, relate
que le Sauveur, après la réponse du jeune homme disant
qu'il a accompli tous ces commandements, le regarda et l'aima. On n'a
pas envie d'expliquer et comprendre mais seulement on s'imagine le
Regard du Seigneur, Regard plein de compassion et de
compréhension. Quand je suis tenté, le meilleur moyen
pour ne pas tomber est de représenter devant mes yeux le
Seigneur qui me regarde sans rien dire, mais avec un regard qui dit
tout.
Cette histoire n'est pas une parabole comme celle du bon Samaritain
par exemple, mais un fait vécu. L'évangéliste
nous l'a relaté afin que nous en tirions une leçon car
chacun de nous est ce jeune homme riche et à tant d'instants
dans la vie nous sommes mis devant le choix de nous replier sur
nous-mêmes ou de suivre l'invitation à la vie que Dieu
nous propose.
Pour terminer, encore un dernier aspect : le Sauveur disait les
deux fois : Si tu veux , laissant toujours à notre libre
choix de Le suivre, de L'aimer. Il n'y a rien d'obligatoire dans
l'Église mais rien non plus ne reste sans conséquence.
À chacun donc de voir ce qu'il cherche vraiment dans cette
vie, ce qu'il en veut faire.
hm. Cassien
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LORS DE LA DORMITION |
dans : IOTA UNUM n° 342
Quoi qu'il arrive à l'humble, aussitôt il se tourne vers la prière et il considère tous les hommes comme ses bienfaiteurs. Mais nous, après nous être détournés du chemin de la vérité et de la conduite des saints, nous voulons nous frayer un chemin selon nos volontés mauvaises. Cependant quoi de plus facile que d'écouter ce maître saint et exercé, abba Ammonas : «Prends bien soin de garder le silence quand quelqu'un t'afflige en quoi que ce soit et ne dis absolument rien avant que ton cÏur n'ait été adouci par la prière ininterrompue, et alors exhorte ton frère.»
En effet, celui qui désire marcher dans le chemin véritable et droit, lorsqu'il est troublé, s'en prend violemment à lui-même et se reprend lui-même constamment en disant : Pourquoi t'affoles-tu, ô mon âme ? Pourquoi te troubles-tu comme les insensés ? En cela même tu montres que tu es malade. Si tu n'étais pas malade, tu ne souffrirais pas. Pourquoi omets-tu de te blâmer toi-même et accuses-tu ton frère, alors qu'il t'a révélé ta maladie dans la vérité des faits ? Apprends les commandements du Christ, qui insulté, ne rendait pas l'insulte; souffrant, ne menaçait pas». Écoute-le dire en montrant l'exemple : «J'ai prêté mon dos aux coups, mes joues aux soufflets et je n'ai pas détourné mon visage de la honte des crachats». Et toi, malheureux, pour un seul outrage, une seule humiliation, tu es là à tramer mille pensées, te dressant des embûches à toi-même comme les démons. En effet, qu'est-ce que le démon peut faire de plus à cette âme que ce qu'elle se fait à elle-même ? Nous voyons la croix du Christ, chaque jour nous lisons les souffrances qu'Il a subies pour nous et nous ne supportons pas le moindre outrage ! Vraiment nous avons délaissé le droit chemin.
Entretiens d'abba Zosime (5 a-b)
La musique traditionnelle de l'Église
orthodoxe, sa nature, son but et son exécution
par Constantin Cavarnos
La musique sacrée byzantine, qui est la musique traditionnelle, officielle de l'Église orthodoxe grecque, est caractérisée essentiellement par la simplicité c'est-à-dire qu'elle est exempte de toute complexité déplacée, la pureté c'est-à-dire qu'elle est loin de tout ce qui est sensuel, ostentatoire, faux, et par une puissance et une spiritualité sublimes. En ce qui concerne sa forme extérieure ou son aspect technique, elle a deux caractéristiques principales : elle est entièrement vocale, c'est-à-dire qu'elle ne fait usage d'aucun instrument et est monophonique, c'est-à-dire qu'elle n'emploie que des mélodies à une seule voix.
Ces qualités de la musique sacrée
byzantine ainsi que la manière dont elles la
caractérisent, deviendront évidentes dans ce qui suit,
particulièrement lors de la discussion de son but et de la
manière dont elle est exécutée.
Le but de cette musique n'est pas de faire entendre les belles voix
des chantres ou de susciter des sensations esthétiques.
Certes, les chantres doivent avoir une bonne voix et le chant doit
être bien exécuté et agréable à
entendre. Cependant, les bonnes voix et la bonne exécution ne
sont pas recherchées pour elles-mêmes, et le plaisir
qu'elles suscitent n'est pas non plus un but
délibérément recherché, mais quelque
chose d'accessoire. De plus, il ne s'agit pas d'un pur plaisir
esthétique, mais de quelque chose de bien plus riche et
élevé. Le but de la musique byzantine est spirituel.
Cette musique est, en premier lieu, un moyen de culte et de
vénération; en deuxième lieu, un moyen de se
perfectionner, c'est-à-dire de stimuler et cultiver les
pensées et les sentiments les plus élevés de
l'homme en contrant et éliminant ceux qui sont plus bas et
indésirables.
Son usage en tant que moyen de culte consiste à l'employer
pour rendre gloire à Dieu et d'exprimer des sentiments de
supplication, d'espoir, de gratitude et d'amour envers Lui. Son usage
comme moyen de vénération consiste à l'employer
pour honorer la sainte Vierge et les autres saints. Son usage en tant
que moyen de cultiver des sentiments et des pensées plus
élevés et de contrer les plus bas, est
inséparable des deux autres. Il n'y a pas une sorte de musique
qui sert à rendre gloire à Dieu et à honorer les
saints et une autre sorte servant à transformer notre vie
intérieure, mais la même musique, tout en ayant comme
but direct le premier, mène en même temps à la
réalisation du second. Car, pendant que nous rendons gloire
à Dieu et honorons les saints au moyen des psaumes et des
hymnes, ou pendant que nous écoutons les autres psalmodier en
faisant de même dans notre coeur, les sentiments tels que la
tristesse, la haine et la torpeur cèdent la place aux
sentiments que suscite la musique, tels que la contrition, l'amour,
la paix, la joie et le désir spirituels.
Dès le début, la chrétienté reconnut la
valeur de chanter des hymnes et des psaumes comme un moyen de culte.
Le Christ et ses disciples, comme en témoignent les
évangiles, s'en servaient dans ce but. Matthieu et Marc
relatent que lors de la dernière Cène, le Christ et ses
disciples après le chant des psaumes, partirent pour le mont
des Oliviers . (Mt 26,30; Mc 14,26) Et Luc, décrivant le
même événement avec davantage de détails,
dit : Déjà Il approchait de la descente du mont
des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se
mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles
qu'ils avaient vus. Ils disaient : 'Béni soit le Roi qui vient
au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des
cieux !' (Lc 19,37-38). Et l'apôtre Paul, écrivant aux
Éphésiens, leur dit : Chantez et
célébrez le Seigneur de tout votre coeur. En tout temps
et à tout propos, rendez grâces à Dieu le
Père, au Nom de notre Seigneur Jésus Christ (Ép
5,19-20). Et Paul encore, écrivant aux Colossiens, leur dit de
remercier Dieu, par le chant des psaumes, des hymnes et des cantiques
spirituels (Col 3,16). Et dans son épître aux
Hébreux, il cite le psaume de David : J'annoncerai ton Nom
à mes frères. Je Te chanterai une hymne au milieu de
l'assemblée (Héb 2,12). Et dans les Actes des
Apôtres, Paul et un de ses principaux compagnons de travail,
Silas, usaient de l'hymnodie comme un moyen de culte : Vers minuit,
Paul et Silas, en prière, chantaient les louanges de Dieu; les
prisonniers les écoutaient (Ac 16,25).
On trouve également dans le Nouveau Testament la
reconnaissance du chant sacré comme instrument de
progrès spirituel. Ainsi, Paul conseille aux
Éphésiens : Ne vous enivrez pas de vin : on n'y
trouve que libertinage; mais cherchez dans l'Esprit votre
plénitude, récitant entre vous des psaumes, des hymnes
et des cantiques spirituels (Ép 5,18-19). Ici, il est
clairement entendu que la pratique de chanter ou d'écouter des
psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels nous
élève spirituellement et fait de nous des
réceptacles de l'Esprit saint. Et dans sa lettre aux
Colossiens, il dit : Que la parole du Christ réside chez vous
en abondance : instruisez-vous en toute sagesse par des admonitions
réciproques. Chantez à Dieu de tout votre coeur avec
reconnaissance, par des psaumes, des hymnes et des cantiques
inspirés (Col 3,16).
L'enseignement de pères orientaux à ce sujet,
enseignement éparpillé dans leurs nombreux
écrits, est le développement des idées contenues
dans le Nouveau Testament. Beaucoup parmi les plus grands
pères parlent de façon saisissante de l'usage des
psaumes, hymnes et chants spirituels en tant que moyens de culte.
Dans une de ses lettres, saint Basile (330-379) dit : Qu'est-ce qui
est plus béni que de se hâter à la prière
dès la pointe du jour et d'adorer le Créateur avec des
hymnes et des chants ? Saint Jean Damascène (c.676- c.754),
dans l'Ode 5. du Canon de Pâques, dit : Veillons
dès la pointe du jour; au lieu de la myrrhe, offrons l'hymne
au Maître . Et saint Syméon le Nouveau Théologien
(11e siècle) dit que chaque prière et psalmodie est une
conversation (synomilia ) avec Dieu dans
laquelle tantôt nous L'implorons de nous donner les choses
qu'il est propre à Dieu de donner aux hommes, tantôt
nous Le remercions pour ses Dons, ou nous Le glorifions pour toutes
les créatures qu'Il a faites, tantôt nous relatons ses
Faits merveilleux qu'Il a accomplis à des époques
diverses pour le salut des hommes et le châtiment des impies,
ou nous racontons le grand mystère de l'Incarnation du Fils et
Verbe de Dieu, et des choses semblables. Notons que le terme
psalmodie , sous la plume des auteurs grecs, ne signifie pas
seulement le chant de psaumes, mais aussi celui d'odes et
d'hymnes.
Concernant l'honneur rendu aux saints au moyen de la psalmodie, saint
Jean Damascène dit que nous devons honorer les saints en tant
qu'amis du Christ, en tant que fils et héritiers de Dieu,
comme dit saint Jean le Théologien et
évangéliste : 'À tous ceux qui L'ont accueilli,
Il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu' (Jn 1,12).
'Ainsi donc ils ne sont plus esclaves, mais fils; et comme fils,
aussi héritiers de Dieu par le Christ'. (Gal 4,7) Or, un des
moyens de rendre cet honneur est par 'des psaumes, des hymnes et des
cantiques spirituels' . Ainsi, dans l'apolytikion (l'hymne de
renvoi) ou tropaire chanté en l'honneur des trois grands docteurs de
l'Église - saint Basile le Grand, saint
Grégoire le Théologien et saint Jean
Chrysostome - le 30 janvier, il est dit : Nous tous, les
amants de leurs paroles, réunis, chantons des hymnes en leur
honneur, car ils ne cessent d'intercéder pour nous
auprès de la sainte Trinité .
Les pères orientaux ont dit beaucoup de choses illuminantes
sur la grande valeur de la psalmodie en tant qu'instrument de
purification et de progrès intérieurs et moyen de
combattre et d'éliminer les pensées négatives,
vaines et indésirables (logismoi ), ainsi que les
sentiments négatifs et indésirables qu'ils appellent
passions (pathè ) et de susciter
et nourrir les pensées et les sentiments positifs, plus
élevés et désirables. Je vais donner quelques
exemples. Saint Athanase le Grand (295-372) constate que grâce
à la psalmodie, la turbulence, la dureté et le
désordre de l'âme s'adoucit et la tristesse est
surmontée . Et un peu plus loin il remarque que ceux qui
psalmodient bien, psalmodient non seulement avec leur langue, mais
aussi avec leur esprit et en tirent profit grandement non seulement
pour eux-mêmes, mais aussi pour ceux qui souhaitent les
écouter. Ainsi le bienheureux David, chantant de cette
façon à Saül, fut agréable à Dieu,
en même temps qu'il chassa la passion turbulente et folle de
Saül et apaisa son âme. Semblablement, dans une de ses
lettres, saint Basile dit : L'exercice de la piété
nourrit l'âme de pensées divines. Qu'est-ce qui est donc
plus béni que d'imiter sur terre les chorales sacrés
des choeurs angéliques; de se hâter à la
prière dès la pointe du jour et d'adorer le
Créateur avec des hymnes et des cantiques spirituels; puis,
quand le soleil brille et que nous vaquons à nos besognes, la
prière étant notre compagnon partout, assaisonner
d'hymnes notre travail, comme la nourriture de sel ? Car
l'état de l'âme qui a de la joie et pas de tristesse est
une bénédiction procurée par la consolation des
hymnes . Et dans une autre lettre, il affirme que grâce
à la psalmodie, on acquiert l'attention et on empêche le
coeur de vagabonder. Saint Jean Chrysostome (c.345-407), dans son
commentaire du psaume 41, dit : Rien, rien n'élève
l'âme autant, rien ne lui donne des ailes, ni ne la
délivre de la terre, ni ne la libère des liens du
corps, ni ne la fait aspirer à la sagesse, ni n'efface tous
les soucis de cette vie autant que la mélodie à
l'unisson et les chants sacrés bien rythmés . Et
commentant le passage de l'épître de saint Paul aux
Éphésiens que j'ai cité plus haut, il dit :
Ceux qui psalmodient sont remplis de l'Esprit saint, exactement comme
sont remplis d'un esprit impur ceux qui chantent des chansons
sataniques . Évagre le moine (c.345-399) constate que la
psalmodie, l'endurance et la compassion arrêtent l'agitation de
la colère . Saint Cassien (4e-5e siècles) souligne la
valeur qu'a la psalmodie, accompagnée d'autres moyens, de
produire la purification de l'intellect. La correction de notre
intellect (dianoia ), dit-il, est en notre pouvoir et requiert des efforts de
notre part. Car lorsque nous étudions continuellement et avec
intelligence la Loi de Dieu et chantons des psaumes et des chants
sacrés et pratiquons à côté le jeûne
et les veilles, les mauvaises pensées se raréfient et
ne trouvent plus de place dans notre intellect . Saint Nil
l'Ascète (4e-5e siècles) enseigne que la psalmodie
endort les passions et calme l'intempérance du corps . Saint
Jean Climaque (c. 525-605) observe que parfois une psalmodie
convenable éteint la colère d'une manière
très efficace . Et ailleurs il affirme que selon les
pères, la psalmodie est une arme contre les mauvaises
pensées. Encore ailleurs, parlant de manière dramatique
de la torpeur spirituelle (acédie), il fait confesser au
démon de l'acédie : Mes adversaires par qui je suis
maintenant tenu lié, sont la psalmodie et le travail manuel .
Et à un autre endroit, parlant de façon plus
générale, il dit : Un cheval noble quand il
commence à courir, se réchauffe et plus il court, plus
il a l'habitude de courir. Par la course j'entends la psalmodie et
par le cheval noble l'intellect (nous ), qui, percevant de
loin la lutte spirituelle et étant préparé (au
moyen de l'hymnodie), reste invincible .
À suivre
Nos hymnes, de même, doivent être angéliques, sans trouble.
Quoi qu'il arrive
à l'humble, aussitôt il se tourne vers la prière
et il considère tous les hommes comme ses bienfaiteurs. Mais
nous, après nous être détournés du chemin
de la vérité et de la conduite des saints, nous voulons
nous frayer un chemin selon nos volontés mauvaises. Cependant
quoi de plus facile que d'écouter ce maître saint et
exercé, abba Ammonas : «Prends bien soin de garder
le silence quand quelqu'un t'afflige en quoi que ce soit et ne dis
absolument rien avant que ton cÏur n'ait été adouci par
la prière ininterrompue, et alors exhorte ton
frère.»
En effet, celui qui désire marcher dans le chemin véritable et droit, lorsqu'il est troublé, s'en prend violemment à lui-même et se reprend lui-même constamment en disant : Pourquoi t'affoles-tu, ô mon âme ? Pourquoi te troubles-tu comme les insensés ? En cela même tu montres que tu es malade. Si tu n'étais pas malade, tu ne souffrirais pas. Pourquoi omets-tu de te blâmer toi-même et accuses-tu ton frère, alors qu'il t'a révélé ta maladie dans la vérité des faits ? Apprends les commandements du Christ, qui insulté, ne rendait pas l'insulte; souffrant, ne menaçait pas». Écoute-le dire en montrant l'exemple : «J'ai prêté mon dos aux coups, mes joues aux soufflets et je n'ai pas détourné mon visage de la honte des crachats». Et toi, malheureux, pour un seul outrage, une seule humiliation, tu es là à tramer mille pensées, te dressant des embûches à toi-même comme les démons. En effet, qu'est-ce que le démon peut faire de plus à cette âme que ce qu'elle se fait à elle-même ? Nous voyons la croix du Christ, chaque jour nous lisons les souffrances qu'Il a subies pour nous et nous ne supportons pas le moindre outrage ! Vraiment nous avons délaissé le droit chemin.
Mon cher,
Tu m'écris que tu regrettes le temps où tu étais en bonne santé, te permettant de faire tes métanies, de prier debout, de jeûner selon les règles, le temps où tu vivais avec aisance en faisant des aumônes et autres bonnes oeuvres.
Saches, en supportant avec résignation et joie même les humiliations, les privations et les maladies d'aujourd'hui, tu progresseras bien plus spirituellement.
Ne te révolte et ne t'afflige pas, mais regarde le Christ qui dès la crèche jusqu'à la croix supportait bien plus pour nous. On ne t'a pas encore crucifié, même pas flagellé, et tu te lamentes.
Au lieu de t'apitoyer sur ton sort, pense à l'amour que le Seigneur a montré envers nous, pense à tous ceux qui souffrent à ce moment même, bien plus que toi. Combien sont en prison et envient ta liberté ? Combien sont gravement malades ou en agonie ? Combien sont seuls et n'ont personne avec qui partager leur peine et leur solitude ? Combien ont faim ou même pas d'eau à boire ? Combien de misères et de drames que Dieu seul connaît ? Qu'est-ce ton petit malheur à côté de tant de souffrances ?
Plutôt que de gémir sur ton sort et sous ta croix, songe un peu à tous les bienfaits dont tu jouis jour après jour. Dieu ne t'accorde rien pour ton malheur; même la souffrance contribue à ton salut. Par contre, ce que le malin t'apporte, la joie même t'entraîne à ta perte. Regarde donc plutôt d'où t'arrive ceci ou cela.
Est-ce par hasard que tu es malade et pauvre, ou n'est-ce plutôt la conséquence de ta vie déréglée d'autrefois qui est loin d'être réglée ? Prends en toi à toi-même, et pas à Dieu ni aux autres, car «comme on fait son lit on se couche».
Pour finir, toutes nos souffrances viennent de la fausse pitié que nous avons envers nous-même, comme je l'ai déjà écris dans un bulletin antérieur.
Que Dieu t'éclaire et te rende courageux !
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Mon âme, mon âme, réveille-toi, pourquoi dors-tu. La fin est proche et tu vas être examinée. Lève-toi, afin que le Christ Dieu t'épargne, Lui qui est partout présent et qui remplit tout. Kondak du Carême |
a. Ne vous conformez pas au siècle
présent
Jusqu'en 1924, l'Orthodoxie vivait au milieu du monde sa propre vie
qui est cachée en Jésus Christ . Par l'exemple et la
médiation sanctifiante de notre Souveraine, des saints anges,
prophètes, apôtres, pères, mères, martyrs
et confesseurs, le fidèle prenait conscience de sa haute et
éternelle destinée, du fait qu'il ne constitue pas une
entité individuelle, qu'il n'est pas un parmi les petits pois
uniformes qui rempliront la boîte de conserve de l'Antichrist,
mais qu'il est une personne dont les cheveux sont
dénombrés et qui tient dans sa main un caillou blanc
sur lequel est écrit son propre nom et que ce nom est unique.
C'est ce nom unique qui lui attribue sa qualité d'homme
créé à l'Image de Dieu et à sa
Ressemblance, un peu inférieur aux anges selon la nature, mais
appelé à devenir un dieu par la grâce et
surpasser même les armées angéliques, comme ce
fut le cas pour la très sainte Vierge Marie.
Il est un homme, car contrairement aux autres créatures
terrestres, il est une âme raisonnable, et comme âme
raisonnable et temple de Dieu, il a un appel et possède une
destinée, ainsi qu'une liberté de choix et une
possibilité d'éternité. Tout ceci le rend une
personne responsable qui marche sur la terre de son émigration
à l'aide d'une boussole, en suivant un itinéraire
prescrit. Il suit sa propre direction et ne se limite pas à la
marche et à la direction des autres, car il n'est pas une
cellule d'une masse anonyme, ni un animal d'un troupeau quelconque.
Il a reçu un appel personnel; il sait en qui il a cru et peut
choisir ses propres compagnons de route.
Jusqu'en 1924, l'Orthodoxie vivait sa vie et son calendrier
n'était rien d'autre que la pulsation de cette vie, le
battement de son coeur. Depuis 1924, on cherche à l'obliger
à suivre le monde et à se conformer à ce
siècle , afin que son coeur batte selon la pulsation de ce
monde, même si la forme de ce monde passe (1Co 7,31)
malgré toute sa logique , toute sa précision
mathématique et astronomique, malgré ses exploits
scientifique et spatiaux.
Demain peut-être on découvrira un autre calendrier, plus
scientifique, ou une nouvelle mesure du temps. Car pourquoi maintenir
par exemple le cycle hebdomadaire de sept jours ? Pourquoi l'ONU
ne trouverait-elle pas un autre système avec des jours blancs
de sorte que le jour de l'An tombe toujours un dimanche ou de
nouvelles divisions du mois.
Faudra-t-il alors que l'Orthodoxie change, une fois de plus, sa
pascalie, son cycle des huit modes, son sanctoral et toute sa vie et
tradition pour se conformer et s'adapter aux nouvelles exigences
d'une époque plus moderne ?
Les réformateurs de 1924 qui n'ont pas encore compris que les
cieux et la terre passeront (Mt 24,35) avec tous les systèmes
de mesure et que toutes ces questions constituent (d'après
l'illustre patriarche Jérémie II) des enfantillages ,
ont répondu oui à cette question, il y a 47 ans.
Ainsi, au lieu que l'Église sanctifie et vivifie le monde et
lui attribue de nouvelles dimensions au-dessus du temps , elle est
obligée de s'adapter elle-même aux matrices que le monde
lui propose, de se conformer à lui et se faire remorquer par
lui.
Au lieu de permettre à l'homme de devenir lui-même
icône en regardant les saintes icônes, ils dessinent
notre très sainte Mère de Dieu sous les traits de telle
ou telle courtisane de la Renaissance italienne, justifiant ainsi les
Bibles maçonniques selon lesquelles l'homme créa Dieu
à son image et à sa ressemblance . Les hommes ne
pouvant pas distinguer la beauté spirituelle des icônes
orthodoxes, préfèrent les décalcomanies
charnelles de l'Occident. Ne voyant pas les dimensions spirituelles
et supra-temporelles de l'Église, ils préfèrent
la précision du calendrier grégorien. D'après
leur foi sont aussi leurs icônes, leur musique, leur
architecture, leur calendrier etc., comme nous avertit saint Jean
Damascène.
b. Danger du conditionnement scientifique
Les hommes, ayant perdu l'espérance de la seconde Venue du
Christ, cherchent sur cette terre la totalité de leur bonheur.
Mais ce bonheur est dépendant du progrès de
l'humanité, le progrès est dépendant du
développement de la science et la science présuppose la
précision. Ainsi, la recherche de la précision
scientifique est devenue maintenant une psychose.
Quand les hommes sont allés sur la lune, l'archevêque
Jérôme appela cela le plus grand miracle de
l'humanité . Des Te
Deum furent chantés en la
cathédrale d'Athènes et ailleurs et des prières
et des cantiques furent improvisés dans les églises en
l'honneur des astronautes. Qu'est-ce que cela peut faire d'être
hérétique, du moment que l'on est parvenu à
marcher sur la lune ! Voilà des miracles bien tangibles.
La plus grande corporation religieuse de la Grèce, ZOI , qui
engendra l'archevêque Jérôme et la plupart des
nouveaux métropolites (en remplacement des anciens)
édita et diffusa comme chaque année un agenda religieux
de poche. En dehors d'un vieillard barbu sur la première page,
symbole indéfinissable d'un vague déisme quelconque,
l'agenda était plein d'astronautes, d'engins spatiaux, de
voitures lunaires, d'inventeurs de fusées. Pour tout cela, on
trouvé une place dans l'agenda de ZWH ! Mais pour le signe de
la croix, l'icône du Sauveur, de la
Plus-Vénérable que les chérubins ou d'un de nos
saints, IL N'YA PAS EU DE PLACE !
Mais les pauvres astronautes se sont tout simplement
déplacés dans les limites de la nature ! Nos saints,
par contre, ont vécu comme des hommes célestes et des
anges terrestres , comme ayant vaincu la chair, vaincu la nature, et
ayant vaincu la nature sont devenus surnaturels , tandis que les
astronautes, même s'ils traversent toutes les galaxies, ne
pourront jamais devenir surnaturels sans le deuil joyeux de la foi
orthodoxe !
C'est donc ainsi que conçoivent les miracles
l'archevêque Jérôme et ses adeptes ! Tels sont les
exploits qui les éblouissent jusqu'au délire ! Telle
doit-elle être l'attitude d'un archevêque orthodoxe qui
par sa position ne regarde pas vers les choses visibles, car les
visibles sont passagères, tandis que les invisibles sont
éternelles (2 Cor 4,18).
Voilà donc pourquoi la réforme de 1924 constitue
l'indice d'une décadence spirituelle de la majorité qui
revendique - arbitrairement d'ailleurs - le titre de
Orthodoxie officielle".
LES OPPOSITIONS DE NOS ADVERSAIRES
a. Généralités
Sur ce cinquième et dernier chapitre du présent
mémorandum, qu'il me soit permis d'ajouter les arguments et
oppositions de nos adversaires essayant d'y donner une réponse
aussi courte que possible, à l'aide de notre très
sainte Tradition.
b. Il s'agirait d'un détail
De tout ce que nous venons d'exposer plus haut, nous espérons
qu'il ressort clairement que, si petite que puisse être
considérée l'affaire du calendrier, du moment que, du
fait de cette innovation, la Tradition, la piété et le
dogme de l'Église furent méprisés, il nous est
impossible de la tenir pour un détail. Dans le domaine
spirituel, le commandement n'est pas mesuré quantitativement
par son volume, mais par la dignité de celui qui commande.
C'était aussi un détail que le fruit d'Éden,
mais qui fut le Commandant et quelles en furent les
conséquences !
À Aaron, il ne fut pas même permis de pleurer ses fils
que Dieu avait punis de mort à cause d'un détail, en
mettant sur l'autel un feu étranger !
Quelqu'un a osé ramasser du bois le jour du sabbat et il fut
lapidé par toute l'assemblée des fils d'Israël.
C'était aussi un détail.
Le Seigneur foudroya Uza pour avoir touché à l'Arche de
l'Alliance afin de la protéger (privilège exclusive des
Lévites) tandis qu'Il avait permis qu'elle soit
capturés par les Philistins qui avaient même mis dedans
des statuettes de souris et d'hémorroïdes.
Les sept saints adolescents Macchabées
préférèrent le martyr plutôt que de manger
de la viande de porc, bien qu'il s'agissait d'une prescription
pédagogique provisoire pour Israël !
À cause de tout ceci nos saints pères nous ont transmis
comme héritage spirituel e qui suit :
sache que même la plus petite transgression des choses
transmises causerait le mépris du dogme entier , même si
on altère une toute petite partie (de la foi), on opère
un grand déshonneur et immédiatement reçoit le
reproche (4e et 6e épîtres du saint et grand
Photius).
Il nous est préférable de verser notre sang
plutôt que d'innover un seul iota (Saint Sabba le
Sanctifié à l'empereur Anastase).
N'invoque pas Jacques ni Jean, car même si quelqu'un parmi les
premiers anges du ciel corrompt la prédication, qu'il soit
anathème. Et il n'a pas dit : s'ils renversent ou contredisent
tout, mai même si l'on annonce une moindre choses contre ce que
nous avons annoncé, même s'ils ont déplacé
n'importe quoi, qu'ils soient anathème ! (Commentaire de
saint Jean Chrysostome de Ga 1,18
Nous ne permettrons point, ni à nous-même ni aux autres
de toucher au dépôt présent, ni de transgresser
une seule syllabe. (4e Concile oecuménique)
Il est appelé hérétique et est sous le coup des
lois concernant les hérétiques, celui qui dévie
même un tout petit peu de la vraie foi. (Georges le
Scholaire)
Il ne faut pas seulement chasser de la communion de l'Église
ceux qui pensent mal au sujet des choses primordiales et des
principaux mystères, mais nous les séparons
également comme 'cacodoxes' ceux qui pèchent contre les
choses secondaires . (Athanase de Paros, Épitome, chap.
7.)
c. Le calendrier dit julien n'est pas exact
Ils nous disent même qu'à cause de l'inexactitude de
notre calendrier, nous risquons de fêter Noël au mois
d'août ! À cela nous répondons
premièrement que nulle part nous n'avons reçu de la
Tradition que nous devons fêter Noël avec la neige et le
sapin, et deuxièmement que lorsque nous fêtons Noël
avec la neige, comment nos frères de la même foi le
fêtent-ils en même temps en Australie ?
Aussi, quand notre Église calcule la fête pascale en
tenant compte de l'équinoxe du printemps , nous aimerions
qu'ils nous disent : pour les orthodoxes australiens,
l'équinoxe pascal reste-t-il printanier ?
Nous avons reçu de saint Basile que : Il ne faut pas servir le
temps, mais le Seigneur , et saint Jean Chrysostome commande : Il ne
faut pas observer des jours, des années et des temps, mais
suivre l'Église partout avec précision et
préférer l'amour et la paix au-dessus de toute autre
chose .
Pas seulement cela, mais il ne faut pas oublier que l'Église
n'a jamais eu une notion scholastique et rationaliste sur la
précision. l'Église, débarrassée du
corset de l'esprit scholastique, attribue à la vie de ses
enfants de nouvelles dimensions, infiniment plu vastes que les
dimensions de réalité et de précision de ce
monde limité.
Cette attitude de l'Église, nous ne la rencontrons pas
seulement par rapport à l'astronomie, mais aussi à
l'histoire, la littérature et en général tout.
L'inscription historique du Christ sur la croix est INRI (bien que
non d'une façon identique dans les quatre évangiles).
Nous préférons pourtant l'inscription : LE ROI DE
GLOIRE ou L'ARBRE , car la théologie mystique prédomine
sur la précision historique. En regardant Jésus sur la
croix avec les yeux de la piété et de la connaissance
véritable, nous Le voyons comme le Roi de gloire et non comme
le roi des Juifs, avec la précision de l'histoire
écrite par Ponce Pilate ! Quel serait au juste le texte de la
prière dominicale Notre Père , car il n'est pas
identique dans les évangiles qui la mentionnent ! Pas
seulement cela, mais tous les récits
évangéliques eux-mêmes ne sont pas identiques.
Mais chaque fois que fut proposée à l'Église la
compilation des quatre évangiles en un texte unifié,
elle rejeta la proposition, jugeant que les différences en
question ne la dérangeaient pas.
Souvent les Latins (façonnés par leurs dogmes
erronés à un type d'homme différent doté
d'une autre logique) perdent leur latin en discutant avec des
orthodoxes : Quand cela vous plaît, vous prenez un mot au sens
littéral, et quand cela vous plaît, au sens mystique ;
toujours come cela vous arrange . Ceci parce qu'ils ne comprennent
pas que les mots n'ont pas d'autre signification propre que celui que
l'Église leur attribue.
Dans le Synaxaire du jeudi saint, nous lisons ceci : les pères
divins qui ont tout bien prescrit nous ont transmis de
fêter quatre choses . Nous demandons : Est-ce arbitrairement
que nous fêtons les fêtes ou selon la Tradition ? .
Certes, selon la Tradition, car il dit : Ils nous ont transmis
(tradition= transmission) ! Ceux qui ont transmis, étaient-ils
les premiers venus ? Non, car on dit les divins pères . Leur
tradition était-elle juste ou erronée ? Il dit : qui
ont tout bien prescrit ! Ne connaissaient-ils pas les
différences astronomiques ? Si, certainement. Du moment donc
où eux n'en étaient pas dérangés, nous,
le serions-nous ?
d. Il crée des difficultés dans la vie sociale
contemporaine
Nous n'avons pas connu jusqu'à ce jour une nation plus
commerciale que la nation juive. Où que l'on tourne la
tête, on vérifiera de ses propres yeux le rôle de
l'élément hébraïque : dans le commerce,
l'industrie, les sciences, les beaux-arts, la politique. Et nous
demandons : Les Juifs se sont-ils jamais dérangés du
fait qu'ils utilisent un calendrier civil pour leurs transactions
commerciales en même temps qu'un autre, religieux, pour leurs
besoins cultuels ? Ou se sont-ils dérangés, les
musulmans qui utilisent à la fois un calendrier civil solaire
et un calendrier religieux lunaire ?
C'est seulement nous, chrétiens orthodoxes, qui sommes
dérangés par la véritable Tradition de nos
pères et qui ne l'honorons même pas de l'honneur dont
les gens des autres religions honorent leur traditions fausses ! Dieu
avait béni les fils de Recab qui, selon l'ordre de leur
père, demeuraient sous des tentes et ne buvaient pas de vin,
et les proposa comme exemples aux Israélites !
Nabuthé (3R 20,3) refusa au roi Achab même de vendre sa
vigne pour honorer son père selon la chair, et nous, nous
poserions devan la pantoufle papale l'héritage d ceux qui nous
ont engendrés par la grâce de l'évangile et qui
ont tracé devant nous le chemin étroit qui mène
au ciel, et nous ferions ceci avec un retard de quatre siècles
?
Le record de l'horloge la plus précise du monde a été pulvérisé cette année par une équipe française. Le Laboratoire primaire des temps et des fréquences (LPTF), à l'observatoire de Paris, est aujourd'hui capable de mesurer un intervalle de temps d'un millionième de milliardième de seconde (10-15 s), une femtoseconde !
Pourtant, en dépit de la précision fantastique avec laquelle on mesure aujourd'hui le temps, la réalité de ce qu'il est nous échappe toujours : «Nous nous contentons de fabriquer ce qui se rapproche le plus de la définition de la seconde, reconnaît Michel Granveaud. Nous laissons aux philosophes ou aux poètes les réflexions sur le temps.»
Laurence Plévert (SCIENCES ET AVENIR
Novembre 1996)
L'an 390 de notre ère, vivait à Schingar (Singara, aujourd'hui Sindjar, à quinze kilomètres de Mossoul) un petit juif ayant nom Ascher, dont le père se nommait Lévi, personnage très opulent. Ce Lévi confia à ses fils la gérance de son bien; Ascher alors âgé de onze ans, gardait le troupeau de vaches qu'il amenait à l'heure dite à I'abreuvoir, où il se rencontrait avec de petits bouviers de son âge. On se réunissait tous ensemble et on dînait; les petits chrétiens et les petits mages faisaient bande à part et Ascher restait tout seul, car il n'y avait pas d'autre Juif que lui. Il mourait d'envie de dîner avec les petits chrétiens, mais ceux-ci n'y consentaient pas, ils ne voulaient admettre que des chrétiens parmi eux, car ils se redisaient entre eux de belles histoires du Christ et les combats des martyrs qu'ils avaient entendus raconter à leurs parents. Un jour que l'heure du dîner approchait, tous nos petits enfants réunis, Ascher vint et dit :
- Mes frères, je vous en supplie, je mangerai avec vous, ne me chassez pas.
- Quand tu auras reçu le baptême d'eau au nom du Christ, tu mangeras avec nous; jusque-là c'est défendu.
- Voici de l'eau, rien n'empêche qu'on me baptise.
- Mais si, il faut un prêtre, et cela se fait à l'église.
- Mais l'église est loin, les prêtres aussi; on aura peur de mon père et de mes frères; vous, baptisez-moi ici.
On le déshabilla, on le mit dans l'eau et tous ensemble dirent : «Au nom du Père et du Fils et du saint Esprit, que le serviteur du Christ soit baptisé, et Toi, ô Christ, notre Dieu et le Dieu des prêtres, supplée sur cette eau toutes les paroles que disent les prêtres en baptisant, et fais que ton serviteur soit bien baptisé.» On le fit plonger trois fois dans l'eau, ainsi qu'ils l'avaient vu faire, puis on l'en tira, tout le monde l'embrassa, on le promena en triomphe afin d'imiter la procession des néophytes, et on l'habilla avec les habits les plus propres. Alors on s'assit et on dîna, tous les honneurs allaient à lui comme à un jeune marié le jour de ses noces; I'enfant était radieux; on lui donna un nom, on l'appela Abdu'l Masich, ce qui veut dire : Serviteur du Christ. Puis on recommanda bien à Abdu'l Masich d'être fidèle à sa nouvelle profession; alors un des garçons qui portait des boucles d'oreilles en or dit à ses camarades : « Mes frères, vous savez que les juifs ne percent pas l'oreille aux hommes; mais si cela vous va, nous allons percer les oreilles d'Abdu'l Masich, afin qu'il persévère dans le christianisme et qu'il se détache entièrement du judaïsme. Nous lui passerons une de mes boucles d'oreilles en or. Cela nous sera un gage et une étrenne et un témoignage de sa persévérance.» Tout le monde cria : « Cela va bien.» On perça l'oreille droite et on y passa une boucle d'oreille, puis chacun retourna bien content avec son troupeau, mais non sans quelque inquiétude de l'accueil que Abdu'l Masich recevrait de ses parents. Quand sa mère le vit et sut ce qui s'était passé, elle se lamenta; mais, sans perdre de temps, elle cacha le petit afin que son père ne le vît point. Cela dura pendant un mois : l'enfant partait de bon matin et rentrait à la nuit; le jour se passait avec son troupeau et ses compagnons, la nuit dans la cachette, et le père, surchargé d'occupations, ne songeait même pas à remarquer cette absence.
Pendant ce temps il arriva que les parents de plusieurs des petits bouviers firent leur pèlerinage à l'un des monastères de la montagne, à l'occasion de la fête de saint Babylas et de ses compagnons. À leur retour, ils eurent de belles histoires toutes nouvelles sur les martyrs à raconter aux enfants qui vinrent les redire à l'heure du repos, et le petit Abdu'l Masich se sentait tout enflammé du désir de faire ce qu'il ne pouvait qu'entendre.
Un jour qu'il faisait paître son troupeau, passa un évêque, de ceux qui vont de ville en ville. L'enfant courut à lui, s'agenouilla et dit :
- Seigneur, bénis-moi, signe-moi du signe de la croix et achève mon baptême.
- Comment m'as-tu connu ?Je ressemble au premier venu.
- Celui qui m'a révélé à toi et qui a dirigé ton chemin pour aller à moi et pour qui je suis prêt à mourir.
L'évêque étonné répondit : «En effet, j'ai eu l'ordre d'aller à toi et de te bénir avant ton triomphe.» Il mit la main droite sur la tête de l'enfant et lui imposa le saint Esprit : « Va, dit-il ensuite, va dans la force de l'Esprit, que ton Seigneur se complaise en toi et prépare-toi à endurer les souffrances du Christ. Quant aux jeunes garçons qui t'ont baptisé, ils seront conviés à de hautes destinées.» Le vieillard continua son chemin et l'enfant raconta à ses camarades tout ce qui lui était arrivé. Ceci se passait un vendredi, et le lendemain, jour de fête solennelle chez les juifs, son père donnait un grand dîner. Pour la circonstance, il envoya ses gens prévenir ses fils de revenir avant le commencement de la fête. On était à table lorsque Lévi aperçut la boucle d'oreille de son fils :
- Ascher, dit-il, qui vous a trompé ? Qu'est-ce qu'on vous a fait ? Vous voilà comme un esclave, le savez-vous ?
- Sois sans crainte, Maître; je sais tout cela; mais je suis devenu esclave du Christ, je suis chrétien.»
Son père sauta sur lui, le souffleta et le lança au milieu des invités en le rouant de coups de pied. Tout le monde se leva et implora pour l'enfant : «Pardonnez-lui, il est jeune, il n'a pas su ce qu'il faisait. Il ne faut pas se fâcher aujourd'hui, le dîner serait gâté. C'est jour de fête, pas de fracas.» On se remit à table et on s'essaya à flatter I'enfant et à le faire manger. «Vous ne savez donc plus, leur disait-il,qu'un chrétien ne mange pas avec les juifs ?» Le père bondit de nouveau pour le frapper, mais on l'arrêta. «Viens, cher, lui dit-on de nouveau, dîne, ton père pardonnera et nous ne dirons rien de ta faute qu'on attribuera à l'ignorance; mais obéis, viens et dîne.» Mais il s'obstina et il essaya même de discuter avec eux; c'en était trop, et le père saisit un couteau sur la table. Mais, voyant cela, les domestiques laissèrent fuir l'enfant, qui courut à travers champs, toujours poursuivi par son père jusqu'à la fontaine dans laquelle les camarades l'avaient baptisé. La nuit tombait, le sabbat était commencé; le père l'atteignit comme il venait de s'agenouiller et offrait sa vie à Dieu; il le saisit, renversa la tête et coupa la gorge; I'enfant continuait de dire : «Christ, mon Seigneur, je remets mon âme entre tes Mains»; et ses paroles sortaient avec son sang.
British Museum (mss. addit 12174)
Ces jours-ci, l'heure a changée, et c'est donc l'horaire d'hiver. Il paraît que c'est la dernière année. Selon mon avis, ce ne sera ni pire ni mieux car ni une façon ni l'autre sont en conformité avec le cycle de la vie. Ces sont des horaires mises en place pour l'industrialisation et dues au raisonnements abstraits qui font partie du «paradis» que l'homme s'est créé lui-même.
La nature n'en tient guère compte. On peut tout au plus la violer, ce qui ne reste pas sans conséquences.Le vacher qui veut se tenir à l'heure est devant deux dilemmes : ou il trait ses vaches toujours à la même heure, ou il tient compte de l'heure d'hiver. Dans le premier cas, ses vaches ne sont pas prêtes pour la traite, et cette dernière sera maigre, et dans le second cas, le temps est dépassé et elles mugissent . Le chasseur de son côté aura du mal à faire lever les sangliers à l'heure de sa montre et il devra se plier à la nature. En fait, j'ignore quand le vacher trait ses bêtes et je ne fais que croiser les chasseurs sur le chemin de l'hermitage. Le temps est également passé où je m'occupais de mes chèvres, dont on voit une photo. 
Mais laissons vaches et sangliers sinon on me citera le proverbe : «À chacun à son métier et les vaches seront bien gardées.»
Les anciens ont eu d'autres horaires, plus conformes à la nature. Dans les monastères orthodoxes, on se tient encore à l'heure byzantine qui débute au coucher du soleil. Ainsi l'heure recule ou avance selon le cycle de la nature et varie aussi selon les régions. L'heure Perse, pratiquée encore dans un monastère du Mont Athos, commence au lever du soleil. L'heure, au temps de saint Benoît*, commençait et au lever et au coucher du soleil. Ainsi les heures, toujours douze, entre lever et coucher, furent élastiques. Dans la compagne, par ici, les gens se tiennent encore à l'heure du soleil qui est en retard de deux heures par rapport à l'heure actuelle.
Certes, dans notre société actuelle, ce serait une utopie de revenir à l'heure des anciens, qui est plus conforme au cycle de la nature, mais qui ignore la vie industrielle.
Mais la vie moderne ignore aussi ce que chante le psalmiste : «Depuis la garde du matin jusqu'à la nuit, depuis la garde du matin, Israël espère dans le Seigneur.»
hm.Cassien
* Voilà ce qu'écrit P.Schmitz dans : «La règle des moines» (Namur 1948)
«Fondé sur le cours du soleil, I'horaire à cette époque varie constamment. Le jour et la nuit sont divisés en douze parties ou heures. La sixième heure de l'un et de l'autre correspond toujours à midi et à minuit. Aux équinoxes seules, les heures sont égales. Pour le reste, elles ont une durée qui change selon le lever et le coucher du soleil. En hiver, les heures du jour sont plus courtes que les nôtres, celles de la nuit sont plus longues; en été, c'est le contraire. Au milieu de décembre, par exemple, les douze «heures» de la nuit correspondaient à environ seize des nôtres; chacune d'elles comptait donc 80 de nos minutes. Au milieu de juin, par contre, les douze «heures» de la nuit équivalaient seulement à 7 heures et demie selon notre manière de calculer le temps; chacune n'avait une durée que de 40 minutes approximativement.»
Question :
Pourquoi jeûne-t-on dans les monastères le lundi ?
Réponse :
Pour des raisons diverses :
- Afin de réparer la faute d'Adam et Eve, car selon la Tradition, les protoplastes sont tombés un lundi.
- Afin de commencer la semaine par le jeûne, sans compter le dimanche où on ne jeûne pas.
- Afin de dépasser la justice des scribes et des pharisiens qui jeûnaient deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi, car d'eux il est écrit quelque part dans l'évangile : Si votre justice ne dépasse pas ceux des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le royaume de Dieu.
- Car l'ordre des moines et moniales est celui des anges qu'on fête le lundi.
Et peut-être encore pour d'autres motifs que j'ignore.
Question :
Pourquoi dit-on : Hiéromoine ?
Réponse :
Hiéromoine veut dire : prêtre-moine. Hiéros, en grec, c'est consacré, prêtre. Voir aussi, hiérarchie.
Question :
Les non-orthodoxes ne seront-ils pas sauvés ?
Réponse :
À cette question, je ne peux répondre «oui» ou «non» car la réponse est plus complexe.
En tout premier lieu, ce n'est pas à nous de juger le prochain mais le jugement revient à Dieu qui seul connait le fond de chacun. Il y a certainement des gens qui appartiennent officiellement à telle ou telle fausse croyance mais dont la foi est droite. Dieu les jugera d'après leur foi et ils seront sauvés, non grâce à cette fausse croyance, mais malgré elle. Le Christ dit bien dans l'évangile qu'Il a à garder d'autres brebis qui ne sont pas de sa bergerie, c'est-à-dire de l'Église, et Il dit également «qui n'est pas contre Moi est pour Moi».
Il n'y a pas seulement le baptême comme sacrement, mais il y a aussi le baptême du désir et du sang. Combien de bourreaux païens, à la vue de l'héroïsme des martyrs, se sont convertis et joints à eux et c'est dans leur sang qu'il furent baptisés par l'Esprit saint Lui-même. Combien ignorent, ne connaissent pas l'Église mais suivent la loi naturelle, inscrit dans leur conscience. Ils seront jugés selon cette loi.
Je pourrais aussi me demander si tous les orthodoxes seront sauvés. Certes que non, car celui dont la vie ne correspond pas à son engagement du baptême, le baptême contribue à sa condamnation et non à son salut.
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Celui qui est tombé dans l'hérésie, erre dans un désert aride, oubliant le seul vrai Dieu, il cherche de l'eau dans les étendues désertes et s'installe dans une contrée aride et inhabitée. |