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Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes sous la juridiction de S.B. Mgr. André archevêque d'Athènes et primat de toute la Grèce |
MARS 1996
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Hiéromoine Cassien |
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Foyer orthodoxe |
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66500 Clara (France) |
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HOMÉLIE SUR LA TRANSFIGURATION
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Un ancien a dit: "En tout épreuce qui t'arrive, n'incrime personne, sinon toi seul, en disant : Ceci m'arrive à cause de mes péchés." |
Après avoir passé un mois en Grèce - finalement plus longtemps que prévu, à cause d'un événement auquel je reviendrai par la suite - je me presse afin de terminer ce bulletin.
La récolte principale du miel vient de se faire, un peu en retard aussi à cause du voyage, et une grande partie du miel est déjà vendue malgré le fait que le rucher a doublé cette année. Je viens donc d'acheter encore une douzaine de ruches dans les Cévennes dont la récolte de miel me fera déjà payer le prix.
Pour revenir au voyage en Grèce : En accostant à Patras, comme d'habitude, nous sommes (Pierre, Brigitte et moi) allés vénérer en priorité les reliques de l'apôtre André. Hélène, une fidèle de Patras nous a offert l'hospitalité et, reposés après trois jours de voyage, nous avons pu continuer le jour suivant vers Athènes. A la hauteur de Corinthe, exactement à Loutraki, perché dans la montage et visible de très loin se trouve le monastère de saint Patapios où nous nous sommes arrêtés. Une fois à Kératéa, notre pied d'attache, nous avons salué l'archevêque et fait quelques courses à Athènes les jours suivants. Une journée fut consacrée à une pèlerinage à Égine où se trouve le monastère de saint Nectaire. Le pèlerinage suivant se dirigea vers Prokopi, au tombeau de saint Jean le Russe. De là, nous avons continué vers Larissa, pour rendre visite à nos fidèles de là-bas. Après avoir visité le petit village, perdu dans la montage, où vivait saint Nicolas le Nouveau dans son enfance, et où j'avais peint l'iconostase dans l'église du village, nous nous sommes dirigés vers les Météores. Après tout ce périple, nous sommes rentrés à Kératéa, avec le projet de vénérer encore la chapelle de sainte Théodora dans le sud de la Grèce. Les photos des pages 22-23 illustrent ce que je viens de dire et les photos de la page 2 témoignent de l'événement qui a changé et retardé finalement notre voyage.
A peine sommes-nous rentrés à Kératéa qu'une décision provisoire du tribunal décida que l'archevêque André de même que quinze moniales devaient quitter le monastère jusqu'au jugement final. Devant cette injustice flagrante, il ne nous restait qu'à défendre l'archevêque et les moniales en question, ce qui fut fait. Clergé et laïcs se mobilisaient afin de garder jour et nuit le monastère, pendant deux semaines. Une autre décision juridique annulait enfin la première et l'archevêque pourra rester jusqu'à la décision finale au monastère où il vit depuis 50 ans. A plusieurs reprises, huissiers et autres personnes juridiques ont essayé de pénétrer dans le monastère et d'envoyer la police. Mais la dernière se gardait bien d'intervenir en leur faveur, à cause de la foule amassée et craignant la presse et la télé qui transmettaient dans toute la Grèce cet événement. Bien au contraire, la police nous protégeait devant les schismatiques enragés qui essayaient de provoquer une bagarre. D'ailleurs, d'après nos renseignements, les cinq évêques schismatiques et leur troupeau ont payé3 millions de francs de pot de vin, pour la sentence inique qui était à l'origine de cette persécution. Avec l'Aide de Dieu, tout est donc revenu à l'état d'avant, c'est-à-dire à l'état qui dure depuis un an exactement et où le monastère est partagé en deux : l'archevêque André avec 65 moniales d'une part et les moniales schismatiques de l'autre. Le monastère de l'Entrée de la Mère de Dieu au Temple de Kératéa est un monastère qui relève du fondateur, c'est-à-dire de l'archevêque Matthieu de Vresthène de bienheureuse mémoire et dont le successeur est l'archevêque André. Une raison du schisme est précisément que l'évêque du lieu, Matthieu d'Attique revendique depuis des années le monastère et essaye de faire partir l'archevêque André. D'après les lois de l'Église, nous sommes parfaitement dans nos droits mais autres sont les lois de l'Église et autres celles des tribunaux civils qui sont souvent, comme partout, manipulés. Mais celui qui met son espoir dans le SeigneurÉ

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"DEPUIS LA GARDE DU MATIN JUSQU'A LA NUIT..." |
Les dernières nouvelles reçues par téléphone : Le tribunal civil a reconnu l'archevêque André comme supèrieur du monastère, mais comme abbesse Nectarie, l'higoumène déposée. La situation penche donc plutôt en notre faveur, mais reste encore confuse.
Il ne me reste qu'à dire quelques mots sur notre imprimerie qui s'est améliorée. Notre petite imprimante a fait place à une bien plus grande qui nous permet maintenant d'imprimer les photos directement dans nos publications (les textes sont toujours imprimés avec le risographe). Il nous reste encore à payer une partie de l'imprimante, qui a coûté 25 000 francs et l'impression est dorénavant plus coûteuse, mais Dieu aidant et nous-mêmes comptant sur la générosité de nos lecteurs, cela ira de mieux en mieux.
Pour l'été, il y aura quelques visiteurs, les habituels et de nouveaux, mais à l'instant où j'écris ces lignes, c'est encore le calme au foyer.
J'espère que j'aurai aussi le temps de continuer avec les fresques à l'hermitage en plus des nouvelles commandes d'icônes pour la Grèce.
Dans l'amour du Christ,
hm. Cassien

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DEVANT LES RELIQUES DE SAINT PATAPIOS |
Procle, patriarche de Constantinople
Allons ! amis, aujourd'hui encore approchons-nous allégrement des trésors de l'évangile et, selon notre habitude, les richesses que nous y puiserons, nous les partagerons sans lésinerie et, ce faisant, nous n'en perdrons rien. Allons trouver saint Luc, le grand sage et guide excellent. Mettons-nous à nouveau sous sa conduite afin de voir le Christ gravissant une haute montagne en compagnie de Pierre, de Jacques et de Jean, les témoins choisis par lui de sa divine Transfiguration (Mt 17,1). Ayant pris, dit-il, Pierre et ses compagnons, le Maître monta sur une montagne élevée.
Certes, elle est élevée, cette montagne où Moïse et Elie conversent avec le Christ, où la Loi et les prophètes tiennent compagnie à la grâce. Elle est élevée, cette montagne où se trouvent Moïse, le sacrificateur de l'agneau pascal (Ex 12,3) qui a teint de son sang les montants des portes des Hébreux, et Elie, qui, auprès de ces même Hébreux, dépeça un boeuf pour le sacrifice (I R. 18,33) et, à travers l'eau, le consuma pour l'holocauste; Moïse, qui entrouvrit et referma les masses liquides de la Mer Rouge (Ex 14,11), et Elie, qui ouvrit et referma les réserves des eaux célestes (1 R 17,1). Montagne élevée, certes, afin que Pierre et ses compagnons, Jacques et Jean, apprennent qu'il est, Lui, celui devant qui tout genou fléchit au ciel, sur terre et aux enfers (Phil 2,10).
Le Seigneur, en effet, lorsqu'il gravit la montagne, ne prit que trois apôtres avec lui. Il ne les prit pas tous, mais il ne les laissa pas tous. Ce n'était pas pour refuser aux neuf qui demeuraient en bas de leur montrer sa Gloire, ni qu'Il les méprisât ou qu'il voulût les chagriner. Juste, il agissait en tout avec justice. A eux tous, ils ne faisaient qu'un à ses yeux et il ne séparait pas de la charité mutuelle ceux qu'il avait unis. Mais il y en avait un parmi eux qui était indigne de la divine et admirable vision, Judas, celui qui allait le trahir. A cause de ce dernier, Il laissa aussi les autres afin de lui enlever toute excuse plus tard, puisqu'Il ne l'avait pas laissé seul. Il ne gardait pour sa Transfiguration que les trois témoins exigés par la Loi. Mais les autres étaient mystiquement avec eux. Telles sont, en effet, ses paroles: "Père juste, garde-les afin qu'ils soient un comme nous sommes un" (Jn 17,2). Voyant donc André, Thomas, Philippe et ses autres compagnons restes au bas de la montagne ne se livrer ni au murmure, ni à l'indignation, ni au sarcasme, mais tout à la joie de s'estimer participants de la même grâce d'en haut accordée aux trois absents. Judas n'avait aucune excuse puisqu'il n'avait été écarté d'aucun miracle. Et cependant, comme c'était lui qui tenait la bourse, il s'indigna sans motif contre la femme qui avait répandu un parfum de grand prix et avec une audace sacrilège, il livra son Maître à ses ennemis (Mt 17,2).
Que dit ensuite l'évangéliste ? "Il fut transfiguré devant eux . Et voici que leur apparurent Moïse et Elie qui s'entretenaient avec lui" (Mt 17, 2-3). Alors Pierre, bouillant comme il l'était en toute occasion, reconnaissant par les yeux de l'esprit ceux qu'il n'avait jamais vus et les voyant converser avec le Seigneur, ne mesurant ni la grandeur du prodige, ni le caractère surprenant de la divine illumination, appela beau ce lieu désertique et, de pêcheur se faisant bâtisseur de tentes, il dit au Sauveur : "Faisons ici trois tentes, une pour Toi, une pour Moïse et une pour Elie. Il ne savait pas ce qu'il disait" (Luc 9, 33). Le très sage Luc a trouvé la bonne excuse : "Il ne savait pas ce qu'il disait".
Mais enfin ! prince des apôtres, toi qui a été mis à leur tête, ô Pierre, pourquoi traduire des pensées si basses par des paroles précipitées ? Pourquoi outrager par des raisonnements humains les choses divines ? Tu veux, dis-tu, dresser trois tentes en ce lieu désert, mais ainsi tu égales le Maître à ses serviteurs, puisqu'il y aurait une tente pour le Christ et une pour chacun des deux autres. Or, est-ce par l'opération du saint Esprit que Moïse a été conçu, comme lui ? Est-ce une vierge-mère qui a enfanté Elie, ainsi que la toute sainte Vierge Marie a enfanté le Christ ? Un embryon aurait-il par hasard reconnu Moïse dès le sein maternel, ainsi que le fit le Précurseur ? Un astre du ciel a-t-il annoncé la naissance d'Elie ? Des mages ont-ils adoré Moïse en son berceau ? Ni pour Moïse ni pour Elie il n'y eut de tels prodiges. Et eux-mêmes ! ont-ils chassé des légions de démons ? Ont-ils délogé les esprits mauvais des cavernes des coeurs humains ? Moïse, il est vrai, dans une sainte colère, frappa de son bâton la mer, la divisa et la traversa. Mais Jésus, le Maître a marché sur les eaux (Mt 14,25), et Il a fait pour toi, Pierre de l'abîme un chemin. Elie, par ses prières, a multiplié la farine de la veuve (1 R 17,14) et il a ressuscité son fils. Mais Lui, ô Pierre, après qu'Il t'eût tiré de tes filets et de tes poissons pour faire de toi son disciple, Il a nourri des multitudes avec quelques pains et, pénétrant aux enfers, Il les dépouilla et leur arracha tous ceux qui y dormaient depuis l'origine.
Ne dis pas, Pierre : "Faisons ici trois tentes", ou : "il nous est bon d'être ici". Ne pense à rien d'humain, à rien de bas, ni de terrestre ou de rampant; "Songe aux choses d'en-haut, recherche les choses d'en-haut", comme te le conseille saint Paul "et non les choses de la terre" (Col. 3,2). Comment, en effet peux-tu appeler bon ce lieu où le serpent a outrageusement blessé notre premier père et lui a fermé le paradis, où l'on nous a enjoint de manger notre pain à la sueur de notre visage (Gn 3,19), à gémir et à trembler sur la terre comme Caïn (Gn 4,13), cette terre où rien n'est stable, où tout est ombre, où tout s'écoule ?
Comment peut-il être bon pour nous d'être ici ? Si le Christ devait nous laisser là, pourquoi aurait-Il incliné les cieux et serait-Il descendu ? Si le Christ devait nous laisser là, pourquoi serait-Il uni à nous par la chair et le sang ? Si le Christ devait nous laisser là, pourquoi Se serait-Il abaissé jusqu'à celui qui était tombé, et aurait-Il relevé celui qui gisait à terre ? S'il est bon pour nous d'être ici, c'est en vain que tu as été nommé portier des cieux. Et à quoi donc les clefs d'en haut te serviraient-elles ? Puisque c'est cette montagne qui est l'objet de tes désirs, laisse les cieux. Si tu veux dresser des tentes, refuse d'être appelé le fondement de l'Église. Ce n'est pas, en effet, sans motif que le Christ a été transfiguré, c'est pour nous montrer la future transfiguration de notre nature et sa seconde venue sur les nuées, dans la lumière, escorté par les anges. Car Il est revêtu de la lumière comme d'un manteau (Ps 17,10) et Il doit juger les vivants et les morts. C'est la raison pour laquelle il nous présente Moïse et Elie, témoins des antiques visions.
Qu'ajoute maintenant notre grand évangéliste ? "Comme il parlait encore, voici qu'une nuée lumineuse les prit sous son ombre et voici qu'une voix disait de la nuée : Celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur. Écoutez-le" (Mt 17,5). Il dit bien : "Comme Pierre parlait encore". Le Père lui donne la réplique du haut des cieux : "Qu'est-ce là, Pierre ? Pourquoi ces paroles incertaines et superflues ? Tu appelles bon ce lieu ! Es-tu donc oublieux de toi-même ? ou portes-tu envie à ta race, ne sachant pas ce que tu dis ? N'as-tu pas été instruit ? N'as-tu pas reçu la ferme connaissance de la filiation divine ? N'est-elle pas de toi cette parole : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant" (Mt 16,16) ? Tu as vu tant de prodiges, Bar Jona, fils de la colombe, et tu es encore Simon ! Mon Fils t'a établi portier des cieux, et tu n'as pas encore déposé ton costume de pêcheur ? Voici que, pour la troisième fois, tu résistes à la Volonté du Sauveur, ne sachant pas ce que tu dis. Il a déclaré, en effet : "Il me faut souffrir". Et toi de répondre : "Cela ne t'arrivera pas" (Mt 16,22). Il a dit aussi : "Tous seront scandalisés". Et toi de protester : "Quand bien même tous seraient scandalisés, moi je ne le serai pas" (Mat. 26,33).
Et voici que maintenant tu veux dresser une tente pour le Christ et une semblable pour Moïse et pour Elie !
Une tente pour le Christ ! pour celui qui avec Moi a déployé les cieux !
Une tente pour Celui qui, avec Moi, a fondé la terre, rassemblé l'eau des mers et fixé le firmament ?
Une tente pour Celui qui a allumé les astres, incendié l'espace azuré et créé avec Moi toutes choses avant tous les siècles ?
Une tente à Celui qui tient à la fois de Moi et de vous, qui est avec Moi et avec vous ?
Une tente pour cet Adam sans père et ce Dieu sans mère ?
Une tente pour Celui qui a choisi pour tabernacle un sein virginal ?
Puisque, ne sachant ce que tu dis, tu veux ainsi dresser trois tentes, Moi, me servant comme d'une tente de cette nuée lumineuse et recouvrant tous ceux qui sont là, je crie du haut du ciel : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur. Écoutez-le". Non pas Moïse et Elie, mais lui, non pas l'un ni l'autre, mais Lui, un en Lui-même et toujours le même. "Celui qui a toute ma faveur, écoutez-le".
Moïse, Je l'ai justifié, mais en Celui-ci, Je me complais. Elie, je l'ai élevé au ciel, mais Celui-ci, Je l'ai envoyé dans le sein de la Vierge ainsi que dans un ciel, puis de la Vierge dans le ciel lui-même. "Personne, en effet, dit-Il, n'est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel" (Jn 3,13). C'est pourquoi en vain Il serait descendu sur la terre, s'Il demeurait toujours sur la terre. En vain Il se serait anéanti lui-même,en prenant la forme d'un esclave (Phil 2,7), si, tout en restant ce qu'Il était, Il n'était pas devenu ce que vous êtes. S'Il n'avait pas, comme vous et à cause de vous, porté sa Croix et racheté le monde par son propre Sang, I'économie du salut eût été rendue vaine et stérile, et ébranlées, les antiques paroles des prophètes.
Allons, Pierre, cesse de parler. Ne pense pas selon les hommes, mais selon Dieu. "Car Celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur. Écoutez-le". Deux fois, en effet, J'ai prononcé à son sujet cette parole. A vous, sur cette montagne, et à Jean sur les bords de Jourdain, afin que le cri antique du prophète soit reconnu véridique : "Le Thabor et l'Hermon à ton nom crient de joie" (Ps 88,13). A quel nom ? "Celui-ci est mon Fils bien-aimé". "Car il Lui a été donné un Nom qui est au-dessus de tout nom ", ainsi que s'exprime Paul (Phil 2,8).
Mais, très cher, tu vas sûrement m'interroger : " Que veut dire "Le Thabor et l'Hermon à ton nom crient de joie" ? Vois, comprends-le bien : le Thabor est cette montagne où le Christ a voulu être transfiguré et proclamé Fils par son Père, comme vous l'avez entendu à l'instant même. Quant à l'Hermon, c'est une petite montagne proche du Jourdain où Elie fut enlevé au ciel, non loin du gué où le Christ a voulu être baptisé et où le Père lui a rendu témoignage en le proclamant son Fils.
Sur ces deux montagnes, le Père ineffablement pur, établissant fermement la filiation, alors et maintenant pour la seconde fois crie : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur. Écoutez-le. Car celui qui L'écoute, M'écoute (Lc 10, 16). Et celui qui rougit de Lui et de ses paroles, Je rougirai de lui dans ma gloire en présence des saints anges (Mc 8, 38). Écoutez-le sans feinte, sans malice, sans vaine recherche, sans restriction. Cherchez avec foi, mais ne mesurez pas par la langue; n'estimez pas le Verbe, Parole de Dieu, par le nombre des paroles ".
Le grand orateur Paul nous suffira présentement. Refrénant la curiosité par un enseignement universel et indubitable, il s'écrie : "Ô abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles" (Rm 11,33).
A Lui la gloire dans les siècles des siècles. Amen.
A l'iconostase de la chapelle dans le roc, où est gardé la vénérable relique de saint Patapios, sur les montages de Gérania, en Corinthe, est représentée auprès de saint Patapios, l'icône d'une sainte qui porte l'inscription : "Notre sainte mère Hypomonie" (Hypomonie = patience).
Sous le nom d'Hypomonie, plusieurs femmes nobles de la branche des Paléologues byzantins ont pris le voile. Il est cependant considérée comme certain que la "sainte Hypomonie" ici représentée est Hélène Paléologue, épouse de l'empereur Manuel II Paléologue (1391-1425). Manuel mourut étant moine, du nom de Matthieu, et son épouse Hélène termina ses jours au monastère de la Souveraine Marthe de Constantinople, où elle vécut sous le nom d' Hypomonie jusqu'à sa dormition, le 23 mai 1450. Elle fut enterrée au monastère du Tout-Puissant auprès de son époux.
Les rares sources qui se rapportent à la personne
d'Hélène Paléologue expriment avec
émerveillement son caractère et ses nombreuses vertus.
Un historien la nomme "sainte Souveraine" et le philosophe Pléthon Gémistos assure que "cette impératrice" n'a jamais rien fait du mal, au contraire, elle faisait beaucoup de bien à tous.
Ce qui est étonnant, c'est que l'impératrice Hélène, qui était l'épouse et l'aide précieuse d'un "empereur philosophe" et important, mère et conseillère exceptionnelle de huit enfants (dont deux empereurs et quatre gouverneurs), protectrice des oeuvres philanthropiques et des monastères, et enfin moniale avec une vie de sainteté, n'est pas née de parents grecs byzantins. Elle était fille du gouverneur serbe Constantin Dragassi qui se sentait grec et qui était gouverneur de la région du fleuve Axios et de l'Epire.
Pour Byzance et les Balkans, c'était alors une époque si anormale et tragique que, alors que le père slavo-serbe d'Hélène- Hypomonie se faisait tuer (1395) en combattant aux côtés de Turcs contre le slave Mirtséa, son époux Manuel II combattait contre les Turcs.
Pléthon Gémistos dit qu'Hélène est de descendance thracique, mais cela est exagéré. La vérité est qu'en sa personne, nous avons la seule impératrice serbe, qui garda pendant 35 années entières le titre qu'elle reçut lors de la célébration de son couronnement : "Hélène, reine en Christ et impératrice des Romains, la Paléologue."
Cette sainte Hypomonie, non seulement soutint son époux et donna à ses enfants une éducation chrétienne orthodoxe, mais aussi fut un instrument décisif et cohérent pour sa grande famille.
C'est à mère Hélène- Hypomonie que sont principalement dues la concorde et la collaboration entre les princes (dont deux régnèrent et quatre devinrent gouverneurs). La vertu, mais aussi l'action bienfaitrice de sainte Hypomonie est montrée par l'événement suivant :
Après avoir concélébré, depuis le monastère, la montée sur le trône impérial de son quatrième fils Constantin en 1348-49 (qui à son tour, désigna commandants-gouverneurs de Mistra ses deux fils Thomas et Dimitri), elle rassembla au monastère de la Souveraine Marthe tous ses enfants et les grands dignitaires. Là, elle conseilla sur beaucoup de choses et leur demanda d'être en accord juré, et de promettre d'avoir entre eux, l'amour, la paix et la collaboration, ce qui pourtant n'a pas toujours eut lieu.
Nous ne connaissons pas de détails de sa vie monastique. Cependant, il est certain que des membres de la famille des Paléologues, soit de leur propre gré, soit par disgrâce politique, se réfugièrent dans des monastères. Hélène Paléologue décida de vivre en moniale pour des raisons spirituelles. Cependant, elle continuait à influencer ses enfants, dont trois moururent étant moines : Théodore (gouverneur de Mistra), Andronique (gouverneur de Thessalonique) et Dimitri (gouverneur de Mistra).
La tradition du monachisme a été aussi suivie par certains de ses petits-enfants. Malgré tout cela, sainte Hypomonie eut la malchance d'avoir dans sa famille des événements très déplaisants. Son fils Dimitri combattit aux côtés de Mohamed II, à qui il donna pour épouse (au harem) sa fille, qui portait le nom de sa propre mère. Son fils l'empereur Constantin XI, à son deuxième mariage, eut comme épouse une catholique romaine et signa la fausse union de l'Église orthodoxe avec l'Église romaine. Sa petite-fille Hélène, fille de son fils Thomas, adopta - quoique provisoirement - le catholicisme romain.
La présence de sainte Hypomonie auprès de saint Patapios à l'iconostase de la chapelle s'explique par le fait que la moniale Hypomonie était liée au monastère du Précurseur "dans le Rocher", où était gardée la vénérable relique du saint, et aussi par le fait que Angelis Notaras, qui transféra la sainte relique en Corinthe, était né de mère Paléologue et savait tout ce qui concernait Hélène- Hypomonie. Il savait donc que Hypomonie avait participé à la garde de la relique de saint Patapios, et comme impératrice Hélène, elle avait autrefois visité le Péloponèse trois fois; elle était, en plus, restée pendant une période en Corinthe, quand son époux Manuel II s'occupait de la reconstruction du mur d'Examilia.
Selon la tradition, sainte Hypomonie est honorée par toutes les moniales du monastère de saint Patapios et par les pèlerins qui s'y rendent. Elle l'ont comme protectrice après saint Patapios et demandent ses intercessions. On sait aussi que sainte Hypomonie a montré des signes divins. Elle apparut un jour à un malade lui promettant de le guérir, ce qui fut réalisé.
Aujourd'hui, les moniales qui se livrent à leurs devoirs ascétiques et sociaux révèrent sainte Hypomonie et attendent avec sagesse, patience et joie, des signes, plus nombreux et plus clairs, en rapport avec leur protectrice.
traduit du grec
"Bienheureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux" (Mt 5,3).
Quelles sont les vertus que notre Seigneur déclare bienheureuses ? Dans la première béatitude, Il nous enseigne que la vertu de la pauvreté ou de l'humilité d'esprit est bienheureuse.
Qu'est-ce que la pauvreté ou l'humilité d'esprit ? La pauvreté d'esprit est la sagesse et l'intelligence humaines basées sur le sentiment que nous sommes dépouillés de toute vertu et en général de tout bien, que par nous-mêmes nous sommes incapables d'acquérir quoi que ce soit dans ce monde et toutes les bonnes choses que nous possédons ou désirons se trouvent hors de notre portée, en Dieu qui est le seul Bien infini capable de satisfaire les voeux les plus élevés de l'homme - si l'homme le Lui demande. C'est cela, la pauvreté de l'esprit et non pas un trait de folie ou d'absurdité comme l'interprètent à tort certaines personnes.
La pauvreté d'esprit est la sagesse et la prudence humaines à propos desquelles Dieu déclare ailleurs : "Heureux l'homme qui a trouvé la sagesse, et celui qui a acquis l'intelligence" (Pr 3,13).
N'importe qui, étant pauvre de corps, conscient de sa misère, sa faim, sa soif et sa nudité, recourt à quelqu'un qui a les moyens et le pouvoir de satisfaire ses besoins. Cependant, celui qui est pauvre en esprit - celui qui est parfaitement conscient de sa nudité spirituelle, qui connaît son grand besoin de vraie connaissance et de vertu, et qui comprend que Dieu seul possède toutes les bonnes choses - cherche Dieu et a soif de Lui, et avec un coeur humble s'efforce de satisfaire ses besoins et ses désirs spirituels. Celui qui est véritablement pauvre en esprit s'écrie de tout son coeur et de toute son âme : "Je suis pauvre et indigent, aide-moi, ô Dieu, mon Seigneur et mon Sauveur !"
Notre Seigneur possédait la parfaite pauvreté d'esprit. Le Christ comprenait qu'en tant qu'homme, Il n'avait rien de Lui-même, que les bonnes choses qu'Il possédait venaient de Dieu. C'est dans ce contexte, en tant qu'homme qu'Il dit au jeune homme riche : "Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon? Un seul est bon" (Mt 19,17).
Le prophète David écrivit : "Bienheureux est celui qui considère le pauvre : le Seigneur le délivrera au jour de l'épreuve" (Ps 41,1). Tous ceux qui sont considérés dignes de la grâce et des dons divins, possèdent cette vertu, comme le patriarche Abraham qui déclara qu'il n'était que poussière et cendres devant Dieu tout-puissant : "Voici, j'ai pris sur moi de parler au Seigneur, moi qui ne suis que poussière et cendres" (Gn 18,27).
Comme Il abonde en Bonté, Dieu satisfait les besoins des pauvres en esprit et les récompense de leur humilité devant Lui, en les admettant dans son royaume : "Bienheureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux." Pour obtenir cette immense récompense spirituelle, nous devons reconnaître et confesser que nous sommes poussière et cendres - privés de toute bonne chose - et que Dieu seul possède le pouvoir de satisfaire nos besoins et désirs par ses Bénédictions parfaites; voilà les bonnes choses que nous devons rechercher auprès de Lui. Si nous supplions Dieu pour qu'Il exauce nos voeux les plus nobles, nous obtiendrons la récompense promise, car Il déclara : "Demandez et on vous donnera; cherchez et vous trouverez !" (Mt 7,7).
Dans la deuxième béatitude, notre Seigneur déclare que ceux qui s'affligent sont bienheureux. On est dans l'affliction lorsqu'on a perdu quelque chose que l'on aime. En effet, une profonde tristesse est ressentie par quelqu'un qui a perdu un parent aimé, par les parents qui ont perdu leur enfant ou par un enfant qui a perdu ses parents. La perte d'une personne aimée est une cause de grand deuil.
Mais est-ce à cette affliction que le Seigneur se réfère ? Non. Il se réfère plutôt au deuil profond qui a lieu dans l'âme de l'homme quand il se rend compte que, à cause de ses péchés, il s'est aliéné le droit à la vie éternelle. Le transgresseur de la loi de Dieu a perdu le droit à la vie éternelle, qui est la bénédiction la plus précieuse.
Si cependant il se repent et éprouve la contrition du coeur à cause de la perte de cette grande bénédiction et demande à Dieu la rémission de ses péchés suivant les lois et conditions prescrites par Dieu, il peut recevoir la divine consolation du saint Esprit; c'est pourquoi l'Esprit est appelé Paraclet ou Consolateur. Celui qui s'afflige ainsi intérieurement de ses péchés, apprend qu'il a été pardonné et a regagné le droit de vivre; son coeur devient joyeux, ravi et divinement serein. Ainsi, les hommes raisonnables s'affligent soit de leurs propres péchés, soit des péchés commis par des personnes qui les touchent profondément.
Quand David fut réprouvé par le prophète Nathan, il s'affligea de ses propres péchés et se repentit dans son coeur. Il pleura et rechercha le pardon divin pour ses péchés : "Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande Miséricorde,... lave-moi de plus en plus de mon iniquité et de mon péché purifie-moi, car je connais mon iniquité et mon péché est constamment devant moi" (Ps 50,3-5). David continua à s'affliger pendant longtemps; même pendant les heures où il était couché sur son lit, il s'attrista et s'affligea : "Je me suis fatigué à gémir; de mes larmes chaque nuit je baigne ma couche, de mes pleurs j'inonde mon lit" (Ps 6,6).
Lorsque le roi Manassé désobéit à Dieu et fut affligé, il se repentit, entra dans un grand deuil et s'humilia devant le Dieu de ses pères. Dieu entendit les prières du roi repentant et restaura son règne (1 Par 33,1-19).
Le prophète Jérémie s'affligea des péchés de son peuple et rechercha la sincère contrition. Il s'écria : "Oh, si ma tête était remplie d'eau, si mes yeux étaient une source de larmes, je pleurerais jour et nuit les morts de la fille de mon peuple !" (Je 9,1). Le prophète Daniel aussi s'affligea intensément à cause des péchés de son peuple (Dn 9,1-10).
Comme il est prédit dans les prophéties qui Le concernent, Jésus Christ manifesta un deuil intense à cause des péchés de l'humanité : "Je suis dans la misère, courbé à jamais, tout le jour en deuil je chemine" (37,7). Bien que notre Seigneur soit totalement sans péché - "Lui qui n'a point commis de péché et dans la bouche duquel il ne s'est point trouvé de fraude" (1 P 2,22) - Il ressentait cependant le poids du péché des hommes incommensurablement plus que qui que ce fût d'autre et s'en affligeait énormément. Avant sa Passion redoutable, le Christ s'attrista si intensément au sujet du genre humain que "... sa sueur devint comme des grumeaux de sang qui tombaient à terre" (Lc 22,44). Tous ceux qui s'affligent, soit de leurs propres péchés, soit de ceux des autres, sont consolés suivant le degré de leur affliction.
Aujourd'hui, nous sommes tous pécheurs; que nous soyons prêtres ou laïcs, nous vivons dans un grand péché. Ainsi, conscients de notre état terrible et de notre péché, nous sommes obligés de nous affliger, d'être contrits de coeur, de pleurer, de jeûner et de demander le pardon de nos péchés au Dieu tout-puissant, afin de recevoir la divine consolation et d'être visité par des jours de réconfort. Dieu, notre Père céleste aimant, fait trembler la terre ou envoie d'autres châtiments éducatifs pour pouvoir nous ramener à notre bon sens et nous éloigner de la voie du péché - car le Seigneur "châtie celui qu'Il aime, et Il frappe de la verge tous ceux qu'Il reconnaît pour ses fils" (He 12,5-6).
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Un vieillard a dit : De même que la cire, à moins d'être échauffée ou malaxée longtemps, ne peut recevoir l'empreinte du sceau, ainsi l'homme ne peut contenir le sceau de la vertu de Dieu, s'il n'a pas été éprouvé par des peines et des infirmités. C'est pourquoi le Seigneur disait au divin Paul : "Ma grâce te souffit, car ma Puissance se parfait dans la faiblesse." (2 Cor 12,9) |
En 1992, un moine du monastère de Simonos Pétra fit la découverte, dans une dépendance à moitié en ruines, sous des couches de feuilles mortes, d'une collection de plaques photographiques dont quelques-unes dataient des années 1850. Le byzantinologue Niki Tsironis en emporta un petit choix de tirages en Angleterre.


Dans : SCIENCE ET VIE (N° 945)
Le supplice de la crucifixion est évoqué à diverses reprises dans les textes anciens. C'est un supplice de l'ancien Orient, en général collectif, infligé aux ennemis ou aux rebelles dès le premier millénaire avant notre ère. Les Romains - chez qui existaient déjà les supplices du pal, du carcan et de la potence - I'adoptent au IIIe siècle av. J.-C., "séduits" par son côté spectaculaire et exemplaire. La crucifixion, en effet, entraîne la mort après de très longues souffrances. Les Romains limitent son application à ceux qui menacent l'ordre et l'État, à l'exception des citoyens romains. C'est une peine particulièrement infamante, réservée aux esclaves, aux insurgés, aux pirates, bref, à tous ceux auxquels les Romains refusent le statut d'homme. Elle sera abolie au IVe siècle de notre ère par Constantin, l'empereur converti au christianisme par respect pour la Passion du Christ.
D'abord flagellé, le condamné est dénudé (mesure avilissante), sauf en Judée, où la vision de la nudité est impure. Chargé du patibulum, c'est-à-dire de la barre transversale, et non de toute la croix, il traverse la ville jusqu'au lieu du supplice, choisi pour que l'agonie des condamnés soit visible par le plus grand nombre : le long d'une route, sur une hauteur... Là se dressent en permanence les crux proprement dites, pieux de 3 à 4 m de long. Le condamné est alors attaché ou cloué sur le patibulum - les clous sont enfoncés dans le poignet, et non dans la paume, sinon les chairs se déchireraient sous le poids du corps. Il est ensuite hissé sur la crux, sur laquelle sont cloués les pieds. Le nom du condamné et la nature de son forfait sont inscrits sur une pancarte en latin, en grec et en langue locale.
Cette description "littéraire" a pris soudain la densité du réel quand, en 1968, au nord-ouest de Jérusalem, ont été découverts au fond d'un ossuaire deux talons percés de clous. Les pieds avaient été cloués de part et d'autre de la crux. Des traces de bois indiquaient qu'une planchette avait été intercalée entre la tête du clou et le talon pour empêcher le supplicié de dégager son pied. Les tibias avaient été brisés, mesure "charitable" destinée à abréger les souffrances du condamné, alors incapable de se soulever pour reprendre son souffle. La suspension par les bras entraîne, en effet, un blocage des muscles du thorax qui rend la respiration très difficile. Prenant appui autant que possible sur le(s) clou(s) qui lui transperce(nt) les pieds et sur la sedula, planchette inclinée située sous ses fesses, le crucifié essaie d'échapper à l'asphyxie. La tétanisation des muscles, la baisse du taux d'oxygène dans le sang affaiblissent lentement l'organisme. L'agonie peut durer plusieurs jours. Ultime humiliation : le cadavre reste exposé jusqu'à sa complète décomposition. Il est interdit d'inhumer les restes, sauf en Judée, où la loi juive veut qu'un supplicié soit enterré avant la nuit.
C'est bien ce qui arrive à Jésus : on lit dans le Nouveau Testament que son corps est transporté dans une tombe n'ayant jamais servi, proche du lieu du supplice.
L'un des Pères racontait ceci : Un prêtre de ceux de notre région qui depuis longtemps persévérait dans l'ascèse et entretenait sa méditation par une lecture assidue des saintes Écritures, me fit le récit suivant : J'avais, disait-il, une soeur vierge, jeune quant à l'âge, mais ancienne par la maturité qu'elle avait acquise. Elle avait passé tout le temps de sa jeunesse dans le jeûne et les veilles. Alors qu'elle se trouvait un jour assise près de moi, soudain elle se renversa sur le dos en appelant et en tendant les mains. Sans voix et sans souffle, elle gisait comme morte. Le lendemain à la même heure, se relevant comme si elle sortait d'un profond sommeil, elle était tout effrayée et tremblante. Comme je lui demandais ce qui lui était arrivé, elle me pria de lui permettre de garder le silence un certain temps. Quand l'effroi de son âme aurait disparu, volontiers et de bonne grâce elle ferait le récit de ce qui lui avait été montré. Elle déclarait en effet que ce qu'elle avait vu dépassait tout ce qu'on pouvait voir et entendre, les bonnes choses comme les mauvaises. Après avoir pleuré continuellement durant plusieurs jours, elle cessa, sans avoir reçu compassion de personne ni avoir communiqué à autrui ce qu'elle avait en elle. Souvent elle faisait mention nommément de certaines personnes, les disant malheureuses avec des lamentations et des gémissements. Mais moi, je déployais mon zèle pour savoir les choses qu'elle avait vues.
Un jour, cédant avec peine à mes instances, elle commença le discours suivant : "A cette heure où je me trouvais assise près de toi, deux personnages à la chevelure grisonnante et d'aspect glorieux, enveloppés de vêtements blancs, me prirent la main, m'invitant à les suivre. L'un d'eux tenait un bâton à la main. L'étendant vers le ciel et ouvrant celui-ci d'un seul coup, il se disposait à nous y introduire tous. Mais me prenant ils me firent entrer dans un certain lieu. Là une multitude d'anges se tenait tout autour de la porte et des rideaux dépassant toute description. Étant donc entrée à l'intérieur, je vis un trône élevé et là encore beaucoup d'anges se tenaient tout autour, dépassant en beauté et en taille ceux qui se tenaient au-dehors. Quelqu'un était assis sur ce trône, semblable à ceux qui l'entouraient et les illuminant d'éclairs à l'entour. Tous se prosternaient devant lui en l'adorant. Ceux qui me tenaient me commandèrent de l'adorer, et je l'adorai. Je l'entendis donner un ordre : 'Emmenez-la et montrez-lui absolument tout, afin qu'elle le raconte à ceux qui sont encore en vie dans le monde.' Ceux qui me tenaient par la main exécutèrent l'ordre. Passant dans un certain lieu, je vis une quantité d'édifices d'une beauté indescriptible, de diverses formes, faits d'or et de pierres précieuses, resplendissant sur tout ce qui se trouvait là, avec des milliers de tentures variées incrustées d'or. Vivaient dans ces édifices une multitude d'hommes et de femmes éminents en honneur et en gloire. Se faisant connaître tour à tour, ils me disaient être les uns des évêques justes et saints à la tête de leurs ouailles, d'autres, des clercs et des laïcs, les uns ayant brillé dans leur propre dignité, les autres ayant vécu chastement et honnêtement. J'ai donc vu là aussi, frère, de ce pays-ci où nous sommes, un prêtre et des laïcs que moi et toi savions avoir quitté ce monde après avoir vécu chastement dans la virginité, le veuvage ou le mariage. Et je voyais beaucoup de connaissances. Mais certains m'étaient inconnus; de ceux-là surtout je disais à mes guides de me parler, étant une étrangère pour eux. Ils me disaient qu'ils étaient de différentes villes et contrées. Quant aux femmes, les unes avaient été nourries dans des monastères, les autres avaient mené la vie monastique à part. Certaines d'entre elles dans le veuvage avaient la plupart du temps achevé leur vie dans des afflictions et des peines accablantes. Il s'en trouvait aussi d'autres, vierges ou veuves, qui étaient tombées et qui, ensuite, par une pénitence et beaucoup de larmes, étaient revenues à leur dignité première. Puis, m'emmenant de là, ils me conduisirent encore dans certains lieux sombres d'aspect, effrayants à voir et remplis de toutes sortes de pleurs et de lamentations."Au moment où elle allait en commencer la description, il lui vint une telle abondance de larmes que tout son vêtement en fut trempé et qu'elle en avait la voix coupée pour relater ce qu'elle avait vu. Sa langue étant malgré elle contractée dans ses dents, elle ne fit entendre longtemps que des sons inintelligibles. Cependant, se faisant violence, elle reprit : "Oui, j'ai vu des lieux si effrayants et si pénibles qu'il n'est possible ni de les voir ni d'en entendre parler. Les guides me dirent qu'ils étaient préparés pour tous les impies et les criminels et pour certains qui dans le monde sont dits chrétiens, pour les innombrables méchants qui y sont mis pour être châtiés. De là, disait-elle, un feu jaillissait qui semblait être une chose terrible. A sa vue, toute tremblante, je les interrogeai de nouveau : 'Pour lesquels de ces malheureux ce châtiment est-il préparé ?' Ils dirent : 'Pour ceux qui avaient rang dans le clergé et qui ont outragé l'Église de Dieu par l'avarice et l'injustice, en vivant de façon honteuse sans aucun remords.' De certains d'entre eux importants, ils me disaient les noms, de quelques-uns de ceux dont lui-même, disait-il, avait entendu parler comme attachés à la ville, de certains aussi qui faisaient partie de mon église.
Et moi, racontait-elle en tremblant et entre les dents, je demandai s'il n'y avait pas autant de maux préparés pour les vierges qui s'étaient mal conduites que pour les clercs dont il parlait. Et l'ange me répondit : 'O vierge, les maux qui leur sont réservés sont suffisants pour la violation de la loi de Dieu et l'injustice envers le prochain. Ceux qui sont portés là sont en effet rétribués comme il convient. Car ni Dieu ne dédaigne ceux qui ont été maltraités par eux, ni ceux qui font les choses déplaisant à Dieu ne restent impunis. Pour tous, le Dieu tout-puissant a ce qu'il faut en biens et en maux.' De là mes guides m'emmenèrent encore en un autre lieu où il y avait comme un fleuve de feu entraînant tout dans son cours et qui était plein de profondes ténèbres et rempli de gémissements et de tumulte, de grincements de dents effrayants et pitoyables, et tout y était absolument effroyable. Là donc, frère, j'ai vu avec quelques autres des vierges nombreuses et distinguées et de prétendues veuves qu'on croyait avoir une certaine vertu et n'avoir jamais commis de fautes méritant pareil châtiment. Je demandai à l'ange : 'Qu'ont-elles fait ?' Il me dit : 'Elles ont circulé de lieu en lieu et de maison en maison, fustigeant les vies des autres, préoccupées de boisson et de plaisir, et ne faisant aucun cas de la psalmodie, de la prière et du jeûne, malgré toutes leurs promesses et l'alliance contractée avec Dieu, de telle sorte que cette vie les avait corrompues et conduites à la prostitution. Parmi elles beaucoup s'étaient même fait avorter dans le dessein de cacher leurs dérèglements à la plupart.' Et j'en vis aussi de punies qui avaient été à la tête d'autres et qui n'avaient pas dirigé avec sagesse et justice leurs monastères, mais étaient devenues pour certaines cause de relâchement, de corruption et de perdition. Je vis encore d'autres femmes et d'autres hommes châtiés pour différentes transgressions. Moi, je voyais leurs abondantes larmes et leurs pleurs et je ne supportais rien de moins qu'eux en fait d'effroi.
Je demandai à savoir d'où étaient celles et la plupart de ceux qui se trouvaient là. Les anges me répondirent qu'ils étaient tous de différents lieux. Ils étaient tombés dans les mêmes péchés, ils subissaient les mêmes châtiments. Et moi, disait-elle, regardant attentivement, je vis mes amies les plus chères, deux vierges, plongées dans cet enfer de feu, que tu avais averties si souvent, frère, par de multiples conseils et exhortations. Les chérissant extrêmement à cause de leur affection pour moi et les apercevant ainsi, je poussai un grand cri et les appelai chacune par leur nom. M'ayant jeté un regard et ayant eu sur leur visage la plus grande honte de se trouver au milieu de ces supplices, elles baissèrent la tête. Et moi, de nouveau, avec larmes je leur demandai quelles auraient été les choses faites par elles en secret à l'insu de la plupart et dans quelles fautes elles seraient tombées pour avoir part aux maux de ce lieu. Elles déclarèrent : 'Ces châtiments accusent et crient nos actions. Pourquoi nous interroger à leur sujet ? Qu'avons-nous besoin de dissimuler en paroles ? La virginité perdue par la corruption de la luxure, la tempérance et le jeûne pratiqués sous le regard des hommes, alors que nous faisions en cachette tout le contraire, aspirant seulement à la gloire des hommes, de ceux qui sont pris ici. Nous n'avons plus rien à dire. Mais toutes les choses de là-bas, voici qu'elles sont devenues des maux. Voici que de l'estime de là-bas nous ne recevons que les châtiments. A la vaine gloire de là-bas, voici la honte qui correspond ici. Et de tout l'ensemble de nos actions nous prolongeons le juste châtiment. D'aucun de nos amis et connaissances de là-bas nous ne méritons le moindre secours. Mais si tu as quelque créance, tu dois désormais passer ta vie avec eux à nous porter secours et à obtenir notre soulagement de ces maux qui nous accablent en souffrant avec nous. Sur eux nous comptons et pour eux nous souffrons en cette heure pénible. En effet les biens des amis sont grandement utiles dans les malheurs et les peines. Maintenant donc souviens-toi de notre ancienne amitié, maintenant donc montre à notre égard tendresse et charité. Demande pour nous un peu de miséricorde à ceux qui nous châtient.'
Et moi, mon frère, je leur répondis : 'Où sont tous les avertissements et les conseils de mon frère ? Où sont ses exhortations continuelles ? Où est sa grande sollicitude pour vous ? Où sont les prières assidues faites pour vous ? Rien de tout cela n'a suffi, mes soeurs, pour vous empêcher d'aboutir là. Est-il possible maintenant de trouver vraiment autant de conseil et de sollicitude ? Des prières faites pour quelqu'un sont sans effet et complètement inutiles s'il ne se montre pas lui-même obéissant.' Pleines de confusion, les deux gardèrent d'abord le silence, puis elles reprirent : 'Maintenant ce n'est plus des accusations et des reproches qu'il nous faut, mais de la consolation et du secours. Car les maux qui nous oppressent réclament pitié, compassion et miséricorde. Si donc tu peux nous secourir, que ton coeur s'émeuve à notre égard.' Mais moi, dit-elle, je leur répondis : 'Si je pouvais vous secourir ou vous faire du bien, je le ferais.' Elles me dirent de demander à ceux qui étaient préposés à leur supplice s'il était possible de demander qu'elles soient délivrées entièrement du châtiment, sinon d'obtenir du moins qu'on leur accorde un moment de répit, car cela même serait pour elles une consolation non négligeable en de tels maux.
Alors moi, dit-elle, me prosternant et saisissant leurs pieds, avec des larmes et des gémissements je les suppliais en disant : Il faut imiter votre Maître qui est plein d'amour et de bonté pour l'homme et les tirer enfin de ce châtiment.' Mais eux, avec un regard terrible, me congédièrent sans que j'aie rien obtenu, disant qu'il n'y avait plus maintenant pour elles de temps de repentir et de pénitence, car le temps qui leur avait été départi par Dieu pour cela, elles l'avaient dépensé entièrement en fornications, meurtres, débauche et dérèglements de toutes sortes. Là où elles sont, elles ne peuvent plus obtenir ce dont elles se sont détournées, car s'étant imaginé recevoir alors les biens, comment demanderaient-elles maintenant la part des autres ? Il est juste qu'elles recueillent ici les fruits de leurs actions de là-bas, car il fallait que précisément au moment où elles tombaient par suite de leur propre dessein mauvais, elles se corrigent, et elles n'auraient pas expérimenté les maux qu'elles souffrent. Il convient qu'elles n'obtiennent pas ici ces biens qu'elles ont dédaignés là-bas et qu'elles souffrent jusqu'à la fin ce châtiment pour les avoir méprisés. Mais il ne serait pas juste qu'elles prétendent à un répit pour le mal qu'elles ont fait jusqu'à leur mort. Si en effet elles n'ont donné à leur corps aucun répit pour le mal, comment mériteraient-elles ici un répit ? Va-t-en, ô vierge, rapporter à ceux de là-bas les choses d'ici, les biens et les maux, si toutefois tu ne leur parais pas plutôt délirer complètement.'
Elles, voyant leur prière sans effet, dirent en gémissant et en grinçant des dents : 'Comme nos actions ne nous ont rien valu ici, ô soeur, comme nous étions dégoûtées dans le monde de ceux qui nous avertissaient et nous recommandaient de vivre d'une façon digne de la virginité, nous avions les oreilles bouchées, nous n'écoutions personne, de même vos recommandations apparaissent ici encore sans effet, les mêmes choses ayant en retour pour nous les mêmes résultats. Mais puisque, nous ayant abandonnées complètement, tu t'en retournes chez ceux de là-bas, nous t'en prions, rapporte tout cela à celle qui habite avec toi, car elle parodie comme nous la virginité et se sert du jeûne et de la tempérance pour tromper les hommes. Qu'elle ne se moque pas de ceux de là-bas qui l'avertissent, en jugeant que les souffrances sont un mythe comme nous le faisions autrefois. Qu'elle soit persuadée que tout est vrai. Va, de peur que, agissant à peu près comme nous jusqu'à la fin, elle ne fasse ici l'expérience de maux semblables aux nôtres. Pousse-la à faire pénitence au moins le reste de sa vie et dans le lieu approprié à la pénitence, après avoir écarté d'elle tout ce qui lui servait à accomplir le mal avec nous, de telle sorte que son âme soit sauvée."
(suite)
d. Décoloration de l'Église
La civilisation technocratique essaye d'obtenir deux choses :
a) Les petits pois avec lesquels nous remplissons les conserves doivent être de la même grosseur, et
b) les hommes sur la terre doivent ressembler au maximum à ces petits pois uniformes mis en boîtes.
Pour régner, l'antichrist, n'a pas besoin de PERSONNES libres, conscientes, mais d'INDIVIDUS constituant les cellules d'une masse amorphe, homogène et anonyme. Il cherche à y parvenir par plusieurs moyens, en utilisant même des slogans très idéalistes sur la FRATERNITÉ, l'ÉGALITÉ, la LIBERTÉ, etc., mais qui ont comme principe la destruction de la notion de la HIÉRARCHIE des valeurs. Par la Judéo-maçonnerie, il tend donc vers l'ÉGALISATION de tous et de tout ! LA FAMILLE, étant la force de la personne et d'une société consciente, et doit peu à peu s'abolir : par le féminisme, on cherche premièrement l'égalisation des deux sexes, au lieu de la distinction hiérarchique entre l'homme et la femme, on nous propose le couple nouveau avec une égalisation hiérarchique entre le MALE et la FEMELLE. Égalisation au point de vue des droits légaux, afin qu'il n'y ait pas de TÊTE réelle dans la nouvelle famille. Mais aussi une égalisation dans les apparences extérieures : même l'habillement et la coiffure doivent se confondre. Peu, hélas, sinon rares sont ceux qui se rendent compte que l'esprit de l'antichrist mène de nouvelles formules de structures sociales ayant des conséquences spirituelles terribles pour tout le monde. La famille est combattue également par la licence des moeurs. Les pères et les mères de demain sont souvent spirituellement et charnellement dépravés, de sorte qu'ils ne puissent transmettre à leurs enfants plus qu'ils ne possèdent eux-mêmes. Et pourtant on ne parle que deÉ libération.
L'égalisation des individus s'opère principalement sur le domaine spirituel et religieux . Jusqu'à hier, chaque hérésie revendiquait pour elle-même l'exclusivité de la vérité. Aujourd'hui les choses se présentent sous un jour complètement nouveau. La vérité serait quelque chose de relatif et qui n'existerait pas réellement. Il faut détruire les facultés dont Dieu dota l'homme. Nous ne sommes pas contre les spectacles par esprit de piétisme ou de puritanisme, mais nous constatons chaque jour que, par le spectacle, est exercée une influence terrible ayant comme but une sorte de paralysie de l'esprit humain, qui se fatigue et se livre à une sorte de narcose de DOUTE et d'INDIFFÉRENCE envers Dieu. L'éternité étant devenue pour l'homme quelque chose d'INCERTAIN, il limite ses efforts vers les "CHOSES VISIBLES" qu'il accepte comme les seules réelles et certaines. Ainsi, il fraternise avec les autres hommes sur des idéaux communs et terrestres, les "CHOSES NON-VISIBLES" constituant pour lui une UTOPlE et une INCERTITUDE.
C'est donc une conséquence naturelle de chercher à améliorer ses conditions de vie sur cette terre, non de manière PACIFIQUE mais PACIFISTE ! L'Église se dresse comme un obstacle, car elle lui rappelle constamment la vanité de ce monde et cherche à orienter son attention vers le ciel et les choses qui doivent arriver. Elle exige des sacrifices, la pureté, l'effort, l'affliction, et rejette toute surestimation des choses terrestres. Alors l'esprit enténébré n'est plus capable de distinguer l'absolu de la vérité évangélique et cherche à apaiser sa conscience, à trouver une manière de satisfaction par le compromis des exigences de la religion et du monde matérialiste, et cherche à contracter "une assurance de vie éternelle pour le cas où existerait une vie éternelle après la mort" ! L'antichrist prévoit également ce besoin métaphysique de l'homme et lui propose une religion idéaliste avec de grands mots et des slogans : "Dieu est amour et nous devons aimer tous les hommes et les considérer comme frères indépendamment de leurs croyances", nous devons avant tout "vivre en paix avec les autres avec des sentiments de respect mutuel envers les conceptions, les coutumes, usages, et traditions d'autrui"; nous devons "tourner notre attention à faire toujours le bien et venir en aide aux besoins d'autrui et particulièrement de ceux qui souffrent"; car "en effet peu importe ce que chacun croit, pourvu qu'il soit sincère dans ses convictions, et ses mobiles", et beaucoup d'autres paroles fascinantes à première vue.
Du fait que l'hérésie cherche, par la moitié d'une vérité, à masquer l'autre moitié, il n'est donc point question du Second Avènement du Christ, ni du Jugement éternel, ni de devoir confesser notre foi "jusqu'à la mort", ni de maints avertissements de l'Évangile sur "la voie est affligée et resserrée" (Mt 7,14), "qu'il faut entrer par plusieurs afflictions dans le Royaume" (Ac 14,22); "dans le monde vous aurez de l'affliction" (Jn 16,33); les rachetés passent à travers "la grande tribulation" (Ap 7,14), ni que "tout le monde gît dans le mal" (Ga l,14, Ep 5,16) que l'on rencontre à chaque page de la sainte Écriture et des Pères.
On comprend facilement que l'on ne parle pas de la venue de l'antichrist (2 Th 2), ni que, dans les derniers jours, "des hommes charmeurs qui égarent, avanceront plus dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes" (Tm 3,13), et que "plusieurs seront égarés" (Mt 11,24) "si possible, même les élus" (ibid.). Ni que "dans les derniers jours", les gens seront de plus en plus "égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d'orgueil, aimant le plaisir plutôt que Dieu, ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force." (2 Tm 3,2-3)
Les pasteurs ne rappellent plus à leur troupeau que sur terre nous sommes "des étrangers et des émigrants" (Heb 11,13) et "haïs de tous pour le Nom" de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ ! (Mt 10,22)
Au contraire, le monde est amené à un paradis artificiel, une sorte d'euphorie, où l'homme cherche à attirer le maximum de satisfaction possible, la religion n'étant plus "LA VIE EN CHRIST", mais étant reléguée au niveau d'une simple conviction intellectuelle que l'on adopte soit par habitude, soit par éducation, soit par l'influence d'un milieu dans lequel on a toujours vécu. Un support deÉ civilisation et de culture !
La sainte Église ayant prévu la dégénérescence de cette époque POST-CHRÉTIENNE que nous traversons, nous recommande par ses saints apôtres et à plusieurs reprises dans les textes sacrés (Rm 12,2) : "NE VOUS CONFORMEZ PAS AU SIECLE PRÉSENT !"
à suivre