Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes

sous la juridiction de S.B. Mgr. André

archevêque d'Athènes et primat de toute la Grèce

NUMÉRO 70

MAI 1996

Hiéromoine Cassien

Foyer orthodoxe

66500 Clara (France)

Tel : 00 33 (0) 4 68 96 1372

ÉDITORIAL

QUESTIONS ET RÉPONSES

PROPHÉTIE SUR LA GUERRE

LES MÉTHODES D'AVORTEMENT

LE CALENDRIER DE L'ÉGLISE

DE L'ÉGLISE, UNE, SAINTE, CATHOLIQUE ET APOSTOLIQUE

COURRIER


ÉDITORIAL

Les fêtes des Pâques se sont bien passées comme en témoigne le photo ci-contre et Pentecôte approche déjà. Il me reste juste le temps de terminer ce bulletin, car, plaise à Dieu, après Pentecôte j'irai un peu en Grèce, espérant être de retour dans un mois.

Pour ceux qui ont un ordinateur : Je prépare aussi un CD-Rom avec des fresques et icônes de l'hermitage.

L'émission à la télé était ce qu'elle était, mais aurait pu être bien mieux, soit avec un autre réalisateur soit si celui-ci avait choisi un autre sujet (spectacle, sex-shop, etc.) afin de mieux mettre en valeur son talent.

D'autres articles sur l'hermitage sont prévus, probablement bientôt dans la revue «Pyrénéens».

Voilà nos nouvelles. Après le voyage en Grèce, qui sera en même temps un pèlerinage, j'en aurai d'autres à raconter.

Bien à vous en Christ,
hm. Cassien


QUESTIONS ET RÉPONSES

Question :

Est-ce que le mariage continuera après cette vie ?

 

Réponse :

Le mariage est une image pour la communion des saints, l'Église, c'est-à-dire la réalité de la vie future qui nous attend. En tant que figure, symbole, image, le mariage sera dépassé afin de s'ouvrir dans cette communion de ceux qui seront sauvés. «Dans la résurrection, on ne se marie ni on est donné en mariage, mais on est comme des anges de Dieu dans le ciel.» (Mt 22,30). L'apôtre Paul dit : «L'hommeÉ s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Le mystère est grand, je dis cela par rapport à Christ et à l'Église.» (Ep 5,31-32). Cela veut dire que le mariage préfigure l'union du Christ et de l'Église , il en est l'image.

Ceux qui ont vécu dans cette vie dans le mariage auront certes une relation particulière dans l'autre vie, de même que les parents selon la chair ou d'autres proches. Dans l'Église on ne connait pas le Nirvana où tout sera absorbé dans un grand tout, où tous seront uniformisés. Notre personnalité, avec son passé positif, sera, au contraire, épanouie au maximum.

Le mariage ne sera pas aboli mais accompli.

 

Question :

Qu'est-ce que la «marque de l'antichrist» ?

 

Réponse :

La marque de l'antichrist est le chiffre 666 qui sera marqué, sous forme de code-barre, invisiblement, sur le front ou la main droite des hommes. On ne pourra plus ni acheter ni vendre, comme dit l'Apocalypse, si on ne porte ce signe, car argent, chèque, carte de crédit etcÉ n'existeront plus en ce temps-là.

 

Question :

Au moment du Credo, lors de la sainte Liturgie, le prêtre agite le voile au-dessus des saints dons. Quel en est le symbolisme et l'origine?

 

Réponse :

Ce voile s'appelle aër, ce que veut dire air, souffre, brise. Quand le prêtre agit l'aër au-dessus du calice et du disque, cela signifie la grâce et la présence du saint Esprit qui est apparu, lors de la Pentecôte, comme souffle au-dessus de l'assemblée.

Également, l'agitation symbolise la vie du Christ sur terre, car au moment où le prêtre dit : «Et Il est monté au ciel», il plie l'aër.

 

Question :

Est-ce qu'un orthodoxe ou même un autre chrétien peut croire à la réincarnation sans être en contradiction avec la croyance à la résurrection ?

 

Réponse :

On ne peut pas croire et à la réincarnation et à la résurrection. Une croyance exclue l'autre, même si dans la société actuelle, où les chrétiens n'ont plus ni repaire ni guide, cet amalgame se fait de plus en plus. Nous confessions dans le Credo : «J'attends la résurrection des morts et la vie éternelle.» Par contre, l'Église ne confesse nul part une réincarnation. Ceux qui veulent interpréter certains passages de la Bible dans le sens de la réincarnation et faire dire aux pères ce qu'ils n'ont pas dit se trompent. L'Écriture dit clairement : «Le sort des hommes est de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement.» (Heb (9,27).

Tatien, disciple de saint Justin le Philosophe (IIe siècle) dit : «Nous croyons à la résurrection future, quand les temps seront accomplis. Non à la façon des stoïciens qui s'imaginent sans aucune utilité des cycles au bout desquels les mêmes renaissent toujours après avoir guéri. Mais, notre temps accompli, nous ressusciterons une seule fois et pour toujours.»

Origène, un grand théologien, s'est égaré en confessant l'Apocatastase (restauration universelle, où il n'y aura plus enfers ni damnés. Cette doctrine fut condamnée au concile de Constantinople en 543). Par contre il dit, concernant la réincarnation, dans son commentaire sur Matthieu : «La doctrine de la réincarnation est une doctrine étrangère à l'Église de Dieu, elle n'a pas été transmise par les apôtres et elle n'apparaît nulle part dans les Écritures.»

Ceux qui croient à la réincarnation ignorent la liberté de l'homme et le mystère du mal. La liberté consiste précisément à dire non à Dieu et cela pour toujours, même si l'esprit de l'homme ne peut comprendre ce mystère. L'amour ne peut exister quand il n'y a pas de liberté. Si l'homme est forcé d'aimer, plus tard ou plus tôt Dieu, alors il n'est pas libre. La Toute-puissance de Dieu dépasse ce déterminisme et assume le risque que l'homme peut refuser ce que Dieu lui offre. Cela est certes une question de foi et dépasse notre raisonnement qui ne peut s'imaginer tout au plus la réincarnation.


PROPHÉTIE SUR LA GUERRE

La Russie, en ces jours-là, descendra à Constantinople pour envahir toute la Turquie. La Bulgarie sera détruite et Sofia deviendra la proie des flammes. L'armée bulgare, poursuivie par les Russes, reculera sur les terres grecques et se désarmera.

L'Allemagne descendra avec fureur contre la Russie, et l'Italie aussi débarquera les armées en Albanie et descendra précipitamment contre les Russes. Le front se déplacera de l'occident vers l'Europe du sud-est, la Mer Baltique, l'Ukraine, la Mer Noire, les alentours des frontières de Constantinople.

La Russie rassemblera des grandes puissances pour soutenir les détroits et se séparera de l'Allemagne qui aura envahi l'Asie Mineure.

L'Angleterre, en accord avec la Russie et avec la Turquie même - qui sera obligée d'être soumise à la Russie - forcera quelques petites nations avec la puissance de la flotte, et conquerra certaines bases tournées contre l'Italie.

L'Italie, après une stupeur qu'elle éprouvera, terrifiée par saint Spyridon, respectera le sol sacré de la Grèce.

Le Japon entrera en Guerre, allié à l'Allemagne et à l'Italie.

La Russie dominera les détroits et Constantinople pendant cinq mois. Durant cette période, les plus durs combats auront lieu et les morts seront innombrables des deux côtés.

En Europe occidentale, s'ensuivra des révolutions et le sang coulera. Cinq mois plus tard, en Asie, le Japon vaincra la Russie. Cette défaite l'affaiblira, de sorte que l'Allemagne et l'Italie trouveront l'occasion de la vaincre complètement, et elles envahiront toute la Turquie et au-delà; alors l'Inde se révoltera et se séparera de l'Angleterre.

 

A partir de là commencera ce que nous attend encore.

 

Après un accord provisoire, trois proviseurs seront désignés en Orient. Constantinople deviendra autonome, mais cela sera l'occasion, pour l'un des trois vainqueurs parmi les pays qui ont désigné les trois proviseurs, de conquérir la Ville et toute la Turquie. Alors toutes les nations, du nord au sud, en tout 18 pays, se hâteront avec fureur pour envahir les bords de Constantinople et de l'Asie Mineure, et là c'est la dernière et plus dure guerre des nations, de laquelle peu seront sauvés.

La Grèce ne participera pas dès le début à cette guerre, mais son armée sera à la frontière en spectateur.

Cette dure guerre durera trois jours et trois nuits, au front 1800; à la mer par les détroits de Smyrne, Dodécanèse etc. Les bateaux de Mésogée comme des broussailles seront jetés en l'air; sur terre, à l'extérieur de Constantinople et de l'autre côté de l'Evre, le sang coulera jusqu'à «la bride du cheval», et peu resteront parmi les armées combattantes.

Le troisième jour du combat, à trois heures de l'après-midi, le troisième jour, apparaîtra un nuage dans le ciel, plus lumineux que le soleil, qui illuminera le monde entier, et à droite une croix de feu toute rouge. Alors les combattants tremblants, regardant le ciel, entendront une voix grondante : «Tenons-nous, tenons-nous, tenons-nous ! Paix à vous !» Alors les combattants jetteront les armes, et tout tremblants, ils verront dans le ciel une flèche tournée du nuage lumineux vers la région de la Grèce, et ils entendront une seconde voix grondante : «Tournez-vous vers les régions de droite et là vous trouverez un homme suppliant, doux, grand. C'est lui que vous choisirez comme maître. En effet, il est mon ami.» Alors des épitropes des armées restantes des nations se rassembleront, et ils se rendront en Grèce, au bout de la flèche, et ils trouveront un vieillard de 70 ans, triste assis entre deux chiens, du nom de JEAN, connu de tous et caché aujourd'hui à nos yeux. Nous l'avons tous connu et nous n'avions aucunement compris qui il était, ni qu'il se trouvait parmi nous. Ils l'accompagneront avec grande joie et actions de grâce à Dieu, à Constantinople, pour le proclamer roi de toute l'Asie Mineure balkanique, Egypte, Palestine, jusqu'aux Indes. Alors l'armée grecque en même temps se hâtera de conquérir tous ces pays-là, et intronisera des gouverneurs selon l'ordre du roi compétent, pour relever les nations qui se soumettront à la nation grecque.

Dès le début, à Athènes, se rassemblera le Synode de l'Église et de Jérusalem, jusqu'à ce que Constantinople soit reconstruite, car elle sera détruite par le feu de la guerre.

Un tiers des Turcs croira et sera baptisé et restera dans le pays, un autre tiers sera tué dans les guerres, et le dernier tiers s'enfuira et sera en esclavage en Orient.

L'Italie se trouvera dans une telle situation, qu'elle devra demander à l'armée grecque de venir en libératrice. Rome sera le proie des flammes et le Pape sera destitué.

L'Allemagne, qui sera la protectrice des pays conquis par elle, leur rendra justice, et elle sera la première à soutenir la Grèce et les pays orthodoxes balkaniques, et elle plaidera pour la Grèce, et croyant la première à la religion orthodoxe, de sorte qu'elle deviendra véritablement une mère, et elle aura la gloire de la part de la Grèce.

L'Angleterre se limitera à sa Saxonie.

 

Tout cela est écrit dans les livres sacrés de l'Église afin que le monde comprenne, qu'il étudie les prophéties de nos pères après le Christ qui, inspirés par le saint Esprit, ont écrit au sujet de ces jours et ont donné la clé de la compréhension des Écritures et de l'Apocalypse de Jean le Théologien.

Les saints après Jésus Christ qui ont écrit ces choses sont  :

- Méthode, évêque de Patara, IVe siècle.

-Taraise, patriarche de Constantinople VIIIe siècle.

- Léon le sage, empereur de Byzance, élève de Photios patriarche vers 880.

- Hiéromoine Agathange et autres saints de l'Église de Constantinople.


LES MÉTHODES D'AVORTEMENT

 

L'avortement n'est rien d'autre qu'un assassinat.

Il est scientifiquement reconnu que - dès sa conception - l'enfant est un être humain à part entière, un être unique, qui se développe de façon naturelle sans intervention du monde extérieur.

On peut déjà constater le développement du cerveau, lorsque l'enfant ne mesure encore que 0,2 mm. A 2 mm, les hémisphères cérébraux commencent à se former. Vers la fin de la quatrième semaine, l'enfant mesure 3,5 mm et son coeur bat déjàÉ Ce petit être qui grandit, c'est déjà un être humainÉ dans quelques jours, il sera froidement assassiné. De quelle façon ?

Voici les méthodes :

* Curetage : un instrument coupant est introduit dans l'utérus afin de détacher l'enfant de la matrice. Pendant cette intervention, il arrive souvent que l'enfant soit complètement déchiqueté.

* Aspiration : A l'aide d'un aspirateur dix fois plus puissant qu'un aspirateur ordinaire, on aspire littéralement l'enfant dont le corps n'est plus qu'un amas informe.

* Empoisonnement par injection de sel : après la seizième semaine de grossesse, une solution ultraconcentrée est injectée dans la cavité amniotique. L'enfant avale ce liquide qui provoque des convulsions violentes et qui va le brûler vif. Cette torture durera jusqu'à sa mort, pendant plus d'une heure. Dans les 24 heures qui suivent, la mère "met au monde" un enfant dont la peau est complètement carbonisée.

* Prostaglandines : les substances hormonales injectées provoquent des contractions de l'utérus tellement violentes que l'enfant en est éjecté. Parfois, le choc est tellement violent que la tête de l'enfant se détache de son corps. Mais il arrive également que l'enfant survive à ce choc. En ce cas, il sera tué, puis jeté à la poubelle.

* Pilule abortive RU486 : On en parle beaucoup ces derniers temps. C'est une méthode d'assassinat tout aussi abjecte que les autres, voire même encore plus perverse. En effet, le mécanisme permettant l'alimentation de l'enfant étant stoppé, le ventre de la mère devient une véritable chambre de torture, un lieu de mort.

Pour plus de renseignement s'adresser à :
DROIT DE NAITRE
25, rue Juge
75015 Paris


LE CALENDRIER DE L'ÉGLISE

(suite)

 

Nous répétons que la foi n'est pas en danger mais c'est nous qui risquons d'être déchus d'elle. La foi reste la même, que ce soit pour une personne ou pour un million. A l'époque de Noé, la vrai foi était représentée tout juste par huit âmes, le jour de la Pentecôte par environ 3.120 âmes, et pourtant il s'agissait de la même foi !

Pour cela, nous nous efforçons de rendre témoignage de la vraie foi, mais combien s'approprieront-ils cette foi ? Il n'est plus de notre compétence, mais du Seigneur qui «ajoute à l'Église ceux qui sont sauvés.» (Voir Actes des apôtres).

Ce que l'on appelle «esprit conservateur» a la tendance d'imiter l'apôtre Pierre dans le jardin de Gethsémané. Comme l'apôtre voulut se présenter comme «défenseur» du Sauveur, de même nous aussi nous présentons-nous comme soit-disant «défenseurs de l'Église». Mais de même que le Seigneur n'avait besoin de la défense du premier des apôtres, ainsi l'Église n'a pas besoin de notre propre défense.

Si quelqu'un pouvait détruire l'Église, non seulement nous ne bougerions pas notre petit doigt pour l'empêcher, mais au contraire nous l'aiderions à son oeuvre et nous lui devrions une reconnaissance éternelle pour nous avoir délivré d'une chimère, d'un mensonge, d'une conception humaine, corruptible par essence, qui peut se détruire et se dissoudre et que nous aurions cru divine, incorruptible et éternelle. «Triste Église» qui au lieu de nous sauver attendrait 2.000 ans pour que nous venions la ... sauver !

Ainsi, par notre attitude, nous ne cherchons ni à «sauver» ni à «défendre» l'Église, ni à lui assurer une s u r v i v a n c e, un progrès numérique, ou à l'imposer aux autres systèmes humains. Tout simplement, nous cherchons à «libérer nos âmes» autant que possible en transmettant le DÉPOT comme nous l'avons reçu. Sans aliénation, sans corruption, sans c h a n g e m e n t, sans ajout ni retrait aucun. (Les latins nous considèrent comme «figés» à cause de ça, car ils ne comprennent jamais rien !) Si nous ne faisons pas notre devoir, l'Église ne sera pas pour autant détruite, mais comme le vieux Mardochée avertit la reine Esther : «D'AILLEURS» viendra la consolation sur le peuple de Dieu. Dieu peut susciter «des pierres, des enfants à Abraham» ou «envoyer douze légions d'anges» pour prêcher l'évangile de son royaume. Mais «c'est de nos mains que sera demandé le sang» des égarés comme dit le Prophète.

Quand donc nous disons «destruction» et «suicide» de l'Orthodoxie, nous pensons à ceci : L'APOSTASIE doit venir et elle viendra et comme le dit l'illustre Ignace Briantchinov, si nous sauvons notre propre âme, cela nous suffit amplement, et il ne faut même pas étendre la main pour arrêter l'apostasie. Mais si nous tolérons ou contresignons ne serait-ce que la moindre déviation, alors nous nous rendons collaborateurs et coresponsables de l'ANTICHRIST. Et bien que «vivants» en tant qu'orthodoxes nous nous condamnons, nous et des millions qui nous suivent à une séparation de la Vie de la vérité. Ceci est un crime, un suicide.

Comme le Christ devait «être livré» mais «malheur à l'homme par qui Il fut livré». Ainsi l'apostasie doit venir, mais malheur à nous si elle arrive par notre responsabilité, notre légèreté ou notre négligence. Alors nous partagerions le sort de Judas.

En effet, tout ce que nous citons plus haut ne sont pas des DOGMES avec la notion latino-légaliste du mot dogme, mais vous vous affligez car vous êtes convaincus que par de tels agissements, on méprise la PIÉTÉ.

Frères c o n s e r v a t e u r s, le Seigneur nous est témoin que nous vous chérissons, comprenez bien qu'au moment où vous avez toléré le bafouement de la PIÉTÉ en 1924, il n'y a aucune raison pour arrêter l'action corrosive de l'apostasie de l'antichrist. En 1924, vous avez toléré le principe du mépris de la TRADITION ! L'état actuel ne constitue rien d'autre que la conséquence logique et naturelle, et notre conservatisme non seulement ne sert à rien mais au contraire favorise les ennemis de la Foi.

A cause d'une direction erronée, frères,vous êtes affaiblis et votre résistance n'a ni force ni puissance car elle est privée de CONSÉQUENCE ! Ainsi vous tolérez non seulement le bafouement de la PIÉTÉ mais aussi celui des dogmes (car les deux choses se compénètrent) par exemple :

 

- Le soit-disant «levée des anathèmes» de la part du patriarche Athénagore, est une question DOGMATIQUE ou non ? Les anathèmes de l'Église peuvent-elles jamais être levées ? Même en supposant que tous les latins deviennent orthodoxes, est-il possible d'enlever l'anathème de l'Église catholique du Christ contre l'hérésie du FILIOQUE ? Et pourtant, au lieu de protester que la chose est absurde et ridicule par essence, votre protestation se limita au fait qu'Athénagores «leva» l'ANATHEME tout seul, sans l'accord d'un Concile panorthodoxe ! (Comme si le concile était compétent !) Et maintenant nous vous demandons : Un vrai concile orthodoxe peut-il annuler les anathèmes de l'Église ? Si le prochain «concile panorthodoxe» ou «8me ...oecuménique» entérine la «levée» arbitraire d'anathèmes par Athénagore, serez vous satisfaits pour autant ? Et si vous n'êtes pas satisfaits, dites-nous s'il vous plaît  ? Que ferez-vous au moment où vous venez d'instaurer une nouvelle ecclésiologie, inconnue jusqu'à ce jour par la conscience orthodoxe ?

- La question de l'oecuménisme est-elle dogmatique ou non ? Existe-t-il sur la terre une autre Église du Christ ? Saint Marc d'Ephèse, saint Cosmas d'Étolie, saint Jean de Cronstadt, saint Nectaire d'Égine, n'enseignent-ils pas que l'Église orthodoxe constitue la seule et réelle Église sur la terre et que ceux qui sont hors d'Elle sont «abusivement» appelés chrétiens ? Et pourtant, le saint Synode de l'archevêque Iéronymos, par télégramme officiel, avoue sa satellisation aux activités du patriarche Athénagore, en engageant la responsabilité de «tout le troupeau» du Christ. Pourquoi n'avez-vous pas séparé vos responsabilités ?

- La question d'accorder les saints Mystères aux Latins, est-il dogmatique ou non ? Alors pourquoi avez-vous toléré la concélébration du métropolite Nicodème de Leningrad à la cathédrale d'Athènes et n'avez-vous pas séparé vos responsabilités ? Vous étiez égarés par les protestations de Mgr Iéronymos (faites à cet effet) envers le patriarche Athénagore, et vous avez été convaincus. Est-il possible d'admettre comme FOI cette CRÉDULITÉ ? N'est-pas ridicule d'envoyer une protestation très orthodoxe, pour l'hérésie de l'Église bolchévique au patriarche Athénagore, le prophète-apôtre de l'hérésie du «commun calice» ? Qu'ont-ils fait de plus, les moscovites, qu'Athénagore leur avait enseigné ? Pas seulement ceci, mais ensuite les approuva publiquement, et votre Synode lui adresse ... des «protestations». Étant autocéphale, pourquoi ne pas envoyer sa protestation directement au dit «patriarcat de Moscou» i n t e r r o m p a n t toute communion jusqu'à la réparation de l'injustice ? Devant une telle procédure, est-il permis de nous rendre dupes par les «termes» de la protestation ? Alors il ne s'agirait plus de la F O I mais de la LITTÉRATURE.

- L'archevêque de Crète, Mgr Eugène, durant la sainte Liturgie (Cathédrale de Saint Tite) posa sur la poitrine du Cardinal Willebrand un encolpion épiscopal, tandis que le peuple s'écriait «axios» et chantait «Christ est ressuscité» et des cantiques en l'honneur du Pape et d'Athénagore. Un encolpion orthodoxe fut aussi accordé par le métropolite d'Arcadie, Mgr Timothée, au cardinal Carpino. Pourriez-vous imaginer saint Athanase déposant les insignes de la dignité épiscopale sur les poitrines des Ariens ? Alors les reconnaissez-vous comme évêques de l'Église catholique et orthodoxe ? Est-il dogmatique ou non ? Et pourtant, même en ce moment, vous n'avez pas séparé vos responsabilités ! Chers conservateurs, quand donc les séparerez-vous afin de ne pas être condamnés avec les hérétiques ?

Avez-vous oublié que saint Théodore le Studite pour un mariage illégal, raya des diptyques le nom de saint Taraise patriarche de Constantinople et s'opposa à l'empereur même. Aujourd'hui, il ne s'agit pas d'un mariage illégal mais de l'ÉPOUSE du Christ.

Chers «conservateurs», involontairement vous jouez un rôle d'égarement. Tout simplement vous donnez du temps à l'apostasie d'envahir l'Église dans un délai plus long, à savoir d'une façon inaperçue de génération en génération, en laissant pénétrer les différentes réformes que l'on vous présente comme soit-disant «insignifiantes» ou «ne valant pas la peine». Une petite fente peut engloutir dans l'océan le plus grand transatlantique, et la quantité infinitésimale de minéraux dans une goutte d'eau forme d'immenses stalactites ! S'il y a tolérance, le reste n'est qu'une question de temps.

L'esprit «conservateur» peut être une force mais seulement quand il est pénétré par l'esprit orthodoxe : tout seul, il constitue un égarement. Le cardinal uniate Slipij a une longue barbe blanche et une longue chevelure, il observe l'«ancien calendrier». Il passa 13 ans dans les centres de concentration pour sa foi et se dressa en ennemi farouche contre les influences latines sur le rituel "byzantin". Est-ce que tout ceci le place dans l'enceinte de l'Église orthodoxe ? En 1924, les modernistes ont fait des sondages et ont mesuré votre résistance. Ainsi ils ont vu comment ils peuvent vous affronter et vous dompter. Ils ont compris que vous êtes affaiblis et maintenant, ils essayent d'arriver à leurs fins, en flattant votre sensibilité. Car ils n'ont peur ni des menaces, ni des protestations, ni des grands cris. Tout ceci est envisagé dans leur programme. Une seule chose les brûle, leur fait peur et les fait grincer des dents : LA SÉPARATION DES RESPONSABILITÉS. Quant au reste, vous perdez votre temps et vous causez du tort à l'Église.

à suivre


DE L'ÉGLISE, UNE, SAINTE, CATHOLIQUE ET APOSTOLIQUE

 

(suite et fin)

Saint Nectaire d'Egine
III L'Oeuvre de l'Église

 

L'oeuvre de l'Église, l'apôtre Paul la définit quand il écrit : «Il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l'oeuvre du ministère, pour l'édification du corps du Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus a l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu,» (Ep 4,11-13). L'Église fondée par le Christ Sauveur possède donc une organisation parfaite; elle est un corps organique. Le Christ, en est la tête et, l'Esprit saint la guide, l'instruit et lui donne en abondance les dons divins.

L'Église est un corps organique; elle est visible; elle rassemble en un tout, tous ses membres, les saints comme les faibles. Les membres malades de l'Église ne cessent jamais d'être des parties de son corps . Régénérés par les saints mystères et, devenus enfants de la grâce, ils ne peuvent plus être séparés d'elle, même s'ils sont sous le coup de sentences ecclésiastiques; car une fois délivrés du péché originel, il n'y a plus pour eux d'autre lieu que l'Église. Dans le monde, il n'y a qu'un seul lieu de séjour pour l'homme: le paradis; là se trouve l'Église et en elle le salut de l'homme. Après la chute des protoplastes et la genèse du péché, un autre lieu fut créé par ceux qui s'étaient séparés de Dieu, le lieu du péché. L'Église de Dieu qui est éternelle, contenait en elle, que ceux là seuls qui s'étaient tournés vers Dieu et attendaient la venue du Sauveur. L'Église portait en elle la foi et l'espérance du salut dans le Sauveur de l'humanité qui avait été promis. Ceux qui possédaient cette foi et cette espérance, se trouvaient dans l'Église de Dieu, attendant la rédemption de l'humanité par le Sauveur et ils l'ont obtenue. Ceux qui n'avaient pas cette foi et cette espérance se trouvaient hors de l'Église. Le péché d'Adam a été la cause de l'existence d'un lieu hors de l'Église. En ce monde donc, et cela depuis la chute d'Adam, il y a deux lieux : celui de l'Église et celui qui est hors de l'Église.

Ceux qui viennent du lieu du péché et entrent par la foi et les mystères, dans le lieu de l'Église du Christ, ceux-là demeurent ses membres pour l'éternité; il est impossible et il leur est impossible de revenir au lieu du péché, ayant été régénérés par le baptême et lavés du péché originel. Puisque donc il n'existe pas d'autre lieu, ceux qui entrent dans l'Église demeurent en elles, même pécheurs. L'Église les sépare, comme le berger sépare les brebis malades des bien-portantes, mais les brebis malades ne sont pas moins brebis de la bergerie. Quand les malades reviennent à la santé, elles sont à nouveau réunies aux saines. Mais, si elles s'avèrent incurables, elles meurent alors dans leurs péchés et elles seront jugées par leurs péchés. Mais, tant qu'elles sont en cette vie, elles sont considérées comme brebis de la bergeries autrement dit, enfants de l'Église du Christ.

Selon la pensée orthodoxe il n'y a qu'une Église, l'Église visible du Christ. En elle, l'homme qui vient du lieu du péché est régénéré, en elle il demeure, qu'il soit saint ou pécheur. Le pécheur comme membre de l'Église ne communique pas la corruption au reste du corps de celle-ci, parce que les membres de l'Église sont des êtres moraux, libres et non privés de liberté, comme le sont les membres du corps animal où la maladie d'un seul influe sur tous les autres.

Les protestants qui croient en une Église invisible, composée d'élus connus de Dieu seul, se trompent. Une Église invisible ne peut exister. Puisque les hommes ne sont pas immaculés et que nul n'est sans péché, où sont donc les élus ? Une Église invisible d'élus , souffrirait d'une perpétuelle mutation, d'une permanente substitution de ses membres, de par la facilité même de l'homme à glisser et à chuter d'une part, et de l'autre, par la Compassion de Dieu et son Amour pour l'homme, qui accueille tous ceux qui reviennent à Lui .

La juste conception de l'Église, c'est que l'Église se partage en militante et en triomphante. Elle est militante quand elle lutte contre le mal et pour le règne du bien, elle est triomphante dans les cieux, dans le choeur des justes qui ont lutté et se sont parfaits dans la foi en Dieu et les vertus.

Ceux qui croient en l'Église invisible des élus, sont en contradiction avec le véritable esprit de l'Église qui ne sépare pas ceux qui sont en voie de perfection de ceux qui sont déjà parfaite. Cette distinction est l'affaire de Dieu; Lui seul séparera, après la mort les justes des pécheurs. Christ ne se détourne pas de ceux qu'Il a délivrés par son propre Sang, comme Il ne S'est pas détourné des pécheurs durant son Économie terrestre. Jésus les considère comme membres de son Église et attend, jusqu'au dernier moment, leur conversion.

Ceux qui divisent l'Église militante en visible et invisible,

1e, divisent l'indivisible et

2e, pèchent contre le sens même du nom Église.

Primo, ils divisent l'Église. L'Église du Christ est l'Église des saints ou elle n'est pas du tout l'Église du Christ. Une Église de pécheurs ne peut être l'Église des saints. Ainsi donc, l'Église du Christ est l'Église des saints.

Si l'Église une, sainte, catholique et apostolique est l'Église des saints, à quoi sert alors l'Église invisible des élus ? Qui sont-ils ces élus ? Qui peut appeler saints ceux qui ne sont pas encore sortis victorieux et couronnés du stade ? Qui peut être appelé bienheureux avant la fin ?

Secundo, ils pèchent contre le sens même du nom Église, en la séparant en deux, en visible et invisible, alors que le concept d'Église signifie le visible seul.

S'ils croient que l'Église reste indivisible, parce que les membres de l'Église invisible sont en même temps membres de la visible, que la visible se trouve incluse dans l'invisible, on se demande alors comment l'Église des imparfaits, c'est-à-dire des pécheurs, peut porter dans son sein l'Église des parfaits? Si l'Église visible des imparfaits, de ceux qui ne sont pas saints, engendre des enfants saints, comment est-elle privée de sainteté ? Si les membres de la Congregatio Sanctorum, ne sont pas issus des enfants de l'Église visible, à quoi sert alors l'Église visible ? Pour éviter de se contredire et être conséquents avec eux-mêmes, ceux qui croient en la Congregatio Sanctorum, devraient cesser de croire en l'Église visible, cesser d'utiliser le terme église. Ainsi, ils ne pécheraient pas contre le concept d'Église et ne diraient plus des choses paradoxales, croyant ici en l'Église et là la niant.

Car, si les membres de l'Église invisible ne sont pas issus de l'Église invisible, mais s'unissent mystérieusement en Dieu par la seule foi en Christ, en qui le Sauveur agit et sur qui descend le saint Esprit, qui deviennent saints et parfaits, à quoi sert alors, on se le demande, l'Église visible, puisqu'elle ne contribue en rien à l'union et à la perfection en Christ Sauveur ? A quoi sert le nom d'Église, si ses membres sont isolés et inconnus les uns des autres, s'ils ne forment pas un ensemble organique, une union indissoluble, selon le sens même de ce nom ?

La vérité, c'est que ceux qui admettent une Église invisible rejettent au fond l'Église visible. Et pour éviter de se décomposer définitivement, ils admettent une forme d'Église, un genre d'assemblée où se réunissent les adeptes pour glorifier Dieu et entendre la prédication. Mais tout cela n'est pas l'Église une, sainte, catholique et apostolique, que nous confessons dans le Symbole sacré de la foi. Ils forment une assemblée d'adeptes du Seigneur, qui croient en Lui, sans avoir été vraiment régénérés par le bain de la renaissance, sans être véritablement saints et parfaits. A moins que leur Église visible soit celle des imparfaits,tandis que l'autre, l'invisible, serait celle des parfaits et n'aurait d'existence que dans leur imagination.

Appeler assemblée des saints, Église invisible, l'ensemble des élus qui ne se connaissent pas les uns les autres, qui ne sont pas organiquement liés en un tout, il y a contradiction. Car,

I. Comment ceux qui ne sont jamais réunis ensemble peuvent-ils être une assemblée ?

2. Comment l'Église composée d'individus peut-elle être invisible ?

Église et invisible sont deux concepts contradictoires ou plutôt opposés.

Dans le premier cas, ils considèrent comme assemblée, Église, donc quelque chose de visible ce qui n'a pas encore été réuni et, dans le second, ils se contredisent en l'appelant invisible.

La Congregatio Sanctorum n'existe pas et ne peut exister. Elle n'existe pas, parce que UNE est l'Église sainte, catholique et apostolique, indivisible et visible, formée par tous ceux qui sont régénérés en elle. Quelque chose qui soit à la fois visible et invisible n'existe pas.

Ceux qui n'ont pas été régénérés par la grâce divine qui opère dans l'Église une, sainte, catholique et apostolique, ne forment aucune Église, ni visible ni invisible.

L'Église dite protestante n'est qu'une notion abstraite. Elle est privée du principe divin de l'autorité divine et historique. Elle est tout entière tributaire des pensées et des actes humains, sans caractère stable et inaltérable. Si les Protestants considèrent comme Congregatio Sanctorum, l'Église visible qu'ils forment, à quoi sert alors l'Église invisible ? Et à nouveau on se demande, comment ceux qui la composent sont-ils saints, puisque selon leurs propres principes, l'homme s'est définitivement corrompu après le péché ?

Qui leur a confirmé leur renaissance, leur sainteté, leur réconciliation et leur communion avec Dieu ? Qui leur a prouvé que la grâce du Christ opérait en eux ? Qui a témoigné de l'effusion de l'Esprit saint en eux, de l'abondance des dons divins, des charismes divins ?

Tout n'est donné avec certitude et autorité que dans l'Église une, sainte, catholique et apostolique seulement. Celui qui a été régénéré en elle, reçoit la parfaite assurance de sa communion avec Dieu.

 

IV Authenticité et autorité de l'Église

L'Église en tant qu'institution divine est dirigée par le saint Esprit; Il demeure en elle et en fait la règle infaillible des dogmes «la colonne et le fondement de la Vérité.» C'est l'Église qui garde pure et inaltérée la doctrine apostolique. Elle seule peut conduire à la vérité, être le seul juge infaillible, en mesure de se prononcer sur les vérités salutaires de la doctrine révélée. L'Église une, sainte, catholique et apostolique, représentée par tous ses membres en conciles oecuméniques, est le seul juge authentique, le seul gardien naturel préposé à la garde de la doctrine inspirée. L'Église seule décide de l'authenticité et de l'autorité des saintes Écritures. C'est elle qui garantit et conserve rigoureusement dans son sein la tradition et la doctrine apostolique pures et inaltérées . Elle seule peut confirmer, expliquer et formuler les vérités, assistée par le saint Esprit. Seule l'Église conduit au Christ ceux qui croient en Lui et leur donne la droite intelligence des saintes Écritures. Elle seule garde ses enfants sur la voie du salut. Elle seule les guide avec certitude vers le salut. En elle seule les fidèles possèdent la ferme assurance des vérités auxquelles ils croient et le salut de leur âme. Hors de l'Église - cette arche de Noé - il n'y a aucun salut. «Nous croyons que le saint Esprit enseigne l'Église, dit la Confession de Dosithée. Il est le vrai Paraclet que le Christ envoie de la part du Père pour enseigner la vérité et chasser les ténèbres loin de l'esprit des croyants.»

Sans l'autorité de l'Église, il n'y a rien de stable, rien de rigoureux, rien de sûr pour le salut. Seule l'autorité de l'Église conserve pur et sans tâche le dépôt apostolique; par elle seule sont transmises pures et sans tâche les vérités de la prédication apostolique. Sans l'autorité de l'Église le contenu de la foi peut être altéré, la prédication apostolique n'être plus qu'un vain mot. Sans l'Église visible fondée par Dieu, aucune union ne peut exister entre les membres d'une quelconque communauté qui ne serait pas le Corps du Christ, car, le Corps du Christ c'est son Église, dont il est la Tête. Sans l'Église, personne ne peut être uni au Corps du Christ; nul, s'il n'a pas été régénéré, s'il n'est pas devenu participant de la grâce qui est dans l'Église, ne peut devenir membre du Christ.

Les Protestants, qui définissent l'Église comme une société invisible une assemblée d'élus, de saints, Congregatio Sanctorum, société de foi et d'Esprit saint, dans laquelle agirait le Sauveur, s'excluent eux-mêmes de la grâce divine dispensée par l'Église, à laquelle ils n'appartiennent pas.

Ceux qui nient l'Église visible du Christ, nient également la nature de l'Église, c'est-à-dire son caractère concret, qui en fait une institution divine sur la terre où est perpétuée l'oeuvre rédemptrice du Sauveur.

Ceux qui aiment à se croire membres de la société invisible des saints, faite des saints de toute la terre connus de Dieu seul,ceux qui pensent que par une foi toute théorique dans le Sauveur deviennent participants du saint Esprit, qui croient que le Sauveur opère leur salut sans la médiation de l'Église qu'Il a fondée, ceux-là s'égarent, car «extra ecclesiam nulla salus.» Hors de l'Église une, sainte, catholique et apostolique, il n'y a aucun salut. Cette Église est visible, elle n'est pas une simple association d'hommes qui croient en Christ. Elle est une institution divine. A elle a été confiée la garde des vérités révélées. En elle s'opère la rédemption de l'homme. En elle l'homme communie avec Dieu et devient fils de Dieu.

Les Protestants qui ont abandonné l'Église visible du Christ pour fonder leurs propres communautés de saints, pèchent contre le caractère essentiel de l'Église. Ils considèrent la foi comme suffisant à elle seule au salut. Ils interprètent l'oeuvre de la Rédemption comme une théorie théologique capable de sauver celui qui l'étudie ou l'accepte. Mais l'oeuvre de la rédemption n'est pas une simple théorie théologique. Elle est un acte mystique accompli dans l'Église visible du Christ. C'est cette oeuvre qui donne le salut, qui fait des fidèles des participants du saint Esprit. Hors de l'Église, il n'y a aucune théorie de la foi, aucune société qui mène à la communion avec Dieu. Le Sauveur a dit : «Celui qui croira et se fera baptiser sera sauvé.» C'est le Seigneur qui a dressé l'autel visible de l'Église. C'est pourquoi Il exige avec la théorie l'acte, l'acte selon la vérité qu'Il a transmise à sa sainte Église unique accès à la vie, dont le Christ est la tête. C'est à elle que nous devons nous remettre. C'est d'elle que nous devons apprendre la vérité et recevoir notre salut. Elle seule est la colonne et le fondement de la vérité, parce que l'Esprit, le Paraclet demeure à jamais en elle. Le vénérable Dosithée, dit à propos de l'Église ceci : «Nous devons, sans aucune hésitation, croire en l'Écriture, mais pas autrement que ne l'enseigne l'Église Catholique. Les hérétiques reçoivent certes, la sainte Écriture, mais ils la déforment par des métaphores, des homonymies, des sophismes de la sagesse humaine qui confond l'inconfondable et se joue de ce qui ne peut l'être. Si chaque jour on devait adopter les opinions des uns et des autres, l'Église catholique ne serait pas ce qu'elle a été jusqu'à ce jour, par la grâce du Christ, ayant une seule opinion sur la foi, croyant inébranlablement la même chose. Elle serait déchirée par une multitude d'hérésies, elle ne serait plus l'Église sainte, la colonne et le fondement de la vérité, sans tâche, sans rides. Elle serait celle des malicieux, celle des hérétiques, qui après avoir été instruits par elle l'ont sans scrupules rejetée.

Aussi nous croyons que le témoignage de l'Église catholique n'est pas inférieur à l'autorité de l'Écriture divine. Les deux sont l'oeuvre du même et seul Esprit. Un homme qui parle de lui-même peut pécher, égarer et s'égarer. L'Église catholique ne parle jamais d'elle-même, mais par l'Esprit de Dieu, le Maître qui l'enrichit perpétuellement. Il lui est impossible de pécher, de s'égaler et d'égarer. Elle est égale à la divine Écriture et possède l'autorité infaillible et perpétuelle.»

Cyrille de Jérusalem dit : «Aime à t'instruire et apprends de l'Église quels sont les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, acceptés par tous. Pourquoi perdre son temps avec ceux qui sont douteux ? Lis donc les vingt-deux livres de l'Ancien Testament, traduits par les soixante-dix docteurs.»

Derrière les paroles de Cyrille, apparaît l'autorité de l'Église. Le patriarche Denys, lors du Concile de Constantinople de 1672, a dit à propos de l'infaillibilité de l'Église : «Quant à l'Église catholique orthodoxe, nous disons qu'elle est infaillible, guidée qu'elle est par sa propre tête, le Christ, et enseignée par l'Esprit de Vérité. Il lui est donc impossible de se tromper; c'est pourquoi elle est appelée par l'apôtre «Colonne et Fondement de la vérité.» Elle est visible et ne fera jamais défaut aux orthodoxes jusqu'à la fin du monde.


COURRIER

Cher ami,

Le temps de Pâques arrive et je ne vous ai toujours pas écrit. Nous recevons toujours avec plaisir les différents bulletins. En lisant le dernier bulletin, je suis tout à fait d'accord avec vous, lorsque la technique moderne est là, il faut s'en servir.

Nous regarderons avec intérêt et attention l'émission sur M6. Lorsqu'on est invité, il faut y aller. Je vais enregistrer l'émission et la regarder avec mes élèves au Collège.

Je vous envoie le bon de souscription pour 1 exemplaire.

D'autre part, nous vous faisons parvenir un petit soutien pour tout ce que vous entreprenez.

Au plaisir de vous lire.
Gérard et Sonia

Cher Cassien,

 

Je tiens tout d'abord à te féliciter pour la haute tenue de ta revue : de plus, en plus d'articles et d'extraits passionnants, une simplicité d'écriture, une clarté lumineuse des Docteurs, etc. Bravo, Cassien ! J'ai, nous avons lu et relu, particulièrement, les articles concernant la création de Tout, du Tout : terriblement argumentée, riches et, pour un athée; j'imagine fort troublantsÉ

Quant à ton papier concernant «La solitude» et à sa lecture, j'imaginais t'avoir devant moi et, tout en prenant connaissance, j'imitais ton accent, tes gestes ! c'est dire si je t'ai reconnu !

Jonathan a enregistré ton passage à la télé, moi-même étant absent ce jour-là.

Françoise, elle, a pu te voir : elle regrette qu'après ton passage, il n'y eut joint de débat; sinon, elle t'a reconnu tel qu'en toi-même : sincère, enthousiaste et «bien» dans ta peau. Bravo !

Roland

Mon cher Cassien,

Quelle ne fut pas ma déception de ne pouvoir te voir à la télévision car nous ne captons pas M 6. Mais c'est avec grand plaisir que j'ai lu l'article de "Grandes reportages" et vu l'ermite à l'oeuvre dans son ermitage.

Tu n'as pas changé, c'est comme si je t'avais vu hier !

Jeanne