|
Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes sous la juridiction de S.B. Mgr. André archevêque d'Athènes et primat de toute la Grèce |
NUMÉRO 62
FÉVRIER 1995
|
Hiéromoine Cassien |
|
Foyer orthodoxe |
|
66500 Clara (France) |
|
Tel : 00 33 (0) 4 68 96 1372 |
|
E-mail :orthodoxie@club-internet.fr |
|
Enseigne les mêmes choses qu'on t'a enseignés. Parle d'une manière nouvelle, mais ne dis pas des nouveautés.
saint Vincent de Lerin (Com 1,22)
|
«L'art naît par la contrainte et meurt par la liberté.» Ce n'est moins de l'art que je veux parler mais plutôt de la contrainte que je ressens en publiant le bulletin et surtout les nouvelles. Il y en a pas ou peu et la vie ici à l'hermitage et au foyer se déroule paisiblement et d'une manière régulière, ce qui me convient fort bien. Il n'y a que les changements liturgiques, - maintenant l'entrée dans le Grand Carême - , qui rompent un peu la monotonie sans bouleverser pourtant notre vie, car l'Église, dans sa sagesse, l'a fait ainsi que ces changements sont nouveaux et habituels à la fois puisqu'ils reviennent chaque année. Ils nous réveillent, stimulent et dérangent parfois un peu car nos passions ont du mal à s'y faire.
Il ne me reste qu'à souhaiter un bon Carême qui nous préparera pour les fêtes des Pâques, - préfiguration des Pâques éternelles -, dont le Seigneur miséricordieux veuille bien nous rendre digne dans son royaume.
Hm. Cassien
Lorsque Léon l'Isaurien, d'artisan et d'ânier qu'il était, prit le sceptre de l'empire, par concession de Dieu, le patriarche Germain, qui tenait alors le gouvernail de l'Église, fut aussitôt appelé par lui pour s'entendre dire : «A ce qui me semble, Monseigneur, les saintes icônes ne diffèrent en rien des idoles; ordonne donc qu'elles soient rapidement enlevées. Si elles représentent vraiment les saints, qu'elles soient mises plus haut, afin que les pécheurs que nous sommes ne les souillent pas constamment de leurs baisers.» Le patriarche, cherchant à détourner l'empereur d'une telle aversion,, lui dit : «Sire, ne te fâche pas, mais qui entendons-nous parler contre les saintes icônes ?» quelqu'un qui porte le nom de Conon !» Et lui : «Oui, c'est ainsi que j'étais appelé, quand j'étais enfant.» Comme le patriarche ne se laissait pas convaincre de se ranger à l'avis de l'empereur, celui-ci l'exila et mit à sa place Anastase, qui partageait ses idées. Et c'est ainsi que fut déclarée la guerre contre les saintes icônes. On dit que les premiers à lui inspirer cette aversion furent des juifs, qui lui prédirent grâce à une sorcière son accession au trône, alors qu'il était pauvre et qu'avec eux il pratiquait pour vivre le métier d'ânier. Lorsqu'il eut fini de vivre et si mal, Constantin Copronyme, ce lionceau encore plus cruel issu de lui, devint l'héritier de son pouvoir et plus encore de sa rage contre les saintes icônes. Mais qu'est-il besoin de dire les faits et gestes de cet impies ? Sinon que, lui étant mort de façon encore plus honteuse, son fils (Léon IV) né de la Khazare s'assit sur le trône. Et, après que lui-même eut achevé sa méchante vie, Irène et Constantin devinrent les héritiers du pouvoir. Ceux-ci, guidés par le très saint patriarche Taraise, réunirent le septième Concile et l'Église du Christ accueillit à nouveau les saintes icônes. Lorsqu'il eurent déposé la royauté, il y eut Nicéphore le Logothète, puis son fils Stavrakios et, après lui, Michel Rangabè, qui vénérèrent les saintes icônes. A Michel succéda le féroce Léon l'Arménien : perfidement corrompu par un moine impie, un reclus, il déclencha le seconde lutte contre les icônes, et de nouveau l'Église de Dieu se trouva sans ornement. Michel d'Amorium lui succéda, puis son fils Théophile, qui laissèrent les autres au second plan dans la fureur contres les icônes. Ce Théophile livra beaucoup de pères à d'horribles peines et châtiments à cause des icônes sacrées. Après douze ans de règne, il fut pris de dysenterie et faillit perdre la vie : sa bouche s'ouvrit de façon exagérée, au point de laisser paraître ses entrailles. L'auguste Théodora fut très fâchée de ce qui arrivait : à peine endormie, elle eut la vision de la sainte Mère de Dieu, tenant dans ses bras le Dieu d'avant les siècles et entourée d'anges resplendissants, qui blâmaient et châtiaient Théophile son époux. Lorsque le songe la quitta, Théophile, malgré ses dispositions, vit quelqu'un des assistants qui portait un encolpion : il saisit le médaille et la baisa, et aussitôt cette bouche qui n'avait cessé de braire contre les icônes et ce larynx qui bâillait sans mesure reprirent leur forme initiale; alors il fit cesser toute contrainte et violence, confessant qu'il était bon de vénérer les saintes icônes, disposa Théophile à les baiser et vénérer de toute son âme. Peu après, Théophile mourut. Théodora, ayant rappelé tous ceux qui étaient en exil ou en prison, ordonna d'assurer leur liberté et elle fit renverser du trône patriarcal Jean, dit aussi Iannis, plus chef de sorcier et de démons que patriarche. Il fut remplacé par le confesseur du Christ Méthode, qui avait beaucoup souffert précédemment; on l'avait même enfermé vivant dans son tombeau.
Sur ces entrefaites, Joannice le Grand, qui pratiquait l'ascèse dans les montages de l'Olympe, eut une sainte visite, en la personne du grand ascète Arsakios. «Dieu m'a envoyé vers toi, dit-il, afin que nous nous rendions chez un très saint moine, Isaïe, reclus de Nicomédie, et que nous apprenions ce qui est agréable à Dieu et ce qui convient à son Église. S'étant donc rendus chez le vénérable Isaïe, ils entendirent de lui : «Ainsi parle le Seigneur : Voici qu'approche la fin des ennemis de ma représentation en image; allez donc chez l'impératrice Théodora et chez le patriarche Méthode, et dites-leur de calmer tous les impies, afin de pouvoir m'offrir le sacrifice avec les anges, en vénérant mon icône et celle de ma croix.» Ayant ouï cela, ils gagnèrent aussitôt Constantinople et rapportèrent au patriarche Méthode et à tous les élus ce qui leur avait été dit. S'étant rassemblés, ils allèrent chez l'impératrice pour la convaincre; mais ils découvrirent que ses parents lui avaient inculpé en tout la piété et l'amour de Dieu. Et aussitôt l'impératrice, détachant l'icône de la Mère de Dieu qu'elle portait suspendue à son cou, à la vue de tous la baisa en disant : «Si quelqu'un ne vénère et ne baise les icônes avec amour, non de façon idolâtre mais en relation avec leurs archétypes, qu'il soit anathème !» Et ils éprouvèrent une grande joie. A son tour, elle leur demanda de faire une prière pour son époux Théophile. Voyant sa foi, ils se laissèrent persuadés, malgré leur répugnance. Le patriarche Méthode rassembla tout le peuple, tout le clergé et les évêques dans la grande Église de Dieu. Parmi eux furent choisis : les moines de l'Olympe Joannice et Arsakios, Naukratios et ses disciples Théodore Studite, le grand et saint Théophane et Théodore, ces confesseurs «marqués», le syncelle Michel l'Hagiopolite, et beaucoup d'autres. Ils célébrèrent devant Dieu une intercession de toute la nuit pour Théophile, tous priant avec larmes et de manière instante. Et ils firent ces pannykhides) pendant toute la première semaine du Carême, l'impératrice Théodora y prenant part elle-même, avec les femmes et le reste du peuple.
Sur ces entrefaites, l'impératrice Théodora, à l'aube du vendredi, eut un songe, et il lui sembla se trouver près de la colonne de la Croix et que des gens passaient avec tumulte le long de la voie, portant divers instruments de supplice; au milieu d'eux, on amenait un prisonnier, l'empereur Théophile, les mains liées derrière le dos. L'ayant reconnu, elle suivit elle aussi ceux qui l'emmenaient. Lorsqu'ils arrivèrent à la Porte de bronze, elle vit un homme à l'aspect surnaturel, assis devant l'icône du Christ, et Théophile se tint en sa présence. Comme l'impératrice, lui touchant les pieds, implorait pour l'empereur, celui-ci, ouvrant la bouche, lui dit : «Grande est ta foi, ô femme, sache qu'en vertu de tes larmes et de ta foi, et aussi de la prière et intercession de mes serviteurs et de mes prêtres, J'accorde le pardon à Théophile, ton mari.» Puis il dit à ceux qui l'emmenaient : «Déliez-le et rendez-le à sa femme.» Celle-ci, l'ayant reçu, s'en alla dans la joie et l'allégresse, et aussitôt le songe s'arrêta. Telle fut la vision de l'impératrice Théodora. Alors le patriarche Méthode, après les prières et intercession qu'on avait faites pour lui, prit une charte neuve, où il inscrivit les noms de tous les empereurs hérétiques, y compris celui de Théodore, et il déposa le tout au bas de l'autel. Et le vendredi, il vit lui-même un ange effrayant entrer dans la grande Église et s'approcher de lui pour lui dire : «Évêque, ta prière a été exhaussée, et l'empereur Théophile a obtenu son pardon. Dorénavant n'importune plus le Seigneur à son sujet !» Pour se rendre compte de la véracité de sa vison, il descendit de son siège, il prit la charte et, l'ayant déroulée, il trouva, ô merveille, que le nom de Théophile avait été effacé, par jugement divin. Apprenant cela, l'impératrice exulta grandement et demanda au patriarche que tout le peuple se rassemble, avec les croix vénérables et les icônes sacrées, dans la grande Église, afin que lui soit rendue l'ornement des saintes icônes et que soit connu de tous le prodige nouveau. Alors, tous, ou peu s'en faut, affluèrent dans l'Église avec des cierges, et l'impératrice vint avec son fils. On y fit une litie avec les saintes icônes, les vénérables reliques de la croix et le saint évangile, puis on sortit jusqu'au lieu dit de la borne milliaire, en chantent le Kyrie eleison. Au retour de la procession, on célébra la divine Liturgie dans la grande Église : les saintes et vénérables icônes furent élevées à nouveau sur les colonnes par des saints hommes choisis; ceux qui avaient pratiqué la piété et le culte orthodoxe furent l'objet de louanges, ceux qui n'avaient pas accepté la vénération des saintes icônes furent excommuniés et livrés à l'anathème. Et les saints confesseurs décidèrent que dorénavant on célébrerait chaque année cette fête sacrée, afin qu'on ne retombât pus jamais dans une telle impiété.
Bénis, père.
Quelle merveilleuse langue que le grec, choisie par Dieu pour véhiculer le message évangélique aux nations !
En effet, aucune autre langue au monde n'est aussi apte à exprimer la richesse de la théologie orthodoxe que le grec, mais le français peut et doit, pour la théologie comme pour les autres sciences, lui emprunter des mots.
Ce n'est pas très difficile, cela s'est toujours fait. Nous ne remarquons même pas que nous utilisons tous les jours des quantités de mots d'origine grecque (empruntés par des biais variés et à des époques diverses), dans notre langage le plus courant d'aujourd'hui (ex.: énergie, photo, politique, zoo, démocratie, laïc, théorie, base, hélicoptère, pédagogie, mythe, pharmacie, caractère, pneu, électrique, écho, pratique, dynamo, tragédie, sceptique, idée, palais, mystère, prêtre, stratégie, catastrophe, chronique, problème, phase, idiot, diplôme, logique, coma, cinéma, astre, manie, période, stade, automobile, crise, microbe, paradoxe, anarchie, cycle, psychique, analyse, phobie, optique, téléphone, paragraphe, dialogue, église, périphérique, enthousiasme, évêque, amorphe, ange, type, plastique, athée, économie, nylon, choeur, stéréo, atlas, bibliothèque, centre, etc. pour n'en citer qu'une infime partie), sans parler du vocabulaire strictement scientifique.
Certains termes exprimant des vérités orthodoxes sont dores et déjà entrés, par l'intermédiaire de "théologiens" flirtant avec l'orthodoxie, dans le vocabulaire français. C'est le cas du mot kénose (kénwsiv en grec) par exemple qui vient de "kenóv" (vide) et signifie l'anéantissement, en parlant du Christ, qui S'est, pour ainsi dire, vidé de sa Substance divine sur la croix, par condescendance à la nature humaine pécheresse, mortelle. (Du moins, c'est ce que me suggèrent ses mots poignants et chargés d'un mystère terrible : "Éli, Éli, lamma sabachthani" ? Pardonnez mon ignorance, si ce n'est pas celaÉj e n'ai rien lu sur le sujet. Je sais que le Christ n'a jamais cessé d'être Dieu, mais Il est quand-même passé par la mort comme un homme dépouillé de Puissance divine, même si après, Il est ressuscité.)
Tel terme est le très discuté : "économie" dont il y aurait aussi beaucoup à dire, mais je voudrais me limiter ici à l'explication la plus courte possible (le Seigneur m'est témoin que je dois faire un effort surhumain pour trier et résumer toutes les données et idées qui me viennent à l'esprit !) d'un mot que j'ai découvert en lisant mon psautier un beau matin du printemps 1994.
D'abord, j'ai été intriguée par le sens du verset suivant, dans la traduction du père Placide :
qui délivre les captifs par sa Puissance, et même les révoltés qui habitent dans les sépulcres."
Après m'être renseignée sur d'autres traductions du même passage et dont aucune ne me paraissait satisfaisante - la belle cohérence et l'harmonie de la foi orthodoxe leur faisant défaut à toutes et quelques-unes offrant des interprétations des plus fantaisistes -, j'ai regardé le passage dans mon psautier grec.
Pour désigner "ceux qui ont un même esprit", j'y ai trouvé un seul mot, le terme monótropov, que l'on pourrait franciser en monotrope.
Tout le monde sait que mónov (monos) signifie un seul, unique. (cf. dans les mots français monolithique, monologue, monogame, monothéisme, monotone etc.)
Quant à trópov, qui veut dire tour, direction, tournure, manière, attitude, façon (d'agir aussi bien que de parler), moeurs, mode, style, ton (dont dérivent, entre autres, le mot bien connu par les orthodoxes : tropárion, tropaire = chant selon un mode, un ton précis, et le nom savant du tournesol : héliotrope = qui se tourne vers le soleil), il vient du verbe trépw (je tourne).
Monótropov peut donc signifier, dans un contexte orthodoxe, littéralement deux qualités :
1) soit la qualité de quelqu'un qui n'a qu'une façon, une manière unique de se conduire, donc qui est simple, vrai, sincère, pareil à l'intérieur qu'à l'extérieur, dont la personne est unifiée (= a acquis l'unité de la foi), qui ne connaît pas la duplicité, l'hypocrisie, ou qui est toujours égal à lui-même, ne change pas d'humeur, étant pur, impassible, ce qui revient à peu près au même,
2) soit la qualité de quelqu'un qui est tourné dans une seule direction, en l'occurrence vers l'unique nécessaire, vers l'Unique, c'est-à-dire le Christ; celui qui est christocentrique, qui est orienté - et non occidenté, pour employer un néologisme inventé par un de nos très chers frères en Christ et que j'aime beaucoup - vers l'Orient des orients (comme dit l'Exapostilaire de Noël)...
Le dictionnaire grec donne deux sens au mot monótropov, attestés chez des auteurs profanes :
1) qui n'a qu'une manière d'être, d'un caractère uni, simple
2) qui a des goûts solitaires, qui vit seul, original, misanthrope ou célibataire
A l'article monotropía (monotropie), il cite notre très-lumineux saint père, Basile le Grand qui emploie le mot au sens de simplicité, uniformité.
A l'opposé de monótropov, il y a le mot polútropov (polytrope), épithète donnée par Homère à Ulysse, qui, comme on le sait, est l'archétype du touriste, faisant mille tours et détours pendant son voyage de retour interminable de la guerre de Troie, (c'est lui qui a donné le nom d"odyssée" aux longs périples), mais c'est aussi un homme habile, souple, aux tours de main inégalables, en plus d'être rusé, malin, le type même de l'éternel Grec, qui a plus d'un tour dans son sac.
Le dictionnaire mentionne toutes ces acceptions, caractéristiques d'Ulysse, du mot "polútropov", mais en premier lieu, nous y trouvons qui se tourne en beaucoup de sens, ce qui me confirme dans mon interprétation bien chrétienne selon laquelle monótropov est celui qui se tourne dans un seul sens.
C'est la qualité de celui qui, purifié de ses vices, ne tourne plus la tête et le regard dans tous les sens, n'étant plus attiré ni par la pompe de Satan, comme les gens du monde, ni par la multitude des êtres et des choses créés, qui nous séduisent encore, nous, chrétiens pécheurs. C'est la qualité de quelqu'un, qui, sage comme une image, a le visage et le regard immobiles des icônes, les yeux toujours ouverts, fixés sur l'infini de Dieu à l'intérieur de lui-même, qui est imperturbable dans sa communion incessante avec le seul Bon, le seul Ami de l'homme.
Ainsi tous les sens de monótropov se recoupent finalement, car toutes ces qualités sont celles des saints, y compris une certaine solitude. Monotrope serait, en substance, CELUI QUI, SEUL, DANS UNE SIMPLICITÉ D'ESPRIT ET DE MOEURS, EST TOURNÉ VERS L'UNIQUE NÉCESSAIRE.
Car la sainte simplicité se fait par la transformation des passions multicolores (qu'il y en ait six, sept ou huit, peu importe !) qui nous font tourner la tête, en une seule grande lumière blanche, par le prisme de la grâce.
Aussi, préférerais-je traduire, en ajoutant quelques autres rectifications nécessaires, le verset du psaume en question de la façon suivante :
Il délivre les captifs par sa Puissance,
et même les révoltés qui habitent dans les sépulcres."
Cette version conserve la gradation du texte original, l'hiérarchie établie entre ces trois catégories d'hommes : les monotropes, c'est-à-dire les saints qui sont déjà établis dans la maison de Dieu, les captifs, c'est-à-dire ceux qui sont encore passionnés et enfin, ceux qui se révoltent contre Lui et qui sont comme des morts.
Il serait bon de trouver un équivalent français aussi riche à ce mot, si quelqu'un en trouve un, qu'il le signale. Mais à défaut d'un tel mot, nous pourrions peut-être adopter le terme "monotrope".
Les botanistes parlent de tropisme des plantes, ne pourrait-on pas dire que le chrétien est une plante ayant le tropisme particulier vers Dieu ?
Que Dieu nous rende tous monotropes, pour que nous soyons établis dans sa maison dès cette vie et dans l'éternité, par les prières de tous les monotropes qui y sont déjà, nos pères saintsÉ
Dans le Credo (notre confession de foi) nous confessons que l'Église est une, sainte, catholique et apostolique. Cela veut dire quoi ? Tout d'abord que nous croyons fermement à cet article de foi, et que ces paroles ont un sens pour nous.
Que l'Église est une cela signifie qu'il n'y a pas plusieurs Églises (au moins pas des Églises qui peuvent revendiquer de droit ce titre), et également qu'elle est unie, non-divisée. Les paroles du Seigneur même certifient cela, car Il dit : «É et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle.» (Mt 16,18) Puisque toute division vient du diable (diable veut justement dire diviseur) l'Église n'est et ne peut être divisée. Il ne peut y avoir que des croyants qui s'en séparent pour constituer un assemblée à croyance erronée.
L'Église est sainte en tant que Corps du Christ qui l'a rachetée par son Sang. Cela n'empêche pas que chaque croyant est tacheté de fautes et des faiblesses. Il est appelé à devenir saint, à devenir de plus en plus membre de l'Église. Le Christ Lui-même a fondé l'Église et Il n'a rien fait d'imparfait. L'Orthodoxie n'a pas à se parfaire, ni à se reformer car elle est l'oeuvre de l'Esprit saint. C'est elle qui sanctifie et sauve, car elle est sainte et immaculée, telle le Christ qui en est la tête.
L'Église orthodoxe est également catholique selon le sens du terme. Cela veut dire que tout ce qu'elle confesse est confessé par les orthodoxes partout, toujours et par tous, selon la formule célèbre de saint Vincent de Lerin. Rien n'y est rajouté par la suite, ni retranché. Rien de sa tradition sacrée se limite dans l'espace ou n'est cru que par une partie des ses fidèles.
En confessant que l'Église est apostolique, nous confessons qu'elle est fondé sur les apôtres, que son origine y remonte. Cela veut de même dire qu'elle est collégiale, à l'image du collège des apôtres qui a eu pour tête le Christ Lui-même. Étant apostolique elle n'est ni «biblique», c'est-à-dire uniquement basée sur la Bible comme tant des sectes prétendent, ni« papale», c'est-à-dire ayant le pape pour tête. Elle a toujours pour tête le Christ même, qui a promis d'être avec elle jusqu'à la fin de temps, et elle a pour pasteurs les successeurs des apôtres qui l'a guident selon la tradition et dans un esprit conciliaire.
Hm. Cassien
Les périodes de crise religieuse engendrent toujours des monstres. Parmi ceux que le XXe siècle nous a suscités, le Nouvel Age est un des plus redoutables. L'effondrement des idéologies et le matérialisme forcené des sociétés contemporaines ont ouvert de larges béances spirituelles que les Églises, et notamment hélas ! l'Église catholique, sont incapables de combler. Sur ces champs de bataille désertés, les sectes se sont précipitées et font des ravages. Le Nouvel Age y a pour sa part conquis de larges espaces, au sein desquels il mène de redoutables entreprises de subversion qui menacent très directement nos sociétés chrétiennes.
En premier lieu, le Nouvel Age est une forme d'utopie qui a su parfaitement s'adapter à l'homme contemporain. Par une vision irénique et unanimiste des choses, il a su exploiter sa naïveté et son ignorance spirituelle, flatter son anthropolâtrie, cultiver son goût du mystérieux, son engouement irraisonné et sentimental pour les modes comme celles de la nature, de l'écologie ou de l'exaltation du corps. Philosophie sociale, mouvement universaliste, le Nouvel Age vise à réaliser l'unification d'une humanité rénovée. En ce sens, il exprime un message à portée eschatologique, se présentant comme la voie nouvelle d'une rédemption qui n'est en réalité que la contrefaçon de la vraie Rédemption, celle que seule l'Église peut promettre à tous les hommes. Le Nouvel Age prétend incarner une ère nouvelle, "l'ère du Verseau», inscrite dans les secrets du cosmos et qui doit succéder à l' «ère des Poissons», sanctionner la fin du christianisme et, ainsi, inaugurer une ère de prospérité et de paix. A cet égard, le Nouvel Age est bien une forme contemporaine de millénarisme.
En second lieu, le Nouvel Age se réclame d'une philosophie panthéiste, considérant le monde comme une émanation de la divinité. Le message passe d'autant plus facilement qu'il est en mesure de persuader son destinataire qu'il est de nature divine. L'actrice Shirley Mac Laine, une des propagandistes les plus actives du Nouvel Age, déclare à ses auditoires : «Rappelez-vous que vous êtes Dieu et agissez en conséquence». C'est donc dans le dépassement de la personnalité que l'homme parvient à l'illumination et participe à l'évolution de la «conscience cosmique», elle-même point d'aboutissement de la conscience humaine. Ce credo panthéiste est d'ailleurs renforcé par tout un bric-à-brac psychotechnique qui doit permettre à l'homme du Nouvel Age d'assumer sa transformation. Sujet de réincarnation, il fait appel aux techniques spirites, recourt aux médiums, se gargarise de tous les procédés de la psychologie humaniste et transpersonnelle dont l'apparence scientifique et le caractère ésotérique sont un gage de sérieux et de succès. Phénomène d'ailleurs caractéristique de notre époque : il n'y a jamais eu autant qu'actuellement d'étudiants inscrits en Psychologie dans les Facultés de sciences humaines. Là est effectivement l'astuce qui permet au Nouvel Age de couvrir d'une caution scientifique un discours de charlatan et de donner quelque respectabilité à tout le fatras psycho-sociologique qu'il traîne avec lui : hypnose, «bio-feed-back» (!), zen, bouddhisme (on remarquera la vogue que connaît actuellement le bouddhisme, cautionné par les «conversions» de personnalités du monde du spectacle et du showbiz), méditation transcendantale et théosophie. L'ensemble de ces pratiques est destiné à déstabiliser la personnalité, à déraciner les principes acquis par l'éducation, à annihiler les sentiments, à subvertir la foi, en fait à créer cet homme nouveau qui, ayant atteint ce que le Nouvel Age appelle le niveau du supermind (ou super-esprit) naîtra de la conscience de sa propre divinité.
Il faut ici souligner un aspect particulièrement important de ce phénomène, c'est la place qu'y tient la tradition occultiste. Par ses fondements panthéistes et son recours aux sources occultes, par la perspective mondialiste d'un humanisme pénétré de kabbale et puisant ses racines dans le courant théosophique, le Nouvel Age est bien un avatar de la vieille utopie politico-religieuse qui veut réaliser l'unification du monde autour d'une religion universelle sécularisée, exprimant une conscience cosmique grandissante. On peut d'ailleurs établir une parenté frappante entre le Nouvel Age et l'hérésie teilhardienne. Teilhard est le philosophe du mouvement par excellence. Et de fait, le supermind ou super-esprit annoncé par le Nouvel Age, l'avènement de la conscience cosmique n'est que la projection vulgarisée de cette noosphère teilhardienne qui est appelée à atteindre le stade ultime de la théosphère par laquelle l'esprit humain réalisera l'union mystique avec l'esprit divin. Ce qui fait le danger du Nouvel Age, c'est qu'il est en réalité la transposition presque populaire d'un ésotérisme jusqu'alors réservé à une minorité d'initiés, qui conservent d'ailleurs la maîtrise ou la direction effective du processus d'établissement d'un gouvernement mondial. On sait que l'unification politique du monde doit se parachever dans son unification spirituelle, celle qu'ont rêvée tous les doctrinaires occultistes depuis le XVe siècle, rose-croix, kabbalistes, synarques et francs-maçons. Le mouvement du Nouvel Age est un de ceux qui doivent permettre l'achèvement du processus d'un gouvernement mondial. Le mouvement Planetary Citizens (citoyens planétaires), qui est au coeur du Nouvel Age, exprime clairement cette vision coordonnée du plan mondialiste : «Ne pensez pas un instant que vous puissiez diriger la planète sans une tête ; notre planète a besoin d'être gouvernée.
Aussi la question est-elle : gouvernée par qui ?
Le secret est bien gardé, mais on ne peut plus douter aujourd'hui ni de la réalité du complot, ni de l'existence, sous des formes diverses, de cette contre-Église en gestation qui menace l'ordre chrétien, et dont le Nouvel Age est une des formes les plus perverses.
|
L'abbé Macaire a dit : « Pourquoi juges-tu les homicides, les fornicateurs et les fouilleurs de tombes, et s'il en est, toute autre sorte de hors-la-loi; ils ont leur propre maître et juge. Ou plutôt ne te contente pas d'examiner partiellement leur conduite mais enquête attentivement sur tes fautes à toi et en bien des occasions tu te trouveras pire qu'eux. Souvent en effet tu regardes avec des yeux luxurieux et cela tu sais toi-même que c'est fornication consommée. Et souvent tu as injurié ton frère : ne sais-tu pas qu'à ce sujet le Seigneur a fait connaître que celui qui dit à son frère : fou est passible de la géhenne de feu. Mais le plus redoutable de tout, le voici : peut-être t'es-tu approché indignement des saints mystères, et te voici coupable envers le Corps et le Sang du Seigneur (1 Cor 11,27). Or celui que tu juges se trouve avoir tué un simple homme, alors que toi tu te trouves assassin du Christ et responsable de son immolation, puisque tu as communié indignement au Corps et au Sang immaculé. Car "Celui qui mange ou boit indignement, est-il dit, est coupable envers le Corps et le Sang du Christ, et il mange et boit sa propre condamnation ", c'est-à-dire que comme ces juifs l'ont crucifié, ainsi ceux qui communient indignement à son Corps et à son Sang font pareil; et c'est tout naturel, puisque qui déchire la pourpre d'un roi et qui la souille subissent la même mort. Ainsi donc ceux qui ont déchiré son Corps autrefois et ceux qui le souillent maintenant en communiant avec une âme impure recevront le même châtiment que ceux qui l'ont crucifié, selon la parole de l'Apôtre.» |
Le mot « liturgie » provient du grec liton ergon, qui signifie « travail public », « office ». La divine Liturgie est considérée ainsi comme un sacrifice public et commun pour tous les chrétiens.
Dès les premiers siècles chrétiens, la divine Liturgie a été surnommée « acte de remerciement » « bénédiction », ou « le verre de bénédiction », « communion », « repas », « le repas de Dieu », « le dîner mystique », « le merveilleux prodige », « mystère divin saint et redoutable», « le pain rompu », « accomplissement », « sanctification » etc.
Le sacrifice eucharistique a été anticipé par les sacrifices de l'ancienne Loi : Caïn et Abel, Melchisédech, Moïse et tous les élus de l'Ancien Testament ont apporté des sacrifices à Dieu avec la confiance qu'ils sont suffisants pour expier le péché et apaiser le coeur de Dieu. Toutefois, ils n'ont pas eu le pouvoir d'apporter aux hommes la Grâce et la Justice divines. Mais ces sacrifices ont été suivis par la grande et précieuse offrande du Fils de Dieu.
Au temps prévu, les offrandes d'animaux ont disparu et leur place a été prise par le sacrifice sanglant du Seigneur et Sauveur Jésus Christ, qui, par son Sang, et prenant sur Lui tous les péchés du monde, nous a libérés de la condamnation à la mort éternelle et nous a apporté l'Absolution et la Paix divines. Cette offrande de Sang et de Vie terrestre du Christ reste pour nous une source infinie de dons et de grâces.
Pour rester avec nous à jamais, Jésus a institué un sacrifice non sanglant, mais éternel. Au dernier repas, Il a béni le pain et le vin qui se sont transformés ainsi en son Corps et en son Sang et a invité les apôtres et, par leur intermédiaire, leurs successeurs, les prélats, les prêtres, à faire la même offrande qui sera mise à la disposition de tous ceux qui s'en approchent avec foi et amour.
L'Eucharistie est ainsi devenue le centre de la divine Liturgie, étant accompagnée de prières, de chants religieux, d'actes et de mouvements spécifiques. C'est ainsi que la divine Liturgie est un témoignage permanent du fait que Jésus Christ est parmi nous avec son Offrande divine. Chaque fois que l'on assiste avec foi à la réalisation de la divine Liturgie, on voit le déroulement de la Vie terrestre du Christ et sa crucifixion sur le Golgotha.
Lorsque le prêtre sort avec le saint évangile et dit : « Sagesse. Debout ! », il nous rappelle l'activité évangélique du Sauveur, et quand on lit l'évangile, nous entendons le Fils de Dieu Lui-même qui prêche aux foules le Message de Dieu. Quand le prêtre sort après l'Hymne des chérubins et fait le tour depuis la proscomidie jusqu'à la sainte Table, il nous évoque le chemin que parcourut le Christ de Galilée à Jérusalem, et après avoir été accueilli avec des fleurs et des voeux, Il endure les crachats, les supplices et la terrible immolation finale.
Pour que cette mort singulière ne soit pas vaine et pour qu'il reste réellement avec nous, au moment du chant : « Nous Te chantonsÉ », par les prières du prêtres, le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang du Seigneur Christ. Puis c'est la communion avec Lui qui suit et nous assistons aux acte d'après la souffrance : la résurrection et l'ascension aux cieux, symbolisées à la fin de la divine Liturgie orthodoxe.
Pendant la divine Liturgie, le Seigneur Christ S'incarne liturgiquement, Il naît et revit chaque fois sa Vie terrestre, présente son évangile, fait des prières pour nous, renouvelle sa passion pour nous et meurt. Cependant, Il est entouré mystérieusement par la Vierge Marie, les groupes d'anges et tous les saints qui unissent leurs prières avec les celles du prêtre et des croyants.
La divine Liturgie est une offrande de remerciement. Dieu a montré sa Bonté et son Affection pour nous par le sacrifice de son Fils et nous, nous devons L'en remercier ; voilà ce que nous rappelle l'eucharistie.
La divine Liturgie est une offrande de prières, car nulle part nous ne pouvons présenter nos désirs à Dieu et nulle part ils ne sont mieux accueillis que pendant la divine Liturgie, où, par le suprême sacrifice du Fils divin, une vraie richesse de grâce se répand au-dessus des participants qui appellent l'Aide de Dieu.
La divine Liturgie est une offrande d'expiation, car, par ce grand sacrement, Dieu nous pardonne tous les péchés, il annule la punition et nous sommes protégés contre de nouveaux péchés.
La divine Liturgie est le plus grand bien des chrétiens, car elle fait augmenter en nous la Grâce divine et l'adoration de Dieu. Elle nous console et nous fortifie spirituellement, nous purifie, nous sanctifie, et nous aide à accéder à la vie éternelle.
Les dons de la divine Liturgie réjouissent aussi les âmes des morts. Leurs noms sont mentionnés pendant cet office divin, le prêtre dédiant des prières à leur intention.
Un des rôles importants de la divine Liturgie est d'assurer la communion fraternelle des chrétiens. Pour le Christ eucharistique, les différences extérieures entre les gens n'ont aucune importance. C e qui compte, c'est leur âme. parmi les croyants domine l'esprit d'égalité, de modestie, d'amour fraternel dans la foi en Christ, l'esprit de confiance et d'affection entre tous sans tenir compte de leurs langue, race, âge, sang ou rang social.
Les croyants de l'Église sont des membres du Corps du Christ, des éléments différents qui forment une unité. Le lien vivant entre eux est Jésus Christ. La joie ou le chagrin de quelqu'un devient ainsi la joie ou le chagrin de tous. « Maintenant donc il y a plusieurs membres, et un seul corps » (1 Co 12,20), dit le saint apôtre Paul, et « si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. Vous êtes le Corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part » (1 Co 12, 26-27). Ces membres sont unis par la Grâce de Dieu et par son Amour.
La divine Liturgie représente une permanente incarnation du Sauveur. Jésus Christ est toujours avec nous, par-dessus les temps et a une valeur constante. « Jésus Christ - dit l'Apôtre - est le même hier, aujourd'hui, et éternellement » (He 13,8). Tous les membres de l'Église, par eux-mêmes, ont ce pouvoir de l'incarnation, car ils sont liés au Christ par son Corps. Et c'est par la divine Liturgie que le Sauveur revient toujours pour S'unir avec toute l'humanité. Et les rayons de cette union, dont la source et le saint calice, pénètrent dans les coeurs de ceux qui s'approchent du Corps du Christ. On peut affirmer que, par la communion de la divine Liturgie, Dieu vient au monde dans chacun de ceux qui participent à cet office religieux et chacun d'eux est né de Dieu et peut se considérer comme son Fils.
La Liturgie orthodoxe a donc un caractère universel, car l'offrande est apportée « pour tous et pour toutes », c'est-à-dire pour toute l'humanité et pour toutes les nécessités proprement humaines, pour tout ce qui appartient à la vie, sauf le péché. Toutes les prières de la divine Liturgie visent la totalité de la vie humaine. Ainsi, pendant l'office liturgique, l'Église fait des prières, dit saint Cyrille d'Alexandrie, « pour la paix générale, pour une bonne vie du monde, pour les malades, pour ceux qui se donnent de la peine en travaillant, et, en général, pour tous ceux qui ont besoin d'aide. »
L'Église fait des prières, pendant la divine Liturgie, « pour tout le monde, pour ceux qui ont vécu, pour ceux qui vivent encore, pour tout ceux qui ont vécu avant nous, pour tous ceux qui viendront après nous, pour les évêques, les prêtres, les dirigeantsÉ pour la terre, la mer et l'air » (de la Liturgie de saint Jean Chrysostome).
La divine Liturgie, qui a une haute conception spirituelle, peut être considérée comme un trésor précieux pour nos âmes, comme un don inestimable que nous avons reçu de Dieu et c'est pour cela qu'il faut la connaître et en profiter sur le plan spirituel.
père Olivian Bindiu
|
Ainsi, que nous soyons épuisés par un déchirement de nos entrailles, qu'un feu très violent nous consume intérieurement jusqu'à la gorge; que nos forces soient constamment ébranlées É tous ces maux sont autant d'occasions d'approfondir notre foi. Confronter ses qualités spirituelles à la violence des ravages et de la mort, quelle élévation de l'âme ! Quelle grandeur que de rester debout au milieu des ruines de l'espèce humaine au lieu de s'incliner, abattu, avec ceux qui n'ont pas placé leur espoir en Dieu ! Mieux vaut nous féliciter de notre état et accueillir favorablement l'oeuvre du temps : ainsi, tout en fortifiant notre foi et en persévérant, au prix de nombreuses peines, sur la voie étroite du Christ, nous recevrons de notre juge lui-même la récompense de notre foi et de la vie que nous aurons menée. |
Le 10 mars 1924 le nouveau calendrier fut imposé dans l'Église de Grèce par l'archevêque d'Athènes Chrysostome Papadopoulos. Par un ordre télégraphique du monarque de l'Église, Chrysostome « à tous les révérends hiérarques de l'Église autocéphale de Grèce», l'innovation d'Occident est imposée dans le sein de l'Orient orthodoxe. Se pliant à cet ordre impie, toute la hiérarchie de l'Église de Grèce déchoit de l'Orthodoxie et tombe dans le schisme et hérésie du néo-calendarisme.
La maudite innovation du nouveau calendrier, imposée dans l'Église au moyen du mensonge et de la tromperie reçoit les cris d'indignation et la huée du peuple orthodoxe de Dieu. Malgré cela, le responsable du schisme Chrysostome Papadopoulos entreprend, par une encyclique et des déclarations mensongères, de tromper et d'égarer l'ensemble des fidèles de l'Église. Mais c'est en vain qu'il essaie. Le peuple fidèle, ce gardien de la foi, réagit vigoureusement. Des paroisses entières, des bourgs et des villages refusent de suivre la cacodoxie et la condamnation, ainsi que les innovateurs.
Dès le premier jour, on déclare que le nouveau calendrier papale est un occidentalisme et que ceux qui le suivent se séparent de Dieu. Celui qui joue le premier rôle dans le combat contre l'innovation est le monachisme orthodoxe de la Sainte Montagne, aidé du clergé et du peuple orthodoxe. Entre-temps, la grandeur de la trahison ne cesse d'être de plus en plus découverte, et les éléments du pionnier de l'innovation, Chrysostome Papadopoulos, sont amenés à la lumière. Il est à remarquer que ce déchireur de l'Église, comme on l'a déjà écrit, imposa le changement du calendrier ecclésiastique en trompant la hiérarchie par la dissimulation de certains éléments (principalement des avis des autres Églises orthodoxes au sujet du changement proposé), et en mettant devant le fait accomplit le patriarche oecuménique qu'il entraîne à accepter ce qui, en fait, était sa propre décision; et parallèlement, afin de réussir son coup d'état, il fait appel à «César», c'est-à-dire au pouvoir politique, pour pouvoir à travers celui-ci, forcer et influencer tout le monde.
Il est spécialement à remarquer ceci : alors que la hiérarchie capitule et trahit, le peuple, ce gardien de la foi, reste ferme dans la foi et ne tient aucun compte des accusations, des humiliations et des persécutions.
Le premier dimanche après l'innovation, un grand nombre de prêtres et de laïcs se rassemblèrent dans la salle des employés de magasin sur la place de la Métropole et créèrent le représentant légal de l'Église des V.C.O, l'«Association des orthodoxes», qui en 1926 s'organisa et prit le nom de «Communauté religieuse grecque des V.C.O».
L'action ecclésiastique de la «C.R.G. des V.C.O.», l'exode des hiéromoines de la Sainte Montagne et les découvertes des décisions des Conciles pan-orthodoxes qui condamnent irrévocablement l'innovation, mirent dans une situation difficile Chrysostome Papadopoulos qui déclencha des persécutions barbares contre les V.C.O., ignorant que la grâce de Dieu, par ces obstacles mêmes, renforce les convictions.
Dès la première année, n'ayant pas réussi à entraîner les V.C.O. (qu'il appela avec mépris anciens-calendaristes) à suivre le néo-calendarisme, il employa la persécution. Ainsi réapparurent les persécutions des temps des premiers chrétiens !
Les orthodoxes qui, pour se distinguer des néo-calendaristes, se nomment «Vrais Chrétiens Orthodoxes» - sont accusés mensongèrement, traînés aux tribunaux, calomnieusement considérés comme des criminels. Leurs églises construites provisoirement sont fermées, leurs prêtres sont persécutés et traînés aux tribunaux. Leur crime ? Leur fermeté dans la foi de leurs pères, et leur refus d'accepter l'innovation.
On trouve dans les sources que, durant les années qui suivirent jusqu'en 1935, tout ce qui se passait et tout ce qui a été écrit au sujet de la confrontation néocalendarisme/V.C.O. est considérable. Le peuple fidèle, grâce à son digne clergé (malgré l'absence d'évêques), se montra vainqueur en révélant la vérité au sujet de l'innovation du calendrier, si bien que cela provoqua de sérieuses discussions dans les assemblées de la hiérarchie néocalendariste, dont beaucoup de membres se rangèrent, à plusieurs reprises, pour le retour à l'ancien calendrier.
Le néo-calandarisme accuse faussement les V.C.O. de blasphémer, d'avoir du zèle sans discernement, d'être schismatique, et finalement, se heurtant contre leur conviction immuable, il prétend que les V.C.O. avec les néo-calendaristes constituent en fait la même Église - ce qui bien sûr fut vivement repoussé par les orthodoxes. Dans ce cadre se place aussi l'action plus fourbe, qui est la soumission indirecte des V.C.O. à la hiérarchie néocalendariste innovatrice, soumission qu'elle entreprit alors et continue d'entreprendre par plusieurs moyens.
Chrysostome Papadopoulos recherche dans ce but des traîtres dans le corps des V.C.O.. En tant que tel, il se sert tout d'abord en 1931, du Conseil d'administration de la «C.R.G. des V.C.O.», qu'il persuada de réclamer, par une demande auprès de lui et de son synode, que «les évêques néo-calendaristes de chaque diocèse desservent les V.C.O. comme autrefois, que ceux-ci commémorent le nom de l'évêque néo-calendariste, et en retour, qu'ils célèbrent leur rite librement.» Mais cette tentative d'assimilation à l'innovation échoua. De plus, la trahison ayant été découverte, la confession-ecclésiologie des V.C.O. est proclamée de nouveau. Le vénérable clergé et le conseil d'administration de la «C.R.G. des V.C.O.» déclara schismatique l'Église officielle, et se maintient «dans les véritables autorités de notre mère l'Église orthodoxe, en théorie et en pratique» (procès verbal du 6/8/1934).
Il est manifeste que les V.C.O. n'ont pas créé en 1924 quelque nouvelle situation dans le sein de l'Église, mais qu'ils demeurent inébranlables dans les véritables autorités de leur mère l'Église orthodoxe.
Les V.C.O. ne sont donc ni schismatiques, ni protestants, ou opposants (selon la formule contemporaine d'autres égarés), ni rien d'autre, mais «comme des enfants fidèles et véritables, ils sont restés auprès de leur mère la sainte Église orthodoxe.»
Parallèlement à la sainte lutte contre l'innovation, le souci principal du sacré clergé des V.C.O. et de l'administration de la «C.R.G.» était que cette lutte de l'Église soit assumée par des évêques orthodoxes. Après des rencontres personnelles des V.C.O. avec certains évêques de la hiérarchie innovatrice, trois de ses métropolites - Germain de Dimitriade, Chrysostome de Florine et Chrysostome de Zakynthe, se séparèrent de leurs responsabilités, dénoncèrent l'innovation et le schisme de 1924 et revinrent dans l'Église des V.C.O. en mai 1935.
Par une grande économie, et attendant le réexamen de l'action anti-orthodoxe et anticanonique de Chrysostome Papadopoulos, ceux-ci patientèrent et restèrent onze années dans l'innovation. Très souvent pendant cette période, non seulement ces trois évêques, mais aussi beaucoup d'autres, entreprirent d'influencer les choses vers le bien, proposant à la hiérarchie le retour au calendrier julien, avec le seul résultat d'être menacé de déposition !
Grâce au retour des trois évêques, l' «hiver» de l'absence d'évêque dans l'Église des V.C.O. fut terminé, mais surtout l'ecclésiologie de l'Église des V.C.O. fut proclamée, et le schisme du néo-calendarisme fut dénommé synodalement.
Les trois évêques accentuent le fait que les hiérarques de l'Église néocalendariste «se sont séparés du corps entier de l'Orthodoxie, et se sont fait appeler en réalité schismatique.» C'est ce que, entre autres, ont proclamés les trois évêques par un message au peuple grec orthodoxe, message que Chrysostome de Florine prononça à la Liturgie solennelle le dimanche 13 mai 1935, à l'église de la Dormition de l'Enfantrice de Dieu à Colone. A la Liturgie assistèrent ces trois métropolites qui, devant la multitude des fidèles qui assistèrent (plus de 20 mille personnes), confessèrent l'Orthodoxie, et dénoncèrent le schisme. Dans le message en question, il est d'abord souligné que l'introduction du nouveau calendrier a divisé le peuple grec, puis il est accentué que l'Église néocalendariste «a non seulement transgressé une tradition ecclésiastique, établie par les sept Conciles oecuméniques et confirmé par la pratique immortelle de l'Église d'Orient, mais aussi porté atteinte au dogme de l'Église une, sainte, catholique et apostolique.»
Après avoir donc ainsi confessé qu'ils dénonçaient l'Église schismatique du nouveau calendrier et revenaient à la véritable Église orthodoxe du Christ, ces trois hiérarques furent placés à la tête de l'Église des V.C.O..
Au-delà des confessions orales des trois évêques, leur confession manifeste consiste d'une part en leur retour même de la hiérarchie innovatrice à l'Église des V.C.O., d'autre part en le fait que, ayant conscience qu'ils sont partis du schisme néocalendariste et ont rejoint la véritable Église et qu'ils représentent celle-ci, ils procédèrent à des sacres d'évêques et constituèrent un saint Synode canonique. Il est à noter qu'ils y eut d'abord une attente de dix jours, espace pendant laquelle, malheureusement pas la moindre mise en question n'a été discernée de la part de Chrysostome Papadopoulos, qui au contraire était décidé d'entretenir et d'affermir par tous les moyens l'innovation et son schisme.
Le sacre d'évêques fut sans aucun doute le plus grand bienfait des trois hiérarques envers la sainte Église souffrante du Christ. Les événements se déroulèrent dans le monastère historique de la Mère de Dieu «Pefkovounoïatrissis» près de Kératéa en Attique, fondé en 1927 par le Leader de l'Église des V.C.O., le remarquable hiéromoine Matthieu Karpathakis. Ce monastère était devenu la métropole et le rempart de l'Orthodoxie.
Au monastère, les trois métropolites arrivèrent le dimanche 20 mai 1935 avec le protosyncelle Alexandre Grégoropoulos. Là, après que le père Matthieu fut appelé d'urgence (il était en mission dans la région de Thèbes), les évêques furent reçus par lui et par le monastère avec un honneur particulier.
Là, on décida de procéder au sacre d'autres évêques pour la constitution d'un saint Synode canonique de la véritable Église orthodoxe de Grèce. Les sacres eurent lieu au monastère de la Toute Sainte dans la petite chapelle de sainte Marine, du 23 au 27 mai 1935.
Les évêques nouvellement sacrés étaient les suivants :
Chrystophore de Mégara,
Polycarpe de Dianie
et Matthieu de Vresthène.
Après leur sacre, ils constituèrent un Synode avec, pour président, Germain de Dimitra, et ils passèrent un communiqué au peuple orthodoxe grec, qu'ils informent des sacres d'évêques :
«É Le mercredi passé fut élu et sacré canoniquement le très vénérable archimandrite Germain Varikopoulos, évêque des Cyclades. Jeudi fut élu et sacré canoniquement l'archimandrite et aumônier de l'armée Chrystophore Hatzis, évêque de Megare, détachée de l'hydrocéphale de l'archevêque d'Athènes. Vendredi fut élu et sacré canoniquement l'archimandrite Polycarpe Liosis, desservant en temps que prédicateur la paroisse de la Sainte-Rencontre au Pirée, évêque de l'évêché de Diaulie autrefois brillant. Le lendemain, ayant été réuni par la présidence du révérend Germain de Dimitria, et tenant compte des services très précieux qu'a offert et qu'offre toujours pour la sainte lutte - que nous menons en vue du redressement de l'Orthodoxie et la pacification de l'Église - l'higoumène du saint monastère de Kératéa, l'hiéromoine Matthieu Karpathakis, diplômé de l'école de théologie de la Sainte-Croix, et désirant d'une part le récompenser de ses services, d'autre part l'encourager et le renforcer dans la lutte orthodoxe, le saint Synode l'élit unanimement et le sacre canoniquement évêque de l'évêché de Vresthène autrefois brillant.
+ Chrysostome de Florine
+ Chrysostome de Zakynthe.»
Cet acte des trois évêques est le résultat de leur conscience et confession ecclésiastiques. A cause de cette action principalement, Chrysostome Papadopoulos, pris de panique, va par la suite procéder d'une manière incompétente et anticanonique, à la «déposition» des trois évêques qui, par le sacre de nouveaux évêques, ont porté un grand coup au néo-calendarisme et, sur de nombreux points, ont annulé leurs projets. Voici ce que confessent eux-mêmes les trois évêques, au sujet des sacres de nouveaux évêques célébrés par eux :
«Dénonçant une fois, par une lettre officielle du 26 mai 1935, l'Église gouvernante comme schismatique, et assumant la direction spirituelle et le pastoral des chrétiens orthodoxes grecs qui suivent le calendrier patristique et orthodoxe et sont reconnus par le gouvernement comme Église privée et indépendante exerçant le culte et célébrant les liturgies selon l'ancien calendrier.
Ainsi constituant en synode de l'Église vivante des orthodoxes grecs suivant le calendrier patristique et orthodoxe, et désirant compléter ses membres supérieurs, nous procédâmes, après des demandes respectives des chrétiens orthodoxes suivant le calendrier patristique conformément aux saints canons, à l'élection et le sacre de quatre évêques, à savoir : du Saint des Cyclades, qui était archimandrite Germain Varykopoulos, du Saint de Megare qui était archimandrite Chrystophore Hatzis aumônier de l'armée, du Saint de Diaulie qui était archimandrite Polycarpe, prêtre de la Sainte-Rencontre aux Tambouria du Pirée, et du Saint de Vresthène qui était archimandrite et higoumène du Saint monastère de Kératéa appartenant à l'Église qui suit le calendrier patristique.
Tous ces élus canoniquement à la dignité épiscopale sont des clercs d'une culture théologique, d'une action de plusieurs années et à envier de leur conduite modeste et moralement irréprochable É
Nous avons procédé aux sacres, pour pouvoir aux besoins religieux des chrétiens qui suivent le calendrier patristique, et conformément au droit que nous puisons des saints et divins canons ( premier canon des apôtres) comme synode canonique de l'Église suivant le calendrier patristique.»
|
FERMÉE LORS DE LA PERSECUTION |
|
La réponse des innovateurs aux sacres des quatre évêques était : dépositions, arrêts, exils, persécutions !
Le mardi 29 mai 1935, vers 10 h du soir, alors qu'ils se trouvaient à l'archevêché V.C.O., 37 rue Aristote, les trois évêques reçurent la première contrainte. Chrysostome Papadopoulos déclencha tout le mécanisme d'une part pour contraindre les évêques, et d'autre part pour les juger « pour séparation, assemblée illicite, déchirement et mépris de l'Église canonique et légale et exhortation du vénérable clergé et du peuple à renoncer à l'Église canonique et légale.»
Depuis le soir du 29 mai jusqu'au vendredi 1e juin, où ils furent jugés, les trois évêques furent placés en sévère isolement, alors que les nouvellement sacrés étaient limités à leurs demeures, subissant ainsi un sévère isolement.
Malgré les mesures austères de la police, le peuple fidèle assista les évêques par tous les moyens. Plus spécialement le jour du procès des trois métropolites, une multitude de V.C.O, prêtres, moines et laïcs se rassemblèrent devant le Métropole d'Athènes où, attendant la décision du tribunal, ils chantèrent un canon de supplication à la Mère de Dieu pour le rétablissement de la paix de l'Église. Il est impossible de décrire tout ce qui eut lieu après l'annonce de la décision. L'intention des fidèles d'exprimer leur protestation au président du gouvernement pour tout ce que l'on tramait contre leurs évêques et généralement contre ceux qui restaient dans les saintes traditions de l'Église transmises par les pères, rencontra le violent affrontement des forces de l'ordre, qui avaient reçu l'ordre de dissiper la foule des fidèles. Les événements qui s 'ensuivirent sont déplorables. Des pompes à incendie, des matraques, des bâtons, des haches furent utilisés, avec comme résultat des dizaines de fidèles blessés.
Cette journée néfaste du vendredi premier juin 1935 restera historique, et une page noire dans l'histoire de l'Église innovatrice de Chrysostome Papadopoulos.
Durant une semaine entière, les évêques subirent un sévère isolement, les fidèles étaient pourchassés, et il ne leurs était permis, pas même de loin, d'exprimer leurs respects aux évêques confesseurs jusqu'au jeudi 7 juin vers 11 h du soir où le chef de la Sûreté générale avertit les trois évêques que le lendemain, vendredi 8 juin, ils seraient conduits au lieu de leur exil. La décision désigna comme lieu d'exil : pour Germain de Dimitra l'île d'Amorgue, pour Chrysostome de Florine le monastère Saint-Denys à l'Olympe, et pour Chrysostome de Zakynthe le monastère de Rhombe en Akarnanie.
Partant pour leur lieu d'exil, les trois évêques éditèrent une encyclique pastorale d'adieu dans laquelle ils disaient, entre autre : «Nous recommandons à tous ceux qui suivent le calendrier orthodoxe de n'avoir aucune communion spirituelle avec l'Église schismatique et les liturgies schismatiques, desquelles est partie la grâce du très saint Esprit ; en effet, ils ont transgressé les décisions des pères du septième Concile oecuménique et de tous les conciles pan-orthodoxes qui condamnent le calendrier grégorien.»
Les évêques consacrés par les trois métropolites furent eux aussi «déposés» et exilés, ou mis en restriction. Ces décisions de Chrysostome Papadopoulos, jugées d'un point de vue orthodoxe canonique, n'ont absolument aucune valeur, car en fait, ils s'agit d'actes schismatiques contre des clercs qui justement dénomment et condamnent ce schisme et la traîtrise, mais pourtant elles furent publiées exprès afin d'effrayer, n'observant pas au moins le déroulement formel.
Les persécutions continuèrent sans interruption jusqu'à la mort de Chrysostome Papadopoulos (1938) et après. Arrêts, défroquement, emprisonnements, fermetures des églises, sacrilèges, caractérisent la période jusqu'en 1951, quand les persécutions vinrent à leur comble.
Dès le début du schisme du nouveau calendrier, les fidèles membres de l'Église avaient conscience qu'il n'est en aucun cas permis d'accepter l'innovation de 1924 et la communion avec la hiérarchie innovatrice et le clergé qui la suit.
Le gardien de l'Orthodoxie, qui est ce peuple fidèle de Dieu, dispose d'un sens et d'un critère très subtils de l'Orthodoxie, par lesquels il discernait, en l'innovation du Néo-calendarisme, «schisme», «hérésie», «occidentalisme» qui chassent de l'Église et séparent du Christ.
La conscience ecclésiastique des fidèles était, et est toujours, que ce sont eux qui restent dans l'Église, d'où sont sortis les néo-calendaristes avec l'innovation. La foi, la confession et la position des V.C.O., dès le début précise et catégorique est que, d'une part les innovateurs, à cause de l'innovation elle-même et du fait que des conciles pan-orthodoxes avaient déjà jugés le calendrier papale, sont partis de l'Église, et d'autre part les vrais chrétiens orthodoxes restent en elle, et les innovateurs aussi ont le devoir d'y revenir par le renoncement à l'innovation.
L'Église des V.C.O. n'est rien de nouveau, ni un organisme, ni une protestation ou une opposition, mais l'Église catholique du Christ ! Voici une confession claire et précise : «Oui, ô innovateurs, oui, nous aussi c'est ainsi que nous croyons en l'Église orthodoxe, et celle-ci est la dite Église une, sainte, catholique et apostolique, appelée aussi «des anciens-calendaristes», car elle restait et reste encore fidèle aux traditions et aux dogmes de l'ancienne Église orthodoxe des pères, sainte, catholique et une du symbole sacré.» (moine Pathéne «Distomos Romphaia» Athènes 1935.)
C'est cette confession que gardèrent les prêtres et laïcs combattants en affrontant et supportant toutes sortes de souffrances afin de ne pas la trahir. C'est cette confession que proclamèrent et prêchèrent les trois métropolites revenus de l'innovation en 1935, et c'est en se basant sur elle qu'ils procédèrent aux sacres de quatre évêques.
Malheureusement très peu furent dignes et capables de garder cette confession pure et stable jusqu'à la fin. Ainsi, aussi bien de la part des trois métropolites que de la part des évêques sacrés par eux, on ne vit pas la conséquence et la persévérance nécessaires; dans la confession inaltérée de la foi, parmi les trois hiérarques, d'abord Chrysostome de Zakynthe renia sa confession et, déclarant son «repentir» , retourna à l'Église schismatique des innovateurs. Ensuite, parmi les nouveaux sacrés, Chrystophore de Megare et avec lui Polycarpe de Diaulie, déclarèrent eux aussi leur «repentir», retournèrent à l'innovation et renièrent leur épiscopat. Finalement, Germain de Dimitria «déserta» de la sainte lutte, préférant à l'Orthodoxie son trône qu'il demandait au ministre de l'Éducation et du Culte d'alors.
Parmi les trois restants, Chrysostome de Florine altéra sa confession pour la théorie soutenue par lui du schisme «en puissance et non en acte» (du néocalendrier); et Germain des Cyclades alla finalement avec lui. Celui qui resta immuable du début jusqu'à la fin dans la confession de foi inaltérée en acte et en parole fut le hiérarque confesseur Matthieu qui s'est montré, par ses luttes infatigables, le premier guide spirituel et véritable pasteur du peuple orthodoxe. En tant que père spirituel, hiéromoine et Hagiorite, mais aussi en tant qu'évêque de Vresthène puis archevêque V.C.O. d'Athènes et de toute la Grèce, il ne céda pas même un instant, discernant prophétiquement le grand danger que court l'Orthodoxie avec l'introduction du nouveau calendrier papale.
Même s'il ne disposait pas des éléments troublants dont nous disposons aujourd'hui et par lesquels sont révélés les plans du papisme-oecuménisme contre l'Orthodoxie, et sont démontrés bavardage les paroles de ceux qui se nomment orthodoxes et qui insistent à tout justifier, sa position envers la cacodoxie fut entièrement justifiée avec le temps. Cela fut ainsi car c'était la grâce du saint Esprit habitant en lui qui guidait ce défenseur et confesseur contemporain de l'Orthodoxie.
A ce défenseur de l'Orthodoxie et lutteur indomptable,exclamons-nous à l'occasion des 60 ans après son ordination épiscopale : «MÉMOIRE ÉTERNELLE» !
Tiré du calendrier 1995 de notre Église.
Présent a découvert dans le bulletin Notre-Dame des Temps nouveaux (61450 La Ferrière-aux-Étangs) un petit texte particulièrement intéressant : il s'agit d'une information publiée dans « Yom Shishi », journal israélien des juifs religieux, par M. Ishai Weiner, sur une édition du Talmud, datant de 1150 et découverte récemment :
« Le Talmud en question, dit " de Vilnius ", du nom de la ville lituanienne bien connue, a été trouvé entier et en bon état dans un édifice qui servit de synagogue durant 2000 ans. La particularité de ce Talmud est de comporter un traité consacré aux procès pénaux menés par le Sanhédrin. A la page 37, côté B, on fait mention de la condamnation de Jésus par le conseil suprême juif, et on explique que ce fut le Sanhédrin qui requit contre lui la peine de mort et la crucifixion. Cette affirmation contredit l'interprétation officielle juive, selon laquelle le procès, la condamnation et le crucifiement de Jésus auraient été l'oeuvre des Romains uniquement.
« Selon l'auteur de l'article, le Talmud de Vilnius se trouve aujourd'hui dans un endroit secret de Bnei Braq, le quartier religieux au nord-est de Tel-Aviv. Actuellement, écrit Weiner, ce Talmud, après être resté caché sur le territoire de l'ex-Union soviétique durant 840 ans, est en passe de devenir " un des secrets les plus soigneusement gardés " en Israël. On craint en effet, parmi les juifs, que si Pilate ne porte plus la responsabilité de la mort de Jésus, les Juifs ne soient à nouveau accusés de déicide ».
|
On nous dit : Il faut être dans le vent. Etre dans le vent ? Les feuilles mortes sont toujours dans le vent. |