Présentation des RAMI

Note de l'éditeur : les extraits qui suivent sont cités avec la permission de leurs auteurs respectifs. Tous nos remerciements vont à la Bibliothèque impériale de Gudhyran, qui nous a permis de compulser ces ouvrages d'une érudition aussi rare que leur qualité.

Les Rivages de l'Antique Mer Impériale : une esquisse
(par Alyrios Hercaniar)

Les religions se querellent sur l'origine du monde et de l'homme ; mais pour l'historien, ces débats théologiques n'ont que peu d'importance. Seuls doivent compter pour lui les faits. Aussi l'étudiant désireux de partir à la découverte de l'histoire de ces terres qui bordent la vaste mer qu'on nommait autrefois Impériale devrait-il éviter d'aller chercher son enseignement dans les temples, mais bien plutôt dans les bibliothèques des cités millénaires du Sud, dont la sagesse a rayonné sur l'entièreté du monde connu grâce à l'épopée du Conquérant.

Le Conquérant ! Rarement une figure historique aura atteint un tel prestige, et il faut bien reconnaître qu'il ne connut point d'égal, ni dans les siècles innombrables qui le précédèrent, ni dans les douze siècles qui suivirent son trépas. Prestigieux souverain, génial tacticien, philosophe éclairé, généreux mécène, artiste confirmé, difficile de dire lesquels de ses traits ont été inventés par la légende et lesquels étaient bien siens. Son génie militaire ne peut souffrir de doute : sans cela, l'épopée que fut sa vie, qui lui fit faire du petit royaume du Vanymar un gigantesque empire s'étendant de la millénaire Thas au sud jusqu'aux confins des glaces éternelles au nord et qui inspira maints poètes et trouvères, n'aurait tout simplement pu être. L'historien sera plus critique quant aux autres qualités qu'on lui prête, sans dénier toutefois le poids écrasant qu'il a encore sur le monde d'aujourd'hui, et ce en dépit de la destruction rapide de son œuvre séculaire.

De fait, un empire aussi démesuré ne pouvait survivre à la mort de son inspirateur, et un siècle à peine suffit au démembrement du glorieux Vanymar, qui n'est plus aujourd'hui que l'ombre de lui-même. De nouveaux royaumes naquirent sur les ruines de ceux qu'avait annexés le Conquérant et ne tardèrent pas à se quereller pour les restes de ses possessions.

Au nord-ouest, le petit mais courageux royaume du Hadaron lutte incessamment contre les hordes barbares, maintenues à grand-peine derrière les fortifications connues sous le nom de Mur des Hadars ; plus au sud, les Avenarrans tâchent de résister aux pressions incessantes de l'ancien empire du Yanavis, né quelques années à peine après la mort du Conquérant et qui domina un temps tout le rivage nord de l'Antique Mer Impériale avant de refluer comme la mer après la tempête. Au nord et à l'est de ce décadent empire s'étendent les Nouveaux Royaumes, Kavior et Hyasar, dont les peuples étaient encore tenus pour des barbares incultes il y a quelques générations à peine.

La rive est de la Mer est le domaine des petites cités marchandes, dont la prodigieuse richesse n'a d'égale que l'exiguité de leurs territoires, à l'ombre du Mortbois de sinistre mémoire. Sygmar, Hakran, Lavanth : les princes marchands de ces villes comptent parmi les plus riches particuliers au monde. Plus au sud s'étend la baie des Épaves, disputée entre les royaumes d'Armuval, d'Icasonna et de Lestaria et théâtre de fréquentes batailles navales entre les flottes de ces trois états, d'où son nom. Enfin, à l'ouest de la baie se trouve le Vanymar, ombre de ce qu'il fut, petit royaume aux ambitions aussi étriquées que les autres.

Tous ces royaumes peuvent paraître bien disparates, et ils le sont bel et bien. Pourtant un trait d'union existe entre eux tous : c'est la Mer, moyen de communication sans pareil qui les relie tous, et son nom seul leur rappelle la grandeur passé du Conquérant et leur propre mesquinerie.

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