Vol au niveau 100

Dimanche soir, coup de fil du planning : "Pierre-Yves, tu pourrais nous faire un convoyage technique demain ?..."

Lever 5h, mise en place sur Düsseldorf en passager, et prise en charge d'un A318 qui, la veille, a été percuté par une passerelle. Un barre de métal dépassait de l'engin, résultat :

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un bon trou dans la 'peau' de l'avion, et une réparation provisoire effectuée par les mécaniciens de Lufthansa, en coordination avec la maintenance Air France de CDG et Airbus.

Nous nous assurons que l'avion a un 'certificat de vol' valable pour une seule étape, en convoyage technique (sans passagers à bord) et en vol 'dépressurisé' - contrairement à un commercial habituel, la pression à l'intérieur de l'avion sera la même qu'à l'extérieur pour éviter les efforts sur la structure. Un tel vol est très inhabituel et demande pas mal de préparation, car on consomme plus à 10.000 pieds qu'à 35.000, les routes et les procédures sont différentes...

Il n'y a pas de PNC (personnel navigant commercial) pour armer les toboggans (et vérifier la porte opposée, bien sûr...), nous le faisons donc nous-mêmes après la mise en route des moteurs, tous les verrous des offices sont fermés, les chauffe-eau éteints, nous pouvons décoller.

Un vol d'une heure, 3 fois plus bas que d'habitude, ça permet de voir les choses différemment :

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et aussi d'entendre un bruit infernal, compensé habituellement par la pressurisation et l'altitude...

Au bout d'une heure, nous nous posons et confions l'avion aux services de la maintenance à CDG, qui vont intervenir pour réparer l'avion de manière pérenne - les 'chaudronniers' aéronautiques vont cicatriser ce pauvre F-GUGG et dans quelques jours il n'y paraîtra plus !
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