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Le
dictionnaire dit qu'avant de prendre (en 1792) son sens de "publication
périodique" le terme de revue avait d'une part un sens
juridique ("révision d'un héritage"), d'autre
part un sens militaire ("inspection passée par le commissaire
aux monstres et revues pour vérifier les effectifs").
Vint ensuite (1840) un emploi culturel ("pièces comique
ou satirique qui passe en revue l'actualité" - d'où le
sens actuel de spectacle de variétés).
QUESTIONS : quels héritages révise une revue ? quels effectifs
martiaux inspecte-t-elle ? de quel spectacle (satirique) est-elle
la scène improvisée et d'une certaine manière toujours déjà périmée
? quelle est cette actualité à la fois méticuleuse recensée et invinciblement
évincée dont elle est à chaque fois le résumé mouvant, approximatif,
décalé ? que fait-elle passer, c'est-à-dire circuler et mourir,
dans la vie habituée, danns la vie toujours déjà agonique du monde
artistique et "culturel" ?
extrait
de "Une revue de la vie moderne", Christian Prigent,
préface FUSEES n°4
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