C ollections

Animateur de l'association Carte Blanche, Mathias Pérez a eu deux bonnes idées : la première est de ne pas avoir laissé les peintres seuls, la deuxième est de les avoir laissés seuls.

Il n'a pas laissé les peintres seuls puisque l'édition de 7 ouvrages déjà a vu, sur le moement, la rencontre d'un texte et d'une manifestation plastique. Sur la série des livraisons du Cabinet à dessein, il a laissé le peintre seul disposer d'un espace que la publication commerciale ne lui offre pas. L'espace, le cahier, l'assoiation, la solitude, une entreprise artisanale qui ne faut pas.

Claude Minière (Août 1982)
 



en quelques mots ...

..."Je m'en tiendrai donc à la très singulière entreprise des éditions Carte Blanche, dans la mesure où elle me paraîît représenter de façon exemplaire un dispositif d'échanges nouveaux et extrêmement vivants entre art et littérature, et où elle tend à manifester, en acte, ce qu'il pourrait en être aujourd'hui de l'intelligence et de la dimension d'une activité qui aurait pour finalité la révélation d'une poétique. Faut-il s'en étonner? : l'éditeur de Carte Blanche, Mathias Pérez, est peintre. Il faut s'en étonner parce qu'il n'en va pas différemment pour les poètes et pour les peintres qui, dans leur grande majorité, sont incontestablement plus préoccupés de leurs relations publiques que des rapports qu'ils peuvent entretenir avec les sources, les ressourcements et les conséquences effectives de leur art. Les éditions Carte Blanche publient des poètes avec qui je suis heureux de me retrouver, mais aussi des prosateurs, des recueils de poèmes, de prose et essais sur l'art et la littérature, auquels sont associés un certain nombre d'artistes et non des moindres : faut-il citer Pierre Buraglio, Pierre Alechinsky, Gérard Fromanger, Michel Gérard, Ladislas Kijno, Robert Motherwell, Claude Viallat, Olivier Debré, Daniel Dezeuze? A y regarder de plus près, ne trouve-t-on pas là un tissu complexe d'agencements entre les formes du langage plastique qui est comparable à celui d'initiatives plus ou moins anciennes dont le prestige est désormais un fait historique? Comparable à cela près que les liens entre les formes artistiques et littéraires changent avec le monde, comme changent les idées que nous nous faisons et les échos que nous en recevons. Et Mathias Pérez réalise, à mon avis, l'envoi et le retour d'un effet du langage poétique dont les conséquences retentissent très profondément dans un public qui ... bien entendu n'est pas celui de la Télévision, mais qui lit, qui pense, qui s'active et qui lui aussi change ... Il y a beaucoup à lire et beaucoup à prendre et à comprendre de semblables initiatives.

Marcelin Pleynet

 

Carte-Blanche 

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Les affiches poèmes

50 / Calacéité

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