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<title>chroniques de libr&#x26;critique</title><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/index.html</link><description>les articles </description><dc:language>fr</dc:language><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><dc:rights>Copyright 2005-2006 Libr&#x26;critiK</dc:rights><dc:date>2006-10-04T05:03:47+02:00</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.realmacsoftware.com/" />
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<lastBuildDate>Wed, 04 Oct 2006 05:43:39 +0200</lastBuildDate><item><title></title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><dc:subject>sommaire Libr&#x26;critiK</dc:subject><dc:date>2006-10-04T05:03:47+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/1.html#unique-entry-id-28</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/1.html#unique-entry-id-28</guid><content:encoded><![CDATA[<img src="<img class="imageStyle" alt="petitmatin1080" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry28_1.jpg"/>" width="179" height="328" onload="MM_goToURL('parent','http://www.libr-critique.com');return document.MM_returnValue">]]></content:encoded></item><item><title>Et on se demande pourquoi on quitte un pays&#x2c; Fabrice Bothereau (Lettre)</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-09-23T17:21:05+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/1.html#unique-entry-id-27</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/1.html#unique-entry-id-27</guid><content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a name="bothereau">[Nous publions ici </a>une ici une lettre que nous a envoy&#233;e Fabrice Bothereau, car au-del&#224; de ce qu'il &#233;nonce vis-&#224;-vis de Pan Europa, ce qui est dit nous semble traduire un certain rapport &#224; la po&#233;sie qui appara&#238;t probl&#233;matique quant &#224; sa r&#233;ception]</p><span style="font-size:14px; "><em><br /></em></span><span style="font-size:14px; "><em><br />Et on se demande pourquoi on quitte un pays</em></span><br /><br />Je m&#8217;appelle Fabrice Bothereau, j&#8217;ai 39 ans, je suis po&#232;te. J&#8217;&#233;cris de la po&#233;sie contemporaine. L&#8217;an dernier a paru mon troisi&#232;me livre, <strong><em>Pan Europa</em></strong>. Personne n&#8217;en a parl&#233;, &#224; part Philippe Boisnard, sur son site. <br />Je m&#8217;appelle Fabrice Bothereau, je suis po&#232;te, mais je ne suis pas po&#232;te. J&#8217;&#233;cris de la po&#233;sie. De temps en temps. J&#8217;ai publi&#233; mon troisi&#232;me livre, que j&#8217;ai mis six ans &#224; &#233;crire. Mais qui cela int&#233;resse&#160;? <br />Je m&#8217;appelle Fabrice Bothereau, je suis po&#232;te, pas VRP&#160;; vendeur r&#233;gulier de po&#233;sie. Pour &#234;tre po&#232;te, ici, en France, il faut &#234;tre VRP. Je ne suis pas VRP. <br />Pour &#234;tre po&#232;te, il faut savoir se vendre. Je ne sais pas me vendre. <br />Pour &#234;tre po&#232;te, il faut tout le temps t&#233;l&#233;phoner, rencontrer des gens, faire des lectures. Je ne fais pas tout &#231;a.<br />Mais alors je me retrouve tout seul. Bien fait pour moi. <br />Mais j&#8217;aimerais comprendre pourquoi personne n&#8217;a parl&#233; de mon livre. <br />Peut-&#234;tre parce que tout le monde s&#8217;en fout.<br />Peut-&#234;tre parce que c&#8217;est un livre de Bothereau, et Bothereau, c&#8217;est un con, un sale caract&#232;re, pas un VRP, un v&#233;ritable repr&#233;sentant de la po&#233;sie&#160;?<br />Mais je demande qu&#8217;on lise mon livre, et qu&#8217;on oublie le nom. <br />Je n&#8217;ai jamais &#233;crit pour mon nom. <br />A contrario de beaucoup, qui n&#8217;&#233;crivent que depuis leur nom, et pour leur nom. <br />Je demande qu&#8217;on lise mon livre, que personne ne lira.<br />Baudelaire disait que la France n&#8217;avait de grands hommes que malgr&#233; elle.<br />Je ne suis pas un grand homme. Je ne suis pas un grand po&#232;te. Mais je suis un po&#232;te. Pourquoi personne n&#8217;a parl&#233; de mon livre &#224; part une personne &#224; qui je l&#8217;avais envoy&#233;&#160;? <br />Pourquoi certain site &#233;minemment VRP n&#8217;a m&#234;me jamais mentionn&#233; la parution de mon livre&#160;? <br />Parce que j&#8217;ai une sale r&#233;putation&#160;? Moi qui suis si peu mondain, mais qui a eu le mauvais go&#251;t de me chicorer un peu avec quelques personnes influentes dans le milieu de Lilipute&#160;? <br />Je suis un po&#232;te contemporain, et personne ne me lit. <br />Je ne me prends pas pour un po&#232;te maudit, mais je ne comprends pas que personne n&#8217;ait parl&#233; de mon livre.<br />Et personne n&#8217;en parlera plus.<br />Le milieu po&#233;tique est devenu un m&#233;dia comme un autre, une nouvelle chasse l&#8217;autre. Sauf que moi, je n&#8217;ai m&#234;me pas eu droit &#224; quelques lignes.<br />Qu&#8217;on n&#8217;aille pas dire que je veux qu&#8217;on parle de moi. Ce n&#8217;est pas &#224; moi qu&#8217;il faut faire ce reproche. Si on me le fait, que faudra-t-il dire de ceux dont on parle tout le temps&#160;? Qui sont tout le temps ici, et l&#224;, qui veulent toujours entendre parler d&#8217;eux&#160;? <br />Non, je pose la question de la mani&#232;re la plus litt&#233;raire qui soit.<br />Siegfried Pl&#252;mper-H&#252;ttenbrink m&#8217;avait dit une fois, dans une lettre, que mon &#233;criture tendait &#224; l&#8217;impersonnel, &#224; se d&#233;barrasser du je, de l&#8217;auteur.<br />C&#8217;est bien cela. <br />C&#8217;est pourquoi cette lettre n&#8217;&#233;mane pas de Fabrice Bothereau tel que certains le connaissent&#160;; mais de quelqu&#8217;un qui a produit un livre. <br />J&#8217;esp&#232;re que tu publieras cette lettre, Philippe&#160;; parce que j&#8217;ai le droit de demander ce que je demande. On pourrait pr&#233;f&#233;rer m&#8217;oublier, ou qu&#8217;on cr&#232;ve en silence. Mais avant de crever en silence j&#8217;aimerais comprendre pourquoi personne n&#8217;a pris la peine de publier quoi que ce soit sur mon livre.<br />Mon livre est un livre important, certains amis po&#232;tes me l&#8217;ont dit. <br />Alors, si mon livre est important, pourquoi personne n&#8217;a signal&#233; sa parution&#160;?<br />Je trouve &#231;a injuste. Je fais mon Calim&#233;ro. <br />Mais pourquoi r&#233;crimin&#233;-je&#160;? Ne pourrais-je pas juste la fermer&#160;? <br />Ce serait plus simple. Mais &#231;a ne l&#8217;est pas. <br />Si tu me lis, Sylvain, dis-moi quelque chose.<br /><br />				F..B<br /><br />Fabrice Bothereau a publi&#233; aussi un tr&#232;s int&#233;ressant Rebond dans Lib&#233;ration en ao&#251;t 2006 [<a href="http://www.liberation.com/opinions/rebonds/201470.FR.php" rel="external">lire +</a>]]]></content:encoded></item><item><title>D&#xe9;couverte des fictions de Bernard Desportes par Philippe Boisnard</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-09-21T13:11:15+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/1.html#unique-entry-id-26</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/1.html#unique-entry-id-26</guid><content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a name="desporteschron">Bernard Desportes</a> n'est pas un nom qui semble tr&#232;s connu dans les milieux contemporains fran&#231;ais. Nulle mention dans la plupart des essais sur la litt&#233;rature contemporaine fran&#231;aise,  nom qui revient peu sous la plume. Cela tient certainement &#224; cet effacement de soi qui le caract&#233;rise, aucunement mondain, comme certains milieux aiment les auteurs, aucunement revendicatif comme certaines strat&#233;gies de visibilit&#233; le sont afin de marquer de leur sceau un champ d'&#233;criture. Ainsi, m&#234;me si pour lui il est ind&#233;niable que la langue po&#233;tique s'ouvre pleinement en tant que politique de la langue, cette politique n'est pas du m&#234;me ordre que celle qui appara&#238;t fr&#233;quemment, tournant le dos pour une part aux th&#232;ses r&#233;volutionnaires des avant-gardes, mais refusant aussi la nostalgie pass&#233;iste du retour, du refus. Sa position face &#224; l'&#233;criture est en ce sens l'une des pus complexes, et il a su tout au long de <strong><em>Ralentir travaux</em></strong> en d&#233;fendre les principes, circulant entre Du Bouchet et Bataille, rencontrant aussi bien Guyotat que Blanchot ou Kolt&#232;s. Sans territoire, car b&#226;tissant son propre chemin d'&#233;criture. <br />Bernard Desportes n'est pas un nom-le&#239;tmotiv, car justement, loin de l'esprit de groupe, ce qu'il a exp&#233;riment&#233; par ailleurs politiquement dans l'action politique r&#233;elle, son travail litt&#233;raire est celui plut&#244;t d'un &#233;lan existentiel intensif en retrait : retrait des communaut&#233;s, retrait de la modernit&#233; positive d&#233;finie par la rationalit&#233; et le capitalisme, retrait des facilit&#233;s relationnelles inaugur&#233;es dans les faux semblant. Ainsi, comme il le pr&#233;cise dans l'entretien avec Fabrice Thumerel, m&#234;me <strong><em>Ralentir Travaux</em></strong> fut l'exp&#233;rience d'une entreprise personnelle, ambivalente car en relation &#224; ..., sans d&#233;finir cependant d'appartenance avec.</p><br /><div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="Copie de desportes_vie073" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry26_1.jpg"/></div><p align="justify">Et pourtant son &#233;criture me semble &#234;tre, au niveau des fictions contemporaines fran&#231;aises l'une des plus exigeantes, l'une de celles qui t&#233;moignent d'un trajet du d&#233;sir dans l'&#233;criture assez rare. Loin de la pose avant-gardiste, qui se donne &#224; voir en tant qu'<em>avant-gardiste</em>, comme Pierre Jourde a pu brocarder certains jeunes &#233;crivains dits &#224; la mode, son &#233;criture se pr&#233;sente d&#232;s <strong><em>La vie &#224; l'envi</em></strong> (1985) comme une sismographie du d&#233;sir de vie. Sismo-graphie certes encore retenue dans ce premier texte paru chez Maurice Nadeau, o&#249; l'oscillation entre po&#233;tique et prose fictionnelle d&#233;finit le trajet, o&#249; le d&#233;sespoir se laisse peut-&#234;tre encore d&#233;border par l'insolente force d'une pl&#233;nitude possible dans le d&#233;sert, cette solitude de la modernit&#233; : "entre l'aurore et le couchant vers la nuit &#233;tale / l'enfant au soleil sur la route marche vers quel incertain".</p><br />La sismographie de son &#233;criture est celle qui trace les vibrations des topo&#239; pulsionnels de<div class="image-right"><img class="imageStyle" alt="desportes_vie" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry26_2.jpg"/></div> <p align="justify">notre &#234;tre. Par exemple chez Prigent, nous retrouvons une telle intensit&#233; seulement dans <strong><em>Le professeur</em></strong>, o&#249; l'&#233;conomie de la langue se donne comme rar&#233;faction du vocabulaire, par rapport aux autres fictions hant&#233;es par la prosodie inventive des avant-gardes TXT, mais non pas afin de t&#233;moigner d'une diminution d'intensit&#233;, mais au service d'une hyperintensification de l'&#233;criture d&#233;sirante. C'est ainsi que le minimalisme variationnel de passages entiers du <strong><em>Professeur</em></strong> est comme la vibration d'une aiguille de sismographe. Desportes d&#232;s <strong><em>Vers les d&#233;serts </em></strong>(Maurice Nadeau, 1999), rompt avec le penchant po&#233;tique formalis&#233;, rompt avec une certaine tendance simultan&#233;iste qui habitait <strong><em>La vie &#224; l'envie</em></strong>. Si le d&#233;sespoir d'une modernit&#233; n&#233;gative impr&#232;gne d&#233;finitivement son travail, toutefois la vie traverse toute tentation nihiliste dans le cri sauvage de corps qui deviennent tout &#224; la fois hyper-sexu&#233;s et paysages d'&#233;criture (on ne peut pas ne pas penser aux <strong><em>Gar&#231;ons sauvages</em></strong> de Burroughs). Et ceci &#224; partir d'un motif qui va hanter plusieurs de ses oeuvres : la m&#232;re, m&#234;me si ce premier tome de son triptyque porte davantage sur la figure du fr&#232;re. Une m&#232;re qui hante, mais avec cette intensit&#233; bataillienne, beaucoup plus que prigentienne, une intensit&#233; de l'enchev&#234;trement des corps, du sperme, des cris rauques et des &#233;treintes moites de nuits qui n'en finissent plus. Alors que chez Prigent, que cela soit dans <strong><em>Dum pendet filius</em></strong> ou dans <strong><em>Une phrase pour ma m&#232;re</em></strong>, la langue par sa saturation en vient &#224; d&#233;sintensifier la folie du d&#233;sir, conduisant le texte &#224; rencontrer sa seule donation [et c'est bien l&#224; le trait prigentien, l'aporie de l'impossible touch&#233;], chez Desportes, la langue beaucoup plus tenue et pourtant cinglante, ouvre aux stupres de d&#233;sirs incestueux qui contaminent toute r&#233;gion de son monde, qui engloutit l'ensemble du monde qu'il d&#233;crit sous la seule charte du d&#233;sir. Parce que l'oubli chez lui est d&#233;terminant, engloutit tout, les possibles de la m&#232;re se d&#233;plient, se r&#233;pandent et ceci par ses odeurs, ses "lourds seins ti&#232;des" ses cuisses, sa croupe, ses caresses sur le sexe de lui l'enfant.</p><br /><div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="desportes_mere" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry26_3.jpg"/></div><p align="justify">Mais il est &#233;vident que c'est avec <strong><em>Br&#232;ves histoires de ma m&#232;re</em></strong>, (Fayard 2003) que la figure de la m&#232;re, va insister le plus dans sa langue et que l'intensit&#233; va prendre le plus d'ampleur, au point d'&#234;tre proche d'une &#233;criture de la folie : plus aucune logique temporelle ou lin&#233;arit&#233; narrative [la rationalit&#233; est totalement perdue dans les spasmes du seul corps-m&#233;moire, qui &#233;jacule des bribes chronologiques &#233;parses], plus aucune g&#233;ographie stable [l'action &#233;tant prise dans le tourbillon de trajets incessants aux stations quasi-impronon&#231;ables : "cit&#233;s-dortoirs de Schrut, Kruft, Ghrut, Plrut (...) direction Dlav, arr&#234;ts &#224; Slof, Splitch, Splatch, l&#224; changement de train, direction Gdarz, Glav, Blav, Glog et Dlav enfin"], plus aucune retenue dans les &#233;treintes des corps : l'homosexualit&#233; &#233;clate, inceste qui &#233;tourdit l'ensemble dans le sol&#233;cisme bataillien du d&#233;sir et de la fureur m&#234;l&#233;es, m&#232;re d&#233;vor&#233;e comme une charogne par les chiens errants et m&#232;re qui branle et abandonne son enfant "lorsque dans un r&#226;le saccad&#233; j'inondais sa main, mon ventre, ses cuisses", passant alors "sa main souill&#233;e sur ses l&#232;vres".</p><br /><div class="image-right"><img class="imageStyle" alt="desportes_dansant" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry26_4.jpg"/></div><p align="justify">Le dernier livre sorti, qui vient clore le triptyque, <strong><em>Vers les d&#233;serts</em></strong>, <strong><em>Br&#232;ves histoires de ma m&#232;re</em></strong>, porte davantage la signature tout &#224; la fois du p&#232;re et de Bernard-Marie Kolt&#232;s, auquel il avait consacr&#233; un essai  <strong><em>Kolt&#232;s &#8212;&#160;la nuit, le n&#232;gre et le n&#233;ant</em></strong> (La Bartavelle) au milieu des ann&#233;es 90. <strong><em>Dansant disparaissant,</em></strong> certes t&#233;moigne d'une m&#234;me violence de langage, d'un m&#234;me cynisme sur l'&#233;poque, toutefois, il est habit&#233; par une lourdeur plus sombre. Un corps plus lourd &#224; porter, hant&#233; par son trajet et ainsi inquiet de ses d&#233;sirs et de son dire : "&#233;crire ne pas &#233;crire, j'essaie de me frayer un passage entre ces deux impossibles dans la vaine tentative de me livrer par les mots &#224; la folie d'un d&#233;sir, &#224; la violence destructrice de l'illusion d'une pens&#233;e". <strong><em>Dansant disparaissant</em></strong> ferme le trajet d&#233;but&#233; avec <strong><em>Vers les d&#233;serts</em></strong>, comme si le d&#233;sir revenait &#224; lui-m&#234;me, comme si une mort s'&#233;tait produite : d&#233;sir s'invaginant, paysage implosant, visages devenant tous les m&#234;mes dans une m&#233;moire ne pouvant plus se d&#233;plier, affrontant le n&#233;ant de sa pr&#233;sence d'&#234;tre.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Grandes esp&#xe9;rances&#x2c; Kathy Acker&#x2c; par Philippe Boisnard</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-09-19T12:23:06+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/1.html#unique-entry-id-25</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/1.html#unique-entry-id-25</guid><content:encoded><![CDATA[<a name="ackerchron"><span style="font-size:14px; font-weight:bold; ">Fragments &#233;motionnels d'une ego-narration</span><strong><em></a></em></strong><br /><br /><p align="justify">Dans <strong><em>La vie enfantine de la tarentule  </em></strong>Kathy Acker a travaill&#233; dans l'entrecroisement de biographies de meutri&#232;res. "Intention : je deviens une meutri&#232;re en r&#233;p&#233;tant la vie d'autres meurtri&#232;res". Ici les croisements, les reprises ne semblent &#234;tre celles &#8212; seulement &#8212; des biographies, mais bien plus celles d'&#233;critures (par exemple &#233;minemment Guyotat d&#232;s le d&#233;but avec un rapport narratif &#224; <strong><em>Eden eden eden</em></strong>) mais aussi des genres.<br />Ceci conduit le livre &#224; s'ouvrir en strates : narrations autobiographiques, dialogues th&#233;&#226;traux accompagn&#233;s de didascalies, correspondances &#233;pistolaires, po&#233;sie objective, analyse philosophique voire ph&#233;nom&#233;nologique, lin&#233;aments psychologiques, chronologie historique, sociologie de l'art. Ainsi m&#234;me si la citation de Robbe-Grillet est fausse (cf. l'analyse attentive de<a href="http://rougelarsenrose.blogspot.com/2006/08/grandes-esprances.html" rel="external"> Laure Limongi</a> &#224; ce propos), on aper&#231;oit dans cette oeuvre le feuilletage des strates comme autant de feuilletages de mondes v&#233;cus par le prisme &#224; chaque fois singulier d'&#234;tre. Et en ce sens,  Burroughs a eu raison de dire que c'est "une Colette postmoderne", car si de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Colette" rel="external">Colette</a>, il pense certainement &#224; l'exp&#233;rience d'une &#233;criture qui t&#233;moigne de la lib&#233;ration de la chair face &#224; l'esprit, lib&#233;ration de la femme qui t&#233;moigne de sa sexualit&#233; et d'une "conscience autor&#233;flexive qui est narrative"; la post-modernit&#233; dont il est ici question est celle du tissage des genres, de cette stratification-complexification progressive qui d&#233;termine ces ego-narrations. Le livre se donne comme une forme de mixage, de reprises o&#249; sont dig&#233;r&#233;es les r&#233;f&#233;rences qui animent Kathy Acker : "il faut dig&#233;rer puis chier ; et il s'agit que la merde soit bonne ! c'est &#231;a l'important". <br /><br /><strong><em>Grandes esp&#233;rances</em></strong> est cette tonalit&#233; qui marque le pas de la rupture vis-&#224;-vis du monde, vis-&#224;-vis de la m&#232;re qui est monde. <strong><em>Grandes esp&#233;rances</em></strong> est le r&#233;cit de chroniques de vies, qui s'entrecroisent, se lient, passent les unes &#224; c&#244;t&#233; des autres sans s'apercevoir, t&#233;moignant de la variabilit&#233; ind&#233;finie de la vie qui s'endure dans le monde &#224; partir de leurs d&#233;sirs, de leurs d&#233;chirures : "un r&#233;cit est un mouvement &#233;motionnel".<br /><br />L'identit&#233; ne peut se fixer, aussi bien la sienne, celle de la narratrice dans l'autofiction, que celles de ceux qui en sont les protagonistes : "J'ai dress&#233; une liste des caract&#233;ristiques humaines : chaque fois que j'avais une caract&#233;ristique j'avais son contraire". C'est ce qui apparaissait d&#233;j&#224; dans <strong><em>La vie enfantine de la Tarentule</em></strong> comme le remarque avec pertinence <a href="http://www.fluctuat.net/2874-la-vie-enfantine-de-la-Tarentule-Noire" rel="external">Daniel Almeda</a> &#224; propos de ce livre. Narratrices, narrateurs, se pr&#233;sentent comme autant de facettes d'une humanit&#233; qui se cherchent, aussi bien dans des rapports de filiation antagoniste que dans l'exploration de la sexualit&#233;.<br /><br />A partir de l&#224;, Kathy Acker d&#233;crit un monde de violence, o&#249; l'individu semble perdu, &#233;prouvant l'&#233;crasement de son &#234;tre, o&#249; le moyen d'exister ne passe pas par la <em>communication</em>, ou la connaissance objective, mais par le corps, la violence, le sexe &#8212;&#160;et en ce sens on retrouve sa d&#233;fense du milieu Queer &#8212;&#160;car tel qu'elle l'&#233;crit, lorsqu'elle incarne Peter : "j'ai encore des d&#233;sirs sexuels ardents. J'ai toujours une pine. Seulement je ne crois pas que j'aie la moindre possibilit&#233; de communiquer avec quelqu'un dans ce monde". Monde o&#249; les &#234;tres exp&#233;rimentent leur d&#233;liaison, monde sous le sceau d'une guerre, menant &#224; ce que "le langage comme tout autre chose n'aura aucune relation avec quoi que ce soit". Si la communication ne passe plus, si la connaissance objective n'a plus de force, amenant que les ic&#244;nes paraissent bien fl&#233;trie, "image de l'histoire" en loque, cependant par le corps et ses &#233;motions, est possible une autre forme de relation, en-de&#231;&#224; des noms : "si tout est vivant, il n'y a pas de nom mais un mouvement. Et sans cette vie il n'y a rien; cette vie est la seule question qui vaille".<br /><br />Ce livre de Kathy Acker appara&#238;t donc comme une oeuvre incontournable pour d&#233;couvrir son travail et celui d'une exigence de la narration, qui semble bien oubli&#233;e en ce temps de rentr&#233;e litt&#233;raire fran&#231;aise. Je ne peux que recommander  sa lecture pour qui veut comprendre que tout &#224; la fois il est possible de se tenir dans une r&#233;elle exigence litt&#233;raire, et &#234;tre &#224; la fois ouvert &#224; un lectorat plus large que celui auquel s'adresse les po&#233;sies exp&#233;rimentales. En ce sens, il est &#224; regretter que les grands &#233;diteurs fran&#231;ais ne prennent plus le risque de s'ouvrir &#224; des textualit&#233;s narratives plus complexes que celles qui nous d&#233;vers&#233;es chaque ann&#233;e, comme l'explique parfaitement le dernier num&#233;ro de <a href="http://www.chronicart.com/print/print28.htm" rel="external">Chronicart</a> (n&#176;28) parlant de la rentr&#233;e litt&#233;raire.  </p><br />]]></content:encoded></item><item><title>Un trou dans le monde de Lucien Suel&#x2c; par P. Boisnard</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-09-16T21:27:10+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/1.html#unique-entry-id-24</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/1.html#unique-entry-id-24</guid><content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a name="suelchron">Lucien Suel, comme Ch'vavar</a>, fait parti de ces po&#232;tes de la terre, de celle du nord et de la Picardie, de cette tradition de la pens&#233;e/corps qui s'imbrique au monde, au sol, aux &#233;l&#233;ments, &#224; leur lourdeur : "mon &#226;me chavire nue dans le courant permanent de la viande", et cette viande est celle qui gravite en aplat de campagne, se dresse &#224; hauteur de terrils, traverse jardins ouvriers, car Suel, tout &#224; la fois  &#233;crivain et jardinier le dit dans les <strong><em><a href="http://www.maraisdulivre.com/visions.htm" rel="external">Visions d'un jardin ordinaire</a></em></strong> (&#233;ditions du marais, 2000) r&#233;alis&#233; en collaboration avec sa femme Josiane, photographe : "quotidiennement, longuement, souvent, le jardinier a piss&#233; sur le compost". <div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="suel_jardin" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry24_1.jpg"/></div>Ce trou dans le monde, cette pr&#233;sence trouante de soi dans le monde, est celle d'un t&#233;moignage d'&#234;tre, de cette simplicit&#233; d'une existence qui loin de produire comme "les robots transformateurs en plastique, goldoraks de pacotille" devine &#224; travers les &#233;l&#233;ments et le corps qui s'y m&#234;le que "la vraie condition de notre existence est que l'univers soit en expansion". Expansion qui se fait &#224; partir d'un n&#233;ant originaire, expansion qui se fait au travers de ces trou&#233;es de vie qui d&#233;chirent les vides : "au commencement &#233;tait le trou dans le trou. Le vagin du n&#233;ant".<br />Ce livre de Suel, reprend  le m&#234;me principe d'&#233;criture que celui  de <strong><em><a href="http://www.maraisdulivre.com/canal_memoire.htm" rel="external">Canal m&#233;moire</a></em></strong> (&#233;dition Marais du Livre, 2004) : m&#233;lange, &#233;change, tissage entre une prose riche en mots et rythm&#233;es et une po&#233;sie arithmogrammatique. D'ailleurs, les textes qui les constituent  se croisent sur une m&#234;me p&#233;riode de la fin des ann&#233;es 80 jusqu'&#224;  2004, et r&#233;pondent d'une m&#234;me n&#233;cessit&#233; que celle marqu&#233;e en 4&#232;me de couverture de <strong><em>Canal M&#233;moire</em></strong> : "les textes propos&#233;s ici vont du r&#233;cit personnel au pamphlet visant diff&#233;rents aspects de notre modernit&#233;". Et d&#233;j&#224; dans ce livre de 2004, la pens&#233;e du trou habitait l'&#233;criture : "toute la douleur &#224; venir s'entasse au fond des trous noirs".<div class="image-right"><img class="imageStyle" alt="suel_canal" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry24_2.jpg"/></div><br />Ainsi, <strong><em>Un trou dans le monde</em></strong>, explore la modernit&#233;, mais loin de tomber dans le nihilisme, qui est cependant mis en perspective, ce trou ouvre justement au-del&#224;, dans le rapport entre ciel et terre qui s'effectue par le corps. L'une des particularit&#233;s justement des po&#232;tes du nord, des po&#232;tes qui ont pu &#234;tre d&#233;fendus par Ivar Ch'vavar dans la revue<strong><em> Le jardin ouvrier</em></strong>, tient &#224; une forme de transcendance qui s'effectue non pas &#224; partir de l'envol&#233;e lyrique, l&#233;g&#232;re, qui recherche l'&#233;l&#233;vation et les grands sentiments, mais une transcendance dans l'intime mati&#232;re souffrante et qui jubile de sa finitude d'&#234;tre : "dans la p&#233;nombre, embusqu&#233; derri&#232;re un sac de glandes pr&#233;lev&#233;es dans la viande mammif&#232;re, le rescap&#233; de mes suaves tentations veille pieusement les reliques dont je suis l'humoral tabernacle, Saint d'o&#249; sort le gras suint. L'angle de mes cuisses happe les phalanges des ordres sacr&#233;s. La vert&#232;bre arrondit le dos. Le ventre ouvre la voie. Le boyau noir parle". Le sacr&#233; n'est pas ni&#233;, il est pos&#233; &#224; m&#234;me l'existence et ses turpitudes : aussi bien folie, douleur, simplicit&#233; d'&#234;tre mortel sur cette terre.</p><br /><p style="text-align:center;">"Chair se fait verbe<br />en moi, entre nourriture et pourriture."</p>]]></content:encoded></item><item><title>News de la blogosph&#xe8;re#1 : Confusion is text</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-09-14T14:04:28+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/1.html#unique-entry-id-23</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/1.html#unique-entry-id-23</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="post-digital-music-for" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry23_1.jpg"/></div><p align="justify"><a name="confusion">Jean-Michel</a> Espitallier, dans <strong><em><a href="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-7" rel="external">Caisse &#224; outils</a></em></strong>, loin de s'appesantir sur la seule po&#233;sie textuelle, r&#233;duite souvent au seul livre, met en &#233;vidence, de quelle mani&#232;re, si la po&#233;sie a longtemps &#233;t&#233; r&#233;fractaire au rock &#8212; mais aussi &#224; d'autres exp&#233;riences telle l'utilisation de dispositifs &#233;lectroniques &#8212; elle a rencontr&#233; peu &#224; peu le rock, et nous pouvons le souligner plus largement les exp&#233;rimentations musicales &#233;lectroniques (Jacques Donguy) ou  li&#233;es aux samples (Olivier Quintyn). Non pas au sens de l'illustration, comme cela peut &#234;tre vu dans de nombreux endroits, non pas seulement au sens d'un texte mis en musique en tant que cela traduirait une primaut&#233; de la po&#233;sie, mais en tant  qu'&#233;criture hybride, n&#233;cessit&#233; cr&#233;atrice de l'hybridation entre densit&#233; linguistique et vibration instrumentale. C'est ainsi que Jean-Michel Espitallier explicite quelques exp&#233;rimentations, de Heidsieck aux "<em>performances allum&#233;es de Jo&#235;l Hubaut ou de Julien Blaine</em>", de Lucien Suel ayant cr&#233;&#233; des groupes free-rock no&#239;se, &#224; Manuel Joseph, "<em>en po&#232;te punk qui d&#233;chiqu&#232;te la langue</em>". Cependant des po&#232;tes explicitement rock, il &#233;crit, laissant le doute d'une interrogation, qu'il n'y aurait que Christophe Fiat, alliant tout &#224; la fois posture existentielle et &#233;nergie, lisant ses po&#233;sies &#224; l'aide de sa l&#233;gendaire guitare &#224; une corde. <br />Si l'analyse de Jean-Michel Espitallier permet de saisir les enjeux de cette liaison entre rock, musique et po&#233;sie, cependant, il m'appara&#238;t qu'il y a quelques oublis, oublis qu'un nouveau blog permet de combler : le blog de Sylvain Courtoux et d'Emmanuel Rabu, <a href="http://confusionistext.blogspot.com/" rel="external">Confusion is text</a>, qui pr&#233;sente non pas seulement quelques exp&#233;riences musicalo-po&#233;tiques comme cela fleurit par moment dans la blogosph&#232;re, mais qui donne &#224; entendre 10 ans d'exp&#233;rimentation sonore, accomplies tout &#224; la fois s&#233;par&#233;ment par les deux cr&#233;ateurs, chacun &#233;tant reli&#233; &#224; des r&#233;seaux distincts, puisque Sylvain Courtoux est de Limoges et Emmanuel Rabu de Nantes, et en commun depuis leur rencontre faite en 2000.<br />Sylvain Courtoux repr&#233;sente une culture post-punk-situationniste irrigu&#233;e par Burroughs, Guyotat, Roche et tant d'autres qui ont marqu&#233; la modernit&#233;. Punk-rock attitude hybrid&#233;e par la new-wave de <strong><em>Duran Duran</em></strong> &#224; <strong><em>Depeche mode</em></strong>, ses cr&#233;ations sonores si elles montrent une certaine forme de d&#233;sespoir &#233;poqual face au monde [proche par moment de certaines litanies de <strong><em><a href="http://costes.org/" rel="external">Costes</a></em></strong>], cependant en biaise le jeu par une forme ludique d'auto-critique et de mise en crise du milieu litt&#233;raire lui-m&#234;me. Alors que <a href="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-4" rel="external">litt&#233;rairement ses textes</a> publi&#233;s  sont travaill&#233;s comme des cut exigeant, l'&#233;criture musicale qu'il entreprend, seul ou accompagn&#233; de J&#233;rome Bertin, se propage comme parole directe, d&#233;chir&#233;e par l'affect, objectivement donn&#233;e &#224; entendre. Parole crue, pop, parfois chantonn&#233;e parfois cri&#233;e. Ces derni&#232;res cr&#233;ations manifestent cet horizon, tel<a href="http://emmanuelrabu.free.fr/01%20la%20vie%20est%20pop%20(opera%20rock%203)%201.mp3" rel="self"> la vie est pop</a>, o&#249; Courtoux se jouant de lui-m&#234;me, met en d&#233;rision le milieu litt&#233;raire parisien. <br />Emmanuel Rabu, issu des milieux exp&#233;rimentaux de Nantes, explore davantage les dimensions &#233;lectroniques, passant des recherches concr&#232;tes aux dimensions minimalistes [avant d'arriver &#224; Nantes, il &#233;tait dans groupe <strong><em>La Disjonction de Freddy</em></strong>, o&#249; il travaillait &#224; l'aide de perceuses]. Cette recherche musicale est reli&#233;e &#224; son travail de langues qui se structure sur des micro-agencements, des glissements dans l'inframince des signifiants. Il a d&#233;velopp&#233; ses perspectives aussi bien seul, &#224; partir d'agencements et de remixages de samples que par des rencontres qui ont abouties &#224; des compositions communes avec par exemple Basile Ferriot (percussions, objets), Emmanuel Leduc (sampler, machines) ou Phil Tremble (synth&#233;tiseurs analogiques, effets). Le travail qu'il a ainsi cr&#233;&#233; avec <strong><em>Ev Zone</em></strong>, texte publi&#233; &#224; Derri&#232;re la salle de bain, montre en quel sens ce type de cr&#233;ation, loin de surgir d'une seule &#233;nergie, se compose par le croisement d'impulsions qui donnent la mat&#233;rialit&#233;/texture m&#234;me de l'&#233;v&#233;nement sonore :<em> </em><em><a href="http://emmanuelrabu.free.fr/projet%20ev-zone/05%20part%20five.mp3" rel="self">un accident de la mati&#232;re et du langage</a></em>. <br />&#192; partir de ces deux directions h&#233;t&#233;rog&#232;nes s'est ainsi compos&#233; un travail dans le temps, passant par la cr&#233;ation en 2001 de <a href="http://confusionistext.blogspot.com/2006/08/post-digital-music-for-post-digital.html" rel="external">post-digital music for post-digital people</a> [dans lequel on peut entendre le tr&#232;s dr&#244;le <a href="http://emmanuelrabu.free.fr/16%20parce%20que%20le%20schtroumpf%20est%20bleu%201.mp3" rel="external">parce que le schtroumpf est bleu</a>] allant jusqu'au <a href="http://emmanuelrabu.free.fr/01%20cut-up%20piano%20manifeste.mp3" rel="external">cut-up piano manifeste</a> de 2006 dans lequel participe aussi Lise Etchevery et J&#233;rome Bertin.</p><br /><br /><br /><br />]]></content:encoded></item><item><title>Revue Fus&#xe9;es n&#xb0;10 par Philippe Boisnard</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-09-14T11:42:51+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-9.html#unique-entry-id-22</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-9.html#unique-entry-id-22</guid><content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a name="fuse">&#192; n'en point</a> douter, <strong><em>Fus&#233;es</em></strong> est et restera comme l'une des revues fran&#231;aises de po&#233;sie contemporaine les plus importantes &#8212;&#160;avec d'autres tels <strong><em>DOC(K)S</em></strong>, <strong><em>JAVA</em></strong>, <strong><em>Nioques</em></strong> (s&#233;rie 2) &#8212; de la fin du XX&#232;me si&#232;cle et du d&#233;but du XXI&#232;me si&#232;cle. Travail m&#233;ticuleux, h&#233;ritage g&#233;n&#233;alogique pr&#233;cis, parution volumineuse et de qualit&#233;. Comme l'exprimait Hubert Lucot en pr&#233;face de<strong><em> </em></strong><strong><em><a href="http://homepage.mac.com/philemon1/articles/lucot_preface.htm" rel="external">Fus&#233;es</a></em></strong><a href="http://homepage.mac.com/philemon1/articles/lucot_preface.htm" rel="external"> n&#176;6</a>, en effet, <strong><em>Fus&#233;es</em></strong> est une revue de Luxe, de ce luxe de l'&#233;criture et de la transmission. Ce num&#233;ro 10 en t&#233;moigne une fois de plus, &#224; travers ces dossiers, notamment, il me semble celui consacr&#233; d'une part &#224; Charles Pennequin et de l'autre celui qui pr&#233;sente Kirili. <br />Charles Pennequin, auteur immanquable dans la po&#233;sie contemporaine fran&#231;aise, qui se pose dans une tradition moderne, tout le monde <em>semble</em> conna&#238;re. Mais comment l'aborder, si comme Laure Limongi le dit justement : il se donne dans "une dispersion de l'&#233;crit, du croisement avec des artistes", s'il s'&#233;chappe sans cesse au point de ne pouvoir &#234;tre contenu dans un seul regard, au point de ne pouvoir &#234;tre saisi tant il a publi&#233; de droite et de gauche, tant il s'est dispers&#233; en lambeaux de lui-m&#234;me dans d'innombrables textes et exp&#233;riences in situ ? La force de ce dossier tient &#224; la possibilit&#233;, non pas d'en faire le tour, mais par les prismes qui sont propos&#233;s, d'en saisir une dynamique &#224; partir tout &#224; la fois de textes peu connus, voire inconnus de nombreux lecteurs [telle la reproduction compl&#232;te de <strong><em>Le p&#232;re ce matin</em></strong>, paru aux &#233;ditions <a href="http://fusees.org/" rel="external">Carte-Blanche</a> en 1997]  et des approches succesives que d'autres auteurs ou amis, ont donn&#233; &#224; ce dossier. C'est ainsi que l'on peut lire, une tr&#232;s belle approche graphique de Julien Blaine qui pose la question du corps-voix [ "Il est l&#224; pench&#233; sur son microphone (...) Les mots sont le corps, le corps congestionn&#233;, congestionn&#233; avec tous les mots qui y sont"], ou encore des textes qui tentent d'en montrer certaines facettes comme ceux de Laure Limongi, Antoine Boute ou de Huguette H&#233;rin-Travers. C'est ainsi que l'on peut lire aussi, des textes de cr&#233;ation qui tentent d'en indiquer des angularit&#233;s relationnelles, tel cet hommage que je lui avais consacr&#233; lors de notre premi&#232;re rencontre en 2000, ou bien encore cette approche aspir&#233;e et haletante de Serge Pey, ou encore ce contrat de tueur &#224; gages honor&#233; par Julien d'Abrigeon. C'est ainsi que l'on peut voir aussi, le travail graphique de C&#233;cile Richard et de Mathias P&#233;rez ouvrant d'autres horizons que ceux de la seule &#233;criture.  Par cet ensemble, nous comprenons, oui, nous rencontrons en effet, cet auteur bien vivant, vivant de par les mots de sa bouche, de cette bouche surmontant le corps vivant bien vivant d'un monde d'&#233;criture.<br /><br />Le dossier Kirili est lui aussi &#224; ne pas manquer. Mise en lumi&#232;re assez vaste (50 pages) qui tout &#224; la fois pr&#233;sente des textes et une large part de photographies issues du travail de Ariane Lopez-Huici. Ce dossier montre avec pertinence en quel sens peuvent &#234;tre accomplies des croisements, des &#233;changes entre la danse, le jazz, la sculpture et la po&#233;sie. M&#234;me si on est peu sensible &#224; ce travail plastique, ce qui ressort c'est l'&#233;nergie des rencontres entre Kirili et Cecil taylor, ou encore Archie Shepp, Roy Campbell, Leena Conquest ou Steve Lacy. Travail d'emm&#234;lement par la danse avec entre autres Maria Mitchell, ou d'hybridations musicales comme avec Sunny Murray percutant la sculpture <em>Solo</em> d'Alain Kirili. En ce sens, alors que d'une certaine mani&#232;re la po&#233;sie actuelle en revient au seul texte lu, &#224; la feuille et au besoin du livre, il est clair que ces exp&#233;riences permettent de comprendre en quel sens la sortie du livre et les rencontres peuvent permettre d'autres formes d'intensit&#233;.</p>]]></content:encoded></item><item><title>SIEGES de Christian Zorka&#x2c; par Philippe Boisnard</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-08-26T13:07:14+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-8.html#unique-entry-id-21</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-8.html#unique-entry-id-21</guid><content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a name="sieges"><strong><em>SIEGES</a> </em></strong>est une narration po&#233;tique. Entre monde du conte, et monde contemporain, Christian Zorka d&#233;crit, selon une logique de d&#233;placement po&#233;tique, tout &#224; la fois le contexte de la prise d'otage de l'Op&#233;ra de Moscou, une Russie en doute sur elle-m&#234;me en voie de capitalisme triomphant de fa&#231;ade. La premi&#232;re partie d&#233;crit le contexte intra-muros, dans l'urbs : <br />"les portes sont lourdes et les repas sont simples : <br /> pissenlits, mauvaises herbes, toc toc. <br />(...)<br />Les derniers-n&#233;s ont des mentons fuyants<br />et des pouces sans victoires.<br />(...) <br />La st&#233;rilit&#233; est un mode de vie."<br />Ce contexte appara&#238;t comme dans un conte. C'est ce glissement qu'op&#232;re Christian Zorka : le r&#233;f&#233;rentiel est pr&#233;sent&#233; dans une sorte de conte, cependant sombre, qui d&#233;crit une ville domin&#233;e par un Roi, qui tr&#244;ne dans le ch&#226;teau.<br />C'est avec le deuxi&#232;me exergue de la seconde partie que se r&#233;v&#232;le explicitement la r&#233;f&#233;rence : <em>Nous buterons les terroristes jusque dans les chiottes</em>, Vladimir Poutine.<br />La seconde partie (Le cirque) relate la prise d'otage, celle d'un op&#233;ra, et de sa r&#233;solution par l'intervention des agents sp&#233;ciaux :<br />"les bronches se r&#233;tr&#233;cissent,<br />les bonhommes roulent par terre,<br />et les sauveurs n'ont pas peur,<br />ils peuvent entrer en trombe et buter les cadavres"<br /><br />Ce texte de Christian Zorka, et sa recontextualisation po&#233;tico-narrative de cette prise d'otage sont vraiment r&#233;ussies, au sens o&#249; il fonctionne par une lente progression de la mise en lumi&#232;re de la relation entre la narration et l'&#233;v&#233;nement. Chaque phrase appara&#238;t comme le d&#233;voilement d'un nouvel &#233;l&#233;ment permettant de lire cette relation. Du conte, on passe peu &#224; peu au fait historique. <br />De plus, loin de tomber dans une sorte de manich&#233;isme politique, il l'&#233;crit in fine, &#224; l'ouest rien de nouveau :<br />" De l'ouest se l&#232;vent les gloussements <br />des "peuples &#233;pris de libert&#233;" :<br />Voici la libert&#233; :<br />"Personne ne nous mettra &#224; genoux,<br />nous remplirons les paniers d'osier,<br />nous sommes pr&#234;ts &#224; vivre des si&#232;cles de peur".</p>]]></content:encoded></item><item><title>DHead de Xki Zone&#x2c; par Philippe Boisnard</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-08-10T09:24:40+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-8.html#unique-entry-id-20</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-8.html#unique-entry-id-20</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="dhead" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry20_1.jpg"/></div><p align="justify"><a name="modernite"><strong><em>R&#233;p&#233;tition et modernit&#233;</a> </em></strong><br />Une nouvelle fois, un livre tr&#232;s bien r&#233;alis&#233; par <em>Le Quartanier</em>, qui s'attache &#224; poursuivre l'exploration de nouvelles voix de la <em>modernit&#233;</em>. En effet ce texte, tr&#232;s graphique, en composition &#233;lectroenc&#233;phalographique, se pr&#233;sente bien comme un portrait du cerveau  pris et d&#233;sintensifi&#233; dans le monde technologique, portrait alors du cerveau en lutte pour son propre &#234;tre, en lutte contre la d&#233;perdition zombie qui touche les cerveaux du monde.<br /><br />Cette d&#233;perdition est d&#233;velopp&#233;e d&#232;s le d&#233;but du livre : tout &#224; la fois th&#233;matiquement et linguistiquement. Xki Zone &#233;non&#231;ant l'annihilation du "je"  et sa ligne de fuite salvatrice en soi, exprime le constat que la perte de soi est li&#233;e &#224; l'ensemble des informations qui conduisent le <strong>moit&#234;te </strong> &#224; n'&#234;tre que <strong>The radio Head</strong>, une sorte de <strong>Cortex Mix</strong>. Et c'est par le jeu du langage qu'est t&#233;moign&#233; de ce ph&#233;nom&#232;ne, jeu qui croise toutes les exp&#233;riences modernes du d&#233;tournement phonique, du glissement s&#233;miotique qui travaillent la litt&#233;rature depuis les ann&#233;es 60-70. On peut penser par moment &#224; certaines associations cr&#233;&#233;es par Verheggen ou encore &#224; des rythmes prigentiens, m&#234;me si ce travail linguistique de Xki reste inventif et personnel. Ce qui est critiqu&#233; tient ainsi &#224; la zombification des individus dans ce monde satur&#233; de messages/slogans et de technologies au point qu'il ne reste au <strong>moit&#234;te </strong>qu'un "<em>micro monde avari&#233;</em>". Le zombie = sympt&#244;me de l'&#233;poque, ce qui correspond &#224; l'analyse classique de la soci&#233;t&#233; post-moderne, comme le rappelait d'une mani&#232;re critique, il y a d&#233;j&#224; longtemps (1983), Lipovetsky dans <strong><em>L'&#232;re du vide</em></strong> disant que la d&#233;nonciation de l'&#233;poque tend &#224; faire penser que l'individu ne serait plus qu'un "<em>nouveau zombie travers&#233; de messages</em>". C'est en ce sens que Xki Zone, rappelle la description classique du zombie : <br />"<em>Le zombie ne dit rien, ne tait rien non plus<br />le zombie cultive le non-dit le non-tu<br />le zombie dit tout c'est sa mani&#232;re de se taire<br />le zombie s'ent&#234;te &#224; dire<br />tout et son contraire</em>" (p.15)<br /><br /><strong><em>DHead</em></strong> est ainsi un texte critique, qui pose comme n&#233;gativit&#233; le cerveau par rapport au monde. Ce que l'on retrouve dans la liste d&#233;finitionnelle du <strong>moit&#234;te</strong> (p.19), qui croise les r&#233;f&#233;rences &#224; l'art de la folie ou bien &#224; Artaud :<br />"le <strong>moit&#234;te</strong> est myst&#232;re dont le d&#233;positaire est inconnu<br />Le <strong>moit&#234;te </strong>est n&#233;cessaire &#224; la construction d'une identit&#233; psychotique<br />Le <strong>moit&#234;te </strong>ne se traite pas comme un appendice<br />Le <strong>moit&#234;te </strong>est inapte &#224; la communication autre que glossolalique"<br /><br />Ainsi derri&#232;re une r&#233;elle attention &#224; la forme et &#224; la dynamique de progression qui m&#232;ne vers la possibilit&#233; masticatoire d'expression de ce <strong>moit&#234;te </strong>(r&#233;f&#233;rence &#224; une po&#233;sie orale), ce qui est exprim&#233; reste tr&#232;s convenu, emprunt des th&#233;matiques traditionnelles de la modernit&#233; et du ressassement critique qui la d&#233;finit. La vision d&#233;fendue de la modernit&#233; est en ce sens assez manich&#233;enne et monolithe.</p> ]]></content:encoded></item><item><title>Festival de Lod&#xe8;ve&#x2c; par Philippe Boisnard</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-08-06T13:58:41+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-8.html#unique-entry-id-19</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-8.html#unique-entry-id-19</guid><content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a name="lodeve">De retour du Festival de Lod&#232;ve.</a> Semaine passionnante, anim&#233;e, faite de d&#233;couvertes et de red&#233;couvertes avec plaisir. Le Festival de Lod&#232;ve, cette ann&#233;e voyait se c&#244;toyer deux sortes de lectures : tout d'abord ce que nous pourrions appeler le <em>in</em>, &#224; l'instar de festival comme Avignon, avec les lectures officielles qui accueillaient outre les po&#232;tes lyriques fran&#231;ais et de la M&#233;diterran&#233;e, Edith Azam, Julien Blaine, Philippe Boisnard, Jacqueline Cahen, Claude Chambard, Henri Deluy, Patrick Dubost, J&#233;r&#244;me Game, Jo&#235;l Hubaut, Vannina Maestri, Jacques Sivan, Pierre Tilman. Ensuite un off, qui avait lieu tous les soirs dans la galerie l'<strong><em>Art en cours</em></strong> de Sophia Burns et Karim Blanc [tous les deux extr&#234;mement sympathiques et dynamiques], <em>off</em> dont la programmation &#233;tait faite par Franck Doyen : se sont succ&#233;d&#233;s aussi bien des auteurs du <em>in</em>, que S&#233;bastien Lespinasse [invit&#233; l'an pass&#233; au festival], Christian Malaurie, Marie Delvigne, Claude Favre, Claude Yvroud, Rachelle Defay-Liautard, Franck Doyen, Sylvie N&#232;ve ou Hortense Gauthier, pour ne citer qu'eux.<br /><br /><strong><em>Pour le in : </em></strong>la grande d&#233;couverte que j'ai faite : Edith Azam. Po&#232;te fragile, aux textes qui &#8212; bien qu'ils soient parfois sont un peu travaill&#233;s de m&#233;taphores  qui pourraient &#234;tre &#233;vit&#233;es car elles font baisser la tension des textes &#8212; d&#233;gagent une &#233;nergie psychotique terrible pour les nerfs et l'intellect. Ses lectures, comme cela sera possible de le voir sur le videopodcast, sont tr&#232;s rythm&#233;es, ses po&#232;mes touchent souvent au rapport que nous avons &#224; l'autre, &#224; l'amour, au sentiment, tout en renouvelant la mani&#232;re dont on en t&#233;moigne. C'est avec joie que nous avons suivi chacune de ses interventions. L'autre d&#233;couverte, c'est celle de Pierre Tilman : certes je connaissais d&#233;j&#224; son<strong><em> Tout comme unique</em></strong>, magnifique livre publi&#233; &#224; <em>Voix&#233;ditions</em>, et nous nous &#233;tions rencontr&#233;s il y a de cela quelques ann&#233;es au CNEAI, mais jamais je n'avais entendu ses textes, sa po&#233;sie du quotidien : sorte de petits aphorismes, de petits dictons, de remarques anecdotiques qui tout &#224; la fois peuvent faire rire ou bien amuser mais qui par leurs traits retournent les repr&#233;sentations, d&#233;collent les d&#233;tails de la r&#233;alit&#233;. Ceux que j'ai retrouv&#233;s : Julien Blaine et Jo&#235;l Hubaut, &#233;taient tr&#232;s en forme. M&#234;me si pour Jo&#235;l Hubaut, les moyens techniques &#233;taient peu adapt&#233;s (trop de sc&#232;nes avec seulement du son en mono), ses lectures dynamiques, critiques, &#233;ruct&#233;es, ont &#233;t&#233; de v&#233;ritables moments de plaisir et de tr&#233;pidations. Julien Blaine quant &#224; lui, omni-pr&#233;sent, tout &#224; la fois pr&#233;sentateur, animateur, et d&#233;clamateur, nous a gratifi&#233; lors de la soir&#233;e <em>D&#233;clar-action</em> qu'il a organis&#233;e, d'une magnifique lecture de <em>La langue</em> ! Encore un grand merci &#224; lui pour cette programmation et son &#233;nergie si essentielle actuellement en France pour les po&#233;sies d&#238;tes exp&#233;rimentales ou modernes. &#192; noter aussi que dans ce <em>in</em>, j'ai pris beaucoup de plaisir &#224; revoir Patrick Dubost et sa lecture de <strong><em>l'Arch&#233;ologue</em></strong>, Antoine Simon que je n'ai pu entendre que lors de la soir&#233;e de cl&#244;ture et Claude Chambard dont j'aurais beaucoup aim&#233; entendre une lecture de <strong><em>La vie de famille</em></strong> (ed. <em>Le bleu du ciel</em>). <br /><br /><strong><em>Pour le off : </em></strong>Il y aurait beaucoup &#224; dire. Tout d'abord merci &#224; Franck Doyen et &#224; la revue <strong><em>22 MdP</em></strong>, car sans lui aucune soir&#233;e n'aurait eu cette dynamique et cette stature. En effet, les lectures officielles s'arr&#234;taient exception faite de la soir&#233;e <em>D&#233;clar-action</em> et de la soir&#233;e de cl&#244;ture, &#224; 21 H. C'est pourquoi tous les soirs vers 21H30, commen&#231;aient les lectures off, consacr&#233;es exclusivement aux po&#233;sies contemporaines, quoi que... Car, s'il y avait de de tr&#232;s bonnes lectures, telles celles de S&#233;bastien Lespinasse, de Christian Malaurie et Marie Delvigne, de Claude Favre ou de Claude Yvroud, pour ne citer qu'eux, il y en a eu aussi de tr&#232;s d&#233;cevantes, mixtes pour certaines entre textes pompeux et pompant et th&#233;&#226;tre mal assum&#233;. Ce <em>off</em> en fait, s'est construit comme une revue live, qui aurait eu un num&#233;ro tous les soirs, avec certains lecteurs intervenant tous les jours (comme Rachel Defay-Liautard ou Claude Yvroud) et d'autres ne venant qu'une fois, telle Sylvie N&#232;ve. Le regret : aucun enregistrement n'a &#233;t&#233; fait : c'est en ce sens qu'il est fort dommage d'avoir manqu&#233; la lecture de Lespinasse : <strong><em>&#224; l'or&#233;e des bois</em></strong>, que l'on peut retrouver dans une version tr&#232;s diff&#233;rente dans son CD. Ces soir&#233;es ont permis aussi bien de d&#233;couvrir des lectures assur&#233;es et ma&#238;tris&#233;es que le surgissement de nouvelles voix, parfois fragiles, ne parvenant que tr&#232;s difficilement &#224; se faire entendre. Si le festival se poursuit l'an prochain, il est &#224; esp&#233;rer que ces lectures se reproduisent. ]]></content:encoded></item><item><title>Couples etc de Vincent THolom&#xe9; par Hortense Gauthier</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-07-07T17:26:44+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-7.html#unique-entry-id-18</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-7.html#unique-entry-id-18</guid><content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a name="tholome"> Au March&#233; de la Po&#233;sie</a>, nous avons d&#233;couvert, in vivo concreto, les <em>&#233;ditions Le Clou dans le fer</em>, dont nous avions d&#233;j&#224; chroniqu&#233; le petit feuillet de Christophe Manon, <strong><em><a href="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/0/files/archive-6.html#unique-entry-id-27" rel="self">Grandes beuveries des po&#232;tes au ciel</a></em></strong>. Ces &#233;ditions bas&#233;es &#224; Reims ont une tr&#232;s jolie collection po&#233;sie constitu&#233;e de petits livres, &#224; la ligne classique, mais tr&#232;s raffin&#233;s, et qui regroupe, de fa&#231;on tr&#232;s coh&#233;rente, des textes simples, bruts et r&#226;peux. Chaque ouvrage est accompagn&#233; d&#8217;une postface ou pr&#233;face de Michael Battalla (qui dirige la collection).<br />Le livre de Vincent Tholom&#233;, <strong><em>COUPLESetc </em></strong><em>(BOUTS D&#8217;AMOURS)</em>, qui fait donc partie de cette collection, est une petit recueil de bribes de pens&#233;es, et de d&#233;bris de mot du quotidien amoureux. Il se d&#233;coupe en 5 parties dans lesquelles en grappes et r&#233;p&#233;tition s&#8217;&#233;coulent et se coagulent les mots de l&#8216;amour (&#224; la m&#232;re, &#224; la femme..), et de la nourriture. V.t., comme l&#8217;auteur s&#8217;appelle, se d&#233;bats entre ses go&#251;ts/son amour pour le chocolat, les biscuits, sa compagne, il s&#8217;&#233;nerve sur du papier &#224; &#339;ufs&#8230; Restes de nourriture, de matrice, de m&#232;re, et d&#8217;amour se m&#234;lent et emm&#234;lent la langue, car c&#8217;est bien une &#233;criture constitu&#233;e de ce qui tombe, qui pend au bout de la langue, de ce qui sort, par &#224;-coups, plut&#244;t m&#226;ch&#233; et rumin&#233;. <br />On retrouve ici en effet un travail facial, en surface, au rabot sur les choses qui se voient, et se disent, avec ce b&#233;gaiement de la pens&#233;e et de la langue qui produit copeaux et autres restes, et qui achoppe &#224; pouvoir saisir ce qui se produit dans le langage et dans la relation &#224; l&#8217;autre et &#224; soi. Difficult&#233; &#224; s&#8217;adresser, &#224; savoir ce qu&#8217;est une adresse &#224; l&#8217;autre, enfermement dans la r&#233;p&#233;tition d&#8217;un soi qui ne parvient pas &#224; sortir de lui-m&#234;me, Tholom&#233; poursuit l&#224; le travail qu&#8217;il avait commenc&#233; dans <strong><em>Facial</em></strong>, et <strong><em>TTC</em></strong>, dans la lign&#233;e de Pennequin et Tarkos. Toutefois, on peut se demander si cette rh&#233;torique autistique de soi, du soi se cherchant par ruminations de micro-motifs singuliers ne produit pas un peu toujours la m&#234;me chose. Et on attendrait que cette &#233;criture, qui ne cesse de se reprendre et de se ressasser de fa&#231;on parfois un peu trop __ voir m&#234;me faussement&#160;?__ pathologique (ressassement aussi, mais sur le mode de l&#8217;&#160;&#233;chec, par de nouveaux auteurs, car Tarkos, Pennequin et Tholom&#233; ont cr&#233;e une mode semble-il), produise aussi des &#233;chapp&#233;es, pour pouvoir sortir d&#8217;elle-m&#234;me, et ne pas &#234;tre que dans l&#8217;aporie, on attendrait qu&#8217;elle essaye de se d&#233;jouer elle-m&#234;me, pour ne pas tomber trop dans son propre jeu, qui la pi&#232;ge dans son propre autot&#233;lisme. En effet, en cela, cette langue de l&#8217;auto-rumination de soi, qui expose l&#8217;&#233;chec de l&#8217;adresse &#224; l&#8217;autre, et du dire en tant que possibilit&#233; d&#8217;&#233;change, ne risque-t-elle pas d&#8217;&#234;tre aussi la manifestation m&#234;me de l&#8217;&#233;chec d&#8217;une certaine po&#233;sie&#160;?</p>]]></content:encoded></item><item><title>Stalker n&#xb0;8 &#x2c; par Fabrice Thumerel</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-07-01T13:18:36+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-7.html#unique-entry-id-17</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-7.html#unique-entry-id-17</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="stalker1" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry17_1.gif"/></div><p align="justify"><a name="stalker"><strong><em>Stalker</em></strong></a><br /><br />&#8220;L&#8217;art &#231;a serait l&#8217;endroit o&#249; c&#8217;est possible &#231;a.(...). De ne pas d&#233;rouler ce qui va se passer avant que &#231;a se d&#233;roule. De faire ce qu&#8217;on ne sait pas qu&#8217;on va faire ni m&#234;me qu&#8217;on fait&#8221;, peut-on lire dans l&#8217;article inaugural du n&#176; 8 (octobre 2005), &#8220;vlan 1&#8221;, sign&#233; &#8220;adel so&#8221;, qui fustige cette d&#233;rive consum&#233;riste transformant l&#8217;oeuvre en produit financ&#233; et &#8220;con&#231;u &#224; partir d&#8217;un Projet Pour qui Pour quoi Pour o&#249;&#8221;. Et, si l&#8217;on adopte cette perspective, la revue trimestrielle Stalker rel&#232;ve effectivement de l&#8217;art, puisqu&#8217;elle privil&#233;gie le faire : anthologie de valeurs s&#251;res (Federman, Pennequin&#8230;) et d&#8217;auteurs moins connus -mais qui m&#233;ritent de l&#8217;&#234;tre, tels Julien d&#8217;Abrigeon,Antoine Boute et Thierry Rat-, inventaire collectif de mat&#233;riaux bruts, comme beaucoup de jeunes revues qui refusent tout syst&#233;matisme th&#233;orico-didactique, elle ne contient ni sommaire, ni &#233;ditorial, ni mode d&#8217;emploi, ni ligne directrice_ ne f&#251;t-ce que th&#233;matique _, ni article critique, ni note informative, ni pr&#233;sentation des auteurs... Et comme toute publication actuelle qui se respecte, elle offre un CD en bonus depuis le num&#233;ro 2 : de &#8220;vestibule #1&#8221; &#224; &#8220;vestibule #5&#8221;, ce sont des compositions sonores et des lectures enregistr&#233;es qui, sans &#234;tre d&#233;pourvues d&#8217;int&#233;r&#234;t, manifestent h&#233;las un &#233;clectisme d&#8217;autant moins acceptable que fait d&#233;faut une articulation interm&#233;dia.<br />D&#232;s les premi&#232;res livraisons, cet objet litt&#233;raire lanc&#233; par les &#233;ditions du Caillou ( nouvelle adresse?), avec pour responsables Estelle Fialon et St&#233;phane Collin -qui vient d&#8217;autres horizons (rock, cin&#233;ma, video)-, se r&#233;clame du cin&#233;aste d&#8217;avant-garde Andre&#239; Tarkovski. Profitons de l&#8217;une des rares d&#233;clarations dont on dispose: &#8220;Dans le film, il s&#8217;av&#232;re que la t&#226;che du Stalker (le personnage principal) est moins de guider les gens dans la zone (un espace interdit et hostile au sein duquel se trouve la Chambre des D&#233;sirs) que de les ouvrir &#224; la zone, donc &#224; eux-m&#234;mes&#8221;. Toutefois, conform&#233;ment &#224; son nom anglais, Stalker est pour le moment plus suiveur qu&#8217;ouvreur... En t&#233;moigne le dernier num&#233;ro de 2005, qui regroupe quelques composantes scripturales et artistiques  de la (post-)modernit&#233;: l&#8217;excr&#233;mentiel, le ligneux, le p&#226;teux, le surfacial, l&#8217;&#233;criture th&#233;or&#233;matique (fa&#231;on Espitallier), la boucle, la liste...<br /> <br />On suivra le devenir de cette revue, car il faudra assur&#233;ment un peu de temps  pour que certains po&#232;tes et performeurs  se d&#233;marquent de leurs a&#238;n&#233;s, tels Arno Calleja et Fabrice  Cesario, trop proches de Tarkos.<br />.<p>]]></content:encoded></item><item><title>Sombre Les d&#xe9;tails de Guillaume Fayard&#x2c; par H. Gauthier et P. Boisnard</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-06-28T16:26:17+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-6.html#unique-entry-id-16</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-6.html#unique-entry-id-16</guid><content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a name="gaubois1"><strong>Sombre Les d&#233;tails</strong></a>  est sorti &#224; l'automne 2005. <br />Guillaume Fayard dans ses pages essaie de traduire l'exp&#233;rience de la concordance des mots avec le v&#233;cu ph&#233;nom&#233;nal de la conscience. Ainsi il  s'attache &#224; exposer le probl&#232;me traditionnel d'une des recherches po&#233;tiques, qui tiendrait &#224; la possibilit&#233; pour la langue de traduire la variation infinie des d&#233;tails de la ph&#233;nom&#233;nalit&#233; :<br /><br /><em>Quel degr&#233; d'arrachements des ombres<br />Quel plissage Loin M&#233;duse dans l'oeil, fuite sous les</em><br /> [...]<br /><em>D&#233;tail, &#224; Pr&#233;cision d'enveloppe En fuite Les yeux</em><br />[...]<br /><em>Attaque l'oeil en Br&#251;lure de Blanc</em><br />[...]<br /><em>L'un l'autre, et l'&#233;lasticit&#233; - l'attention port&#233;e aux d&#233;tails L'oubli des<br /></em><br />En effet, depuis la mise en question de la langue en rapport au r&#233;el au XIX&#232;me si&#232;cle (de Rimbaud &#224; Nietzsche), la po&#233;sie ne cesse, et ceci surtout dans les &#233;critures blanches, de r&#233;activer la diff&#233;rence fondamentale entre langue et &#234;tre. Ce qui conduit Fayard &#224; une &#233;criture qui d&#233;borde dans cesse la lin&#233;arit&#233; de son apparition. Les mots n'ont pas le temps de tracer une perspective de sens, imm&#233;diatement, ils sont interrompus par l'impact po&#233;tique d'une autre angularit&#233; ph&#233;nom&#233;nale. Langue qui en quelque sorte tressaute, b&#233;gaie le r&#233;el, prise dans l'amorce permanente d'un voir qui s'&#233;chappe par sa rapidit&#233; du dire.<br /><br />Mais Fayard, &#224; trop vouloir pr&#233;senter le fourmillement des d&#233;tails per&#231;us par angularit&#233; subjective sans &#233;paisseur temporelle, en arrive peu &#224; peu &#224; une forme po&#233;tique homog&#232;ne, sorte de r&#233;alit&#233; magmatique d'o&#249; plus rien ne perce. Finalement l 'extr&#234;me diff&#233;rence, par les interruptions perp&#233;tuelles du texte, s'homog&#233;n&#233;ise, dispara&#238;t, pour ne laisser place qu'&#224; une surface de variations linguistiques. On reprochera, sans doute &#224; tord comme nous allons le voir, le manque de ruptures, de l&#233;zardes qui viendraient vraiment bousculer parfois cette &#233;tendue monotone dans sa diversit&#233;. Illusion de fourmillements dans le parcours du quotidien. <br />&#192; tort, disions nous, car Fayard l'expose lui-m&#234;me : <br /><br /><em>Surface vernie d'une Homog&#232;ne, la<br />Croyant homog&#232;ne, l&#224; Prenant l'attention la conduisant liquide<br />Accrochant une Accroche, qualit&#233;s, et Touchant Ce qui<br />retient dans une<br />Texture La peau Un angle<br /></em><br />Cependant, mettant en critique ici la croyance en l'homog&#233;n&#233;it&#233; du r&#233;el, et pr&#244;nant la rencontre des angularit&#233;s et de leur richesse &#8212;&#160;ce que cette exp&#233;rience po&#233;tique  propose &#8212;,&#160; la conscience en arrive elle-m&#234;me, dans son expression, &#224; reproduire ce &#224; quoi elle a voulu &#233;chapper. <br /><br />Il semble alors, que l'on ait &#224; faire ici &#224; une forme d&#233;construite de lyrisme qui malgr&#233; sa mat&#233;rialit&#233; laisse quand m&#234;me apercevoir un certain esprit m&#233;lancolique quant &#224; la saisie du r&#233;el et du caract&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re de la rencontre de la conscience avec le monde. Ainsi, Fayard se positionnerait dans la ligne d'une modernit&#233; n&#233;gative, qui passe  aussi par la po&#233;sie blanche. Or, comme Ren&#233; Girard le souligne parlant de la n&#233;gativit&#233; qui traverse la langue po&#233;tique, et des silences, des ruptures qui l'instabilisent : "<em>L&#8217;esth&#233;tique du silence est un dernier mythe romantique. [...] Dix ans ne passeront pas avant qu&#8217;on reconnaisse dans l&#8217;&#233;criture blanche et son degr&#233; z&#233;ro des avatars de plus en plus abstraits, de plus en plus &#233;ph&#233;m&#232;res et ch&#233;tifs des nobles oiseaux romantiques. Ils ne veulent pas la solitude, mais qu&#8217;on les regarde en proie &#224; la solitude. Ils ne choisissent le silence que comme marque d&#8217;honorabilit&#233; litt&#233;raire, l&#8217;insignifiance n&#8217;est chez eux qu&#8217;une ruse de l&#8217;impuissance, qui l&#8217;utilise comme apparence d&#8217;un sens myst&#233;rieux</em>".<br /><br />Si pour une part la modernit&#233; est travaill&#233;e par la critique violente des syst&#232;mes de repr&#233;sentation h&#233;g&#233;monique du r&#233;el, ici avec Fayard, une tout autre voie dans la modernit&#233; est trac&#233;e. Avec ce genre de po&#233;sie est propos&#233; au lecteur le retrait individuel d'une conscience qui cherche &#224; travers  une certaine illisibilit&#233; sa propre intimit&#233;. <br /></p><br /><p> <font size="1"><font color="##DDDDDD"><a href="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/1.html#unique-entry-id-16">[permalien]</a></p><br />]]></content:encoded></item><item><title>Mobiles de Vannina Maestri&#x2c; par H. Gauthier</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-06-21T19:57:49+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-6.html#unique-entry-id-15</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-6.html#unique-entry-id-15</guid><content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a name="gauthier">Apr&#232;s D&#233;bris d&#8217;endroits</a> (&#233;d. l&#8217;Atelier de l&#8217;Agneau, coll. Architextes, 1999) et Avez-vous rencontr&#233; quelqu&#8217;un en descendant l&#8217;escalier (&#233;d. Derri&#232;re la Salle de Bains), Vie et aventures de Norton ou Ce qui est visible &#224; l&#8217;&#339;il nu (&#233;d. Al Dante, 2003), Vannina Maestri continue avec Mobiles a recr&#233;er et reconfigurer le langage de fa&#231;on encore plus radicale et merveilleuse. <br />Le livre est constitu&#233; de 10 mobiles, 10 &#171; dispositifs &#187; en &#171; s&#233;rie &#187;. Chaque mobile, mais aussi chaque page constitue une entit&#233; &#224; part enti&#232;re que l&#8217;on peut lire s&#233;par&#233;ment, mais qui forment ensemble une architecture du monde tout en effondrement dans sa stabilit&#233;, en continu dans le discontinu.<br /> <a href="#" onClick="MM_openBrWindow('http://homepage.mac.com/philemon1/LibrcritiK/vannina/vannina.html','boisnard','width=670,height=600', 'scrollbars=yes')">[lire l'article d'Hortense Gauthier] </a></p><br /><a href="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/pdf/page22.html" rel="self"><img class="imageStyle" alt="pdfimage" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry15_1.jpg"/></a><a href="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/pdf/page22.html" rel="self">fichier PDF</a><br />]]></content:encoded></item><item><title>&#xe0; propos de la lettre ouverte de P. Beurard-Valdoye &#xe0; JM. Maulpoix par P. Boisnard</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-06-15T06:03:37+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-6.html#unique-entry-id-12</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-6.html#unique-entry-id-12</guid><content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a name="valdoye">Nous pouvons</a> lire sur <a href="http://www.sitaudis.com/Excitations/lettre-ouverte-a-m-jean-michel-maulpoix-president-de-la-maison-des-ecrivains.php" rel="external">sitaudis</a> une lettre ouverte de Patrick Beurard-Valdoye &#224; Jean-Michel Maulpoix, &#224; propos de son troisi&#232;me tome de "<strong><em>Modernit&#233;s XIX&#232;me-XX&#232;me si&#232;cle</em></strong>" paru aux &#233;ditions PUF. Patrick Beurard-Valdoye souligne, suivant en cela Jean-Pierre Bobillot qui a &#233;t&#233; le premier dans <strong><em>Action Po&#233;tique</em></strong> a mettre en lumi&#232;re ce que dit Maulpoix, que le directeur de la Maison des &#201;crivains &#233;crit que la lign&#233;e des "diversit&#233;s formelles", qui a engendr&#233;e la po&#233;sie sonore "ne semble pas d'ailleurs <avoir> jamais donn&#233; lieu &#224; des oeuvres de premier ordre". <br /><br />Etrange jugement ? Au sens o&#249; la po&#233;sie sonore, si elle n'est certes pas sp&#233;cifiquement connue du grand public, au m&#234;me titre que bon nombre de po&#232;tes du XX&#232;me si&#232;cle appartenant selon cette logique de classification &#224; la po&#233;sie traditionnelle (non formelle = lyrique donc, se nourrissant du sentiment et non du formalisme), a su d&#233;finir des horizons de recherche qui d&#233;bordent largement son petit cercle et qui a maintenant une visibilit&#233; large, traversant aussi bien le milieu de la po&#233;sie que la musique exp&#233;rimentale ou bien m&#234;me des arts plastiques (faut-il rappeler aussi que Bernard Heidsieck a eu un prix au festival de musique &#233;lectroacoustique de Bourges, et qu'il vient d'&#234;tre invit&#233; entre autres &#224; l'exposition Villepin La Force de l'art). Etrange jugement, que d&#233;nonce parfaitement Patrick Beurard-Valdoye, mais qui repose sur une logique qui est pourtant simple, et que la po&#233;sie contemporaine peut elle-m&#234;me transporter : la m&#233;connaissance et la d&#233;saffection en tant que crit&#232;re de v&#233;rit&#233; au niveau de l'&#233;nonc&#233; qui se pr&#233;tend objectif. <br /><br />En effet, ce que cache beaucoup de discours universitaires et critiques (et le n&#244;tre y compris si nous n'y prenons pas garde) c'est qu'il repose sur des <em>fondations affectives</em> qui se sont d&#233;termin&#233;es &#224; partir des impacts esth&#233;tiques et cognitifs permis par la donation po&#233;tique (qu'elle soit lyrique, moderne ou post-moderne). Le jugement s'il est bien &#233;videmment li&#233; &#224; ce ressenti affectif, il est aussi constitu&#233; par des <em>conditions affectuelles</em> qui structurent la r&#233;ception (conditions qui sont &#224; la fois propres au sujet et qui sont conditionn&#233;es aussi par le milieu social et ses institutions symboliques plus ou moins d&#233;finies et imaginaires).<br />Il n'y a pas en ce sens de jugement qui porte en soi d'objectivit&#233; d&#232;s lors que l'on tente de classifier ou hi&#233;rarchiser comme le fait Maulpoix ou tant de critiques qui utilisent les superlatifs (ce sont des jugements r&#233;fl&#233;chissants qui &#233;laborent la r&#233;flexivit&#233; sur le go&#251;t, qui se constituent ant&#233;-pr&#233;dicativement en tant que sentiment qui d&#233;pend d'une situation affective). La seule objectivit&#233; possible tient &#224; la mise en &#233;vidence (comme le fit Alain Frontier avec son livre <strong><em>La po&#233;sie</em></strong>)  des m&#233;canismes linguistiques qui r&#233;gissent une po&#233;sie, ou bien des conditions sociog&#233;n&#233;tiques (recherche initi&#233;e en France par Fabrice Thumerel). L'objectivit&#233; est oeuvre de m&#233;caniciens, de structures, et non de jugements affectifs, de classements, de hi&#233;rarchisations, de taxinomies tendant &#224; donner de mauvais points ou de bons points. <br /><br />Ici, il est n&#233;cessaire de le souligner, cet impens&#233; du jugement est &#224; l'oeuvre dans de nombreux &#233;nonc&#233;s et de nombreuses d&#233;clarations. Et ce qu'il faut prendre en vue ce sont les fondations des conditions affectives du jugement : si ainsi pour Maulpoix cela tient tout &#224; la fois &#224; son travail po&#233;tique (qui est loin d'appartenir &#224; la modernit&#233; ou aux avant-gardes) et &#224; son statut institutionnel, pour un programmateur cela d&#233;pendra par exemple de la reconnaissance institutionnelle de ses choix, des modes &#233;ditoriales ou de programmation (cf. analogiquement ce que met en lumi&#232;re Yves Michaud dans <strong><em>La crise de l'art contemporain</em></strong>), et parfois en effet de son propre ressenti (mais il n'y a qu'&#224; voir la banalit&#233; de la plupart des programmations institutionnelles pour comprendre que les programmateurs s'arr&#234;tent surtout sur ce qu'il faut (quelle est la l&#233;gitimit&#233; de ce falloir) programmer, et non pas sur ce qqu'il serait possible de programmer). C'est pour cela, par cons&#233;quent, que le milieu de la critique comme des lectures ob&#233;it &#224; des <em>modes</em>, &#224; la duplication de <em>modes</em> qui ne correspondent souvent qu'&#224; des conditions ext&#233;rieures &#224; la po&#233;sie elle-m&#234;me. Cons&#233;cutivement c'est en ce sens que l'on peut voir des auteurs, assez moyens textuellement, occuper strat&#233;giquement un grand nombre de lectures (<em>je devine que vous attendez des noms : vous n'avez qu'&#224; regarder les programmes de lecture de cette ann&#233;e</em>).<br /><br />D&#232;s lors ce que d&#233;nonce Patrick Beurard-Valdoye, si cela vaut pour Maulpoix de sorte que cela implique la question de sa l&#233;gitimit&#233; &#224; &#234;tre pr&#233;sident de la Maison des Ecrivains, cela nous concerne tous quant aux fondations de nos jugements, quant &#224; ce que nous favorisons comme pratique de la po&#233;sie, ce que nous occultons, ce que nous jouons comme r&#244;le, lorsque nous construisons nos jugements.</p>]]></content:encoded></item><item><title>La R&#xe9;publique Mondiale des Lettres&#x2c; par Philippe Boisnard et Hortense Gauthier </title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-06-02T13:10:00+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-6.html#unique-entry-id-11</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-6.html#unique-entry-id-11</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="mappemonde" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry11_1.gif"/></div><strong>La </strong><a name="lequette"><strong>RML</a>, ambition ou pr&#233;tention !</strong><br /><br /><p align="justify"> [mise &#224; jour : Cet article a &#233;t&#233; &#233;crit suite &#224; la proposition faite &#224; PHilippe Boisnard d'&#233;crire sur le site de la RLM. Au vue de la r&#233;action de Samuel Lequette &#224; notre article, nous comprenons de moins en moins o&#249; il veut en venir avec sa notion de Droopy. Cela devient de plus en plus doublement paradoxal]</p><br /><p align="justify">  Nous venons de d&#233;couvrir le site de la <a href="http://www.larepubliquemondialedeslettres.com/" rel="external">RLM</a> de Samuel Lequette et Delphine Le Vergos. D'embl&#233;e ce site affiche son ambition d&#233;mesur&#233;e &#8212;  tout &#224; la fois (nous l'esp&#233;rons) ironique sans pourtant se d&#233;tacher d'un certain s&#233;rieux &#8212;  : "<em>&#234;tre un territoire de cr&#233;ation et l'observatoire d'un monde fictionnel et artificieux : la grande fabrique de l'universel litt&#233;raire</em>".<br />Il y aurait imm&#233;diatement de quoi rire &#224; analyser cette d&#233;claration, classique dans son genre, tellement elle a impr&#233;gn&#233; les cr&#233;ations de revues aussi bien classiques que d'avant-gardes. En effet comme nous le rappelle Fernand Divoire dans<strong><em> Introduction &#224; l'&#233;tude de la strat&#233;gie litt&#233;raire</em></strong> &#233;crit en 1912, pour commencer et faire parler de soi, rien ne vaut l'emphase universaliste et de l'autre la pol&#233;mique et l'attaque afin de se faire 1/ des ennemis ; 2/ des amis. Et comme Jean-Michel Espitallier le dit si bien, les amis des amis de mes ennemis sont mes ennemis. Et ceci vaut r&#233;ciproquement et dans tous le sens.<br />Commen&#231;ons par son &#233;ditorial, disparu semble-t-il de sa page d'accueil, mais conserv&#233; sur <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/2006/04/un_nouveau_site.html" rel="external">Po&#233;zibao</a> : les deux protagonistes de cette RLM d&#233;clarent que chez eux, il s'agit bien d'une R&#233;publique et que l'on y trouve "<em>des citoyens visibles et invisibles, des r&#233;volt&#233;s et des r&#233;volutionnaires, des excentriques et des excentr&#233;s, des hommes traduits et des voleurs de feu"</em>, etc... Oui R&#233;publique quand tu nous tiens tu ne nous l&#226;ches pas.... On se croirait bien en premi&#232;re R&#233;publique, &#224; l'heure o&#249; ce qui ressort du politique et des enjeux litt&#233;raires tient davantage des contradictions de la d&#233;mocratie que de l'emprunte d'une posture d'Etat. Non, la litt&#233;rature n'est pas r&#233;publicaine, comme nous l'avons d&#233;j&#224; mentionn&#233; &#224; l'instar de Derrida, il semblerait plus qu'&#224; travers elle se perp&#233;tue la question de la d&#233;mocratie. <br />C'est ainsi qu'ouvrant la guillotine, dans son article de <a href="http://www.larepubliquemondialedeslettres.com/index.php?page=critique/deleffetdroopy" rel="external">L'effet Droopy en po&#233;sie contemporaine fran&#231;aise</a>, ils distribuent gifles et sentences, guillotinent des auteurs sans noms, crachent et vilipendent des sites sans adresses et se lamentent d'un milieu litt&#233;raire dont semblerait-il ils seraient ravi de faire partie ou bien encore d'en d&#233;tenir le crit&#232;re de v&#233;rit&#233;. <br />Ce qui appara&#238;t l&#224; n'est pas le moindre des paradoxes : ils critiquent le c&#244;t&#233; rapide des textes, des analyses, pour eux-m&#234;mes se r&#233;fugier dans des notules peu d&#233;velopp&#233;es et surtout des r&#233;f&#233;rences (que l'on per&#231;oit dans leur <a href="http://www.larepubliquemondialedeslettres.com/index.php?page=liens" rel="external">lien</a>.... tiens nous y sommes nous aussi...) qui en feront sourire plus d'un : Sitaudis, anim&#233; par Pierre Lepillouer (que nous saluons &#224; l'occasion) serait l'une "<em>des meilleures revues en France depuis TXT </em>"(pour le monde, &#224; n'en pas douter, il faudra attendre la RML)... Soit les auteurs ne connaissent pas TXT, soit ils n'ont jamais lu Sitaudis... Voire peut-&#234;tre qu'ils m&#233;connaissent les deux. dans tous les cas, connaissent-ils derri&#232;re leur pr&#233;somption et leur superlatif, le champ des revues contemporaines fran&#231;aises pour ne citer que celles-ci : <em>Action Po&#233;tique, Doc(K)s, Tarte &#224; la cr&#232;me, Java, Fus&#233;es, Tija, Ralentir travaux, Quaderno, la RLG</em>, etc...<br />S'ils d&#233;noncent le copinage et le ph&#233;nom&#232;ne de r&#233;seaux, ils souscrivent eux-m&#234;mes &#224; cette loi en publiant des auteurs tr&#232;s visibles  et "influents" : qu'ils encensent de plus dans leurs &#233;crits.  <br />Car voici la loi de cette R&#233;publique et le pr&#233;texte de la guillotine : en soutenant une certaine forme d'&#233;litisme, ils d&#233;veloppent un m&#233;pris des tentatives joyeuses et sans pr&#233;tentions qu'il peut y avoir en po&#233;sie sur le net, et ils se posent au-dessus de ceux qu'ils d&#233;crivent comme &#233;tant "<em>des bacs &#224; sable pour apprentis po&#232;tes</em>". Qui sont ces apprentis ? Quels sont ces bacs &#224; sable ? S'ils parlent de blogs reli&#233;s &#224; la po&#233;sie contemporaine, faut-il comprendre qu'ils stigmatisent les exp&#233;riences parfois fructueuses, parfois aga&#231;antes et maladroites de Charles Pennequin (Po&#233;sie pour le nuls), de Sylvain Courtoux et J&#233;r&#244;me Bertin (Action Writing) de Joachim Montessuis (Compost 23) etc... qui sont tous absents de leurs liens web, m&#234;me s'ils publient les textes de ces auteurs. <br />C'est une strat&#233;gie bien connue pour entrer dans le milieu litt&#233;raire (entrisme qu'ils d&#233;noncent mais semblent pratiquer), que de frapper sur une joue et de caresser l'autre.</p> <br />]]></content:encoded></item><item><title>Manuel de prostitution sociale&#x2c; par Franck Doyen</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-03-28T09:13:06+02:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-10</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-10</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="manuel_de_prostitution" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry10_1.jpg"/></div><p align="justify"><a name="doyen1">Petit Manuel</a> de Prostitution Sociale<br />(&#224; l&#8217;usage des travailleur pr&#233;caires)<br />&#233;d. Terre Noire, 2 rue E.Millaud, 69004 Lyon, 68 pages, 4 &#8364;.  <a href="http:://www.chez.com/terrenoire" rel="external">www.chez.com/terrenoire</a><br /><strong>[partenariat Libr-critique et 22(Mont&#233;e) des po&#232;tes]</strong><br /><br />Fuir fuir les livres glac&#233;s genoux dos carr&#233; coll&#233; sinon t&#8217;auras pas ta subvention plein le dos pas tr&#232;s carr&#233; les cervicales pas tr&#232;s cal&#233;es des rayons bien l&#233;ch&#233;s bien rang&#233;s des bouquins pas beaux pour de vrai pas corn&#233;s pas tripatouill&#233;s fuir fuir tout ceux-l&#224; cela et entrer au Grand Guignol rue de Sergent Blandan en bas des pentes &#224; Lyon avec Lo&#239;c et Marco et r&#233;ciproquement en total amateurs de bi&#232;res vins rouges et librairie d&#233;bordante de rayons de bouquins partout sur la t&#234;te alouette au plafond un jour des bouquins vrais de vrais tout &#224; bouffer du bouquin pas galette galette mais disque compact et vinyle aussi et puis toujours un quelque chose en soir&#233;e.<br />D&#233;couvertes toujours dans les rayons toujours quelques de po&#233;sie + po&#233;sie + po&#233;sie = po&#233;sies tomber dessus entre debord hubaud molnar surya heidegger tomber sur ce &#171; Petit Manuel de Prostitution Sociale (&#224; l&#8217;usage des travailleurs pr&#233;caires) &#187;, je n&#8217;ai pu que me jeter avidement dessus, non sans oublier de pi&#233;tiner rageusement au passage mon prochain - concurrent &#224; cette acquisition formidable.<br /><br />&#171; Petit Manuel de Prostitution Sociale (&#224; l&#8217;usage des travailleurs pr&#233;caires)&#187; est publi&#233; par les lyonnais de Terre Noire, plut&#244;t port&#233; vers la BD ind&#233;pendante/alternative, et chez qui il faut s&#233;rieusement aller voir creuser : ainsi derni&#232;rement les deux tr&#232;s beaux ouvrages, faisant suite &#224; un voyage au Vietnam, de Val&#233;rie Berge (&#171; Vertiges & Naus&#233;es &#187;) et Lionel Tran (&#171; Cahier du Vietnam &#187;).<br />Notons d&#8217;ailleurs de suite que ce petit manuel ne co&#251;te que 3,50 euros et fait partie de la collection NO PRESENT (handmade by unemployed people) dans laquelle on trouvera aussi &#171;Autobiographie&#187; de Bernard Monti ou encore &#171; Chronique de la guerre &#233;conomique &#187;.<br />Grin&#231;ant absolu savoureux d&#233;sesp&#233;r&#233; et rant le &#171; Petit Manuel de Prostitution Sociale (&#224; l&#8217;usage des travailleurs pr&#233;caires) &#187; vous emm&#232;nera l&#224; o&#249; vous n&#8217;auriez jamais cru aller : en plein retords de l&#8217;humain, cet &#234;tre dit social tant que l&#8217;on peut exploiter l&#8217;autre. Une introduction (&#224; sec) dans la n&#233;cessit&#233; qu&#8217;est le travail pr&#233;caire pour notre bonne si bonne soci&#233;t&#233; industrielle, mais non plus sans concession pour le travailleur pr&#233;caire lui-m&#234;me. Grin&#231;ant absolu savoureux d&#233;sesp&#233;r&#233; et rant, allez-y c&#8217;est du bon bien en bouche en cuisse et go&#251;t poivr&#233; derri&#232;re le fruit du gouleillant raclures et l&#8217;apr&#232;s-fut avec coup de bambou inattendu derri&#232;re les oreilles.<br />Des pages tr&#232;s visuelles ray&#233;es de codes barres nous promenant de &#171; envie sourde. / irrationnelle. / incontr&#244;lable. / crever leurs yeux. &#187; &#224; &#171; s&#8217;ouvrir les veines / se trancher la gorge. / s&#8217;immoler. / &#171; allez remue-toi un peu &#187;. De &#171; au d&#233;but, on se dit que &#231;a se passera bien &#187; &#224; &#171; chairs mortes. / espoirs d&#233;sint&#233;gr&#233;s. / viande froide. / en sursis. / d&#8217;autres feront la m&#234;me chose. /     / finir comme une merde. / sur le trottoir. &#187;<br />En pages de sortie, ce manuel nous propose quelques conseils pratiques de survie absolument indispensables :<br />&#171; ne vous dites plus &#231;a va aller : r&#233;p&#233;tez-vous j&#8217;en ai assez. / Ne pensez plus j&#8217;ai tout rat&#233;, dites-vous je me fais baiser. / remplacez progressivement le sentiment de culpabilit&#233; par la col&#232;re. / Vous avez des capacit&#233;s : luttez &#187;</p><br /><font size="1"><font color="##DDDDDD"><a href="http://technorati.com/tag/franck+doyen" rel="tag">[franck doyen]</a> <a href="http://technorati.com/tag/terre+noire" rel="tag">[Terre noire]</a> <a href="http://technorati.com/tag/critique+sociale" rel="tag">[Critique sociale]</a>  <a href="http://technorati.com/tag/modernit&#233;" rel="tag">[modernit&#233;]</a></font>]]></content:encoded></item><item><title>Action-Writing&#x2c; Sylvain Courtoux&#x2c; par Alain Frontier</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-03-23T11:31:51+01:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-9</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-9</guid><content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a name="frontier">[Nous pr&#233;sentons</a> ici un texte &#233;crit par Alain Frontier en Janvier 2003, transmis par Sylvain Courtoux. Cette optique permet de nuancer la critique propos&#233;e par Philippe Boisnard. Nous sommes tr&#232;s heureux du dialogue qui s'ouvre ici]<strong><em><br /></em></strong><strong><em><br />Mardi 7 janvier 2003<br />Action Writing </em></strong>tient la route (tient la distance). Le discontinu y est litt&#233;ralement emport&#233; dans ce flux continu que constitue le texte ponctu&#233; par les trou&#233;es pornographiques et les interventions d'ELLE, &#224; la fois dans l'objection &#233;ventuelle et en m&#234;me temps tout pr&#232;s de celui qui parle (complicit&#233;). C'est impressionnant, int&#233;ressant, &#233;trange, et &#231;a pose (comme tous les vrais textes) de multiples questions. Godard ? Oui, c'est bien &#224; lui que je pensais en te lisant (quel est donc ce film o&#249; l'on voit un personnage prendre au hasard un livre sur l'&#233;tal d'un libraire, puis un autre et encore une autre, l'ouvrir, lire une phrase et refermer le volume&#160;?). Ce qui donne son &#233;tranget&#233; au texte, c'est que sa mati&#232;re est constitu&#233;e de fragments qui &#233;taient destin&#233;s &#224; s'articuler au sein de discours (donc s'adressant &#224; notre machine rationnelle, et se pr&#233;sentant comme des argumentations), et que ces fragments sont d&#233;tourn&#233;s de leur destination originelle pour devenir la mati&#232;re d'un autre discours, irrationnel (mais pas tout &#224; fait) et proprement po&#233;tique. Ces discours que tu as d&#233;construits et reconstruits ne sont pas ceux de la doxa (la connerie t&#233;l&#233;vis&#233;e ou publicitaire par exemple), mais les diverses tentatives (path&#233;tiques justement&#160; parce que ce sont des tentatives d'action) pour v&#233;ritablement penser (construire une pens&#233;e r&#233;volutionnaire). Ces tentatives vont dans tous les sens, se confortent ou s'affrontent, sans que le lecteur ne puisse v&#233;ritablement prendre parti, puisque pr&#233;cis&#233;ment ce ne sont que des fragments de discours. Il me semble du reste qu'il y a l&#224; un m&#233;lange au moins de deux &#233;poques : disons les ann&#233;es 60-70 (l'Anti-&#338;dipe date, je crois de 72), avec ce qu'elles ont maintenant d'un peu d&#233;suet (les illusions de 1968, la croyance en la R&#233;volution, etc.) et d'autre part un discours beaucoup plus r&#233;cent et qui, dans une certaine mesure, est encore le n&#244;tre (tu cites parfois Prigent). Le r&#233;sultat a quelque chose d'&#233;nigmatique. Tu pr&#233;sentes ton livre comme un &#171;&#160;pamphlet po&#233;tique&#160;&#187;. Po&#233;tique, assur&#233;ment. C'est &#171;&#160;pamphlet&#160;&#187; qui est difficile. Robert : &#171;&#160;pamphlet : petit livre, court &#233;crit de caract&#232;re satirique, qui attaque avec violence le gouvernement, les institutions, la religion, un personnage connu...&#160;&#187; Une entreprise politique donc. Mais &#224; qui s'en prend-elle ? Au monde ou aux efforts d&#233;risoires de la pens&#233;e pour le changer ? Quelle est, par rapport &#224; ces diff&#233;rents discours, l'&#233;ventuelle position de celui qui &#233;crit Action Writing ? Peut-&#234;tre celle du lecteur lui-m&#234;me, perdu dans cette guerre des textes (je crois que tu utilises l'expression), dans ce temps de crise (un temps qui dure depuis pas mal de temps). Cela donne au livre quelque chose d'oppressant, de tragique (on ne s'en sortira pas), je dirais presque de d&#233;sesp&#233;r&#233;. Bref c'est un texte rude.</p> <br />Alain Frontier<br /><font size="1"><font color="##DDDDDD"><a href="http://technorati.com/tag/alain+frontier" rel="tag">[alain frontier]</a> <a href="http://technorati.com/tag/sylvain+courtoux" rel="tag">[sylvain courtoux]</a> <a href="http://technorati.com/tag/po&#233;sie" rel="tag">[po&#233;sie]</a> <a href="http://technorati.com/tag/action+writing" rel="tag">[action writing]</a> <a href="http://technorati.com/tag/modernit&#233;" rel="tag">[modernit&#233;]</a></font>]]></content:encoded></item><item><title>Ce qui fait tenir&#x2c; Christian Prigent&#x2c; par Philippe Boisnard</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-03-22T05:48:34+01:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-8</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-8</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="prigent_cequifaittenir" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry8_1.jpg"/></div><p align="justify"><a name="tenir">En 1996, dans<strong> Rien qui porte un nom</a></strong>, Christian Prigent expliquait que ce qui am&#232;ne &#224; faire de l'art tenait, primo, au fait qu'on "<em>ne se satisfait pas des repr&#233;sentations qui nous informent du monde</em>", au sens o&#249; "<em>l'exp&#233;rience que l'on fait du monde y reste innomm&#233;e</em>"; deuxio, au fait de l'incadrage, ou du d&#233;cadrage qui enserre les choses en permanence dans son instabilit&#233; et l'insens&#233; du pr&#233;sent; tertio, au fait que la langue de l'art soit cet insens&#233; lui-m&#234;me, cette d&#233;stabilisation. Fin 2005, publiant <strong>Ce qui fait tenir</strong>, Prigent r&#233;interroge la question de l'art et de la peinture notamment, exprimant d'embl&#233;e le fait qu'un "<em>tableau est un pi&#232;ge &#224; prendre l'impossible, un miroir non pas du r&#233;el configur&#233;, mais du r&#233;el comme impossible &#224; prendre au miroir</em>", c'est pourquoi il soulignait d&#232;s 1996, que "<em>les couleurs sont d&#233;barrass&#233;es de tout r&#244;le mim&#233;tique et de toute valeur symbolique</em>".<br />Ce qui fait tenir se pr&#233;sente donc comme un texte qui poursuit l'analyse de la modernit&#233; pour Prigent, modernit&#233; qu'il pose de plus en plus ontologiquement, et qui s'articulerait selon le fait que l'homme pris dans sa finitude se trouverait dans l'impossibilit&#233; &#224; pouvoir prononcer certaines choses, certains ph&#233;nom&#232;nes, autrement qu'en se posant dans l'accidentalit&#233;, l'insens&#233; de certaines formes d'articulations : leur aporie. Prigent d&#232;s le d&#233;but de son livre accentue la d&#233;finition de la modernit&#233; : elle ne provient pas d'un innommable, d'un impronon&#231;able, mais de la finitude ontologique de l'articulation humaine. En ce sens il se pose bien en rapport avec la modernit&#233; inaugur&#233;e avec le XVII&#232;me si&#232;cle, puis avec la fin de la chose en soi, et la position critique de la philosophie kantienne, tout en se d&#233;pla&#231;annt de toute supr&#233;matie de la raison, en faveur d'une certaine sublimit&#233; qui appara&#238;trait par l'art et la litt&#233;rature/po&#233;sie.<br /><strong>Ce qui fait tenir</strong> est ainsi un livre qui ne quitte pas l'horizon des textes pr&#233;c&#233;dents, meme si comme nous allons le voir, il inaugure une forme qui n'&#233;tait pas conventionnelle chez lui : la jonction, juxtaposition, conjonction de principes d'&#233;criture qu'il ne m&#234;lait pas habituellement.<br /><br /><strong>L'essence de la modernit&#233;</strong><br />Tout d'abord, pour en revenir &#224; la modernit&#233; de Prigent : il est ind&#233;niable qu'il y a g&#233;n&#233;tiquement chez lui, un d&#233;placement qui s'effectue et qui le conduit peu &#224; peu m&#234;me, &#224; certains d&#233;passements des th&#232;ses qu'il posait auparavant : quand on consid&#232;re, <strong>Une erreur de la nature</strong>, ou bien <strong>Ceux qui merdrent</strong>, il est &#233;vident que la critique dans laquelle il se situait tenait davantage au fait que le langage conventionnel et sa duplication par une mim&#233;sis sociale, comme la repr&#233;sentation institutionnalis&#233;e, emp&#234;che de toucher la chose qui se tient dans l'exp&#233;rience. L'insistance tient au fait du voilement et la critique implique d&#232;s lors la possibilit&#233; d'autres formes d'expression en tant que non voilement. Cette critique &#233;tait corr&#233;lative pour une part de son ancien engagement en tant que r&#233;volutionnaire mao. Le d&#233;placement qui se produit et qui est patent dans ce dernier livre tient au passage &#224; une constitution ontologique de la puissance de repr&#233;sentation de la part de l'homme. L'analyse qu'il conduit imm&#233;diatement est celle d'un tableau d&#233;crit par Proust. <br />C'est en ce sens que Prigent en arrive depuis quelques ann&#233;es &#224; poser les fondements de la modernit&#233; et des avant-gardes : non plus faire face &#224; la n&#233;gativit&#233; du sans nom, mais par une r&#233;flexivit&#233;, rencontrer la n&#233;gativit&#233; qui nous anime, n&#233;gativit&#233; qui n'est rien d'autre que la finitude de notre appr&#233;hension possible du monde, et des moyens que nous avons pour t&#233;moigner de cette appr&#233;hension. Toutefois, cette mise en &#233;vidence reste encore difficile en son articulation du fait que lui-m&#234;me n'a de cesse d'osciller entre cette &#233;nonciation et de l'autre la th&#232;se lacanienne classique (qu'il &#233;nonce et r&#233;p&#232;te depuis les ann&#233;es 70) : le r&#233;el c'est "<em>le donn&#233; sensible en tant qu'il s'&#233;chappe de nos langues et que nos langues devant son d&#233;fi refluent, s&#232;chent et se fondennt dans l'habitude insignifiante des parols atones et des images apathique</em>s").<br />Pour mettre en perspective cette impossibilit&#233; du dire et de la repr&#233;sentation, dans <strong>Ce qui fait tenir</strong> il analyse successivement et selon des modalit&#233;s diff&#233;rentes plusieurs auteurs, cr&#233;ateurs t&#233;moins de cet inter-dit au dire : Dezeuze, Scarron, Rimbaud hantant par son nom l'ensemble, Verlaine et sa difficult&#233; justement a assumer les d&#233;fis impos&#233;s par ce rapport au monde. Moderne, r&#233;solument moderne, Prigent en revient donc &#224; <em>saluer les anciens</em>, en tant qu'ils seraient aussi, par leurs oeuvres, ce qui le fait tenir, ce qui permet de r&#233;sister, de se densifier dans son propre travail d'&#233;criture.<br />Derri&#232;re l'apport ind&#233;niable de Prigent quant &#224; la question de la modernit&#233;, reste que certaines questions se posent : s'il est &#233;vident que l'homme est tenu dans la finitude (ce qui est d&#233;termin&#233; comme je l'ai d&#233;j&#224; dit par le criticisme transcendantal kantien jusque dans les apports de l'&#233;pist&#233;mologie moderne telle celle de Popper), alors ne s'agirait-il pas aussi d'interroger les langues conventionnelles, non pas selon un jugement seulement n&#233;gatif, critique, mais comme la condition aussi d'un <em>tenir</em>, d'une tension ontologique qui seule permet aux hommes de se tenir dans l'ouverture de leur &#234;tre &#224; l'&#234;tre. On retrouve chez Prigent ici l'ensemble des attaques de la modernit&#233; (des Dada aux avant-gardes des ann&#233;es 70) et del&#224; une position aristocratique vis-&#224;-vis de la langue mondaine (d'o&#249; &#233;crire se tient souvent pour lui dans l'invention idiolectale). Or, et c'est bien l&#224; l'apport de la post-modernit&#233;, notamment de Lyotard, et d'autres encore, de penser le rapport &#224; la langue non plus selon la v&#233;rit&#233; de l'&#234;tre ou l'essence de notre &#234;tre (position &#233;minemment heideggerienne, d'o&#249; cette insistance depuis 15 ans &#224; penser dans un horizon heideggerien de la part de Prigent) mais selon la relativit&#233; de notre ouverture. Cet aristocratisme, s'il permet &#224; certains de se situer, cependant, ne permet aucunement par ailleurs de comprendre certaines d&#233;terminations ou conditions intentionnelles de l'homme plong&#233; dans le monde ambiant. C'est parce que Prigent &#233;labore une v&#233;rit&#233; de l'homme &#224; partir de sa finitude, v&#233;rit&#233; qui se d&#233;termmine selon la limite m&#234;me du langage et l'interrogation de cette limite dans des pratiques, qu'il d&#233;value, rejette tout autre forme ou qu'il la met en critique. <em>Moderne, oui r&#233;solument moderne Prigent</em>.<br /><br /><strong>Question de forme</strong><br />Derri&#232;re cette position r&#233;currente de la modernit&#233; se pr&#233;sente avec <strong>Ce qui fait tenir</strong> un livre des plus singuliers dans l'oeuvre de Prigent. Non pas un livre critique, non pas un livre po&#233;tique, mais un livre qui allie les deux pans, ce qu'il n'avait &#224; proprement parl&#233; jamais fait. On le sait la question de l'hybridation est &#224; la mode, mais chez lui ce n'est aucunement la cause de cette forme. Il se d&#233;fie des modes, et il a raison. Tout d'abord d&#233;finissons l'entrecroisement formel qui se joue et les strat&#233;gies repr&#233;sentationnelles qu'il suit : juxtaposition de textes critiques assez libres et de po&#233;sie, mis ensembles selon le recours &#224; des titres qui renvoient soit au th&#233;atre, soit &#224; la video. <br />Du th&#233;atre il est habitu&#233;, &#233;crivant ces fictions souvent selon des unit&#233;s de temps et de lieu. De la vid&#233;o, on ne le savait pas pr&#233;cis&#233;ment proche. La strat&#233;gie est celle d'un montage, comme s'il s'agissait de r&#233;unir au titre du livre, des rushs diff&#233;rents. Or, les monteurs le savent, la difficult&#233; avec les rushs, tient &#224; la possibilit&#233; de les faire tenir ensembles. Et c'est ici que je suis le plus critique, pratiquant moi-m&#234;me depuis de tr&#232;s nombreuses ann&#233;es le montage des genres au niveau aussi bien de la textualit&#233; que de la vid&#233;o. Le montage de Prigent appara&#238;t un peu artificiel, et laisser ininterrog&#233; la question m&#234;me des pratiques qu'il nomme. Ainsi, lorsqu'il &#233;crit la partie sur le lieu, chaque sous-partie du texte est compos&#233;e selon un principe de tournage (panoramique, zoom, arr&#234;t sur image). Le texte reproduisant selon une certaine mim&#233;sis les actions vid&#233;os ainsi d&#233;termin&#233;es. N&#233;anmoins, nous faisons face &#224; du texte, et la mat&#233;rialit&#233; n'est aucunement intterrog&#233;e &#224; partir de ces indications, c'est bien au contraire le signifi&#233; qui est en ad&#233;quation/reproduction avec les indications. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; qu'apparait l'artifice. La r&#233;f&#233;rence &#224; la vid&#233;o, comme au th&#233;atre dans le d&#233;coupage g&#233;n&#233;ral, n'est qu'une reprise, me semble-t-il, de termes sans qu'il n'y ait de r&#233;flexion sur les implications de ce qui est repris. Collage qui n'approfondit rien, n'ouvre pas aux diff&#233;rents plans, mais qui juxtapose. L&#224;, il serait int&#233;ressant de voir tout &#224; l'inverse d'autres pratiques, plus contemporaines, qui justement interrogent les rapports entre diff&#233;rents sites d'expression (je pense  &#224; Hanna ou &#224; l'Agence_Konflict_SysTM). Analogiquement, il me semble que Prigent se tient dans le m&#234;me porte-&#224;-faux que ce qui actuellement touche une partie de la po&#233;sie contemporaine dans l'emploi de la vid&#233;o : non pas une composition, mais une juxtaposition de deux ou plusieurs modalit&#233;s sans qu'il y ait de relation r&#233;elle ou n&#233;cessaire entre les m&#233;diums. Ces types de travaux sont formels, et manquent la plupart du temps ce que peuvent &#234;tre les questions de videopoetry, de travail d'&#233;criture au coeur de l'inter-relation de deux m&#233;diums. <br />La forme que choisit Prigent ainsi me parait maladroite. Et c'est peut-&#234;tre en ce sens que la relation entre les diff&#233;rents textes me parait artificielle, en tout cas ne pas fonctionner, comme si le principe formel avait &#233;t&#233; pens&#233; pour coller des &#233;l&#233;ments r&#233;solument h&#233;t&#233;rog&#232;nes. <br /><br />En d&#233;finitive, choisissant de publier ce livre, qui croise po&#233;sie et critique, Prigent se pose davantage &#224; mon sens dans un geste non pas de r&#233;&#233;laboration de sa pens&#233;e, mais de positionnement de la modernit&#233;, de r&#233;affirmation d'un horizon g&#233;n&#233;alogique. Ce livre s'il permet de d&#233;couvrir Dezeuze, Scarron, n'a pas la force des pr&#233;c&#233;dents, restant davantage dans la r&#233;p&#233;tition des anciennes th&#232;ses &#224; partir de la diff&#233;rence des auteurs choisis, que dans la poursuite d'une &#233;laboration critique. </p><br /><font size="1"><font color="##DDDDDD"><a href="http://technorati.com/tag/christian+prigent" rel="tag">[christian prigent]</a> <a href="http://technorati.com/tag/ce+qui+fait+tenir" rel="tag">[ce qui fait tenir]</a> <a href="http://technorati.com/tag/po&#233;sie" rel="tag">po&#233;sie</a> <a href="http://technorati.com/tag/philippe+boisnard" rel="tag">[philippe boisnard]</a> <a href="http://technorati.com/tag/modernit&#233;" rel="tag">[modernit&#233;]</a></font><br />]]></content:encoded></item><item><title>Caisse &#xe0; outils&#x2c; Jean-Michel Espitallier&#x2c; par Philippe Boisnard</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-03-14T08:04:17+01:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-7</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-7</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="espitallier_caisse" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry7_1.gif"/></div><p align="justify"><a name="caisse">Jean-Michel Espitallier</a> publiant <strong><em>Caisse &#224; outils</em></strong> aux &#233;ditions Pocket, prenait un risque certain : t&#233;moigner de la cr&#233;ation de la po&#233;sie fran&#231;aise contemporaine, dans une &#233;dition grand publique, &#224; savoir accessible &#224; tous, alors que les enjeux de cette po&#233;sie semblent demander une certaine connaissance de l'histoire de la po&#233;sie du XX&#232;me si&#232;cle et des questions qui s'y sont tiss&#233;es. Risque, dont lui-m&#234;me n'&#233;tait pas dupe, tel qu'il en t&#233;moigne dans sa premi&#232;re partie <em>Ouvre-bo&#238;te</em> : "<em>Le pari n'&#233;tait pas facile &#233;tant donn&#233; la grande diversit&#233; des gestes artistiques, la complexit&#233; des questions, la multiplicit&#233; des formes et des pratiques</em> (...) <em>Si j'emprunte parfois la casquette de l'historien, c'est qu'il me para&#238;t difficile de prendre la mesure des formes contemporaines sans les replacer dans la continuit&#233; et les ruptures qui les ont produites, les l&#233;gitiment, en expliquent les m&#233;canismes et les apports</em>". <br />Lire cet essai, car il s'agit davantage d'un essai que d'un panorama, n&#233;cessite alors de tenir compte de ce grand &#233;cart, de ne pas voiler cette tension sous les pr&#233;textes, soit de sp&#233;cialistes, soit de chapelles, qui discr&#233;diteraient par avance son effort de clart&#233; voire de clarification de certaines questions.<br />Alors quel est l'enjeu pr&#233;cis de cette caisse ? Tient-il seulement &#224; rendre visible les compartiments de la po&#233;sie contemporaine, les diff&#233;rents outils mis &#224; disposition par les pratiques et les cr&#233;ations ? Cela pourrait &#234;tre le cas, si nous nous r&#233;f&#233;rions seulement &#224; la table des mati&#232;res, si nous prenions cet essai seulement comme une taxinomie des diff&#233;rentes exp&#233;riences contemporaines. <br />Mais ce serait aussi se d&#233;tourner certainement de ce qui le creuse, venant indiquer non plus la simple description neutre de po&#233;sies, mais t&#233;moigner de lignes qui se construisent, s'affrontent, viennent se contredire, selon un rapport au temps, &#224; l'histoire, &#224; la soci&#233;t&#233;. C'est de cela que je voudrai parler ici.<br />Alors que le champ po&#233;tique au niveau des essais est domin&#233; sans nul doute possible, depuis plus de quinze ans, par les th&#232;ses de Christian Prigent, ce qu'accomplit ici Jean-Michel Espitallier, sans le dire explicitement, c'est une r&#233;&#233;valuation critique de la modernit&#233; prigentienne, et l'ouverture &#224; de nouveaux horizons, dont t&#233;moigne fort peu Christian Prigent.<br />Que cela soit dans son dernier essai <strong><em>Ce qui fait tenir</em></strong>, ou encore dans ses articles tel celui publi&#233; dans <strong><em>Fus&#233;es</em></strong> n&#176;8 sous le nom <em>Encore un effort</em>, Prigent n'a de cesse : 1/ de d&#233;fendre la pens&#233;e d'une modernit&#233; po&#233;tique qui se structure sur la n&#233;gativit&#233; des grandes irr&#233;gularit&#233;s du langage, sur l'illisibilit&#233; (cf. ce qu'il &#233;crit encore &#224; propos de Scarron dans son dernier livre : "<em>&#201;crire, c'est alors faire injure aux &#233;crits droits (...) inoculer l&#224;-dedans &#233;pouventable peste gangrenne</em>" (p.52), 2/  de mettre en critique les pens&#233;es post-modernes, qui ne s'affrontent plus &#224; cette logique, 3/ ceci en tentant de rabattre certains des auteurs de ce tournant post-moderne dans le champ de la modernit&#233; (cf. Fus&#233;es &#176;8 : "<em>Tout cela est bien int&#233;ressant</em> [il parle de Fiat et Hanna]. <em>Un peu tartarin, sans doute, dans le genre ultra-avant-gardiste. Derri&#232;re insistent lourdement, l'ombre de Burroughs, le spectre de Gertrude Stein (...) C&#244;t&#233; th&#233;orie cela fait beaucoup de scolarit&#233;</em>").<br /> Jean-Michel Espitallier pose la possibilit&#233; de sortir de cette logique, il la met en critique en se positionnant en rapport &#224; un tournant post-moderne, que l'on retrouve aussi bien chez Christophe Hanna que dans ce que je tente de m&#234;me de mettre en place au niveau r&#233;flexion [cf. <a href="http://www.sitec.fr/users/akenatondocks/docks-datas_f/collect_f/auteurs_f/B_f/BOISNARD_f/texte_f/hacktion-docks.htm" rel="external">Hackt&#176; theory(Z)</a> dans Doc(K)S]. Mais en quel sens &#233;tablit-il cette r&#233;&#233;valuation post-moderne ? <br /> Il accomplit son analyse dans la partie centrale de son essai : "<em>Chronom&#232;tre, horloge, agenda</em>" &#224; partir de la mise en &#233;vidence de ce que c'est qu'&#234;tre contemporain : "<em>C'est parce que je suis contemporain que je vis mon temps et non le contraire</em>" (p.137) Les questions de la po&#233;sie se polarisent sur l'&#233;poque o&#249; elle appara&#238;t &#224; partir d&#232;s lors, ni de la recherche d'une langue propre (idiolectale),  ni de la volont&#233; de faire surgir une propri&#233;t&#233; extra-&#233;poquale (le corps, le singulier, la pulsion, le &#231;a, la n&#233;gativit&#233;) qui serait voil&#233;e par l'&#233;poque. Bien au contraire, &#234;tre contemporain selon Jean-Michel Espitallier, c'est saisir un certain nombre de questions "<em>qui se posent mais ne me sont pas pos&#233;s</em>" (rupture de l'obnubilation du sujet), c'est intensifier des rapports logiques, politiques, sociaux, non pas en vue de trouver une part maudite, une sorte d'ips&#233;it&#233; que la modernit&#233; rationnelle aurait voil&#233;e, mais selon le projet de les d&#233;crypter, de les mettre &#224; jour du point de vue de leurs strat&#233;gies de domination, de diffusion, d'impr&#233;gnation. C'est pourquoi cette contemporan&#233;it&#233; se d&#233;finit en tant que tournant post-moderne. La post-modernit&#233;, comme j'y reviendrai par ailleurs, ne d&#233;finit pas d'abord et avant tout une r&#233;alit&#233; &#233;poquale (m&#234;me si cela peut &#234;tre le cas), mais surtout la r&#233;&#233;valuation critique des h&#233;ritages qui ont d&#233;fini l'histoire, selon une logique de mise &#224; distance des m&#233;ta-v&#233;rit&#233;s qui l'ont structur&#233;e. Alors que la modernit&#233; po&#233;tique a oppos&#233; &#224; la t&#233;l&#233;ologie de la raison issue du XIX&#232;me si&#232;cle (Hegel, puis Husserl) une t&#233;l&#233;ologie du sujet compris comme singularit&#233; et tout &#224; la fois v&#233;rit&#233; d'une possible communaut&#233; politique (d'o&#249; la r&#233;currence du th&#232;me de la r&#233;volution), la post-modernit&#233; ne revendique plus aucune forme de v&#233;rit&#233;/communaut&#233;, mais situe son travail comme d&#233;chiffrement des m&#233;canismes politiques, &#233;conomiques ou communicationnels qui d&#233;finissent chacune des micro-segmentarit&#233;s de v&#233;rit&#233; relative qui constitue la r&#233;alit&#233; parcellis&#233;e du monde occidental. Contre la performation moderne, le post-moderne tendrait &#224; un travail critique. Contre l'idiolectal li&#233; &#224; l'assomption du singulier, la post-modernit&#233;  poserait des langages conventionnels, issus des p&#244;les h&#233;g&#233;moniques de la repr&#233;sentation, mais cela &#224; partir de la rem&#233;diation de leurs logiques ou de leurs contenus, selon des d&#233;placements circonstanciels ou &#233;v&#233;nementiels, selon des strat&#233;gies de d&#233;territorialisation, sans r&#233;elle reterritorialisation dans une dimension de v&#233;rit&#233;. C'est ainsi que Jean-Michel Espitallier peut &#233;crire : "<em>Faisant le deuil du clivage historique entre pass&#233; et pr&#233;sent, le post-moderne s'inscrit en faux contre tout messianismee. L'&#233;crivain post-moderne retourne contre eux les phantasmes d'une inspiration cr&#233;atrice, raille l'esprit de s&#233;rieux et les suppos&#233;s vertus politico-th&#233;rapeutiques de son travail</em>." (p.126)<br />Il &#233;tait n&#233;cessaire qu'une telle entreprise puisse enfin voir le jour. Non pas qu'il faille en finir avec la modernit&#233;, mais au sens o&#249; elle permet enfin d'avoir acc&#232;s &#224; des pratiques qui h&#233;t&#233;rog&#232;nes &#224; l'intention moderne ne pouvaient appara&#238;tre au vue de la focalisation moderne qui caract&#233;rise encore les pratiques exp&#233;rimentales.  Ainsi, m&#234;me si Espitallier a tendance &#224; tomber dans le name-dropping, et par moment &#224; citer des noms qui sont peu pertinents par rapport &#224; ce qu'il d&#233;veloppe, il r&#233;ussit &#224; rendre visible, si ce n'est lisible, les nouvelles intentionalit&#233;s po&#233;tiques qui s'&#233;laborent. Il ne reste plus qu'&#224; attendre maintenant des essais qui r&#233;fl&#233;chissent et approfondissent ces nouveaux horizons, qui ne seront plus de l'ordre de la caisse &#224; outils, mais plus certainement tiendront du m&#233;cano.</p><br /><font size="1"><font color="##DDDDDD"><a href="http://technorati.com/tag/espitallier" rel="tag">espitallier</a> <a href="http://technorati.com/tag/caisse+a+outils" rel="tag">caisse &#224; outils</a> <a href="http://technorati.com/tag/po&#233;sie" rel="tag">po&#233;sie</a> <a href="http://technorati.com/tag/boisnard" rel="tag">boisnard</a></font><br /><font size="1"><a href="http://www.nuouz.com/articles/Chronique_de_Caisse_a_outil_de_JeanMichel_Espitallier_edition_Pocket/comments.aspx" target="blank">votez pour cet article sur nuouz</a></font><br />]]></content:encoded></item><item><title>Autour de l&#x27;ego des po&#xe8;tes par Philippe Boisnard</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-03-12T08:59:16+01:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-6</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-6</guid><content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a name="ego"><span style="font:11px Verdana, serif; ">La question</a> n&#233;o-lib&#233;rale en po&#233;sie n'est ni nouvelle, ni essentielle. Cependant elle peut &#234;tre conjoncturelle et appara&#238;tre par moment plus visible qu'&#224; d'autres. C'est pourquoi, apr&#232;s avoir mis en &#233;vidence une logique n&#233;o-lib&#233;rale sur </span><span style="font:11px Verdana, serif; "><a href="http://www.sitaudis.com/Excitations/bref-portrait-du-poete-contemporain-en-vrp-neoliberal.php" rel="external">sitaudis</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; ">, il y a environ un an, j'y reviens, non plus par un texte de cr&#233;ation, mais quelques remarques, tout &#224; la fois ironiques et critiques. Car l'ego des po&#232;tes, dans le champ contemporain, semble revenir en force &#8212;&#160;&#224; la fois d'un point de vue critique et symptomatique &#8212; &#224; travers quelques postures, plus ou moins finement m&#233;dit&#233;es.<br />Ainsi pour d&#233;buter, nous pourrions regarder la conjonction entre d'un c&#244;t&#233; le </span><span style="font:11px Verdana, serif; "><a href="http://narcissoshow.blogspot.com/" rel="external">narcissoshow</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> de Laure Limongi et le site-blog qu'elle a semble-t-il lanc&#233; sous le nom </span><span style="font:11px Verdana, serif; "><a href="http://revueambition.blogspot.com/" rel="external">ambition</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; ">. D'un c&#244;t&#233; un site qui promeut une image, o&#249; l'on trouve des photographies de la belle &#233;crivain (ne soyons pas dupe, elle a travaill&#233; elle-m&#234;me litt&#233;rairement sur la question des postures des &#233;crivains et sur les photographies qui les repr&#233;sentent). De l'autre un site qui reprend le c&#233;l&#232;bre titre de l'&#233;mission de Bernard Tapi dans les ann&#233;es 80, et qui &#233;tait d&#233;di&#233;e &#224; la libre-entreprise, &#224; la r&#233;ussite manageriale des golden-boys made in France. On me dira, mais cette posture est &#224; comprendre au 2nd degr&#233;, elle est typique du post-modernisme, comme a tent&#233; de le d&#233;finir entre autres derni&#232;rement Jean-Michel Espitallier dans </span><span style="font:11px Verdana, serif; font-weight:bold; "><em>Caisse &#224; outils</em></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> : "</span><span style="font:11px Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; "><em>L'heure est &#224; la mise &#224; distance, au sentiment de l'absurde, &#224; la d&#233;rision. Ce grand bouleversement, cet effondrement de la confiance en l'art comme humanisme inaugure ce qu'il est convenu d'appeler l'&#232;re postmoderne</em></span><span style="font:11px Verdana, serif; ">". Certes, mais ce serait en rester au constat superficiel, ne pas voir ce qui peut s'y cacher aussi. De plus comme j'y reviendrai ailleurs, il est possible de mettre en critique la logique parodique de la post-modernit&#233;, &#224; partir d'une autre r&#233;flexion sur celle-ci. Le 2nd degr&#233;, s'il est bien pr&#233;sent, n'en est pas moins repris dialectiquement par la volont&#233; d'une logique de visibilit&#233;, et d&#232;s lors une strat&#233;gie de l'image. Car sur le narcissoshow, nul humour ou d&#233;tournement, nul recul par rapport &#224; soi, mais bien un site qui se positionne autour de l'ego.<br />Cet art parodique de l'ego nous le retrouvons, et ceci dans une mis en sc&#232;ne bien plus &#233;labor&#233;e, avec la derni&#232;re entreprise de St&#233;phane B&#233;rard et son site d&#233;di&#233; au </span><span style="font:11px Verdana, serif; "><a href="http://www.coming-in.org" rel="external">coming-in</a></span><span style="font:11px Verdana, serif; ">. Bien pens&#233;, ce nouveau site est une mise en perspective par l'humour d'une certaine logique d'entrisme.<br />Mais derri&#232;re ces parodies, parfois il est possible de voir d'autres entreprises d'ego qui par leur maladresse ne peuvent que d&#233;concerter : je pense ici par exemple &#224; la derni&#232;re affiche du </span><span style="font:11px Verdana, serif; font-weight:bold; "><em>Triangle</em></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> pr&#233;sentant son programme du Printemps des po&#232;tes &#224; partir de J&#233;r&#244;me Game : une affiche cens&#233;e repr&#233;sent&#233;e un rhizome, &#224; une exception, c'est qu'au centre de ce rizhome, il y a le nom de J&#233;r&#244;me Game. On se souvient d&#233;j&#224; de la pol&#233;mique qui &#233;tait surgie lors du dossier du </span><span style="font:11px Verdana, serif; font-weight:bold; "><em>Magazine Litt&#233;raire</em></span><span style="font:11px Verdana, serif; "> en 2001, quand parlant de po&#233;sies, il s'&#233;tait auto-cit&#233;, se prenant lui-m&#234;me pour exemple. Ici, sur cette affiche, appara&#238;t son nom comme p&#244;le structurant une arborescence (ce qui est contradictoire avec Deleuze et Guattari). Maladresse esth&#233;tique  ? Inflation du rapport &#224; soi ? je laisse les lecteurs de po&#233;sie juger par eux-m&#234;mes.</p><br /></span><font size="1"><font color="##DDDDDD"><a href="http://technorati.com/tag/limongi" rel="tag">Limongi</a> <a href="http://technorati.com/tag/jerome+game" rel="tag">J&#233;r&#244;me game</a> <a href="http://technorati.com/tag/po&#233;sie" rel="tag">Po&#233;sie</a> <a href="http://technorati.com/tag/boisnard" rel="tag">boisnard</a></font><br /><font size="1"><a href="http://www.scoopeo.com/culture/autour_de_l_ego_des_poetes" target="blank">votez pour cet article sur scoopeo</a></font>]]></content:encoded></item><item><title>Les juins ont tous la m&#xea;me peau&#x2c; Chlo&#xe9; Delaume&#x2c; par Philippe Boisnard</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-03-12T07:29:42+01:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-5</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-5</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="delaume_vian" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry5_1.gif"/></div><p align="justify"><a name="deleaumech">Lundi 6 mars</a>, 19h30, sortie du travail, travers&#233;e de ville, pluie, nord de France battu par le climat qui ajourne le temps plus propice des jours qui d&#233;filent, un caf&#233; comme sans doute tant d'autres dans cette ville. Je l'ignore, car plut&#244;t autiste, je ne sors que tr&#232;s rarement. Mais l&#224;, &#224; Arras, ce soir, Chlo&#233; Delaume vient lire certains de ses textes &#224; l'invitation des Escales des Lettres. Envie de la revoir, car cela fait longtemps, en quelque sorte aller &#224; la rencontre du pass&#233;. D'un double pass&#233;. Elle et lui. Delaume et Vian. De nouveau le rencontrer par l'entremise d'elle, aller la voir aussi &#224; <em>cause</em> de lui.  Car de lui, je garde, sans doute comme beaucoup, le souvenir indemne de lectures de jeunesse comme on dit <em>commun&#233;ment</em>. Et pourtant, jamais je ne l'ai r&#233;duit &#224; cette part congrue de mon existence, toujours j'ai su que l&#224;, en moi, au-del&#224; de la beaut&#233; de son profile qui signe certaines des couvertures de ses livres, il se tenait aussi g&#233;n&#233;alogiquement comme l'une des sources de mon plaisir enrag&#233; de lire, d'approfondir la langue, de briser le carcan de repr&#233;sentations trop ternes pour attiser l'existence. Aller &#224; la rencontre de ce mort, &#224; travers la vie qu'elle offre dans le livre qu'elle lui a consacr&#233;. <br />Par ce livre, il est &#233;vident que Chlo&#233;, ne donne &#224; pas lire une biographie. Ni une analyse bibliographique. Car de son pr&#233;nom, m&#234;l&#233; &#224; l'oeuvre du mort, elle cherche davantage la ligne secr&#232;te de son propre secret : "<em>je suis la maladie d'un mort &#224; qui je voudrais dire merci. Je ne dois plus rien &#224; personne &#224; part le pr&#233;nom que j'habite. J'aimerais tant le lui dire mais c'est tr&#232;s difficile et surtout compliqu&#233;</em>". "<em>Boris Vian est une langue, une forme, un secret bien gard&#233;</em>". De Boris Vian, on ne saura rien, du point de vue de l'attente acad&#233;mique, mais tout &#224; la fois on saura peut-&#234;tre d&#233;couvrir aussi en nous, pour quelles raisons, Chlo&#233; Delaume a pu se nommer ainsi, a pu rev&#234;tir, pour la pr&#233;sence de son corps, ce pr&#233;nom qui a appartenu &#224; la morte au n&#233;nuphar. Pour quelles raisons, la m&#233;taphore de la mort, de la maladie visc&#233;rale qui l'a tu&#233;e, n'est pas seulement de l'ordre d'une tristesse pour le lecteur, mais la possibilit&#233; d'un d&#233;chirement d&#233;finitif dans la chair de celui qui lit, se plie &#224; la fiction &#233;crite par Boris Vian.<br />Car c'est de cela que nous parle Chlo&#233; Delaume, en quel sens "<em>la fiction survit &#224; la r&#233;alit&#233;</em>", non pas qu'elle en soit un suppl&#233;ment, mais en tant que l'art de Vian aura &#233;t&#233; par ses m&#233;taphores si nombreuses d'intensifier l'existence du lecteur en lui faisant comprendre que tout n'est que de l'ordre de  cette intensification par le prisme de l'imagination. Tel qu'elle le rappelle, Vian disait &#224; propos de<strong><em> L'&#233;cume des jours</em></strong>, en pr&#233;face : "<em>L'histoire est enti&#232;rement vraie, puisque je l'ai imagin&#233;e d'un bout &#224; l'autre</em>". La litt&#233;rature ne saurait &#234;tre seulement une histoire, elle est aussi le lieu d'un enjeu : le mensonge fait existence, le mensonge en tant que v&#233;rit&#233; de l'existence.<br />C'est pour cela que Chlo&#233; Delaume est un personnage de fiction, comme elle le r&#233;p&#232;te.<br />C'est pour cela que Boris Vian a tenu ses <strong><em>Chroniques du menteur</em></strong>, qui assur&#233;ment si elles transforment la v&#233;rit&#233;, n'en &#233;noncent pas moins la complexit&#233; d'un r&#233;el sous la forme l&#233;g&#232;re d'une cruaut&#233; qui passe &#224; la moulinette les sujets qu'il s'&#233;tait donn&#233;. Mais c'&#233;tait trop pour le s&#233;rieux pesant des<em> </em><strong><em>Temps modernes</em></strong>.<br />Tel que pouvait l'&#233;crire No&#235;l Arnaud &#224; la fin de sa pr&#233;face de ces chroniques : "<em>Apr&#232;s tout, le mensonge &#8212;&#160;celui qui, au-del&#224; du jeu sur les mots, s'approprie les noms, fertilise les patronymes (supr&#234;me nominalisme) et les rev&#234;t de nouvelles apparences &#8212;&#160;est parfois une autre v&#233;rit&#233; qu'on appelle aussi, aux meilleurs jours, la po&#233;sie</em>"</p><br /><p><font size="1"><font color="##DDDDDD"><a href="http://technorati.com/tag/chlo&#233;+delaume" rel="tag">[Chlo&#233; Delaume]</a> <a href="http://technorati.com/tag/boris+vian" rel="tag">[Boris Vian]</a> <a href="http://technorati.com/tag/po&#233;sie" rel="tag">[Po&#233;sie]</a> <a href="http://technorati.com/tag/boisnard" rel="tag">[Boisnard]</a></font></p><br /><a href="http://www.scoopeo.com/culture/boris_vian_et_chloe_delaume/?new=true" target="blanck">voter sur scoopeo</a><br />]]></content:encoded></item><item><title>Action-Writing&#x2c; Sylvain Courtoux&#x2c; par Philippe Boisnard (V.2)</title><description></description><dc:creator>philemon1@mac.com.com</dc:creator><category>chroniques</category><dc:date>2006-03-12T07:21:33+01:00</dc:date><link>http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-4</link><guid isPermaLink="true">http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files/archive-3.html#unique-entry-id-4</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="courtoux" src="http://homepage.mac.com/philemon1/Libr_critiK/1/files//1_blog_entry4_1.gif"/></div><p align="justify"><a name="courtouxch">Tout d'abord</a>, saluons la naissance d'une nouvelle petite maison d'&#233;dition, initi&#233;e par Fabrice Caravaca. On le sait en France, s'il y a bien une po&#233;sie vivante, c'est au coeur de ces initiatives, et non pas dans les grosses maisons, qui trop souvent ne d&#233;fendent plus que ce qui est d&#233;j&#224; reconnu, voire qui ne d&#233;fendent qu'un patrimoine mort-n&#233;, aux langues emp&#226;t&#233;es dans un classicisme ringard, qui est tant vant&#233; lors d'&#233;v&#233;nements comme le Printemps des po&#232;tes.<br />Ensuite, est donn&#233; &#224; lire, enfin dans son int&#233;gralit&#233; cet <strong><em>Action-Writing</em></strong> de Courtoux (datant originellement de 2001-2002), qui sort la m&#234;me ann&#233;e qu'un autre <strong><em>Action-Writing</em></strong>, celui consacr&#233; &#224; Kerouac par Michael Hrebeniak (Southern Illinois University Press). Car de fait, cette expression Action-Writing n'est pas nouvelle comme le laisserait penser Prigent dans son texte, mais elle a une histoire qui rencontre Burroughs et Kerouac. <br />Avec ce texte, le lecteur rencontrera un travail au plus pr&#232;s de la langue et de ses coutures, de ses d&#233;coupages, montages, d&#233;montages, provocations. Et ceci au rythme d'un flux insurrectionnel qui attaque l'ensemble de la soci&#233;t&#233; occidentale. Courtoux, comme c'est encore le cas dans son dernier petit opuscule publi&#233; chez IKKO, travaille la langue &#224; partir d'effets rythmiques, de boucles/samples, comme s'il s'agissait de mixer des pistes de son, &#224; part qu'au niveau litt&#233;raire, ces pistes sont des citations (cut) qu'il alterne, densifie, travestit parfois, ins&#232;re et d&#233;sins&#233;re au rythme de son en(r/g)agement. Litt&#233;rature qui se con&#231;oit en tant que trajet qui r&#233;fl&#233;chit la modernit&#233; (Burroughs, Denis Roche et tant d'autres), qui la reprend pour soi, dans langagement d'une critique socio-politique.<br /><br />Et c'est l&#224; ce qui pour ma part me pousse &#224; avoir une certaine r&#233;ticence : ce qui est d&#233;fendu au fond par ce texte : une critique probl&#233;matique de la soci&#233;t&#233; et de certaines valeurs qui en appelle avec le plus grand s&#233;rieux &#224; la r&#233;volution. R&#233;ticence que je nuancerai cependant, du fait qu'il est vrai que par ce texte, il serait possible de penser certains effets d'annulation des &#233;nonc&#233;s, par leu croisement entre d'un c&#244;t&#233; la position du "dit-il" et de l'autre la position du "dit-elle".<br />Toutefois, alors que les "avant-gardes" (terme un peu creux si on n'y fait aucune distinction) se sont d&#233;termin&#233;es contre des entreprises de totalitarisme en des &#233;poques pr&#233;cises, ici ce qui est attaqu&#233; serait de l'ordre du totalitarisme de la d&#233;mocratie et de la soci&#233;t&#233; contemporaine, non pas dans ce qu'elle porterait de terreurs, mais en tant qu'elle porterait certaines valeurs d'&#233;galit&#233;, de tol&#233;rance, de neutralisation de la terreur. <br />D&#232;s lors, ce qui ressort appara&#238;t comme un mim&#233;tisme de posture avant-gardiste, qui se concr&#233;tisant 