.image-left { padding: 5px 5px 5px 5px; border: 2px solid #FF9500; } août 2006
août 2006
SIEGES, Urbs flammis delebatur, Christian Zorka (Le Quartannier)
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Christian Zorka SIEGES / Urbs flammis delebatur, Le Quartanier , isbn : 2-923400-10-0, 31 pages, 7 €.

Quatrième de couverture :
Cela pourrait se passer dans une salle d'opéra ou de ballet, entre une saillie de princesse et la survenue de bergers. Une annonce diffusée par les haut-parleurs interrompt la pièce : le roi qui faisait la guerre chez les voisins pour leur voler des dragées, a été assassiné. Bref, c'est le désordre, mais aussi le retour de l'ordre. Les spectateurs, affolés, montent sur scène et renversent les comédiens pour gagner les cintres et voir la rue par un oeil de boeuf.

Première impressions :
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théoriRe, actes (essai), Denis Ferdinande
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Denis Ferdinande théoriRe, actes (essai), Atelier de l'agneau , isbn : 2-930188-85-5, 101 pages, accompagné du DVD : " Dolly ou les oies sauvages" 15 €.

4ème de couverture :
"... la voix, telle voix comme il est plus que susceptible d'en passer dans l'air du temps, de qui passe et pense : "Où en est-on (où en êtes-vous, littérateurs) avec cela qui s'appelle "littérature" ? Que s'y passe-t-il encore ? Y a-t-il une justification (un sens) à cet "encore" de la littérature ? Qui peuvent bien être les acteurs d'un tel "encore" à l'heure où se pose la question de sa justification (de son sens) ? Quelle heure est-il d'ailleurs, ou alors : ... de quand date-elle, cette heure ? Sauraient-ils — fût-ce un seul d'entre vous ces acteurs — se dérober à la question, voire : sauraient-ils s'y dérober si la question leur était posée de sorte qu'ils ne puissent s'y dérober ? Si oui, qu'advient-il ? Et qu'advient-il de la question si rien n'advient ? À l'inverse, qu'advient-il si aucun ne s'y dérobe ?"

Un essai — voire "essai d'essai" — essai de réponse, réponse si possible, en fait : façon (singulière) de réponse, à la demande — hier formulée par nombre d'aînés, non des moindres, à l'adresse des jeunes auteurs — de s'atteler à quelque chose comme la théorie-en-littérature... Théorire, donc : il y aura eu de toute évidence malentendu de ma part, ou alors aurais-je initialement souhaité répondre de façon stricte, avant la survenue de tel incident, fâcheux : l'auriculaire dérapant sur le clavier, faisant intervenir dans le mot "théorie" la lettre dont la chance voulait qu'elle ne fût pas complètement méconnue... Pas méconnue, en effet, depuis A. Jarry qui au début du XXème siècle" l'introduisit, puis reprise à bon compte par C. Prigent (Ceux qui merdRent) et J.-P. Bobillot (la FaRce cRachée de la pRoésie au XXème siècle). — Vous avez dit (et rit) "filiation" ? ThéoriRe, donc : ou un certain sens du toucher, au sens exactement mallarméen du terme (traduisez : " on a touché... à la théorie en littérature !"). Toucher de prime abord irrecevable — est-ce à dire sacrilège ? — qu'il s'agira de maintenir comme tel afin d'explorer ou plutôt exposer, en tant que fable, le socle ou le principe de toute recevabilité en la matière. Est-ce à dire de façon toute théorique ? Ne serait-ce pas là précisément le risque, risque d'aporie ? Pour autant...

Denis Ferdinande est né en 1978 à Lille et vit actuellement à Montpellier. Il a déjà publié, chez le même éditeur, Critère du cratère (collection architextes), et anime la revue littéraire et critique Marge 707.

Premières impressions :
Ce texte, accompagné d'un DVD, se présente bien en effet comme un essai sur l'essai. Essai, non pas à comprendre en tant qu'objet intellectuel, formaté universitairement, mais essai compris dynamiquement, en tant que tentative. Ce livre se présente comme un essai : il regroupe par fragments, par grappes de remarques, par colonnades, par chapitres qui se juxtaposent, par textes qui sont biffés, ordonnés, un ensemble de remarques, d'injonctions, de détails, concernant cette question de la possibilité d'une pensée théorique concernant la langue, la poésie. Essai qui dès lors se découvre théorire : à savoir qui en chacun de ses instants vient nier le sérieux de ce qui est énoncé, le travestit, le parodie, en montre les mécanismes, les logiques, les stratégies et ceci par le glissement constant tout aussi bien de la langue que de ses argumentations.
D'emblée, le livre de Denis Ferdinande, frappe par sa qualité et sa maturité critique. De même le DVD, "Dolly ou les oies sauvages", film documentaire fictionné sur la possibilité de faire un film, de raconter cette histoire là dont il sera question, témoigne d'un travail très maîtrisé, entre Godard et Léo Carax.
À n'en point douter je reviendrai sur ce très bon livre de Denis Ferdinande en chronique. PB

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revue QQ n°1
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Revue QQ n°1 94 pages (revue non paginée), 5 €.
Commande : 16 boulevard de Belfort 59 000 Lille.

4ème de couverture :
Prétention d'édition effectuée le mardi six juin deux mille six de neuf heures à dix heures trente minutes par Ariane Bart, avec des textes écrits par Ariane Bart, Antoine Boute, Lucille Calmel et Charles Pennequin sur la liste de diffusion "cu_cu_clan"

Impressions :
Cela travaillait cette liste de diffusion. Depuis un certain temps se posait la question de la publication de la textualité immanente de cette liste où se déversent aussi bien les retours-détour-retors réflexifs de Lucille Calmel, les injonctions énervées de Charles Pennequin, les délires post-lettristes d'Ariane Bart ou les textualités réticulaires d'Antoine Boute. Voilà, c'est publié.
Que peut-on lire dans cette copieuse revue ?
Tout d'abord, un type de relations linguistiques qui est permis par le net et qui s'est ouvert par son biais. Même s'il est vrai que le texte de Thth publié par Camera Animales rend davantage cette dynamique réactive, du fait de l'inventivité idiolectale constante qui est la sienne et de la conjonction permanente à une actualité dans laquelle il est immergé. De fait, la revue QQ, peut paraître décevante de ce point de vue, même si apparaissent des passages complets d'échange web.
Ensuite, des expériences littéraires reliées à la spécificité de chaque intervenant. C'est en ce sens que nous pouvons y lire la mystérieuse Ariane Bart, dont la textualité n'est pas sans rappeler certains textes d'Antoine Boute dans le numéro 13 de OUSTE. De là à penser qu'ils ne font qu'un, voilà un pas que je suis prêt à franchir. De même que nous pouvons y saisir à la volée les textes précipités de Pennequin.
Dans l'ensemble cette revue, qui se place dans l'auto-dérision et qui avoue sa donation dérisoire, permet de passer un moment amusant.


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DHead, Xki Zone
dhead

Xki Zone DHead, éditions Le Quartanier , 32 pages, ISBN : 2-923400-11-9, 7 €.

4ème de couverture :
Et vox in tabula rasa, échos, symptômes, et vox en coulée gargouille, vous dit, vous dit, tout ce que le skull-être vomit de dB, de pathos, de délires, en dolby technicolor. Et le gore ne suffit pas, ni le stupre, ni la haine de soi, in vitro pourriture de l'ego gâchis, vous dit, vous dit, tout ce que les trépans ont foré, profond de profundis dans les tranchées nerveuses, jusqu'au bulbe en extinction, jusqu'aux neurones en friture, alors on comprend mieux le sens de cette mort cérébrale, dégorgée et scénarisée ici sous le nom de code DHead.

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Joël Hubaut Re-mix épidémik — Esthétique de la dispersion
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Joël Hubaut Re-mix épidémik Esthétique de la dispersion, éditions Les Presses du réel (col. écart absolu) , 320 pages, ISBN : 2-84066-160-8, 32 €.

4ème de couverture :
" Joêl Hubaut épidémique, en tout et partout, est une figure et une force excentrique dans le paysage de l'art contemporain en France : hors limite, irrégulier, à l'entrecroisement des domaines (dessinateur, peintre, vidéaste, chanteur, écrivain, organisateur d'événements, enseignant). C'est une entreprise proliférant qui zigzague en France depuis plus de trente ans.
Si l'art est Action alors Hubaut est un actant qui construit des échanges et des interactions. Artiste trans-media, doué d'une énergie centripète et centrifuge, il est l'architecte mobile d'une chaotique trans-historique. Oeuvre vivante en gestation permanente, Hubaut est devenu une entreprise de projets collectifs, en utopien rebelle à toutes les soumissions. On the road, avec Kerouac et Pelieu, Satie et Duchamp, Picabia et Beuys, Malevitch et Filliou, Pierre Dac et Rabelais, Fourier, Brisset, Artaud et Luca. Vociférateur burlesque, tendance carnaval, Guignol et Pinocchio, terrien et vivant. Cette première monographie donne le ton de la sarabande qu'il danse depuis 1972 et les divers témoignages tentent de cerner (avec ses commentaires) ses activités dipersives et mouvantes

La collection
l'écart absolu, dirigée par Michel Giroud, se consacre aux formes de pensée novatrice, dans les arts, dans le domaine social et spirituel, refusant la frauduleuse séparation entre la transformation sociale et l'innovation esthétique""

Premières impressions :
Livre extraordinaire aussi bien quant à sa confection (de très nombreux documents couleurs, de nombreux dessins des projets d'installations et de performances), que quant à la présentation du travail de Joël Hubaut : d'assez bonnes préfaces — qui cependant n'interrogent pas assez la question politique, comme nous tenterons ici d'y revenir —. Cet ensemble donne un aperçu de l'ensemble de la trajectoire de Hubaut et permet de saisir une réelle cohérence dans cette diversité d'expériences qui le caractérise. Un livre essentiel pour qui s'intéresse aussi bien à ce créateur de génie qu'à l'art contemporain français. PB


articles en rapport à cette entrée : [Chronique sur Lissez les couleurs (Aldante) par P. Boisnard] [lire +]
vidéo en rapport à cette entrée : [Lecture à de Joël Hubaut Lodève-2006 remixée P. Boisnard] [voir]


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R, Sébastien Lespinasse
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Sébastien Lespinasse R, éditions Pneuma 01 , CD 15 pièces sonores, 12 €.
renseignements : seblesp@voila.fr
commande : Sebastien Lespinasse - 20 rue Henri Moissan - 31200 Toulouse


présentation par Sebastien Lespinasse :
" Les poèmes partitions présentés ici ne sont que des points de départ pour construire des improvisations vocales et verbales. Tous ces textes - ou prétextes devrais je dire - ne cessent de se réécrire au fur et à mesure que je les interprète, ils ne sont en aucun cas fixés, ils dessinent seulement pour moi une direction à suivre, un chemin possible entre le sens et le sensible. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas hésité à faire entendre sur ce disque des versions différentes d'un même poème"

Premières impressions :
C'est à Lodève que nous avons découvert et rencontré Sébastien Lespinasse. Qui apparaît comme l'un des poètes sonores les plus remarquables de la jeune génération. Nous l'avons entendu lors des soirées off à l'atelier de Sophia Burns et Karim Blanc, soirées organisées par Franck Doyen 22MdP. Outre le fait qu'il soit un très bon lecteur (travail de voix, travail d'intonation, de bruitisme, de respiration), ses poèmes-partitions réfléchissent en plus intensément la tradition de la poésie sonore née depuis le début du siècle. Loin de toute fausse originalité, ou encore de jeux quelconques comme on peut l'apercevoir de temps à autre chez certains poètes sonores qui confondent calembours ou jeux de mots avec poésie sonore, Sébastien Lespinasse réfléchit dans chacun de ses travaux la question de la densité sonore, de son rapport à la langue et à son contenu. C'est pourquoi aussi bien les 4 versions du poème R que les 2 versions du poème Z, ne sont pas accessoires, mais témoignent de la réélaboration, de la réécriture sonore de chaque interprétation. PB


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