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Elle est là de Raymond Federman & Mathias Pérez
Editions Carte Blanche, 24 pages , ISBN : 2-905045-45-0, 15€
site Fusées
4ème de couverture :
J'hésite
vais-je oser
oser
la toucher !
Premières impressions :
Mathias Pérez nous offre avec cette publication à 1200 exemplaires, la possibilité d'obtenir à un prix raisonnable, le fac-similé d'un livre d'artiste fait par lui-même et par Raymond Federman, redécouvert depuis deux ans en France, et auquel fut consacré le dernier numéro de Fusées (cf. le site Fusées, où est en ligne un dossier).Cette édition, tout en quadri, permet de découvrir aussi bien l'écriture manuscrite de l'écrivain, écriture qui tourne autour de la ligne sensuelle du sein et des cuisses de la femme, que la peinture tout en surface du corps féminin qu'accomplit Mathias Pérez. Cette rencontre permet d'entrer dans l'intersection de deux désirs, écriture et peinture, qui chacun à leur façon, se tiennent dans la suspension de la tension en direction du corps féminin : "je ... je ..." "Je veux les lécher les mordiller les... les ..."

mobiles de Vannina Maestri
Editions al dante, 143 pages , ISBN : 2-84761-098-7, 17€
4ème de couverture :
Mon but serait une écriture-carte dessinée comme un territoire passager où les discours s'entrecroisent sur une surface qui mimerait un discours vrai; mais ceci comme si le texte n'était pas vraiment dans un territoire exact ni utopique mais simplement variable... Comme pour le jeu de go où les pions occupent sur le damier une intersection de lignes; ils se combattent grâce à une imperceptible avancée : une armée de mots-pions (noirs et blancs de la page) ravageant le terrain par petites avancées et contournements, solitaires mais en groupes — accolés et formant cependant une linéarité."
"Mobile", l'écriture de Vannina Maestri libère le sens des significations fossiles. Mots, concepts et images émergent en écheveaux ou constellations, cernant les vides où se déploie une langue sans cesse mouvante et néanmoins tenue.
Vannina Maestri a déjà publié aux éditions Al dante : Suppressions des données (in Ouvriers vivants, ouvrage collectif, 1999) et Vie et aventures de Norton (2002).
Premières impressions : mobiles, tout à la fois structures en équilibre précaires et solides sur la page, aux croisements des pages, dans les intersections des échos de mots, et dynamique forcenée et parfois fugace de sens qui fusent et démultiplient chaque facette donnée par les expressions. Cet assemblage n'est pas simplement un cut'up, mais il est bien la mise à l'épreuve de la résistance de notre propre langue en ce temps. Car Vannina Maestri entreprend bien là, comme son chantier l'y pousse de plus en plus, un travail schizophrène de et dans la langue et ses ramifications au niveau de ce qu'elle dit. Que dit la langue quand on la saisit dans ses intercroisements, dans ses brisures, dans une cartographie qui ne répond plus aux cadastres artificiels donnés par des pouvoirs hégémoniques (le magazine, la radiophonie, le journal télévisé, l'affiche, etc...) ? Que dit la langue quand on la saisit dans sa prolifération phénoménale, dans son surgissment en tant que phénomène qui vient saturer l'espace cognitif de la conscience immergée dans le monde humain ? C'est l'expérience de cette question, à laquellle nous convie ici Vannina Maestri. Un livre magnifique, dont on ne pourra assurément jamais faire le tour.

Ce qui fait tenir de Christian Prigent
Editions POL, 169 pages , ISBN : 2-84682-111-9, 18€
4ème de couverture :
Soit un effet de cadrage (analyse, théorie); et, en creux dedans, justifié par et le tenant ouvert, l'ironie d'un noir lumineusement opaque (poésie). L'un avec et contre l'autre, indissolublement. Petits mouvements d'écriture dans ce dispositif alterné. Pour voir comment ça marche. Et ce que ça dit du complexe de nommable et d'inommable dit expérience. Scénario : 1) ouverture (peinture et poésie : Daniel Dezeuze et Paul Scarron) — 2) bref acte en vers —3) intermède : Paul Verlaine et les mères — 4) final voix off pour dénouer.
Premières impressions :
Prigent ne nous avait pas habitué à poser ainsi travail poétique et théorique, lui qui, tout au contraire de les tenir juxtaposés dans un seul élan, posait davantage la fusion, l'entrelacement, ou leur écart total (les deux appartenant à deux champs éditoriaux distincts), pouvant même se méfier parfois de travaux interrogeant la juxtaposition des genres. Dans ce livre il offre ainsi à suivre un travail de plans et de déplis qui à première lecture paraît avec difficulté parfois se replier, les langues étant peut-être trop distantes, hétérogènes, ne s'interrogeant pas assez certainement à certains instants. Certes, comme je le montrerai dans un prochain article critique, on retrouve de magnifiques formulations analytiques quant à la modernité (poétique et picturale, qui recoupent les magnifiques analyses de Rien qui porte un nom