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lundi 26 juin 2006 - 12:06:12 PM

Sommaire ...

Coluche (1944-1986)

Avec la capote Nestor
Tu n'es pas né, tu n'es pas mort

Michel Eyquem de Montaigne (1533-1592)

De la force de l'imagination (Livre I, chap xx)

Nous ne commandons pas à noz cheveux de se herisser, et à nostre peau de fremir de desir ou de crainte. La main se porte souvent ou nous ne l'envoyons pas. La langue se transit, et la voix se fige à son heure. Lors mesme que n'ayans de quoy frire, nous le luy deffendrions volontiers, l'appetit de manger et de boire ne laisse pas d'emouvoir les parties, qui luy sont subjettes, ny plus ny moins que cet autre appetit : et nous abandonne de mesme, hors de propos, quand bon luy semble. Les utils qui servent à descharger le ventre, ont leurs propres dilatations et compressions, outre et contre nostre advis, comme ceux-cy destinés à descharger les roignons. Et ce que pour autorizer la puissance de nostre volonté, Sainct Augustin allegue avoir veu quelqu'un, qui commandoit à son derriere autant de pets qu'il en vouloit : et que Vives encherit d'un autre exemple de son temps, de pets organizez, suivants le ton des voix qu'on leur prononçoit, ne suppose non plus pure l'obeissance de ce membre. Car en est-il ordinairement de plus indiscret et tumultuaire ? Joint que j'en cognoy un, si turbulent et revesche, qu'il y a quarante ans, qu'il tient son maistre à peter d'une haleine et d'une obligation constante et irremittente, et le menne ainsin à la mort. Et pleust à Dieu, que je ne le sceusse que par les histoires, combien de fois nostre ventre par le refus d'un seul pet, nous menne jusques aux portes d'une mort tres-angoisseuse : et que l'Empereur qui nous donna liberté de peter par tout, nous en eust donné le pouvoir.
Jean de La Fontaine (1621–1695) (Livre 8)

La Mort et le Mourant

La Mort ne surprend point le sage;
Il est toujours prêt à partir,
S’étant su lui-même avertir
Du temps où l’on se doit résoudre à ce passage.
Ce temps, hélas! embrasse tous les temps:
Qu’on le partage en jours, en heures, en moments,
Il n’en est point qu’il ne comprenne
Dans le fatal tribut; tous sont de son domaine;
Et le premier instant où les enfants des rois
Ouvrent les yeux à la lumière,
Est celui qui vient quelquefois
Fermer pour toujours leur paupière.
Défendez-vous par la grandeur,
Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse,
La mort ravit tout sans pudeur
Un jour le monde entier accroîtra sa richesse.
Il n’est rien de moins ignoré,
Et puisqu’il faut que je le die,
Rien où l’on soit moins préparé.
Un mourant qui comptait plus de cent ans de vie,
Se plaignait à la Mort que précipitamment
Elle le contraignait de partir tout à l’heure,
Sans qu’il eût fait son testament,
Sans l’avertir au moins. Est-il juste qu’on meure
Au pied levé? dit-il: attendez quelque peu.
Ma femme ne veut pas que je parte sans elle;
Il me reste à pourvoir un arrière-neveu;
Souffrez qu’à mon logis j’ajoute encore une aile.
Que vous êtes pressante, ô Déesse cruelle!
—Vieillard, lui dit la mort, je ne t’ai point surpris;
Tu te plains sans raison de mon impatience.
Eh n’as-tu pas cent ans? trouve-moi dans Paris
Deux mortels aussi vieux, trouve-m’en dix en France.
Je devais, ce dis-tu, te donner quelque avis
Qui te disposât à la chose:
J’aurais trouvé ton testament tout fait,
Ton petit-fils pourvu, ton bâtiment parfait;
Ne te donna-t-on pas des avis quand la cause
Du marcher et du mouvement,
Quand les esprits, le sentiment,
Quand tout faillit en toi? Plus de goût, plus d’ouïe:
Toute chose pour toi semble être évanouie:
Pour toi l’astre du jour prend des soins superflus:
Tu regrettes des biens qui ne te touchent plus
Je t’ai fait voir tes camarades,
Ou morts, ou mourants, ou malades.
Qu’est-ce que tout cela, qu’un avertissement?
Allons, vieillard, et sans réplique.
Il n’importe à la république
Que tu fasses ton testament.
La mort avait raison. Je voudrais qu’à cet âge
On sortît de la vie ainsi que d’un banquet,
Remerciant son hôte, et qu’on fit son paquet;
Car de combien peut-on retarder le voyage?
Tu murmures, vieillard; vois ces jeunes mourir,
Vois-les marcher, vois-les courir
A des morts, il est vrai, glorieuses et belles,
Mais sûres cependant, et quelquefois cruelles.
J’ai beau te le crier; mon zèle est indiscret:
Le plus semblable aux morts meurt le plus à regret.
Antoine de Saint Exupéry (1900-1944)

Le petit prince

- Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ? dit le petit prince.
- C'est une chose trop oubliée, dit le renard.
Ça signifie "créer des liens..."


Bernard Lortat-Jacob

Chronique de guerre

L’Irak on n’a
pas trouvé mieux
pour les guerriers
et les merdeux

Le partie Bass’
a fait main basse
sur les mollahs,
c’est dégueulasse

Les parties molles
ont partie belle,
qu’elles se dégonflent
aux Dardanelles

La guerre est dure,
faudra prier
dans les églises
et les mosquées

l’djihad c’est pas
pour les pédés :
Allah l’a dit :
ça va saigner.

à l’Allali
je vous le dis
à l’Allaali
faudra passer


BLJ

Bernard Lortat-Jacob

Poésie pour double-youou

Bouch’ à nourrir
et Bush à tuer
Bouchons d’champagn’
pour les guerriers.
Des Bush, débou-
chez vos éviers
vos chiottes et vos
doublevécés...


Mettez-y Bush
et ses bouchers;
Tirez la chasse
ça d’vrait passer.
Conseil pour votr’
sécurité
y’a des fellahs
qui sont fêlés;
l’désert c’est fait
pour déserter.

BLJ


Lao Tseu

Aphorisme 11

30 rayons convergents, réunis au moyeu, forment une roue; mais c'est son vide central qui permet l'utilisation du char. Les vases sont faits d'argile, mais c'est grâce à leur vide que l'on peut s'en servir. Une maison est percée de portes et de fenêtres, et c'est leur vide qui la rend habitable.

Ainsi, l'être produit l'utile; mais c'est le non-être qui le rend efficace.

Alphonse Allais (1854-1904)

Le sourire (extrait)

Il faut prendre l'argent là où il se trouve, c'est-à-dire chez les pauvres. Bon d'accord, ils n'ont pas beaucoup d'argent mais il y a beaucoup de pauvres.

Saint Amant (1594-1661)

(Poême sans titre, publié 1629)

Assis sur un fagot, une pipe à la main,
Tristement accoudé contre une cheminée,
Les yeux fixés vers terre, et l'âme mutinée,
Je songe aux cruautés de mon sort inhumain.

L'espoir qui me remet du jour au lendemain,
Essaie à gagner temps sur ma peine obstinée,
Et me venant promettre une autre destinée,
Me fait monter plus haut qu'un empereur romain.

Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre,
Qu'en mon premier état il me convient descendre
Et passer mes ennuis à redire souvent :

Non, je ne trouve point beaucoup de différence
De prendre du tabac à vivre d'espérance,
Car l'un n'est que fumée, et l'autre n'est que vent.

Extrait vidéo de Professeur Yeshayahou Leibowitz

Voici quelques courts extraits vidéos d'un film d'Eyan Sivan, sur le professeur Yeshayahou Leibowitz, disponible en 2 DVD, publié chez Momento! EDV 1589.

Je ne connais, sur ce penseur israelien, que les entretiens diffusés en 2 volets, je crois, sur FR3 il y a plusieurs années et j'étais resté scotché devant l'écran. Leibovitz - décédé depuis - était un érudit et, entre autres choses, ce qu'il dit sur le devoir d'insurrection - dans certains cas - devrait être entendu par certains, dans cette époque troublée...

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André Minvielle

Ecoutez ce fabuleux chanteur gascon dans ses oeuvres, avec la Compagnie Lubat. Les extraits sont tirés d'un CD "Scatrap Jazzcogne".

Do listen to this fabulous gascon singer, with the Compagnie Lubat. Excerpts are taken from a CD, "Scatrap Jazzcogne":

Emerson, Lake, Palmer : a video excerpt

You like alternative rock of the 60 ? Then, you will be delignted. You will find a QuickTime video excerpt of the legendary trio Emerson, Lake, Palmer - taken out from a DVD released by classicrock production "Master from the Vaults".

In Nut Rocker, we see Keith Emerson, one of my favorite organ player during my youth, stabbing his Hammond with knives and taking the hell out of it. The man is prolixe and doesn't know too much the sense of the word "silence" but he is a fantastic musician and brought a definite original color in his music, mixing classical, contemporary, hard rock and psychedelic music altogether.