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au
programme:
Greco Casadesus: "Suppléments d'âme"
Pierre-André Athané: "Quatuor N°1"
Baudime Jam: "Les Horizons perdus"
(écoutez des extraits sur la page "musique de
chambre")
critiques
dans la presse et sur le web:
Rob Barnett
– musicweb international - juillet
2009
Here are two song-cycles and one string quartet from
younger generations of French composers whose instincts are
connected to Mélodie.
The three songs that make up Casadesus's Suppléments d'Âme
are, tuneful, incantatory and emotionally volatile. They
have about them something of a spell and something of a
somnambulatory scena. The tinder really catches flame in
the Trois tentatives - the last song - with Lys Nordet's
operatic voice unleashed with uncommon ardour and
conflagration.
For eight years, from age 22, Casadesus who grew up in
Montmartre in what I take to be the great musical family
was an artistic director of EMI Pathé-Marconi working with
two generations of young and commanding French executant
artists. At age 30 he turned to composition alone and made
his way through work for French cinema and theatre. More
about him at www.casadesus.com.
Sandwiched between two chamber song-cycles comes Athané's
String Quartet No. 1 - a melodically aspirational work of
singing passionate intensity. It leans heavily on the long
cantabile line and is most luminously lofted. Angers-born
Athané has made a considerable name for himself in the
worlds of French stage, radio and cinema. His inspiration
is, on this evidence, strongly and appealingly rooted in
the example of Fauré. If Casadesus's name was made strongly
by his major score for the 1921 silent by Henri
Diamant-Berger's Three Musketeers, French audiences may
well know of Athané through the French TV series 'Thalassa
- The Colours of the Sea'. If you enjoy surging melodic
early Fauré then this is a quartet you need to hear. After
two movements of singing seduction the final movement is
just a shade more acerbic. It links with material from the
earlier movements. www.pa-athane.com.
Baudine Jam is wonderfully in touch with the melancholy
ecstasy of Poulenc. Add to this an infusion of Duparc here
and a dusting of Chausson there. His soprano is Hermine
Huguenel. She too, rather like Nordet in the Casadesus, has
tinder and kindling in her voice sufficient that it smokes
and flames. The writing is more varied in surface than the
Athané. Its long lines seethe with concentration and
passion. At 35 minutes this is an epic work. It demands all
of your attention and is very satisfying. The dreamy
waywardness of Sous la lune argentée is memorably eerie. La
ronce des regrets shows determination and rough spirit at
first yet then relaxes into the woodland wandering of the
previous song. Violin tendrils that reach out imploringly
and seductively from the last song A la fontaine des
amants. Over all hangs a nostalgic and poignant melancholy
that would have delighted Bernard Herrmann hasd been around
to hear this. Jam has created and sustained a world of
hooded eyes and muted passion - the surreal dreams of
Warlock's Curlew and Schoenberg's Pierrot Lunaire.
Jam has been active as a producer with Radio France. His
biography of George Onslow (564 pages ISBN: 2-9520076-0-8)
has been well received. He is also responsible for the
first full critical edition of the George Onslow's 36
string quartets. The violist of the Prima Vista he has also
been busy writing scores for silent films and concert
works.
There are notes with this CD in French and English and all
the words are printed in the sung French but without
translation into English.
The Prima Vista are warm in tone and warmly recorded; a
pity about the audible breathiness of one of the players.
Small price to pay for such a honeyed melos with engaging
ebb and flow. They have been very active in
Clermont-Ferrand and beyond in the promotion of the music
of George Onslow. A fixture at "Les Soirées Onslow"
festivals they tour the various castles of Auvergne in
August each year.
Three living composers in three scores that owe more to
early twentieth century mulch than to the clever twenties
or the wilder Boulezian extremes. I would be interested in
hearing more of their work and hope that further CDs will
appear.
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Lionel
Pons - Euterpe - juin 2009
C’est sous le titre générique de
Suppléments d’âme1 que paraît le
dernier CD du Quatuor Prima Vista2, lequel regroupe trois
oeuvres récentes de compositeurs largement en activité. Le
titre, à lui seul, est déjà un résumé de l’esprit
dans lequel la démarche se trouve entreprise. La musique,
et plus largement l’art, n’ont de raison
d’être que s’ils sont une voie d’accès
vers ce supplément d’âme dans lequel
l’intellect vient relayer l’affect sans le
remplacer. Le supplément en question n’a rien
d’une distinction élitiste entre « ceux qui
l’ont et ceux qui ne l’ont pas », il fait
référence à cette part de nous-mêmes à laquelle nous ne
consentons que trop rarement à donner la parole et dont la
musique nous permet de prendre pleine conscience.
Les trois
Suppléments d’âme pour soprano et
quintette à cordes ont été composés en 2008 par Gréco
Casadessus. Il devient difficile de parler simplement de
mélodies, tant l’imbrication est ici profonde entre
la voix et le tissu instrumental. Le compositeur est un
musicien de l’image, ce qui n’a strictement
rien de péjoratif. Son art tend vers une forme essentielle
de la musique, un pouvoir expressif concentré en quelques
notes, en quelques inflexions, lesquelles installent un
climat poétique complexe, changeant, palpitant au sens
physiologique du terme. Nul enfermement technique dans
cette musique qui se veut d’abord souffle, élan,
force en mouvement, avant que d’être débat
esthétique. Le raffinement n’en est
pas absent, bien au contraire, mais ne saurait prendre sa
source simplement dans une quête de « joliesse » ou une
démarche purement décorative. De l’exigence peut
naître l’épure, sans rien d’austère, mais aussi
sans séduction vaine. Telle semble être la ligne directrice
du musicien dans cette oeuvre profonde et dense. La
séduction exercée ne doit rien au hasard, et
l’économie n’a rien à voir avec l’aridité
ou avec l’indigence. La rigueur avec laquelle sont
agencés les évènements sonores renvoie à une exigence
formelle partout présente, mais que l’intensité
poétique laisse oublier, comme si elle ne devait être que
le fruit d’une démarche naturelle. On mentionnera
particulièrement le troisième mouvement,
Trois tentatives pour trouver la
source, combinaison
subtile de mystère et d’évidence : la complexité
devient un vecteur de l’indicible, et nous le livre
comme une vérité soudain lumineuse. Maître coloriste,
Gréco Casadesus n’est pas embarrassé par
l’éventail timbrique auquel il a choisi de se
limiter. Les cordes respirent, dialoguent avec la soprano,
crépitent, vivent tout simplement, comme le traduit
l’oeuvre toute entière.
Le
Quatuor à cordes n°1 de Pierre-André
Athané date, quant à lui, de 2007. Répudiant également les
sortilèges d’un art spéculatif au profit d’une
vision intensément poétique qui n’a rien de
passéiste, le musicien juxtapose trois états de sensitifs
diffus mais singulièrement prenants :
Pour la cime des arbres,
Pour chaque jour qui passe,
Pour le ballet des ombres.
Jamais peut-être depuis la mort d’Henri Sauguet, dont
les trois quatuors à cordes demeurent scandaleusement
méconnus, un compositeur ne s’était attaché à fixer
en sons des sensations pourtant fugaces et presque
indéfinissables. Le geste mélodique reste fondamental, avec
la sinuosité capricieuse propre à l’âme humaine,
joint à un sens aigu (et rare) de la couleur harmonique.
Traversé d’éclairs de lumière, tamisé de zones
d’ombres crépusculaires, ce quatuor mérite largement
de prendre place au sein d’une littérature certes
foisonnante, mais qui n’atteint pas toujours cette
hauteur de vue et ce don poétique. On reste confondu devant
la
faculté de conduire le discours sans rien de forcé, en une
arche puissante et pourtant dépourvue de tous les attributs
extérieurs d’une robustesse massive.
Baudime Jam est à la fois compositeur, altiste du quatuor
Prima Vista et auteur des poèmes sur lesquelles sont
composées les mélodies de son cycle
Les Horizons perdus, pour
mezzo-soprano et quatuor à cordes. Dira-t-on un jour à quel
point l’art de la mélodie reste le fruit d’un
alliage délicat, dont peu de musiciens ont su trouver la
clé ? Baudime Jam est de
ceux-là. Ample, tour à tour mélancolique ou dramatique, la
ligne s’épanouit en un riche dialogue avec le quatuor
qui renoue avec la
Chanson perpétuelle d’Ernest
Chausson. Le cycle est parfaitement architecturé,
entretenant entre les différentes mélodies tout un réseau
de
correspondances qui touchent à tous les paramètres
musicaux, et non seulement à la récurrence thématique. Le
respect de la voix est total : elle est le truchement
naturel des textes, que la musique ne fait pas que
prolonger. Le mot, le son et le sens sont ici absolument
indissociables, ils participent d’une seule et même
entité, d’un unique élan qui ne permet pas de les
concevoir les uns sans les autres. La mélodie n’est
pas un art de salon, contrairement à la romance, elle est
d’abord subtilité, raffinement et quintessence.
Baudime Jam l’aborde ici avec le naturel sans apprêt
qui est la marque des grands du genre.
Les interprètes sont tout à fait à la hauteur des oeuvres
défendues, du quatuor lui-même à Daniel Grimonprez
(contrebasse) en passant par Lys Nordet (soprano) ou
Hermine Huguenel (mezzo-soprano), et l’ensemble du CD
ressort d’une démarche artistique plus que
courageuse, nous livrant en un même programme, trois
oeuvres puissantes qui sont autant de témoignages de
l’universalité de la musique. Ceux que la musique
dite contemporaine fait fuir doivent partir à la découverte
de ces pages, non qu’elles soient en rien faciles,
mais elles sauront faire oublier l’exigence de leur
langage face à leur générosité poétique.
À découvrir d’urgence donc, et à réécouter sans
lassitude !
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Gérard Sapet
- Le Renouveau - 28 août 2009
Comme
chacune de leurs prestations, les enregistrements proposés
par le quatuor à cordes clermontois Prima Vista réservent à
l’auditeur ces instants privilégiés que seules les
formations de haut niveau savent procurer. Lorsque
l’inspiration des trois compositeurs choisis habite
de surcroît la sensibilité des interprètes, l’osmose
artistique ne peut que conduire à la saveur la plus
émotionnelle induite par la découverte de
l’exceptionnel.
Gréco Casadesus, dont on ne présente plus la famille
d’artistes exemplaires, délaisse provisoirement
l’écriture de musiques de films qui lui ont apporté
la notoriété pour signer en 2008 ces Suppléments d'âme pour
voix soprano, quatuor à cordes et contrebasse. Le
compositeur fait ici étalage de toute sa science de
mélodiste et de coloriste pour offrir à la soprano Lys
Nordet une page de virtuosité dans laquelle transparait en
filigrane permanent une émotion qui touche au sublime, au
surréel voire à l’onirisme d’un poème
symphonique tout intérieur. Tout au plus pourrait-on
regretter que certains accents de la composition
s’écartent du but recherché par les trois complices,
cette remarque étant par ailleurs des plus subjectives,
rien ne remplaçant l’audition et les suggestions
individuelles.
Après l’étude du piano, Pierre-André Athané
s’oriente très rapidement vers la composition de
musiques pour le théâtre ou le cinéma avant de signer plus
récemment des œuvres pour orchestre ou musique de
chambre. Daté de 2007, son Quatuor n°1 se présente sous la
forme d’un poème symphonique tout intérieur où la
nostalgie induite par la fuite des jours ne saurait masquer
une allégresse sous-jacente permanente reflétant la joie de
vivre. Le Ballet des Ombres conclusif, lancinant
jusqu’à l’envoûtement, se nourrit de mélodies
aux nuances subtiles jusqu’à une cadence en point
d’interrogation à même d’aiguiser
l’imagination. Devant une si intense et émouvante
inspiration, une suite à ce premier quatuor ne saurait être
accueillie qu’avec enthousiasme.
C’est en mars 2008 que Baudime Jam présentait à la
Salle Comedia de Clermont-Ferrand la création mondiale de
l’une de ses dernières œuvres : Les Horizons
Perdus, devant un public exigeant dont l’enthousiasme
devait plébisciter une partition d’une maîtrise
achevée, en étroite symbiose avec les cinq volets
d’un poème élaboré par le compositeur lui-même.
Délicatesse et romantisme exacerbé caractérisent des vers
libres empreints d’une nostalgie contagieuse qui ne
fait que rendre plus précieux l’élan d’espoir,
véritable déclaration d’amour dont l’écho
résonne près d’une Fontaine des Amants dont la source
ne saurait tarir. On a affaire là à un assemblage prenant
de timbres entremêlés, aux résonnances confondues avec la
voix inimitable de Hermine Huguenel au sommet de son art,
rendant avec passion l’intelligibilité et
l’intériorité du texte.
Malgré la somme de difficultés techniques accumulées au
cours de ces pages, le Quatuor Prima Vista donne une
impression constante de facilité, notamment grâce à un
excellent équilibre des différentes voix conduisant à un
discours musical parfaitement lisible et élégant.
L’autre intérêt de cet enregistrement réside dans la
volonté affirmée des compositeurs d’offrir avant tout
de la musique en s’écartant délibérément de courants
aussi factices qu’illusoires, ceux-là mêmes qui
prônent et encouragent la disparition de
l’esthétisme. Ce supplément d'âme, magnifique et
indispensable, s’en trouve ainsi des plus
réconfortants.
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John Pitt -
New classic - août 2009
Three
young French composers, each with their own original poetic
universe, present here a selection of recent chamber music
pieces. Each composer demonstrates his admirable concern to
re-establish a link between the public and contemporary
music, adding both ivory-tower academicism and artistic
concession. The excellent Prima Vista Quartet, based in
Clermont-Ferrand, France play Gréco Casadesus’s
Suppléments d’âme for soprano and string quintet
(with soprano Lys Nordet and Daniel Grimonprez, double
bass), Pierre-André Athané’s String Quartet No. 1 and
Baudime Jam’s Les Horizons perdus for mezzo-soprano
and string quartet (with Hermine Hugunel, mezzo).
Beautifully performed and recorded, this is an album of
beguiling, stylish and wonderfully accessible music. Highly
recommended.