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Stanislas Chiasson |
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Stanislas Chiasson & Marie Jean
lignage : Pierre, Guyon Denis, Sébastien, Jacques,
Amant, Amant, Jean, Gilbert, Stanislas
Stanislas est né à Havre-Aubert, aux Îles-De-La-Madeleine le 20 septembre 1869. Son père, Gilbert, dit Gil, qui depuis quelques années allait pêcher la morue, aux alentours de la Pointe aux Esquimaux, sur la Côte-Nord, aujourd'hui Havre-Saint-Pierre, vint s'y établir l'année suivante avec sa famille. Stanislas était l'aîné d'une famille de sept enfants, dont deux sont décédés en bas âge. Aussitôt en âge de travailler, Stanislas qui n'a que 14 ans, quitte sa famille pour la haute Côte-Nord, où un jeune homme peut faire autre chose que la pêche. Pendant quelques années, il travaille çà et là dans les chantiers de Manicouagan et Bersimis, comme aide cuisinier. Quelques années auparavant
deux frères, du nom de Jean, qui venaient de la Côte-Sud,
s'établirent avec leur famille près de deux petites rivières
dans la région de Ragueneau. Ces rivières étant
distantes de six ou sept milles, leur but était d'y faire la chasse
l'hiver, car la fourrure, ces années-là se vendait bien.
Ils ont tôt fait de défricher et d'y bâtir de modestes
fermes.
les enfants de Stanislas et de Marie :
STANISLAS & MARIE
Le 16 octobre 1894 à la mission de Betsiamit, Stanislas dit Tanis épouse Marie Jean, fille de José Jean. Il travaille à Betsiamit, sur un petit remorqueur, qui tirait les billots en flotte jusqu'à des voiliers européens ancrés à l'embouchure de la rivière. Un capitaine de goélette norvégienne lui donna un strombe pour lui servir de corne à brume. Cet énorme bigorneau des mers du sud est toujours dans la famille de mon père. Après avoir travaillé quelques années à cet endroit, la compagnie dut arrêter ses opérations, car le marché du bois avec l'Europe se détériorait. Stanislas ira s'établir à Métis où il travaillera pour la compagnie Price. C'est à cet endroit que leur fils, Alexis, est né le 9 avril 1899. Quelque temps après la naissance d'Alexis, Stanislas prend la décision d'aller s'établir sur une terre près de chez son beau-père. Il habite avec sa famille chez ses beaux-parents, le temps de construire sa maison. Il construit une grande-étable, défriche une partie de sa terre et grossit son cheptel. L'hiver il travaille dans les chantiers les plus près. Après quelques années de labeurs, il possède une bonne étendue de terre en culture et son cheptel se compose d'un cheval de trait, une vache laitière, deux veaux, quelques moutons, deux cochons et quelques douzaines de poules. Des disputes entre Stanislas et son beau-père devinrent de plus en plus acerbes, ce qui fit, qu'un beau matin Stanislas décida de quitter l'endroit. Par un beau matin de mai 1904, il embarque tout ce qu' il peut dans sa barque de pêche, même un veau, un cochon et une quinzaine de poules; puis il vend le reste, c'est-à-dire cheval, vache, veau, cochons, poules et sa ferme à son beau-frère pour un dollar. Quelques jours plus tard, il
arrive à Sept-Îles avec Marie son épouse et deux enfants,
Marie-Anne et Alexis qui n'avait que cinq ans. Pour quelques années
ils demeurèrent dans une maison sise sur la première rue
près du vieux quai actuel. Vers 1907, de grands chantiers
étaient en cours à la rivière Pentecôte où
la Saint-Maurice Lumber exploitait une usine de débitage et d'écorçage
de bois à pulpe. Cette compagnie deviendra aux alentours des
années 1925 ou 1926, la Canadian International Paper (CIP).
Stanislas fit alors voile avec sa famille pour cet endroit, où
il travailla à la construction d'un quai. Deux ans plus tard,
il revint à Sept-Îles, pour y demeurer en permanence.
Il se construisit une maison sur la deuxième rue, aujourd'hui la
rue Brochu, à l'endroit où est maintenant situé un
concessionnaire de véhicules .
Marie-Anne, Alexis, Albina
Au cours des années qui suivirent, il fit la pêche l'été et travailla pour la compagnie Gulf Pulp & Paper Co. Pendant plusieurs hivers il est postillon, c'est-à-dire qu'il transporte le courrier de Sept-Îles à Pointe-des-Monts, avec un attelage de chiens. À cette époque le seul tracé de chemin était le parcours de la ligne télégraphique et ce parcours était des plus accidentés. Stanislas achetait çà et là, dans les villages le long de la Côte, des chiens pour compléter son attelage, qui devait être de huit à dix chiens. Sa préférence allait aux plus féroces, car disait-il, ils sont plus courageux et ont plus d'endurance à l'ouvrage. L'été, ces chiens étaient attachés individuellement à l'arrière de sa cour et bien soignés, afin d'être prêts pour les premières neiges. Ces chiens tous étrangers entre eux, devaient être matés car ils étaient tous batailleurs. Stanislas les amenait un par un dans une petite étable puis les laissait se batailler entre eux. Il entrait ensuite muni d'un gourdin et les séparait. Après les avoir lavés et soignés, il les retournait chacun à leur cabane, attendant avec impatience, les premiers jours de neige. Le lendemain de la première neige d'automne, quelle activité au village! Car Stanislas n'était pas le seul à posséder un attelage de chiens. Le traîneau "cométique" était attaché solidement à un poteau de clôture. Le chien le plus robuste était placé dans les "menoires", tandis que le plus intelligent et docile était placé à l'avant, puis ensuite chaque chien, espacé d'environ quatre à cinq pieds. Lorsque le câble retenant le traîneau était relâché, c'est en furie que les chiens franchissaient les quelques rues du village. Après quelques milles d'allure endiablée, ceux-ci s'étant tranquillisés, on revenait à la maison avec un "cométique" de chiens prêts pour les longues randonnées. Mais ces chiens demeuraient toujours vindicatifs et devaient être surveillés constamment. Au début des années 30, Marie Jean son épouse fut atteinte d'une paralysie générale. Le seul hôpital de la Côte-Nord se trouvait à Havre-St-Pierre. Elle y fut hospitalisée pendant près d'un an, c'est-à-dire jusqu'à sa mort. Seul dans sa grande maison, Stanislas dut trouver la vie bien monotone. Pour l'aider à supporter sa solitude, Alexis et son épouse Élise décidèrent d'aménager chez lui, au moins pour l'hiver qui suivit le décès de Marie Jean. Par la suite, Stanislas louait une partie de sa maison, ce qui lui rapportait un petit revenu. Chaque printemps il aidait son fils Alexis à préparer ses agrès de pêche. À l'automne 1938, lorsqu'Alexis s'établit sur un lot de colonisation dans la baie de Sept-Îles, Stanislas alla demeurer avec lui et sa famille. Le 3 janvier 1939, Stanislas
expire paisiblement entouré des soins de son fils Alexis, de sa
belle fille Élise et de sa fille Marie-Anne. Cet homme robuste
et rude, avait un coeur bon et généreux. Léopold
son petit-fils n'avait que treize ans, lorsque Stanislas les a quittés.
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