Léopold Chiasson & Évangéline
Méthot
fils de
Alexis Chiasson & Élise Thibeault

lignage : Pierre, Guyon Denis, Sébastien,
Jacques, Amant, Amant, Jean, Gilbert, Stanislas, Alexis, Léopold
les enfants de Léopold et d'Évangéline
:
| Nom |
Date de
naissance |
Date de
décès |
Nom
époux/se |
Parents |
Date de
mariage |
Lieu |
| Lise |
24 mars 1948 |
|
Rivard Roussy |
Ernest Roussy &
Alda Aspirot |
2 sept 1967 |
Sept-Iles |
| Michel |
24 fév 1949 |
|
Hélèna Duchesne |
Aurèle Duchesne &
Juliette Gallant |
22 avril 1983 |
Wabush |
| Laurent |
15 nov 1951 |
|
Hélène Tremblay |
Paul Armand Tremblay &
Jacqueline Molaison |
19 juil 1976 |
Sept-Iles |

Généalogie d'Évangéline
Méthot :
Jacques Méthot, marié à Pont
Audemer, Rouen, Normandie, France, à Françoise Anjou.
Abraham Méthot, fils de Jacques Méthot
et de Françoise Anjou, marié le 16 juillet 1673, à
Rouen, à Madeleine Mezeray. Contrat notarié, Rageot.
Joseph Méthot, fils d'Abraham Méthot
et de Madeleine Mezeray, marié le 24 février 1721 à
Québec, à Hélène Le Normand.
Joseph Méthot, fils de Joseph Méthot
et d'Hélène Le Normand, marié le 7 janvier 1743 à
Québec, à Marie Josephte Picoron.
Joseph Méthot, fils de Joseph Méthot
et de Marie Josephte Picoron, marié le 6 novembre 1769 à
Québec, à Marie-Louise Chartré.
Bénoni Méthot, fils de Joseph Méthot
et de Marie Louise Chartré, marié le 11 octobre 1807 à
Percé, à Marie David.
Charles Méthot, fils de Bénoni Méthot
et de Marie David, marié le 6 mai 1844 à Paspébiac,
à Adélaïde Lamarre.
Charles Méthot, fils de Charles Méthot
et d'Adélaïde Lamarre, marié le 20 mai 1879 à
Rivière Saint-Jean, à Joséphine Beaudry.
Joséphat Méthot, fils de Charles
Méthot et de Joséphine Beaudry, marié le 5 mai 1913
à Longue-Pointe de Mingan, à Rosalie Paradis.
enfants : Laysée, Arthur, Pierre, Magloire,
Gérard, Léontine, Raoul, Enselme, Edmond, Évangéline,
Johson, Alice

Léopold,
est né à Sept-Îles le 17 juillet 1925. Fils d'Alexis
Chiasson et d'Élise Thibeault, il est l'aîné d'une
famille de sept enfants. Son enfance s'écoula dans ce petit village
de la Côte-Nord. Fils de pêcheur, il eut l'avantage, pendant
les vacances, d'être témoin et de participer même, à
ce rude métier.
Léopold dans le mât ,
Évangéline deuxième à
gauche
Vieux Quai de Sept-Iles, photo 1934

À
treize ans, terminant ses études primaires, alors que son père
ouvre un lot de colonisation à quelques milles seulement du village,
il s'intéresse particulièrement à l'horticulture.
En contact avec les fermes expérimentales de Sainte-Anne-de-la-Pocatière
et de Cap-Rouge, ils reçoit plusieurs brochures documentaires sur
tous les travaux de la ferme. En quelques années, il est en mesure
de fournir des légumes frais à un groupe de familles du village,
deux fois par semaine de juillet à octobre.
À
l'automne 1946, mon grand-père Alexis met sur pied un chantier de
bois à pulpe pour la Gulf Pulp & Paper Co. de Clarke-City et
mon père Léopold s'engage comme bûcheron.
Du mois de novembre 1946 à
mars 47, il coupe au "sciotte" 275 cordes de bois qui lui rapportent 1
444,00 $. En ces années 40, c'était considéré
comme beaucoup d'argent.
Le
2 juillet 1947, alors qu'il vient d'entrer au service du gouvernement provincial,
comme inspecteur de colonisation, il épouse Évangéline
Méthot, fille d'un proche voisin. Elle lui donna quatre enfants,
Lise, Michel (moi-même), Laurent et Joseph. Ce dernier meurt à
l'hôpital de Clarke-City, le jour même de sa naissance.

Évangéline Méthot &
Léopold Chiasson en 1947

L'étude
étant son seul hobby, il poursuit inlassablement, par correspondance,
des cours d'anglais, de mathématique, de géologie et d'astronomie.
Après avoir étudié "Carpenters and Builders Guide"
de Audels et "Quick Construction" de Siegels, il construisit sa propre
maison à Sept-Îles. Après cinq ans au Ministère
de la Colonisation, il abandonne son poste pour entrer au service de son
père, qui maintenant est devenu épicier-restaurateur au 763
Brochu à Sept-Îles.
En 1961, il reprend son poste, à la Colonisation, pour y demeurer
jusqu'à sa fermeture définitive en 1968, ce qui ne l'empêche
pas, toutefois, de voir au commerce dont il est devenu propriétaire
sous la raison sociale de "Alexis Chiasson & Fils Enrg."

Léopold à son bureau dans les années
1960

En
1963, il s'adonne à un sport naissant à Sept-Îles:
le tir à l'arc. Après deux ans de pratique intensive, au
printemps 1965, il remporte à Sherbrooke, le championnat provincial
du tir à l'arc intérieur, délogeant Maurice Bruneau
déjà titulaire des années 1963 et 64. Jusqu'en 1968,
il conserva le titre de champion provincial.
Terrain de tir à l'arc à Joliette

En
1975, sa passion devenant la pêche sportive du saumon de l'Atlantique,
lui et ma mère en prirent sept qu'ils perdirent faute d'expérience.
L'année suivante, après avoir étudié, tout
l'hiver, les différentes techniques, d'après "Atlantic Salmon
Flies and Fishing" de Joseph D. Bates, ils en prennent 12, sans en perdre
un seul, le plus gros pesait 30 livres. D'après mon père,
seuls ceux qui ont déjà capturé, à la mouche,
un saumon de l'Atlantique, sont en mesure d'apprécier à sa
valeur cette expérience unique.
Une belle prise !

En
1984, il achète quelques tubes de peinture à l'huile et une
petite toile de 9" x 12" et peint un tableau qui n'a rien d'un Monet, mais
que ma mère aime bien. Alors pour plusieurs années, c'est
l'étude du dessin, des peintres et de la peinture, et les tableaux
s'accumulent, même s'il en vend quelques-uns. En 1992, étant
déjà membre, depuis quelques années, de "l'Association
Septilienne de Arts et de la Culture Inc (ASAC)", il en devient le trésorier
jusqu'en 1996. Il expose chaque année au Festivalien (Salon du printemps),
aux abris du Vieux Quai, au Salon des Fêtes et même à
la Bibliothèque Municipale de Sept-Îles.
Léopold et Évangéline
le 2 juillet 1987

Il
avait vendu en 1986 son commerce, pour prendre, à 61 ans, une retraite
bien méritée. En 1988, voulant laisser à ses enfants
et petits-enfants, ce qu'il avait appris de la vie et bien des anecdotes
qui risquaient de disparaître à jamais, il décida d'écrire
"Mes plus lointains Souvenirs", manuscrit de plusieurs centaines de pages,
rempli de photos. C'est alors de longues périodes d'étude
du français, cette langue, belle, mais combien aride et complexe!
rédigeant, corrigeant, biffant et réécrivant texte
après texte, à la main, des souvenirs qui, dit-il, n'intéresseront
peut-être personne. Depuis 1990, il tient un journal de la température
et des principaux événements, tout en y ajoutant ses impressions.
Je lui procure donc un ordinateur et une imprimante qui facilitent grandement
son travail. Il imprime diverses brochures comme: "Extrait de mon journal",
qui sont ses impressions sur les événements quotidiens depuis
1990, "Sept-Îles et son Histoire" qui relate l'histoire de
ce village, de ses débuts jusqu'à sa maturité, c'est-à-dire
son évolution en 1950 vers une ville moderne, "Recueil díanecdotes",
"Textes divers" et "Mes convictions religieuses".

Léopold & Évangéline, 50e
anniversaire de mariage.
le 2 juillet 1997

Depuis
deux ans, il travaille sur "Chronologie des événements se
rapportant à l'histoire du Canada". Encore là, il doit consacrer
des heures à l'étude et à la recherche, dans les ouvrages
de Bona Arsenault, Léopold Lanctôt, Robert Rumilly, Jacques
Lacoursière et combien d'autres afin de relater les événements
qui ont contribué à faire de notre pays ce qu'il est aujourd'hui.
A 73 ans il est
encore en forme et tous les jours il s'efforce de faire un peu d'exercices
physiques; il marche quelques milles avec son chien "Snap", un Golden Retriever
qui l'oblige à cette activité. Son assiduité
à la messe presque tous les jours et sa participation à l'Eucharistie
lui donne, dit-il, «la certitude d'une longue vie, ce que Dieu a
promis à ceux qui ont foi en sa Parole.»
Léopold et son chien Snap

2 juillet 2003
Évangéline & Léopold
55 ième anniversaire de mariage
Je
tiens à ajouter ici quelques anecdotes tirées de son "Recueil".
Certains de ces faits ne sont
connus, aujourd'hui, que de peu de gens et il serait
regrettable qu'ils tombent dans
l'oubli.
MES PLUS LOINTAINS
SOUVENIRS
par : Léopold Chiasson
Recueil d'anecdotes des années
1930 à 1990, tirées du journal personnel de
Léopold Chiasson, résident de Sept-Iles,
sur la Côte-Nord du fleuve Saint-Laurent au Québec.
|
Léopold Chiasson


Mode de correction du Père
Divet

Au
début du siècle, Sept-Îles étant devenu le siège
épiscopal, Mgr Gustave Blanche, premier évêque de la
Côte-Nord, y résidait depuis novembre 1906 ainsi que le Père
Arthur Divet, qui s'occupait des missions environnantes.
L'instruction
aux enfants de Sept-Îles étant donnée par des
institutrices ou des religieuses, nous pouvons imaginer que des garçons
de 11,12, et 13 ans n'étaient pas très intimidés par
celles-ci.
Quoi
qu'on en dise, les enfants de cette époque n'étaient pas
plus timides ni plus sages que ceux d'aujourd'hui; seule une discipline
plus sévère retenait ces jeunes, de certaines extravagances.
Lorsque
ceux-ci étaient trop indisciplinés en classe, on les envoyait
au presbytère avec une note sur leur conduite. Le Père Divet,
dont l'humeur n'était certes pas débonnaire, ne se gênait
pas pour leur administrer une taloche et il les emmenait à la cave
du presbytère ou de l'église pour leur faire corder le bois
de chauffage. Quand le délit était plus grave, ce n'était
pas au Père Divet que l'institutrice les envoyait, mais à
Mgr Blanche. Celui-ci était un homme bon et affable et, après
une petite remontrance, il leur donnait une image et quelques bonbons avant
de les retourner en classe.
Les
élèves n'ont pas pris trop de temps à s'apercevoir
de la différence du traitement, et lorsqu'ils devaient se rendre
chez le Père Divet, ils aggravaient leur cas par quelques bouffonneries,
afin de se mériter une visite à l'évêché.
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Tracé du chemin Sept-Îles-Moisie

En
1924 ou 25, le conseil municipal de Sept-Îles décide de faire
un chemin entre Sept-Îles et la localité voisine, Moisie.
On chargea
monsieur Nérée Montigny d'entreprendre ces travaux, avec
quelques hommes disponibles au village. Faire un chemin d'une quinzaine
de milles en pleine forêt, ayant pour seuls outils, des haches, des
scies et des pelles, était tout un contrat. Mais à cette
époque, on n'avait pas besoin de la science d'un ingénieur
pour faire un chemin! C'est Montigny lui-même ou un de ses plus jeunes
ouvriers qui montait dans un arbre et qui donnait la direction, changeant
celle-ci aussi souvent que nécessaire, afin d'éviter le plus
d'obstacles possibles, tels que les gros arbres et suivre, autant que faire
se peut, les clairières.
Imaginez
le nombre de courbes que pouvait avoir ce chemin! Près de soixante-quinze
ans plus tard, le Ministère de la Voirie du Québec est encore
à corriger ces courbes. On s'est toujours servi de ce tracé,
qui aujourd'hui est devenu une route asphaltée mais sinueuse.
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Herbe à outardes (Zostère)

Au
début du siècle, dans la baie de Sept-Îles, de la rivière
du Poste (vieux fort) jusqu'à plus d'un mille au sud-ouest de la
rivière Hall, les battures étaient couvertes de zostère
(herbe à outardes ou à bernaches.) L'automne, lorsque
les chasseurs d'oiseaux migrateurs se rendaient à l'embouchure des
rivières du Vieux Fort, au Foin, des Rapides et Hall, ils devaient
attendre que la marée soit suffisamment haute pour naviguer parmi
ces herbes.
À cette époque on employait beaucoup de paille pour rembourrer
les matelas, les selles des chevaux et empaqueter les objets fragiles,
comme la vaisselle, les vitres etc.
En
1895, les Delorme de Montréal forment la compagnie Marine Hay Co.
qui vient s'établir à Sept-Îles. Cette herbe, la zostère,
haute de cinq à six pieds était coupée à la
faux comme le foin et les céréales. Coupée à
marée basse, elle était immédiatement amenée
sur la grève avec des chevaux. Pour les coupes les plus éloignées,
on se rendait sur les lieux à mi-baissant avec des barges et lorsque
les battures étaient découvertes, on fauchait l'herbe qui
était aussitôt chargée dans les barques et les canots.
On devait attendre que la marée soit suffisamment haute pour revenir
à la grève et étendre cette herbe sur des treillis
pour sécher, ensuite elle était pressée et mise en
ballots pour être expédiée à Québec et
Montréal.
Leur
établissement était situé près de la grève,
à peu près vis-à-vis la rue du Vieux Poste et représentait
pour un petit village de trois à quatre cents habitants, une activité
fort appréciable. Malheureusement cette petite industrie ne devait
pas durer, car en 1907, elle fermait ses opérations. Dans les années
où cette herbe abondait, les années 30, nous nous rendions
ramasser des graines rouges parmi les restes de fondation de cet établissement.
Quelques
années plus tard, on ne sait exactement pour quelle raison, cette
herbe disparut totalement de la baie de Sept-Îles.
|

L'huile de baleine

À
la fin du siècle dernier, une petite compagnie vint s'établir
du côté sud ouest de la baie de Sept-Îles, à
l'endroit occupé, aujourd'hui, par le quai de la Relance.
Cette
compagnie, la Québec Steam Whaling, après quelques années
d'opération vendit, en 1909, ses installations à des Norvégiens.
Chaque printemps, une vingtaine de ceux-ci venaient diriger les opérations.
Ils engageaient une quarantaine d'hommes, presque tous de Sept-Îles
pour travailler à l'usine et au dépeçage des baleines.
Un
petit bateau à vapeur, le Falken, sillonnait le Golfe à la
recherche des baleines. Muni d'un canon à harpon à sa proue,
il pouvait revenir après trois ou quatre jours, avec quelques baleines
qu'il remorquait jusqu'au débarcadère près de l'usine,
tout en laissant une traînée de sang qui était
suivie par des requins jusque dans la baie de Sept-Îles, qui en était
infestée.
Mon
père, qui en 1913 travaillait à cette usine, m'a raconté
que maintes fois, des marins norvégiens se baignaient près
de leur bateau. À ceux qui les mettaient en garde du danger d'être
attaqué par ces squals, ils répondaient en crânant
que le poisson le plus effrayant dans l'eau était l'homme.
Les
baleines étaient traînées près de l'usine et
ensuite dépecées. Le gras était fondu pour en retirer
l'huile. Les viandes, les os et les déchets étaient séchés
et broyés pour en faire un guano, très en demande dans les
pays scandinaves, où on s'en servait comme engrais. Rien n'était
perdu, même les fanons servaient à la fabrication des corsets
et des parapluies.
Toute
cette tranformation dégageait une odeur nauséabonde qui pendant
les après-midi de vent du sud-ouest enveloppait le village de Sept-Îles,
distant de plus de quatre milles.
Le
samedi soir, les gens de Sept-Îles revenaient au village en canot
ou en barge de pêche, mais devaient s'en retourner tôt le lundi
matin. Cependant quelques familles demeuraient là en permanence,
dont celle de monsieur Joseph Bois. M. Bois était le gardien des
bâtiments l'hiver comme l'été. Les Norvégiens
qui l'automne s'en retournaient chez eux avec le dernier bateau ne revenaient
que le printemps suivant. Au printemps 1915, l'Europe étant en guerre,
ils ne sont plus revenus. M. Bois continua de surveiller les bâtiments
encore quelque temps, après quoi il les fit vendre par ordre de
cour pour récupérer un peu de son salaire.
Un
monsieur Boudreau de Sept-Îles, dont un jeune enfant était
décédé, revient au village en canot, avec le bébé
dans un petit cercueil pour l'inhumer au cimetière de Sept-Îles.
Il
a été raconté, qu'un requin suivit le canot presque
toute la traversée de la baie, obligeant ce jeune père à
ramer de toutes ses forces, craignant à chaque instant de
voir ce squal s'en prendre à sa frêle embarcation.
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Naufrage du Saint-Olaf

Ayant
travaillé tout l'été dans les chantiers de Pentecôte,
un monsieur Marquis profite du passage du vapeur Saint-Olaf pour se rendre
sur la basse Côte-Nord, afin d'épouser une jeune institutrice
qu'il avait connue à Pentecôte et qui était retournée
dans sa famille depuis quelques mois.
Le voyage
s'annonçait agréable, car la température était
des plus belles. Arrivé au quai de Sept-Îles, monsieur Marquis
débarque pour visiter quelques parents. Dans un malencontreux accident,
celui-ci se fracture une jambe, c'est le désarroi le plus complet.
Pas question de continuer le voyage et de plus on est en novembre et c'est
le dernier voyage du bateau. Alors la date du mariage devra être
remise au printemps suivant.
Le
Saint-Olaf continue donc son voyage sans monsieur Marquis! Lors du retour,
dans la nuit du 21 au 22 novembre 1901, étant pris dans une furieuse
tempête de vent d'est et de neige, le navire dévie de sa course
et donne sur les récifs à l'est de l'île Grande-Boule.
C'est une catastrophe, 21 morts, aucun survivant. Quelques jours plus tard,
on découvrait l'épave dont la cabine de commande s'était
détachée et fut retrouvée dans l'anse qui aujourd'hui
porte le nom de Saint-Olaf.
M.
Marquis dut certainement remercier Dieu de s'être fracturé
une jambe, sinon il aurait été lui et sa jeune épouse
au nombre des victimes. Mais comme il dut passer une partie de l'hiver
en convalescence, il fit la connaissance d'une jeune fille de Sept-Îles
et oublia l'institutrice.
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Mort du Père Conan

En
1906, Mgr Gustave Blanche est vicaire apostolique et réside à
Sept-Îles avec les Pères Jean-Marie Conan et Arthur Divet
qui eux, desservent les missions environnantes.
Le
17 janvier 1908, le Père Conan se rend à Clarke-City, nouvellement
ouvert par les frères Clarke. La baie est gelée et le "cométique"
de chiens suit le tracé qui le conduit à un "portage" près
de la rivière Hall, lequel le mène au village.
Le
voyage se fait sans encombre, le bon Père reçoit les confessions
et le lendemain, après la célébration de la messe,
il repart pour Sept-Îles. On ne sait pour quelle raison, mais il
est probable qu'il ne suivit pas le tracé et qu'il passa trop près
de l'embouchure de la rivière des Rapides qui à cet endroit
ne gèle jamais complètement. La glace a dû céder
sous le poids de l'attelage. Les chiens réussirent à s'en
sortir, mais le pauvre Père fut emporté par le courant.
À
l'arrivée au presbytère des chiens tout mouillés,
plusieurs "cométiques" se rendirent à cet endroit,
bien connu des gens du village, pour constater l'horrible tragédie.
On ne retrouva jamais le corps du Père Conan.
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Un morse aux Jambons

Au
cours des années 20, Héliodore Vigneault pêchait le
saumon aux Jambons avec Charles Cummings, son homme à "gages". Un
après-midi, sortant du havre pour aller visiter ses filets, il vit
ce qu'il crut être un gros phoque (loup marin) se prélassant
au soleil sur la pointe ouest du havre. Rebroussant chemin, il laissa Cummings
s'occuper de la barque, alla chercher son fusil et quelques cartouches
et avec toutes les précautions s'approcha de l'endroit où
le phoque se trouvait.
Cet
endroit qu'on appelle la "table" est une grande roche plate, tandis que
derrière elle, des saillies et des rochers protègent la venue
d'un chasseur jusqu'à une quinzaine de pieds.
Son fusil chargé, M.
Vigneault s'approche furtivement, gardant continuellement un rocher entre
lui et le phoque. Quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu'il se redressa
pour épauler son fusil de voir devant lui, non pas un phoque mais
un énorme morse de plus de cinq mètres. Il tira deux coups
de fusil qui n'ont fait que le blesser. L'énorme mammifère
se jeta à l'eau et disparut. Il fut retrouvé à la
fin de l'été, à la Pointe-aux-Anglais, presque entièrement
décomposé.
Le morse vit habituellement
dans les régions polaires et ne se rencontre que très rarement
dans le golfe Saint-Laurent.
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Inuit bigame

Au
début du siècle, au printemps, les indiens, après
leur hiver de chasse, se rassemblaient en divers endroits de la Côte-Nord
pour vendre leurs fourrures et pour la venue du missionnaire. Cette coutume
existait déjà depuis quelques siècles à Sept-Îles
et c'est surtout les familles qui descendaient par les rivières
Moisie et Sainte-Marguerite qui se rendaient ordinairement là.
Un
printemps, entre autres, une famille d'Esquimaux du Labrador se joignit
aux familles Montagnaises qui chassaient au lac Menihek et vint avec elles
à Sept-Îles pour la mission. Cette famille d'Inuit arrive
donc dans deux grands canots dont un, conduit par des femmes,
est chargé d'enfants en bas âge. Sitôt arrivé,
on monte les tentes, les femmes préparent la "banique" (sorte de
pain rudimentaire) les enfants courent ça et là, tandis qu'on
attend la venue de la Robe-Noire.
Lorsque
le missionnaire arrive, sa première tâche est de visiter chaque
famille. En arrivant chez notre esquimau, quoi de plus louable! une belle
famille d'une douzaine d'enfants. Mais lorsqu'il s'aperçut que ce
sauvage (comme on les appelait à cette époque) avait deux
femmes, il trouva ça moins élogieux. Il tenta aussitôt
de lui faire comprendre que notre religion ne permettait pas ce genre de
vie familiale. À chaque jour de la mission, le prêtre revenait
à la charge, essayant de leur faire comprendre qu'ils devaient
se conformer aux lois de l'Église. Un beau matin, ce fut la surprise,
le campement était levé et la belle grande famille partie.
Il faut comprendre que le pauvre inuit avait tout un problème à
résoudre. Laquelle de ses deux femmes devait-il abandonner? Qui
s'occuperait par la suite de cette famille? Pas étonnant qu'il a
préféré s'en retourner dans son Labrador avec ses
deux femmes et tous ses enfants.
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Géant à Moisie

Après
la fermeture des Forges de Moisie en 1875, la plus grande partie des familles
s'en allèrent ailleurs dans la province. Cependant un groupe de
familles décidèrent de s'établir à l'ouest
de la rivière, où une mission indienne existait depuis 1688.
Au mois de juin les familles indiennes qui arrivaient de l'arrière-pays
y montaient leurs tentes, tandis que plusieurs díentre elles se
rendaient à la mission de Sept-Îles.
Une
journée d'été, le village entier est en émoi,
un géant faisant des pas de plus de quatre pieds et dont les empreintes
de pieds avaient plus de 18 pouces, venait la nuit faire une visite au
village et s'en retournait sur la grève en direction de Sept-Îles.
Ces empreintes disparaissaient avec la marée aux alentours de Pointe
Joliet.
Qui
peut bien être ce colosse, qui vient "ravauder" dans le village la
nuit et que personne n'a encore vu? Un être fabuleux, un ogre...
Que veut-il? Que vient-il faire? On se posait bien des questions.
Ces
visites nocturnes se succédèrent durant quelques semaines.
Plusieurs étaient dans la crainte et restaient dans l'expectative,
mais quelques-uns n'avaient pas l'intention de se laisser berner plus longtemps.
Après une surveillance assidue, ils se sont aperçus, qu'un
lascar, sur des échasses, faisait, quelques fois par semaine le
trajet d'un demi-mille, le long de la mer en direction de Pointe Joliet
et vice versa.
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Collision de l'Aranmore et du Wolfe

Un
jeune couple de Sept-Îles, monsieur Jos Bérubé et son
épouse sont à Québec pour affaire. Ils s'embarquent
ce 10 juillet 1910 sur l'Aranmore, propriété de Holliday
& Fraser qui faisait le transport régulièrement sur la
Côte-Nord.
Vers
minuit, en face de La Malbaie, dans un épais brouillard, il entre
en collision avec le Wolfe qui avait pris un chargement de bois à
pulpe au quai de la Pointe-Noire et plusieurs boîtes de saumons au
quai de Sept-Îles, nouvellement construit. Ce saumon venait du Moisie
Salmon Club et des pêcheurs côtiers qui faisaient la pêche
commerciale sur la Côte-Nord.
Sur
le Wolfe, on n'eut que le temps de mettre les chaloupes à la mer,
car celui-ci sombra en moins d'une demi-heure. Quant à l'Aranmore,
il subit une déchirure à sa coque qui lui fit rebrousser
chemin, après avoir effectué le sauvetage de l'équipage
du Wolfe.
Les
passagers de l'Aranmore durent repartir de Québec quelques jours
plus tard sur le Natashquan.
Le
plus insolite dans cette affaire, est que la seule personne blessée,
fut le commis du Wolfe qui fut coincé dans une porte et secouru
par un monsieur Holliday qui se trouvait être le principal actionnaire
de la compagnie Holliday & Fraser. Le commis intenta une poursuite
pour dommage contre monsieur Holliday parce qu'il avait été
coincé et blessé, sans égard au fait que ce monsieur
Holliday lui avait sauvé la vie!
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