Médiatrice à Bordeaux - Isabelle Dima témoigne 


J’ai souvent la désagréable sensation d’être un disque rayé à chaque fois que quelqu’un me demande quelle est mon activité ; car je sais qu’invariablement, lorsque je lui répondrai que je suis médiatrice, il me comparera au médiateur qu’il a vu aux infos à la télé ou bien à celui qu’il a croisé sur le quai de la gare renseignant les voyageurs égarés (sic !)…

Et voilà que la ville d’adoption que j’ai choisie (Bordeaux) se trouve elle aussi embarquée dans cette mode du médiateur.
La ville de Bordeaux a demandé à divers intervenants extérieurs de former une flopée de médiateurs dont je fais partie, allant du médiateur citoyen au médiateur de la ville en passant par le médiateur de proximité ou encore le médiateur piscine !... 

J’ai souvent la désagréable sensation d’être un disque rayé à chaque fois que quelqu’un me demande quelle est mon activité ; car je sais qu’invariablement, lorsque je lui répondrai que je suis médiatrice, il me comparera au médiateur qu’il a vu aux infos à la télé ou bien à celui qu’il a croisé sur le quai de la gare renseignant les voyageurs égarés (sic !)…

Et voilà que la ville d’adoption que j’ai choisie (Bordeaux) se trouve elle aussi embarquée dans cette mode du médiateur.
La ville de Bordeaux a demandé à divers intervenants extérieurs de former une flopée de médiateurs dont je fais partie, allant du médiateur citoyen au médiateur de la ville en passant par le médiateur de proximité ou encore le médiateur piscine !... Comment s'y retrouver ? Comment se positionner ? Comment permettre au Bordelais lambda de savoir à qui s’adresser devant cette forêt de services qui ont l’air de se ressembler ?

Nous avons eu l’idée d’éditer une plaquette présentant l’ensemble de ces services, et comme ces actions de la ville avaient été lancées presque simultanément, il a été décidé de tous nous regrouper afin de faire le point de chaque activité.
1 - Bilan de chaque action de médiation
2 - Qu’est-ce qui nous pousse à participer à cette action?
3 – Objectifs/besoins pour l’avenir ? Tels étaient les thèmes de départ.
Et je me voyais, une fois encore devoir rabâcher et me positionner face à tous ces “médiateurs” afin de définir pour la énième fois ce qu’est LA médiation, la mienne bien entendue !

Seulement, voilà, j’ai préféré me taire et écouter ces autres partenaires, leurs quotidiens, leurs joies, leurs doutes, leurs interrogations. Je n’ai pas pris la parole, ni bondi ; j’étais simplement là, je découvrais leurs mondes. Je me suis sentie pour la première fois bien proche d’eux, nous regardions finalement dans la même direction avec, certes, diverses façons d’aborder les situations. J’ai eu envie d’aller vers eux plutôt que de me positionner par rapport à eux. Leurs formations m’interressaient… Et dans ce cas-là, comment s’y prenaient-ils ? Quels étaient leurs parcours ? Où en étaient-ils ? Quelles étaient leurs aspirations ?…

La ville nous avait mis ensemble afin d’être plus efficaces, en réseau plutôt que seuls. Et après tout, que se passe-t-il lorsque je vis une médiation avec un autre médiateur ? Je n’utilise pas mon énergie à chercher ce qui nous différencie, mais à mettre en commun nos parcours obligatoirement différents, au service de l’acte de médiation, avec toute la richesse de deux (voire trois ou plus !) têtes bien faites. J’ai eu la douce impression, au sortir de cet échange, d’avoir vécu une ré-union. Et puisque ça a l’air efficace à l’échelle d’une ville, merci à ce journal (et à son créateur) de nous permettre de l’expérimenter au niveau européen !

Isabelle Dima
isabelledima@yahoo.fr  

Posted: Jeu. - Mai 23, 2002 at 03:29 PM          


©