Pensée d'Août avec Sainte-BeuvePensée
d’août
Assis
sur le versant des coteaux
modérés
D’où
l’oeil domine l’Oise et s’étend sur les
prés ;
Avant
le soir, après la chaleur trop
brûlante,
À
cette heure d’été déjà plus tiède et
lente ;
Au
doux chant, mais déjà moins nombreux, des
oiseaux ;
En
bas voyant glisser si paisibles les
eaux,
Et
la plaine brillante avec des places
d’ombres,
Et
les seuls peupliers coupant de rideaux
sombres
L’intervalle
riant, les marais
embellis
Qui
vont vers Gouvieux finir au bois du
Lys,
Et
plus loin, par-delà prairie et moisson
mûre
Et
tout ce gai damier de glèbe et de
verdure,
Le
sommet éclairé qui borne le
regard
Et
qu’après deux mille ans on dit Camp de
César,
Comme
si ce grand nom que toute foule
adore
Jusqu’au
vallon de paix devait régner
encore !...
M’asseyant
là, moi-même à l’âge où mon
soleil,
Où
mon été décline, à la saison
pareil ;
À
l’âge où l’on s’est dit dans la fête où
l’on
passe :
« La
moitié, sans mentir, est plus jeune et nous
chasse »;
–
Rêvant donc, j’interroge, au tournant des
hameaux,
La
vie humaine entière, et son vide et ses
maux ;
Si
peu de bons recours où, lassé, l’on
s’appuie ;
Où,
la jeune chaleur trop tôt
évanouie,
On
puise le désir et la force
d’aller,
De
croire au bien encor, de savoir
s’immoler
Pour
quelqu’un hors de soi, pour quelque chose
belle.
Aux
champs, à voir le sol nourricier et fidèle, (...)
Sainte-Beuve
a lire
Posté le: jeu. - août 20, 2009 à 10:34 AM | | | M'écrire | | |
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