marin karmitz/une certaine désillusion, réédition Mars 2007




MATINS20070314-1.ram
Avec sincérité et beaucoup de simplicité, Marin Karmitz, sur France Culture, ce 14 mars, nous a raconté ses mésaventures sur le front parisien du cynisme de son propre camp, ou plus justement de la terrible défaite du champ culturel d'où il vient.
Un mot : Beaugrenelle
éviction du cinéma MK 2 du nouveau Beaugrenelle.
Je revois, Mr Baupin nous faisant la leçon en mairie, alors qu'une question était posée sur le sujet. "Madame, des gens sérieux ont étudié le nouveau centre" .
Eh bien ,moi, je leur réponds à ces fossoyeurs de l'intelligence, ces faussaires de la pensée :
"Où est votre courage et votre humilité?" .
Les politiques ayant travaillé ce projet sont bien imprudents. A trop vouloir étreindre, on finit par tout perdre.
Marin Karmitz polémique avec la Mairie de Paris sur l'aide au cinéma
LE MONDE | 12.03.07 | 17h07




'attribution, par une société immobilière, d'un multiplexe Pathé en lieu et place de l'actuel complexe MK2 dans le cadre de la restructuration du centre commercial Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement de Paris (Le Monde du 1er mars), suscite une polémique entre la Mairie de Paris et le distributeur Marin Karmitz.


Marin Karmitz s'est installé dans ce quartier il y a vingt-huit ans, à une époque où "les grands groupes de cinéma ne s'intéressaient qu'aux quartiers dominants : le Quartier latin, Montparnasse, les Champs-Elysées et les Grands Boulevards". "Moi, je me portais vers les quartiers délaissés", dit-il.
Lorsque la société immobilière Apsys a décidé de rénover Beaugrenelle, elle a signifié à Marin Karmitz la nécessité de détruire ses salles avant de le reloger trois ans plus tard de l'autre côté de la rue. Elle a jugé trop onéreux le dédommagement financier réclamé par Karmitz (équivalent des pertes d'exploitation pendant les trois ans de travaux et du règlement des problèmes salariaux posés) et a augmenté le loyer de 180 000 euros à 1,2 million d'euros. Apsys a alors confié le nouvel espace (qui doit ouvrir en 2010) à EuroPalaces (société résultant de la fusion entre Gaumont et Pathé).
Marin Karmitz s'étonne de l'inertie de la Mairie de Paris sur ce dossier : "Quand on a la chance, comme moi, de travailler dans ce secteur, on a des devoirs. En matière culturelle, le financement privé a une responsabilité citoyenne. Mais l'Etat a aussi des devoirs, dont celui d'aider les gens qui se donnent cette ambition, plutôt que les marginaliser."
"HOLD-UP PERMANENTS"
Karmitz reproche à la mairie de ne pas assez prendre en compte son bilan. En 1995, MK2 reprend une salle de Beaubourg à l'abandon et la rénove : "C'est aujourd'hui la salle de référence en matière d'art et essai."
En 1996, MK2 ouvre un complexe quai de Seine, dans le 19e : "Quartier interdit, un car de police nuit et jour place Stalingrad, des habitants qui n'osent plus sortir après 20 heures, les magasins et les bistrots qui désertent, les appartements qui ne se vendent plus ! J'ouvre six salles au bord de l'eau et, grâce à la connivence que nous avons établie avec les gamins des cités, en les faisant travailler, la terreur a cessé, le trafic de drogue s'est calmé. Je suis fier d'avoir contribué à restaurer une cohésion sociale. Même chose avec le Nation Gambetta, une salle visée par de perpétuels incidents, des hold-up permanents, et où depuis, grâce à la politique de dialogue avec les cités, on n'a plus besoin de vigiles, car l'insécurité a disparu."
En 2003, c'est le MK2 Bibliothèque (13e) qui est inauguré, et en 2005 le MK2 Quai de Loire (en face du quai de Seine, de l'autre côté du bassin de La Villette), dans un ancien entrepôt construit par Gustave Eiffel. Deux lieux où se vendent aussi une belle proportion de livres et de DVD dans un marché en crise.
Christophe Girard, adjoint PS au maire de Paris pour la culture, réfute les accusations de Marin Karmitz. Il affirme qu'il continuera à "veiller que les lois du marché, en matière de hausse des loyers, ne menacent pas l'existence de certaines salles. Je vous garantis que si le Balzac, sur les Champs-Elysées, était en danger, nous réagirions, comme nous aidons le Studio 28, dans le 18e, ou certaines salles du 5e".
Christophe Girard se réserve "le temps et le droit de se pencher sur le dossier Beaugrenelle", mais affirme qu'il serait illégal "d'intervenir avant, de s'immiscer dans les choix de la société immobilière. Les élus n'ont pas le droit d'intervenir à cette étape". Il ajoute, concernant Marin Karmitz : "Dois-je rappeler à M. Karmitz, dont j'apprécie le travail, que nous avons déboursé 1,5 million d'euros pour le MK2 Bibliothèque, aidé le MK2 Quai de Loire et le MK2 Nation, financé l'installation pour les malvoyants et malentendants du MK2 Quai de Seine ?"
Ces arguments, Marin Karmitz les réfute avec véhémence : "Parlons bilan, si on me renvoie dos à dos avec EuroPalaces. Pendant que j'ouvrais ou réhabilitais 42 salles à Paris en dix ans, les vendeurs de pop-corn en fermaient une vingtaine ! Quant aux 60 millions que j'ai investis, ce fut sans subvention aucune. La somme brandie par Christophe Girard concernant le MK2 Bibliothèque m'a été versée par la Semapa suite à un accord devant notaire, afin de financer les fondations rendues obligatoires pour éviter les vibrations provoquées par les rails de chemin de fer proches ainsi que les espaces verts demandés par Bertrand Delanoé. Pour le MK2 Nation, j'ai simplement bénéficié (la seule fois) de la loi Sueur, par laquelle une mairie peut aider à la remise en état d'une salle. J'ai effectué l'installation pour les malvoyants au MK2 Quai de Seine à la demande de la Mairie !" Marin Karmitz prédit que "ce que vient de laisser faire la Ville de Paris avec désinvolture" à Beaugrenelle "aura de graves conséquences sur l'ensemble du cinéma français".

A suivre

Posté le: lun. - mai 4, 2009 à 01:27 PM | | | M'écrire | |


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