L e blog 2008 le plus lu "Le tricheur"


En souvenir du professeur merveilleux que fût Daniel Arasse.
Analyse du tricheur de Georges de la Tour, à la lumière du Caravage
"L

"les deux tricheurs "
....Les deux tableaux.
Je tiens à préciser que j'ai choisit ces deux tableaux en fonction de mon goût personnel. L'exposé à été décidé rapidement et ce n'est peut-être pas le tableau où le "caravagisme" De Georges de la Tour est le plus évident. Les propos d'Anthony Blunt, mettent l'accent sur son Saint Jérôme.

Il y a deux tricheurs et le thème même semble s'accorder avec ces deux versions : le thème du jeu.
Description des tableaux; le joueur à l' As de carreau huile (104x146)Coll. particulière Genève
Le joueur à l'As de trèfle huile (104x154) Paris Musée du Louvre.
Là encore les spécialistes ne sont pas d'accord, en effet, il semble que certains comme Pauset, Nicolson l'ont situé avant la version genevoise, pour Thuillier elle est postérieure. Je suis assez d'accord pour dire que cette oeuvre est située après. L'authenticité elle ne semble faire aucun doute. C'st à partir de cette oeuvre que l'on reconstituera le point de départ de l'oeuvre diurne de De La Tour. Au risque d' énoncer des évidences, je dirais que Latour à séparé son oeuvre en deux parties diurne et nocturne. Il s'agit ici d'une oeuvre diurne bien que la lumière semble assez artificielle (intimiste)
Le thème même du tricheur s'apparente au Caravage, en effet il y a dans ce tableau un élément ambigüe. Il est certain que La Tour soit entré an contact avec Caravage. Ceci ne veut pas dire qu'il soit allé à Rome..... La question se pose cependant. Blunt, Nicholson ne voit pas la nécessité de ce voyage. En fin qu'il y soit allé ou non il a put materiellement faire des copies du Caravage qui seraient parvenues au Nord dix ans après sa mort.
Caravage lui-même a peint des tricheurs "Le joueur de cartes" Cambridge Massachussetts, foggs Art Museum 96,5x117- et les "tricheurs" qui se trouvent à New-York (99x107) qui représentent 3 joueurs habillés, chapeautés, les chapeaux possédant des reflets éclatants et des plumes. Le dos du tricheur dissimule des cartes, tandis que l'innocentlui, enfant prdigue regarde ses cartes sans se douter de rien; mais ici il est aidé par un complice qui lui fait des signes de la main pour lui dévoiler son jeu afin qu'il puisse jouer des cartes maîtresses. Cette mise en scène, la façon dont elle est peinte joue sur deux tableaux (Si l'on peut dire) en même temps la comédie, et de l'autre quelque chose de beaucoup plus grave, plus moraliste dénonçant la duperie, la complicité et l'enfant que l'on entraîne vers la perte................ (lire la suite en appuyant sur "savoir plus"




"les deux tricheurs "
....Les deux tableaux.
Je tiens à préciser que j'ai choisit ces deux tableaux en fonction de mon goût personnel. L'exposé à été décidé rapidement et ce n'est peut-être pas le tableau où le "caravagisme" De Georges de la Tour est le plus évident. Les propos d'Anthony Blunt, mettent l'accent sur son Saint Jérôme.

Il y a deux tricheurs et le thème même semble s'accorder avec ces deux versions : le thème du jeu.
Description des tableaux; le joueur à l' As de carreau huile (104x146)Coll. particulière Genève
Le joueur à l'As de trèfle huile (104x154) Paris Musée du Louvre.
Là encore les spécialistes ne sont pas d'accord, en effet, il semble que certains comme Pauset, Nicolson l'ont situé avant la version genevoise, pour Thuillier elle est postérieure. Je suis assez d'accord pour dire que cette oeuvre est située après. L'authenticité elle ne semble faire aucun doute. C'st à partir de cette oeuvre que l'on reconstituera le point de départ de l'oeuvre diurne de De La Tour. Au risque d' énoncer des évidences, je dirais que Latour à séparé son oeuvre en deux parties diurne et nocturne. Il s'agit ici d'une oeuvre diurne bien que la lumière semble assez artificielle (intimiste)
Le thème même du tricheur s'apparente au Caravage, en effet il y a dans ce tableau un élément ambigüe. Il est certain que La Tour soit entré an contact avec Caravage. Ceci ne veut pas dire qu'il soit allé à Rome..... La question se pose cependant. Blunt, Nicholson ne voit pas la nécessité de ce voyage. En fin qu'il y soit allé ou non il a put materiellement faire des copies du Caravage qui seraient parvenues au Nord dix ans après sa mort.
Caravage lui-même a peint des tricheurs "Le joueur de cartes" Cambridge Massachussetts, foggs Art Museum 96,5x117- et les "tricheurs" qui se trouvent à New-York (99x107) qui représentent 3 joueurs habillés, chapeautés, les chapeaux possédant des reflets éclatants et des plumes. Le dos du tricheur dissimule des cartes, tandis que l'innocentlui, enfant prdigue regarde ses cartes sans se douter de rien; mais ici il est aidé par un complice qui lui fait des signes de la main pour lui dévoiler son jeu afin qu'il puisse jouer des cartes maîtresses. Cette mise en scène, la façon dont elle est peinte joue sur deux tableaux (Si l'on peut dire) en même temps la comédie, et de l'autre quelque chose de beaucoup plus grave, plus moraliste dénonçant la duperie, la complicité et l'enfant que l'on entraîne vers la perte.

Ce jeu est souligné par le fait qu'il existe deux tableaux du tricheur et que dans ces deux tableaux l'un ou l'autre à été changé, repeint avec modification de détais, l'on peut ici parler du "jeu des différences".: le col a été retouché, la position des personnages est différentes(ex: dans le "tricheur à l'As de carreau" la serveuse se tient plus près de la meneuse de jeu, personnage central.
Ce jeu intellectuel de pensée est justement dynamisé par l'emploi de la lumière......... (A suivre)
LE TRICHEUR À L'AS DE CARREAU (2)



"Les Tricheurs" Kimbelle Art Museum, Fort Worth 94,3x131,1

"Le tricheur à l'As de Carreau" Georges de la Tour (suite du blog "Trompe l'oeil")
Analyse d' un tableau / analyse personnelle exposée au cours donné par Mr Daniel Arasse, spécialiste de la Renaissance, Institut Michelet-1980.


..............Caravage lui-même a peint des tricheurs "Le joueur de cartes" Cambridge Massachussetts, foggs Art Museum 96,5x117- et les "tricheurs" qui se trouvent à New-York (99x107) qui représentent 3 joueurs habillés, chapeautés, les chapeaux possédant des reflets éclatants et des plumes. Le dos du tricheur dissimule des cartes, tandis que l'innocent lui, enfant prodigue regarde ses cartes sans se douter de rien; mais ici il est aidé par un complice qui lui fait des signes de la main pour lui dévoiler son jeu afin qu'il puisse jouer des cartes maîtresses. Cette mise en scène, la façon dont elle est peinte joue sur deux tableaux (Si l'on peut dire) en même temps la comédie, et de l'autre quelque chose de beaucoup plus grave, plus moraliste dénonçant la duperie, la complicité et l'enfant que l'on entraîne vers la perte.

OMBRE ET LUMIÈRE (3)


Des détails et de la lumière (suite)
"Le tricheur l'As de carreau" Georges de la Tour
Analyse d' un tableau / analyse personnelle exposée au cours donné par Mr Daniel Arasse, spécialiste de la Renaissance, Institut Michelet-1980.



Caravage peint lui de manière tout fait plastique et sensuelle. Dans ses oeuvres il offre des procédés et des techniques plastiques, qui vont du trompe -l'oeil au clair-obscur. L'on est saisi d'emblée par la scène, il y a un côté tout à fait flatteur pour les yeux. La lumière de la mise en scène se retrouve chez la Tour. Dans le tricheur (il s'agit d'un tableau diurne) la source lumineuse venant de gauche est employée de façon à mettre en valeur les demi-visages ainsi que le visage vue de face de la meneuse de jeu, le clair-obscur la lumière source de volume est un élément à rapprocher du Caravage.
Rappel sur la lumière : à partir du XIV, la lumière et l'ombre étaenit exprimés par les clairs et les ombres, pour exprimer la lumière on éclaircissait la couleur. La ligne indiquait les volumes, le modelé était appliqué par teintes plates sans beaucoup de dégradés. A partir de la renaissance, le modelé, l'expression de la lumière deviennent dominants, l'expression en est changé et Le caravage ainsi pétrit les formes par la lumière qui échappe tout de même une dilution de la forme par une finesse d' expression et une précision de construction, une plastique des volumes.
C'est bien là le coeur du débat. Georges de la Tour donne une part aussi sinon plus importante à la ligne qu' a la couleur. J'appellerais ceci l'intelligence plastique ou plutôt (...illisible)personnalité originale de Georges de la Tour en rapport avec cette intelligence plastique .
Chez Latour justement, alors qu'il s'agit d'un tableau diurne et que le débat pourrait aller au delà des nocturnes; il y a un essai d'accord entre ligne et lumière, ou dessin et couleur. La lumière met la ligne en valeur, elle est comme plaquée comme cadre et de façon schématique pour mieux faire apprécier la délicatesse des contours.

Le fond noir : Georges de la Tour emploie un fond noir dans les deux tableaux, celui-ci met en valeur et fait ressortir naturellement les couleurs: rouge et or, luxe et richesse sensuelle. Les vêtements sont riches en détails, en précisions, matière du velours, impression des tissus. Mais à travers cette richesse de matière (Verres de Venise, bracelet et collier de perles, boucles d'oreilles, plumes) tout sent la farce et l'illusion.
Conclusion : Georges de la Tour (1593-1652) occupe donc une part originale dans la peinture française de l'époque et il me semble rapide de le classer comme peintre caravagiste dans le mesure où il serait lié plastiquement de façon étroite.
C'est avant tout un peintre du XVIIème siècle et dans ce temps de remise en valeur d'un "système international de valeurs et de liaisons matérielles, intellectuelles et économiques" ce fameux passage dont parle Francastel dans son histoire de la peinture française. Bien plus que d'école il faut parler ici, d'individualité, La tour en était une, le système pictural s'en ressent.
On a situé La Tour ceci à cause de la célèbre exposition "les peintres de la réalité" qui eut lieu en 1934, à l'Orangerie , mais ce terme de réalité est en réalité un faux problème. Ceci dit ce serait entrer dans un débat complexe qui engloberait un nombre d'éléments trop nombreux pour entrer dans cet exposé...

Fait à Paris, Mars 1980.

Posté le: mer. - avril 16, 2008 à 10:48 AM | | | M'écrire | |


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