Référent (réédition2005)


Tyrannique par des acteurs qui se connaissent et vivent entre eux.... Ainsi, le journal de Mode s'évertue à faire passer une Mode pour naturelle et allant de soi, tel que « ce printemps les jupes se portent aux genoux » ou « les chemises sont à dentelles et romantiques ». La technique est simple, sous le ton de la confidence caractéristique des magazines et des vendeuses, la rhétorique introduit dans la Mode une série de fausses fonctions dont la fin est évidemment de donner au signe de Mode la caution du réel.



De l'extrême justesse de l'analyse.
".......la Mode s'appuie sur des tendances différentes à chaque saison et ce, afin de précipiter le renouvellement du vêtement qui, sans cela, serait trop lent s'il dépendait de la seule usure. Si de véritables enjeux économiques dirigent ce principe, il s'agit de voir quels sont les acteurs qui se cachent également derrière cette stratégie d'accélération du rythme de l'achat. Il s'agit, en quelque sorte, du principe éternel de la Mode que d'être une succession de flux et de reflux dont le rythme est aussi capricieux que répétitif. Ainsi, pour Barthes 8 , dans le système de la Mode, « le signe est arbitraire ». En effet, celui-ci est élaboré chaque saison, non par la masse de ses usagers, mais par une instance étroite qu'il appelle « fashion-group », c'est-à-dire tous les acteurs participants à la définition et à la production des collections et à leur communication, notamment la rédaction des journaux de mode. On peut parler de signe arbitraire dans la mesure où il n'est l'effet, ni d'une évolution progressive, ni d'un consensus collectif. Au contraire, il naît brusquement et tout entier, chaque saison, par décret. D'ailleurs, le signe de Mode se soustrait en quelque sorte au temps puisque la Mode n'évolue pas mais change en proposant chaque saison un lexique neuf. Par conséquent, l'institution d'une Mode relève davantage d'un acte tyrannique que d'un acte contractuel. La preuve en est la condamnation morale qui peut être manifestée face à une « faute » de mode. De sorte que, la Mode développe toute une rhétorique de la Loi du Fait, - il faut porter tels vêtements et telles couleurs-, d'autant plus impérative que l'arbitraire qu'elle doit rationaliser ou naturaliser est sans frein. Et justement, la Mode tire sa plus grande force dans le fait qu'elle parvient à rendre naturels et rationnels des signes déterminés pourtant de façon arbitraire et tyrannique par des acteurs qui se connaissent et vivent entre eux. En effet, elle s'emploie à donner à ses signes l'apparence de pures raisons. Ainsi, le journal de Mode s'évertue à faire passer une Mode pour naturelle et allant de soi, tel que « ce printemps les jupes se portent aux genoux » ou « les chemises sont à dentelles et romantiques ». La technique est simple, sous le ton de la confidence caractéristique des magazines et des vendeuses, la rhétorique introduit dans la Mode une série de fausses fonctions dont la fin est évidemment de donner au signe de Mode la caution du réel. Cette caution est d'autant plus précieuse que la Mode se sent toujours coupable de futilité et d'arbitraire....

a penser

Posté le: ven. - mai 15, 2009 à 01:50 PM | | | M'écrire | |


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