urbanisme, réédition 2005/mai


à lire avec attention, autant de mots, autant de faux aveux qui pennnent u poids surprenant à l' heure ou les banlieues ou les symboles de la propriété individuelle (voiture) de l' économie (commerce) et de l'état (école) Brûlent dans les banlieues.




François Bloch Lainé, né en 1912, a consacré près de soixante années au service de l'État et de la vie collective. Inspecteur des Finances depuis 1936, il fut résistant au côté du délégué clandestin de la France libre en France occupée. Après avoir dirigé le premier cabinet de Robert Schuman, il a été nommé directeur du Trésor en 1947. Il sera ensuite directeur général de la Caisse des dépôts, président du Crédit lyonnais et grand animateur du mouvement associatif, en tenant, par-dessus tout, à son indépendance. Rencontre avec un homme libre.
Th. P.

Entrons dans le vif de notre sujet: que pensez-vous, rétrospectivement, des "grands ensembles" que vous avez commandés ou financés en étant à la tête de la Caisse des dépôts? Ne croyez-vous pas qu'un autre urbanisme était alors possible? Pourquoi celui-ci s'est-il ainsi développé?

François Bloch-Lainé: Il fallait construire vite et beaucoup, notamment à Paris et dans les grandes villes. Mis à la tête d'une institution financière qui sommeillait encore, avec des ressources - principalement les fonds des caisses d'épargne - qui augmentaient depuis peu, j'ai voulu contribuer fortement à la construction de logements sociaux pour remédier à leur désastreuse pénurie, après des décennies d'inaction, et pour faire face aux effets cumulés de l'accroissement de la population et de l'exode rural. C'était l'époque du célèbre appel de l'abbé Pierre. La Caisse des dépôts n'avait construit jusqu'alors que des immeubles bourgeois, à petites doses. Il lui fallait faire tout autre chose. Mais on partait sans grande préparation technique et avec peu de directives administratives. Comme les HLM, que nous financions par ailleurs, nous avons donc foncé dans ces "grands ensembles" qui ont été décriés après la bataille; en utilisant les terrains immédiatement disponibles, en expérimentant les plans et les techniques qui permettaient de livrer des logements modernes dans les moindres délais et aux moindres coûts. Aucun discours postérieur ne me fait regretter ce zèle et cette hâte. Il ne faut pas oublier les impératifs de l'époque. Le plus caractéristique a été celui de l'"opération million", qui visait à faire des F3 en moins de douze mois pour 1 million de centimes. C'était déjà plus prudent que les logements d'urgence lancés après l'hiver 1954. Mais cela produisait des barres et des tours qui n'ont pas toutes bien vieilli, posées là où il y avait de vastes terrains à vendre en devançant les plans d'urbanisme. On cherchait parfois la performance du côté de la préfabrication des éléments, avec des architectes qui n'avaient, jusqu'alors, que peu ou pas construit. Je noircis un peu le tableau, pour aller contre la facilité rétrospective des discours tenus aujourd'hui sur le discernement d'alors. En outre il me semble que Sarcelles, cet ensemble sur lequel on a dit tant de bêtises, a bien tenu le coup et reste honorable.

Quelles étaient vos rétérences au départ? Avez-vous pris des exemples à l'étranger quant à l'habitat collectif? Pourquoi avoir privilégié les tours et les barres plutôt que de réaliser des pavillons, puisque le désir des Français en la matière - je cite l'enquête de Jean Stoezel, publiée en 1946 - place en tête la maison individuelle?

F. B.-L: Plusieurs réponses à cette question qui a été développée plus tard devant l'opinion. Les terrains libres étaient rares. Nous n'étions pas en Suède avec de beaux espaces constructibles, comme il en existe autour de Stockholm. Et nous n'étions pas séduits par la solution britannique consistant à bâtir, de plus en plus loin des centres urbains encombrés, d'interminables chapelets de pavillons identiques. En nous référant à notre propre expérience d'avant guerre, nous critiquions la multiplication des pavillons de banlieue, où la vie ne nous paraissait pas, a priori, plus joyeuse que dans les immeubles à étages. Votre revue a consacré d'excellentes études à Le Corbusier. Sans entrer dans le détail de ses idées, les gens de ma génération étaient impressionnés par ses esquisses de Cité radieuse en réaction contre le désordre et l'encombrement des espaces urbains. Je me souviens notamment de la revue Plan, fondée vers 1930 par Philippe Lamour, dont les aperçus sur le sujet étaient très séduisants. Après être longtemps restés sur notre faim, quand nous avons enfin pu agir, nous adhérions sommairement à cette révolution proposée. "Le Corbu" (que Claudius Petit, son admirateur, a lui-même peu utilisé) a-t-il eu des idées fausses, ou celles-ci ont-elles été mal digérées par les praticiens auxquels nous avons eu recours? Je n'entrerai pas dans ce débat, sur lequel vous avez interrogé de meilleurs experts ou historiens. Je rappellerai seulement que, quels que fussent leurs inspirateurs, leurs écoles et même leur âge, les architectes en place au début des années 50 étaient en fait des débutants. On avait très peu construit durant les années 30. La reconstruction des villes détruites par la guerre ne leur avait pas donné, dans l'ensemble, beaucoup d'expérience. Un prix de Rome d'architecture comme Gustave Stoskopp, après s'être illustré sur un sujet d'exception, avait longtemps attendu avant d'opérer à grande échelle. Avec lui et Jacques-Hemi Labourdette, subitement chargé de Sarcelles, nous faisions quelques voyages à l'étranger, en quête d'expériences qui les influenceraient au retour. Léon-Paul Leroy qui était, auprès de moi le maître d'ouvrage, appréciait particulièrement ces deux maîtres d'œuvre en tant que conducteurs d'opérations. Mais, comme les autres opérateurs de qualité, dans l'urgence, ils tâtonnaient. A vrai dire, les exemples des grandes villes européennes - je mets à part des merveilles américaines - n'étaient pas éblouissants. Chez nous, les progrès ont résulté de tout à la fois: de l'élaboration tardive des plans d'aménagement urbain, dont celui de Paris, qui ont mieux localisé les efforts, des enseignements tirés de l'action au jour le jour, de la plus grande place faite aux maisons individuelles là où l'on pouvait les disposer logiquement et agréablement; en un mot, du temps qui a toujours été nécessaire à la réussite des agglomérations humaines. Pouvait-on exceller en bâtissant des villes neuves en dix ans? J'espère qu'avec le recul on reconnaîtra que nous ne nous sommes pas trop mal tirés de ce défi. En outre, il ne faut pas confondre les données de notre problème d'alors avec les phénomènes sociaux postérieurs qui ont affecté les banlieues et font les principaux problèmes d'aujourd'hui. Pour ce qui est de l'évolution de l'architecture au cours des décennies suivantes, particulièrement en matière d'immeubles collectifs, je me méfie de la sévérité et de l'incompréhension habituelles des anciens à l'égard des jeunes. Mais je dois dire que je n'éprouve pas beaucoup de honte rétrospective en contemplant l'évolution esthétique dans ce domaine.

Dans un ouvrage postérieur à votre aventure, Profession: fonctionnaire, vous dites en évoquant Sarcelles: "Autre moralité de l'histoire, la technocratie des promoteurs est infirme sans la démocratie des habitants", formule qui, vingt ans plus tard, a encore plus de poids, non?

F. B.-L.: J'aurais beaucoup à dire de mes regrets et de mes déceptions sur ce sujet. En bref, deux observations qui se complètent, à partir de mes souvenirs. D'abord, un reproche à l'égard des sociologues. Je ne pense pas être injuste en disant qu'aucun d'eux ne m'a aidé à temps, ne m'a dit, avant de multiplier les critiques après coup, ce qu'il fallait faire pour corriger la bonne conscience des techniciens qui logeaient le peuple sans calcul ni profit, ce qu'il fallait faire exactement pour rectifier leur paternalisme serein, leurs certitudes peu discutées. J'ai tardé à pousser les initiatives au-delà de ce qu'ils faisaient spontanément, et qui n'était pas négligeable, pour faire mûrir plus vite des communautés nouvelles, pour tenir compte plus sûrement des premières réactions des habitants de fraîche date. C'est un peu derrière le dos de mes collaborateurs, mais pas d'assez bonne heure, que j'ai fait étudier en secret et proposer subitement la création d'associations de résidents, qui ont connu des avatars opportuns. Le problème n'est pas simple: comment partager les pouvoirs et les tâches entre les propriétaires-gérants, les élus municipaux et de tels groupements qui préfèrent naturellement les réclamations aux responsabilités. Il reste qu'on se trompe souvent quand, avec l'âme pure, on veut faire le bonheur des gens sans eux. Un souvenir, au passage: un jour, mes collaborateurs m'invitent au Théâtre des Champs-Elysées, où ils ont fait venir par autocars, des locataires, afin de leur offrir gratuitement un spectacle éducateur. C'était le premier essai d'une action intitulée "Culture et grands ensembles". Un peu épouvanté, j'ai stoppé ce zèle en porte-à-faux, si louable que fût l'intention. J'aurais beaucoup à dire sur la "démocratie au quotidien" et au plus près du terrain.

Vous avez donc été déçu par l'apport des sociologues?

F. B.-L.: A l'époque, oui; sur le sujet de l'habitat nouveau, précipité. Je ne veux ni actualiser ni généraliser cette déception. J'évoque encore un temps de balbutiements chez les sociologues et alentour. Pour compléter mon procès par une honnête confession, je rappellerai notre invention de la "prospective", avec Gaston Berger, dans les années 60. Ce que nous avons dit de l'urbanisme à l'époque n'était pas fameux. Et notre maître à penser, qui était alors directeur de l'Enseignement supérieur, ne nous a pas fait voir venir les suites du baby-boom et celles de l'accès très élargi aux lycées jusque dans les universités dont il était cependant chargé. Cela est rétrospectivement déconcertant. Que fait-on de mieux aujourd'hui, et avec qui, pour le progrès et la clairvoyance? Le goût des concepts, qui ne caractérise pas seulement les sociologues, ne se substitue-t-il pas trop à la prévision des faits? Il y a trente ans, les ingénieurs et les architectes, découvrant l'urbanisme, étaient souvent grisés par le verbe. J'espère qu'avec des chercheurs désormais plus anxieux des réalités, ils affrontent mieux des difficultés plus graves que celles que nous éprouvions avant de connaître les conséquences de l'immigration et des exclusions.

En vous écoutant, je vois bien le sens éthique qui préside à votre conception du fonctionnaire. Autre exemple concret: quand vous avez pris la décision de déplacer les Halles du centre ancien de la capitale à Rungis, n'aviez-vous pas le sentiment de tuer un quartier historique, de briser une atmosphère populaire, avec ses métiers, ses argots, sa faune si bien décrite dans de nombreux romans sur le "ventre de Paris"?

F. B.-L.: Je n'ai pas pris, à proprement parler, une telle décision. Avec le gouverneur de la Banque de France et le commissaire au Plan, appelés à financer la reconstruction sur place du marché de la viande, nous avons fait front à la puissante influence de la profession pour stopper une aberration. Dans le Paris moderne, il était absurde de transporter tant de denrées volumineuses et salissantes et d'aggraver l'enlaidissement d'un quartier historique. Il ne dépendait pas de nous qu'on bousculât moins le passé, qu'on ne fût pas aussi brutal que Haussmann l'avait été parfois auparavant. Vous évoquez à ce sujet - dont les implications sont limitées - le grand problème du juste rôle des fonctionnaires, qui m'importe fort. Au passage, j'exprimerai l'opinion que, si ceux-ci peuvent contrarier ou inspirer des décisions des politiques, avec les inconvénients que présente la froideur technicienne substituée à la sensibilité des élus ils ne doivent jamais se confondre avec eux. Aujourd'hui, c'est la confusion qui m'inquiète, non la substitution. Hauts fonctionnaires et gouvernants sont de plus en plus de la même espèce, sortis des mêmes moules et également "politisés". Or, le partage des fonctions, la différenciation des attitudes sont indispensables à la bonne marche de l'appareil public, comme à son "impartialité" dans l'intérêt des administrés. Il s'agit de compétences et de forces complémentaires, chacune à sa place, avec des règles du jeu bien claires. La distinction des parcours est nécessaire en matière urbaine comme dans la plupart des domaines, pour l'élaboration des décisions. Evidemment, le dernier mot appartient au politique. Mon inquiétude porte autant sur l'administration décentralisée que sur les services centraux. La décentralisation a souvent favorisé des roitelets locaux menant grand train, entourés de féaux. En développant auparavant des "administrations de mission" (pour l'équipement du territoire, le développement régional, etc.) à côté des "administrations de gestion", nous avions d'autres espérances, notamment celle d'associer davantage les forces de la "société civile", comme on dit, aux autorités instituées. La décentralisation devait s'effectuer non seulement à l'intérieur de l'appareil administratif, mais aussi hors de celui-ci, au bénéfice de ces autres "mineurs" restés trop longtemps en "tutelle" comme les collectivités locales, à savoir les libres groupements de citoyens. Pour le bon fonctionnement de la vie collective - et notamment pour la qualité des lieux de vie -, je plaide donc d'abord pour le respect d'un système bipolaire: gouvernants-fonctionnaires. Et, en outre, pour qu'il devienne le plus possible tripolaire, avec le développement de ce qu'on appelle aussi le "tiers secteur", celui qui associe aux efforts du Prince et de ses grands commis des organisations spontanées et autonomes. Il me semble que c'est de cette manière que les nations font le moins possible de bêtises et produisent le plus d'efforts.

Ainsi, votre engagement personnel dans le mouvement associatif tend à rendre plus vivable notre monde?

F. B.-L: C'est en effet l'ambition principale de mes dernières décennies. Mais il y a de tout dans le mouvement associatif, qui s'est quantitativement beaucoup agrandi depuis vingt ans, du dynamisme et des risques de sclérose. Il est difficile d'en parler en termes généraux et brefs. Je dois d'abord confesser qu'à la Caisse des dépôts j'ai donné un statut d'association à des entreprises administratives qui réunissaient des éléments divers pour des actions latérales plus qu'elles ne développaient, au sens démocratique, la cocitoyenneté des personnes physiques, plus qu'elles n'étaient de pures et vraies associations. Cette pratique assez fréquente depuis que les appareils publics se livrent à des opérations très diverses, peu traditionnelles, a des mérites et des torts. C'est pour favoriser des élans plus "autogestionnaires" dans la population qu'avec Jacques Delors et Philippe Viannay, à "Echange et projets", à partir de 1974, j'ai fondé l'ADAP (Association pour le développement des associations de progrès) qui, volontairement éphémère, a fait place à la FONDA (Fondation pour le développement de la vie associative) sous la direction de Frédéric Pascal, l'actuel président de la SCIC, auprès de la Caisse des dépôts. Ensuite, pendant dix ans, j'ai présidé l'UNIOSS (Union nationale interfédérale des organisations privées sanitaires et sociales). Parmi les progrès à accomplir dans les associations, alors qu'il faut remédier à tant de déchirures dans le tissu social, qu'il y a tant de trous à combler, il y a une marche difficile à poursuivre dans la conjugaison d'experts professionnels et de militants bénévoles, dans la mise à parité d'aidants et d'aidés, pour faire de tous des coparticipants à des tâches précises, dûment secondées et évaluées par les pouvoirs publics, dans le respect d'une autonomie qui est un facteur de dynamisme. La loi de 1901 n'a pas été faite exactement pour cela. Mais, très "compréhensive", elle s'y prête sans amendement dangereux. La reconnaissance d'utilité publique dont elle est assortie (inventée pour n'autoriser les "biens de main morte" qu'à bon escient, à l'époque où l'on combattait les congrégations religieuses) devrait faire place à une reconnaissance d'utilité sociale, difficile à bien concevoir et organiser. La réalité de la méthode associative est plus importante que l'énoncé de la forme associative. On avance pas à pas dans cette voie qui a été préconisée depuis plus d'un demi-siècle par des courants de pensée auxquels je reste fidèle depuis ma jeunesse.

Avez-vous été influencé par l'école des cadres d'Uriage?

F. B.-L.: Ce n'est pas à elle que je me réfère le plus volontiers. Sans désavouer des amis qui y étaient et auxquels je suis fidèle sans réticence: tels Hubert Beuve-Méry, Paul Delouvrier, Joffre Dumazedier, etc. Mais, à l'époque, j'étais en zone occupée. Si j'y avais été attiré par la poursuite qu'on y faisait de convictions antérieures à la guerre et distinctes des imbécillités de Vichy, j'aurais pris vite de la distance, comme l'ont fait ses nombreux fondateurs. Mais je reconnais encore la marque que j'ai reçue des idées "personnalistes et communautaires" développées autour de Emmanuel Mounier. Dans le sens des activités postérieures de Dumazedier (qui me flattait en me considérant comme un précurseur là où je n'étais que son aîné), j'avais consacré ma thèse de doctorat en droit, en 1935, à l'emploi des loisirs ouvriers et à l'éducation populaire. J'étais proche des fondateurs du Seuil, éditeurs qui ont eu un destin brillant en restant fidèles à leurs convictions. Grand ami de Delouvrier, mes actions ont été souvent liées aux siennes. Et j'ai toujours bien aimé Beuve-Méry. Je n'ai renié ni le scoutisme ni les "équipes sociales" de Robert Garric, malgré certains de leurs égarements dans les années noires. Pour revenir à l'essentiel, et je pense à vos préoccupations actuelles d'urbaniste, je privilégie toujours les structures fraîches qui servent ce que j'appelle le "qui-vive", c'est-à-dire la vigilante lucidité contre les mauvaises surprises. La critique doit être constamment en éveil. Or les institutions établies, avec leurs états de service et leur bonne conscience, commettent souvent de grandes erreurs. Elles doivent être constamment bousculées par des "forces vives" qui se renouvellent (qui ne restent vives qu'à la condition de se renouveler). On ne bâtit bien qu'exposé à la diversité, à la vitalité des libres opinions.

Une question pour finir: ne faut-il pas que les meilleurs fonctionnaires soient nommés là où les "harmonisations" sont le plus malaisées, notamment dans les "quartiers difficiles"?

F. B.-L.: Assurément. De haut en bas de l'échelle jusqu'au terrain. Il est absurde de placer des enseignants débutants, inexpérimentés, non éprouvés, dans les écoles où la besogne est la plus dure; des policiers non formés, non préparés, là où ça chauffe le plus. Cela est vrai pour tous ces médiateurs que doivent être les fonctionnaires les plus habiles, ceux qui ont appris à "faire-faire", travail qui nécessite plus de savoir-faire que pour faire. L'Administration doit investir ce qu'elle a de meilleur là où le rendement est le plus lent parce que le plus laborieux, là où il dépend le plus de l'aptitude à mobiliser les forces vives. C'est ce qu'une meilleure connaissance de la société, due à la formation préalable ou continue, sanctionnée par de plus fortes rémunérations et des avancements plus rapides, doit substituer à des négligences qui sont des abandons catastrophiques. L'avenir de notre vie urbaine, aujourd'hui en péril dans trop de lieux, en dépend. Il y a quarante ans, nous devions effacer d'autres ruines, remédier à d'autres carences. Mais je crois que, pour des objets différents, le cœur et les démarches nécessaires étaient les mêmes.
Propos recueillis par Bernard Ecrement et Thierry Paquot le 29 mai 1995
©Thierry Paquot

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Posté le: mar. - avril 28, 2009 à 10:54 AM | | | M'écrire | |


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