Mars 2005
J'ai lu "Le meilleur des mondes" et "1984" il y a 30 ans: ma mère était une férue de science-fiction, ses livres et leur couverture tapissent mes journées d'enfance (dont cette édition chez J'ai Lu, Poche).
Je vois avec affliction ces univers anticipés (qui déjà confusément se fondent entre eux dans ma tête comme les vieux souvenirs) quitter l'imaginaire pour émerger dans la réalité. Les technologies de l'information contrôlés par les oligopoles ne sont maintenant que des outils de propagande.
Outils de propagande comme l'était l'écrit et la parole il y a mille ans, oui, mais d'une efficacité moindre: des livres étaient à l'index, mais il y avait autant d'éditeurs que de presses. Aujourd'hui les grandes surfaces (Wallmart et cie) influent le choix des éditeurs, influent sur ce que vous pouvez lire. Les librairies indépendantes disparaissent, on est à l'heure des grandes chaînes qui "dictent" nos lectures. La pluralité des voix (qui parlent, chantent, jouent) disparaît. Tout le monde lit le dernier livre recommandé par Oprah, Bazzo, Renaud-Bray. Le même livre. La même émission de tivi. La même toune.
La boucherie irakienne n'a été rendue possible que par le contrôle des médias US (ou leur propre auto-censure, la plus efficace). La seule issue vers un monde vraiment meilleur (s'arracher de la barbarie et du faschisme) est celle de l'information, de l'éducation libre et accessible.
Contrer la peur et la paresse de nos esprits. Mais pour ça il faut que l'information circule. Si c'est Big Brother qui pitonne sur votre remote, vous êtes condamné. Avec sa nouvelle loi du copyright, Big Brother tend la main vers celle-ci. Empêchez-le.
Voici un texte important que j'ai traduit sur la réforme du droit d'auteur, lisez-le. Signez la pétition.