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 | L'abus de confiance est caractérisé en partie par le fait que l 'AACK a présenté à ses partenaires un budget prévisionnel dont l'équilibre semblait garanti par une participation majoritaire - et massive - de toutes les instances du pouvoir (municipal, départemental, régional, national). Mais cette affaire a montré que le "tissu" associatif est pour l'élu le moyen d'une délégation complète de sa responsabilité financière.
Dans la partie "Dépenses" de ce budget prévisionnel de 375.000 Frs, il y a : – 55.000 F dont on sait qu'ils ont été payés; – 211.000 F dont on sait qu'ils sont impayés; et le reste dont on sait peu de choses : – 60.000 F de frais d'imprimerie (1); – 15.000 F de prestations confiées à soi-même; – 34.000 F de prestations diverses.
A quoi s'est ajouté un surcoût connu, impayé aussi, de 74.000 F, pour un budget total de 449.000 F — dont au moins 63,5 % d'impayés. A la colonne "Recettes", l'AACK annonçait 190.000 F de subventions : 120.000 F de la Ville de Strasbourg; 30.000 F de la DRAC; 20.000 F du CG67 (2); 20.000 F de la Région. Le reste - 185.000 F - est de l'«auto-financement» : vente d'alcool, de merguez et de CD, annonceurs du guide.
Il faut ôter 40.000 F que le nouveau maire a rognés sur la subvention promise "oralement" par le maire précédent; et également 50.000 F sur les ventes de disques prévues (ça n'excuse rien, puisqu'il y a carambouille). Ces 90.000 F plus les 74.000 F de surcoût ne font que 164.000 F de déséquilibre budgétaire (3). Et il y a entre 285.000 F et 385.000 F d'impayés... Quand on sait qu'il y avait un trou de 400.000 F dans la caisse avant le début de l'opération, cela monte les pertes de l'association à quelque chose comme 750.000 F. Pertes ne signifie évidemment pas volatilisation ! (Perte : lieu où disparaît un cours d'eau, qui réapparaît plus loin. Le Petit Robert ). M. Roland Ries a déclaré qu'il était «possible» que les subventions aient été «insuffisantes». Le fût est percé mais M. Ries fait comme s'il n'avait pas déjà versé de quoi le remplir deux fois. Dans une démocratie, il serait inéligible. En France, il est promu sénateur.
• Les comptes prévisionnels sont publics (il faut susciter la confiance). • Les comptes définitifs sont secrets (ayez confiance, il n'y a que la foi qui sauve; c'est ce qu'enseigne la théologie protestante dont Catherine Trautmann a une maîtrise universitaire).
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 | Mes Années Krutenau (Devot / Boulak)
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 | (1) a) Les imprimeurs semblent avoir été payés; b) Le montant prévu pour la pochette en carton représente 69 % du coût de fabrication du CD; c) Ces pochettes n'ont pas été imprimées à l'usine de pressage, ce qui est tout-à-fait exceptionnel; d) Les pourvoyeurs de l'opération sont en campagne électorale. A la brigade financière, on appellerait ça des indices tangibles. On aimerait être sûr que cette opération n'a pas été montée pour financer, par le biais des surfacturations, l'impression du matériel de campagne des candidats. (4)
(2) Le Conseil Général nie sa contribution, mais ne poursuit pas celui qui s'en est prévalu (avec utilisation du logo CG67) pour abuser la confiance de ses victimes.
(3) L'AACK se voulait pourtant prévoyante : « Il était prévu que la brocante, ressource principale de l'association, permette de compenser ces éventuelles pertes » (courrier d'un dénommé Daniel Taube Le Guern du 18/07/01). Mais cette ressource a dû s'écouler dans une autre rivière.
(4) On peut comparer avec la méthode Carignon : A Grenoble, les journaux News Gratuit et Dauphiné News, lancés quelques semaines avant les élections municipales de 1989, soutiennent la municipalité. En mars, Alain Carignon est réélu maire de Grenoble, en avril les journaux cessent leur parution, laissant un passif de 10 millions de francs. A quoi il faut ajouter 19 millions de francs d'enrichissement personnel que les Grenoblois paieront par une augmentation de 56 % de leurs factures d'eau. M. Carignon se présente aux élections législatives 2007 dans la 1ère circonscription de l'Isère. Le président de son parti a déclaré en novembre 2006 : « Je n'ai pas l'habitude de rencontrer des gens qui ont été condamnés par la justice ». On peut s'amuser à compter le nombre de repris de justice à qui il a donné l'investiture du parti. Quand un violeur d'enfants a purgé sa peine, est-ce qu'on le nomme directeur d'orphelinat ?
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