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Christian MERTZ
10 Rue d'Ypres
67000 STRASBOURG
à
Mme Fabienne KELLER
Maire de Strasbourg
Place de l'Etoile
67000 STRASBOURG
Strasbourg, le 14 novembre 03
Madame,
La municipalité de Strasbourg fait partie des institutions qui ont alloué des subventions à l'association des Artisans et des Commerçants de la Krutenau (AACK). Bien qu'un ancien maire les ait jugées publiquement insuffisantes (DNA du 26 mai 02), ces sommes ne sont jamais réapparues nulle part (cf. par exemple les DNA du 12 octobre 2001).
Si vous n'êtes pas responsable des agissements de vos prédécesseurs, ayant versé ces subventions, vous en êtes comptable. Or l'utilisation qui en a été faite est tout sauf transparente. Nous considérons donc d'une part :
- que le fonctionnement de cette association (fantôme) a toutes les apparences d'un système occulte de prélèvement sur les fonds publics.
- que pour expliquer le silence qui est fait sur les activités de l'AACK, la caution d'un administrateur judiciaire n'est pas suffisante.
Nous nous étonnons également que le président de cette association ait l'audace - sinon le pouvoir - de lancer des campagnes de presse pour demander la démission de vos adjoints (DNA du 28 mai 03), ceci sans que personne dans son camp ne réagisse.
Nous vous informons que d'après ce que M. ARBOUSSE a déclaré à Mr. HURAND le 25 juin dernier, l'AACK aurait échappé à la liquidation judiciaire sur la foi d'un engagement pris par la ville, lui confiant la brocante de la Krutenau jusqu'en 2012. Nous savons cet engagement hors de votre pouvoir et ne pensons pas la justice plus crédule que nous. L'AACK n'ayant par ailleurs aucune autre activité, nous tenons à exprimer nos doutes sur les véritables raisons qu'il y a de maintenir cette association en vie.
Le 23 décembre 2001 dans les DNA où le président de l'AACK semble avoir une tribune libre, nous apprenions qu'il ferait «viser les comptes de son association par un cabinet dexpertise comptable en janvier, «afin de lever les doutes et les suspicions sur lhonnêteté de (sa) démarche». Cela n'ayant pas été fait (ce que les DNA se sont gardées de vérifier), il semble légitime de penser que la personne citée perde en crédibilité.
Nous restons les victimes de ces abus de confiance et vous demandons de faire ce qui est en votre pouvoir pour lever les soupçons croissants quant à l'utilisation qui est faite de l'argent public.
Pour couronner le tout, les victimes, elles, subissent actuellement un harcèlement constant de la part de Maître WAGNER, Huissier de Justice, pour qu'elles payent des frais de procédure qui sont officiellement à la charge de l'AACK.
Celle-ci est peut-être insolvable, mais comme elle a pu s'offrir les services d'un cabinet d'avocats, elle pourrait payer Maître WAGNER sur la même caisse, cela nous épargnerait les tentatives d'extorsion de cet auxiliaire de justice.
Dans l'attente de votre réaction, nous vous prions de croire, Madame, en l'expression de nos sentiments respectueux.
Christian MERTZ
Directeur artistique
de l'opération KRUTENAU QUARTIER LIBRE
Ma lettre à la même, postée trois jours plus tard, également en recommandé.
Madame,
Je fais écho au courrier que vous a adressé M. Christian Mertz, dont je suis solidaire en tout point. Je voudrais ajouter ceci :
En matière de deniers publics, l'exigence déçue de traçabilité ne rassure pas les citoyens sur le soupçon de blanchiment.
Or dans l'affaire AACK comme dans d'autres (l'association L'Univers des Images Numériques par exemple), il semble qu'il y ait dans le meilleur des cas gabegie; dans le pire, ce n'est, faute de la moindre transparence, qu'une question d'imagination : la résurgence récente d'une affaire de financement occulte (Sagès) dans votre conseil municipal est un exemple de ce qui peut l'alimenter.
Les DNA du 5 juin 2002 vous citent à propos de l'AACK : « c'est la nomination d'un administrateur judiciaire qui a permis la reprise d'un dialogue équilibré et sérieux ». Effectivement, le rapport de la commission parlementaire n°1038 indique que "la responsabilité des mandataires est l'une des principales garanties apportées par la procédure".
Mais il poursuit : "Or l'engagement de cette responsabilité est quasiment impossible en pratique, faute d'informations fournies aux créanciers pour en juger".
Je vous prie de croire, Madame, en l'expression de mes sentiments respectueux.
P.S. : Le Service Central de Prévention de la Corruption consacre son rapport 2002 (prix : 8,80 ¤) aux dérives du monde associatif; il est destiné aux élus qui souhaitent s'en prévenir.
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