Yaohu yanshi 妖狐艷史


"Galantes chroniques de renardes enjôleuses" est un roman anonyme en langue vulgaire datant vraisemblablement de la dynastie manchoue (1644-1911). Tout à la fois farce guignolesque, féerie érotisante et fable morale, il donne avec une générosité naïve et parfois brouillonne autant à voir, qu’à réfléchir.

Un jeune garçon faussement prude se frotte à deux irrésistibles fées renardes curieusement timorées ; deux esprits goupils sodomites se rendent la politesse sans la moindre pudeur ; des repris de justice sans vergogne ourdissent de pendables forfanteries ; un serf émancipé et un ministre tout puissant offrent des aperçus saisissant sur la noirceur de la nature humaine : tout ce beau monde fournit au romancier les justifications d’une mise en pratique de l’implacable loi de la rétribution des actes.

On passe ainsi du chaud au froid, avant d’être soulevé par une apothéose finale qui réconcilie le héros, égaré passager, avec l’ordre confucéen. Si l’auteur offre à son lecteur le vertige causé par la description détaillée du commerce des corps, c’est pour mieux en condamner les excès et les extravagances.


Galantes Chroniques de Renardes Enjôleuses

Farce féerique, érotique et morale des Qing,

Traduite par Aloïs Tatu, présentée et annotée par Pierre Kaser.
Suivi de "Les renardes par l’une d’elles" de Solange Cruveillé.

Arles : Editions Philippe Picquier, 2005, 167 p.


(Une notice en français et l'introduction sont disponibles à partir de cette page)




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