Par
la mer, le soleil et le vent : " l'or
blanc ".
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Pendant des siècles,
le sel fut une richesse convoitée
. Inséparables
du paysage les marais salants sont le produit de l'alliance
historique de la nature et du labeur de l'homme façonnant
son environnement. Cependant, après la seconde guerre
mondiale l’activité salicole va péricliter. Les sauniers,
ne pouvant résister à la concurrence des productions
industrielles de sel, laissent les marais en friche.
En 1981,
le syndicat mixte d’aménagement des marais est créé ; au
début de la décennie 90 la surface des marais salants
exploités se stabilise. Actuellement,
une nouvelle génération de sauniers restaure
d’anciennes exploitations abandonnées.

** L'alchimie du sel.
Le sel
est le fruit d’un processus hydrologique complexe au cours
duquel s’opère la concentration de l’eau de mer par
évaporation progressive sous l’action conjuguée du soleil
et du vent.Aux
marées de vives eaux, l’eau pénètre dans les
étiers de
l’Arceau
et des
Coëfs et
alimente de vastes réserves appelées
branches ou loires.
L’eau emprunte, au fur
et à mesure des besoins, un long circuit de canaux (
tours d’eau )
et de pièces d’eau (
pèces )
où la circulation est
ralentie par un système de chicanes. L’eau parcourt ainsi
plusieurs centaines de mètres de façon gravitaire dans des
bassins de faible profondeur. Au cours de ce lent
cheminement l’eau se débarrasse de ses impuretés et de
fines particules terreuses en suspension, s’évapore et se
concentre en sel.

** La récolte du sel.
Le saunier doit
veiller à maintenir de légères dénivellations d’une partie
du marais à l’autre de telle sorte que l’eau parvienne
jusqu’à ces aires qu’on appelle les
oeillets afin
que le sel s’y dépose et lui uniquement. Au cours de ce
cheminement, l’eau se réchauffe, s’évapore et se concentre
en sel passant de 30 g/l à 300 g/l. Selon le temps et la
vitesse d’évaporation le débit de ce circuit hydraulique
doit être réglé. En fin de parcours, lorsque l’eau arrive à saturation,
le sel se cristallise. Le saunier ou la saunière tire le
sel avec son
ételle,
c’est-à-dire le ramène sur ces plateaux circulaires que
sont les
tables.
Alors que
les cristaux de
gros sel se
forment au fond de l’œillet, les fins cristaux de la
fleur de sel sont délicatement récoltés en
surface à l’aide d’une sorte de grande écumoire, la
lousse.
Aujourd’hui,
lorsque le saunier ne commercialise pas lui-même sa
production, un chargeur assure le chargement de l’or blanc
pour son transport à
la coopérative.
Là, il est conditionné, voire valorisé en sel aux herbes ou
aux légumes.
L’appellation
d’or blanc, en
référence à l’époque où le sel était une richesse
convoitée, ne doit pas faire oublier que les
aléas climatiques font alterner années d’abondance et de
pénurie.