L'ancienne église priorale Saint-Germain et Saint-Protais ( XIe et XIIe siècles ) a été édifiée sur l'emplacement de lieux de culte païen. La partie la plus ancienne de l'édifice - le choeur - remonte à l'époque mérovingienne. Poitiers n'a donc pas le privilège - avec le baptistère Saint-Jean - de disposer des seules réalisations mérovingiennes des IV et Ve siècles de la région. Civaux fait partie de ces sites marqués par le poids de l'histoire.
Vue générale de l'église avec son clocher de section carrée
assis sur l'abside et élevé sur deux étages, percés chacun,
sur chaque face, d'une paire d'ouvertures en plein cintre.
ll est coiffé d'une pyramide.
Devant l'église et sous l'abri se trouvent les vestiges
d'une piscine baptismale ( entre le IVe et la fin du VIIIe
siècles ) et plusieurs sarcophages.
L'abside polygonale mérovingienne.
Réalisé en petit appareil cubique le chevet actuel est
percé de trois baies en plein cintre.
Une corniche sculptée souligne l'horizontale tandis que des
contreforts rythment la façade d'une grande sobriété.
La principale ornementation consiste en une corniche
composée d'arcatures reposant sur des modillons variés.
Un type de modillon animalier : un écureuil ?
***
De beaux types de modillons : un homme accroupi avec les
bras reposant sur les genoux ; un visage féminin.
La diversité et la qualité de l'exécution des modillons
montrent l'inépuisable créativité des sculpteurs romans.
D'attachants
chapiteaux
A la fin du Xe siècle les murs de l'actuelle nef furent
accolés à la précieuse abside mérovingienne.
Coup d'oeil d'ensemble sur les chapiteaux de la nef.
Les chapiteaux des lourdes colonnes de la nef comportent
des sculptures en fort relief. Simples éléments ornementaux
ou, au second degré, l'imagier roman voulait-il transmettre
un message ?
Ce chapiteau présente à sa base des dents de scie décorées
de boutons et sur lesquelles prennent appui des lions
entrecroisés ; peut-on voir dans cette évocation un refus
de l'équilibre entre deux tendances ?
Deux oiseaux buvant dans une coupe fréquente représentation
symbolique.
*
Une sirène, un poisson dans chaque main, occupe une barque
et jette un malheureux humain à la mer. A regarder de près
le premier cliché la sirène semble écouter les propos de
deux poissons qu'elle a dû remonter des flots... On
pourrait alors, avec Anne et Robert Blanc,
avancer l'hypothèse que le personnage plonge à son tour
pour aller voir en personne ce dont il est question (
évidemment à l'!ntérieur de lui-même ), 2004, p. 174.
Une femme et un homme se donnent la main ; serions-nous en
face d'une première représentation sculptée des liens du
mariage ? Que signifie la main posée sur le coeur ? Dans un
couple étroitement lié, chaque partenaire ne peut-il pas
trouver, à travers l'autre, sa pleine identité ?
Des dragons à queue lovée, avec de grosses taches rondes,
et terminée par un mufle animal. Réunis par leurs têtes ces
dragons dévorent un homme. Faut-il y voir une évocation
symbolique des supplices infernaux ?
Sur le chapiteau de droite, des "démons "avec
un haut de visage unique alors que la
barbe est représentée vue de gauche et de droite.