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LE
CLOÎTRE,
COEUR DE L'ENSEMBLE CONVENTUEL
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Architecturalement, le
cloître
est ce quadrilatère situé au sein d'un
monastère - ou contigu à une cathédrale - comportant une
galerie à colonnes couverte d'une charpente ou d'une voûte
qui donne sur une aire centrale, cour ou jardin.
Les
cloîtres manifestent la ferveur de ces femmes et de ces
hommes épris d'absolu qui commencèrent, dès la fin du IVe
siècle, à se retirer du monde afin de consacrer leur vie à
la louange de Dieu. En Occident, Benoît de Nursie est à
l'origine de la fondation du Mont-Cassin. L'avènement du
deuxième millénaire a été marqué également par un puissant
élan de foi qui s'est traduit par la fondation d'ordres
religieux et la construction de monastères. C'est une
véritable quête de l'homme et du divin que les communautés
monastiques ont inscrites historiquement dans la pierre.
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Le Moyen
Age bâtit, sculpte et peint en vue du Ciel
; le voyage dans le temps, le
temps des pierres, sera marqué par les sensibilités
romanes, cisterciennes ou gothiques dominantes des époques
de construction.
En
mettant en avant la majesté du Tout-Puissant,
Cluny
entend édifier les âmes
par une riche et foisonnante ornementation sculptée
égayant les murs pleins et les arcs en plein cintre.
Repoussant tout divertissement, l'esprit
cistercien, en réaction, se démarquera de l'art
clunisien par la simplification du plan et des formes de
ses édifices, par son austérité et son dépouillement.
Les moines de
Grandmont partageront
avec les moines cisterciens leur désir de retrait du monde
et d'ascèse ; l'art de bâtir cistercien et grandmontain
sera marqué par cette soif d'absolu. Avec les croisées
d'ogives soulevant les voûtes et les arcs-boutants épaulant
des murs moins épais, l'art
gothique allégera les
structures, fera monter vers le ciel les cathédrales en
surélevant l'architecture pour y faire entrer la lumière.
Dans les cloîtres eux-mêmes la lumière jouera à travers les
dentelles de pierre des arcades.

Si la splendeur des cloîtres est souvent
reconnue, leur beauté n'a pas pour autant sa finalité en
elle-même. Dans son rôle concret cet espace de vie
claustral ne saurait exiger une telle beauté. Mais, c'est
en fait un double rôle de
jonction que remplit le cloître. Il exerce d'abord
une fonction
utilitaire : assurer
la liaison entre l'église et les bâtiments monastiques (
salle capitulaire où se réunit le chapitre d'une communauté
religieuse , scriptorium, réfectoire, cuisine, chauffoir,
une volée de marches menant au dortoir ). En ce cas, le
cloître est une galerie couverte qui permet le passage à
l'abri des intempéries des constructions conventuelles
propres à satisfaire la vie quotidienne dans ses dimensions
les plus humaines au sanctuaire et à la sacristie pour
l'office divin.
Le cloître n'est pas seulement cet espace intermédiaire
entre les bâtiments conventuels et le lieu de la prière
chantée et solennelle ; c'est aussi un lieu
de communication entre le monde d'en haut et celui d'en
bas. C'est dire
qu'au-delà de son rôle matériel de voie d'accès aux
différentes salles monastiques, il est un espace de
recueillement où le moine ( ou le chanoine ) s'isole du
monde extérieur pour se concentrer sur la vie intérieure.
Destiné, dans cette perspective, à éviter la dispersion et
la distraction des chercheurs de Dieu qui y déambulent, le
cloître est un espace clos qui n'est ouvert symboliquement
que vers le ciel. Il constitue, en ce sens, un espace
hautement symbolique : il est l'image même de la vie
monastique. Ne dit-on pas de celles et de ceux qui
embrassent la vie religieuse qu'ils sont " entrés au
cloître ". C'est dire que ce lieu de sérénité, de silence
et de paix qu'est le cloître est le lieu emblématique d'un
monastère. Telle apparaît la signification profonde du
cloître pour les êtres qui ont fait voeu d'y vivre selon la
Règle présidant à l'organisation de leur vie communautaire.

Aperçu de la disposition générale des bâtiments d'un
monastère.
D'après L'art
cistercien, Zodiaque,
La nuit des temps, 1962, p. 45.
Aujourd'hui, les historiens en retiendront les vicissitudes du temps
et les meurtrissures infligées par les hommes.
Les
spécialistes de l'art priviligieront les techniques de
construction et la qualité de l'ornementation,
les
syndicats d'initiative vanteront leur intérêt touristique,
les communes et les
conseils généraux,
enfin, s'enorguilleront des richesses patrimoniales de
leurs territoires. Seuls les
coeurs qui cherchent Dieu sauront y voir une réalité supérieure :
un idéal religieux et symbolique sans lesquels ces
bâtiments n'auraient aucune raison
d'être.Pour les
autre hommes seule
subsistera la beauté de ces havres de sérénité et de paix
qaue restent les cloîtres. Espaces de spiritualité et de
beauté ces édifices chargés de sens que sont les cloîtres
parlent à l'homme d'aujourd'hui, la plupart du temps, moins
pour des motivations
religieuses que pour
le choc
esthétique.
Mais,peut-être aussi que la mémoire des
pierres restera une
manière de dire l'homme à l'homme, en ce sens qu'elle
révèle quelque chose d'itinéraires humains à d'autres
hommes. La mémoire des pierres exprime comment une part de
l'humanité s'est un temps définie avec ses interrogations,
sa façon de voir et ses réponses dans sa recherche du
bonheur, de sa quête de lui-même et du divin.
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Le site
n'en est qu'à ses débuts ;
il s'étoffera progressivement.
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