LA TRAVERSEE DE LA VIE

L'homme, comme
tous les êtres vivants, passe sur la scène du monde. Le
temps passe et l'homme avec ! L'homme naît, est
de son temps et subit les outrages du temps ; un jour le
temps lui redemande sa vie, et il finit par passer un jour
du temps.
La barque de la
vie restera soumise aux aléas du temps.
Alors qu'est-ce que la vie, sinon un ensemble de flux et de
reflux, de peines et de joies, de soucis et de plaisirs
différents selon
l'âge et la condition sociale. La vie est une aventure plus
ou moins courte avec ses moments de bénédiction et
d'affliction.
Que sa vie ait été remplie de délices ou que les maux
l'aient emporté l'homme sera obbligé de la quitter pour
retourner à la terre d'où il a été tiré.
La condition humaine est marquée par le temps. C'est le lot
de quiconque et personne ne peut arrêter son cours. Cette
assertion
qui a la banalité de l'évidence, chacun la redécouvre à un
moment où l'autre de son existence. L'image de la dernière
dépêche tuant la précédente qui s'était elle-même
substituée à une autre traduit avec force le temps qui
passe et échappe. Quoi qu'il en soit qui n'a jamais éprouvé
le vertige du temps qui s'enfuit trop vite et qui consume
sournoisement de l'intérieur ?



L'homme est son corps
emporté par le temps. C'est par lui que l'individu s'exprime et
entre en relation avec les autres. Par la mort
ce corps cessera de l'affecter ; il n'exprimera dorénavant
plus rien. Pour être l'être humain doit couvrir ses besoins
à la sueur de son front. Il se livre à ses passions et à
ses états d'âme ; en lui s'affrontent les forces du bien et
du mal. Il est fait d'ombres et de lumières.
La vie de l'être humain c'est avant tout le temps qui passe
inexorablement, c'est-à-dire des années qui succèdent aux
années,
obscurcies par la brume de la routine quotidienne,
pimentées par les percées lumineuses que sont les rares
moments de bonheur.
La vie, c'est cela : des
gens qui attendent quelque chose de l'existence, d'autres
qui se heurtent frontalement à un mur qui bouche, sans
espoir d'éclaircie, l'horizon.
Certains résument leur existence à l'accumulation effrénée
de biens. D'aucuns, au lieu de rechercher les seules
satisfactions de la chair et du plaisir, essaieront de se
réaliser en mettant en oeuvre tout ce qu'il y a en eux de
généreux. La volonté de développer la solidarité à l'égard
d'autrui est la justification de leur engagement social
militant. D'autres essaient de se réaliser dans la
satisfaction de la tâche accomplie ; quelques-uns ne vivent
qu'avec l'ambition de laisser une oeuvre qui leur survivra
et leur assurera une vague immortalité... Pour beaucoup,
enserrés dans les mailles d'une existence trop précaire,
l'idée même d'attendre quelque chose de l'existence est
tout à fait étrangère.
Si le monde est manifestement dur pour beaucoup, il est
également séducteur, envoûtant et dérisoire. Par ses
attraits enchanteurs
le monde conduit l'homme à s'étourdir par le
divertissement. Dans la société contemporaine marquée par
un individualisme exacerbé les réponses les plus variées
sont ainsi apportées aux interrogations soulevées par
l'existence selon la pondération que chacun accorde au
matériel et au spirituel dans sa vie. La dynamique
individuelle résulte de tensions entre, d'une part,
l'immédiateté et l'urgence des affaires courantes et, de
l'autre, les préoccupations d'ordre spirituel, plus
discrètes et silencieuses, qui semblent bien souvent
pouvoir être remises à plus tard.
Ce monde est peu de chose
et pourtant il est beaucoup.
C'est un grand bonheur de traverser furtivement l'univers
et le temps, vivant des printemps qui, au gré de la
jeunesse ne passent pas assez vite et des automnes toujours
trop fuyants pour les personnesau soir de l'existence.
Alors que dire sur notre vie et celle des hommes pour
dresser cet état de la société à l'entrée du XXIe siècle ?
L'homme contemporain est écartelé entre ses lieux de vie et
ses lieux de travail, entre ses passions et les nécessités
laborieuses
de l'existence, mais aussi inégalement partagé entre deux
mondes, ce monde-ci et celui d'en haut. Les tonalités les
plus marquantes du siècle qui se clôt sont les ambivalences
du monde moderne et les clairs-obscurs de la condition des
hommes.
L'examen des différentes dimensions de l'aventure humaine à
l'aube du XXIe siècle permet de dégager des canevas de
compréhension de la société et de nos contemporains :
abandon des dogmes
traditionnels et des arguments d'autorité,
mouvements d'émancipation et d'autonomisation des
individus,
chacun devenant son référent ultime.
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Sur le
Net
le site suivant de l'auteur aborde ces questions et fournit
des repères bibliographiques :
*
Retour sur le siècle écoulé : une accélération du rythme du
changement sociétal.
Un état des lieux du monde, de la société française à
l'orée du XXIe siècle.
- Les ambivalences du monde moderne.
- Les clairs-obscurs de l'homme contemporain.
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