Attributions bioindicatives des Zygènes

Les Zygènes sont de petits « papillons de nuit » qui volent le jour. Leurs vives couleurs aposématiques, leurs étroites localisations le plus souvent liées à un effectif assez dense, leur caractère sténoèce dont l’extrême sensibilité est évidemment liée à leur dépendance d’un groupe-espèces de plante-hôte, voire d’une seule de ces plantes, font qu’il s’agit d’éminents outils pour l’indication d’espaces de bonne naturalité et réservoirs de grande diversité. A la fois très aisément repérables, se manifestant le plus souvent par un cortège de plusieurs espèces et d’une grande impulsivité au moindre déséquilibre de leur biotope, leur présence traduit toujours une biocénose très riche, et notamment une phytocénose remarquable. Celles inféodées à des plantes appétibles (comme le sont les Coronilles, les Sainfons et les Vesces) sont de parfaites bioindicatrices des pâtures et des parcours, leur éradication induisant un excès pastorale aux effets irréversibles, soit par la densité des troupeaux, soit par l’absence de périodes de repos. L’actuelle détérioration de bien des écosystèmes par un cheptel sédentaire et surnuméraire se traduit par la disparition de bien des espèces du Maroc, notamment les formes endémiques, et avec une forte acuité dans la région du Moyen Atlas. Cette néfaste tendance date déjà des deux dernières décennies du siècle passé, mais les ravages n’ont jamais été aussi saillants que depuis 2003 et 2004, date d’abandon du plus grand nombre de périmètres en défens qui faisaient offices de réserves intégrales du vivant.