en vue de l’élaboration
d’un nouveau plan directeur
du Parc National d’Ifrane.
Entomologie
Chargé
de l’étude thématique :
Michel
R. Tarrier
EXPERTISE
1.
INTRODUCTION
1.1
L’entomologie aux services de la bioindication
et de la biosurveillance
Les
« insectes-outils » sont censément moins
maniables mais sans nul doute plus précis que les
Vertébrés ou les plantes, tant pour la gestion et la
sélection des sites à protéger, que pour
l’évaluation de l’incidence biologique en
baisse des surfaces menacées, en un mot pour la
conservation du patrimoine naturel au service des
populations rurales fragilisées par de nouvelles donnes
économiques. Les espèces parfaitement sténoèces,
hautement vulnérables, ne supportant pas un équilibre
rompu par la moindre intervention, pression ou
nuisance, sont des bioindicatrices emblématiques de la
valeur d’un milieu et veillent à la naturalité de
l’habitat.
L’utilisation de données entomologiques pour une
gestion à long terme exige une validation continue des
dites informations. Les espèces d’insectes, dans
leur grande majorité, ne sont identifiables que sous la
loupe binoculaire, tandis que leur récolte sur le
terrain nécessite des méthodes de prospection et
d’échantillonnage adaptées. Chaque donnée
unitaire implique donc : suivi de visites,
capture, montage, étiquetage, identification, archivage
et conservation-collection du spécimen dans un concept
scientifique.
La présente bioévaluation utilise la méthode de
l’abondance spécifique (richesse qualitative par
la gamme d’espèces), complétée par la méthode du
dénombrement d’individus (richesse quantitative).
1.2
Sauvegarder les Papillons, c’est protéger les
paysages naturels
Pourquoi
et comment veiller à la protection d’un
Papillon ? La question ne se fait pas
attendre : quel est le sens de telles
interventions dirigées pour conserver les espèces les
plus menacées de notre faune ou de notre flore ?
Et plus prosaïquement : à quoi bon déployer de
tels efforts pour un modeste Invertébré que la plupart
des gens ne connaît pas et ne rencontra même jamais ?
La première réponse pourrait être d’ordre
purement éthique et se résumer à cette déclaration de
la Charte sur les Invertébrés :
« Aucune
espèce animale ou végétale ne doit disparaître à cause
des activités de l’homme. »
La seconde, plus pragmatique, consiste à souligner le
fait que ces actions orientées vers un groupe
d’espèces données profitent bien souvent à tout
un ensemble d'espèces animales et végétales qui est
soit lié directement à l'espèce visée, soit
présente grosso
modo les
mêmes exigences écologiques. Ce sont les concepts
connus de l’espèce-ombrelle, clé-de-voute,
sentinelle ou signal, formules désignant des espèces
qui en « abritent » une série d'autres,
notion de biodiversité associée.
Aux prémices de l’écoconscience, soit aux
alentours des années 70 du siècle précédent, certains
pays envisagèrent une méthode raccourcie de protection
des Papillons « à la pièce » et sans son
habitat. Gesticulation vide de sens et prouvant la
totale méconnaissance du thème, cette politique,
peut-être pas si naïve que cela, avait le mince
avantage « de ne pas manger de pain » en
permettant d’investir les sites de projets
destructeurs tout en retournant l’attention, de
façon inique, sur quelques naturalistes boucs
émissaires. L’initiative
« arrangeante » figure encore aux chapitres
de bien des conventions internationales. Un Lépidoptère
n’est pas un Oiseau ou un Mammifère. Chercher à
le sauvegarder sans son habitat, sans sa plante-hôte,
est vide de sens. Le Papillon tout comme son œuf,
sa chenille, sa chrysalide, peuvent être considérés
comme « res
nullus ».
La forte fécondité de ceux-ci est édifiante et une
ponte de 150 œufs n’aura pour descendance
qu’un seul adulte tout au plus, les Papillons
constituant la nourriture des Insectivores et les aléas
climatiques abrogeant fréquemment leur vie. Par contre,
l’éradication de leurs plantes par le saccage ou
l’excès d’usage de leurs habitats les
condamne irrémédiablement, et le plus souvent
irréversiblement. Et lorsqu’il s’agit
d’un endémique (certaines espèces ne subsistent
que dans une ou deux localités !), c’est une
catastrophe pour la biodiversité.
En Europe, il y a quelques temps que l’on utilise
la filière Papillons pour espionner la santé des
écosystèmes, en vue de tabler sur leur durabilité et
les ressources qu’ils nous dispensent. Et puis
surprise, un jour les Papillons eux-mêmes
disparaissent, comme peuvent s’esquiver des
témoins « gênants » ! C’est ce qui
vient de se passer au Japon, et plus près de nous en
Grande-Bretagne où le déclin des espèces est pourtant
suivi au peigne fin, dans des pays où les sciences et
la citoyenneté sont inversement proportionnelles aux
reliquats de vie sauvage. Environ 70 % de la totalité
des espèces de Papillons ont ainsi disparu en vingt ans
au niveau régional ou national de la Grande-Bretagne,
pays très à cheval sur son biopatrimoine en peau de
chagrin. Il vient donc de se passer exactement
l’inverse de ce que croyaient les experts il y a
également vingt ans, à savoir que ces insectes étaient
beaucoup plus résistants parce qu'ils pouvaient voler
et se déplacer. Curieux experts que ceux qui ne sont
pas au fait des notions de niche écologique,
d’habitat, d’espace de vol et de
plantes-hôtes, ou qui ignorent que la grande majorité
des Papillons sont sténoèces, c’est-à-dire
d’une plasticité écologique restreinte, à
l’opposé de l’ample valence qu’on
pourrait prêter à des animaux ailés. Et l’expert
de conclure : «Cela
renforce les arguments de ceux qui se battent pour
établir des politiques au niveau national et mondial
destinées à limiter l'incidence de l'homme sur
l'environnement. »
1.3
Les groupes-espèces élus comme meilleurs
bioindicateurs circonstanciels et les méthodes adoptées
pour leur échantillonnage
-
Les Lépidoptères diurnes Rhopalocères Papilionoidea
(Inventaire et rapport exhaustifs)
Les Papillons de jours sont de plus en plus souvent
choisis comme outils d’évaluation des écosystèmes
traduisant encore une relative naturalité.
Lorsqu’ils prennent la tangente des paysages,
c’est que toute naturalité en a disparu sous les
effets anthropogènes. C’est
« l’effet-Papillon » !
Agents
essentiels des cycles biologiques, très sensibles au
moindre effet nocif (notamment au niveau des
plantes-hôtes dont ils sont tributaires), par un recul
ou une extinction, les Papillons sont les véritables
révélateurs pour le diagnostic d’une telle
situation. Solidaires de chaque écosystème, ils
s’en avèrent être les meilleurs marqueurs
synécologiques. Leur influence sur les écosystèmes se
manifeste autant par leur présence que par leur
absence. En ce sens, les plus signifiants ne sont pas à
considérer spécifiquement mais en tenant compte de leur
redondance, un peu sur le mode d’une guilde.
La plupart d’entre eux sont monophages ou
oligophages, et étroitement inféodés à des
plantes-hôtes sensibles et vulnérables. Il s’agit
donc d’une panoplie d’éminents indicateurs
biologiques qui réagissent aux modifications nocives à
l’encontre d’une bonne dynamique végétale
par un recul, puis par la disparition. Les végétaux,
producteurs primaires à la base des chaînes trophiques,
constituent un maillon essentiel des écosystèmes.
Associés aux conditions stationnelles locales, ils
structurent les habitats dont sont tributaires les
biocénoses associées. Quand ils ne sont pas ces
parasites ravageurs que dénoncent (parfois erronément)
nos contingences agricoles, les Papillons sont les
meilleurs alliés de la flore.
Le grand intérêt des Lépidoptères diurnes (Rhopalocères
et Hétérocères Zygaeninae) réside dans les faits
qu’ils sont aisément repérables, qu’ils
fréquentent une grande diversité de paysages,
qu’ils sont liés à des plantes nourricières de
leurs larves ou nectarifères des adultes, pour la
plupart d’une valeur tout autant estimable.
Enfin, comme il s’agit d’un groupe
d’insectes ayant dépassé le stade alpha de nos
connaissances, l’entomologiste expert est apte à
en déceler la présence par l’hyper connaissance
qu’il en a. Espèces-sentinelles veillant à
l’intégrité ou à un usage parcimonieux des lieux,
espèces-ombrelles déclinant la présence de tout un
cortège, les Papillons offrent aussi l’avantage
de réagir ipso
facto à la
moindre altération de leurs conditions de vie.
Un Papillon est le reflet de ce qu’il y a
dessous… A nous de savoir en décrypter le
moindre recul et d’interpréter alors
l’alerte qu’ils nous fournissent.
Mode
d’échantillonnage
Observation
des adultes et des larves, échantillonnage des imagos
prospectés au filet afin de disposer d’éléments
de certitude (détermination des espèces
difficultueuses). Pour chaque site préalablement connu
ou nouvellement étudié, les principales niches sont
visitées et échantillonnées. Une pré-étude écologique
de terrain est au préalable réalisée afin
d’identifier les aspects, de reconnaître les
plantes-hôtes et de noter les placettes
d’observations et de prélèvements. Le contact
avec les imagos dépend essentiellement de leur
activité. En sommeil et cachés, ils ne sont que très
rarement repérables. Le travail suppose donc une
période ensoleillée, avec une température comprise
entre 18 et 30 degrés (sous abri), à vent nul ou
faible.
Période :
avril-juin 2006.
La
phénologie des espèces marocaines s’étalant de
février à octobre, le printemps 2006 ayant été soumis à
des conditions météorologiques turbulentes et non
favorables au vol des Rhopalocères, et ce notamment
dans la Province d’Ifrane où un grand froid a
perduré, on comprendra que sans un considérable acquis
en amont, le délai d’expertise accordé de
« 4 jours de terrain » s’avère
totalement surréaliste !
-
Les Lépidoptères diurnes Hétérocères Zygaeninae
(Inventaire
et rapport exhaustifs)
Les attributions bioindicatrices des Zygènes sont du
même acabit que celles des Rhopalocères. Les Zygènes
sont de petits « Papillons de nuit » qui
volent le jour. Leurs vives couleurs aposématiques,
leurs étroites localisations le plus souvent liées à un
effectif assez dense, leur caractère sténoèce dont
l’extrême sensibilité est évidemment liée à leur
dépendance d’un groupe-espèces de plante-hôte,
voire d’une seule de ces plantes, font
qu’il s’agit d’éminents outils pour
l’indication d’espaces de bonne naturalité
et de réservoirs de grande diversité. A la fois très
aisément repérables, se manifestant le plus souvent par
un cortège de plusieurs espèces et d’une grande
impulsivité au moindre déséquilibre de leur biotope,
leur présence traduit toujours une biocénose très
riche, et notamment une phytocénose remarquable. Celles
inféodées à des plantes appétibles (comme le sont les
Coronilles, les Sainfoins et les Vesces) sont de
parfaites bioindicatrices des pâtures et des parcours,
leur éradication induisant un excès pastorale aux
effets irréversibles, soit par la densité des
troupeaux, soit par l’absence de périodes de
repos. L’actuelle détérioration de bien des
écosystèmes par un cheptel sédentaire et surnuméraire
se traduit par la disparition de bien des espèces de
Zygènes marocaines, notamment les formes endémiques, et
avec une forte acuité dans la région du Moyen Atlas.
Cette néfaste tendance date déjà des deux dernières
décennies du siècle passé, mais les ravages n’ont
jamais été aussi saillants que depuis 2003 et 2004,
date d’abandon du plus grand nombre de périmètres
en défens, lesquels faisaient offices de réserves
intégrales du Vivant.
Mode
d’échantillonnage
Protocole assez similaire à celui des Rhopalocères,
sauf que le contact avec les adultes au repos par temps
non ensoleillé est parfois possible, car ceux-ci
demeurent très souvent fixés sur des herbes, des tiges
ou des arbrisseaux.
Période :
avril-juin 2006.
-
Définition d’un site lépidoptérique
En
matière de bioindication, l’unité
lépidoptérologique est représentée par une association
d’espèces, très rarement par une espèce unique.
C’est une originalité si l’on compare le
fait à d’autres indicateurs comme les Mammifères
ou les Oiseaux. Mais en matière de suivi, un groupe
restreint de Papillons, voire une espèce sensible, peut
être élu et répondre seul aux critères.
Totalement méconnue du grand public et encore bien mal
perçue par les entités protectrices,
l’étho-écologie des Papillons, tout comme celle
d’autres Invertébrés, répond globalement et selon
les groupes et leurs espèces, à des normes très
distinctes de celles qui régissent la vie des Vertébrés
et des grands animaux. Les preferenda écologiques des
Papillons font qu’ils ont des lieux de vie bien
particuliers et leurs exigences se distinguent
évidemment de celles des Mammifères, des Oiseaux, des
Reptiles et des Amphibiens, auxquels ils peuvent être
aléatoirement associés dans ce type de travail.
Les Lépidoptères étant phytophages et généralement
tributaires d’un spectre très limité de plantes
(oligophages), voire même inféodés à une seule espèces
(monophages), c’est tout d’abord
l’existence même de cette plante qui implique
celle du Papillon qui en est le consommateur. Cette
règle de connivence (et de coévolution) concerne
particulièrement les Papillons indicateurs qui nous
préoccupent ici, et ne s’en échappent que
quelques espèces ubiquistes et à large répartition, peu
sensibles car à large valence, rudéraux, cosmopolites
ou migrateurs, sans grand intérêt pour la
bioindication. Dans notre liste des espèces ifranaises,
les vétilles de peu de signification bioindicatrices se
résument à : Pieris
rapae mauretanica,
Pontia
daplidice,
Colias
croceus croceus,
Satyrium
esculi mauretanica,
Lycaena
phlaeas,
Lampides
boeticus,
Leptotes
pirithous,
Polyommatus
icarus celina,
Cynthia
cardui,
Issoria
lathonia,
Maniola
jurtina jurtina,
Pararge
aegeria aegeria et
Lasiommata
megera vividissima.
Comme les plantes nourricières de ces Lépidoptères, et
notamment des Rhopalocères Papilionoidea et des
Hétérocères Zygaeninae retenus dans cette étude, sont
éminemment sensibles et pour certaines très étroitement
localisées, ces critères se répercutent sur le statut
de leurs Papillons « parasites ». On ne
constatera la présence de ces plantes qu’à la
faveur d’habitats intégralement ou partiellement
préservés de la pression humaine, et tout spécialement
de l’usage pastoral. Un parcours de modeste
effectif, fréquenté parcimonieusement tant dans
l’espace que dans le temps, n’est pas un
handicap à la conservation d’un cortège
lépidoptérique, notamment en montagne lorsque la
fréquentation des pâturages est régie par
l’agdal.
Bien au contraire et au même titre que toute
agriculture douce, il concourre à façonner les
paysages, il procure un bonus à la diversité et écarte
les risques d’envahissements végétaux
monospécifiques, monotones et à effet nul pour la
valeur qualitative. Véritable figure de développement
durable avant la lettre, l’agdal
est
une coutume très respectueuse du milieu, avec le mince
avantage d’assurer le repos des plantes
jusqu’à l’accomplissement de
l’entièreté de leur cycle, et par répercussion de
celui de la grande majorité des insectes phytophages
(émergence des adultes, reproduction, essentiel du
développement larvaire jusqu’à la nymphose, la
chrysalide étant relativement protégée et hors
d’atteinte des troupeaux). D’où la
meilleure situation conservatoire observée dans le Haut
Atlas où l’agdal
est
toujours effectif que dans le Moyen Atlas central où la
sédentarisation et l’incessant parcours en forêt
ont causé d’effroyables dégâts aux écosystèmes,
et sont responsables d’une montagne « usée
jusqu’à la corde ».
Un véritable cas d’école est entre autres celui
de l’Azuré de l’Atlas (Polyommatus
atlanticus),
fin Lycène à valeur patrimoniale : celui-ci vit
aux dépends de l’Anthyllis vulnéraire et cette
plante est très prisée par le cheptel qui se délecte de
ses têtes pédonculées dès leurs émergences. Ce Papillon
cardinal n’a donc subsisté jusqu’il y a peu
qu’à la faveur de secteurs en repos saisonniers
ou protégés (la plupart périmètres de reboisement), et
a quasiment disparu depuis l’ouverture de tous
les défens.
Il existe quelques exceptions à cette règle induisant
l’existence des sites lépidoptériques : elle
concerne les Papillons inféodés à des plantes non
appétibles et dont seul le piétinement des troupeaux
peut entraîner une éradication. C’est surtout le
cas de Rhopalocères steppicoles et dont les plantes
nourricières sont par exemple l’Alfa, certaines
Géraniacées, des Résédacées et des Scrofulariacées,
certains Astragales épineux comme Astragalus
armatus,
A.
ibrahimianus,
Noaea
mucronata,
etc.
Pour en revenir aux caractéristiques des habitats
abritant des Papillons témoignant d’une
biodiversité positive, il faut signaler qu’ils
enveloppent presque toujours ce que l’on nomme un
cortège, c'est-à-dire la présence de plusieurs espèces
dont les adultes attestent des générations
concomitantes ou successives, et dont la phénologie
peut s’étaler de la fin de l’hiver jusqu'au
début de l’automne, soit parfois de février
jusqu’en octobre, après une légère interruption
en période caniculaire (août). Cette notion
d’association d’espèces s’explique
par la présence d’une gamme de plantes
nourricières, appartenant souvent à une même famille
(Fabacées, Astéracées, Brassicacées vulnérables, etc.).
C’est pourquoi, pour un œil exercé, un
biotope désigné peut être vite évalué comme favorable
ou non aux Lépidoptères, et habité ou non par ceux-ci.
Le repérage des « bonnes plantes » laisse
pressentir, sans trop de risques d’erreurs, le
maintien des Papillons qui y sont liés, exception faite
d’un regain botanique résultant d’une trop
récente mise en défens.
Quand elle est encore possible, la recolonisation des
Papillons est effectivement bien plus longue et
hypothétique que celle de certaines plantes.
Pour compléter les critères qui font qu’un site
peut être favorable aux Papillons, à la présence des
plantes-hôtes des chenilles il faut inclure
d’autres critères qui sont : ceux de
l’espace de vol de l’adulte (les orées et
les vastes clairières sont essentielles en forêt) et de
l’existence de sources nectarifères (zones riches
en plantes florifères variées), l’exposition (ce
sont les versants ou les replis sud-occidentaux et
sud-orientaux qui, en Méditerranée occidentale, sont
souvent les plus propices), la nature du sol (dans une
moindre mesure, mais les secteurs calcicoles sont les
meilleurs), le bioclimat, etc. Les habitats favorables
aux Papillons remarquables ne couvrent généralement pas
des immensités. Il existe parfois des suites de sites
lépidoptériques juxtaposés ou plus fréquemment en
alternance avec des secteurs déshérités sur des
surfaces de plusieurs dizaines d’hectares, tout
comme des biotopes isolés, assez exigus, sur un maigre
versant, à la faveur d’un ravin, d’un
escarpement, d’un causse, d’un champ
inculte, au bénéfice d’une modeste prairie
sylvatique, d’une petite ripisylve luxuriante,
d’une berme de route ou de chemin.
Notons donc et en conclusion que ces Papillons et les
plantes auxquelles ils sont inféodés illustrent une
réciproque bioindication. La conservation de ces
plantes-nurses assure celle de leurs insectes.
- Les autres insectes indicateurs
Il convient, bien entendu, d’exclure ici ceux qui
« digèrent l’écosystème », désignés
comme indésirables car « ravageurs » de la
forêt. Les Orthoptères ne sont pas retenus car leur
sensibilité n’est nullement liée à la composition
floristique, mais plutôt à la structure de la
couverture végétale. Parmi ceux qui témoignent pour une
bioindication positive, on peut citer d’autres
pollinisateurs que les Lépidoptères, par exemple
certains Hyménoptères, ainsi que bien des Coléoptères
floricoles appartenant aux familles des Buprestidae,
Cerambycidae, Scarabaeidae, Cetonidae, Meloidea, etc.
Les Coléoptères Carabidae, éminemment réfractaires à
une perte de la matière organique des sols du sous-bois
pour les sylvicoles, ou indicateurs de la qualité
rivulaire des eaux courantes ou stagnantes pour les
hygrophiles, sont de bons outils, mais d’une
indication rendue aléatoire tant par leur trop grande
dépendance des conditions climatiques, que par leur vie
occulte, voire hypogée. Les Coléoptères coprophages (de
plus en plus fragilisés par l’utilisation de
médicaments vétérinaires), auxiliaires de la litière du
sol et dont l’action est première en faveur des
milieux pâturés, fournissent aussi de précieuses
indications. Enfin, les Hydrocanthares et les Odonates
(Libellules) témoignent objectivement pour la qualité
des eaux mortes ou courantes.
-
Les Coléoptères Carabidae
(Inventaire exhaustif mais rapport simplifié)
Certaines
espèces forestières ou praticoles, la plupart
hygrophiles et prédateurs carnivores (pas tous !),
les Carabidae (Cicindèles, Calosomes, Carabes et
Carabiques) sont des indicateurs locaux de la
conservation de la couche humifère des forêts
anciennes, ou de l’indice de naturalité des
prairies hygrophiles, d’autres témoignent de la
qualité du substrat des rives et des berges des eaux
courantes ou stagnantes, permanentes ou temporaires,
des asifs, des oueds, des dayas, des dayets, des
aguelmames, tout comme de la végétation rivulaire
ourlant ces sites.
Mode
d’échantillonnage
Les
espèces de certains groupes sont contactées à vue, soit
lorsqu’elles chassent de jour (Cicindèles,
Calosomes), soit endormies sous un quelconque abri
(pierre, souche) pour les nocturnes (Carabes, certains
Carabiques), mais la plupart d’entre-elles sont
prospectées par un piégeage adapté (batteries de pots
au sol et contenant un fond de vin sucré ou miellé dont
ils sont friands) qui suppose une connaissance
éco-éthologique de ces insectes.
Période :
avril-juin 2006.
-
Les Coléoptères floricoles
(Protocole simplifié et simples citations)
Mode
d’échantillonnage
Prospection
visuelle des secteurs florifères des prairies
sylvatiques, des lisières, des clairières et des bermes
des routes et des chemins.
Période :
avril-juin 2006.
-
Les Odonates
(Protocole simplifié et évaluation rapide)
Les vertus bioindicatrices des Odonates, tant des
Zygoptères (Demoiselles) que des Anisoptères
(Libellules), sont telles que ce groupe est désormais
solidaire de toutes les évaluations sérieuses de la
qualité des cours d’eaux, des étangs, des mares
et des marais. Après le déboisement et le surpâturage,
les atteintes aux milieux aquatiques sont la troisième
cause de perte de biodiversité dans le Monde.
Qu’il s’agisse de drainage et de surpompage
agricole, d’euthrophisation par le cheptel ou de
banales et stupides pollutions de riverains et de
visiteurs peu soucieux, la sensible étho-écologie des
Odonates est là pour mesurer les dégats, et aussi comme
fidèle outil de suivi. Au Maroc, l’utilisation
« sauvage » des détergents non dégradables
dans les oueds, les asifs, les sources et les lacs est
une véritable catastrophe nationale du point de vue de
la biodiversité. Il est parfaitement ridicule que les
gens des métropoles aient accès à des lessives
soi-disant dégradables, alors qu’en
l’occurrence elles rejoignent des égouts,
qu’elles sont généralement traitées et épurées,
mais que le monde rural - notamment celui montagnard et
qui n’a d’autre moyen de lavage que les
eaux vives ou dormantes - doive continuer à déverser
directement dans le milieu aquatique des substances
redoutables. Le recul du microcosme aquatique et
l’avènement d’algues sont au Maroc un
phénomène de toutes les eaux de surfaces. Les paquets
vides de Tide et autres labels détergents président
donc aux berges des oueds et des asifs. Mais ce
n’est plus ici le contenant-ordure qui présente
le danger mais bel et bien le contenu-propre, une fois
répandu dans l’eau.
Rien n’est plus « sale » qu’une
lessive ! Pauvres
Libellules ! Combien coûterait aux producteurs
l’adoption systématique de lessives respectueuses
du milieu pour les zones rurales ? Où est alors la
conscience des transnationales ? Une preuve de
plus s’il en fallait que leur fausse éthique
n’est que la conséquence des contraintes imposées
par les décideurs nationaux. L’appât du gain
s’exerce au détriment du respect pour la santé
humaine et pour celui des écosystèmes.
Le monde rural, encore une fois, se trouve
responsable…, mais nullement coupable.
Mode
d’échantillonnage
Les
adultes sont colligés au filet pour être identifiés
avec certitude, et ce, les jours favorablement
ensoleillés et sans vent, sur une gamme écologiquement
représentative de placettes généralement situées le
long des berges des cours d’eau ou des pièces
d’eau, ou à quelques mètres de distance. Sur
chaque linéaire, l’échantillonnage odonatologique
est complété par une prospection des larves
émergeantes, et surtout des exuvies.
Période :
avril-juin 2006.
1.4
Informations disponibles
-
Bibliographie
Lépidoptères
La
plupart des Lépidoptères endémiques du Maroc furent
découverts et décrits par des entomologistes-voyageurs
européens entre 1870 et 1960. Les années du Protectorat
furent une période faste pour la connaissance de
l’entomofaune marocaine, notamment ifranaise. Le
célèbre lépidoptériste anglais Harold Powell, installé
comme pharmacien à Ifrane sous l’enseigne
« La Pharmacie des Lycènes » (face à
l’actuel café « Le Croustillant ») et
décédé en 1954, consacra une partie de sa vie à
prospecter le Moyen Atlas central et transmettait ses
découvertes au non moins célèbre Charles Oberthür qui
les publiait dans ses Études de Lépidoptérologie
comparée. Dans la cédraie, Powell « chassait les
Papillons » le plus souvent avec son ami Ellison,
consul britannique à Fès. Dès 1945, c’est au tour
du Dr Buckwell, résident à Casablanca, puis à Ifrane,
de prendre la relève et d’entreprendre une
récolte systématique des Lépidoptères du Moyen Atlas.
De nombreux collaborateurs de l’Institut
Scientifique de Rabat (dit alors Institut Chérifien)
apportèrent leurs riches contributions à une meilleure
connaissance des insectes de cette région (et du reste
du Royaume). Citons : Alluaud (en 1920 et 1921),
Ungemach (1923), Le Cerf (de 1923 à 1933), puis Rungs
(dès la fin de la seconde guerre mondiale). Une liste
interminable d’entomologistes étrangers, ayant
prospecté plus ou moins longtemps au Maroc et dans le
Moyen Atlas, pourrait figurer ici. Les
« derniers » de ces « pionniers »
furent sans doute Barragué, Gallet, Lachiver, Rollet,
Toulgoët, Varin, Wyatt, Barragué, Weiss, Tennent et
quelques autres. Un historique similaire concerne les
Coléoptères et bien d’autres insectes.
La plupart de ces chercheurs, amateurs ou
professionnels, ont publié leurs voyages, leurs
observations et décrit leurs découvertes. Il en résulte
une abondante bibliographie (cf.
en
annexe 2), laquelle a permis d’étayer notre
travail.
Coléoptères floricoles
Une
bibliographie très parcellaire et ancienne est
disponible quant à l’Afrique du Nord et le Maroc.
Coléoptères
Carabidae
Le
dernière mise à jour faunistique pour le Maroc est le
catalogue de Machard (1997) qui vient actualiser
l’œuvre d’Antoine (1955-63).
Odonates
Le
travail de Jacquemin et Boudot (1999) a permis de
déterminer les échantillons, et surtout de compléter
nos inventaires avec des références récentes.
-
Connaissances personnelles
Durant une quinzaine d’années, j’ai
consacré la majorité de mon temps à parcourir le Maroc
pour dresser un inventaire exhaustif et cartographier
les sites biologiques d’intérêt patrimonial
objectivement dénoncés par la présence d’un
cortège de faunule génétiquement remarquable, à base
surtout de Lépidoptères. Ce programme a été
particulièrement insistant auprès des écosystèmes
actuellement précaires car compromis par les activités
humaines et comportant des présences emblématiques ou
endémiques. La cédraie entre dans ce cadre. Utilisant
donc les Papillons comme un fil d’Ariane et une
grille de lecture des paysages, de régions en régions,
de stations en stations, il faut dire que je me suis
trop souvent retrouver « au chevet »
d’écosystèmes malades... Depuis plus de dix ans,
mes travaux concernant les Lépidoptères du Maroc ont
été publiés dans différentes revues entomologiques
internationales. La plupart figurent dans la
bibliographie en annexe. Un livre consacré aux
Papillons diurnes du Maroc est actuellement en
préparation chez un éditeur français (sortie en 2007)
et les données nationales sur les Papillons ifranais
qui figurent en annexe 1 en est un extrait.
1.5
Pertinence des sites aux groupes indicateurs
retenus
Des 116 espèces de Rhopalocères Papilionoidea non
strictement sahariennes qui volent sur le territoire
marocain (y compris quelques-unes de présence douteuse
ou portées disparues), 89 sont représentées dans la
Province d’Ifrane, notamment au sein du périmètre
du PNI et de son extension, toutes appartenant plus ou
moins intimement à la biocénose du Cèdre. Plus
d’une dizaine de ces espèces sont au Maroc
strictement représentées dans cette région naturelle
dont elles sont donc endémiques ou subendémiques. Ce
noyau fort d’endémicité propre au Moyen Atlas
tabulaire et à ses bioclimats humides et subhumides
n’a son égal au Maroc qu’à l’étage
altimontain du Massif du Toubkal du Haut Atlas (domaine
hercynien intra-atlasique), refuge orophile des faunes
froides et d’espèces relictes à affinités
boréales. Il s’agit donc d’espèces à haute
valeur patrimoniale. Les Rhopalocères sont des éléments
éco-sensibles, pour la plupart liés à des plantes
fragiles, et représentent des entités emblématiques de
la région concernée. Leur choix comme indicateurs
prééminents des paysages de la cédraie est donc
parfaitement judicieux.
Des
19 espèces d’Hétérocères Zygaeninae qui volent
sur le territoire marocain, 13 sont (ou étaient tout
encore tout récemment) représentées dans la Province
d’Ifrane, notamment au sein du périmètre du PNI
et de son extension, la plupart illustrées par des
sous-espèces exclusives. Une espèce (tout récemment
redécouverte puis hélas de nouveau éradiquée par le
saccage de son unique station) est (était) au Maroc (et
en Afrique !) seulement représentée dans cette
région. Les sites du PNI sont donc pertinemment évalués
par les Zygènes, espèces réagissant ipso-facto
aux
moindres perturbations et dont la valeur patrimoniale
est cardinale.
Il en est de même pour les Coléoptères Carabidae,
habitants prééminents des formations forestières
humides et subhumides, ainsi que des prairies
mésophiles et hygrophiles, voire des formations
tourbeuses et des ambiances rivulaires. Ces insectes
témoignent pour la plupart de la conservation du sol,
pour certains de la qualité des rivages d’eau
douce.
Enfin, et pour les raisons exposées au chapitre 1-3,
les Libellules sont des indicatrices incontournables
pour ce qui concerne les zones humides.
1.6
Démécologie des indicateurs locaux
choisis
La
dynamique populationnelle, tant des Lépidoptères que
des Coléoptères choisis dans cette expertise, et
c’est aussi le cas pour les Odonates, est à
l’évidence dépendante des différentes composantes
du climat. Il s’agit censément d’espèces
opportunistes à stratèges du type r (« r »
correspondant au taux d’accroissement
intrinsèque), demeurant à l’affût des meilleures
conditions possibles. L’opportuniste ne gaspille
pas ses « efforts » dans la compétition et
disparaît quand les conditions sont adverses. À
l’opposé, lorsque les paramètres biotiques
additionnels interfèrent de la manière la plus propice,
un taux d’accroissement exponentiel se déclenche,
générant une forte à très forte fécondité. Ce
développement numérique s’exprime en interaction
avec la plante nourricière. Une saison
exceptionnellement bien arrosée induit aussi une
dynamique floristique qui se répercute sur
l’abondance de nourriture pour le Papillon
phytophage, sur une pléthore de proies (notamment
Gastéropodes terrestres) pour les Carabiques
carnivores. Le Maroc étant caractérisé par une
infidélité des pluies, même dans ses bioclimats les
plus favorisées comme ceux de la cédraie, les
fluctuations des effectifs sont souvent spectaculaires.
Lors d’un pic populationnel, un Papillon, un
Carabe, une Libellule tendent à une occupation
pléthorique de leur habitat, à un
« remplissage » exclusif de sa niche
écologique. De tels exemples, constatés par nous-mêmes
lors des rares années de pluies généreuses entre 1992
et 2006, concernent la plupart des espèces qui, en
phase latente habituelle, sont difficilement
repérables. Mais le jeu des influences climatiques
n’est pas si simple et strictement lié à la
valeur des précipitations. La température et le vent
interfèrent. Un temps printanier anormalement froid
réduira les éclosions, un vent trop récurrent
contrariera le vol des Papillons et des Odonates, etc.
Si bien que l’interprétation reste dépendante de
paramètres additionnels dont l’adaptation,
favorable ou non, dépend aussi de l’espèce, de sa
phénologie, du nombre annuel de ses générations, de son
type de cycle, selon que l’œuf éclose à
brève échéance ou non, que la larve se développe durant
la belle saison ou en fin d’hiver, du potentiel
léthargique de la chrysalide (diapause à court, moyen
ou long terme), etc. Une suite d’années sèches
sera de toute évidence négative à
l’épanouissement de ces insectes et seules les
années arrosées autorisent les acmés démographiques, si
fugaces soient-elles. Les ennemis naturels (y compris
les agents pathogènes) de ces insectes sont aussi
considérés comme des agents régulateurs efficaces des
populations. Quant à l’action anthropogène, il
est rare qu’elle dynamise la population. Le temps
où l’Homme sage et non productiviste façonnait
harmonieusement la campagne et la forêt, où son action
était favorable à l’évolution des espèces, ce
temps est révolu. Des années de sècheresse
n’auraient guère de conséquences fâcheuses à
l’endroit de ces Papillons et de ces Coléoptères
de grande résilience, aptes à attendre des jours
meilleurs. Mais lorsque, par exemple, face à la demande
pastorale, les périmètres habituellement en défens et
sanctuaires de naturalité, sont investis sans
discernement par les troupeaux, le massacre de la
biodiversité animale est total et toute recolonisation
très hypothétique si le surpâturage s’est prorogé
au-delà du raisonnable. Seules les graines sont aptes à
redonner, au moindre répit ovin ou caprin, des espaces
florifères et un semblant de biodiversité. Hélas, les
Invertébrés ne suivent pas… !
La dynamique des bioindicateurs locaux est jugée forte,
spécialement régie par un jeu climatique,
accessoirement par les prédateurs et les parasites
régulateurs, mais gravement condamnée par les
interventions exagérées des usages de l’Homme. Le
régime habituellement latent induit des populations
chétives. Cycliquement ou sporadiquement, des
conditions plus favorables donnent lieu à des
pullulations, même d’espèces jugées
« rares ».
1.7
Données préexistantes quant au taux
d’éradication des espèces
concernées
La bibliographie entomologique (et spécialement
lépidoptérique) étant depuis plus d’un siècle
très fournie quant aux relations de présences, aux
descriptions d’entités nouvelles et aux
inventaires relatifs aux sites marocains, et tout
particulièrement de la région Ifrane-Azrou, prospectée
de longue date, ces références autorisent un suivi
objectif. Ainsi, nous disposons d’observations
documentées et parfaitement avérées quant au lent
déclin de certains espaces et de plusieurs espèces. Une
première incidence en baisse, estimée lente et
progressive, est devenue significative dans les années
70. On y déplorait déjà un certain nombre
d’atteintes graves aux habitats, tout comme
l’éviction manifeste de certains taxa, et ce, par
rapport à des travaux citant des sites, des espèces et
des cortèges de la fin du Protectorat. Une grande vague
d’éradication est ensuite datée de la fin du
siècle passé, par rapport à des publications plus
contemporaines et au vu de l’analyse comparative
de nos propres relevés n’ayant pourtant débuté
qu’au début des années 90. La dynamique
régressive constatée depuis est alarmante. Certaines
stations entomologiques très prolixes n’existent
plus ; certaines espèces sont irréversiblement
portées disparues. Certaines disparitions ponctuelles
sont traitées à la rubrique « Diagnostic évaluatif
et suggestions conservatoires » du chapitre
« Analyse des sites ».
2.
LES ESPÈCES
2.1
Liste des Rhopalocères Papilionoidea et des
Hétérocères Zygaeninae du PNI et zones
limitrophes,
faisant
l’objet d’un inventaire et d’un
rapport exhaustifs pour chacun des sites
retenus).
(Groupe
éminemment bioindicateur dans le cadre écosystémique
étudié).
Code
hiérarchique des valeurs dans les cortèges des sites
ifranais inventoriés :
Taxa
noirs =
Espèce à vaste distribution, non exclusive au
Maroc.
Taxa
bleus =
Espèce à valeur patrimoniale nationale, et/ou
subendémique.
Taxa
rouges =
Emblématique, et/ou endémique marocain et/ou espèce à
valeur patrimoniale provinciale, ou dont le Maroc
(voire la Province) est la seule localisation sur le
continent Africain. (Quelques endémiques, pour être à
la fois répandus et abondants, appartiennent cependant
à la catégorie précédente).
Les
taxa bleus et rouges seront ceux à utiliser pour le
suivi des sites qu’ils fréquentent.
!
ou
! ou ! =
La
présence d’un point d’exclamation à la
suite d’un quelconque taxa signifie qu’il
enregistre une raréfaction documentée dans la Province
d’Ifrane (indépendamment de son actuel potentiel
ailleurs) ;
!! ou !! =
La présence de deux points d’exclamation à la
suite de taxa bleus ou rouges indique qu’il
s’agit d’une espèce en danger ou en voie
d’extinction sur le territoire marocain (et/ou
ifranais), et ce, depuis une décennie dans la grande
majorité des cas.
!!!
ou !!! =
Trois points indiquent que nous sommes sans contact
national avec cette espèce depuis au moins une dizaine
d’année (considérée comme disparue). Quand il
s’agit d’un endémique ou d’un
subendémique, la disparition est donc planétaire !
(*) =
Taxa présents dans la Province d’Ifrane, à
prendre potentiellement en compte pour le PNI, bien que
non rencontrés à l’intérieur des limites
assignées et donc non cités dans nos relevés.
RHOPALOCERA
Papilionoidea
Papilionidae
Papilioninae
Zerynthia rumina
africana !
Iphiclides
feisthamelii
Papilio
machaon mauretanica
Pieridae
Pierinae
Aporia
crataegi mauretanica
Pieris
brassicae
P.
rapae mauretanica
P.
mannii haroldi
!!!
P.
napi atlantis
!!!
Pontia
daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
E.
tagis atlasica
!!!
E.
belemia distincta
E.
charlonia charlonia
Zegris
eupheme maroccana
!
Anthocharis
belia belia
Colotis
evagore nouna
Coliadinae
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
rhamni meridionalis
G.
cleopatra cleopatra
Dismorphiinae
Leptidea
sinapis
!!!
Lycaenidae
Theclinae
Cigaritis
monticola
!!
C.
allardi occidentalis
!
Quercusia
quercus iberica
Satyrium
esculi mauretanica
Callophrys
rubi fervida
C.
avis barraguei !
Tomares
ballus ballus
T.
mauretanicus antonius
Lycaeninae
Lycaena
phlaeas
Polyommatinae
Lampides
boeticus
Leptotes
pirithous
Tarucus
theophrastus (*)
Zizeeria
knysna knysna (*)
Cupido
lorquinii !
Celastrina
argiolus mauretanica
Glaucopsyche
melanops algirica !
Pseudophilotes
abencerragus abencerragus
P.
bavius fatma !!
Aricia
agestis cramera
A.
artaxerxes montensis !
Maurus
vogelii vogelii !!
Plebeius
martini ungemachi
Cyaniris
semiargus maroccana
!
Polyommatus
icarus celina
P.
amandus pseudotova
!
P.
thersites meridiana
!!
P.
atlanticus weissi
!
P.
punctifera
Nymphalidae
Charaxinae
Charaxes
jasius jasius
(*)
Nymphalinae
Nymphalis
polychloros erythromelas
Vanessa
atalanta
Cynthia
cardui
Polygonia
c-album imperfecta
Melitaea
cinxia eupompe
!
M.
phoebe punica
M.
aetherie algirica
!!
M.
didyma occidentalis
Euphydryas
aurinia ellisoni
!
E.
desfontainii gibrati
!
Argynninae
Argynnis
pandora seitzi
A.
aglaia lyauteyi
!!
A.
auresiana maroccana
!
Issoria
lathonia
Satyrinae
Melanargia
lucasi meadewaldoi
M.
occitanica moghrebiana
!
M.
ines colossea
Hipparchia
caroli
!
H.
algiricus
H.
statilinus sylvicola
!
H.
hansii colombati
!
H.
fidia benimguildi
Chazara
briseis major
Ch.
prieuri kebira
!!
Pseudochazara
atlantis colini
!
Satyrus
atlantea
!
Berberia
lambessanus
!
B.
abdelkader taghzefti
!
Maniola
jurtina jurtina
Hyponephele
maroccana nivellei
H.
lupina mauritanica
Pyronia
cecilia cecilia
(*)
P.
bathseba bathseba
Coenonympha
lyllus
Coenonympha
fettigii inframaculata !
C.
vaucheri annoceuri
!
C.
arcanioides
!
Pararge
aegeria aegeria
Lasiommata
megera vividissima
L.
maera adrasta !
HETEROCERA
Zygaenidae
Zygaeninae
Zygaena
loyselis ungemachi !
Z.
favonia borreyi
Z.
favonia cadillaci !
Z.
zuleima harchaica !
Z.
beatrix felicina
Z.
youngi youngi
!
Z.
maroccana harterti
!
Z.
alluaudi alluaudi
!
Z.
algira ifranica !
Z.
fausta elodia
!!
Z.
orana contristans
!
Z.
orana tirhboulensis
!
Z.
nevadensis atlantica
!!!
Z.
lavandulae michaellae
!!!
Z.
trifolii midelti
Z. trifolii lachiveri
!
(Cf.
en ANNEXE 1 la documentation jointe concernant ces
indicateurs essentiels,
notamment leurs identités biogéographiques et les
plantes-hôtes dont ils sont
tributaires)
2.2
Liste des Coléoptères Carabidae du
PNI,
faisant
l’objet d’un inventaire exhaustif, mais
d’une évaluation rapide
Cicindelidae
Cincindela
campestris atlantis
C. coquereli
(*)
C.
segonzaci
Carabidae
Calosoma
sycophanta
Carabus melancholicus rotroui
C. rugosus rugosus
C. favieri fezzanus
Nebriidae
Nebria
andalusia
N. boiteli
Notiophilus quadripunctatusN. marginatus
Clivinidae
Dyschirius
otini
D. pusio
D. frontalis
Apotomidae
Apotomus
rufus
Psydridae
Nomius
pygmaeus
Asaphidion stierlini
Emphanes minimus
Trepanes maculatus
Philochtus lunulatus
Ph. antoinei
Ph. iricolor
Ph. hustachei
Ph. gutula
Ocydromus coeruleus scelio
O. siculus certans
O. ripicola
O. tetracolum
O. dudichi
O. maroccanus
Omoperyphus hypocrita
Nepha alluaudi
Metallina properans
M. lampros
Phyla tethys
Patrobidae
Deltomerus
redoni
Pterostichidae
Lagarus
vernalis
Poecilus crenulatus mauritanicus
P. quadricollis
P. purpurascens
P. vicinus
Angoleus nitidus
A. baeticus
Orthomus dimorphus antoinei
O. maroccanus
Omaseus elongatus tingitanus
Melanius nigrita
Steropus globosus pecoudi
Olisthopus fuscatus
Agonum marginatum
A. numidicum
A. nigrum
Anchomenus dorsalis
Paranchus albipes
Platyderus ifranensis
Calathus erythroderus antoinei
C. rhaticus
C. opacus
C. fuscipes algiricus
Amara kulti hachlafensis
A. similata
A. eurynota
A. famelica
Celia affinis
C. pueli
Paracelia rufoaenea
P. simplex
Percosia perabdita
Zabrus ignavus baudoni
Harpalidae
Anisodactylus
heros
A. antoinei
Parophonus antoinei
P. hespericus
P. hispanicus
Amblystomus escorialensis
Iberocarterus tazekensis
Carterus gracilis
C. microcephalus
C. rotundicollis
C. fulvipes
C. gilvipes
Ditomus tricuspidatus
Odontocarus cephalotes
Dixus capito
D. opacus
Acinopus sabulosus
A. boiteli
A. gutturosus
Ophonus berberus
O. cordatus
O. subsinuatus
O. rufibarbis
O. rotundatus
O. ardosiacus
O. quadricollis
O. incisus
Typsiharpalus azruensis
Pseudophonus rufipes
Cryptophonus tenebrosus
Artabas punctatostriatus
Harpalus lethierryi
H. numidicus
H. oblitus tingitanus
H. lateralis
H. cupreus
H. atenuatus
H. wohlberedti
H. dissitus
H. rufitarsoides
H. otini
H. fuscipalpis
H. serripes
Acupalpus notatus
A. dubius
A. luteatus
A. oliveira
A. maculatus
Stenolophus abdominalis
S. mixtus
Callistidae
Dinodes
decipiens algiricus
Nectochlaenius canariensis
Chlaenites spoliatus
Chlaenius velutinus
Epomis circumscriptus
Tetragonoderus extremus
Lebiidae
Cymindis
bedeli
C. alluaudi alluaudi
C. limbipennis mediaatlantis
Pseudomasoreus canigoulensis chaudoiri
Phloezeteus mauritanicus mauritanicus
Platytarus bufo
Trymosternus truncatus colombati
Lamprias cyanocephalus numidica
Lebia trimaculata
Calodromius bifasciatus
Philorhizus crucifer
Metadromius lateplagiatus
Syntomus fuscomaculatus
S. barbarus
Apristus striatipennis
Lyonichus albonotatus
Polystichus connexus
Drypta dentata
Brachinidae
Brachinus
efflans
B. variventris
B. sclopeta
2.3
Liste des familles de Coléoptères floricoles
indicatrices du PNI,
faisant
l’objet de simples
citations.
Coléoptères
floricoles, indicateurs de la qualité florifère des
espaces prairiaux :
Buprestidae
(Anthaxia
pleuralis,
A.
nigritula,
Phaenops
marmottani,
etc.)
Cerambycidae (Purpuricenus
desfontainii,
Strangalia
sp.,
etc.)
Scarabaeidae (Glaphyrus
opulentus)
Hopliidae
(Hoplia
africana)
Cetonidae (nombreuses
espèces)
Meloidea
(Mylabris
spp.)
(Zonabris)
2.4
Liste des Odonates indicatrices de la santé des
milieux humides du PNI,
faisant
l’objet d’un inventaire exhaustif, mais
d’une évaluation rapide
ZYGOPTERA
Calopterygidae
Calopteryx
exul
C. haemorrhoidalis
Lestidae
Lestes
barbarus
L. viridis
L. dryas
Sympecma fusca
Platycnemididae
Platycnemis
subdilatata
Coenagrionidae
Coenagrion
puella
C. mercuriale
C. caerulescens
C. scitulum
Cercion lindenii
Enallagma cyathigerum
E. deserti
Ischnura pumilio
I. graellsii
Erythromma viridulum
Pyrrhosoma nymphula
Ceriagrion tenellum
ANISOPTERA
Aeshnidae
Aeshna
mixta
A. isoceles
Boyeria irene
Anax imperator
A. parthenope
Gomphidae
Gomphus
simillimus maroccanus
Onychogomphus uncatus
Cordulegastridae
Cordulegaster
princeps
Libellulidae
Libellula
quadrimaculata
Orthetrum cancellatum
O. brunneum
O. caerulescens anceps
O. nitidinerve
O. chrysostigma
Crocothemis erythraea
Sympetrum striolatum
S. fonscolombii
3.
APPROCHE ANALYTIQUE DES SITES
Inventaire
des sites d’intérêt entomologique
retenus pour le PNI
3.1
Présentation
Il
ne s’agit pas là d’un choix arbitraire et
pointé au hasard de la Province d’Ifrane, forcé
par un temps restreint de prospection, qui plus est
handicapé par les aléas atmosphériques du très hivernal
printemps 2006. Cet inventaire est, tout au contraire,
celui de tous les sites dotés d’une
représentativité entomologique intéressante et
qu’il nous a été donné de rencontrer lors de
prospections pugnaces, globales et suivies,
puisqu’elles ne se sont pas résumées aux quelques
jours crédités par le contrat (brièveté incompatible
avec le moindre résultat !), mais sont le fruit
d’un travail annuel et de chaque saison, entamé
en 1992.
Entre avril et fin juin 2006, nous n’avons
consacré tous nos efforts qu’à révisiter tous les
sites favorables que nous connaissions et que nous
avions déjà et réitèrement échantillonnés dans le
passé. Cette révision de terrain à partir de données
antérieures nous a ainsi permis de mettre à jour les
composantes bioindicatrices concernées et
d’actualiser la biodiversité de ces habitats. La
plupart d’entre eux, prospectés à plusieurs
reprises durant ce printemps, ont été retrouvés
souffrant d’une incidence en baisse de leurs
Lépidoptères, c'est-à-dire accusant une fragilité
accrue, quand ce ne fut pas une mise à néant de leur
ex-biopatrimoine.
Pour certains sites notoires et jusqu’à ces
dernières années bien connus pour leur richesse
biologique (pour avoir été des périmètres protégés de
régénération et/ou de reboisement), mais présentement
victimes d’une surcharge pastorale à nulle autre
pareille, les très mauvais résultats des relevés de
2006 (généralement hérités des quelques années
antérieures d’ouvertures non gérées aux
parcours), il a été possible de mentionner les relevés
des premières années de nos observations, soit depuis
1992 et jusqu’à 1998, 2000, voire 2003.
L’étude comparative des cortèges est édifiante.
Quelques stations ont tout de même été diagnostiquées
en bon état de conservation, quelques nouveaux sites
très dynamiques ont même fait l’objet de
nouvelles découvertes.
N.B. :
Seuls les Lépidoptères diurnes (Rhopalocères et
Zygènes) ont été étudiés dans le détail pour
représenter le meilleur outil d’évaluation de la
santé des sites sylvatiques relativement ouverts, ainsi
que certains Coléoptères Carabiques à l’usage du
sous-bois ou de quelques zones humides, avec, dans ce
dernier cas les Odonates associées. Les Coléoptères
floricoles (notamment certains Cerambycidae,
Buprestidae, Scarabaeidae comme Glaphyrus
opulentus,
Hoplia
africana,
Cetoniinae, etc.) voient
leurs présences signalées mais leurs cortèges ne sont
pas détaillés (protocole simplifié).
(SP)
=
Sites pilotes,
actuels « points chauds » à biodiversité
remarquable et correspondant aux exigences
d’observatoires du vivant et de chemins de
découverte à l’usage de l’écotourisme.
(DE)
=
Ancien site remarquable, récemment en grave
déclin (surpâturage,
sylviculture), exigeant d’urgentes mesures de
protection et de régénération.
(ZM)
=
Autres sites remarquables,
conservés ou en déclin,
en zone mitoyenne et à
considérer pour un éventuel remodelage des limites afin
de les sauvegarder, ou dans le projet plus ample
d’une future Réserve de la Biosphère. Localités
décalées, légèrement en marge de l’extension
prévue du PNI, voire même dans la Province voisine de
Khenitra, ces sites sont rapportés pour
l’originalité ou la richesse quantitative et/ou
qualitative de leurs composantes, voire pour ne pas
avoir leur pareil à l’intérieur des présentes
limites. Tout comme nous avons cru bon le faire pour
Timahdite et Foum-Khereg, l’Aguelmame
Tiffounassine aurait pu être échantillonné et cité dans
cette catégorie, bien que les limites assignées à
l’extension du PNI excluent une vaste poche qui
s’étend depuis le sud du Jbel Hebri au sud du
Jbel Hayane. Envahi par les troupeaux,
l’Aguelmame Tiffounassine est un marais qui
n’en conserve pas moins une belle association de
Libellules (une douzaine d’espèces), dont les
larves aquatiques et carnassières profitent des
Invertébrés évoluant dans une assez riche végétation
d’eau douce (Joncs, Rubaniers, Renoncules,
Cératophylles, Épilobe, etc.).
Abbréviation des indicateurs
utilisés :
(Rh)
=
Rhopalocères (inventaire et rapport exhaustifs) ;
(Zy)
=
Zygènes (inventaire et rapport exhaustifs) ;
(Cc)
=
Coléoptères Carabiques (évaluation rapide) ;
(Cf)
=
Coléoptères floricoles (protocole simplifié) ;
(Od)
=
Odonates (évaluation rapide).
Notes
à propos des géoréférences :
Les références utilisées sont celles dont notre banque
de données est dotée depuis les prémices de nos travaux
au Maroc. Latitudes et longitudes émanent d’un
travail exécuté sur un modèle utilisant le quadrillage
kilométrique au standard international officiel,
assimilable à la grille U.T.M. (Universal
Transverse Mercator),
selon un carroyage d’exécution et de repérage
(présence/absence) de 10 x 10 km de côté. Avec une
évaluation plus ample, la méthode pourrait revêtir de
désaventage de ne pas situer ponctuellement chaque
individu, et surtout engendre un chevauchement de
quelques sites (dans les cas d’une proximité
inférieure à 10 km2), mais offre l’atout de
tendre à géoréférencer la station lépidoptérique dans
sa globalité. S’il peut être judicieux de
géoréférencer la présence d’un Rapace ou
d’une Couleuvre en un point donné
d’observation, une maille kilométrique est
préférable pour situer un cortège entomologique de
plusieurs espèces, évoluant dans une station toujours
assez ample.
Rappelons encore que la démarche entomologique tend
davantage à évaluer des unités stationnelles souvent
vastes et composites, plutôt que de désigner la
présence fortuite d’un sujet épars.
Les
espèces de Rhopalocères et de Zygaeninae
soulignées sont
celle qui montrent (ou qui montraient) dans le site
concerné une abondance élevée (de 50 à 100 sujets
observés) à très élevée (plus de 100 spécimens), du
moins lors de l’observation référencée.
3.2
Sélection des sites d’intérêt
entomologique
Région
d’Ifrane
Dayet
Aaoua
Col
de Tamrabta
Takaltount
Dayet Hachlaf
Forêt d’Amandelline (Sidi Bouyaacoub)
Forêt de Jaaba
Causse
d’Ifrane
Ras-el-Ma
sud
Source Vittel - Cascade des Vierges
Termilat
Forêt d’Aït-Youssi
Amekla
Tizi-n-Tretten - MF de Boutroubay
Lachmine Ikattaene
Mischliffen
Jbel Hebri
Région
d’Azrou
Plateau
d’Ito
Alentours du Tizi-Oughmart
Environs d’Ougmas
Secteur sud du Cèdre Gouraud
Forêt d’Azrou
Forêt de Moudmame
Tioumliline – Ousmaa – Tagounit
Région
d’Aïn-Leuh
Kissarite
Alentours MF d’Aïn-al-Kahla
Aguelmame d’Afenourir
Aguelmame
d’Ouiouane
Boudra
Région
de Timahdite
Timahdite
MF
d’Aïn-n-Nokra
Tizi-Taghzeft
Foum-Khereg
Aguelmame de Sidi-Ali
Aghbalou-Taddat
Jbel Bouyzane
Inifif
Col du Zad (station
à Maurus
vogelii)
Col du Zad
Aït-Oufella
Aït-Ali
Environs de la MF Senoual
Région
d’Itzer
Djebel
Tarharhat
___________________________________________________________________________________
3.3
Analyse des sites
Région
d’Ifrane
Dayet
Aaoua (Awa)
(SIBE zone humide de priorité 3)
•
Situation :
Depuis la N 8, 9 km avant Imouzzèr-Kandar, sur la
droite.
•
Altitude :
1450-1600 m.
•
Latitude :
33,64647 N.
•
Longitude :
-5,10265 W.
•
Typologie
du milieu : Zone humide, matorral arboré et
chênaie verte.
•
Essences
forestières majeures : Chêne vert.
•
Bioclimat :
Subhumide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Rives (végétation herbacée, pelouses humides, dépôts
alluvionnaires, dépôts marécageux, cailloutis, sable
graveleux)
(Cc, Od)
Relevés
2006 =
Cc :
Cicindela campestris atlantis
Nebria boiteli
Dyschirius pusio
D. frontalis
Apotomus rufus
Trepanes maculatus
Ocydromus sp.
Metallina proprans
Lagarus vernalis
Orthomus dimorphus antoinei
Agonum sp.
Anisodactylus heros
Parophonus antoinei
P. hispanicus
Harpalus spp.
Polystichus
connexus
Od :
Coenagrion
puella
Cercion lindenii
Enallagma deserti
Ischnura pumilio
Anax imperator
Libellula quadrimaculata
Orthetrum nitidinerve
O. chrysostigma
Auxquelles
observations on peut joindre celles complémentaires de
Jacquemin (1999), avec précautions car datant des
années 90 :
Sympecma fusca
Ischnura graellsii
Anax parthenope
Crocothemis erythraea
Sympetrum fonscolombii
- Versants (chênaie verte arbustive et matorral moyen
troué)
(Rh, Zy) :
Relevés
2006 =
Iphiclides
feisthamelii
Pieris
brassicae
P.
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
cleopatra cleopatra
Satyrium
esculi mauretanica
Lycaena
phlaeas
Aricia agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
Cynthia
cardui
Lasiommata
megera vividissima
- Alentours de la MF (prairies arborées)
(Rh, Zy) :
Relevés
2006 =
Iphiclides
feisthamelii
Pieris
brassicae
P.
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
Anthocharis
belia belia
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
cleopatra cleopatra
Satyrium
esculi mauretanica
Callophrys
rubi fervida
Lycaena
phlaeas
Leptotes
pirithous
Celastrina
argiolus mauretanica
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
Coenonympha
lyllus
Pararge
aegeria aegeria
Lasiommata
megera vividissima
•
Usages,
pratiques de gestion :
Aire protégée avec aménagements touristico-récréatifs
et activités de loisirs aquatiques (aire
d’estivage) ; activités agricoles,
pastorales et forestières aux proches alentours.
•
Impacts
et menaces :
De toute évidence, la biodiversité recule au fur et à
mesure que progressent les activités de loisirs, de
plus en plus envahissantes, perturbantes et
incontrôlées (introductions et lavages de véhicules,
piétinement, arrachages, éviction de la faune,
production et abandon de déchets solides, pollution
organique des rives et des eaux, etc.). La pression est
extrême les années de grande sècheresse, lorsque le lac
demeure exondé (servant de terrain de football…)
et que l’équilibre alentour s’en trouve
fragilisé. Il faut revoir la notion de dualité entre la
promotion d’une aire d’estivage et le souci
de veille conservatoire, en modulant le niveau de la
première et en contrôlant les incompatibilités les plus
évidentes. Le risque d’artificialisation du site
est grand et l’impact des jours de grand flux
populaire est évidemment contraire à l’équilibre
ambiant.
La récente succession d’années sèches n’a
probablement pas été propice au maintien d’une
entomofaune représentative. La paucité en Libellules
est censément due aux retombées de ces saisons de
déficit hydrique, à l’altération et à
l’eutrophisation du milieu qui en résulte, au
caractère trop dénudé des rives, à l’absence de
refuges, notamment de roselières. Les roseaux ont dû
faire l’objet de coupes massives dans le passé.
Une menace subsidiaire mais lamentable est la décharge
de plus en plus fréquente dans les maquis et les forêts
du Kandar des déchets et des résidus pestilentiels
émanant des élevages intensifs de poulets en batterie.
Cette pollution sauvage contaminante devrait faire
l’objet d’un contrôle sévère et de
poursuites judiciaires, selon le principe
pollueurs-payeurs.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
Le dysfonctionnement engendré par les activités
humaines et exacerbé par les périodes de sècheresse
sera un peu le leitmotiv de cette expertise.
Le cortège lépidoptérique se résume à des espèces
banales, ubiquistes, rudérales, peu exigeantes et sans
grande valeur patrimoniale, même aux alentours de la
Maison forestière où intervient une végétation moins
précaire et le maintien de quelques plantes-hôtes.
Plusieurs Carabiques traduisent néanmoins, çà et là, un
minimum de substrat végétal et une relative qualité
graveleuse des rives. L’échantillonnage atteste
d’une incidence en baisse des Libellules.
Jusqu’aux années 90, la Dayet Aaoua était un site
très prolixe tant en espèces qu’en effectifs de
Libellules. Une Odonate holarctique Enallagma
cyathigerum y
fut même notée, sans suite, mais reprise ensuite à
l’Aguelmame Afenourir.
Si l’on entend maintenir le site dans le cadre de
ceux dits d’intérêt biologique national, il faut,
avec une grande fermeté, cesser de le livrer au
saccage. Une sérieuse et urgente restauration
écologique du complexe s’impose, rien
d’autre que par un allègement de la
fréquentation, un contrôle tant du nombre de visiteurs
(week-ends et saison estivale) que de leurs activités
(certaines sont dérengeantes) et la prohibition
d’accès et mise en repos de la portion la plus
intéressante des rives. Il faut s’assurer que les
activités agricoles, notamment l’arboriculture de
Rosacées, ne soient pas ou plus responsables de la
baisse de plus en plus fréquente du niveau d’eau
par pompage dans la nappe et vidange partielle par
capture. Le tourisme de Nature et les loisirs de grand
air ne devant pas avoir pour conduite
l’anarchisme, une gestion et une surveillance
rapprochée s’imposent durant les laps de haute
fréquentation. Un code de déontologie des visiteurs,
une mentalisation par un bon affichage de la conduite
citoyenne à respecter sur ce type de lieux, un contrôle
des véhicules avec un effort de parcage le plus éloigné
possible de la zone sensible, l’installation de
poubelles, et un long etc. de mesures sont à adopter
dans les plus brefs délais. La jouissance démocratique
des paysages naturels doit être assimilée au respect
des sanctuaires de la Nature, et non au laisser-aller
perturbant d’un champ de foire.
Col
de Tamrabta (SIBE
terrestre proposé)
(DE)
•
Situation :
Piste depuis la Dayet Aaoua.
•
Altitude :
Ca. 1700 m.
•
Latitude :
33,64647 N.
•
Longitude :
-5,10265 W.
•
Typologie
du milieu : Pineraie à Pin maritime.
•
Essences
forestières majeures : Pin maritime, Chêne vert.
•
Bioclimat :
Subhumide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
-
Lisière du matorral élevé
(Rh, Zy) :
Relevés
2006 =
Pieris
rapae mauretanica
Euchloe crameri melanochloros
Colias
croceus croceus
Satyrium
esculi mauretanica
Callophrys avis barraguei !
Cynthia
cardui
Issoria
lathonia
Lasiommata
megera vividissima
Relevés
1992-2003 =
Pieris rapae mauretanica
Euchloe crameri melanochloros
Anthocharis
belia belia
Colias
croceus croceus
Satyrium
esculi mauretanica
Callophrys
rubi fervida
C.
avis barraguei !
Lycaena
phlaeas
Lampides
boeticus
Celastrina
argiolus mauretanica
Aricia
agestis cramera
Polyommatus icarus celina
Cynthia
cardui
Hyponephele
lupina mauritanica
Coenonympha
lyllus
Lasiommata
megera vividissima
•
Usages
et pratiques de gestion :
Sylvo-pastoralisme.
•
Impacts
et menaces :
Surpâturage de long terme ayant entraîné la mort du sol
et une dynamique totalement régressive de la
végétation, avec disparition des plantes-hôtes des
Lépidoptères patrimoniaux qui faisaient l’apanage
du Massif de Tamrabta, il y a déjà bien longtemps. Les
récents incendies n’ont pu qu’aggraver le
déclin écologique, encore que bien des écosystèmes
renaissent mieux de leurs cendres que des abus
d’usages.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires
:
Le grand dommage de l’anéantissement écologique
et forestier de ce massif, connu depuis des lustres
pour sa pineraie à Pin maritime, est que les espèces de
Lépidoptères définitivement éradiquées (aucun indice de
présence depuis plusieurs décennies) étaient quasiment
uniques, voire indigènes à cette région. Nos premières
missions entre 1992 et 1998 ne permirent pas de les y
retrouver. La bibliographie, tout comme la conservation
de spécimens dans les collections privées ou
nationales, font remonter ces présences locales au
milieu du siècle précédent. Rapportons le destin trois
espèces à haute valeur patrimoniale, topotypes de
Tamrabta, qui témoignent de l’érosion génétique
des lieux.
Euchloe
tagis atlasica
Décrite du Col de Tarambta par Charles Rungs en 1950,
la Piéride subendémique Euchloe
tagis atlasica n’y
a plus jamais été observée. Quelques sujets furent plus
tard appréhendés sur le petit Jbel Zerrouka, au-dessus
de la Source Vittel, le dernier par nous en mai 1995.
Nous en avons ensuite retrouvé un dème très fourni,
attestant du vigoureux potentiel de sa dynamique
populationnelle, un peu à l’est
d’Imouzzèr-Kandar, sur le versant sud du Mont
Kandar, dans un riche matorral (arbouseraie et chênaie
verte arbustive) en reboisement, et de ce fait à
l’écart des parcours jusqu’en 1997.
Euchloe
tagis atlasica y
volait au sein d’un très riche cortège de 50
espèces de Rhopalocères, induit par une flore
qualitative et quantitative, dont la présence de
l’Ibéride-hôte : Iberis
odorata atlantica.
C’était alors la dernière localisation atlasique
connue de cette fine et belle espèce
atlanto-méditerranéenne. Le dysfonctionnement de
l’habitat est brutalement intervenu à la fin des
années 90, avec l’irruption brutale des troupeaux
(trop récent reboisement rapidement abrouti !), puis
reconversion des lieux en safari touristique aux
sangliers sous l’enseigne d’une société de
chasse espagnole. Le choix du site ne manquait pas de
fantaisie, quand on sait qu’il s’agissait
d’un des derniers sanctuaires de naturalité du
Massif du Kandar, dont l’état essentiel est dans
un état pittoyable, soumis depuis trop longtemps à des
parcours surnuméraires sédentaires, avec saccage des
chênaies vertes et scalp du sol. En dépit de recherches
pugnaces, Euchloe
tagis atlasica n’a
jamais été contacté ailleurs, ni même au sein du
périmètre de Takaltount où sa plante-hôte
n’existe pas. Rarissime mais de présence stable
et dans des habitats peu perturbés, la sous-espèce
rifaine (Euchloe
tagis reisseri)
est désormais la dernière entité
d’Euchloe
tagis à
voler au Maroc.
Zygaena
nevadensis atlantica
L’histoire se répète, sur un même mode de
persécution à l’encontre des meilleures
endémismes… Cette Zygène représente la seule
vicariance de l’espèce pour le continent Africain
et n’existe qu’au Maroc. Elle fut décrite
en 1957, et seulement alors connue du Col de Tamrabta
où personne n’a jamais pu l’y
retrouver… Nous sommes les seuls à en avoir
découvert une très forte colonie (des centaines
d’individus) sur une très belle implantation de
sa plante-hôte, la Vesce Vicia
tenuifolia,
dans la Forêt de Tarharhat (à l’ouest
d’Itzer), en 1997 alors que les lieux étaient
depuis longtemps prohibés au pâturage. Il y a quelques
années et avec l’alibi d’une année sèche
(!), tout le périmètre de Tarharhat, y compris un long
ravin envahi d’une flore luxuriante, a été livré
à la consommation de troupeaux surnuméraires. Le sol
squelettique ne génère plus la moindre Pivoine, et
de Zygaena
nevadensis et
de sa Vesce (plante très appétible...), il ne reste que
le beau souvenir.
Zygaena
lavandulae michaellae
Cette autre Zygène de présence africaine exclusive au
Maroc, fut nommée en 1943 du même Col de Tamrabta. Elle
en fut biffée dès les années 60 et ne se rencontre plus
que très difficilement dans les sapinières du Rif
occidental.
Nous n’avons aucune suggestion conservatoire pour
ce secteur que nous n’avons repris dans notre
bilan définitif que pour deux raisons majeures :
il fut un haut lieu de la biodiversité marocaine et il
a l’insigne honneur, maintenant qu’il est
vidé de ses composantes les plus insignes, de figurer
dans la liste des SIBE proposés. Il semble que le mal
soit fait et nonobstant les meilleurs efforts de
régénération, bien utopique serait la reconstruction de
l’écosystème et les retrouvailles avec une
entomofaune anéantie il y a un demi siècle.
Takaltount
(SIBE
terrestre de priorité 3)
•
Situation :
Au sud-ouest de la MF de Takaltount.
•
Altitude :
1500-1600 m.
•
Latitude :
33,64995 N.
•
Longitude :
-4,8871 W.
•
Typologie
du milieu : Pineraie et matorral arboré.
•
Essences
forestières majeures : Pin d’Alep, Chêne
vert.
•
Bioclimat :
Subhumide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Clairières herbacées et trouées du matorral
(Rh, Zy) :
Relevés
2006 =
Papilio machaon mauretanica
Pieris
brassicae
P.
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
E.
belemia distincta
Anthocharis
belia belia
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
rhamni meridionalis
G.
cleopatra cleopatra
Satyrium
esculi mauretanica
Callophrys
rubi fervida
Tomares
ballus ballus
T.
mauretanicus antonius
Lycaena
phlaeas
Celastrina
argiolus mauretanica
Pseudophilotes
ab. abencerragus
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
P.
punctifera
Nymphalis
polychloros erythromelas Vanessa
atalanta
Cynthia
cardui
Melitaea
phoebe punica
M.
didyma occidentalis
Argynnis
pandora seitzi
Issoria
lathonia
Melanargia
lucasi meadewaldoi
Hipparchia
algiricus
H.
statilinus sylvicola
!
H.
fidia benimguildi
Maniola
jurtina jurtina
Hyponephele
lupina mauritanica
Pyronia bathseba
Coenonympha
lyllus
C.
arcanioides
!
Pararge
aegeria aegeria
Lasiommata
megera vividissima
•
Usages
et pratiques de gestion :
Aire protégée avec sylvo-pastoralisme.
•
Impacts
et menaces :
Aucune.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
L’échantillonnage témoigne d’une bonne
diversité spécifique, avec néanmoins une faible
dynamique populationnelle, et surtout la carence
d’espèces emblématique (aucun endémique vrai),
sauf Coenonympha
arcanioides,
endémique nord-africain dont la présence marocaine
n’est bonne que dans le Rif.
Pas de suggestion conservatoire, sinon d’éviter
si possible tout toilettage forestier afin de respecter
la valeur du sous-bois et du matorral.
Dayet
Hachlaf
(DE)
•
Situation :
Route touristique de la Vallée des Roches, depuis
Ifrane jusqu’au nord-est de la MF
d’Hachlaf.
•
Altitude :
1600-1700 m.
•
Latitude :
33,55812 N.
•
Longitude :
-4,9928 W.
•
Typologie
du milieu : Zone humide et cédraie mixte.
•
Essences
forestières majeures : Chêne vert, Cèdre.
•
Bioclimat :
Subhumide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Rives (végétation herbacée, prairies marécageuses,
cailloutis, sable graveleux)
(Cc, Od) :
Relevés
2006 =
Cc :
Nebria boiteli
Dyschirius otini
D. pusio
Asaphidion stierlini
Philochtus iricolor
Ph. sp.
Metallina proprerans
Lagarus vernalis
Poecilus quadricollis
P. vicinus
Orthomus maroccanus
Harpalus cupreus
H. wohlberedti
H. sp.
Acupalpus dubius
Stenolophus mixtus
Spomis circumscriptus
Brachinus sp.
Od :
Coenagrion
puella
C. mercuriale
C. caerulescens
Enallagma deserti
I. graellsii
Erythromma viridulum
Anax imperator
A. parthenope
Auxquelles
observations on peut joindre celles complémentaires de
Jacquemin, avec précautions car datant des années
90 :
Cercion
lindenii
Orthetrum cancellatum
Crocothemis erythraea
Sympetrum fonscolombii
- Formation boisée alentours (Rh,
Zy) :
Relevés
2006 =
Pieris rapae mauretanica
Euchloe crameri melanochloros
Satyrium
esculi mauretanica
Lycaena
phlaeas
Pseudophilotes
ab. abencerragus
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
punctifera
Argynnis
pandora seitzi
•
Usages
et pratiques de gestion :
Pastoralisme
sédentaire, agriculture alentour.
•
Impacts
et menaces :
Trop forte emprise des activités agro-pastorales, le
pacage risquant de priver le secteur de toutes ses
valeurs naturelles, l’espace lacustre se
réduisant à un gazon humide pacagé et souillé par les
moutons.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
Le cortège lépidoptérique inventorié est de piètre
valeur. Il s’agissait pourtant ici, en 1977,
du locus
typicus de
Polyommatus
atlanticus weissi,
fin Lycène subendémique qui survit encore dans les
parages du Col du Zad. La littérature entomologique des
années 60 citait aussi certains Papillons inféodés à
l’Alfa, aujourd’hui disparus, comme le très
remarquable Berberia
lambessanus.
Les nappes alfatières ont été depuis éreintées par le
surpâturage, tout comme au-dessus des Dayets Ifrah et
Iffer, des alentours d’Annoceur, et plus au sud
du secteur de la MF de Tirhboula (Boulemane). Faute de
sa Graminée, le grand Satyrinae précité n’existe
donc plus ni autour de la Dayet Hachlaf, ni ailleurs
dans le Moyen Atlas central. Les vertus bioindicatrices
des Berberia,
Lépidoptères maghrébins à valeur patrimoniale,
sous-entendent un habitat en équilibre, pouvant
profiter d’un pâturage extensif régulateur,
tandis que leur raréfaction ou leur déclin indique
l’existence d’une pression excessive du
cheptel.
Bien que ces types de daya (mare) et de dayet (lac)
endoréiques, avec ou sans végétation, eaux éphémères,
épisodiques ou presque permanentes des cuvettes
karstiques du haut plateau calcaire moyen-atlasique
soient de plus en plus reconvertis en points
d’abreuvement permanent à l’usage des
troupeaux, avec les conséquences inévitables de
souillure des rives et des eaux, les Coléoptères
Carabiques hygrophiles et les Odonates, pourtant
tributaires par excellence de la qualité des zones
humides, montrent ici par leur présence encore soutenue
qu’une moindre biocénose se maintient, que rien
n’est vraiment perdu.
Toute la zone demande une régénération forestière très
soutenue, avec l’instauration à très long terme
de secteurs protégés enveloppant non seulement les
boisements, mais aussi des habitats ouverts, des
clairières herbacées et des formations prairiales. Si
certains Papillons sténoèces sont peu susceptibles
d’une recolonisation, bien des Odonatoptères
émigrent vers les forêts pour estiver.
Quant aux lacs et mares temporaires, une politique plus
volontariste de restauration et de veille s’avère
extrêmement urgente si l’on ne veut pas assister
à une complète banalisation de leurs atouts
biologiques. Un tel programme passe – comme
partout – par la mise à l’écart du cheptel
de tout ou partie des rives, donc de prohiber
l’accès des eaux et de leurs abords sur une large
périphérie. Pour le cheptel, on substituera par
l’aménagement d’abreuvoirs. Ces eaux, leurs
marécages et leurs rivages sont vulnérabilisés par la
sédentarisation des troupeaux, menacés par les
activités agricole réductrices (dérivations,
surpompage), exposées à des doses sublétales et létales
du recours aux substances chimiques (pesticides,
engrais). Il est impossible de laisser les riverains
continuer à exercer à leur guise et en toute ignorance
des risques au détriment du capital écosystémique qui
est l’affaire de tous.
Forêt
d’Amandelline (lieu-dit Sidi Bouyaâkoub)
(DE)
•
Situation :
Ancien reboisement sur le lieu-dit Si Bouyaakoub, à
proximité des terrains collectifs nommés
Tazioualt.,
au
nord-est d’Ifrane (depuis la N 8, direction Fès,
à droite après l’Université), par la piste qui,
depuis le Plan d’eau Zerrouka, rejoint le Col de
Tamrabta.
•
Altitude :
1650-1700 m.
•
Latitude :
33,55634 N.
•
Longitude :
- 5,10046 W.
•
Typologie
du milieu : Chênaie verte.
•
Essences
forestières majeures : Chêne vert, Cèdre.
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Vastes clairières herbacées de la forêt
trouée (Rh,
Zy) :
Relevés
2006 (ouvert
aux parcours) =
Aporia
crataegi mauretanica
Pieris
rapae mauretanica
Euchloe crameri melanochloros
Colias
croceus croceus
Satyrium
esculi mauretanica
Lycaena
phlaeas
Aricia
agestis cramera
Cynthia
cardui
Relevés
1992-1999
(période en défens) =
Aporia
crataegi mauretanica
Pieris
brassicae
P.
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
Anthocharis
belia belia
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
rhamni meridionalis
G.
cleopatra cleopatra
Satyrium
esculi mauretanica
Callophrys
rubi fervida
Tomares
ballus ballus
Lycaena
phlaeas
Cupido
lorquinii !
Celastrina
argiolus mauretanica
Pseudophilotes
ab. abencerragus
P.
bavius fatma !!
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
P.
amandus pseudotova!
P.
punctifera
Nymphalis
polychloros erythromelas Vanessa
atalanta
Cynthia
cardui
Polygonia
c-album imperfecta
Melitaea
cinxia eupompe
!
M.
phoebe punica
M.
aetherie algirica
!!
M.
didyma occidentalis
Euphydryas
desfontainii gibrati
!
Argynnis
pandora seitzi
A.
auresiana maroccana
!
Issoria
lathonia
Melanargia
lucasi meadewaldoi
Hipparchia
caroli
!
H.
algiricus
H.
statilinus sylvicola
!
Maniola jurtina jurtina
Hyponephele
lupina mauritanica
Coenonympha
lyllus
Pararge
aegeria aegeria
Lasiommata
megera vividissima
Zygaena
loyselis ungemachi !
Z.
favonia cadillaci !
Z.
youngi youngi
!
Z.
alluaudi alluaudi
!
•
Usages
et pratiques de gestion :
Programme d’aménagement forestier datant de la
fin des années 90, avec reboisement en Cyprès
d’Arizona. Il y a déjà beaucoup été dit sur
l’impertinence d’utiliser des essences
allochtones pour régénérer des forêts du zonobiome
méditerranéen. Cette chênaie verte, ainsi
« enrichie » de ces Cyprès a été subitement
dilapidée par l’ouverture sans discernement au
parcours quotidien et intempestif.
•
Impacts
et menaces :
L’entièreté
du substrat arbustif et herbacé est détruit, le sol est
dénudé, pulvérulent ou compacté selon les
saisons ; toute biodiversité est évincée.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
Un regard comparatif entre la composition
lépidoptérique des années 90 et celle présente est
édifiant. Le site abritait, à deux pas d’Ifrane,
certains endémiques aussi précieux que
Pseudophilotes
bavius fatma,
sublime Lycène exclusif au Moyen Atlas où il ne compte
plus que 12 localisations, dont une moitié voit son
avenir très hypothéqué par les actuels agissements.
Une restauration du site est parfaitement envisageable
car les lieux n’étant pas trop isolés de sites
plus ou moins prolixes, une recolonisation de certaines
entités est plausible. Mais le prix à payer sera
d’enrayer la surexploitation pastorale qui y
sévit.
Forêt
de Jaaba (SIBE
terrestre de priorité 2)
•
Situation :
Piste forestière du nord-est au sud-ouest, depuis le
carrefour R 707 x route à la Zaouïa en direction
d’Ito.
•
Altitude :
Ca. 1500 m.
•
Latitude :
33,55446 N.
•
Longitude :
- 5,20811 W.
•
Typologie
du milieu : Chênaie mixte (sclérophylle et
caduque).
•
Essences
forestières majeures : Chêne vert, Chêne.
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
-
Plusieurs stations en clairières
florifères (Rh,
Zy, Cf) :
Relevés
2006 =
Rh,
Zy :
Pieris rapae mauretanica
Pontia daplidice
Anthocharis
belia belia
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
rhamni meridionalis
G.
cleopatra cleopatra
Satyrium
esculi mauretanica
Callophrys
rubi fervida
Lycaena
phlaeas
Celastrina
argiolus mauretanica
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
Nymphalis
polychloros erythromelas Vanessa
atalanta
Cynthia
cardui
Argynnis
pandora seitzi
A.
auresiana maroccana
!
Issoria
lathonia
Hipparchia
algiricus
H.
statilinus sylvicola
!
Maniola
jurtina jurtina
Coenonympha
lyllus
Pararge
aegeria aegeria
Lasiommata
megera vividissima
Cf :
Cetonidae
sur les grandes Carduacées, plusieurs espèces de
Mylabris
(Meloidea)
et de rares Glaphyrus
opulentus (Scarabaeidae)
sur diverses inflorescences ont été contactés. Paucité
d’espaces florifères.
- Une station en forêt caducifoliée fermée, carabofaune
du sous-bois et de la litière
organique (Cc) :
Relevés
2006 =
Calosoma
sycophanta
Nomius pygmaeus
Omoperyphus hypocrita
Lagarus sp.
Steropus globosus pecoudi
Platyderus ifranensis
Calathus erythroderus antoineti
Iberocarterus tazekensis
Odontocarus cephalotes
Dixus sp.
Harpalus
spp.
Pseudomasoreus canigoulensis chaudoiri
Calodromius bifasciatus
•
Usages
et pratiques de gestion :
Aire protégée avec exploitation forestière et
sylvo-pastoralisme.
•
Impacts
et menaces :
La gestion des parcours y est peut-être plus
rationnelle qu’ailleurs, aucune menace
particulière n’a été constatée.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
Les Papillons contactés sont pour la plupart des
sylvicoles de moyen intérêt. Le cortège est loin
d’être le supposé originel, ce qui traduit bien
des dysfonctionnements dans la gestion forestière
passée. Les bermes des routes et des chemins sont les
seuls espaces de vol électif des imagos et les
clairières, souvent trop lapilleuses, ne sont pas assez
florifères. Le relevé des Carabiques est spécifiquement
plus intéressant. Notons l’abondance de
Coléoptères coprophages.
Pour une meilleure richesse de l’entomofaune, et
notamment de toute la chaîne zoologique induite par
l’abondance de xylophages, on aurait tout intérêt
à recourir à une gestion plus écologique de cette belle
forêt : renoncement à toute hygiène forestière,
abandon du bois mort ou moribond, des souches, ainsi
que de chandelles sur pied, au profit des agents
saproxyliques.
Causse
d’Ifrane (SP)
(ZM)
•
Situation :
Ifrane, sortie sud-ouest par la N 8, des deux côtés de
la route (Rhabet-el-Behar, alentours de l’actuel
stade, etc.)
•
Altitude :
1650 m.
•
Latitude :
33,46621 N.
•
Longitude :
-5,09828 W.
•
Typologie
du milieu : Petit causse calcaire des vides
sylvatiques sur le domaine tabulaire.
•
Essences
forestières majeures : aucune sur place.
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Pelouses calcicoles et près mésophiles du causse
asylvatique
(Rh, Zy, Cc) :
Relevés
2006 =
Rh,
Zy :
Pieris brassicae
P.
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
E.
belemia distincta
E.
charlonia charlonia
Zegris
eupheme maroccana
!
Colias
croceus croceus
Tomares
mauretanicus antonius
Lycaena
phlaeas
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
P. punctifera
Cynthia
cardui
Melitaea
cinxia eupompe
!
M.
phoebe punica
Euphydryas
desfontainii gibrati
!
Argynnis
pandora seitzi
Issoria
lathonia
Melanargia occitanica moghrebiana
!
Hipparchia
algiricus
H.
hansii colombati
!
(Obs.
IX-2005)
Coenonympha
lyllus
Lasiommata
megera vividissima
L.
maera adrasta !
Zygaena
alluaudi alluaudi
!
Z.
orana contristans
!
Cc :
Cicindela
campestris atlantis
Poecilus crenulatus mauritanicus
P. purpurascens
Steropus globosus pecoudi
Olisthopus fuscatus
Calathus fuscipes algiricus
Amara eurynota
Celia pueli
Carterus sp.
Ophonus berberus
O. rufibarbis
O. rotundatus
Dinodes decipiens algiricus
Cymindis alluaudi alluaudi
Calodromius bifasciatus
•
Usages
et pratiques de gestion :
Aucun usage particulier n’est à noter, le
pâturage est normalement tenu à distance,
n’intervenant qu’un peu plus au sud-ouest
du plateau, vers la Dayet Tichchout, au niveau de
l’aérodrome. Plusieurs reboisements mixtes
(Cèdre, Cyprès) justifient cette mise à l’écart,
habituellement observée par les bergers. Très proche de
la ville, ce modeste espace périrural a toujours été
d’une richesse insoupçonnée. Comme quoi
l’Homme, la Nature et les Papillons peuvent faire
bon ménage lorsque règne l’harmonie.
•
Impacts
et menaces :
Les seules menaces seraient liées à une expansion
(inévitable ?) de la ville vers ce secteur, pour
le moment limitée au complexe de la Station Shell.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
L’entomocénose des Lépidoptères et des
Coléoptères Carabiques est tout à fait intéressante vu
la banalité apparente des lieux. La notation de
Hipparchia
hansii colombati,
endémique maghrébin qui ne vole qu’en fin
d’été, est tout à fait intéressante pour le Moyen
Atlas où sa population la plus dynamique
(l’effectif des dèmes y était de plusieurs
centaines d’individus) résidait sur le Plateau
d’Ito, maintenant investi et dégarni par les
troupeaux.
La présence de plusieurs espèces à valeur patrimoniale
justifierait la sauvegarde de cette partie du causse en
petite réserve naturelle (plantes rupicoles ifranaises
et faunule). L’opportunité résiderait aussi en
l’immédiate proximité d’Ifrane, capitale
écologique du Maroc… Toute urbanisation est
évidemment à proscrire, tout comme un traitement des
lieux en parc de ville (selon un modèle proche, avec
sentiers asphaltés, bassins, jets d’eau, etc.)
Ras-el-Ma
sud
•
Situation :
Derniers kilomètres de la route forestière de la MF de
Ras-el-Ma à Ifrane sud.
•
Altitude :
1700 m.
•
Latitude :
33,46621 N.
•
Longitude :
-5,09828 W.
•
Typologie
du milieu : Cédraie mixte.
•
Essences
forestières majeures : Cèdre, Chêne vert.
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Causse de lisière mosaïqué de pelouse écorchée,
brometum de clairières, layons de la forêt
trouée
(Rh/Zy/Cf) :
Relevés
2006 =
Rh,
Zy :
Euchloe crameri melanochloros
Zegris
eupheme maroccana
!
Anthocharis
belia belia
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
cleopatra cleopatra
Satyrium
esculi mauretanica
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
P.
thersites meridiana
!!
P.
punctifera
Nymphalis polychloros
erythromelas
Cynthia
cardui
Argynnis
pandora seitzi
Melanargia
occitanica moghrebiana !
Hipparchia
caroli
!
H. algiricus
Satyrus
atlantea
!
Lasiommata
megera vividissima
Zygaena
youngi youngi
!
Cf
:
Buprestidae (Anthaxia
pleuralis et
nigritula),
Glaphyrus
opulentus et
nombreuses Cétoines.
- Litière organique du sous-bois en futaie du
Cèdre (Cc)
:
Relevés
2006 =
Carabus favieri fezzanus
Philochtus lunulatus
Calathus sp.
•
Usages
et pratiques de gestion :
Ce secteur est présentement clôturé.
•
Impacts
et menaces :
Aucun.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
Même diagnostic que pour le site précédent, celui-ci
spécifiquement moins diversifié et avec une dynamique
moindre des populations, mais enrichi par son immédiate
mitoyenneté sylvatique.
Source
Vittel et Refuge du Val d’Ifrane
(SIBE
humide de priorité 1) (ZM)
(DE)
•
Situation :
Asif Tizguite, en aval d’Ifrane (par la route à
Zaouit Si Abdesslam).
•
Altitude : 1600-1700
m.
•
Latitude :
33,55634 N.
•
Longitude :
-5,10046 W.
•
Typologie
du milieu : Prairies, ripisylve et boisement
sclérophylle collinéen.
•
Essences
forestières majeures : Frêne, Chênes, Érables,
Saules, Ifs et autres essences parfois rapportées.
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
-
Prairies à Festuca
elatior en
lisière de la ripisylve à hygrophytes (dominées
par Fraxinus
angustifolia) de
l’Oued Tizguite, depuis Aïn Vittel, la MF de
Zerrouka, Bou-Ikourdane, jusqu’à la Cascade des
Vierges et au Refuge ; orée et trouées de la chênaie
verte clairiérée dominant les lieux (Jbel
Zerrouka) (Rh,
Zy, Cc, Cf, Od) :
Relevés
2006 =
Rh,
Zy :
Iphiclides
feisthamelii
Aporia
crataegi mauretanica
Pieris
rapae mauretanica
Euchloe crameri melanochloros
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
cleopatra cleopatra
Cigaritis
monticola
!!
Satyrium
esculi mauretanica
Callophrys
rubi fervida
Lycaena
phlaeas
Celastrina
argiolus mauretanica
Polyommatus
icarus celina
Vanessa
atalanta
Cynthia
cardui
Polygonia
c-album imperfecta
Argynnis
pandora seitzi
Issoria
lathonia
Pararge
aegeria aegeria
Cc :
Cicindela campestris atlantis
Calosoma sycophante
Carabus favieri fezzanus
Apotomus rufus
Emphanes minimus
Philochtus lunulatus
Ph. sp.
Ocydromus ripicola
O. maroccanus
Nepha alluaudi
Deltomerus redoni
Lagarus vernalis
Poecilus spp.
Amara spp.
Percosia perabdita
Parophonus antoinei
Harpalus spp.
Phloezeteus mauritanicus
Calodromius bifasciatus
Apristus striatipennis
Polystichus connexus
Brachinus spp.
Cf
:
Très rares Buprestidae floricoles, Glaphyrus
opulentus encore
présent, les Zonabres (Mylabris)
en abondance, ainsi que plusieurs Cetonidae.
Relevés
lépidoptériques 1992-1997
(les années qui suivirent correspondirent au rapide
effondrement biologique du site) =
Rh,
Zy :
Zerynthia
rumina africana !
Iphiclides
feisthamelii
Papilio
machaon mauretanica
Aporia
crataegi mauretanica
Pieris
brassicae
P.
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
E.
tagis atlasica
!!!
Anthocharis
belia belia
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
rhamni meridionalis
G.
cleopatra cleopatra
Cigaritis
monticola
!!
Quercusia
quercus iberica
Satyrium
esculi mauretanica
Callophrys
rubi fervida
C.
avis barraguei !
Tomares
ballus ballus
T.
mauretanicus antonius
Lycaena
phlaeas
Lampides
boeticus
Leptotes
pirithous
Cupido
lorquinii !
Celastrina
argiolus mauretanica
Pseudophilotes
ab. abencerragus
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
P.
punctifera
Nymphalis
polychloros erythromelas Vanessa
atalanta
Cynthia
cardui
Polygonia
c-album imperfecta
Melitaea
phoebe punica
M.
aetherie algirica
!!
M.
didyma occidentalis
Euphydryas
aurinia ellisoni
!
E.
desfontainii gibrati
!
Argynnis
pandora seitzi
A.
aglaia lyauteyi
!!
A.
auresiana maroccana
!
Issoria
lathonia
Melanargia
lucasi meadewaldoi
Hipparchia
algiricus
Maniola
jurtina jurtina
Hyponephele
lupina mauritanica
Coenonympha
lyllus
Pararge
aegeria aegeria
Lasiommata
megera vividissima
Zygaena
favonia cadillaci !
Z.
maroccana harterti
!
Z.
alluaudi alluaudi
!
Z.
algira ifranica !
Cf
:
Anthaxia
spp.
(Buprestidae), Purpuricenus
desfontainii et
Strangalia
sp.
(Cerambycidae), Glaphyrus
opulentus en
effectif massif, Hoplia
africana,
innombrables Cétoines et Mylabris
spp.
(Meloidea).
Od
:
Relevés
effectués entre 1984 et 1989 (G.
Jacquemin obs.)
Calopteryx
exul
C. haemorrhoidalis
L. viridis
Sympecma fusca
Platycnemis subdilatata
Coenagrion puella
C. mercuriale
C. caerulescens
C. scitulum
Cercion lindenii
Enallagma deserti
I. graellsii
Pyrrhosoma nymphula
Ceriagrion tenellum
Boyeria irene
Anax imperator
A. parthenope
Onychogomphus uncatus
Cordulegaster princeps
Libellula quadrimaculata
Orthetrum caerulescens anceps
O. nitidinerve
Crocothemis erythraea
Sympetrum striolatum
S. fonscolombii
•
Usages
et pratiques de gestion :
Site classé d’intérêt biologique et écologique de
priorité 1 pour la haute valeur des qualités
bioécologiques de son milieu humide, reconnu et défendu
par les scientifiques marocains et étrangers, mais
paradoxalement reconverti en aire récréative et parc de
ville aux dérives usagères graves et foncièrement
antinomiques avec une exploitation durable. Le niveau
des pressions de toutes natures est récemment parvenu à
un stade létal pour tout l’environnement naturel.
•
Impacts
et menaces :
La fréquentation atteint 6000 visiteurs certains
week-ends de printemps et d’été, induisant un
dérangement extrême pour la faune et la faunule,
terrestre, amphibie et aquatique, une dégradation
incommensurable des lieux, avec destruction de la
strate végétale, saccage du sous-bois, arrachage des
lianes (qui étaient vigoureuses), compaction du sol et
abandon de plusieurs tonnes de déchets plastique et
variés, au sol ou dans les eaux (!). Aucun ramassage
vraiment sérieux n’est organisé les jours
suivants, il n’y a d’ailleurs guère de
réseau suffisant de poubelles sur place.
L’effondrement de la biodiversité et
l’enlaidissement du site sont déjà très avancés
(depuis 1997-1998 selon nos indicateurs),
l’érosion génétique (perte d’espèces,
uniques ou remarquables pour la plupart) et la
désertification sont en marche. Les récentes années de
sècheresse ont montré avec acuité l’effet
amplificateur et multiplicatif de la pression humaine,
proche de celle d’un rouleau compresseur.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
Qualitativement, et pour se limiter aux seuls Papillons
diurnes, le site est passé en moins de dix années
d’un cortège de 53 à 18 entités spécifiques.
Quantitativement, aucune des espèces subsistantes ne
fait preuve d’un bon effectif. Exception faite
d’une seule (Cigaritis
monticola),
toutes les espèces remarquables (celles sensibles et
bioindicatrices) ont été évincées. La perte est très
regrettable pour des Papillons comme :
Zerynthia
rumina,
sur Aristolochia
paucinervis (dont
c’était la localité à plus forte dynamique du
Moyen Atlas), Euchloe
tagis sur
Iberis
odorata atlantica (disparu
du Maroc), Melitaea
aetherie sur
Cynara
spp.
et Centaurea
spp.
(partout en voie d’extinction),
Euphydryas
aurinia sur
Lonicera
spp.
(espèce protégée par la Convention de Berne, qui en
interdit la destruction des habitats, et qui jouit de
très peu de localisations au Maroc),
Euphydryas desfontainii sur
Knautia
arvensis (recul
national général sous la surexploitation du
pâturage), Argynnis
aglaia lyauteyi sur
Viola
maroccana (l’un
des subendémiques sylvicoles les plus précieux du
Maroc, quasiment disparu du Moyen Atlas où il ne
fréquentait que les niches frondicoles
perhumides), Argynnis
auresiana sur
Viola
spp.
(commentaires identiques que pour le précédent),
Zygaena
maroccana harterti sur
Ononis
spinosa et
Z.
alluaudi alluaudi sur
Coronilla
minima,
etc.
Quelques autres espèces avaient déjà été biffées du Val
Tizguite, préalablement à la grande razzia actuelle. Il
s’agissait de : Zygaena
elodia,
décrite de la Cascade des Vierges par Powell, dès 1934,
et dont la plante nourricière de la larve
(Coronilla
valentina) ne
résiste pas à la dent du cheptel (il n’en demeure
que quelques pieds au-dessus du
Refuge…) ; Zygaena
trifolii lachiveri sur
Lotus
spp.,
découverte à la Source Vittel en 1986 et disparue
quelques années après (station piétinée) ; voire
de la Piéride de la Moutarde (Leptidea
sinapis),
sur diverses Légumineuses, dont Ifrane fut le temps de
quelques observations (1971) l’unique habitat de
toute l’Afrique du Nord.
En raison de leur moindre exposition, les Coléoptères
conservent un contingent appréciable. Le relevé des
Odonates n’a pu être fait exhaustivement en 2006,
mais plusieurs visites n’ont pas indiqué le
maintien global du considérable patrimoine qui reignait
sur les lieux. Auparavant, certains taxa y pullulaient.
Les Zygoptères Pyrrhosoma
nymphula (endémique
marocain quasi exclusif à ce site), Calopteryx
exus (endémique
nord-africain) et l’Anisoptères
Cordulegaster
princeps (endémique
strictement atlasique) se sont néanmoins maintenus,
mais avec une dynamique qui indique clairement un recul
des conditions ambiantes favorables et un risque
d’extinction. Il convient d’examiner la
liste ci-dessus datant des années 80, et qui pourrait
être augmentée de quelques espèces supplémentaires des
années 72 (H.J. Dumont obs., in
Jacquemin,
1999) et des années 50 (Aguesse P. et Pruja J.P.
obs., in
Jacquemin,
1999 ), pour atteindre une trentaine de taxa, soit la
totalité des Libellules du Moyen Atlas, et plus de la
moitié nationale, seulement au fil des quelques
méandres de l’oued qui alors, s’écoulait
généreusement dans un superbe vallon herbeux.
Par
leur perte considérable, les Libellules indicatrices
témoignent bien que la gestion écologique fut ici
encore plus déplorable qu’ailleurs.
Ce Val d’Ifrane a donc toujours représenté un
réservoir génétique de tout premier ordre, et jamais
appréhendé comme tel en raison de la compétition de
l’Homme pour les rivages ombragés lors de la
belle saison, de la proximité des grandes villes, de la
démographie et du récent avènement au Maroc de la
société des loisirs et de sa ruée vers le grand air,
activité malheureusement mal comprise, soumise au
laxisme le plus total et qui engendre même
l’attitude ravageuse et délinquante d’un
certain public.
En déclin galopant, tout ou partie du site mais
pourrait être encore sauvegardé. Certaines espèces sont
à l’évidence déjà perdues, notamment celles liées
à la ripisylve et aux espaces prairiaux. Mais une
recolonisation de quelques autres, repliées sur les
zones collinéennes ou confinées dans le périmètre clos
de l’Université Al-Akhawayn, est envisageable.
Les actions urgentes consisteraient en une renaturation
des lieux (réhabilitation écologique de l’espace
dégradé), une régénération des eaux par
l’assainissement de l’oued et l’arrêt
du déversement des égouts et des eaux domestiques usées
(agissement parfaitement inconscient !), une mise
en repos (réserve temporaire et fermée) alternée de
plusieurs secteurs, par exemple sur un plan décennal.
Les zones ouvertes au public devraient être dotées
d’une vigilance rigoureuse (ce qui est loin
d’être le cas de la part des gardes municipaux
des F.A. et des gardes champêtres mandatés) et de
certaines prohibitions fermes. Ces dernières
concerneraient in
primis le
parcage des véhicules en sous-bois et sur les prairies
(aménagement d’une aire adéquate, même éloignée,
promouvoir un peu la marche va de pair avec la
sensibilisation à la Nature…) ; un code de
conduite est à imposer (affichage, surveillance par une
police municipale écologique) ; interdiction pour
les riverains et les visiteurs de procéder aux lavages
des véhicules, des tapis et du linge dans l’oued
(pratique actuellement trop ancrée dans les mentalités
locales) ; pâture interdite ; prélèvement,
persécution et massacre de la faunule rigoureusement
poursuivie (le lance-pierre à l’encontre des
Passereaux est encore d’usage courant, tout comme
la cruelle et imbécile tuerie des Reptiles et des
Amphibiens) ; prohibition de toute cueillette et
atteinte à l’intégrité des plantes et des
arbres ; limiter le piétinement par le respect des
sentiers et des pistes ; évincer ou limiter
grandement les promenades à cheval, actuellement
envahissantes (compaction du sol, par place dénudé par
le pacage des chevaux) ; interdire la collecte et
la vente de l’Écrevisse à pied rouge ;
respecter un fauchage tardif (les agents municipaux
fauchent dès mai, ce qui induit une mortalité
considérable des Invertébrés phytophages dont le cycle
larvaire n’est pas bouclé) ; limiter
l’aménagement du Val en Parc de ville (la partie
ainsi transformée est défigurée et largement
appauvrie) ; lutter légalement contre
l’approche de l’urbanisation (de plus en
plus d’immeubles émergent à proximité du
site) ; etc.
De telles mesures s’inscrivent dans
l’objectif légitime consistant à gérer et à
exploiter le biopatrimoine de la Province d'une manière
rationnelle et pérenne, en concertation et au bénéfice
de la collectivité et des usagers, tout en préservant
l'environnement et la biodiversité.
Enfin, le cas du dernier Papillon remarquable
« qui s’accroche » au site
« contre vents et marées » mériterait
quelques mesures concrètes et immédiates. Spatialement
circonscrit sur une pelouse calcicole qui couvre le
versant en orée de la chênaie verte, immédiatement
au-dessus de la piste d’accès à la Source Vittel
(peu après le péage côté de la Maison forestière), le
Cuivré marocain (Cigaritis
monticola)
est une fine espèce endémique au seul Maroc et ne
bénéficie que de 13 stations (Moyen Atlas central et
Haut Atlas oriental). Ce Lycène est myrmécophile et vit
en association avec la Fourmi Crematogaster
laestrygon. La
plante-hôte est Coronilla
minima,
très présente sur les lieux. En mai 2006, le Papillon
était toujours repérable, mais d’un effectif
amoindri. La promiscuité avec la circulation automobile
engendre un dérangement certain. La sauvegarde
consisterait, pour le moins, à fermer ce modeste espace
pour le mettre hors de portée du moindre dégât
écologique pouvant provenir de la fréquentation
humaine.
Termilat
(DE)
•
Situation :
Oued Tizguite, en amont d’Ifrane, par la R 707
direction de Boulemane et avant le carrefour pour la
Vallée des Roches (secteur entre Termilat et
Ayoun-Bou-Imtassene).
•
Altitude :
1600-1700 m.
•
Latitude :
33,46621 N.
•
Longitude :
-5,09828 W.
•
Typologie
du milieu : Prairies de la ripisylve, pelouse du
causse.
•
Essences
forestières majeures : Peuplier, Chêne vert, (+
Cyprès d’Arizona).
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Prairies sur les rives de l’Oued Tizguite et
causse du côté opposé de la route (espace jouxtant la
piste à Ras-el-Ma)
(Rh, Zy) :
Relevés
2006 (ouverture
au public sans aucune gestion, ou avec une gestion
inadéquate) =
Pieris
rapae mauretanica
Polyommatus icarus celina
Cynthia cardui
Lasiommata megera vividissima
Relevés
1992-1997 (avant
l’hyper fréquentation récréative) =
Aporia
crataegi mauretanica
Pieris
brassicae
P.
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
Zegris
eupheme maroccana
!
Anthocharis
belia belia
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
rhamni meridionalis
G.
cleopatra cleopatra
Lycaena
phlaeas
Celastrina
argiolus mauretanica
Pseudophilotes
ab. abencerragus
P.
bavius fatma !!
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
P.
thersites meridiana
!!
P.
punctifera
Nymphalis
polychloros erythromelas Vanessa
atalanta
Cynthia
cardui
Polygonia
c-album imperfecta
Melitaea
cinxia eupompe
!
M.
phoebe punica
M.
didyma occidentalis
Euphydryas
desfontainii gibrati
!
Argynnis
pandora seitzi
A.
auresiana maroccana
!
Issoria
lathonia
Melanargia
lucasi meadewaldoi
Hipparchia
caroli
!
H.
algiricus
H.
statilinus sylvicola
!
Chazara
briseis major
Maniola
jurtina jurtina
Hyponephele
maroccana nivellei
H.
lupina mauritanica
Coenonympha
lyllus
Pararge
aegeria aegeria
Lasiommata
megera vividissima
Zygaena
loyselis ungemachi !
Z.
favonia cadillaci !
Z.
beatrix felicina
Z.
youngi youngi
!
Z.
maroccana harterti
!
Z.
alluaudi alluaudi
!
•
Usages
et pratiques de gestion :
Pacage et séjour des troupeaux.
•
Impacts
et menaces :
Tout le site (causse, ripisylve et prairies) a été
dégarni, défiguré, dénaturé, les arbres mutilés (bois
de chauffe), les eaux souillées. La vieille peupleraie
est largement détruite.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
Plus
en amont sur l’Oued Tizguite, ce site était
récemment très complémentaire de celui précédent de la
Source Vittel et de ses environs. La présence de
l’excellent
Pseudophilotes bavius fatma sur
Salvia
argentea (forte
population jusque dans les années 95, exclusif au Moyen
Atlas central où il est présentement partout éteint ou
en recul) et du rare Polyommatus
thersites meridiana sur
Onobrychis
peduncularis (indigène
des seuls alentours d’Ifrane où c’est
l’unique endémovicariant africain de
l’espèce), conféraient à ce site toute son
originalité et sa valeur patrimoniale. Le cortège
odonatoptérique originel était ici affin à celui du
site en aval et analysé précédemment, avec un même type
de déclin qualitatif (espèces) et quantitatif
(effectifs), bien que la fréquentation citadine
perturbante soit moins forte et que la destruction
ponctuelle soit surtout celle de l’habitat
terrestre.
Il conviendrait de redynamiser la flore par une mise en
défens de la ripysylve et des prairies avoisinantes,
d’alléger la charge pastorale du causse supérieur
à la route, et ce, jusqu’à la piste qui rejoint
Ras-el-Ma (anciennes stations très prolixes en
entomofaune et d’une grande diversité
floristique). La gestion de la décharge située non loin
demande aussi quelques réajustements.
Forêt
d’Aït-Youssi
Amekla
•
Situation :
R 707 à Boulemane, premiers kilomètres après le
carrefour au Tizi-n-Tretten, sur le Canton Lalla
Mimouna (Jbel Ichiqattaène).
•
Altitude :
1750-1900 m.
•
Latitude :
33,46798 N.
•
Longitude :
-4,99074 W.
•
Typologie
du milieu : Cédraie mixte.
•
Essences
forestières majeures : Cèdre, Chêne vert.
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Espaces herbacés en lisière et dans les clairières de
la forêt assez dense
(Rh, Zy) :
Relevés
2006 =
Aporia crataegi mauretanica
Pieris
brassicae
P.
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
rhamni meridionalis
G.
cleopatra cleopatra
Satyrium
esculi mauretanica
Lycaena
phlaeas
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
Nymphalis
polychloros erythromelas
Cynthia
cardui
Argynnis
pandora seitzi
Melanargia
lucasi meadewaldoi
Hipparchia
caroli
!
H.
algiricus
•
Usages
et pratiques de gestion :
Parcours ; exploitation forestière.
•
Impacts
et menaces :
Faibles.
Ébranchage et écimages sporadiques.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
La modestie du cortège lépidoptérique connu de ce
secteur s’explique censément par la gamme
floristique restreinte, conséquence d’une forêt
assez fermée et d’une prééminence parfois quasi
monospécifique du Cèdre (la cédraie pure est nulle du
point de vue entomologique !). Le site suivant,
pourtant très proche, le dominait en qualité et en
quantité, du moins au temps tout récent (jusqu’en
2003) de sa splendeur. La Forêt
d’Aït-Youssi compte
néanmoins quelques Satyrines sylvicoles et mérite de
figurer dans la nomenclature du PNI.
Tizi-n-Tretten
(= Tizi-n-Ighatene) et MF de Boutroubay
(DE)
•
Situation :
P 7231, au col sur les deux versants, et rive de la
route du côté de la MF sur
plusieurs kilomètres en direction de Mischliffen
•
Altitude :
1870-1970 m.
•
Latitude :
33,46621 N.
•
Longitude :
-5,09828 W.
•
Typologie
du milieu : Cédraie mixte.
•
Essences
forestières majeures : Chêne vert et Cèdre.
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Prairies mésophiles en lisière, reboisement et orée
forestière (Rh,
Zy, Cf) :
Relevés
2006 (suite
à une ouverture de deux saisons aux parcours)
=
Rh,
Zy
Pieris
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Colias
croceus croceus
Lycaena
phlaeas
Aricia
agestis cramera
Polyommatus icarus celina
Cynthia
cardui
Cf :
Quelques
Cetonidae et Meloidea (Mylabris
spp.),
sans plus.
Relevés 1992-2003 (maintien d’un côté de la
route en défens) =
Rh,
Zy
Papilio
machaon mauretanica
Aporia
crataegi mauretanica
Pieris
brassicae
P.
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
E.
belemia distincta
E.
charlonia charlonia
Zegris
eupheme maroccana
!
Anthocharis
belia belia
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
rhamni meridionalis
G.
cleopatra cleopatra
Quercusia
quercus iberica
Satyrium
esculi mauretanica
Callophrys
rubi fervida
Lycaena
phlaeas
Lampides
boeticus
Leptotes
pirithous
Cupido
lorquinii !
Celastrina
argiolus mauretanica
Pseudophilotes
ab. abencerragus
P.
bavius fatma !!
Aricia
agestis cramera
Cyaniris
semiargus maroccana
!
Polyommatus
icarus celina
P.
thersites meridiana
!!
P.
punctifera
Nymphalis
polychloros erythromelas
Vanessa
atalanta
Cynthia
cardui
Melitaea
cinxia eupompe
!
M.
phoebe punica
M.
aetherie algirica
!!
M.
didyma occidentalis
Euphydryas
desfontainii gibrati
!
Argynnis
pandora seitzi
A.
auresiana maroccana
!
Issoria
lathonia
Melanargia
lucasi meadewaldoi
M.
occitanica moghrebiana
!
Hipparchia
caroli
!
H.
algiricus
H.
statilinus sylvicola
!
Chazara
briseis major
Ch.
prieuri kebira
!!
Maniola
jurtina jurtina
Hyponephele
maroccana nivellei
H.
lupina mauritanica
Coenonympha
lyllus
Pararge
aegeria aegeria
Lasiommata
megera vividissima
Zygaena
loyselis ungemachi !
Z.
favonia cadillaci !
Z.
youngi youngi
!
Z.
alluaudi alluaudi
!
Z.
algira ifranica !
Cf :
Les floricoles sont fortement représentés, les fleurs
de Carduacées notamment très visitées.
Buprestidae (Anthaxia
pleuralis,
A.
nigritula,
Phaenops
marmottani,
etc.), Cerambycidae (Purpuricenus
desfontainii,
Strangalia
sp.,
etc.), Scarabaeidae (présence pléthorique de
Glaphyrus
opulentus),
Cetonidae, Meloidea (plusieurs espèces de
Mylabris).
•
Usages
et pratiques de gestion :
Secteur habituellement en défens, non clôturé et très
bien surveillé, l’autre côté de la route
(littéralement tondu et décapé depuis des lustres)
étant voué au parcours sédentaire. Les années sèches de
2004 et 2005 ont vu l’interdiction de pacager
suspendue, et ce fut la ruée des Ovins et des Caprins,
avec une charge inconsidérée et permanente, sans la
moindre réserve. De nouveau en repos au printemps 2006,
si la pluie tenace a permis à la flore de retrouver un
certain dynamisme, exception faite de quelques vétilles
ubiquistes ou migratrices, il nous fut impossible lors
de plusieurs visites d’y retrouver l’ombre
des Papillons et des Coléoptères qui y séjournaient par
myriades. C’est ainsi un cas d’école pour
qui tend à affirmer qu’un regain végétal et
florifère sous-entend un identique et aussi rapide
retour des Invertébrés. Après une surexploitation
pastorale, la biodiversité reste amputée à long terme.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
Il suffit de parcourir la liste de nos relevés
habituels depuis 1992 pour apprécier l’ampleur du
mal commis par une ouverture inconsidérée à une charge
bien trop lourde et presque statique de
l’oviculture. De la vingtaine de Papillons
emblématiques qui volaient ici, il ne reste rien.
En raison de la grande valeur de ces prairies, nous en
suggérons la mise en protection indéfectible, gageant
qu’une recolonisation, au moins partielle, sera
possible sur un programme décennal. Entre Ifrane et
Mischliffen, ce paysage forestier de toute beauté
gagnerait à être sauvegardé à l’usage du tourisme
rural. Traditionnellement établie sur une bonne moitié
de la localité, l’oviculture dispose de ses
propres parcours. Une mainmise de l’oviculture
sur la globalité de la cédraie, capital vert alors
usurpé à l’humanité, peut être estimée inique.
Lachmine Ikattaene
•
Situation :
par la route P 7231, reboisement clôturé à gauche de la
route, deux kilomètres une fois passé Mischliffen,
parcelles 78 et 79.
•
Altitude :
Ca. 1900 m.
•
Latitude :
33,37607 N.
•
Longitude :
-5,09611 W.
•
Typologie
du milieu : Reboisement en Cyprès d’Arizona
en cédraie.
•
Essences
forestières majeures : Cèdre, Chêne vert, (+
Cyprès d’Arizona).
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Lisières et trouées herbacées du reboisement,
collines écorchées adjacentes
(Rh, Zy) :
Relevés
2006 =
Pieris rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
Colias
croceus croceus
Tomares
mauretanicus antonius
Lycaena
phlaeas
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
P.
punctifera
Cynthia
cardui
Melitaea
phoebe punica
Euphydryas desfontainii gibrati
!
Argynnis
pandora seitzi
Issoria
lathonia
Hipparchia
algiricus
Coenonympha
lyllus
•
Usages
et pratiques de gestion :
Périmètre en défens, clôturé, en reboisement (Cyprès
d’Arizona) et en régénération (Cèdre).
•
Impacts
et menaces :
Aucune, si ce n’est l’irruption illégale et
assez fréquente des troupeaux.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
Il est intéressant de constater la lente mais certaine
colonisation de certains Lépidoptères dans ce beau
reboisement, favorisé par la cédraie mixte qui le
ceint.
Une meilleure surveillance s’impose et le
maintien à long terme de la protection, sans abrogation
en années sèches, permettra à la flore et à
l’entomofaune d’atteindre son apogée.
Mischliffen
•
Situation :
P 7231 à l’ouest de la station, et route
forestière (en boucle) d’accès à la caldeira
(vaste cratère) de Mischliffen.
•
Altitude :
1860-1920 m.
•
Latitude :
33,67607 N.
•
Longitude :
-5,09611W.
•
Typologie
du milieu : Cédraie mixte.
•
Essences
forestières majeures : Cèdre et Chêne vert.
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Montagnard méditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Sous-bois de la futaie fermée de Cèdres sur la P 7231
(sol épais de la litière) (Cc)
:
Relevés
2006 =
Carabus
favieri fezzanus
Nomius pygmaeus
Philochtus lunulatus
Platyderus ifranensis
Lebia trimaculata
- Lisière de la chênaie verte sur la RF qui descend à
Mischliffen (Rh,
Zy) :
Relevés
2006 =
Pieris
brassicae
P.
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
Anthocharis
belia belia
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
rhamni meridionalis
G.
cleopatra cleopatra
Satyrium
esculi mauretanica
Callophrys
rubi fervida
Aricia
agestis cramera
Nymphalis
polychloros erythromelas Vanessa
atalanta
Cynthia
cardui
Polygonia
c-album imperfecta
Melitaea
didyma occidentalis
Argynnis
pandora seitzi
Hipparchia
caroli
!
H.
algiricus
Lasiommata
megera vividissima
- Formation herbacée de la
caldeira (Rh,
Zy, Cc, Cf ) :
Relevés
2006 =
Rh,
Zy :
Pieris brassicae
P.
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
Zegris
eupheme maroccana
!
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
rhamni meridionalis
G.
cleopatra cleopatra
Cigaritis
monticola
!!
Tomares
ballus ballus
Lycaena
phlaeas
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
P.
punctifera
Cynthia
cardui
Melitaea
cinxia eupompe
!
M.
phoebe punica
M.
didyma occidentalis
Euphydryas
desfontainii gibrati
!
Argynnis
pandora seitzi
Issoria
lathonia
Melanargia
lucasi meadewaldoi
Zygaena
youngi youngi
!
Z.
alluaudi alluaudi
!
Cc
:
Cincindela
campestris atlantis
C. segonzaci
Carabus
rugosus rugosus
C. favieri fezzanus
Apotomus rufus
Poecilius quadricollis
P. purpurascens
Angoleus nitidus
Olisthopus fuscatus
Platyderus ifranensis
Calatus fuscipes algiricus
Percosia perabdita
Parophonus sp.
Cryptophonus tenebrosus
Phloezeteus mauritanicus
Cf
:
Buprestidae
(Anthaxia
pleuralis,
Phaenops
marmottani,
etc.), Cetonidae et Meloidea (Mylabris
spp.).
•
Usages
et pratiques de gestion :
Le site est tenu à l’écart du sylvo-pastoralisme,
du moins la cédraie mixte immédiatement au nord et les
prairies de la caldeira. L’exploitation
forestière s’y résume à l’exploitation des
Cèdres morts.
•
Impacts
et menaces :
Aucune et il ne semble pas que l’exploitation
hivernale des lieux pour les sports d’hiver ne
laisse de séquelles sur l’environnement, sans
doute de sa brièveté/sporadicité.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
D’excellent Carabiques indicateurs témoignent
pour la santé du sous-bois et de son substrat humifère,
les floricoles et les Papillons diurnes ne se
manifestent néanmoins pas en très grand nombre et peu
d’espèces emblématiques sont présentes. De
magnifiques pans d’Iberis
odorata garnissent
les bermes et les talus de la route mais
Euchloe
tagis atlasica qui
y est habituellement inféodé, ne s’y manifeste
pas. Ces carences sont probablement la conséquence du
microclimat très froid qui persiste ici jusque tard en
saison.
L’avenir du site, vu sous l’axe désormais
incontournable du développement durable, est en
contradiction avec certains projets de promouvoir ici
une méga station de sports d’hiver.
L’espace apparaît comme bien trop modeste pour
une telle ambition et un déboisement serait à la clé de
la malheureuse initiative, accompagnée d’une méga
infrastructure.
Jbel
Hebri
•
Situation :
Parcelle sommitale au-dessus de la N 13, peu après le
carrefour avec la P 7231, en direction de Midelt.
•
Altitude :
1920-2100 m.
•
Latitude :
33,37607 N.
•
Longitude :
-5,09611 W.
•
Typologie
du milieu : Cédraie mixte et pâturages.
•
Essences
forestières majeures : Cèdre, Chêne vert
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Montagnard méditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
-
Pelouse calcicole d’un versant, espaces herbacés
en lisière (brometum dès juin) et trouées de la vieille
cédraie sur la partie sommitale, le tout hors
pâturage (lequel est mitoyen juste à l’étage
inférieur du plateau)
(Rh, Zy) :
Relevés
2006 =
Pieris rapae mauretanica
Euchloe crameri melanochloros
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
cleopatra cleopatra
Satyrium
esculi mauretanica
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
P.
punctifera
Nymphalis
polychloros erythromelas
Cynthia
cardui
Melitaea
phoebe punica
Argynnis
pandora seitzi
Melanargia
lucasi meadewaldoi
M.
occitanica moghrebiana
!
Hipparchia
caroli
!
H.
algiricus
H. hansii colombati
!
(Obs.
IX-1999)
Hipparchia
statilinus sylvicola
!
Maniola
jurtina jurtina
Hyponephele
maroccana nivellei
Coenonympha
lyllus
Lasiommata
megera vividissima
Zygaena
youngi youngi
!
•
Usages
et pratiques de gestion :
Régénération et reboisement, périmètres en défens,
clôturés.
•
Impacts
et menaces :
Aucun.
A noter que la plupart des autres reboisements du
secteur (entre Hebri et la descente sur Azrou, des deux
côtés de la N 13), pourtant en défens et clôturés, ne
recèlent qu’une piètre diversité entomologique,
sur un sol sans diversité botanique. Est-ce la
conséquence du pâturage furtif et destructif
(innombrables indices) qui s’y manifeste de façon
réitérée, ou d’un historique pastoral trop
« cuisant » pour la biodiversité et
hypothéquant toute remontée écologique ?
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
Site de moyen intérêt biologique mais c’est
l’une des seules stations habitée par
l’entomofaune sur tout ce plateau tant dégarni
par des siècles d’errances forestières et
d’abus pastoraux. Il serait donc bon
d’assurer le futur de ce périmètre et
d’utiliser certains de ses Lépidoptères
sylvicoles sensibles comme outils de biosurveillance et
de suivi.
Région
d’Azrou
Plateau
d’Ito (ZM)
(DE)
•
Situation :
N 13 Azrou – El-Hajeb, du début du plateau
jusqu’au belvédère.
•
Altitude :
Ca 1400 m.
•
Latitude :
33,46238 N.
•
Longitude :
-5,31334 W.
•
Typologie
du milieu : Prairies mésophiles et matorral en
brosse.
•
Essences
forestières majeures : Afforestation.
•
Bioclimat :
Subhumide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Prairies asylvatiques afforestées, quelques
mouillères, zones lacunaires et parties sommitales
lapilleuses (Rh,
Zy) :
Relevés
2006 (ouverture
aux parcours) =
Pieris
rapae mauretanica
Lasiommata megera vividissima
Plus le moindre Coléoptère floricole, faute notamment
de ressources nectarifères.
Relevés
1992-2003
(période en défens) =
Zerynthia
rumina africana !
Iphiclides
feisthamelii
Papilio
machaon mauretanica
Pieris
brassicae
P.
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
E.
belemia distincta
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
cleopatra cleopatra
Cigaritis
allardi occidentalis
!
Callophrys
rubi fervida
Tomares
ballus ballus
Lycaena
phlaeas
Cupido
lorquinii !
Pseudophilotes
ab. abencerragus
P.
bavius fatma !!
Aricia
agestis cramera
Cyaniris
semiargus maroccana
!
Polyommatus
icarus celina
P.
punctifera
Cynthia
cardui
Melitaea
cinxia eupompe
!
M.
phoebe punica
M.
aetherie algirica
!!
M.
didyma occidentalis
Euphydryas
desfontainii gibrati
!
Argynnis
pandora seitzi
Melanargia
lucasi meadewaldoi
M.
ines colossea
Hipparchia
hansii colombati
!
Maniola
jurtina jurtina
Coenonympha
lyllus
Lasiommata
megera vividissima
Zygaena
loyselis ungemachi !
Z.
favonia borreyi
Z.
zuleima harchaica !
Z.
orana contristans
!
Les Coléoptères floricoles se manifestaient en très
grande abondance.
•
Usages
et pratiques de gestion :
Mis à disposition de parcours surnuméraires, après
plusieurs décennies de maintien en défens, motivé par
un considérable reboisement d’essences variées.
•
Impacts
et menaces :
La ruée sur ces prairies a anéanti tous les efforts en
amont, y compris les velléités du reboisement de tout
le plateau dont les sujets sont maintenant abroutis,
mutilés et affaiblis par le cheptel caprin qui, pour le
pire, ne manque pas d’accompagner celui ovin. Les
prairies (cf. photos de ce qu’elles étaient
précédemment) n’existent plus, les mouillères
sont desséchées, le sol est dégarni, décapé,
squelettique par places. Toute biocénose a rendu
l’âme, notamment l’herpétofaune qui y était
fort riche et l’entomofaune, ainsi que
l’avifaune qui y était liée. Les petits
Mammifères ont censément déserté les lieux.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
Le site, dans son immensité et l’hétérogénéité de
ses reliefs collinéens et tabulaires, avec un panel
floristique à nul autre pareil pour la région, abritait
de très nombreux Papillons à valeur patrimoniale (voir
relevé), tous d’un dynamisme populationnel
remarquable. C’était là les plus denses
localisations de : Pseudophilotes
bavius fatma,
Melitaea
aetherie algirica,
Euphydryas
desfontainii gibrati,
Hipparchia
hansii colombati,
Zygaena
loyselis ungemachi
et
Z.
orana contristans.
C’est l’une des plus belles réserves du
Vivant qui vient d’être biffée du biocapital
marocain.
Alentours
du Tizi-Oughmart (SP)
(Voir
à mieux définir la toponymie de ce site, à
l’ouest du Tizi, sous la RN 8, par un lieu-dit,
des références de parcelles,
etc.)
•
Situation :
Au nord-est d’Azrou, piste depuis Ougmas (Sidi
Caber) – sous la N 8 - jusqu’à rejoindre au
nord-est la route de Ben-Smine.
•
Altitude :
1500-1600 m.
•
Latitude :
33,46434 N.
•
Longitude :
-5,20582 W.
•
Typologie
du milieu : Prairies, cultures et chênaie.
•
Essences
forestières majeures : Chêne vert, Chêne zéen.
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Friches ceignant le mausolée et prairies à fauche
tardive, près Ougmas, entre la piste et la N
8
(Rh, Zy) :
Relevés
2006 =
Iphiclides
feisthamelii
Papilio
machaon mauretanica
Pieris
brassicae
P.
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
E.
belemia distincta
E.
charlonia charlonia
Colias
croceus croceus
Tomares ballus ballus
Lycaena
phlaeas
Leptotes
pirithous
Pseudophilotes
ab. abencerragus
Polyommatus
icarus celina
P.
punctifera
Cynthia
cardui
Melitaea
phoebe punica
M.
aetherie algirica
!!
Euphydryas
desfontainii gibrati
!
Melanargia
lucasi meadewaldoi
Maniola
jurtina jurtina
Hyponephele
lupina mauritanica
Coenonympha
lyllus
Lasiommata
megera vividissima
Zygaena
loyselis ungemachi !
Z.
maroccana harterti
!
Z.
orana tirhboulensis
-
Trouées de la zénaie et de la chênaie verte
arbustive (Rh,
Zy, Cf) :
Relevés
2006 =
Rh,
Zy :
Iphiclides feisthamelii
Aporia
crataegi mauretanica
Pieris
brassicae
P.
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
Anthocharis
belia belia
Colias
croceus croceus
Gonepteryx
rhamni meridionalis
G.
cleopatra cleopatra
Quercusia
quercus iberica
Satyrium
esculi mauretanica
Callophrys
rubi fervida
Lycaena
phlaeas
Cupido
lorquinii !
Celastrina
argiolus mauretanica
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
P.
punctifera
Nymphalis
polychloros erythromelas Vanessa
atalanta
Cynthia
cardui
Polygonia
c-album imperfecta
Melitaea
phoebe punica
M.
didyma occidentalis
Euphydryas
aurinia ellisoni
!
Argynnis
pandora seitzi
A.
aglaia lyauteyi
!!
A.
auresiana maroccana
!
Issoria
lathonia
Melanargia
lucasi meadewaldoi
Hipparchia
caroli
!
H.
algiricus
H.
statilinus sylvicola
!
Maniola
jurtina jurtina
Coenonympha
lyllus
Pararge
aegeria aegeria
Lasiommata
megera vividissima
Cf
:
Quelques Buprestidae, présence fournie de
Purpuricenus
desfontainii (Cerambycidae)
et de Cetonidae (fleurs de Carduacées très chargées),
Scarabaeidae (Glaphyrus
opulentus)
et Mylabris
spp.
(Meloidea).
- Bermes des layons et substrat organique du sous-bois
(Cc) :
Relevés
2006 =
Calosoma sycophanta
Carabus favieri fezzanus
Philochtus lunulatus
Steropus globosus pecoudi
Metadromius lateplagiatus
•
Usages
et pratiques de gestion :
Protection maraboutique pour ce qui concerne les
alentours du mausolée ; gestion forestière pour la
zénaie et la chênaie verte en rejet, présentement
périmètre en défens (non clôturé).
•
Impacts
et menaces :
Aucun.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
Remarquable mosaïque d’habitats que nous
proposons avec enthousiasme comme site pilote
écotouristique. Les valeurs paysagères et forestières
sont rehaussées par la qualité florifère des prairies,
des clairières et des bermes de la piste, la présence
de myriades de Coléoptères et d’un cortège
lépidoptérique attractif et enveloppant plusieurs
espèces patrimoniales. C’est peut-être
l’ultime localisation moyen-atlasique
d’Argynnis
aglaia lyauteyi,
endémique des niches boisées perhumides, partout
persécuté par la pression humaine et transfuge notoire
de la biodiversité posthume de la Source Vittel. Sur
les belles prairies humides et non pâturées (?),
ceignant le mausolée qui trône sur une colline
volcanique immédiatement au sud-ouest de la formation
forestière, vole Melitaea
aetherie (colonie
résiduelle mais d’autant plus précieuse que la
très forte population d’Ito vient d’être
éradiquée) et un dème extraordinairement fourni
de Zygaena
orana (moins
de 20 implantations au Maroc) sur Onobrychis
argentea.
Les prairies et les cultures traditionnelles en lisière
inférieure de la forêt sont ourlées et ponctuées de
vieux halliers, de haies vives, de grands ronciers et
de mégaphorbiées dont l’effet d’appel est
de tout premier ordre pour l’entomofaune et la
zoocénose en général.
Environs
d’Ougmas (ZM)
•
Situation :
Premiers kilomètres de la route touristique qui mène de
la N 8 au Cèdre Gouraud, au niveau de la ferme à gauche
et avant l’entrée dans la forêt.
•
Altitude :
Ca 1500 m.
•
Latitude :
33,46434 N.
•
Longitude :
-5,20582 W.
•
Typologie
du milieu : Pâturages.
•
Essences
forestières majeures : Aucune sur place, mais la
cédraie est mitoyenne.
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Prairie mésophile et florifère enrichie de halliers
et d’épinaies d’Aubépine, ceintes
d’espaces culturaux
(Rh, Zy, Cf, Cc) :
Relevés
2006 =
Rh,
Zy :
Zerynthia
rumina africana !
Iphiclides
feisthamelii
Papilio
machaon mauretanica
Aporia
crataegi mauretanica
Pieris
brassicae
P.
rapae mauretanica
Pontia daplidice
Euchloe
crameri melanochloros
E.
belemia distincta
Colias
croceus croceus
Tomares
ballus ballus
Lycaena
phlaeas
Polyommatus
icarus celina
Cynthia
cardui
Melitaea
phoebe punica
M.
aetherie algirica
!!
Euphydryas
desfontainii gibrati
!
Melanargia
lucasi meadewaldoi
Maniola
jurtina jurtina
Coenonympha
lyllus
Zygaena
favonia borreyi
Cf
:
Buprestidae (Anthaxia
pleuralis,
A.
nigritula,
Phaenops
marmottani,
etc.), Scarabaeidae (Glaphyrus
opulentus).
Cetonidae, Meloidea (Mylabris
spp.).
Cc
(pierriers)
:
Carabus
rogosus rugosus
Poecilius crenulatus mauritanicus
P. purpurascens
P. vicinus
Angoleus baeticus
Olisthopus fuscatus
Amara eurynota
A. famelica
Percosia perabdita
Amblystomus escorialensis
Iberocarterus tazekensis
Carterus gracilis
C. microcephalus
C. gilvipes
Ditomus tricuspidatus
Ophonus spp.
Typsiharpalus azruensis
•
Usages
et pratiques de gestion :
Pâturage généralement de faible charge.
•
Impacts
et menaces :
La tendance à un pacage trop peu mobile de quelques
troupeaux sédentaires porte atteinte à la densité
végétale et tend à dénuder le sol, surtout les années
de déficit hydrique
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
La présence ici d’une forte colonie de
Zerynthia
rumina africana (subendémique
maghrébin d’un atlanto-méditerranéen de valeur)
en habitat ouvert, marque la santé de cette prairie où
le maintien de la plante-hôte (Aristolochia
paucinervis)
est assuré par de nombreux pierriers protecteurs.
D’autres Papillons praticoles intéressants sont
associés. La Carabofaune, les floricoles et les
coprophages font preuve d’abondance.
Le maintien de petits champs céréaliers (qui tendent à
la déprise), mitoyens à la grande prairie, est
essentiel car ils font office de refuges électifs pour
les Papillons effarouchés lorsque se manifeste le
passage perturbant du cheptel.
Sud
du Cèdre Gouraud
•
Situation :
Depuis le lieu-dit Moudmame (parcage aménagé), tronçon
de la piste à mi-chemin entre la N 13 et le Cèdre
Gouraud
•
Altitude :
Ca 1800 m.
•
Latitude :
33,37421.
•
Longitude :
-5,20354.
•
Typologie
du milieu : Cédraie mixte.
•
Essences
forestières majeures : Cèdre, Chêne vert.
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Lisière et de la forêt assez dense
(Rh, Zy) :
Relevés
2006 =
Satyrium esculi mauretanica
Argynnis
pandora seitzi
Hipparchia
caroli
!
H.
algiricus
H.
statilinus sylvicola
!
Lasiommata
megera vividissima
- Litière organique du sous-bois (humus, rochers,
pierriers) (Cc)
:
Relevés
2006 =
Carabus
favieri fezzanus
Nomius pygmaeus
Platyderus ifranensis
Pseudomasoreus
canigouensis chaudoiri
Phloezetus
mauritanicus
Lebia trimaculata
Syntomus barbarus
•
Usages
et pratiques de gestion :
Gestion forestière, parcours.
•
Impacts
et menaces :
Les menaces sont surtout générées par le trafic
engendré par la proximité du Cèdre Gouraud, attraction
séculaire qui appelle une forte fréquentation
récréative, avec piétinement, pollutions diverses,
tapage et risques d’éviction des composantes
zoologiques.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
Toute la zone conserve une bonne faunule sylvicole
qu’il conviendrait de mettre à l’abri des
perturbations émanant de la fréquentation
touristico-récréative par une gestion plus rapprochée
des lieux et de leurs attraits non naturalistes.
Forêt
d’Azrou
•
Situation :
Route N 13, au-delà de la pente d’Ajellab, depuis
le Canton de Belfassi, en passant par Moudmame et
jusqu’au plateau des pâturages du Canton
d’Ichou-Ou-Harrouk (plusieurs stations
d’échantillonnages).
•
Altitude :
1550-1850 m.
•
Latitude :
33,37421 N.
•
Longitude :
-5,20354 W.
•
Typologie
du milieu : Cédraie mixte, chênaie.
•
Essences
forestières majeures : Cèdre, Chêne vert, Chêne
zéen.
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Clairières herbacées de la forêt dense,
quasiment paraclimacique
(Rh, Zy, Cf) :
Relevés
2006 =
Rh,
Zy :
Pieris rapae mauretanica
Anthocharis belia belia
Gonepteryx
cleopatra cleopatra
Satyrium
esculi mauretanica
Lycaena
phlaeas
Lampides
boeticus
Celastrina
argiolus mauretanica
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
Nymphalis
polychloros erythromelas Cynthia
cardui
Euphydryas
desfontainii gibrati
!
Argynnis
pandora seitzi
Hipparchia
caroli
!
H.
algiricus
H.
statilinus sylvicola
!
Pararge
aegeria aegeria
Lasiommata
megera vividissima
Cf
:
Buprestidae (Anthaxia
pleuralis,
A.
nigritula,
Phaenops
marmottani,
etc.) et surtout Cetonidae.
- Sous-bois d’une haute chênaie verte,
trouées humides (l’une des stations est
agrémentée d’un milieu fontinal), sol épais, brun
noir forestier (mull par décomposition)
(Cc) :
Relevés 2006 =
Carabus
favieri fezzanus
Nomius pygmaeus
Philochtus lunulatus
Ph. antoinei
Ph. hustachei
Platyderus ifranensis
Calathus opacus
Harpalus sp.
Phloezetus mauritanicus
Lebia trimaculata
Syntomus barbarus
•
Usages
et pratiques de gestion :
Gestion forestière, parcours, aires
touristico-récréatives sauvages.
•
Impacts
et menaces :
Sur-utilisation spéculative des parcours par
l’oviculture ; ébranchage et écimage
conjoncturels (hiver, été secs) ; impact polluant
du trafic automobile ; abandon intempestif de
déchets et d’immondices par des visiteurs peu
scrupuleux. Un édifiant poubellien supérieur recouvre
certaines zones où se concentrent les parcages et les
pique-niques. Il est vrai qu’aucune poubelle
n’est mise à disposition, qu’aucun garde
n’exerce la moindre surveillance.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
Les plus grandes clairières sont l’habitat
électif de Lépidoptères sylvicoles et frondicoles, sans
présence d’espèces particulièrement notables, et
d’une faune assez dense de Coléoptères
frondicoles, notamment de groupes dont le cycle
larvaire est xylophage. L’échantillonnage de la
carabofaune est nettement plus édifiante et répond
positivement pour la qualité de la litière organique du
sol.
Il s’agit d’un secteur emblématique de la
forêt du Moyen Atlas dont l’intérêt naturaliste
et écotouristique est certain. On y trouve
l’association endémique à Chêne vert et à Cytise
de Battandier, ainsi que de nombreux Houx âgés. Il
mérite pour cela une veille plus rigoureuse, non
seulement dans l’objectif d’une meilleure
régulation de la charge pastorale, mais aussi pour
conférer un code de conduite aux visiteurs dont
l’attitude est rarement en symbiose avec les
lieux.
Forêt
de Moudmame
•
Situation :
Secteur forestier des premiers kilomètres de la Route
des Lacs, depuis le carrefour avec la N 13, au niveau
du Canton de Sehb.
•
Altitude :
Ca 1800 m.
•
Latitude :
33,37421 N.
•
Longitude :
-5,20354 W.
•
Typologie
du milieu : Cédraie mixte.
•
Essences
forestières majeures : Cèdre, Chêne vert.
•
Bioclimat :
Humide.
•
Étage
de végétation : Supraméditerranéen.
•
Stations
d’étude, indicateurs concernés et cortèges
relevés :
- Lisière et rares clairières herbacées (avec brometum
dès juin) de la forêt dense
(Rh, Zy) :
Relevés
2006 =
Zerynthia
rumina africana !
Iphiclides
feisthamelii
Aporia
crataegi mauretanica
Pieris
brassicae
P.
rapae mauretanica
Anthocharis belia belia
Gonepteryx
rhamni meridionalis
G.
cleopatra cleopatra
Satyrium
esculi mauretanica
Callophrys
rubi fervida
Lycaena
phlaeas
Celastrina
argiolus mauretanica
Aricia
agestis cramera
Polyommatus
icarus celina
P.
amandus pseudotova
!
Nymphalis
polychloros erythromelas
Argynnis
pandora seitzi
Hipparchia
caroli
!
H.
algiricus
H.
statilinus sylvicola
!
Coenonympha
lyllus
Pararge
aegeria aegeria
Lasiommata
megera vividissima
- Sous-bois humide (Cc)
:
Relevés
2006 =
Carabus
favieri fezzanus
Philochtus lunulatus
Ph. antoinei
Ph. hustachei
Platyderus ifranensis
Calathus opacus
Harpalus sp.
•
Usages
et pratiques de gestion :
Exploitation forestière, parcours, circuit touristique.
•
Impacts
et menaces :
Dans une moindre mesure, la plupart des remarques du
site précédent, avec lequel celui-ci forme un tout,
peuvent être reprises.
•
Diagnostic
évaluatif et suggestions conservatoires :
La présence d’une population résiduelle de
Polyommatus
amandus (sur
Vicia
tenuifolia)
donne la valeur de certains îlots de naturalité. Le
secteur forestier est hélas trop fermé pour être
favorable à la dynamique populationnelle des Papillons,
même de ceux franchement syl