Évaluation de la biodiversité
en vue de l’élaboration
d’un nouveau plan directeur
du
Parc National d’Ifrane.



Entomologie


Chargé de l’étude thématique :
Michel R. Tarrier






EXPERTISE





1. INTRODUCTION


1.1 L’entomologie aux services de la bioindication et de la biosurveillance

Les « insectes-outils » sont censément moins maniables mais sans nul doute plus précis que les Vertébrés ou les plantes, tant pour la gestion et la sélection des sites à protéger, que pour l’évaluation de l’incidence biologique en baisse des surfaces menacées, en un mot pour la conservation du patrimoine naturel au service des populations rurales fragilisées par de nouvelles donnes économiques. Les espèces parfaitement sténoèces, hautement vulnérables, ne supportant pas un équilibre rompu par la moindre intervention, pression ou nuisance, sont des bioindicatrices emblématiques de la valeur d’un milieu et veillent à la naturalité de l’habitat.

L’utilisation de données entomologiques pour une gestion à long terme exige une validation continue des dites informations. Les espèces d’insectes, dans leur grande majorité, ne sont identifiables que sous la loupe binoculaire, tandis que leur récolte sur le terrain nécessite des méthodes de prospection et d’échantillonnage adaptées. Chaque donnée unitaire implique donc : suivi de visites, capture, montage, étiquetage, identification, archivage et conservation-collection du spécimen dans un concept scientifique.

La présente bioévaluation utilise la méthode de l’abondance spécifique (richesse qualitative par la gamme d’espèces), complétée par la méthode du dénombrement d’individus (richesse quantitative).


1.2 Sauvegarder les Papillons, c’est protéger les paysages naturels

Pourquoi et comment veiller à la protection d’un Papillon ? La question ne se fait pas attendre : quel est le sens de telles interventions dirigées pour conserver les espèces les plus menacées de notre faune ou de notre flore ? Et plus prosaïquement : à quoi bon déployer de tels efforts pour un modeste Invertébré que la plupart des gens ne connaît pas et ne rencontra même jamais ? La première réponse pourrait être d’ordre purement éthique et se résumer à cette déclaration de la Charte sur les Invertébrés : « Aucune espèce animale ou végétale ne doit disparaître à cause des activités de l’homme. » La seconde, plus pragmatique, consiste à souligner le fait que ces actions orientées vers un groupe d’espèces données profitent bien souvent à tout un ensemble d'espèces animales et végétales qui est soit lié directement à l'espèce visée, soit présente grosso modo les mêmes exigences écologiques. Ce sont les concepts connus de l’espèce-ombrelle, clé-de-voute, sentinelle ou signal, formules désignant des espèces qui en « abritent » une série d'autres, notion de biodiversité associée.

Aux prémices de l’écoconscience, soit aux alentours des années 70 du siècle précédent, certains pays envisagèrent une méthode raccourcie de protection des Papillons « à la pièce » et sans son habitat. Gesticulation vide de sens et prouvant la totale méconnaissance du thème, cette politique, peut-être pas si naïve que cela, avait le mince avantage « de ne pas manger de pain » en permettant d’investir les sites de projets destructeurs tout en retournant l’attention, de façon inique, sur quelques naturalistes boucs émissaires. L’initiative « arrangeante » figure encore aux chapitres de bien des conventions internationales. Un Lépidoptère n’est pas un Oiseau ou un Mammifère. Chercher à le sauvegarder sans son habitat, sans sa plante-hôte, est vide de sens. Le Papillon tout comme son œuf, sa chenille, sa chrysalide, peuvent être considérés comme « 
res nullus ». La forte fécondité de ceux-ci est édifiante et une ponte de 150 œufs n’aura pour descendance qu’un seul adulte tout au plus, les Papillons constituant la nourriture des Insectivores et les aléas climatiques abrogeant fréquemment leur vie. Par contre, l’éradication de leurs plantes par le saccage ou l’excès d’usage de leurs habitats les condamne irrémédiablement, et le plus souvent irréversiblement. Et lorsqu’il s’agit d’un endémique (certaines espèces ne subsistent que dans une ou deux localités !), c’est une catastrophe pour la biodiversité.

En Europe, il y a quelques temps que l’on utilise la filière Papillons pour espionner la santé des écosystèmes, en vue de tabler sur leur durabilité et les ressources qu’ils nous dispensent. Et puis surprise, un jour les Papillons eux-mêmes disparaissent, comme peuvent s’esquiver des témoins « gênants » ! C’est ce qui vient de se passer au Japon, et plus près de nous en Grande-Bretagne où le déclin des espèces est pourtant suivi au peigne fin, dans des pays où les sciences et la citoyenneté sont inversement proportionnelles aux reliquats de vie sauvage. Environ 70 % de la totalité des espèces de Papillons ont ainsi disparu en vingt ans au niveau régional ou national de la Grande-Bretagne, pays très à cheval sur son biopatrimoine en peau de chagrin. Il vient donc de se passer exactement l’inverse de ce que croyaient les experts il y a également vingt ans, à savoir que ces insectes étaient beaucoup plus résistants parce qu'ils pouvaient voler et se déplacer. Curieux experts que ceux qui ne sont pas au fait des notions de niche écologique, d’habitat, d’espace de vol et de plantes-hôtes, ou qui ignorent que la grande majorité des Papillons sont sténoèces, c’est-à-dire d’une plasticité écologique restreinte, à l’opposé de l’ample valence qu’on pourrait prêter à des animaux ailés. Et l’expert de conclure : «
Cela renforce les arguments de ceux qui se battent pour établir des politiques au niveau national et mondial destinées à limiter l'incidence de l'homme sur l'environnement. »


1.3 Les groupes-espèces élus comme meilleurs bioindicateurs circonstanciels et les méthodes adoptées pour leur échantillonnage

- Les Lépidoptères diurnes Rhopalocères Papilionoidea
(Inventaire et rapport exhaustifs) 

Les Papillons de jours sont de plus en plus souvent choisis comme outils d’évaluation des écosystèmes traduisant encore une relative naturalité. Lorsqu’ils prennent la tangente des paysages, c’est que toute naturalité en a disparu sous les effets anthropogènes. C’est « l’effet-Papillon » !

Agents essentiels des cycles biologiques, très sensibles au moindre effet nocif (notamment au niveau des plantes-hôtes dont ils sont tributaires), par un recul ou une extinction, les Papillons sont les véritables révélateurs pour le diagnostic d’une telle situation. Solidaires de chaque écosystème, ils s’en avèrent être les meilleurs marqueurs synécologiques. Leur influence sur les écosystèmes se manifeste autant par leur présence que par leur absence. En ce sens, les plus signifiants ne sont pas à considérer spécifiquement mais en tenant compte de leur redondance, un peu sur le mode d’une guilde.

La plupart d’entre eux sont monophages ou oligophages, et étroitement inféodés à des plantes-hôtes sensibles et vulnérables. Il s’agit donc d’une panoplie d’éminents indicateurs biologiques qui réagissent aux modifications nocives à l’encontre d’une bonne dynamique végétale par un recul, puis par la disparition. Les végétaux, producteurs primaires à la base des chaînes trophiques, constituent un maillon essentiel des écosystèmes. Associés aux conditions stationnelles locales, ils structurent les habitats dont sont tributaires les biocénoses associées. Quand ils ne sont pas ces parasites ravageurs que dénoncent (parfois erronément) nos contingences agricoles, les Papillons sont les meilleurs alliés de la flore.

Le grand intérêt des Lépidoptères diurnes (Rhopalocères et Hétérocères Zygaeninae) réside dans les faits qu’ils sont aisément repérables, qu’ils fréquentent une grande diversité de paysages, qu’ils sont liés à des plantes nourricières de leurs larves ou nectarifères des adultes, pour la plupart d’une valeur tout autant estimable. Enfin, comme il s’agit d’un groupe d’insectes ayant dépassé le stade alpha de nos connaissances, l’entomologiste expert est apte à en déceler la présence par l’hyper connaissance qu’il en a. Espèces-sentinelles veillant à l’intégrité ou à un usage parcimonieux des lieux, espèces-ombrelles déclinant la présence de tout un cortège, les Papillons offrent aussi l’avantage de réagir
ipso facto à la moindre altération de leurs conditions de vie. Un Papillon est le reflet de ce qu’il y a dessous… A nous de savoir en décrypter le moindre recul et d’interpréter alors l’alerte qu’ils nous fournissent.

Mode d’échantillonnage
Observation des adultes et des larves, échantillonnage des imagos prospectés au filet afin de disposer d’éléments de certitude (détermination des espèces difficultueuses). Pour chaque site préalablement connu ou nouvellement étudié, les principales niches sont visitées et échantillonnées. Une pré-étude écologique de terrain est au préalable réalisée afin d’identifier les aspects, de reconnaître les plantes-hôtes et de noter les placettes d’observations et de prélèvements. Le contact avec les imagos dépend essentiellement de leur activité. En sommeil et cachés, ils ne sont que très rarement repérables. Le travail suppose donc une période ensoleillée, avec une température comprise entre 18 et 30 degrés (sous abri), à vent nul ou faible.

Période : avril-juin 2006.
La phénologie des espèces marocaines s’étalant de février à octobre, le printemps 2006 ayant été soumis à des conditions météorologiques turbulentes et non favorables au vol des Rhopalocères, et ce notamment dans la Province d’Ifrane où un grand froid a perduré, on comprendra que sans un considérable acquis en amont, le délai d’expertise accordé de « 4 jours de terrain » s’avère totalement surréaliste !

- Les Lépidoptères diurnes Hétérocères Zygaeninae
(Inventaire et rapport exhaustifs) 

Les attributions bioindicatrices des Zygènes sont du même acabit que celles des Rhopalocères. Les Zygènes sont de petits « Papillons de nuit » qui volent le jour. Leurs vives couleurs aposématiques, leurs étroites localisations le plus souvent liées à un effectif assez dense, leur caractère sténoèce dont l’extrême sensibilité est évidemment liée à leur dépendance d’un groupe-espèces de plante-hôte, voire d’une seule de ces plantes, font qu’il s’agit d’éminents outils pour l’indication d’espaces de bonne naturalité et de réservoirs de grande diversité. A la fois très aisément repérables, se manifestant le plus souvent par un cortège de plusieurs espèces et d’une grande impulsivité au moindre déséquilibre de leur biotope, leur présence traduit toujours une biocénose très riche, et notamment une phytocénose remarquable. Celles inféodées à des plantes appétibles (comme le sont les Coronilles, les Sainfoins et les Vesces) sont de parfaites bioindicatrices des pâtures et des parcours, leur éradication induisant un excès pastorale aux effets irréversibles, soit par la densité des troupeaux, soit par l’absence de périodes de repos. L’actuelle détérioration de bien des écosystèmes par un cheptel sédentaire et surnuméraire se traduit par la disparition de bien des espèces de Zygènes marocaines, notamment les formes endémiques, et avec une forte acuité dans la région du Moyen Atlas. Cette néfaste tendance date déjà des deux dernières décennies du siècle passé, mais les ravages n’ont jamais été aussi saillants que depuis 2003 et 2004, date d’abandon du plus grand nombre de périmètres en défens, lesquels faisaient offices de réserves intégrales du Vivant.


Mode d’échantillonnage
Protocole assez similaire à celui des Rhopalocères, sauf que le contact avec les adultes au repos par temps non ensoleillé est parfois possible, car ceux-ci demeurent très souvent fixés sur des herbes, des tiges ou des arbrisseaux.

Période : avril-juin 2006.

- Définition d’un site lépidoptérique

En matière de bioindication, l’unité lépidoptérologique est représentée par une association d’espèces, très rarement par une espèce unique. C’est une originalité si l’on compare le fait à d’autres indicateurs comme les Mammifères ou les Oiseaux. Mais en matière de suivi, un groupe restreint de Papillons, voire une espèce sensible, peut être élu et répondre seul aux critères.

Totalement méconnue du grand public et encore bien mal perçue par les entités protectrices, l’étho-écologie des Papillons, tout comme celle d’autres Invertébrés, répond globalement et selon les groupes et leurs espèces, à des normes très distinctes de celles qui régissent la vie des Vertébrés et des grands animaux. Les preferenda écologiques des Papillons font qu’ils ont des lieux de vie bien particuliers et leurs exigences se distinguent évidemment de celles des Mammifères, des Oiseaux, des Reptiles et des Amphibiens, auxquels ils peuvent être aléatoirement associés dans ce type de travail.

Les Lépidoptères étant phytophages et généralement tributaires d’un spectre très limité de plantes (oligophages), voire même inféodés à une seule espèces (monophages), c’est tout d’abord l’existence même de cette plante qui implique celle du Papillon qui en est le consommateur. Cette règle de connivence (et de coévolution) concerne particulièrement les Papillons indicateurs qui nous préoccupent ici, et ne s’en échappent que quelques espèces ubiquistes et à large répartition, peu sensibles car à large valence, rudéraux, cosmopolites ou migrateurs, sans grand intérêt pour la bioindication. Dans notre liste des espèces ifranaises, les vétilles de peu de signification bioindicatrices se résument à :
Pieris rapae mauretanica, Pontia daplidice, Colias croceus croceus, Satyrium esculi mauretanica, Lycaena phlaeas, Lampides boeticus, Leptotes pirithous, Polyommatus icarus celina, Cynthia cardui, Issoria lathonia, Maniola jurtina jurtina, Pararge aegeria aegeria et Lasiommata megera vividissima.

Comme les plantes nourricières de ces Lépidoptères, et notamment des Rhopalocères Papilionoidea et des Hétérocères Zygaeninae retenus dans cette étude, sont éminemment sensibles et pour certaines très étroitement localisées, ces critères se répercutent sur le statut de leurs Papillons « parasites ». On ne constatera la présence de ces plantes qu’à la faveur d’habitats intégralement ou partiellement préservés de la pression humaine, et tout spécialement de l’usage pastoral. Un parcours de modeste effectif, fréquenté parcimonieusement tant dans l’espace que dans le temps, n’est pas un handicap à la conservation d’un cortège lépidoptérique, notamment en montagne lorsque la fréquentation des pâturages est régie par l’
agdal. Bien au contraire et au même titre que toute agriculture douce, il concourre à façonner les paysages, il procure un bonus à la diversité et écarte les risques d’envahissements végétaux monospécifiques, monotones et à effet nul pour la valeur qualitative. Véritable figure de développement durable avant la lettre, l’agdal est une coutume très respectueuse du milieu, avec le mince avantage d’assurer le repos des plantes jusqu’à l’accomplissement de l’entièreté de leur cycle, et par répercussion de celui de la grande majorité des insectes phytophages (émergence des adultes, reproduction, essentiel du développement larvaire jusqu’à la nymphose, la chrysalide étant relativement protégée et hors d’atteinte des troupeaux). D’où la meilleure situation conservatoire observée dans le Haut Atlas où l’agdal est toujours effectif que dans le Moyen Atlas central où la sédentarisation et l’incessant parcours en forêt ont causé d’effroyables dégâts aux écosystèmes, et sont responsables d’une montagne « usée jusqu’à la corde ».

Un véritable cas d’école est entre autres celui de l’Azuré de l’Atlas (
Polyommatus atlanticus), fin Lycène à valeur patrimoniale : celui-ci vit aux dépends de l’Anthyllis vulnéraire et cette plante est très prisée par le cheptel qui se délecte de ses têtes pédonculées dès leurs émergences. Ce Papillon cardinal n’a donc subsisté jusqu’il y a peu qu’à la faveur de secteurs en repos saisonniers ou protégés (la plupart périmètres de reboisement), et a quasiment disparu depuis l’ouverture de tous les défens.

Il existe quelques exceptions à cette règle induisant l’existence des sites lépidoptériques : elle concerne les Papillons inféodés à des plantes non appétibles et dont seul le piétinement des troupeaux peut entraîner une éradication. C’est surtout le cas de Rhopalocères steppicoles et dont les plantes nourricières sont par exemple l’Alfa, certaines Géraniacées, des Résédacées et des Scrofulariacées, certains Astragales épineux comme
Astragalus armatus, A. ibrahimianus, Noaea mucronata, etc.

Pour en revenir aux caractéristiques des habitats abritant des Papillons témoignant d’une biodiversité positive, il faut signaler qu’ils enveloppent presque toujours ce que l’on nomme un cortège, c'est-à-dire la présence de plusieurs espèces dont les adultes attestent des générations concomitantes ou successives, et dont la phénologie peut s’étaler de la fin de l’hiver jusqu'au début de l’automne, soit parfois de février jusqu’en octobre, après une légère interruption en période caniculaire (août). Cette notion d’association d’espèces s’explique par la présence d’une gamme de plantes nourricières, appartenant souvent à une même famille (Fabacées, Astéracées, Brassicacées vulnérables, etc.). C’est pourquoi, pour un œil exercé, un biotope désigné peut être vite évalué comme favorable ou non aux Lépidoptères, et habité ou non par ceux-ci. Le repérage des « bonnes plantes » laisse pressentir, sans trop de risques d’erreurs, le maintien des Papillons qui y sont liés, exception faite d’un regain botanique résultant d’une trop récente mise en défens.
Quand elle est encore possible, la recolonisation des Papillons est effectivement bien plus longue et hypothétique que celle de certaines plantes.

Pour compléter les critères qui font qu’un site peut être favorable aux Papillons, à la présence des plantes-hôtes des chenilles il faut inclure d’autres critères qui sont : ceux de l’espace de vol de l’adulte (les orées et les vastes clairières sont essentielles en forêt) et de l’existence de sources nectarifères (zones riches en plantes florifères variées), l’exposition (ce sont les versants ou les replis sud-occidentaux et sud-orientaux qui, en Méditerranée occidentale, sont souvent les plus propices), la nature du sol (dans une moindre mesure, mais les secteurs calcicoles sont les meilleurs), le bioclimat, etc. Les habitats favorables aux Papillons remarquables ne couvrent généralement pas des immensités. Il existe parfois des suites de sites lépidoptériques juxtaposés ou plus fréquemment en alternance avec des secteurs déshérités sur des surfaces de plusieurs dizaines d’hectares, tout comme des biotopes isolés, assez exigus, sur un maigre versant, à la faveur d’un ravin, d’un escarpement, d’un causse, d’un champ inculte, au bénéfice d’une modeste prairie sylvatique, d’une petite ripisylve luxuriante, d’une berme de route ou de chemin.

Notons donc et en conclusion que ces Papillons et les plantes auxquelles ils sont inféodés illustrent une réciproque bioindication. La conservation de ces plantes-nurses assure celle de leurs insectes.

- Les autres insectes indicateurs

Il convient, bien entendu, d’exclure ici ceux qui « digèrent l’écosystème », désignés comme indésirables car « ravageurs » de la forêt. Les Orthoptères ne sont pas retenus car leur sensibilité n’est nullement liée à la composition floristique, mais plutôt à la structure de la couverture végétale. Parmi ceux qui témoignent pour une bioindication positive, on peut citer d’autres pollinisateurs que les Lépidoptères, par exemple certains Hyménoptères, ainsi que bien des Coléoptères floricoles appartenant aux familles des Buprestidae, Cerambycidae, Scarabaeidae, Cetonidae, Meloidea, etc. Les Coléoptères Carabidae, éminemment réfractaires à une perte de la matière organique des sols du sous-bois pour les sylvicoles, ou indicateurs de la qualité rivulaire des eaux courantes ou stagnantes pour les hygrophiles, sont de bons outils, mais d’une indication rendue aléatoire tant par leur trop grande dépendance des conditions climatiques, que par leur vie occulte, voire hypogée. Les Coléoptères coprophages (de plus en plus fragilisés par l’utilisation de médicaments vétérinaires), auxiliaires de la litière du sol et dont l’action est première en faveur des milieux pâturés, fournissent aussi de précieuses indications. Enfin, les Hydrocanthares et les Odonates (Libellules) témoignent objectivement pour la qualité des eaux mortes ou courantes.

- Les Coléoptères Carabidae
(Inventaire exhaustif mais rapport simplifié) 

Certaines espèces forestières ou praticoles, la plupart hygrophiles et prédateurs carnivores (pas tous !), les Carabidae (Cicindèles, Calosomes, Carabes et Carabiques) sont des indicateurs locaux de la conservation de la couche humifère des forêts anciennes, ou de l’indice de naturalité des prairies hygrophiles, d’autres témoignent de la qualité du substrat des rives et des berges des eaux courantes ou stagnantes, permanentes ou temporaires, des asifs, des oueds, des dayas, des dayets, des aguelmames, tout comme de la végétation rivulaire ourlant ces sites.

Mode d’échantillonnage
Les espèces de certains groupes sont contactées à vue, soit lorsqu’elles chassent de jour (Cicindèles, Calosomes), soit endormies sous un quelconque abri (pierre, souche) pour les nocturnes (Carabes, certains Carabiques), mais la plupart d’entre-elles sont prospectées par un piégeage adapté (batteries de pots au sol et contenant un fond de vin sucré ou miellé dont ils sont friands) qui suppose une connaissance éco-éthologique de ces insectes.

Période
 : avril-juin 2006.

- Les Coléoptères floricoles
(Protocole simplifié et simples citations)

Mode d’échantillonnage
Prospection visuelle des secteurs florifères des prairies sylvatiques, des lisières, des clairières et des bermes des routes et des chemins.

Période : avril-juin 2006.

- Les Odonates
(Protocole simplifié et évaluation rapide) 

Les vertus bioindicatrices des Odonates, tant des Zygoptères (Demoiselles) que des Anisoptères (Libellules), sont telles que ce groupe est désormais solidaire de toutes les évaluations sérieuses de la qualité des cours d’eaux, des étangs, des mares et des marais. Après le déboisement et le surpâturage, les atteintes aux milieux aquatiques sont la troisième cause de perte de biodiversité dans le Monde. Qu’il s’agisse de drainage et de surpompage agricole, d’euthrophisation par le cheptel ou de banales et stupides pollutions de riverains et de visiteurs peu soucieux, la sensible étho-écologie des Odonates est là pour mesurer les dégats, et aussi comme fidèle outil de suivi. Au Maroc, l’utilisation « sauvage » des détergents non dégradables dans les oueds, les asifs, les sources et les lacs est une véritable catastrophe nationale du point de vue de la biodiversité. Il est parfaitement ridicule que les gens des métropoles aient accès à des lessives soi-disant dégradables, alors qu’en l’occurrence elles rejoignent des égouts, qu’elles sont généralement traitées et épurées, mais que le monde rural - notamment celui montagnard et qui n’a d’autre moyen de lavage que les eaux vives ou dormantes - doive continuer à déverser directement dans le milieu aquatique des substances redoutables. Le recul du microcosme aquatique et l’avènement d’algues sont au Maroc un phénomène de toutes les eaux de surfaces. Les paquets vides de Tide et autres labels détergents président donc aux berges des oueds et des asifs. Mais ce n’est plus ici le contenant-ordure qui présente le danger mais bel et bien le contenu-propre, une fois répandu dans l’eau.
Rien n’est plus « sale » qu’une lessive ! Pauvres Libellules ! Combien coûterait aux producteurs l’adoption systématique de lessives respectueuses du milieu pour les zones rurales ? Où est alors la conscience des transnationales ? Une preuve de plus s’il en fallait que leur fausse éthique n’est que la conséquence des contraintes imposées par les décideurs nationaux. L’appât du gain s’exerce au détriment du respect pour la santé humaine et pour celui des écosystèmes. Le monde rural, encore une fois, se trouve responsable…, mais nullement coupable.

Mode d’échantillonnage
Les adultes sont colligés au filet pour être identifiés avec certitude, et ce, les jours favorablement ensoleillés et sans vent, sur une gamme écologiquement représentative de placettes généralement situées le long des berges des cours d’eau ou des pièces d’eau, ou à quelques mètres de distance. Sur chaque linéaire, l’échantillonnage odonatologique est complété par une prospection des larves émergeantes, et surtout des exuvies.

Période : avril-juin 2006.


1.4 Informations disponibles

- Bibliographie

Lépidoptères
La plupart des Lépidoptères endémiques du Maroc furent découverts et décrits par des entomologistes-voyageurs européens entre 1870 et 1960. Les années du Protectorat furent une période faste pour la connaissance de l’entomofaune marocaine, notamment ifranaise. Le célèbre lépidoptériste anglais Harold Powell, installé comme pharmacien à Ifrane sous l’enseigne « La Pharmacie des Lycènes » (face à l’actuel café « Le Croustillant ») et décédé en 1954, consacra une partie de sa vie à prospecter le Moyen Atlas central et transmettait ses découvertes au non moins célèbre Charles Oberthür qui les publiait dans ses Études de Lépidoptérologie comparée. Dans la cédraie, Powell « chassait les Papillons » le plus souvent avec son ami Ellison, consul britannique à Fès. Dès 1945, c’est au tour du Dr Buckwell, résident à Casablanca, puis à Ifrane, de prendre la relève et d’entreprendre une récolte systématique des Lépidoptères du Moyen Atlas. De nombreux collaborateurs de l’Institut Scientifique de Rabat (dit alors Institut Chérifien) apportèrent leurs riches contributions à une meilleure connaissance des insectes de cette région (et du reste du Royaume). Citons : Alluaud (en 1920 et 1921), Ungemach (1923), Le Cerf (de 1923 à 1933), puis Rungs (dès la fin de la seconde guerre mondiale). Une liste interminable d’entomologistes étrangers, ayant prospecté plus ou moins longtemps au Maroc et dans le Moyen Atlas, pourrait figurer ici. Les « derniers » de ces « pionniers » furent sans doute Barragué, Gallet, Lachiver, Rollet, Toulgoët, Varin, Wyatt, Barragué, Weiss, Tennent et quelques autres. Un historique similaire concerne les Coléoptères et bien d’autres insectes.

La plupart de ces chercheurs, amateurs ou professionnels, ont publié leurs voyages, leurs observations et décrit leurs découvertes. Il en résulte une abondante bibliographie (
cf. en annexe 2), laquelle a permis d’étayer notre travail.

Coléoptères floricoles
Une bibliographie très parcellaire et ancienne est disponible quant à l’Afrique du Nord et le Maroc.

Coléoptères Carabidae
Le dernière mise à jour faunistique pour le Maroc est le catalogue de Machard (1997) qui vient actualiser l’œuvre d’Antoine (1955-63).

Odonates
Le travail de Jacquemin et Boudot (1999) a permis de déterminer les échantillons, et surtout de compléter nos inventaires avec des références récentes.

- Connaissances personnelles

Durant une quinzaine d’années, j’ai consacré la majorité de mon temps à parcourir le Maroc pour dresser un inventaire exhaustif et cartographier les sites biologiques d’intérêt patrimonial objectivement dénoncés par la présence d’un cortège de faunule génétiquement remarquable, à base surtout de Lépidoptères. Ce programme a été particulièrement insistant auprès des écosystèmes actuellement précaires car compromis par les activités humaines et comportant des présences emblématiques ou endémiques. La cédraie entre dans ce cadre. Utilisant donc les Papillons comme un fil d’Ariane et une grille de lecture des paysages, de régions en régions, de stations en stations, il faut dire que je me suis trop souvent retrouver « au chevet » d’écosystèmes malades... Depuis plus de dix ans, mes travaux concernant les Lépidoptères du Maroc ont été publiés dans différentes revues entomologiques internationales. La plupart figurent dans la bibliographie en annexe. Un livre consacré aux Papillons diurnes du Maroc est actuellement en préparation chez un éditeur français (sortie en 2007) et les données nationales sur les Papillons ifranais qui figurent en annexe 1 en est un extrait.


1.5 Pertinence des sites aux groupes indicateurs retenus

Des 116 espèces de Rhopalocères Papilionoidea non strictement sahariennes qui volent sur le territoire marocain (y compris quelques-unes de présence douteuse ou portées disparues), 89 sont représentées dans la Province d’Ifrane, notamment au sein du périmètre du PNI et de son extension, toutes appartenant plus ou moins intimement à la biocénose du Cèdre. Plus d’une dizaine de ces espèces sont au Maroc strictement représentées dans cette région naturelle dont elles sont donc endémiques ou subendémiques. Ce noyau fort d’endémicité propre au Moyen Atlas tabulaire et à ses bioclimats humides et subhumides n’a son égal au Maroc qu’à l’étage altimontain du Massif du Toubkal du Haut Atlas (domaine hercynien intra-atlasique), refuge orophile des faunes froides et d’espèces relictes à affinités boréales. Il s’agit donc d’espèces à haute valeur patrimoniale. Les Rhopalocères sont des éléments éco-sensibles, pour la plupart liés à des plantes fragiles, et représentent des entités emblématiques de la région concernée. Leur choix comme indicateurs prééminents des paysages de la cédraie est donc parfaitement judicieux.

Des 19 espèces d’Hétérocères Zygaeninae qui volent sur le territoire marocain, 13 sont (ou étaient tout encore tout récemment) représentées dans la Province d’Ifrane, notamment au sein du périmètre du PNI et de son extension, la plupart illustrées par des sous-espèces exclusives. Une espèce (tout récemment redécouverte puis hélas de nouveau éradiquée par le saccage de son unique station) est (était) au Maroc (et en Afrique !) seulement représentée dans cette région. Les sites du PNI sont donc pertinemment évalués par les Zygènes, espèces réagissant ipso-facto aux moindres perturbations et dont la valeur patrimoniale est cardinale.

Il en est de même pour les Coléoptères Carabidae, habitants prééminents des formations forestières humides et subhumides, ainsi que des prairies mésophiles et hygrophiles, voire des formations tourbeuses et des ambiances rivulaires. Ces insectes témoignent pour la plupart de la conservation du sol, pour certains de la qualité des rivages d’eau douce.

Enfin, et pour les raisons exposées au chapitre 1-3, les Libellules sont des indicatrices incontournables pour ce qui concerne les zones humides.


1.6 Démécologie des indicateurs locaux choisis

La dynamique populationnelle, tant des Lépidoptères que des Coléoptères choisis dans cette expertise, et c’est aussi le cas pour les Odonates, est à l’évidence dépendante des différentes composantes du climat. Il s’agit censément d’espèces opportunistes à stratèges du type r (« r » correspondant au taux d’accroissement intrinsèque), demeurant à l’affût des meilleures conditions possibles. L’opportuniste ne gaspille pas ses « efforts » dans la compétition et disparaît quand les conditions sont adverses. À l’opposé, lorsque les paramètres biotiques additionnels interfèrent de la manière la plus propice, un taux d’accroissement exponentiel se déclenche, générant une forte à très forte fécondité. Ce développement numérique s’exprime en interaction avec la plante nourricière. Une saison exceptionnellement bien arrosée induit aussi une dynamique floristique qui se répercute sur l’abondance de nourriture pour le Papillon phytophage, sur une pléthore de proies (notamment Gastéropodes terrestres) pour les Carabiques carnivores. Le Maroc étant caractérisé par une infidélité des pluies, même dans ses bioclimats les plus favorisées comme ceux de la cédraie, les fluctuations des effectifs sont souvent spectaculaires. Lors d’un pic populationnel, un Papillon, un Carabe, une Libellule tendent à une occupation pléthorique de leur habitat, à un « remplissage » exclusif de sa niche écologique. De tels exemples, constatés par nous-mêmes lors des rares années de pluies généreuses entre 1992 et 2006, concernent la plupart des espèces qui, en phase latente habituelle, sont difficilement repérables. Mais le jeu des influences climatiques n’est pas si simple et strictement lié à la valeur des précipitations. La température et le vent interfèrent. Un temps printanier anormalement froid réduira les éclosions, un vent trop récurrent contrariera le vol des Papillons et des Odonates, etc. Si bien que l’interprétation reste dépendante de paramètres additionnels dont l’adaptation, favorable ou non, dépend aussi de l’espèce, de sa phénologie, du nombre annuel de ses générations, de son type de cycle, selon que l’œuf éclose à brève échéance ou non, que la larve se développe durant la belle saison ou en fin d’hiver, du potentiel léthargique de la chrysalide (diapause à court, moyen ou long terme), etc. Une suite d’années sèches sera de toute évidence négative à l’épanouissement de ces insectes et seules les années arrosées autorisent les acmés démographiques, si fugaces soient-elles. Les ennemis naturels (y compris les agents pathogènes) de ces insectes sont aussi considérés comme des agents régulateurs efficaces des populations. Quant à l’action anthropogène, il est rare qu’elle dynamise la population. Le temps où l’Homme sage et non productiviste façonnait harmonieusement la campagne et la forêt, où son action était favorable à l’évolution des espèces, ce temps est révolu. Des années de sècheresse n’auraient guère de conséquences fâcheuses à l’endroit de ces Papillons et de ces Coléoptères de grande résilience, aptes à attendre des jours meilleurs. Mais lorsque, par exemple, face à la demande pastorale, les périmètres habituellement en défens et sanctuaires de naturalité, sont investis sans discernement par les troupeaux, le massacre de la biodiversité animale est total et toute recolonisation très hypothétique si le surpâturage s’est prorogé au-delà du raisonnable. Seules les graines sont aptes à redonner, au moindre répit ovin ou caprin, des espaces florifères et un semblant de biodiversité. Hélas, les Invertébrés ne suivent pas… !

La dynamique des bioindicateurs locaux est jugée forte, spécialement régie par un jeu climatique, accessoirement par les prédateurs et les parasites régulateurs, mais gravement condamnée par les interventions exagérées des usages de l’Homme. Le régime habituellement latent induit des populations chétives. Cycliquement ou sporadiquement, des conditions plus favorables donnent lieu à des pullulations, même d’espèces jugées « rares ».


1.7 Données préexistantes quant au taux d’éradication des espèces concernées

La bibliographie entomologique (et spécialement lépidoptérique) étant depuis plus d’un siècle très fournie quant aux relations de présences, aux descriptions d’entités nouvelles et aux inventaires relatifs aux sites marocains, et tout particulièrement de la région Ifrane-Azrou, prospectée de longue date, ces références autorisent un suivi objectif. Ainsi, nous disposons d’observations documentées et parfaitement avérées quant au lent déclin de certains espaces et de plusieurs espèces. Une première incidence en baisse, estimée lente et progressive, est devenue significative dans les années 70. On y déplorait déjà un certain nombre d’atteintes graves aux habitats, tout comme l’éviction manifeste de certains taxa, et ce, par rapport à des travaux citant des sites, des espèces et des cortèges de la fin du Protectorat. Une grande vague d’éradication est ensuite datée de la fin du siècle passé, par rapport à des publications plus contemporaines et au vu de l’analyse comparative de nos propres relevés n’ayant pourtant débuté qu’au début des années 90. La dynamique régressive constatée depuis est alarmante. Certaines stations entomologiques très prolixes n’existent plus ; certaines espèces sont irréversiblement portées disparues. Certaines disparitions ponctuelles sont traitées à la rubrique « Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires » du chapitre « Analyse des sites ».




2. LES ESPÈCES


2.1 Liste des Rhopalocères Papilionoidea et des Hétérocères Zygaeninae du PNI et zones limitrophes, faisant l’objet d’un inventaire et d’un rapport exhaustifs pour chacun des sites retenus).
(Groupe éminemment bioindicateur dans le cadre écosystémique étudié).

Code hiérarchique des valeurs dans les cortèges des sites ifranais inventoriés :

Taxa noirs = Espèce à vaste distribution, non exclusive au Maroc.
Taxa bleus = Espèce à valeur patrimoniale nationale, et/ou subendémique.
Taxa rouges = Emblématique, et/ou endémique marocain et/ou espèce à valeur patrimoniale provinciale, ou dont le Maroc (voire la Province) est la seule localisation sur le continent Africain. (Quelques endémiques, pour être à la fois répandus et abondants, appartiennent cependant à la catégorie précédente).

Les taxa bleus et rouges seront ceux à utiliser pour le suivi des sites qu’ils fréquentent.

! ou ! ou ! = La présence d’un point d’exclamation à la suite d’un quelconque taxa signifie qu’il enregistre une raréfaction documentée dans la Province d’Ifrane (indépendamment de son actuel potentiel ailleurs) ;
!!
ou !! = La présence de deux points d’exclamation à la suite de taxa bleus ou rouges indique qu’il s’agit d’une espèce en danger ou en voie d’extinction sur le territoire marocain (et/ou ifranais), et ce, depuis une décennie dans la grande majorité des cas.
!!! ou !!! = Trois points indiquent que nous sommes sans contact national avec cette espèce depuis au moins une dizaine d’année (considérée comme disparue). Quand il s’agit d’un endémique ou d’un subendémique, la disparition est donc planétaire !

(*) = Taxa présents dans la Province d’Ifrane, à prendre potentiellement en compte pour le PNI, bien que non rencontrés à l’intérieur des limites assignées et donc non cités dans nos relevés.

RHOPALOCERA Papilionoidea
Papilionidae
Papilioninae
Zerynthia rumina africana !
Iphiclides feisthamelii
Papilio machaon mauretanica
Pieridae
Pierinae
Aporia crataegi mauretanica
Pieris brassicae
P. rapae mauretanica
P. mannii haroldi !!!
P. napi atlantis !!!
Pontia daplidice
Euchloe crameri melanochloros
E. tagis atlasica !!!
E. belemia distincta
E. charlonia charlonia
Zegris eupheme maroccana !
Anthocharis belia belia
Colotis evagore nouna
Coliadinae
Colias croceus croceus
Gonepteryx rhamni meridionalis
G. cleopatra cleopatra
Dismorphiinae
Leptidea sinapis !!!
Lycaenidae
Theclinae
Cigaritis monticola !!
C. allardi occidentalis !
Quercusia quercus iberica
Satyrium esculi mauretanica
Callophrys rubi fervida
C. avis barraguei !
Tomares ballus ballus
T. mauretanicus antonius
Lycaeninae
Lycaena phlaeas
Polyommatinae
Lampides boeticus
Leptotes pirithous
Tarucus theophrastus (*)
Zizeeria knysna knysna (*)
Cupido lorquinii !
Celastrina argiolus mauretanica
Glaucopsyche melanops algirica !
Pseudophilotes abencerragus abencerragus
P. bavius fatma !!
Aricia agestis cramera
A. artaxerxes montensis !
Maurus vogelii vogelii !!
Plebeius martini ungemachi
Cyaniris semiargus maroccana !
Polyommatus icarus celina
P. amandus pseudotova !
P. thersites meridiana !!
P. atlanticus weissi !
P. punctifera
Nymphalidae
Charaxinae
Charaxes jasius jasius (*)
Nymphalinae
Nymphalis polychloros erythromelas
Vanessa atalanta
Cynthia cardui
Polygonia c-album imperfecta
Melitaea cinxia eupompe !
M. phoebe punica
M. aetherie algirica !!
M. didyma occidentalis
Euphydryas aurinia ellisoni !
E. desfontainii gibrati !
Argynninae
Argynnis pandora seitzi
A. aglaia lyauteyi !!
A. auresiana maroccana !
Issoria lathonia
Satyrinae
Melanargia lucasi meadewaldoi
M. occitanica moghrebiana !
M. ines colossea
Hipparchia caroli !
H. algiricus
H. statilinus sylvicola !
H. hansii colombati !
H. fidia benimguildi
Chazara briseis major
Ch. prieuri kebira !!
Pseudochazara atlantis colini !
Satyrus atlantea !
Berberia lambessanus !
B. abdelkader taghzefti !
Maniola jurtina jurtina
Hyponephele maroccana nivellei
H. lupina mauritanica
Pyronia cecilia cecilia (*)
P. bathseba bathseba
Coenonympha lyllus
Coenonympha fettigii inframaculata ! 
C. vaucheri annoceuri !
C. arcanioides !
Pararge aegeria aegeria
Lasiommata megera vividissima
L. maera adrasta !

HETEROCERA Zygaenidae
Zygaeninae
Zygaena loyselis ungemachi !
Z. favonia borreyi
Z. favonia cadillaci !
Z. zuleima harchaica !
Z. beatrix felicina
Z. youngi youngi !
Z. maroccana harterti !
Z. alluaudi alluaudi !
Z. algira ifranica !
Z. fausta elodia !!
Z. orana contristans !
Z. orana tirhboulensis !
Z. nevadensis atlantica !!!
Z. lavandulae michaellae !!!
Z. trifolii midelti
Z. trifolii lachiveri !

(Cf. en ANNEXE 1 la documentation jointe concernant ces indicateurs essentiels, notamment leurs identités biogéographiques et les plantes-hôtes dont ils sont tributaires)


2.2 Liste des Coléoptères Carabidae du PNI, faisant l’objet d’un inventaire exhaustif, mais d’une évaluation rapide

Cicindelidae
Cincindela campestris atlantis
C. coquereli
(*)
C. segonzaci
Carabidae
Calosoma sycophanta
Carabus melancholicus rotroui
C. rugosus rugosus
C. favieri fezzanus
Nebriidae
Nebria andalusia
N. boiteli
Notiophilus quadripunctatusN. marginatus
Clivinidae
Dyschirius otini
D. pusio
D. frontalis
Apotomidae
Apotomus rufus
Psydridae
Nomius pygmaeus
Asaphidion stierlini
Emphanes minimus
Trepanes maculatus
Philochtus lunulatus
Ph. antoinei
Ph. iricolor
Ph. hustachei
Ph. gutula
Ocydromus coeruleus scelio
O. siculus certans
O. ripicola
O. tetracolum
O. dudichi
O. maroccanus
Omoperyphus hypocrita
Nepha alluaudi
Metallina properans
M. lampros
Phyla tethys
Patrobidae
Deltomerus redoni
Pterostichidae
Lagarus vernalis
Poecilus crenulatus mauritanicus
P. quadricollis
P. purpurascens
P. vicinus
Angoleus nitidus
A. baeticus
Orthomus dimorphus antoinei
O. maroccanus
Omaseus elongatus tingitanus
Melanius nigrita
Steropus globosus pecoudi
Olisthopus fuscatus
Agonum marginatum
A. numidicum
A. nigrum
Anchomenus dorsalis
Paranchus albipes
Platyderus ifranensis
Calathus erythroderus antoinei
C. rhaticus
C. opacus
C. fuscipes algiricus
Amara kulti hachlafensis
A. similata
A. eurynota
A. famelica
Celia affinis
C. pueli
Paracelia rufoaenea
P. simplex
Percosia perabdita
Zabrus ignavus baudoni
Harpalidae
Anisodactylus heros
A. antoinei
Parophonus antoinei
P. hespericus
P. hispanicus
Amblystomus escorialensis
Iberocarterus tazekensis
Carterus gracilis
C. microcephalus
C. rotundicollis
C. fulvipes
C. gilvipes
Ditomus tricuspidatus
Odontocarus cephalotes
Dixus capito
D. opacus
Acinopus sabulosus
A. boiteli
A. gutturosus
Ophonus berberus
O. cordatus
O. subsinuatus
O. rufibarbis
O. rotundatus
O. ardosiacus
O. quadricollis
O. incisus
Typsiharpalus azruensis
Pseudophonus rufipes
Cryptophonus tenebrosus
Artabas punctatostriatus
Harpalus lethierryi
H. numidicus
H. oblitus tingitanus
H. lateralis
H. cupreus
H. atenuatus
H. wohlberedti
H. dissitus
H. rufitarsoides
H. otini
H. fuscipalpis
H. serripes
Acupalpus notatus
A. dubius
A. luteatus
A. oliveira
A. maculatus
Stenolophus abdominalis
S. mixtus
Callistidae
Dinodes decipiens algiricus
Nectochlaenius canariensis
Chlaenites spoliatus
Chlaenius velutinus
Epomis circumscriptus
Tetragonoderus extremus
Lebiidae
Cymindis bedeli
C. alluaudi alluaudi
C. limbipennis mediaatlantis
Pseudomasoreus canigoulensis chaudoiri
Phloezeteus mauritanicus mauritanicus
Platytarus bufo
Trymosternus truncatus colombati
Lamprias cyanocephalus numidica
Lebia trimaculata
Calodromius bifasciatus
Philorhizus crucifer
Metadromius lateplagiatus
Syntomus fuscomaculatus
S. barbarus
Apristus striatipennis
Lyonichus albonotatus
Polystichus connexus
Drypta dentata
Brachinidae
Brachinus efflans
B. variventris
B. sclopeta



2.3 Liste des familles de Coléoptères floricoles indicatrices du PNI, faisant l’objet de simples citations.

Coléoptères floricoles, indicateurs de la qualité florifère des espaces prairiaux :

Buprestidae (Anthaxia pleuralis, A. nigritula, Phaenops marmottani, etc.)
Cerambycidae
(Purpuricenus desfontainii, Strangalia sp., etc.)
Scarabaeidae
(Glaphyrus opulentus)
Hopliidae (Hoplia africana)
Cetonidae
(nombreuses espèces)
Meloidea (Mylabris spp.) (Zonabris)


2.4 Liste des Odonates indicatrices de la santé des milieux humides du PNI, faisant l’objet d’un inventaire exhaustif, mais d’une évaluation rapide

ZYGOPTERA
Calopterygidae
Calopteryx exul
C. haemorrhoidalis
Lestidae
Lestes barbarus
L. viridis
L. dryas
Sympecma fusca
Platycnemididae
Platycnemis subdilatata
Coenagrionidae
Coenagrion puella
C. mercuriale
C. caerulescens
C. scitulum
Cercion lindenii
Enallagma cyathigerum
E. deserti
Ischnura pumilio
I. graellsii
Erythromma viridulum
Pyrrhosoma nymphula
Ceriagrion tenellum
ANISOPTERA
Aeshnidae
Aeshna mixta
A. isoceles
Boyeria irene
Anax imperator
A. parthenope
Gomphidae
Gomphus simillimus maroccanus
Onychogomphus uncatus
Cordulegastridae
Cordulegaster princeps
Libellulidae
Libellula quadrimaculata
Orthetrum cancellatum
O. brunneum
O. caerulescens anceps
O. nitidinerve
O. chrysostigma
Crocothemis erythraea
Sympetrum striolatum
S. fonscolombii




3. APPROCHE ANALYTIQUE DES SITES


Inventaire des sites d’intérêt entomologique
retenus pour le PNI


3.1 Présentation

Il ne s’agit pas là d’un choix arbitraire et pointé au hasard de la Province d’Ifrane, forcé par un temps restreint de prospection, qui plus est handicapé par les aléas atmosphériques du très hivernal printemps 2006. Cet inventaire est, tout au contraire, celui de tous les sites dotés d’une représentativité entomologique intéressante et qu’il nous a été donné de rencontrer lors de prospections pugnaces, globales et suivies, puisqu’elles ne se sont pas résumées aux quelques jours crédités par le contrat (brièveté incompatible avec le moindre résultat !), mais sont le fruit d’un travail annuel et de chaque saison, entamé en 1992.

Entre avril et fin juin 2006, nous n’avons consacré tous nos efforts qu’à révisiter tous les sites favorables que nous connaissions et que nous avions déjà et réitèrement échantillonnés dans le passé. Cette révision de terrain à partir de données antérieures nous a ainsi permis de mettre à jour les composantes bioindicatrices concernées et d’actualiser la biodiversité de ces habitats. La plupart d’entre eux, prospectés à plusieurs reprises durant ce printemps, ont été retrouvés souffrant d’une incidence en baisse de leurs Lépidoptères, c'est-à-dire accusant une fragilité accrue, quand ce ne fut pas une mise à néant de leur ex-biopatrimoine.

Pour certains sites notoires et jusqu’à ces dernières années bien connus pour leur richesse biologique (pour avoir été des périmètres protégés de régénération et/ou de reboisement), mais présentement victimes d’une surcharge pastorale à nulle autre pareille, les très mauvais résultats des relevés de 2006 (généralement hérités des quelques années antérieures d’ouvertures non gérées aux parcours), il a été possible de mentionner les relevés des premières années de nos observations, soit depuis 1992 et jusqu’à 1998, 2000, voire 2003. L’étude comparative des cortèges est édifiante. Quelques stations ont tout de même été diagnostiquées en bon état de conservation, quelques nouveaux sites très dynamiques ont même fait l’objet de nouvelles découvertes.

N.B. : Seuls les Lépidoptères diurnes (Rhopalocères et Zygènes) ont été étudiés dans le détail pour représenter le meilleur outil d’évaluation de la santé des sites sylvatiques relativement ouverts, ainsi que certains Coléoptères Carabiques à l’usage du sous-bois ou de quelques zones humides, avec, dans ce dernier cas les Odonates associées. Les Coléoptères floricoles (notamment certains Cerambycidae, Buprestidae, Scarabaeidae comme Glaphyrus opulentus, Hoplia africana, Cetoniinae, etc.) voient leurs présences signalées mais leurs cortèges ne sont pas détaillés (protocole simplifié).

(SP) = Sites pilotes, actuels « points chauds » à biodiversité remarquable et correspondant aux exigences d’observatoires du vivant et de chemins de découverte à l’usage de l’écotourisme.
(DE) = Ancien site remarquable, récemment en grave déclin (surpâturage, sylviculture), exigeant d’urgentes mesures de protection et de régénération.
(ZM) = Autres sites remarquables, conservés ou en déclin, en zone mitoyenne et à considérer pour un éventuel remodelage des limites afin de les sauvegarder, ou dans le projet plus ample d’une future Réserve de la Biosphère. Localités décalées, légèrement en marge de l’extension prévue du PNI, voire même dans la Province voisine de Khenitra, ces sites sont rapportés pour l’originalité ou la richesse quantitative et/ou qualitative de leurs composantes, voire pour ne pas avoir leur pareil à l’intérieur des présentes limites. Tout comme nous avons cru bon le faire pour Timahdite et Foum-Khereg, l’Aguelmame Tiffounassine aurait pu être échantillonné et cité dans cette catégorie, bien que les limites assignées à l’extension du PNI excluent une vaste poche qui s’étend depuis le sud du Jbel Hebri au sud du Jbel Hayane. Envahi par les troupeaux, l’Aguelmame Tiffounassine est un marais qui n’en conserve pas moins une belle association de Libellules (une douzaine d’espèces), dont les larves aquatiques et carnassières profitent des Invertébrés évoluant dans une assez riche végétation d’eau douce (Joncs, Rubaniers, Renoncules, Cératophylles, Épilobe, etc.).

Abbréviation des indicateurs utilisés :

(Rh) = Rhopalocères (inventaire et rapport exhaustifs) ;
(Zy) = Zygènes (inventaire et rapport exhaustifs) ;
(Cc) = Coléoptères Carabiques (évaluation rapide) ;
(Cf) = Coléoptères floricoles (protocole simplifié) ;
(Od) = Odonates (évaluation rapide).

Notes à propos des géoréférences :

Les références utilisées sont celles dont notre banque de données est dotée depuis les prémices de nos travaux au Maroc. Latitudes et longitudes émanent d’un travail exécuté sur un modèle utilisant le quadrillage kilométrique au standard international officiel, assimilable à la grille U.T.M. (
Universal Transverse Mercator), selon un carroyage d’exécution et de repérage (présence/absence) de 10 x 10 km de côté. Avec une évaluation plus ample, la méthode pourrait revêtir de désaventage de ne pas situer ponctuellement chaque individu, et surtout engendre un chevauchement de quelques sites (dans les cas d’une proximité inférieure à 10 km2), mais offre l’atout de tendre à géoréférencer la station lépidoptérique dans sa globalité. S’il peut être judicieux de géoréférencer la présence d’un Rapace ou d’une Couleuvre en un point donné d’observation, une maille kilométrique est préférable pour situer un cortège entomologique de plusieurs espèces, évoluant dans une station toujours assez ample. Rappelons encore que la démarche entomologique tend davantage à évaluer des unités stationnelles souvent vastes et composites, plutôt que de désigner la présence fortuite d’un sujet épars.

Les espèces de Rhopalocères et de Zygaeninae soulignées sont celle qui montrent (ou qui montraient) dans le site concerné une abondance élevée (de 50 à 100 sujets observés) à très élevée (plus de 100 spécimens), du moins lors de l’observation référencée.


3.2 Sélection des sites d’intérêt entomologique

Région d’Ifrane
Dayet Aaoua
Col de Tamrabta
Takaltount
Dayet Hachlaf
Forêt d’Amandelline (Sidi Bouyaacoub)

Forêt de Jaaba

Causse d’Ifrane
Ras-el-Ma sud
Source Vittel - Cascade des Vierges

Termilat
Forêt d’Aït-Youssi
Amekla
Tizi-n-Tretten - MF de Boutroubay
Lachmine Ikattaene
Mischliffen
Jbel Hebri

Région d’Azrou
Plateau d’Ito
Alentours du Tizi-Oughmart
Environs d’Ougmas
Secteur sud du Cèdre Gouraud
Forêt d’Azrou
Forêt de Moudmame
Tioumliline – Ousmaa – Tagounit

Région d’Aïn-Leuh
Kissarite
Alentours MF d’Aïn-al-Kahla
Aguelmame d’Afenourir

Aguelmame d’Ouiouane
Boudra


Région de Timahdite
Timahdite
MF d’Aïn-n-Nokra
Tizi-Taghzeft

Foum-Khereg
Aguelmame de Sidi-Ali
Aghbalou-Taddat
Jbel Bouyzane
Inifif
Col du Zad
(station à Maurus vogelii)
Col du Zad
Aït-Oufella
Aït-Ali
Environs de la MF Senoual

Région d’Itzer
Djebel Tarharhat
___________________________________________________________________________________




3.3 Analyse des sites

Région d’Ifrane

Dayet Aaoua (Awa) (SIBE zone humide de priorité 3)

Situation : Depuis la N 8, 9 km avant Imouzzèr-Kandar, sur la droite.
Altitude : 1450-1600 m.
Latitude : 33,64647 N.
Longitude : -5,10265 W.
Typologie du milieu : Zone humide, matorral arboré et chênaie verte.
Essences forestières majeures : Chêne vert.
Bioclimat : Subhumide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Rives (végétation herbacée, pelouses humides, dépôts alluvionnaires, dépôts marécageux, cailloutis, sable graveleux)
(Cc, Od)

Relevés 2006 =

Cc :

Cicindela campestris atlantis
Nebria boiteli
Dyschirius pusio
D. frontalis
Apotomus rufus
Trepanes maculatus
Ocydromus
sp.
Metallina proprans
Lagarus vernalis
Orthomus dimorphus antoinei
Agonum
sp.

Anisodactylus heros
Parophonus antoinei
P. hispanicus
Harpalus
spp.
Polystichus connexus

Od :

Coenagrion puella
Cercion lindenii
Enallagma deserti
Ischnura pumilio
Anax imperator
Libellula quadrimaculata
Orthetrum nitidinerve
O. chrysostigma

Auxquelles observations on peut joindre celles complémentaires de Jacquemin (1999), avec précautions car datant des années 90 :

Sympecma fusca
Ischnura graellsii
Anax parthenope
Crocothemis erythraea
Sympetrum fonscolombii

- Versants (chênaie verte arbustive et matorral moyen troué)
(Rh, Zy) :

Relevés 2006 =

Iphiclides feisthamelii
Pieris brassicae
P. rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
Colias croceus croceus
Gonepteryx cleopatra cleopatra
Satyrium esculi mauretanica
Lycaena phlaeas

Aricia agestis cramera

Polyommatus icarus celina
Cynthia cardui
Lasiommata megera vividissima

- Alentours de la MF (prairies arborées)
(Rh, Zy) :

Relevés 2006 =

Iphiclides feisthamelii
Pieris brassicae
P. rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
Anthocharis belia belia
Colias croceus croceus
Gonepteryx cleopatra cleopatra
Satyrium esculi mauretanica
Callophrys rubi fervida
Lycaena phlaeas
Leptotes pirithous
Celastrina argiolus mauretanica
Aricia agestis cramera
Polyommatus icarus celina
Coenonympha lyllus
Pararge aegeria aegeria
Lasiommata megera vividissima

Usages, pratiques de gestion :

Aire protégée avec aménagements touristico-récréatifs et activités de loisirs aquatiques (aire d’estivage) ; activités agricoles, pastorales et forestières aux proches alentours.

Impacts et menaces :

De toute évidence, la biodiversité recule au fur et à mesure que progressent les activités de loisirs, de plus en plus envahissantes, perturbantes et incontrôlées (introductions et lavages de véhicules, piétinement, arrachages, éviction de la faune, production et abandon de déchets solides, pollution organique des rives et des eaux, etc.). La pression est extrême les années de grande sècheresse, lorsque le lac demeure exondé (servant de terrain de football…) et que l’équilibre alentour s’en trouve fragilisé. Il faut revoir la notion de dualité entre la promotion d’une aire d’estivage et le souci de veille conservatoire, en modulant le niveau de la première et en contrôlant les incompatibilités les plus évidentes. Le risque d’artificialisation du site est grand et l’impact des jours de grand flux populaire est évidemment contraire à l’équilibre ambiant.

La récente succession d’années sèches n’a probablement pas été propice au maintien d’une entomofaune représentative. La paucité en Libellules est censément due aux retombées de ces saisons de déficit hydrique, à l’altération et à l’eutrophisation du milieu qui en résulte, au caractère trop dénudé des rives, à l’absence de refuges, notamment de roselières. Les roseaux ont dû faire l’objet de coupes massives dans le passé.

Une menace subsidiaire mais lamentable est la décharge de plus en plus fréquente dans les maquis et les forêts du Kandar des déchets et des résidus pestilentiels émanant des élevages intensifs de poulets en batterie. Cette pollution sauvage contaminante devrait faire l’objet d’un contrôle sévère et de poursuites judiciaires, selon le principe pollueurs-payeurs. 

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

Le dysfonctionnement engendré par les activités humaines et exacerbé par les périodes de sècheresse sera un peu le leitmotiv de cette expertise.

Le cortège lépidoptérique se résume à des espèces banales, ubiquistes, rudérales, peu exigeantes et sans grande valeur patrimoniale, même aux alentours de la Maison forestière où intervient une végétation moins précaire et le maintien de quelques plantes-hôtes. Plusieurs Carabiques traduisent néanmoins, çà et là, un minimum de substrat végétal et une relative qualité graveleuse des rives. L’échantillonnage atteste d’une incidence en baisse des Libellules. Jusqu’aux années 90, la Dayet Aaoua était un site très prolixe tant en espèces qu’en effectifs de Libellules. Une Odonate holarctique
Enallagma cyathigerum y fut même notée, sans suite, mais reprise ensuite à l’Aguelmame Afenourir.

Si l’on entend maintenir le site dans le cadre de ceux dits d’intérêt biologique national, il faut, avec une grande fermeté, cesser de le livrer au saccage. Une sérieuse et urgente restauration écologique du complexe s’impose, rien d’autre que par un allègement de la fréquentation, un contrôle tant du nombre de visiteurs (week-ends et saison estivale) que de leurs activités (certaines sont dérengeantes) et la prohibition d’accès et mise en repos de la portion la plus intéressante des rives. Il faut s’assurer que les activités agricoles, notamment l’arboriculture de Rosacées, ne soient pas ou plus responsables de la baisse de plus en plus fréquente du niveau d’eau par pompage dans la nappe et vidange partielle par capture. Le tourisme de Nature et les loisirs de grand air ne devant pas avoir pour conduite l’anarchisme, une gestion et une surveillance rapprochée s’imposent durant les laps de haute fréquentation. Un code de déontologie des visiteurs, une mentalisation par un bon affichage de la conduite citoyenne à respecter sur ce type de lieux, un contrôle des véhicules avec un effort de parcage le plus éloigné possible de la zone sensible, l’installation de poubelles, et un long etc. de mesures sont à adopter dans les plus brefs délais. La jouissance démocratique des paysages naturels doit être assimilée au respect des sanctuaires de la Nature, et non au laisser-aller perturbant d’un champ de foire.



Col de Tamrabta (SIBE terrestre proposé) (DE)

Situation : Piste depuis la Dayet Aaoua.
Altitude : Ca. 1700 m.
Latitude : 33,64647 N.
Longitude : -5,10265 W.
Typologie du milieu : Pineraie à Pin maritime.
Essences forestières majeures : Pin maritime, Chêne vert.
Bioclimat : Subhumide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Lisière du matorral élevé (Rh, Zy) :

Relevés 2006 =

Pieris rapae mauretanica
Euchloe crameri melanochloros

Colias croceus croceus
Satyrium esculi mauretanica
Callophrys avis barraguei
!
Cynthia cardui
Issoria lathonia
Lasiommata megera vividissima

Relevés 1992-2003 =

Pieris rapae mauretanica
Euchloe crameri melanochloros

Anthocharis belia belia
Colias croceus croceus
Satyrium esculi mauretanica
Callophrys rubi fervida
C. avis barraguei !
Lycaena phlaeas
Lampides boeticus
Celastrina argiolus mauretanica
Aricia agestis cramera

Polyommatus icarus celina

Cynthia cardui
Hyponephele lupina mauritanica
Coenonympha lyllus
Lasiommata megera vividissima

Usages et pratiques de gestion :

Sylvo-pastoralisme.

Impacts et menaces :

Surpâturage de long terme ayant entraîné la mort du sol et une dynamique totalement régressive de la végétation, avec disparition des plantes-hôtes des Lépidoptères patrimoniaux qui faisaient l’apanage du Massif de Tamrabta, il y a déjà bien longtemps. Les récents incendies n’ont pu qu’aggraver le déclin écologique, encore que bien des écosystèmes renaissent mieux de leurs cendres que des abus d’usages.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

Le grand dommage de l’anéantissement écologique et forestier de ce massif, connu depuis des lustres pour sa pineraie à Pin maritime, est que les espèces de Lépidoptères définitivement éradiquées (aucun indice de présence depuis plusieurs décennies) étaient quasiment uniques, voire indigènes à cette région. Nos premières missions entre 1992 et 1998 ne permirent pas de les y retrouver. La bibliographie, tout comme la conservation de spécimens dans les collections privées ou nationales, font remonter ces présences locales au milieu du siècle précédent. Rapportons le destin trois espèces à haute valeur patrimoniale, topotypes de Tamrabta, qui témoignent de l’érosion génétique des lieux.

Euchloe tagis atlasica
Décrite du Col de Tarambta par Charles Rungs en 1950, la Piéride subendémique
Euchloe tagis atlasica n’y a plus jamais été observée. Quelques sujets furent plus tard appréhendés sur le petit Jbel Zerrouka, au-dessus de la Source Vittel, le dernier par nous en mai 1995. Nous en avons ensuite retrouvé un dème très fourni, attestant du vigoureux potentiel de sa dynamique populationnelle, un peu à l’est d’Imouzzèr-Kandar, sur le versant sud du Mont Kandar, dans un riche matorral (arbouseraie et chênaie verte arbustive) en reboisement, et de ce fait à l’écart des parcours jusqu’en 1997. Euchloe tagis atlasica y volait au sein d’un très riche cortège de 50 espèces de Rhopalocères, induit par une flore qualitative et quantitative, dont la présence de l’Ibéride-hôte : Iberis odorata atlantica. C’était alors la dernière localisation atlasique connue de cette fine et belle espèce atlanto-méditerranéenne. Le dysfonctionnement de l’habitat est brutalement intervenu à la fin des années 90, avec l’irruption brutale des troupeaux (trop récent reboisement rapidement abrouti !), puis reconversion des lieux en safari touristique aux sangliers sous l’enseigne d’une société de chasse espagnole. Le choix du site ne manquait pas de fantaisie, quand on sait qu’il s’agissait d’un des derniers sanctuaires de naturalité du Massif du Kandar, dont l’état essentiel est dans un état pittoyable, soumis depuis trop longtemps à des parcours surnuméraires sédentaires, avec saccage des chênaies vertes et scalp du sol. En dépit de recherches pugnaces, Euchloe tagis atlasica n’a jamais été contacté ailleurs, ni même au sein du périmètre de Takaltount où sa plante-hôte n’existe pas. Rarissime mais de présence stable et dans des habitats peu perturbés, la sous-espèce rifaine (Euchloe tagis reisseri) est désormais la dernière entité d’Euchloe tagis à voler au Maroc.

Zygaena nevadensis atlantica
L’histoire se répète, sur un même mode de persécution à l’encontre des meilleures endémismes… Cette Zygène représente la seule vicariance de l’espèce pour le continent Africain et n’existe qu’au Maroc. Elle fut décrite en 1957, et seulement alors connue du Col de Tamrabta où personne n’a jamais pu l’y retrouver… Nous sommes les seuls à en avoir découvert une très forte colonie (des centaines d’individus) sur une très belle implantation de sa plante-hôte, la Vesce
Vicia tenuifolia, dans la Forêt de Tarharhat (à l’ouest d’Itzer), en 1997 alors que les lieux étaient depuis longtemps prohibés au pâturage. Il y a quelques années et avec l’alibi d’une année sèche (!), tout le périmètre de Tarharhat, y compris un long ravin envahi d’une flore luxuriante, a été livré à la consommation de troupeaux surnuméraires. Le sol squelettique ne génère plus la moindre Pivoine, et de Zygaena nevadensis et de sa Vesce (plante très appétible...), il ne reste que le beau souvenir.

Zygaena lavandulae michaellae
Cette autre Zygène de présence africaine exclusive au Maroc, fut nommée en 1943 du même Col de Tamrabta. Elle en fut biffée dès les années 60 et ne se rencontre plus que très difficilement dans les sapinières du Rif occidental.

Nous n’avons aucune suggestion conservatoire pour ce secteur que nous n’avons repris dans notre bilan définitif que pour deux raisons majeures : il fut un haut lieu de la biodiversité marocaine et il a l’insigne honneur, maintenant qu’il est vidé de ses composantes les plus insignes, de figurer dans la liste des SIBE proposés. Il semble que le mal soit fait et nonobstant les meilleurs efforts de régénération, bien utopique serait la reconstruction de l’écosystème et les retrouvailles avec une entomofaune anéantie il y a un demi siècle.



Takaltount (SIBE terrestre de priorité 3)

Situation : Au sud-ouest de la MF de Takaltount.
Altitude : 1500-1600 m.
Latitude : 33,64995 N.
Longitude : -4,8871 W.
Typologie du milieu : Pineraie et matorral arboré.
Essences forestières majeures : Pin d’Alep, Chêne vert.
Bioclimat : Subhumide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Clairières herbacées et trouées du matorral
(Rh, Zy) :

Relevés 2006 =

Papilio machaon mauretanica

Pieris brassicae
P. rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
E. belemia distincta
Anthocharis belia belia
Colias croceus croceus
Gonepteryx rhamni meridionalis
G. cleopatra cleopatra
Satyrium esculi mauretanica
Callophrys rubi fervida
Tomares ballus ballus
T. mauretanicus antonius
Lycaena phlaeas
Celastrina argiolus mauretanica
Pseudophilotes ab. abencerragus
Aricia agestis cramera
Polyommatus icarus celina
P. punctifera
Nymphalis polychloros erythromelas Vanessa atalanta
Cynthia cardui
Melitaea phoebe punica
M. didyma occidentalis
Argynnis pandora seitzi
Issoria lathonia
Melanargia lucasi meadewaldoi
Hipparchia algiricus
H. statilinus sylvicola !
H. fidia benimguildi
Maniola jurtina jurtina
Hyponephele lupina mauritanica
Pyronia bathseba

Coenonympha lyllus
C. arcanioides !
Pararge aegeria aegeria
Lasiommata megera vividissima

Usages et pratiques de gestion :

Aire protégée avec sylvo-pastoralisme.

Impacts et menaces :

Aucune.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

L’échantillonnage témoigne d’une bonne diversité spécifique, avec néanmoins une faible dynamique populationnelle, et surtout la carence d’espèces emblématique (aucun endémique vrai), sauf
Coenonympha arcanioides, endémique nord-africain dont la présence marocaine n’est bonne que dans le Rif.

Pas de suggestion conservatoire, sinon d’éviter si possible tout toilettage forestier afin de respecter la valeur du sous-bois et du matorral.



Dayet Hachlaf (DE)

Situation : Route touristique de la Vallée des Roches, depuis Ifrane jusqu’au nord-est de la MF d’Hachlaf.
Altitude : 1600-1700 m.
Latitude : 33,55812 N.
Longitude : -4,9928 W.
Typologie du milieu : Zone humide et cédraie mixte.
Essences forestières majeures : Chêne vert, Cèdre.
Bioclimat : Subhumide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Rives (végétation herbacée, prairies marécageuses, cailloutis, sable graveleux)
(Cc, Od) :

Relevés 2006 =

Cc :

Nebria boiteli
Dyschirius otini
D. pusio
Asaphidion stierlini
Philochtus iricolor
Ph.
sp.
Metallina proprerans
Lagarus vernalis
Poecilus quadricollis
P. vicinus
Orthomus maroccanus
Harpalus cupreus
H. wohlberedti
H.
sp.
Acupalpus dubius
Stenolophus mixtus
Spomis circumscriptus
Brachinus
sp.

Od :

Coenagrion puella
C. mercuriale
C. caerulescens
Enallagma deserti
I. graellsii
Erythromma viridulum
Anax imperator
A. parthenope

Auxquelles observations on peut joindre celles complémentaires de Jacquemin, avec précautions car datant des années 90 :

Cercion lindenii
Orthetrum cancellatum
Crocothemis erythraea

Sympetrum fonscolombii

- Formation boisée alentours 
(Rh, Zy) :

Relevés 2006 =

Pieris rapae mauretanica
Euchloe crameri melanochloros

Satyrium esculi mauretanica
Lycaena phlaeas
Pseudophilotes ab. abencerragus
Aricia agestis cramera
Polyommatus punctifera
Argynnis pandora seitzi

Usages et pratiques de gestion :

Pastoralisme sédentaire, agriculture alentour.

Impacts et menaces :

Trop forte emprise des activités agro-pastorales, le pacage risquant de priver le secteur de toutes ses valeurs naturelles, l’espace lacustre se réduisant à un gazon humide pacagé et souillé par les moutons.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

Le cortège lépidoptérique inventorié est de piètre valeur. Il s’agissait pourtant ici, en 1977, du
locus typicus de Polyommatus atlanticus weissi, fin Lycène subendémique qui survit encore dans les parages du Col du Zad. La littérature entomologique des années 60 citait aussi certains Papillons inféodés à l’Alfa, aujourd’hui disparus, comme le très remarquable Berberia lambessanus. Les nappes alfatières ont été depuis éreintées par le surpâturage, tout comme au-dessus des Dayets Ifrah et Iffer, des alentours d’Annoceur, et plus au sud du secteur de la MF de Tirhboula (Boulemane). Faute de sa Graminée, le grand Satyrinae précité n’existe donc plus ni autour de la Dayet Hachlaf, ni ailleurs dans le Moyen Atlas central. Les vertus bioindicatrices des Berberia, Lépidoptères maghrébins à valeur patrimoniale, sous-entendent un habitat en équilibre, pouvant profiter d’un pâturage extensif régulateur, tandis que leur raréfaction ou leur déclin indique l’existence d’une pression excessive du cheptel.

Bien que ces types de daya (mare) et de dayet (lac) endoréiques, avec ou sans végétation, eaux éphémères, épisodiques ou presque permanentes des cuvettes karstiques du haut plateau calcaire moyen-atlasique soient de plus en plus reconvertis en points d’abreuvement permanent à l’usage des troupeaux, avec les conséquences inévitables de souillure des rives et des eaux, les Coléoptères Carabiques hygrophiles et les Odonates, pourtant tributaires par excellence de la qualité des zones humides, montrent ici par leur présence encore soutenue qu’une moindre biocénose se maintient, que rien n’est vraiment perdu.

Toute la zone demande une régénération forestière très soutenue, avec l’instauration à très long terme de secteurs protégés enveloppant non seulement les boisements, mais aussi des habitats ouverts, des clairières herbacées et des formations prairiales. Si certains Papillons sténoèces sont peu susceptibles d’une recolonisation, bien des Odonatoptères émigrent vers les forêts pour estiver.

Quant aux lacs et mares temporaires, une politique plus volontariste de restauration et de veille s’avère extrêmement urgente si l’on ne veut pas assister à une complète banalisation de leurs atouts biologiques. Un tel programme passe – comme partout – par la mise à l’écart du cheptel de tout ou partie des rives, donc de prohiber l’accès des eaux et de leurs abords sur une large périphérie. Pour le cheptel, on substituera par l’aménagement d’abreuvoirs. Ces eaux, leurs marécages et leurs rivages sont vulnérabilisés par la sédentarisation des troupeaux, menacés par les activités agricole réductrices (dérivations, surpompage), exposées à des doses sublétales et létales du recours aux substances chimiques (pesticides, engrais). Il est impossible de laisser les riverains continuer à exercer à leur guise et en toute ignorance des risques au détriment du capital écosystémique qui est l’affaire de tous.



Forêt d’Amandelline (lieu-dit Sidi Bouyaâkoub) (DE)

Situation : Ancien reboisement sur le lieu-dit Si Bouyaakoub, à proximité des terrains collectifs nommés Tazioualt., au nord-est d’Ifrane (depuis la N 8, direction Fès, à droite après l’Université), par la piste qui, depuis le Plan d’eau Zerrouka, rejoint le Col de Tamrabta.
Altitude : 1650-1700 m.
Latitude : 33,55634 N.
Longitude : - 5,10046 W.
Typologie du milieu : Chênaie verte.
Essences forestières majeures : Chêne vert, Cèdre.
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Vastes clairières herbacées de la forêt trouée 
(Rh, Zy) :

Relevés 2006 (ouvert aux parcours) =

Aporia crataegi mauretanica
Pieris rapae mauretanica
Euchloe crameri melanochloros

Colias croceus croceus
Satyrium esculi mauretanica
Lycaena phlaeas
Aricia agestis cramera
Cynthia cardui

Relevés 1992-1999  (période en défens) =

Aporia crataegi mauretanica
Pieris brassicae
P. rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
Anthocharis belia belia
Colias croceus croceus
Gonepteryx rhamni meridionalis
G. cleopatra cleopatra
Satyrium esculi mauretanica
Callophrys rubi fervida
Tomares ballus ballus
Lycaena phlaeas
Cupido lorquinii !
Celastrina argiolus mauretanica
Pseudophilotes ab. abencerragus
P. bavius fatma !!
Aricia agestis cramera
Polyommatus icarus celina
P. amandus pseudotova!
P. punctifera
Nymphalis polychloros erythromelas Vanessa atalanta
Cynthia cardui
Polygonia c-album imperfecta
Melitaea cinxia eupompe !
M. phoebe punica
M. aetherie algirica !!
M. didyma occidentalis
Euphydryas desfontainii gibrati !
Argynnis pandora seitzi
A. auresiana maroccana !
Issoria lathonia
Melanargia lucasi meadewaldoi
Hipparchia caroli !
H. algiricus
H. statilinus sylvicola !

Maniola jurtina jurtina

Hyponephele lupina mauritanica
Coenonympha lyllus
Pararge aegeria aegeria
Lasiommata megera vividissima
Zygaena loyselis ungemachi !
Z. favonia cadillaci !
Z. youngi youngi !
Z. alluaudi alluaudi !

Usages et pratiques de gestion :

Programme d’aménagement forestier datant de la fin des années 90, avec reboisement en Cyprès d’Arizona. Il y a déjà beaucoup été dit sur l’impertinence d’utiliser des essences allochtones pour régénérer des forêts du zonobiome méditerranéen. Cette chênaie verte, ainsi « enrichie » de ces Cyprès a été subitement dilapidée par l’ouverture sans discernement au parcours quotidien et intempestif.

Impacts et menaces :

L’entièreté du substrat arbustif et herbacé est détruit, le sol est dénudé, pulvérulent ou compacté selon les saisons ; toute biodiversité est évincée.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

Un regard comparatif entre la composition lépidoptérique des années 90 et celle présente est édifiant. Le site abritait, à deux pas d’Ifrane, certains endémiques aussi précieux que
Pseudophilotes bavius fatma, sublime Lycène exclusif au Moyen Atlas où il ne compte plus que 12 localisations, dont une moitié voit son avenir très hypothéqué par les actuels agissements.

Une restauration du site est parfaitement envisageable car les lieux n’étant pas trop isolés de sites plus ou moins prolixes, une recolonisation de certaines entités est plausible. Mais le prix à payer sera d’enrayer la surexploitation pastorale qui y sévit.



Forêt de Jaaba (SIBE terrestre de priorité 2)

Situation : Piste forestière du nord-est au sud-ouest, depuis le carrefour R 707 x route à la Zaouïa en direction d’Ito.
Altitude : Ca. 1500 m.
Latitude : 33,55446 N.
Longitude : - 5,20811 W.
Typologie du milieu : Chênaie mixte (sclérophylle et caduque).
Essences forestières majeures : Chêne vert, Chêne.
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Plusieurs stations en clairières florifères (Rh, Zy, Cf) :

Relevés 2006 =

Rh, Zy :

Pieris rapae mauretanica
Pontia daplidice

Anthocharis belia belia
Colias croceus croceus
Gonepteryx rhamni meridionalis
G. cleopatra cleopatra
Satyrium esculi mauretanica
Callophrys rubi fervida
Lycaena phlaeas
Celastrina argiolus mauretanica
Aricia agestis cramera
Polyommatus icarus celina
Nymphalis polychloros erythromelas Vanessa atalanta
Cynthia cardui
Argynnis pandora seitzi
A. auresiana maroccana !
Issoria lathonia
Hipparchia algiricus
H. statilinus sylvicola !
Maniola jurtina jurtina
Coenonympha lyllus
Pararge aegeria aegeria
Lasiommata megera vividissima

Cf :

Cetonidae sur les grandes Carduacées, plusieurs espèces de Mylabris (Meloidea) et de rares Glaphyrus opulentus (Scarabaeidae) sur diverses inflorescences ont été contactés. Paucité d’espaces florifères.

- Une station en forêt caducifoliée fermée, carabofaune du sous-bois et de la litière organique 
(Cc) :

Relevés 2006 =

Calosoma sycophanta
Nomius pygmaeus
Omoperyphus hypocrita
Lagarus
sp.
Steropus globosus pecoudi
Platyderus ifranensis
Calathus erythroderus antoineti
Iberocarterus tazekensis
Odontocarus cephalotes
Dixus
sp.
Harpalus spp.
Pseudomasoreus canigoulensis chaudoiri
Calodromius bifasciatus

Usages et pratiques de gestion :

Aire protégée avec exploitation forestière et sylvo-pastoralisme.

Impacts et menaces :

La gestion des parcours y est peut-être plus rationnelle qu’ailleurs, aucune menace particulière n’a été constatée.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

Les Papillons contactés sont pour la plupart des sylvicoles de moyen intérêt. Le cortège est loin d’être le supposé originel, ce qui traduit bien des dysfonctionnements dans la gestion forestière passée. Les bermes des routes et des chemins sont les seuls espaces de vol électif des imagos et les clairières, souvent trop lapilleuses, ne sont pas assez florifères. Le relevé des Carabiques est spécifiquement plus intéressant. Notons l’abondance de Coléoptères coprophages.

Pour une meilleure richesse de l’entomofaune, et notamment de toute la chaîne zoologique induite par l’abondance de xylophages, on aurait tout intérêt à recourir à une gestion plus écologique de cette belle forêt : renoncement à toute hygiène forestière, abandon du bois mort ou moribond, des souches, ainsi que de chandelles sur pied, au profit des agents saproxyliques.



Causse d’Ifrane (SP) (ZM)

Situation : Ifrane, sortie sud-ouest par la N 8, des deux côtés de la route (Rhabet-el-Behar, alentours de l’actuel stade, etc.)
Altitude : 1650 m.
Latitude : 33,46621 N.
Longitude : -5,09828 W.
Typologie du milieu : Petit causse calcaire des vides sylvatiques sur le domaine tabulaire.
Essences forestières majeures : aucune sur place.
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Pelouses calcicoles et près mésophiles du causse asylvatique
(Rh, Zy, Cc) :

Relevés 2006 =

Rh, Zy :

Pieris brassicae

P. rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
E. belemia distincta
E. charlonia charlonia
Zegris eupheme maroccana !
Colias croceus croceus
Tomares mauretanicus antonius
Lycaena phlaeas
Aricia agestis cramera
Polyommatus icarus celina
P. punctifera

Cynthia cardui
Melitaea cinxia eupompe !
M. phoebe punica
Euphydryas desfontainii gibrati !
Argynnis pandora seitzi
Issoria lathonia

Melanargia occitanica moghrebiana !

Hipparchia algiricus
H. hansii colombati !
(Obs. IX-2005)
Coenonympha lyllus
Lasiommata megera vividissima
L. maera adrasta !
Zygaena alluaudi alluaudi !
Z. orana contristans !

Cc :

Cicindela campestris atlantis
Poecilus crenulatus mauritanicus
P. purpurascens
Steropus globosus pecoudi
Olisthopus fuscatus
Calathus fuscipes algiricus
Amara eurynota
Celia pueli
Carterus
sp.
Ophonus berberus
O. rufibarbis
O. rotundatus
Dinodes decipiens algiricus
Cymindis alluaudi alluaudi
Calodromius bifasciatus

Usages et pratiques de gestion :

Aucun usage particulier n’est à noter, le pâturage est normalement tenu à distance, n’intervenant qu’un peu plus au sud-ouest du plateau, vers la Dayet Tichchout, au niveau de l’aérodrome. Plusieurs reboisements mixtes (Cèdre, Cyprès) justifient cette mise à l’écart, habituellement observée par les bergers. Très proche de la ville, ce modeste espace périrural a toujours été d’une richesse insoupçonnée. Comme quoi l’Homme, la Nature et les Papillons peuvent faire bon ménage lorsque règne l’harmonie.

Impacts et menaces :

Les seules menaces seraient liées à une expansion (inévitable ?) de la ville vers ce secteur, pour le moment limitée au complexe de la Station Shell.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

L’entomocénose des Lépidoptères et des Coléoptères Carabiques est tout à fait intéressante vu la banalité apparente des lieux. La notation de
Hipparchia hansii colombati, endémique maghrébin qui ne vole qu’en fin d’été, est tout à fait intéressante pour le Moyen Atlas où sa population la plus dynamique (l’effectif des dèmes y était de plusieurs centaines d’individus) résidait sur le Plateau d’Ito, maintenant investi et dégarni par les troupeaux.

La présence de plusieurs espèces à valeur patrimoniale justifierait la sauvegarde de cette partie du causse en petite réserve naturelle (plantes rupicoles ifranaises et faunule). L’opportunité résiderait aussi en l’immédiate proximité d’Ifrane, capitale écologique du Maroc… Toute urbanisation est évidemment à proscrire, tout comme un traitement des lieux en parc de ville (selon un modèle proche, avec sentiers asphaltés, bassins, jets d’eau, etc.)



Ras-el-Ma sud

Situation : Derniers kilomètres de la route forestière de la MF de Ras-el-Ma à Ifrane sud.
Altitude : 1700 m.
Latitude : 33,46621 N.
Longitude : -5,09828 W.
Typologie du milieu : Cédraie mixte.
Essences forestières majeures : Cèdre, Chêne vert.
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Causse de lisière mosaïqué de pelouse écorchée, brometum de clairières, layons de la forêt trouée
(Rh/Zy/Cf) :

Relevés 2006 =

Rh, Zy :

Euchloe crameri melanochloros

Zegris eupheme maroccana !
Anthocharis belia belia
Colias croceus croceus
Gonepteryx cleopatra cleopatra
Satyrium esculi mauretanica
Aricia agestis cramera
Polyommatus icarus celina
P. thersites meridiana !!
P. punctifera
Nymphalis polychloros erythromelas

Cynthia cardui
Argynnis pandora seitzi
Melanargia occitanica moghrebiana !
Hipparchia caroli !

H. algiricus

Satyrus atlantea !
Lasiommata megera vividissima
Zygaena youngi youngi !

Cf :

Buprestidae (
Anthaxia pleuralis et nigritula), Glaphyrus opulentus et nombreuses Cétoines.

- Litière organique du sous-bois en futaie du Cèdre 
(Cc) :

Relevés 2006 =

Carabus favieri fezzanus
Philochtus lunulatus
Calathus
sp.

Usages et pratiques de gestion :

Ce secteur est présentement clôturé.

Impacts et menaces :

Aucun.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

Même diagnostic que pour le site précédent, celui-ci spécifiquement moins diversifié et avec une dynamique moindre des populations, mais enrichi par son immédiate mitoyenneté sylvatique.




Source Vittel et Refuge du Val d’Ifrane (SIBE humide de priorité 1) (ZM) (DE)

Situation : Asif Tizguite, en aval d’Ifrane (par la route à Zaouit Si Abdesslam).
Altitude : 1600-1700 m.
Latitude : 33,55634 N.
Longitude : -5,10046 W.
Typologie du milieu : Prairies, ripisylve et boisement sclérophylle collinéen.
Essences forestières majeures : Frêne, Chênes, Érables, Saules, Ifs et autres essences parfois rapportées.
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Prairies à Festuca elatior en lisière de la ripisylve à hygrophytes (dominées par Fraxinus angustifolia) de l’Oued Tizguite, depuis Aïn Vittel, la MF de Zerrouka, Bou-Ikourdane, jusqu’à la Cascade des Vierges et au Refuge ; orée et trouées de la chênaie verte clairiérée dominant les lieux (Jbel Zerrouka) (Rh, Zy, Cc, Cf, Od) :

Relevés 2006 =

Rh, Zy :

Iphiclides feisthamelii
Aporia crataegi mauretanica
Pieris rapae mauretanica
Euchloe crameri melanochloros

Colias croceus croceus
Gonepteryx cleopatra cleopatra
Cigaritis monticola !!
Satyrium esculi mauretanica
Callophrys rubi fervida
Lycaena phlaeas
Celastrina argiolus mauretanica
Polyommatus icarus celina
Vanessa atalanta
Cynthia cardui
Polygonia c-album imperfecta
Argynnis pandora seitzi
Issoria lathonia
Pararge aegeria aegeria

Cc
:

Cicindela campestris atlantis
Calosoma sycophante
Carabus favieri fezzanus
Apotomus rufus
Emphanes minimus
Philochtus lunulatus
Ph.
sp.
Ocydromus ripicola
O. maroccanus
Nepha alluaudi
Deltomerus redoni
Lagarus vernalis
Poecilus
spp.
Amara
spp.
Percosia perabdita

Parophonus antoinei
Harpalus
spp.
Phloezeteus mauritanicus
Calodromius bifasciatus
Apristus striatipennis
Polystichus connexus
Brachinus
spp.

Cf :

Très rares Buprestidae floricoles,
Glaphyrus opulentus encore présent, les Zonabres (Mylabris) en abondance, ainsi que plusieurs Cetonidae.
Relevés lépidoptériques 1992-1997  (les années qui suivirent correspondirent au rapide effondrement biologique du site) =

Rh, Zy :

Zerynthia rumina africana !
Iphiclides feisthamelii
Papilio machaon mauretanica
Aporia crataegi mauretanica
Pieris brassicae
P. rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
E. tagis atlasica !!!
Anthocharis belia belia
Colias croceus croceus
Gonepteryx rhamni meridionalis
G. cleopatra cleopatra
Cigaritis monticola !!
Quercusia quercus iberica
Satyrium esculi mauretanica
Callophrys rubi fervida
C. avis barraguei !
Tomares ballus ballus
T. mauretanicus antonius
Lycaena phlaeas
Lampides boeticus
Leptotes pirithous
Cupido lorquinii !
Celastrina argiolus mauretanica
Pseudophilotes ab. abencerragus
Aricia agestis cramera
Polyommatus icarus celina
P. punctifera
Nymphalis polychloros erythromelas Vanessa atalanta
Cynthia cardui
Polygonia c-album imperfecta
Melitaea phoebe punica
M. aetherie algirica !!
M. didyma occidentalis
Euphydryas aurinia ellisoni !
E. desfontainii gibrati !
Argynnis pandora seitzi
A. aglaia lyauteyi !!
A. auresiana maroccana !
Issoria lathonia
Melanargia lucasi meadewaldoi
Hipparchia algiricus
Maniola jurtina jurtina
Hyponephele lupina mauritanica
Coenonympha lyllus
Pararge aegeria aegeria
Lasiommata megera vividissima
Zygaena favonia cadillaci !
Z. maroccana harterti !
Z. alluaudi alluaudi !
Z. algira ifranica !

Cf :

Anthaxia spp. (Buprestidae), Purpuricenus desfontainii et Strangalia sp. (Cerambycidae), Glaphyrus opulentus en effectif massif, Hoplia africana, innombrables Cétoines et Mylabris spp. (Meloidea).

Od :

Relevés effectués entre 1984 et 1989 (G. Jacquemin obs.)

Calopteryx exul
C. haemorrhoidalis
L. viridis
Sympecma fusca
Platycnemis subdilatata
Coenagrion puella
C. mercuriale
C. caerulescens
C. scitulum
Cercion lindenii
Enallagma deserti
I. graellsii
Pyrrhosoma nymphula
Ceriagrion tenellum
Boyeria irene
Anax imperator
A. parthenope

Onychogomphus uncatus
Cordulegaster princeps
Libellula quadrimaculata
Orthetrum caerulescens anceps
O. nitidinerve
Crocothemis erythraea
Sympetrum striolatum
S. fonscolombii


Usages et pratiques de gestion :

Site classé d’intérêt biologique et écologique de priorité 1 pour la haute valeur des qualités bioécologiques de son milieu humide, reconnu et défendu par les scientifiques marocains et étrangers, mais paradoxalement reconverti en aire récréative et parc de ville aux dérives usagères graves et foncièrement antinomiques avec une exploitation durable. Le niveau des pressions de toutes natures est récemment parvenu à un stade létal pour tout l’environnement naturel.

Impacts et menaces :

La fréquentation atteint 6000 visiteurs certains week-ends de printemps et d’été, induisant un dérangement extrême pour la faune et la faunule, terrestre, amphibie et aquatique, une dégradation incommensurable des lieux, avec destruction de la strate végétale, saccage du sous-bois, arrachage des lianes (qui étaient vigoureuses), compaction du sol et abandon de plusieurs tonnes de déchets plastique et variés, au sol ou dans les eaux (!). Aucun ramassage vraiment sérieux n’est organisé les jours suivants, il n’y a d’ailleurs guère de réseau suffisant de poubelles sur place.

L’effondrement de la biodiversité et l’enlaidissement du site sont déjà très avancés (depuis 1997-1998 selon nos indicateurs), l’érosion génétique (perte d’espèces, uniques ou remarquables pour la plupart) et la désertification sont en marche. Les récentes années de sècheresse ont montré avec acuité l’effet amplificateur et multiplicatif de la pression humaine, proche de celle d’un rouleau compresseur.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

Qualitativement, et pour se limiter aux seuls Papillons diurnes, le site est passé en moins de dix années d’un cortège de 53 à 18 entités spécifiques. Quantitativement, aucune des espèces subsistantes ne fait preuve d’un bon effectif. Exception faite d’une seule (
Cigaritis monticola), toutes les espèces remarquables (celles sensibles et bioindicatrices) ont été évincées. La perte est très regrettable pour des Papillons comme : Zerynthia rumina, sur Aristolochia paucinervis (dont c’était la localité à plus forte dynamique du Moyen Atlas), Euchloe tagis sur Iberis odorata atlantica (disparu du Maroc), Melitaea aetherie sur Cynara spp. et Centaurea spp. (partout en voie d’extinction), Euphydryas aurinia sur Lonicera spp. (espèce protégée par la Convention de Berne, qui en interdit la destruction des habitats, et qui jouit de très peu de localisations au Maroc), Euphydryas desfontainii sur Knautia arvensis (recul national général sous la surexploitation du pâturage), Argynnis aglaia lyauteyi sur Viola maroccana (l’un des subendémiques sylvicoles les plus précieux du Maroc, quasiment disparu du Moyen Atlas où il ne fréquentait que les niches frondicoles perhumides), Argynnis auresiana sur Viola spp. (commentaires identiques que pour le précédent), Zygaena maroccana harterti sur Ononis spinosa et Z. alluaudi alluaudi sur Coronilla minima, etc.

Quelques autres espèces avaient déjà été biffées du Val Tizguite, préalablement à la grande razzia actuelle. Il s’agissait de :
Zygaena elodia, décrite de la Cascade des Vierges par Powell, dès 1934, et dont la plante nourricière de la larve (Coronilla valentina) ne résiste pas à la dent du cheptel (il n’en demeure que quelques pieds au-dessus du Refuge…) ; Zygaena trifolii lachiveri sur Lotus spp., découverte à la Source Vittel en 1986 et disparue quelques années après (station piétinée) ; voire de la Piéride de la Moutarde (Leptidea sinapis), sur diverses Légumineuses, dont Ifrane fut le temps de quelques observations (1971) l’unique habitat de toute l’Afrique du Nord.

En raison de leur moindre exposition, les Coléoptères conservent un contingent appréciable. Le relevé des Odonates n’a pu être fait exhaustivement en 2006, mais plusieurs visites n’ont pas indiqué le maintien global du considérable patrimoine qui reignait sur les lieux. Auparavant, certains taxa y pullulaient. Les Zygoptères
Pyrrhosoma nymphula (endémique marocain quasi exclusif à ce site), Calopteryx exus (endémique nord-africain) et l’Anisoptères Cordulegaster princeps (endémique strictement atlasique) se sont néanmoins maintenus, mais avec une dynamique qui indique clairement un recul des conditions ambiantes favorables et un risque d’extinction. Il convient d’examiner la liste ci-dessus datant des années 80, et qui pourrait être augmentée de quelques espèces supplémentaires des années 72 (H.J. Dumont obs., in Jacquemin, 1999) et des années 50 (Aguesse P. et Pruja J.P. obs., in Jacquemin, 1999 ), pour atteindre une trentaine de taxa, soit la totalité des Libellules du Moyen Atlas, et plus de la moitié nationale, seulement au fil des quelques méandres de l’oued qui alors, s’écoulait généreusement dans un superbe vallon herbeux. Par leur perte considérable, les Libellules indicatrices témoignent bien que la gestion écologique fut ici encore plus déplorable qu’ailleurs.

Ce Val d’Ifrane a donc toujours représenté un réservoir génétique de tout premier ordre, et jamais appréhendé comme tel en raison de la compétition de l’Homme pour les rivages ombragés lors de la belle saison, de la proximité des grandes villes, de la démographie et du récent avènement au Maroc de la société des loisirs et de sa ruée vers le grand air, activité malheureusement mal comprise, soumise au laxisme le plus total et qui engendre même l’attitude ravageuse et délinquante d’un certain public.

En déclin galopant, tout ou partie du site mais pourrait être encore sauvegardé. Certaines espèces sont à l’évidence déjà perdues, notamment celles liées à la ripisylve et aux espaces prairiaux. Mais une recolonisation de quelques autres, repliées sur les zones collinéennes ou confinées dans le périmètre clos de l’Université Al-Akhawayn, est envisageable. Les actions urgentes consisteraient en une renaturation des lieux (réhabilitation écologique de l’espace dégradé), une régénération des eaux par l’assainissement de l’oued et l’arrêt du déversement des égouts et des eaux domestiques usées (agissement parfaitement inconscient !), une mise en repos (réserve temporaire et fermée) alternée de plusieurs secteurs, par exemple sur un plan décennal. Les zones ouvertes au public devraient être dotées d’une vigilance rigoureuse (ce qui est loin d’être le cas de la part des gardes municipaux des F.A. et des gardes champêtres mandatés) et de certaines prohibitions fermes. Ces dernières concerneraient 
in primis le parcage des véhicules en sous-bois et sur les prairies (aménagement d’une aire adéquate, même éloignée, promouvoir un peu la marche va de pair avec la sensibilisation à la Nature…) ; un code de conduite est à imposer (affichage, surveillance par une police municipale écologique) ; interdiction pour les riverains et les visiteurs de procéder aux lavages des véhicules, des tapis et du linge dans l’oued (pratique actuellement trop ancrée dans les mentalités locales) ; pâture interdite ; prélèvement, persécution et massacre de la faunule rigoureusement poursuivie (le lance-pierre à l’encontre des Passereaux est encore d’usage courant, tout comme la cruelle et imbécile tuerie des Reptiles et des Amphibiens) ; prohibition de toute cueillette et atteinte à l’intégrité des plantes et des arbres ; limiter le piétinement par le respect des sentiers et des pistes ; évincer ou limiter grandement les promenades à cheval, actuellement envahissantes (compaction du sol, par place dénudé par le pacage des chevaux) ; interdire la collecte et la vente de l’Écrevisse à pied rouge ; respecter un fauchage tardif (les agents municipaux fauchent dès mai, ce qui induit une mortalité considérable des Invertébrés phytophages dont le cycle larvaire n’est pas bouclé) ; limiter l’aménagement du Val en Parc de ville (la partie ainsi transformée est défigurée et largement appauvrie) ; lutter légalement contre l’approche de l’urbanisation (de plus en plus d’immeubles émergent à proximité du site) ; etc.

De telles mesures s’inscrivent dans l’objectif légitime consistant à gérer et à exploiter le biopatrimoine de la Province d'une manière rationnelle et pérenne, en concertation et au bénéfice de la collectivité et des usagers, tout en préservant l'environnement et la biodiversité.

Enfin, le cas du dernier Papillon remarquable « qui s’accroche » au site « contre vents et marées » mériterait quelques mesures concrètes et immédiates. Spatialement circonscrit sur une pelouse calcicole qui couvre le versant en orée de la chênaie verte, immédiatement au-dessus de la piste d’accès à la Source Vittel (peu après le péage côté de la Maison forestière), le Cuivré marocain (
Cigaritis monticola) est une fine espèce endémique au seul Maroc et ne bénéficie que de 13 stations (Moyen Atlas central et Haut Atlas oriental). Ce Lycène est myrmécophile et vit en association avec la Fourmi Crematogaster laestrygon. La plante-hôte est Coronilla minima, très présente sur les lieux. En mai 2006, le Papillon était toujours repérable, mais d’un effectif amoindri. La promiscuité avec la circulation automobile engendre un dérangement certain. La sauvegarde consisterait, pour le moins, à fermer ce modeste espace pour le mettre hors de portée du moindre dégât écologique pouvant provenir de la fréquentation humaine.




Termilat (DE)

Situation : Oued Tizguite, en amont d’Ifrane, par la R 707 direction de Boulemane et avant le carrefour pour la Vallée des Roches (secteur entre Termilat et Ayoun-Bou-Imtassene).
Altitude : 1600-1700 m.
Latitude : 33,46621 N.
Longitude : -5,09828 W.
Typologie du milieu : Prairies de la ripisylve, pelouse du causse.
Essences forestières majeures : Peuplier, Chêne vert, (+ Cyprès d’Arizona).
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Prairies sur les rives de l’Oued Tizguite et causse du côté opposé de la route (espace jouxtant la piste à Ras-el-Ma)
(Rh, Zy) :

Relevés 2006 (ouverture au public sans aucune gestion, ou avec une gestion inadéquate) =

Pieris rapae mauretanica
Polyommatus icarus celina
Cynthia cardui
Lasiommata megera vividissima

Relevés 1992-1997 (avant l’hyper fréquentation récréative) =

Aporia crataegi mauretanica
Pieris brassicae
P. rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
Zegris eupheme maroccana !
Anthocharis belia belia
Colias croceus croceus
Gonepteryx rhamni meridionalis
G. cleopatra cleopatra
Lycaena phlaeas
Celastrina argiolus mauretanica
Pseudophilotes ab. abencerragus
P. bavius fatma !!
Aricia agestis cramera
Polyommatus icarus celina
P. thersites meridiana !!
P. punctifera
Nymphalis polychloros erythromelas Vanessa atalanta
Cynthia cardui
Polygonia c-album imperfecta
Melitaea cinxia eupompe !
M. phoebe punica
M. didyma occidentalis
Euphydryas desfontainii gibrati !
Argynnis pandora seitzi
A. auresiana maroccana !
Issoria lathonia
Melanargia lucasi meadewaldoi
Hipparchia caroli !
H. algiricus
H. statilinus sylvicola !
Chazara briseis major
Maniola jurtina jurtina
Hyponephele maroccana nivellei
H. lupina mauritanica
Coenonympha lyllus
Pararge aegeria aegeria
Lasiommata megera vividissima
Zygaena loyselis ungemachi !
Z. favonia cadillaci !
Z. beatrix felicina
Z. youngi youngi !
Z. maroccana harterti !
Z. alluaudi alluaudi !

Usages et pratiques de gestion :

Pacage et séjour des troupeaux.

Impacts et menaces :

Tout le site (causse, ripisylve et prairies) a été dégarni, défiguré, dénaturé, les arbres mutilés (bois de chauffe), les eaux souillées. La vieille peupleraie est largement détruite.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

Plus en amont sur l’Oued Tizguite, ce site était récemment très complémentaire de celui précédent de la Source Vittel et de ses environs. La présence de l’excellent Pseudophilotes bavius fatma sur Salvia argentea (forte population jusque dans les années 95, exclusif au Moyen Atlas central où il est présentement partout éteint ou en recul) et du rare Polyommatus thersites meridiana sur Onobrychis peduncularis (indigène des seuls alentours d’Ifrane où c’est l’unique endémovicariant africain de l’espèce), conféraient à ce site toute son originalité et sa valeur patrimoniale. Le cortège odonatoptérique originel était ici affin à celui du site en aval et analysé précédemment, avec un même type de déclin qualitatif (espèces) et quantitatif (effectifs), bien que la fréquentation citadine perturbante soit moins forte et que la destruction ponctuelle soit surtout celle de l’habitat terrestre.

Il conviendrait de redynamiser la flore par une mise en défens de la ripysylve et des prairies avoisinantes, d’alléger la charge pastorale du causse supérieur à la route, et ce, jusqu’à la piste qui rejoint Ras-el-Ma (anciennes stations très prolixes en entomofaune et d’une grande diversité floristique). La gestion de la décharge située non loin demande aussi quelques réajustements.



Forêt d’Aït-Youssi Amekla

Situation : R 707 à Boulemane, premiers kilomètres après le carrefour au Tizi-n-Tretten, sur le Canton Lalla Mimouna (Jbel Ichiqattaène).
Altitude : 1750-1900 m.
Latitude : 33,46798 N.
Longitude : -4,99074 W.
Typologie du milieu : Cédraie mixte.
Essences forestières majeures : Cèdre, Chêne vert.
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Espaces herbacés en lisière et dans les clairières de la forêt assez dense
(Rh, Zy) :

Relevés 2006 =

Aporia crataegi mauretanica

Pieris brassicae
P. rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
Colias croceus croceus
Gonepteryx rhamni meridionalis
G. cleopatra cleopatra
Satyrium esculi mauretanica
Lycaena phlaeas
Aricia agestis cramera
Polyommatus icarus celina
Nymphalis polychloros erythromelas
Cynthia cardui
Argynnis pandora seitzi
Melanargia lucasi meadewaldoi
Hipparchia caroli !
H. algiricus

Usages et pratiques de gestion :

Parcours ; exploitation forestière.

Impacts et menaces :

Faibles. Ébranchage et écimages sporadiques.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

La modestie du cortège lépidoptérique connu de ce secteur s’explique censément par la gamme floristique restreinte, conséquence d’une forêt assez fermée et d’une prééminence parfois quasi monospécifique du Cèdre (la cédraie pure est nulle du point de vue entomologique !). Le site suivant, pourtant très proche, le dominait en qualité et en quantité, du moins au temps tout récent (jusqu’en 2003) de sa splendeur. La Forêt d’Aït-Youssi
compte néanmoins quelques Satyrines sylvicoles et mérite de figurer dans la nomenclature du PNI.




Tizi-n-Tretten (= Tizi-n-Ighatene) et MF de Boutroubay (DE)

Situation : P 7231, au col sur les deux versants, et rive de la route du côté de la MF sur plusieurs kilomètres en direction de Mischliffen
Altitude : 1870-1970 m.
Latitude : 33,46621 N.
Longitude : -5,09828 W.
Typologie du milieu : Cédraie mixte.
Essences forestières majeures : Chêne vert et Cèdre.
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Prairies mésophiles en lisière, reboisement et orée forestière 
(Rh, Zy, Cf) :

Relevés 2006 (suite à une ouverture de deux saisons aux parcours) =

Rh, Zy 

Pieris rapae mauretanica
Pontia daplidice

Colias croceus croceus
Lycaena phlaeas
Aricia agestis cramera

Polyommatus icarus celina

Cynthia cardui

Cf :

Quelques Cetonidae et Meloidea (Mylabris spp.), sans plus.

Relevés 1992-2003 (maintien d’un côté de la route en défens) =

Rh, Zy 

Papilio machaon mauretanica
Aporia crataegi mauretanica
Pieris brassicae
P. rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
E. belemia distincta
E. charlonia charlonia
Zegris eupheme maroccana !
Anthocharis belia belia
Colias croceus croceus
Gonepteryx rhamni meridionalis
G. cleopatra cleopatra
Quercusia quercus iberica
Satyrium esculi mauretanica
Callophrys rubi fervida
Lycaena phlaeas
Lampides boeticus
Leptotes pirithous
Cupido lorquinii !
Celastrina argiolus mauretanica
Pseudophilotes ab. abencerragus
P. bavius fatma !!
Aricia agestis cramera
Cyaniris semiargus maroccana !
Polyommatus icarus celina
P. thersites meridiana !!
P. punctifera
Nymphalis polychloros erythromelas
Vanessa atalanta
Cynthia cardui
Melitaea cinxia eupompe !
M. phoebe punica
M. aetherie algirica !!
M. didyma occidentalis
Euphydryas desfontainii gibrati !
Argynnis pandora seitzi
A. auresiana maroccana !
Issoria lathonia
Melanargia lucasi meadewaldoi
M. occitanica moghrebiana !
Hipparchia caroli !
H. algiricus
H. statilinus sylvicola !
Chazara briseis major
Ch. prieuri kebira !!
Maniola jurtina jurtina
Hyponephele maroccana nivellei
H. lupina mauritanica
Coenonympha lyllus
Pararge aegeria aegeria
Lasiommata megera vividissima
Zygaena loyselis ungemachi !
Z. favonia cadillaci !
Z. youngi youngi !
Z. alluaudi alluaudi !
Z. algira ifranica !

Cf :

Les floricoles sont fortement représentés, les fleurs de Carduacées notamment très visitées.

Buprestidae (
Anthaxia pleuralis, A. nigritula, Phaenops marmottani, etc.), Cerambycidae (Purpuricenus desfontainii, Strangalia sp., etc.), Scarabaeidae (présence pléthorique de Glaphyrus opulentus), Cetonidae, Meloidea (plusieurs espèces de Mylabris).

Usages et pratiques de gestion :

Secteur habituellement en défens, non clôturé et très bien surveillé, l’autre côté de la route (littéralement tondu et décapé depuis des lustres) étant voué au parcours sédentaire. Les années sèches de 2004 et 2005 ont vu l’interdiction de pacager suspendue, et ce fut la ruée des Ovins et des Caprins, avec une charge inconsidérée et permanente, sans la moindre réserve. De nouveau en repos au printemps 2006, si la pluie tenace a permis à la flore de retrouver un certain dynamisme, exception faite de quelques vétilles ubiquistes ou migratrices, il nous fut impossible lors de plusieurs visites d’y retrouver l’ombre des Papillons et des Coléoptères qui y séjournaient par myriades. C’est ainsi un cas d’école pour qui tend à affirmer qu’un regain végétal et florifère sous-entend un identique et aussi rapide retour des Invertébrés. Après une surexploitation pastorale, la biodiversité reste amputée à long terme.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

Il suffit de parcourir la liste de nos relevés habituels depuis 1992 pour apprécier l’ampleur du mal commis par une ouverture inconsidérée à une charge bien trop lourde et presque statique de l’oviculture. De la vingtaine de Papillons emblématiques qui volaient ici, il ne reste rien.

En raison de la grande valeur de ces prairies, nous en suggérons la mise en protection indéfectible, gageant qu’une recolonisation, au moins partielle, sera possible sur un programme décennal. Entre Ifrane et Mischliffen, ce paysage forestier de toute beauté gagnerait à être sauvegardé à l’usage du tourisme rural. Traditionnellement établie sur une bonne moitié de la localité, l’oviculture dispose de ses propres parcours. Une mainmise de l’oviculture sur la globalité de la cédraie, capital vert alors usurpé à l’humanité, peut être estimée inique.



Lachmine Ikattaene

Situation : par la route P 7231, reboisement clôturé à gauche de la route, deux kilomètres une fois passé Mischliffen, parcelles 78 et 79.
Altitude : Ca. 1900 m.
Latitude : 33,37607 N.
Longitude : -5,09611 W.
Typologie du milieu : Reboisement en Cyprès d’Arizona en cédraie.
Essences forestières majeures : Cèdre, Chêne vert, (+ Cyprès d’Arizona).
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Lisières et trouées herbacées du reboisement, collines écorchées adjacentes
(Rh, Zy) :

Relevés 2006 =

Pieris rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
Colias croceus croceus
Tomares mauretanicus antonius
Lycaena phlaeas
Aricia agestis cramera
Polyommatus icarus celina
P. punctifera
Cynthia cardui
Melitaea phoebe punica

Euphydryas desfontainii gibrati
!
Argynnis pandora seitzi
Issoria lathonia
Hipparchia algiricus
Coenonympha lyllus


Usages et pratiques de gestion :

Périmètre en défens, clôturé, en reboisement (Cyprès d’Arizona) et en régénération (Cèdre).

Impacts et menaces :

Aucune, si ce n’est l’irruption illégale et assez fréquente des troupeaux.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

Il est intéressant de constater la lente mais certaine colonisation de certains Lépidoptères dans ce beau reboisement, favorisé par la cédraie mixte qui le ceint.

Une meilleure surveillance s’impose et le maintien à long terme de la protection, sans abrogation en années sèches, permettra à la flore et à l’entomofaune d’atteindre son apogée.



Mischliffen

Situation : P 7231 à l’ouest de la station, et route forestière (en boucle) d’accès à la caldeira (vaste cratère) de Mischliffen.
Altitude : 1860-1920 m.
Latitude : 33,67607 N.
Longitude : -5,09611W.
Typologie du milieu : Cédraie mixte.
Essences forestières majeures : Cèdre et Chêne vert.
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Montagnard méditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Sous-bois de la futaie fermée de Cèdres sur la P 7231 (sol épais de la litière) 
(Cc) :

Relevés 2006 =

Carabus favieri fezzanus
Nomius pygmaeus
Philochtus lunulatus
Platyderus ifranensis
Lebia trimaculata

- Lisière de la chênaie verte sur la RF qui descend à Mischliffen 
(Rh, Zy) :

Relevés 2006 =

Pieris brassicae
P. rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
Anthocharis belia belia
Colias croceus croceus
Gonepteryx rhamni meridionalis
G. cleopatra cleopatra
Satyrium esculi mauretanica
Callophrys rubi fervida
Aricia agestis cramera
Nymphalis polychloros erythromelas Vanessa atalanta
Cynthia cardui
Polygonia c-album imperfecta
Melitaea didyma occidentalis
Argynnis pandora seitzi
Hipparchia caroli !
H. algiricus
Lasiommata megera vividissima

- Formation herbacée de la caldeira 
(Rh, Zy, Cc, Cf ) :

Relevés 2006 =

Rh, Zy :

Pieris brassicae

P. rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
Zegris eupheme maroccana !
Colias croceus croceus
Gonepteryx rhamni meridionalis
G. cleopatra cleopatra
Cigaritis monticola !!
Tomares ballus ballus
Lycaena phlaeas
Aricia agestis cramera
Polyommatus icarus celina
P. punctifera
Cynthia cardui
Melitaea cinxia eupompe !
M. phoebe punica
M. didyma occidentalis
Euphydryas desfontainii gibrati !
Argynnis pandora seitzi
Issoria lathonia
Melanargia lucasi meadewaldoi
Zygaena youngi youngi !
Z. alluaudi alluaudi !

Cc :

Cincindela campestris atlantis
C. segonzaci

Carabus rugosus rugosus
C. favieri fezzanus
Apotomus rufus

Poecilius quadricollis
P. purpurascens
Angoleus nitidus
Olisthopus fuscatus
Platyderus ifranensis

Calatus fuscipes algiricus
Percosia perabdita
Parophonus
sp.
Cryptophonus tenebrosus
Phloezeteus mauritanicus
Cf :

Buprestidae (Anthaxia pleuralis, Phaenops marmottani, etc.), Cetonidae et Meloidea (Mylabris spp.).

Usages et pratiques de gestion :

Le site est tenu à l’écart du sylvo-pastoralisme, du moins la cédraie mixte immédiatement au nord et les prairies de la caldeira. L’exploitation forestière s’y résume à l’exploitation des Cèdres morts.

Impacts et menaces :

Aucune et il ne semble pas que l’exploitation hivernale des lieux pour les sports d’hiver ne laisse de séquelles sur l’environnement, sans doute de sa brièveté/sporadicité.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

D’excellent Carabiques indicateurs témoignent pour la santé du sous-bois et de son substrat humifère, les floricoles et les Papillons diurnes ne se manifestent néanmoins pas en très grand nombre et peu d’espèces emblématiques sont présentes. De magnifiques pans d’
Iberis odorata garnissent les bermes et les talus de la route mais Euchloe tagis atlasica qui y est habituellement inféodé, ne s’y manifeste pas. Ces carences sont probablement la conséquence du microclimat très froid qui persiste ici jusque tard en saison.

L’avenir du site, vu sous l’axe désormais incontournable du développement durable, est en contradiction avec certains projets de promouvoir ici une méga station de sports d’hiver. L’espace apparaît comme bien trop modeste pour une telle ambition et un déboisement serait à la clé de la malheureuse initiative, accompagnée d’une méga infrastructure.



Jbel Hebri

Situation : Parcelle sommitale au-dessus de la N 13, peu après le carrefour avec la P 7231, en direction de Midelt.
Altitude : 1920-2100 m.
Latitude : 33,37607 N.
Longitude : -5,09611 W.
Typologie du milieu : Cédraie mixte et pâturages.
Essences forestières majeures : Cèdre, Chêne vert
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Montagnard méditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Pelouse calcicole d’un versant, espaces herbacés en lisière (brometum dès juin) et trouées de la vieille cédraie sur la partie sommitale, le tout hors pâturage (lequel est mitoyen juste à l’étage inférieur du plateau) (Rh, Zy) :

Relevés 2006 =

Pieris rapae mauretanica
Euchloe crameri melanochloros

Colias croceus croceus
Gonepteryx cleopatra cleopatra
Satyrium esculi mauretanica
Aricia agestis cramera
Polyommatus icarus celina
P. punctifera
Nymphalis polychloros erythromelas
Cynthia cardui
Melitaea phoebe punica
Argynnis pandora seitzi
Melanargia lucasi meadewaldoi
M. occitanica moghrebiana !
Hipparchia caroli !
H. algiricus
H. hansii colombati
!
(Obs. IX-1999)
Hipparchia statilinus sylvicola !
Maniola jurtina jurtina
Hyponephele maroccana nivellei
Coenonympha lyllus
Lasiommata megera vividissima
Zygaena youngi youngi !

Usages et pratiques de gestion :

Régénération et reboisement, périmètres en défens, clôturés.

Impacts et menaces :
Aucun.
A noter que la plupart des autres reboisements du secteur (entre Hebri et la descente sur Azrou, des deux côtés de la N 13), pourtant en défens et clôturés, ne recèlent qu’une piètre diversité entomologique, sur un sol sans diversité botanique. Est-ce la conséquence du pâturage furtif et destructif (innombrables indices) qui s’y manifeste de façon réitérée, ou d’un historique pastoral trop « cuisant » pour la biodiversité et hypothéquant toute remontée écologique ?

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

Site de moyen intérêt biologique mais c’est l’une des seules stations habitée par l’entomofaune sur tout ce plateau tant dégarni par des siècles d’errances forestières et d’abus pastoraux. Il serait donc bon d’assurer le futur de ce périmètre et d’utiliser certains de ses Lépidoptères sylvicoles sensibles comme outils de biosurveillance et de suivi.



Région d’Azrou

Plateau d’Ito (ZM) (DE)

Situation : N 13 Azrou – El-Hajeb, du début du plateau jusqu’au belvédère.
Altitude : Ca 1400 m.
Latitude : 33,46238 N.
Longitude : -5,31334 W.
Typologie du milieu : Prairies mésophiles et matorral en brosse.
Essences forestières majeures : Afforestation.
Bioclimat : Subhumide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Prairies asylvatiques afforestées, quelques mouillères, zones lacunaires et parties sommitales lapilleuses (
Rh, Zy) :

Relevés 2006 (ouverture aux parcours) =

Pieris rapae mauretanica
Lasiommata megera vividissima


Plus le moindre Coléoptère floricole, faute notamment de ressources nectarifères.

Relevés 1992-2003  (période en défens) =

Zerynthia rumina africana !
Iphiclides feisthamelii
Papilio machaon mauretanica
Pieris brassicae
P. rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
E. belemia distincta
Colias croceus croceus
Gonepteryx cleopatra cleopatra
Cigaritis allardi occidentalis !
Callophrys rubi fervida
Tomares ballus ballus
Lycaena phlaeas
Cupido lorquinii !
Pseudophilotes ab. abencerragus
P. bavius fatma !!
Aricia agestis cramera
Cyaniris semiargus maroccana !
Polyommatus icarus celina
P. punctifera
Cynthia cardui
Melitaea cinxia eupompe !
M. phoebe punica
M. aetherie algirica !!
M. didyma occidentalis
Euphydryas desfontainii gibrati !
Argynnis pandora seitzi
Melanargia lucasi meadewaldoi
M. ines colossea
Hipparchia hansii colombati !
Maniola jurtina jurtina
Coenonympha lyllus
Lasiommata megera vividissima
Zygaena loyselis ungemachi !
Z. favonia borreyi
Z. zuleima harchaica !
Z. orana contristans !

Les Coléoptères floricoles se manifestaient en très grande abondance.

Usages et pratiques de gestion :

Mis à disposition de parcours surnuméraires, après plusieurs décennies de maintien en défens, motivé par un considérable reboisement d’essences variées.

Impacts et menaces :

La ruée sur ces prairies a anéanti tous les efforts en amont, y compris les velléités du reboisement de tout le plateau dont les sujets sont maintenant abroutis, mutilés et affaiblis par le cheptel caprin qui, pour le pire, ne manque pas d’accompagner celui ovin. Les prairies (cf. photos de ce qu’elles étaient précédemment) n’existent plus, les mouillères sont desséchées, le sol est dégarni, décapé, squelettique par places. Toute biocénose a rendu l’âme, notamment l’herpétofaune qui y était fort riche et l’entomofaune, ainsi que l’avifaune qui y était liée. Les petits Mammifères ont censément déserté les lieux.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

Le site, dans son immensité et l’hétérogénéité de ses reliefs collinéens et tabulaires, avec un panel floristique à nul autre pareil pour la région, abritait de très nombreux Papillons à valeur patrimoniale (voir relevé), tous d’un dynamisme populationnel remarquable. C’était là les plus denses localisations de :
Pseudophilotes bavius fatma, Melitaea aetherie algirica, Euphydryas desfontainii gibrati, Hipparchia hansii colombati, Zygaena loyselis ungemachi et Z. orana contristans. C’est l’une des plus belles réserves du Vivant qui vient d’être biffée du biocapital marocain.



Alentours du Tizi-Oughmart (SP)
(
Voir à mieux définir la toponymie de ce site, à l’ouest du Tizi, sous la RN 8, par un lieu-dit, des références de parcelles, etc.)

Situation : Au nord-est d’Azrou, piste depuis Ougmas (Sidi Caber) – sous la N 8 - jusqu’à rejoindre au nord-est la route de Ben-Smine.
Altitude : 1500-1600 m.
Latitude : 33,46434 N.
Longitude : -5,20582 W.
Typologie du milieu : Prairies, cultures et chênaie.
Essences forestières majeures : Chêne vert, Chêne zéen.
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Friches ceignant le mausolée et prairies à fauche tardive, près Ougmas, entre la piste et la N 8 
(Rh, Zy) :

Relevés 2006 =

Iphiclides feisthamelii
Papilio machaon mauretanica
Pieris brassicae
P. rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
E. belemia distincta
E. charlonia charlonia
Colias croceus croceus
Tomares ballus ballus

Lycaena phlaeas
Leptotes pirithous
Pseudophilotes ab. abencerragus
Polyommatus icarus celina
P. punctifera
Cynthia cardui
Melitaea phoebe punica
M. aetherie algirica !!
Euphydryas desfontainii gibrati !
Melanargia lucasi meadewaldoi
Maniola jurtina jurtina
Hyponephele lupina mauritanica
Coenonympha lyllus
Lasiommata megera vividissima
Zygaena loyselis ungemachi !
Z. maroccana harterti !
Z. orana tirhboulensis
- Trouées de la zénaie et de la chênaie verte arbustive (Rh, Zy, Cf) :

Relevés 2006 =

Rh, Zy :

Iphiclides feisthamelii

Aporia crataegi mauretanica
Pieris brassicae
P. rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
Anthocharis belia belia
Colias croceus croceus
Gonepteryx rhamni meridionalis
G. cleopatra cleopatra
Quercusia quercus iberica
Satyrium esculi mauretanica
Callophrys rubi fervida
Lycaena phlaeas
Cupido lorquinii !
Celastrina argiolus mauretanica
Aricia agestis cramera
Polyommatus icarus celina
P. punctifera
Nymphalis polychloros erythromelas Vanessa atalanta
Cynthia cardui
Polygonia c-album imperfecta
Melitaea phoebe punica
M. didyma occidentalis
Euphydryas aurinia ellisoni !
Argynnis pandora seitzi
A. aglaia lyauteyi !!
A. auresiana maroccana !
Issoria lathonia
Melanargia lucasi meadewaldoi
Hipparchia caroli !
H. algiricus
H. statilinus sylvicola !
Maniola jurtina jurtina
Coenonympha lyllus
Pararge aegeria aegeria
Lasiommata megera vividissima

Cf :

Quelques Buprestidae, présence fournie de
Purpuricenus desfontainii (Cerambycidae) et de Cetonidae (fleurs de Carduacées très chargées), Scarabaeidae (Glaphyrus opulentus) et Mylabris spp. (Meloidea).

- Bermes des layons et substrat organique du sous-bois (
Cc) :

Relevés 2006 =

Calosoma sycophanta
Carabus favieri fezzanus
Philochtus lunulatus
Steropus globosus pecoudi
Metadromius lateplagiatus


Usages et pratiques de gestion :

Protection maraboutique pour ce qui concerne les alentours du mausolée ; gestion forestière pour la zénaie et la chênaie verte en rejet, présentement périmètre en défens (non clôturé).

Impacts et menaces :

Aucun.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

Remarquable mosaïque d’habitats que nous proposons avec enthousiasme comme site pilote écotouristique. Les valeurs paysagères et forestières sont rehaussées par la qualité florifère des prairies, des clairières et des bermes de la piste, la présence de myriades de Coléoptères et d’un cortège lépidoptérique attractif et enveloppant plusieurs espèces patrimoniales. C’est peut-être l’ultime localisation moyen-atlasique d’
Argynnis aglaia lyauteyi, endémique des niches boisées perhumides, partout persécuté par la pression humaine et transfuge notoire de la biodiversité posthume de la Source Vittel. Sur les belles prairies humides et non pâturées (?), ceignant le mausolée qui trône sur une colline volcanique immédiatement au sud-ouest de la formation forestière, vole Melitaea aetherie (colonie résiduelle mais d’autant plus précieuse que la très forte population d’Ito vient d’être éradiquée) et un dème extraordinairement fourni de Zygaena orana (moins de 20 implantations au Maroc) sur Onobrychis argentea. Les prairies et les cultures traditionnelles en lisière inférieure de la forêt sont ourlées et ponctuées de vieux halliers, de haies vives, de grands ronciers et de mégaphorbiées dont l’effet d’appel est de tout premier ordre pour l’entomofaune et la zoocénose en général.



Environs d’Ougmas (ZM)

Situation : Premiers kilomètres de la route touristique qui mène de la N 8 au Cèdre Gouraud, au niveau de la ferme à gauche et avant l’entrée dans la forêt.
Altitude : Ca 1500 m.
Latitude : 33,46434 N.
Longitude : -5,20582 W.
Typologie du milieu : Pâturages.
Essences forestières majeures : Aucune sur place, mais la cédraie est mitoyenne.
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Prairie mésophile et florifère enrichie de halliers et d’épinaies d’Aubépine, ceintes d’espaces culturaux
(Rh, Zy, Cf, Cc) :

Relevés 2006 =

Rh, Zy :

Z
erynthia rumina africana !
Iphiclides feisthamelii
Papilio machaon mauretanica
Aporia crataegi mauretanica
Pieris brassicae
P. rapae mauretanica
Pontia daplidice

Euchloe crameri melanochloros
E. belemia distincta
Colias croceus croceus
Tomares ballus ballus
Lycaena phlaeas
Polyommatus icarus celina
Cynthia cardui
Melitaea phoebe punica
M. aetherie algirica !!
Euphydryas desfontainii gibrati !
Melanargia lucasi meadewaldoi
Maniola jurtina jurtina
Coenonympha lyllus
Zygaena favonia borreyi

Cf :

Buprestidae (
Anthaxia pleuralis, A. nigritula, Phaenops marmottani, etc.), Scarabaeidae (Glaphyrus opulentus). Cetonidae, Meloidea (Mylabris spp.).

Cc (pierriers) :

Carabus rogosus rugosus
Poecilius crenulatus mauritanicus
P. purpurascens
P. vicinus
Angoleus baeticus
Olisthopus fuscatus
Amara eurynota
A. famelica
Percosia perabdita
Amblystomus escorialensis
Iberocarterus tazekensis
Carterus gracilis
C. microcephalus
C. gilvipes
Ditomus tricuspidatus
Ophonus
spp.
Typsiharpalus azruensis

Usages et pratiques de gestion :

Pâturage généralement de faible charge.

Impacts et menaces :

La tendance à un pacage trop peu mobile de quelques troupeaux sédentaires porte atteinte à la densité végétale et tend à dénuder le sol, surtout les années de déficit hydrique

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

La présence ici d’une forte colonie de
Zerynthia rumina africana (subendémique maghrébin d’un atlanto-méditerranéen de valeur) en habitat ouvert, marque la santé de cette prairie où le maintien de la plante-hôte (Aristolochia paucinervis) est assuré par de nombreux pierriers protecteurs. D’autres Papillons praticoles intéressants sont associés. La Carabofaune, les floricoles et les coprophages font preuve d’abondance.

Le maintien de petits champs céréaliers (qui tendent à la déprise), mitoyens à la grande prairie, est essentiel car ils font office de refuges électifs pour les Papillons effarouchés lorsque se manifeste le passage perturbant du cheptel.



Sud du Cèdre Gouraud

Situation : Depuis le lieu-dit Moudmame (parcage aménagé), tronçon de la piste à mi-chemin entre la N 13 et le Cèdre Gouraud
Altitude : Ca 1800 m.
Latitude : 33,37421.
Longitude : -5,20354.
Typologie du milieu : Cédraie mixte.
Essences forestières majeures : Cèdre, Chêne vert.
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Lisière et de la forêt assez dense
(Rh, Zy) :

Relevés 2006 =

Satyrium esculi mauretanica

Argynnis pandora seitzi
Hipparchia caroli !
H. algiricus
H. statilinus sylvicola !
Lasiommata megera vividissima

- Litière organique du sous-bois (humus, rochers, pierriers) 
(Cc) :

Relevés 2006 =

Carabus favieri fezzanus
Nomius pygmaeus
Platyderus ifranensis
Pseudomasoreus canigouensis chaudoiri
Phloezetus mauritanicus

Lebia trimaculata
Syntomus barbarus


Usages et pratiques de gestion :

Gestion forestière, parcours.

Impacts et menaces :

Les menaces sont surtout générées par le trafic engendré par la proximité du Cèdre Gouraud, attraction séculaire qui appelle une forte fréquentation récréative, avec piétinement, pollutions diverses, tapage et risques d’éviction des composantes zoologiques.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

Toute la zone conserve une bonne faunule sylvicole qu’il conviendrait de mettre à l’abri des perturbations émanant de la fréquentation touristico-récréative par une gestion plus rapprochée des lieux et de leurs attraits non naturalistes.



Forêt d’Azrou

Situation : Route N 13, au-delà de la pente d’Ajellab, depuis le Canton de Belfassi, en passant par Moudmame et jusqu’au plateau des pâturages du Canton d’Ichou-Ou-Harrouk (plusieurs stations d’échantillonnages).
Altitude : 1550-1850 m.
Latitude : 33,37421 N.
Longitude : -5,20354 W.
Typologie du milieu : Cédraie mixte, chênaie.
Essences forestières majeures : Cèdre, Chêne vert, Chêne zéen.
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Clairières herbacées de la forêt dense, quasiment paraclimacique
(Rh, Zy, Cf) :

Relevés 2006 =

Rh, Zy :

Pieris rapae mauretanica
Anthocharis belia belia
Gonepteryx cleopatra cleopatra
Satyrium esculi mauretanica
Lycaena phlaeas
Lampides boeticus
Celastrina argiolus mauretanica
Aricia agestis cramera
Polyommatus icarus celina
Nymphalis polychloros erythromelas Cynthia cardui
Euphydryas desfontainii gibrati !
Argynnis pandora seitzi
Hipparchia caroli !
H. algiricus
H. statilinus sylvicola !
Pararge aegeria aegeria
Lasiommata megera vividissima

Cf :

Buprestidae (
Anthaxia pleuralis, A. nigritula, Phaenops marmottani, etc.) et surtout Cetonidae.

- Sous-bois d’une haute chênaie verte, trouées humides (l’une des stations est agrémentée d’un milieu fontinal), sol épais, brun noir forestier (mull par décomposition)
(Cc) :

Relevés 2006 =

Carabus favieri fezzanus
Nomius pygmaeus
Philochtus lunulatus
Ph. antoinei
Ph. hustachei
Platyderus ifranensis
Calathus opacus
Harpalus
sp.
Phloezetus mauritanicus
Lebia trimaculata
Syntomus barbarus

Usages et pratiques de gestion :

Gestion forestière, parcours, aires touristico-récréatives sauvages.

Impacts et menaces :

Sur-utilisation spéculative des parcours par l’oviculture ; ébranchage et écimage conjoncturels (hiver, été secs) ; impact polluant du trafic automobile ; abandon intempestif de déchets et d’immondices par des visiteurs peu scrupuleux. Un édifiant poubellien supérieur recouvre certaines zones où se concentrent les parcages et les pique-niques. Il est vrai qu’aucune poubelle n’est mise à disposition, qu’aucun garde n’exerce la moindre surveillance.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

Les plus grandes clairières sont l’habitat électif de Lépidoptères sylvicoles et frondicoles, sans présence d’espèces particulièrement notables, et d’une faune assez dense de Coléoptères frondicoles, notamment de groupes dont le cycle larvaire est xylophage. L’échantillonnage de la carabofaune est nettement plus édifiante et répond positivement pour la qualité de la litière organique du sol.

Il s’agit d’un secteur emblématique de la forêt du Moyen Atlas dont l’intérêt naturaliste et écotouristique est certain. On y trouve l’association endémique à Chêne vert et à Cytise de Battandier, ainsi que de nombreux Houx âgés. Il mérite pour cela une veille plus rigoureuse, non seulement dans l’objectif d’une meilleure régulation de la charge pastorale, mais aussi pour conférer un code de conduite aux visiteurs dont l’attitude est rarement en symbiose avec les lieux.



Forêt de Moudmame

Situation : Secteur forestier des premiers kilomètres de la Route des Lacs, depuis le carrefour avec la N 13, au niveau du Canton de Sehb.
Altitude : Ca 1800 m.
Latitude : 33,37421 N.
Longitude : -5,20354 W.
Typologie du milieu : Cédraie mixte.
Essences forestières majeures : Cèdre, Chêne vert.
Bioclimat : Humide.
Étage de végétation : Supraméditerranéen.
Stations d’étude, indicateurs concernés et cortèges relevés :

- Lisière et rares clairières herbacées (avec brometum dès juin) de la forêt dense
(Rh, Zy) :

Relevés 2006 =

Z
erynthia rumina africana !
Iphiclides feisthamelii
Aporia crataegi mauretanica
Pieris brassicae
P. rapae mauretanica
Anthocharis belia belia
Gonepteryx rhamni meridionalis
G. cleopatra cleopatra
Satyrium esculi mauretanica
Callophrys rubi fervida
Lycaena phlaeas
Celastrina argiolus mauretanica
Aricia agestis cramera
Polyommatus icarus celina
P. amandus pseudotova !
Nymphalis polychloros erythromelas
Argynnis pandora seitzi
Hipparchia caroli !
H. algiricus
H. statilinus sylvicola !
Coenonympha lyllus
Pararge aegeria aegeria
Lasiommata megera vividissima
- Sous-bois humide 
(Cc) :

Relevés 2006 =

Carabus favieri fezzanus
Philochtus lunulatus
Ph. antoinei
Ph. hustachei
Platyderus ifranensis

Calathus opacus
Harpalus
sp.

Usages et pratiques de gestion :

Exploitation forestière, parcours, circuit touristique.

Impacts et menaces :

Dans une moindre mesure, la plupart des remarques du site précédent, avec lequel celui-ci forme un tout, peuvent être reprises.

Diagnostic évaluatif et suggestions conservatoires :

La présence d’une population résiduelle de
Polyommatus amandus (sur Vicia tenuifolia) donne la valeur de certains îlots de naturalité. Le secteur forestier est hélas trop fermé pour être favorable à la dynamique populationnelle des Papillons, même de ceux franchement sylvicoles