ULTIMATUM



La cédraie morte fait la joie des scieries...
(N'est-ce pas l'aspect lucratif de la désertification ?)



De :    Michel Tarrier <alerte_nature_maroc@groups.mac.com>
À :    <alerte_nature_maroc@groups.mac.com>
Date :    mardi, 13 déc. 2005 à 12h02:43 CET
Objet :    ULTIMATUM - L'hécatombe du Moyen Atlas

L’hécatombe du Moyen Atlas

Paysages défigurés, écosystèmes dénaturés, forêts aux sous-bois dégarnis, biodiversité banalisée, sol écorché, lessivages catastrophiques, destructions irrémédiables, le Maroc est atteint de surpâturage chronique, le Maroc est « malade du mouton ». Les ravages de ce pastoralisme intempestif induisent une véritable pandémie écologique, un écocide lent, un risque d’extinction massive des plantes, de la faune et de la faunule débouchant sur une mort du sol, déjà nu, décapé et squelettique en bien des régions, qu’elles soient montagnardes ou mésétiennes, forestières, steppiques ou présahariennes, à tous les étages de végétation et dans tous les bioclimats.

Plus de 20 millions d’ovins, de caprins et de camelins déciment les formations herbacées et arbustives, et les dégâts irréversibles sont parfois hallucinants. Triste record : 800.000 moutons paissent au sein des modestes cédraies du Parc national d’Ifrane, soit un troupeau sept à huit fois supérieur à ce qu’il devrait être dans un espace non protégé. Alors que dire dans une figure soi-disant dirigée ! Une législation jamais pratiquée est supposée établir la capacité de charge des parcours forestiers et permettrait de décider de la taille du troupeau que peut soutenir la forêt. Rien, sinon un appât du gain mal compris, ne peut raisonnablement expliquer cette croissance exponentielle qui a doublé en un quart de siècle, de façon concomitante avec une sècheresse de plus en plus récurrente.

Naturalistes et experts des écosystèmes de la Méditerranée occidentale, particulièrement dédiés au biopatrimoine du Maroc, voici que depuis les quelques années de ce jeune siècle nous n’avons de cesse de tirer la sonnette d’alarme quant à l’agonie dont souffre bien des régions naturelles du Royaume, et notamment le « coma » écologique dans lequel se débat présentement la cédraie. Sans revenir, ni sur l’importance que représente les massifs forestiers du Moyen Atlas au niveau du futur des ressources, ni sur les détails de nos évaluations au double niveau de la perte des espaces et du déclin des espèces, nous croyons bon lancer cet ultimatum, afin que tout Marocain, que tout ami du Maroc, sache qu’il n’y aura bientôt plus rien à faire pour sauvegarder ce trésor de la biosphère, cadre de vie et de culture d’une population prise au piège.

Les bioindicateurs de la cédraie sont au rouge

Depuis les années 90, il nous fallu bien du talent pour répertorier quelques dizaines de sites encore bien conservés dans un périmètre Ifrane-Khénifra-Itzer, le fameux triangle du cèdre. La plupart des localités transmises par la bibliographie scientifique des botanistes et des zoologues, soit du temps du protectorat, soit par exemple des années 70, étaient déjà retrouvées dans un état moribond, avec un sol dénudé et démunie de la moindre vie sauvage. Notre analyse écologique prend particulièrement en compte les papillons de jours. Ces insectes sont en grande majorité inféodés à des plantes plus ou moins fragiles, et comme eux, d’un intérêt endémique ou remarquable, c'est-à-dire d’une valeur biopatrimoniale. La présence de ces papillons témoigne pour la bonne santé des lieux. C’est ce que l’on appelle des bioindicateurs. Pour être entendus, nous dirons que le papillon est le reflet de ce qu’il y a dessous, que lorsque le sol est privé de ses qualités biologiques, le dit papillon disparaît, et tout le reste dans la foulée. Certains dirons « qu’avons-nous à faire d’un simple papillon ? ». Bien que parfaitement compréhensible dans sa spontanéité, cette allégation prouve l’absence totale de compréhension concernant le milieu naturel. En cherchant à protéger « une bestiole », l’écologue lutte pour l’intégrité de l’espace, pour la conservation de la forêt et du pâturage, et donc pour le futur des populations tributaires des ressources locales. Il ne s’agit donc pas de protéger le papillon pour le papillon, ou la plante pour la plante, mais de sauvegarder une nature féconde et dans laquelle l’homme pourra encore tirer sa subsistance et son profit. Il en est de même d’un très grand nombre d’espèces animales dont l’éradication nous indique un point non retour, celui de l’anéantissement des campagnes et des montagnes, et de l’approche du jour où l’exode de l’agriculteur, du berger, de l’artisan et puis de toute la population sera rendu incontournable par une vie invivable dans un univers désertifié. L’enjeu n’est pas strictement et égoïstement scientifique, il est écoconscient et humanitaire. Notre discours est donc clair : la cédraie, comme toute autre formation naturelle, doit être protégée, gérée avec vigilance, faute de quoi la population rurale devra chercher ailleurs de quoi survivre. Hélas, cette cédraie est en voie d’extermination par des décennies de mauvaises techniques forestières, et par l’actuel surcharge du cheptel malencontreusement conjuguée aux affres d’une sècheresse drastique. C’est le coup de grâce.

Sacraliser les reboisements

Ce n’est pas pour rien qu’au Maroc, et probablement dans tous les pays où le pastoralisme souffre de démesure, l’inventaire des derniers « petits paradis », les ultimes havres de biodiversité, les poumons de diversité biologique se superposent aux seuls périmètres en défens, dont l’objectif initial est la régénération forestière. Ce sont en effet les seuls secteurs non soumis aux parcours ovins et caprins. Depuis les temps les plus reculés, les pays d’Afrique du Nord sont quasiment les seuls à pratiquer le parcours en forêt, véritable anachronisme. Partout ailleurs, le bétail est exclu de la forêt car il est jugé hautement préjudiciable à la conservation du sous-bois. Une forêt dégarnie de son sous-bois n’est plus une forêt, c’est une carcasse vide, c’est une forêt fossilisée. Si aucune végétation libre et confuse ne protège les semis naturels, comment la graine ou le rejet, broutés ou piétinés, deviendront-ils l’arbre de demain ? Au Maroc, même les figures d’aires protégées, tels que les Parcs, les Réserves ou les SIBE (Sites d’Intérêts Biologiques et Écologiques), sont paradoxalement et outrancièrement pâturées. Il s’agit donc d’une protection cosmétique, toute théorique. Faudrait-il en appeler au maraboutisme, c'est-à-dire à l’irrationnel, à l’obscurantisme, comme seule approche viable pour un scrupuleux respect et une garantie de conservation ? Car il est un fait que les pratiques maraboutiques ont permis jusqu’à ce jour la sauvegarde de bien des lieux, des associations végétales, des boisements et des arbres séculaires. C’est tout de même un peu pathétique à l’heure de la science et de l’Internet !

Pour en revenir à ces judicieux programmes de reboisement qui font donc office de réservoirs génétiques pour l’avenir, comment comprendre qu’après seulement quelques années de mise au repos, sans attendre que les jeunes arbres aient atteint suffisamment d’âge pour résister à la dent du bétail, l’administration de tutelle puisse les livrer sans plus de discernement à l’assaut anarchique et agressif des chèvres et des moutons ? Les reboisements exigent des budgets faramineux, souvent soutenus par la coopération internationale, et des financements vertigineux sont ainsi engloutis. C’est donc doublement étrange qu’on leur « coupe l’herbe sous le pied » ! Dans les conditions écoclimatiques locales, il faut bien plus de dix ans pour conférer une remontée biologique à une biocénose, pour que les espèces végétales et animales parviennent à recoloniser l’espace mis en repos. Il faut ensuite, et le plus longtemps possible, se garder de pressions usagères trop intensives. Plutôt que d’être sabordés, les reboisements devraient être simultanément appréciés comme des Réserves du Vivant, et pour les plus emblématiques d’entre eux, après évaluation de leurs composantes flore-faune, faire l’objet d’une protection radicale et à long terme. Ces sanctuaires de renaissance naturelle constitueraient alors les perles d’un écotourisme dont on espère tant.

La fin des beaux restes

Pour ce qui concerne le massacre des sites, un panel exhaustif d’exemples tous plus affligeants les uns que les autres documente nos assertions. C’est chaque fois les retrouvailles avec une reforestation dévastée, des arbrisseaux abroutis et moribonds, toute une strate végétale et arbustive anéantie, substituée par un sol devenu stérile, pulvérulent ou compacté par le piétinement, c’est selon la saison. Et il ne s’agit pas ici de quelques sites victimes et sacrifiés parmi tant d’autres encore en bonne vitalité, il s’agit et il s’agissait des derniers restes. Qu’il soit question, dans la cédraie ou dans son écorégion, par exemple, d’un certain reboisement du Massif du Kandar reconverti en parc à sangliers surnuméraires pour safari touristique ; de la magnifique afforestation du Plateau d’Ito subitement mis en pièces et « officiellement » désertifié au profit de l’oviculture ; des alentours de la maison forestière d’Ousmaa (escarpement d’Azrou) dont il vient d’être fait table rase par des troupeaux sédentaires (dans la foulée du précédent site de Tioumliline aujourd’hui squelettique) ; de l’immense et si riche périmètre du Tizi-n-Tretten (entre Ifrane et Mischliffen) que les « troupeaux-extincteurs » et les « bergers-pompiers » sont chargés de désertifier dès le premier regain « pour éviter que les cèdres ne brûlent » (sic le garde local) ; du considérable reboisement de la maison forestière de Tirhboula (Boulemane) subitement occis, tout comme les dernières nappes alfatières de la région, par des parcours autorisés ; de la forêt de Tourtite (Souk-El-Had) dont il ne reste rien ; de tout le périmètre du Tizi-Tanout-ou-Fillali, soigneusement régénéré puis réduit à néant ; d’un secteur très précieux du Jbel Tarharhat (à l’ouest d’Itzer) dont les clairières de la cédraie mixte, désormais pelées, constituaient un sanctuaire de biodiversité ; etc., liste interminable…

La tronçonneuse invisible

Comme tant d’autres lieux dans un pays originellement d’une incomparable richesse biologique, l’un des plus contrasté du zonobiome méditerranéen, ces sites étaient les précieux habitats d’un cortège d’espèces floristiques et zoologiques à nul autre pareil. Ne seraient-ce que les papillons bioindicateurs qui montraient des espèces remarquables, rares, endémiques, certaines de nature indigène, exclusives à ces biotopes, et dont il s’agissait de l’unique localisation connue pour tout le Continent africain ! Un exemple : les cartographies entomologiques livraient des associations pouvant atteindre jusqu’à 50 espèces différentes de papillons de jour sur un espace de 10 km de côté, la plupart à valeur patrimoniales. Qui dit mieux ? A peine dix ans – parfois moins - après la découverte par les spécialistes de leurs hauts indices qualitatifs (diversité) et quantitatif (densité des effectifs), il ne reste plus rien de ces habitats de premier rang, parcourus en long, en large, en travers et dans tous les sens par des hordes de troupeaux sédentaires et saccageurs.

La cédraie, écran vert entre le Sud désertifié et le Nord menacé, a périclité de 40 % de sa superficie. Les causes du dépérissement du cèdre sont peut-être d’ordre climatique dans la partie la plus méridionale du Moyen Atlas, ainsi que dans le Haut Atlas oriental, mais la cédraie succombe aussi à l’effarante pression multi-usagère dont elle est victime. A commencer par plus d’un siècle de gestion forestière indigente ayant engendré de graves dysfonctionnements, en passant par le ramassage du bois de chauffe, pour finir par l’agression pastorale, qui plus est dorénavant quasi sédentaire. Dans les parties encore les plus vives des cédraies, des chênaies vertes, des zénaies, où la régénération se montre spontanée (Ifrane, Azrou, Aïn-Leuh jusqu’à Itzer), il est inadmissible de retrouver en quelques années des sites à la flore luxuriante, mortellement griffés par le pâturage, et dont le sol revêt tous les caractères de celui d’un…abominable terrain de football. Le cheptel surnuméraire ronge la forêt, ses effets perverses et coupables de dégâts incommensurables apparaissent vite comme irrémédiables, le terrain écorché devient lunaire. C’est ainsi que l’on détruit la forêt…, sans même couper les arbres !

A l’heure de la lutte mondiale contre la désertification, du développement durable, des effets d’annonce sur la biodiversité, voire du principe de précaution, et de tant de gargarismes montant des symposiums et des congrès aussi pompeux et nombreux qu’inutiles, on pourrait se demander si les instances décideuses ne sont pas atteintes d’une inguérissable schizophrénie. Dans le domaine environnemental, un État se doit d’appliquer une politique volontariste, de veiller à des normes rigides de protection, dans l’intérêt du devenir des populations. La demande démocratique qui pourrait consister à « tout donner en pâture » est un non-sens, elle ne peut être qu’exploiter à des fins démagogiques, à très court terme et pour des intérêts particuliers allant à l’encontre de la collectivité, elle ne serait qu’une fourberie populiste utilisant la demande pastorale du « toujours plus » comme « pâture électoraliste ».

L’extermination de la strate végétative du sol, puis de la forêt qui, à long terme, n’y survivra pas, soit la désertification programmée par les effets pernicieux du surpâturage accepté, est une grave atteinte à l’intérêt national.

Au lieu d’alléger les effets de la sècheresse par une meilleure mise en valeur des terres, on a recours à une politique du pire et l’on fait tout pour engendrer une aggravation des conditions pédologiques, un déclin irréversible de fertilité, puis de la porosité des sols. Interviennent alors l’érosion pluviale aux conséquences catastrophiques (lessivages, inondations, mortalité humaine), et son corollaire la perte du pouvoir d’absorption et de stockage de l’eau, soit la condamnation des nappes et du rôle de château d’eau tenu par les massifs forestiers de montagne.

Lorsque le sol est atteint par l’érosion, la désertification entraîne aussi une émission de carbone dans l’air. Ce processus libère les gaz à effet de serre qui contribuent au changement climatique, empirant ainsi les conditions météorologiques extrêmes et induisant la sècheresse.

Les causes et les effets de la désertification étant plus ou moins interrelliées, c’est ainsi que des régions auparavant biologiquement saines et économiquement viables, se retrouvent en proie une aridité adverse et invivable.





L'eau pure du Val Tizguite, continuez nombreux à y jeter vos détritus !



Venez nombreux !


Mais le forestier et le gros propriétaire de troupeaux ne sont pas les seuls au banc des accusés. Le citoyen, peut-être trop profane des choses de la Nature, ne cesse de prouver son manque de civisme, jusque dans ses loisirs avides de chlorophylle.

Gens de Fez, de Meknès et d’ailleurs, profitez « intelligemment » des beaux jours et venez nombreux vous détendre à l’ombre bienfaisante des frondaisons du Val d’Ifrane ! Vous serez libres d’y introduire votre véhicule au plus profond de la forêt, vous pourrez même la laver avec des lessives non dégradables dans les eaux souillées de l’Oued Tizguite ! Si vous avez des tapis, amenez-les, vous pourrez les nettoyer sur place, c’est une tradition ! Si vous avez un mouton à engraisser, il sera de la fête et pourra tondre les alentours, c’est une autre tradition ! Pendant ce temps, vos enfants hurleront pour troubler le silence de la Nature, piétineront les fleurs, casseront les branches, massacreront les oiseaux au lance-pierre ! Vous leur donnerez même un coup de main pour décapiter la dernière petite couleuvre innocente, pour piétiner « l’abominable » crapaud et en finir avec la création, au nom des vieux démons. Vous n’hésiterez pas à vous vautrer en nombre sur l’herbe tendre, à faire de joyeuses parties de ballon qui transformeront peu à peu le sol en terre galvanisée ! Tout cela au son tonitruant de votre auto-radio, afin de couvrir le futile chant des oiseaux, de faire avorter la couvée. Après le festin, vous abandonnerez vos déchets, vos papiers gras, vos emballages divers dans les prairies, sur les rives et pourquoi pas dans l’eau de l’oued ! Vous n’oublierez pas d’y ajouter ce « petit plus » que représente la couche de votre enfant, voire la serviette hygiénique de votre épouse ! Pour mieux digérer, acceptez donc une promenade à cheval en file indienne, cela fera plaisir aux si nombreux gamins qui vous la proposent, et les sentiers et leurs bermes n’en seront que mieux compactés.  Et avant de partir, vous pourrez acquérir quelques tortues prisonnières ou un filet d’écrevisses pieds rouges : faites vite, l’espèce est en voie d’extinction !

Personne ne vous dira que le champ de foire où vous avez passé ce très récréatif et oxygénant dimanche n’était pas seulement la fameuse Source Vittel, ou la si connue Cascade des vierges, mais aussi et surtout l’un des plus précieux écosystèmes humides d’Ifrane et du Moyen Atlas, qu’il était très surveillé jusqu’à la fin du siècle passé parce qu’il abritait des plantes, des insectes et des animaux uniques, remarquables, pour la plupart endémiques au Maroc. On ne vous le dit pas parce que nous sommes à l’ère du développement durable et du respect de l’environnement. On dirait même qu’un seul et très éloquent panneau vous donne la bienvenue au Val d’Ifrane, affichant l’ineffable  mention : « après nous, le déluge ! ». Et puis, c’est votre droit le plus démocratique de renoncer à tout code de conduite, de vous tenir mal, de tout saccager dans la joie et la bêtise, la Nature est à vous ! Malheureusement, d’ici quelques années, de ce paradis vert aux ombrages tant appréciables pour esquiver les fortes chaleurs estivales, il ne restera rien. Vous l’aurez anéanti. Alors, s’ils sont encore au Maroc, vos enfants passeront leurs temps libres dans les parkings des hypermarchés. C'est-à-dire en enfer.

Par ici la sortie…

L’ « écologue légiste » vous dira de quoi est morte votre région…

Détruire pour chercher ensuite à sauvegarder ce qui n’est plus relève de la pantomime politicienne. Dans bien des régions du Maghreb, contrée rongée par l’abus pastoral, l’écologue n’est plus que le pathologiste au service d’un corps sans vie. Appelé au chevet d’un écosystème meurtri, on lui demande de procéder à une dernière évaluation d’une biodiversité posthume, de dresser l’inventaire d’espèces disparues dans des espaces décapés. Que faire quand il n’y a plus rien à faire ? Sinon inscrire le spectre de forêt sur la longue liste nécrologique des écosystèmes ayant rendu l’âme. L’heure est  à l’autopsie des biocénoses. Il n’y a pas de résurrection possible. Alors, face au grand trépas de la Nature, préliminaire au prochain exil des populations usagères menacées d’un avenir très incertain, une question devient hantise : pourquoi ce grand sabotage, pourquoi se faire les bourreaux d’un tel cadre de vie ?

Éreinter la cédraie, en gruger la biodiversité, en scalper le substrat, en dénaturer le sol, c’est non seulement écocider un pan considérable du capital naturel marocain, mais c’est aussi génocider culturellement un des plus riche aspect du monde berbère. On survit parce qu’on économise, ou du moins par ce que l’on gère avec vigilance, et non pas parce que l’on gâche, parce que l’on dépense. User sans abuser est le plus légitime des préceptes quand il s’agit des ressources de la Terre nourricière.

Écrit en mon âme et conscience, pour le bien du Maroc, en décembre 2005.

Michel R. TARRIER


Cosignataires :

Michel R. TARRIER & Jean DELACRE pour la MEEM  (Maison de l’Écologie et des Écosystème du Maroc)
Mohammed DRIHEM pour l’Association des Amis du Val d’Ifrane

© 14/12/2005