Le Brésil a une superficie
de 8.511 millions de Km2 où le 1% des grands
propriétaire terriens détiennent 44% de la terre.
Le contexte de lutte pour la démocratisation de la
terre au Brésil
L'histoire de la lutte pour la terre au Brésil remonte à la
colonisation. En effet, dès leur arrivée, les Portugais
chassent les Indigènes de leurs terres. Plus tard, les esclaves
luttent pour leur liberté et bien entendu pour le droit de
posséder une terre. Entre 1850 et 1910, de nombreux groupes
de lutte apparaissent, toujours réprimés violemment
par le pouvoir. Mais ce n'est qu'au début des années
50 que la lutte pour la terre s'intensifie et s'organise. Jusqu'en
1964, date du coup d'Etat militaire, de larges groupements de lutte
paysanne proches du mouvement syndical se forment : l'Union des Laboureurs
et Travailleurs Agricoles et la Ligue Paysanne pour ne citer que
les plus importants. Ces mouvements sont particulièrement
actifs dans le sud du Brésil.
Durant la dictature de 1964, les meneurs de ces mouvements sont
assassinés ou exilés. Le gouvernement pense résoudre
le problème des paysans et consolider ses frontières
en offrant des terres dans la forêt Amazonienne. C’est
l'échec. Après quelques années de lutte acharnée,
les paysans qui avaient cru au rêve amazonien abandonnent la
forêt pour venir grossir les rangs des habitants des favelas. À la
même époque, les fazendeiros (grands propriétaires
terriens) consolident leur pouvoir grâce aux liens privilégiés
qu'ils maintiennent avec la dictature.
Sous l’égide de la théologie de la libération,
l’église s'est rapidement posée en défenseur
des paysans. Au travers de la création de la Commission Pastorale
de la Terre, elle est le véritable instigateur du Mouvement
des travailleurs ruraux Sans Terre. Cette Commission recense et dénonce
les crimes commis contre les paysans. En 1984, elle rallie quatre-vingt
représentants d’organisations paysannes pour fonder
le Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre – le MST, mouvement
populaire national de lutte pour la démocratisation de la
propriété de la terre au Brésil.
L'essor du MST est impressionnant. En 1985, un an après sa
création, le mouvement avait organisé trente-cinq occupations
de terres et mobilisait un peu plus de 10’000 familles. Dix
ans plus tard, 146 occupations étaient en place, avec plus
de 40’000 familles. Aujourd’hui, rien que dans l’Etat
de São Paulo, ce chiffre se monte à près de
13'000 familles installées, sans compter les occupations.
Mais cette victoire n'a pas été conquise sans sacrifice
puisque depuis 1964 plus de 1’600 travailleurs ruraux ont été assassinés.
Ces assassinats n'ont hélas débouché que sur
deux arrestations.
Mission du MST
Le MST est un mouvement social dont l’activité principale
est l'occupation de terres improductives, puis la revendication de
ces terres comme propriété de leurs nouveaux occupants,
généralement des paysans sans terre. Les articles 785
et 786 de la Constitution brésilienne stipulent que les terres
non cultivées, qui ne rempliraient pas leurs fonctions sociales,
sur lesquelles on pratiquerait l’esclavage (ou l’exploitation
dans des conditions similaires) ou qui présenteraient des
dangers environnementaux, peuvent être expropriées dans
le cadre de la réforme agraire, cette réforme ayant
pour objectif de modifier la structure très inégale
de la propriété terrienne au Brésil.
Après la phase d’occupation de la terre, ou acampamento,
le MST légalise la propriété par le biais des
instruments légaux de la réforme agraire. La terre
est alors distribuée aux familles qui constituent alors ce
qu’on appelle un assentamento. Les nouveaux “propriétaires” sont
en grande majorité ce qu’on appelle des paysans sans
terre, c’est-à-dire des journaliers qui vivent dans
la pauvreté extrême. Il faut souligner que tous ceux
qui n'ont pas de terre et veulent lutter pour en obtenir sont accueillis
automatiquement au sein du Mouvement. Ainsi nombre d’indigents,
de sans abris des villes viennent grossir les rangs du MST et obtiennent
un terre et un peu de dignité.
On constate aujourd'hui que, malgré l'initiative de la Banque
de la Terre (en partenariat avec le FMI), le gouvernement brésilien
reste incapable de mettre en oeuvre un véritable plan de réforme
agraire digne de ce nom. De plus, le travail du Mouvement est énorme,
puisqu'on estime aujourd'hui que près de 30 millions de personnes
vivent encore en dessous du seuil de pauvreté au Brésil.
Le MST se définit comme : 1) un mouvement social visant à l'amélioration
des conditions de vie des exclus ; 2) un mouvement populaire,
car c’est le peuple prend les décisions et les met en œuvre ;
3) un mouvement politique, car il représente une force politique
capable de faire plier le gouvernement.
La gestion du MST est très décentralisée et
démocratique. Une fois par an, un comité national se
réunit et décide des grandes orientations du Mouvement.
Il revient à chacun la tâche de les mettre en oeuvre
localement. Dans chaque Etat, le Mouvement possède une coordination
régionale qui assure la cohérence des actions et l'unité du
Mouvement. Au plan national, un comité formé de 20
membres cherche des fonds au Brésil comme à l’étranger,
communique auprès des médias et des organisations internationales
et fait pression sur le gouvernement. Enfin, dans les acampmentos
et les assentamos, toutes les décisions sont prises démocratiquement,
en assemblée, par tous les membres des familles. Lors de ces
assemblées, les dirigeants du Mouvement n'ont aucun rôle
décisionnel et leur voix n'a pas plus de poids que n'importe
quelle autre.
Le Collectif d’élaboration de Projets Internationaux
(ProInter)
J’oeuvrerai pour une durée de trois ans au sein du Secrétariat
National du MST, plus spécifiquement auprès du Collectif
d’élaboration de Projets Internationaux. Ce Collectif
de quatre personne a pour objectif de traduire
les demandes de la base dans les différents secteurs du MST
(production, éducation,
santé, etc.) en projets formels qui sont sont présentés
aux organismes de coopération internationaux (ONGs et gouvernements)
afin d’obtenir un financement. L’établissement
de ce pont entre les besoins définis par la base et les divers
organismes de la coopération internationale est essentiel à la
survie du MST. En effet, malgré une reconnaissance politique
formelle du MST en tant qu’acteur central de la réforme
agraire au Brésil, ce mouvement est largement criminalisé
et reçoit peu d’aide concrète de
la part des institutions brésiliennes.
Vous aussi vous pouvez
apporter individuellement votre soutien au MST en intégrant mon
groupe de soutien et participant à ce partenariat entre
deux société à peine distante de quelques milliers
de kilomètres.
Pour plus d’information sur le MST
2 films sur le MST: "Terre: l'enjeu politique des Brésiliens" produit par Frères des Hommes" et "Descobrimos as Raizes, La mística du Mouvement des Sans Terre brésilien" de Julien Terrié
Reportage
radiophonique sur les Paysans
Sans Terre en Amazonie
Les amis francophones du MST
Les amis européens du
MST
Visite
de l’Assentamento « Comuna da terra do Tomas
Balduino »
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