Ballet
YERAZ
chorégraphe Christina Galstian-Agoudjian
Montguyon,Nantes
L'histoire de
l'ombre
chorégraphe Philippe Ducou
cherche diffuseur
les cavalières
2
compagnie
des ouvriers
AVIGNON
18,19,20 novembre 20H 30 les Pénitents
blancs
Pénélope,ô
pénélope
mise
en scène Simon Abkarian
MADRID
Le retour du
guerrier
De retour à Ithaque, Ulysse
a pris soin de se déguiser en mendiant
pour ne pas être reconnu. Pénélope le reçoit cependant avec
bienveillance
tout en ignorant à qui elle a affaire. Elle ordonne même à
sa servante,
la vieille nourrice Euryclée, de lui laver les pieds en
signe d’hospitalité.
Euryclée, tout en s’affairant, fait remarquer à ce mendiant
qui revient
de loin qu’il doit avoir environ le même âge que son
maître, Ulysse.
Et voilà qu’elle découvre sur sa cuisse une cicatrice qui
lui apprend qu’elle
a bien affaire à celui-ci en personne. Elle pousse un cri
de joie, mais
Ulysse lui enjoint de se taire. Il ne veut pas que son
secret soit dévoilé
aussi vite.
Ce thème du guerrier qui revient dans l’espace familial où
l’épouse
l’attend depuis des années, depuis une éternité peut-être,
travaille depuis
longtemps Simon Abkarian. Comédien, metteur en scène, il
n’a pas oublié
ses années d’enfance au Liban dans un monde paradisiaque où
le ciel est
toujours bleu mais où la guerre n’a pas tardé à rendre la
vie intenable.
La guerre est non seulement ce qui éloigne l’homme du
foyer, mais aussi
ce qui le transforme, voire le déforme. À tel point qu’il
en est devenu
méconnaissable quand il se présente de nouveau devant les
siens.
Que devient alors la vie quotidienne avec cet homme qui
n’est plus tout
à fait le même ? Pour Simon Abkarian, le long périple
d’Ulysse de retour
de la guerre de Troie était une façon de se racheter de la
violence
des horreurs commises. Car, au fond, ce qu’Ulysse redoute
le plus c’est
que Pénélope ne le reconnaisse pas. Et, pire encore, qu’une
fois qu’elle
l’a reconnu, elle lui dise : « Tu ne peux pas rester, tu
n’es pas prêt,
tu dois repartir ». De son côté, elle continuera à
l’attendre, même si cela
doit durer toute la vie. Tel est l’enjeu de ce spectacle
imaginé par
Simon Abkarian où il entremêle des témoignages tirés de son
histoire
personnelle avec le récit imaginé par Homère. L’ensemble a
la forme
d’une saga dont il ne resterait que des fragments avec, au
centre, non
seulement l’homme revenu de la guerre et la femme qui l’a
attendu toutes
ces années, mais aussi leur jeune fils qui ne pense qu’à
une chose, partir
à son tour pour en découdre avec l’ennemi. Comme s’il
s’agissait
d’un cycle infini.