Les ATLAS et le RIF marocains

By Monique Delacre

 

1er mai 2000,     avec la discovery, nous quittons les “Prés”.

 Direction :  la Terre africaine.

1400 km, notre première étape.    Il n’y a quasi-personne sur les routes, les camions ne roulant pas ce jour de 1er mai ou très peu.    Donc sans excès de vitesse, nous logeons à Aranda de Duero, à 250 km de Madrid.

 

2 mai,     le soleil est plus généreux aujourd’hui et l’Espagne nous apparaît très verte.    Il doit avoir beaucoup plu. Nous arrivons à Malaga vers 17 heures.

3 mai,     nous passons la journée en compagnie de Zully Tarrier

4 mai,     tôt le matin, nous quittons Malaga pour rejoindre Algesiras, d’où nous embarquerons pour Tanger.     Deux heures et demie pour traverser la Méditerranée.    Après quelques formalités qui se passent sans encombre, nous pouvons rouler vers notre point de rendez-vous avec Michel Tarrier.    C’est auberge de Timnay, sur le Plateau de l’Arid.  Conçu en collaboration avec des enseignants belges, Timnay formé d’un restaurant, de bungalows, d’une piscine vide et d’une poubelle sans fond, constitue le camp de base pour des trecks de plusieurs jours dans l’Atlas.  Autour d’un verre, nous retrouvons  Michel.    Mis à part les cheveux partiellement gris et un léger embonpoint, il est resté le même. Notre guide pour le séjour s’appelle Saïd.  Le repas du soir, un tagine, nous est servi.   Pendant ce temps, un tas de gens viennent taquiner Michel qui semble très connu dans la région.   Enfin, nous pouvons prendre quelque repos, le voyage sera rude à tout point de vue.

Notre arrivée en terre africaine restera gravée dans notre mémoire.  Le paysage de cette partie  parcourue n’a pas la beauté de ce que nous découvrirons plus tard dans les Atlas et le Rif. Par contre, que de gens. Il en sort de partout, à pied, à cheval, sur des ânes, dans des carrioles, dans des camions entassés les uns sur les autres, dans de vieilles Mercedes qui leur servent de taxis collectifs.    Les habitations sont assez homotypiques, du moins dans ces campagnes, que nous traversons de Tanger jusqu’au moyen Atlas.

 

5 mai,   le matin, 7 heures, nous prenons un petit-déjeuner dans le village voisin.  Café solo et baguette croustillante beurrée.    Un délice.  Déjà un tas de gens du pays nous accostent, les uns pour vendre des “cailloux” ou des « herbes » de la montagne, les autres pour cirer nos bottines, toujours tous très gentils.   

Départ pour le Djebel AyachiNous pouvons déjà l’apercevoir dans le lointain.    Nous quittons la route pour une piste qui serpente dans un paysage presque lunaire.  Rien que du minéral.  C’est inimaginable, les crêtes des montagnes ressemblent à des dos de dinosaures.    Nous poursuivons la route vers le Tizi-n-Talrhemt (col de la chamelle) afin d’y chasser dans un petit vallon très encaissé et bien exposé au soleil.  Cela vole.   Michel capture de petits lycènes (Plebeius martini ungemachi). Après plusieurs heures d’observations, nous cassons la croûte sous un gros genévrier.    L’après-midi, nous irons visiter la mine de plomb argentifère d’Aouli.  Une ancienne exploitation datant du protectorat français.    Nous y accédons par un petit canyon très encaissé et surchauffé.  Il y règne un micro climat très chaud.   Là, poussent des câpriers et leur très jolie fleur.   L’ancienne usine est gardée afin qu’on ne vienne la démanteler.    Nous pouvons encore voir les anciens logis, nichés dans la paroi rocheuse où vivaient les ouvriers, les magasins, les rails pour les wagonnets, et toute l’infrastructure de ce qui fut au début du siècle grouillant d’activité.    Cela montre aussi toute la misère de cette époque.    Très insolite, un saule et un minaret se côtoient dans le soleil couchant.  Les Français ont planté le premier, les marocains bâtis le second.  Le soleil décline, nous rejoignons la base, Timnay.

 

6 mai,     départ à l’aube pour le n’ Goun , dans le Haut Atlas.    Une journée est nécessaire pour atteindre notre camp sur un haut plateau. Le trajet : Zeida, Beni-mellal, ce gros bourg agricole aux constructions relativement récentes bénéficie de l’un des taux d’accroissement les plus élevés du Maroc.    Il trône au milieu d’un immense verger d’orangers, de figuiers et d’oliviers, bien irrigué grâce au barrage de Bin-el-ouidane, construit par les français et gardé par des soldats armés, Afourer ou Michel fera photographier par Jean un papillon demi-deuil (Melanargia ines jehandiezi),    Bin-el-Ouidane, Azilal, gros bourg de garnisons, Aït-mammed, ensuite 28 km et la piste se sépare en deux.  C’est là que nous camperons ce soir.  Il fait très froid. 

 

7 mai,   nous restons encore une matinée dans ce coin, mais le temps n’est décidément pas beau et rien ne bouge, ni ne vole.  Il est midi, nous décidons de redescendre un peu.  Plus bas, en effet, l’air est toujours frais, mais le soleil est là et nous prenons la direction de la vallée des Aït Bouguemez et du Djebel Azourki.    Jean photographiera  des papillons endormis (Glaucopspyche melanops) au Tizi-n-Tirghizt. Nous parcourons pendant quelques kilomètres le premier village des Aït Bouguemez très caractéristique où les habitants vivent encore en autarcie.    De nombreux chercheurs du CNRS sont venus ici, étudier ces populations très authentiques.    Parcourir tous les villages serait trop long car le soir tombe et nous n’avons pas de campement pour la nuit.    Nous remontons un peu dans la montagne et là nous trouvons une petite clairière où nous décidons d’établir nos tentes.   Je me souviens.    La terre était très rouge, sans végétation, quelques genévriers en bouquets et beaucoup de pierres.    Sous chacune d’elle ou presque un scorpion.    Nous en avons photographié avant de balayer l’emplacement de nos tentes.   Il faisait nuit noire lorsque nous avons bu un potage en entendant au loin la prière du Muezin.

 

8 mai,   le matin, retour dans le n’Goun où le temps n’est décidément pas meilleur.    Michel et Jean essaient de voir quelque chose, mais un épais brouillard vient à notre rencontre.    Après quelques heures à espérer une éclaircie, ils en ont vraiment marre et décident de rejoindre Timnay, sur le plateau de l’Arid.  Cela prendra le reste de la journée.    Prévenue par téléphone, la mère de Saïd nous avait préparé un excellent couscous.    Ce repas chaud et délicieux après une douche presque chaud, quel bonheur !

 

 9 mai,   journée maussade et froide.    Nous tournons en rond.   La cédraie  n’est pas loin, en route.  Elle est située près d’Azrou.  Bâtie à 1250 m d’altitude en bordure de la plus belle forêt de cèdres du Maroc et la mieux conservée,    Azrou vient du mot berbère “zrou”, le rocher.    Dans cette forêt, on rencontre le macaque de Barbarie ou magot.  Certains se laissent photographier mais les autres sont très sauvages.    Ensuite, nous partons pour Ifrane, à 1650 m d’altitude.    Quelle ville verte !    Créée en 1929 par les français, elle abrite aujourd’hui la seule université anglophone du pays.    Avec ses allures de ville européenne, ses villas aux toits pentus couverts de tuiles, elle aspire à devenir la station de sport d’hiver des élites du pays.   La sollicitude des pouvoirs publics sous le protectorat a permis son essor, l’aménagement des infrastructures s’est maintenu après l’indépendance et tend à faire d’elle une cité moderne.    De nombreuses rencontres internationales s’y déroulent.    Le roi y possède un palais.  L’empreinte européenne est encore omniprésente.  Là, nous avons tous apprécié le petit-déjeuner français : jus d’orange énorme, café fort, croissants croustillants, dans un vrai salon de thé parisien.    Nous continuons en nous arrêtant de temps à autre pour prendre quelques photos lorsque la pluie diluvienne cesse.    Nous nous arrêtons près d’un champ pour aller voir des pivoines sauvages, et un peu plus loin, sur la route qui conduit au plateau d’Ito, des cigognes dans des prés.  Bientôt Ain-leu, “oeil du bois” petit village de bûcherons blottit au creux de la montagne.    Nous y dégustons un thé berbère, que Saïd semble apprécier en regardant le spectacle de la rue et en écoutant Michel qui ne tarit pas sur sa vision enthousiaste du Maroc et de ses habitants.   De retour à notre port d’attache, la pluie recommence à tomber de plus belle.  Bientôt ce ne sera plus de la pluie mais des grêlons qui frappent le pare-brise si violemment que nous devons presque nous arrêter.    Le lendemain nous verrons qu’il a neigé en abondance sur les sommets du Haut Atlas.

 

10 mai,    grand jour.  Départ pour le sud.  La route passe par Midelt, bâtie au pied du Djebel Ayachi dont le sommet couvert de neige pendant une grande partie de l’année culmine à 3737 m d’altitude.  Midelt vit des tapis, ainsi que de l’exploitation intensive des vergers plantés d’abricotiers, de pruniers, et surtout de pommiers.    Rich, centre administratif, situé au pied du Djebel Bou Hamid.    Er Rachidia, ville récente, située sur les grands axes caravaniers vers le Dadès et le Tafilalet, elle s’appelait jadis Ksar-es-Souk.  Pour l’atteindre, nous passons par le tunnel de Foum Zabel.  Parce qu’il fut percé en 1930 par les militaires qui construisaient la route, le tunnel porte aussi, sur les cartes routières le nom de “ tunnel du Légionnaire “. Nous débouchons dans les Gorges du Ziz creusées dans d’impressionnantes falaises qui marquent à l’ouest le début du Haut Atlas et qui témoignent de la puissance que pouvait avoir autrefois le fleuve Ziz qui dévalait le versant sud de ces hauts sommets pour venir irriguer les terres du Tafilalet et former la Vallée du Ziz où se succédaient de verdoyantes palmeraies.  Il est aujourd’hui réduit à un cours d’eau, altéré par un régime trop sec.  Les Gorges du Ziz dont le nom signifie “Gorges des gazelles”forment un impressionnant passage bordé d’un cordon ténu de palmeraies.    Nous pénétrons bientôt dans la Vallée du Tafilalet.  Sur près de 25 km, les Oueds Ziz et Rheris cheminent côte à côte et arrosent une immense palmeraie, parfois appelée “la Mésopotamie du Magrehb” : le Tafilalet, qui s’est enrichi pendant longtemps de l’or d’ Afrique rapporté par les caravanes et de l’exploitation des palmiers dattiers, la première richesse des Filali.    La région voit aujourd’hui ses cultures de légumes, de maïs et d’orge s’appauvrir sous l’effet d’une sécheresse persistante.    Le Tafilalet rêve encore au temps où il vît naître Sijilmassa, la première grande ville marocaine, et la prestigieuse dynastie des Alaouites.    Enfin nous arrivons à Erfoud.  On pénètre ici dans l’une des plus importantes oasis du Maroc, alimentée par l’Oued Ziz et l’Oued Rheris.    Une grande fête des dattes s’y déroule chaque année au mois d’octobre.  Le village fut construit à l’époque du protectorat au pied du Djebel Erfoud pour servir de centre militaire et administratif.  Il est le point de départ d’excursions au milieu des premières dunes sahariennes.  Nous quittons ensuite Erfoud, grande direction, Ouarzazate. Le paysage, de sable qu’il était, est de nouveau sec et caillouteux.    Il fait très chaud et, brusquement sur la route, Saïd prend à droite. Nous pénétrons en jeep dans la palmeraie.   F A N T A S T I Q U E,  I N C R O Y A B L E, dans ce paysage sec, rocailleux, poussiéreux un cordon de verdure, de l’eau, des palmiers.   Les habitations sont construites sur la partie sèche et tout le reste baigne dans l’eau.  C’est inimaginable, nous croyons rêver.    Des gosses comme partout ailleurs se précipitent sur les voitures en quête de quelques cadeaux.    La rue principale est étroite, si étroite que l’on pourrait toucher les maisons de chaque côté.    Certaines portes entr’ouvertes laissent apercevoir une petite cour intérieure, d’autres un dédale de petits couloirs, une autre encore se referme sur une pièce où une femme vient de pénétrer.  Nous n’en verrons pas davantage.  Nous sortons enfin et l’on retrouve ce paysage minéral et caniculaire.    Ensuite Tinerhir, ancien poste militaire, c’est un gros bourg, bâti en terrasses autour d’une butte plantée d’une palmeraie très dense et très étendue.    Nous sommes ici à quelques kilomètres des Gorges du Todra que nous n’avons pas vues.  Nous continuons vers Boulmane Dadès, située à l’entrée de gorges magnifiques, les Gorges du Dadès.    Quant à nous, nous suivrons simplement la Vallée du Dadès sans rentrer dans les gorges, appelée aussi la” vallée des mille casbashs”qui s’étend jusqu’au-delà de Skoura.    Skoura, oasis luxuriante réputée pour ses cultures de rosiers.    Fondée au XII ème siècle, elle était peuplée à son origine par les berbères.    Amerhidil, cette demeure fortifiée appartenait autrefois à la famille la plus puissante chargée de veiller sur le hameau et les terres.  Ouarzazate, la ville s’étend sur un plateau désertique, contrastant avec la végétation et les reliefs du Haut Atlas tout proche.    Elle bénéficie d’une situation géographique et climatique exceptionnelle, à la croisée des chemins en direction des Vallées du Draâ, du Dadès et du Souss.    Le jour décline, la lumière devient dorée, je crois que la fin du trajet se déroulera à la nuit tombante.    Nous atteignons Tazenakht.  La nuit est tombée, nous faisons le plein de diesel dans une station mal éclairée. Le restant de la route, nous ne le verrons pas.    Nous suivrons à la lueur des étoiles la jeep de Michel et Saïd, en croisant sans arrêt de lourds camions (parfois tous phares éteints !)  chargés, ou plutôt surchargés  de marchandises venant d’Agadir ou d’un autre coin de la côte pour approvisionner l’intérieur du pays.

 Enfin, Taliouine.  C’est là que s’arrête notre route ce jour, à l’Auberge Souktana.  Nous sommes très gentiment accueillis par le patron que Michel semble bien connaître.    Il est berbère et son épouse, française.    Il est 23 heures. Nous prenons le repas : crudités et pain, Tagine très joliment présenté, et Orange à la cannelle.  Le tout servi par un personnage “haut en couleur”, Shérif, le cuisinier du lieu qui nous sert avec une drôlerie sans pareil.    Il est tard, je vous décrirais les lieux demain.    Bonne nuit.

 

11mai,   il est 7 heures lorsque nous nous retrouvons dans un jardin planté de figuiers et d’orangers pour le petit-déjeuner.    Dans le fond du jardin quelques petites tentes blanches pour les personnes arrivées sans prévenir pour passer la nuit, car il n’y a que quatre chambres autour d’un patio, et dans le jardin, une tour qui abrite une chambre unique.

En route pour le col du Tizi-n-Test.    La route ou plutôt la piste très étroite est assez vertigineuse.  Il fait très chaud.  Michel chasse un papillon (Iolana debilitata) sur un arbuste appelé le “baguenaudier”.    Cet arbuste a de petites fleurs jaunes et comme des ballonnets gonflés et translucides.   Jean cherche en vain à photographier le papillon fantôme trop rapide et ne s’arrêtant jamais.    Saïd et moi attendons en contemplant le paysage.    Nous commençons à voir des lézards sur la route.  La journée sera longue.  À la tombée du jour, nous regagnons Taliouine.  Le repas est servi par shérif dans le patio à ciel ouvert.    Quelques kilomètres seulement nous séparent du désert.   Après le repas, nous flânerons un brin dans le jardin en discutant de papillon, de tout et de rien.   Michel file un brin d’alcool à ses amis.   L’air est tiède, cela sent le sud.

 

12 Mai,   le lendemain matin, départ pour le Siroua, 3304 m d’altitude.    C’est un ancien volcan.   Le début de la piste se situe près de Taliouine. Elle est très rude pour les pneus, ce ne sont que rochers coupants et dressés sur tranche.  Dans cette région, les habitants se rendent en été dans les montagnes où ils occupent les “azibs” sorte de bergeries de fortune.    Un ou deux gardiens restent au village pour surveiller “l’Agadir” qui renferme les biens de chaque famille.    L’hiver, il neige beaucoup sur les hauteurs de l’Anti-Atlas, le climat y est rude.   Après cette piste abrupte, un vaste plateau vert : ce sera notre lieu de campement.    En amont et en aval de cet endroit, Michel et Jean vaquent à leurs occupations bien précises.    Le paysage est assez étrange.    D’énormes pans de rochers noirs parsèment les flans de ce plateau.  Ils semblent brûlés par un trop long séjour au four.    En fait ce sont des calcinations dues aux éruptions volcaniques anciennes.  Le soleil commence à décliner.  Saïd réchauffe un tagine qu’il avait préparé la veille à l’auberge avec Shérif.  Le soleil passe derrière les sommets et au même moment, le froid tombe.  Il est temps d’enfiler une petite laine.

 

13 mai,     dès le lever du jour, la chaleur nous fait du bien et permet un brin de toilette.  Après le rangement et un café brûlant nos explorations reprennent.  Les groupes se séparent.    Jean et moi redescendons vers un petit filet d’eau qui serpente entre les pierres.   Dans les excavations des rochers il y a des “graves à bec rouge”.  Dans un trou d’eau un gros crapaud ”bufo bufo” venait de pondre ses oeufs.   Des petits lézards se risquent au soleil.    Plein d’oiseaux de petite taille se posent et s’envolent aussitôt sur les roches du bord de route.   Une petite chouette semble nous regarder et clic ... elle est dans la boîte !   Nous nous retrouvons pour partager le pain rond, un peu sucré et un peu rassis acheté la veille à Taliouine.    Nous nous séparons encore, les uns à la recherche de papillons, les autres pour débusquer quelques animaux camouflés.   Nous achevons la journée par la traversée de l’un de ces villages de transhumance où les bergers arriveront l’été.    Au bout ce village-ci, entourée de rochers verticaux, tel un fond de théâtre et noircis par la chaleur d’une éruption, nous découvrons une immense prairie verte, pleine de fleurs et de petites mares où coassent des grenouilles vertes et des rainettes.    Le désert est à 100 km ! quel contraste ! inimaginable !!!  c’est un des biotopes préféré de Michel.    

 

14 Mai,   comme Michel et Saïd retournent au même endroit que l’avant veille, nous avions décidé de rejoindre Zagora dans la Vallée du Draâ , aux portes du désert.    Mais la veille, Jean, ayant trop arpenté les caillasses de montagne où le soleil, même s’il est camouflé par un vent léger est omniprésent, souffre d’insolation et doit garder le lit en buvant des tisanes que Sherif lui concocte avec le thym du jardin.   Je râle un peu.   De toute façon il y avait 600 km aller et retour, c’eût été folie en une journée sous cette chaleur. Je prospecte les environs avec l’appareil photo et profite de ce jour de repos pour lire à l’ombre des figuiers du jardin en buvant du jus d’orange.

 

15 Mai,  départ pour Oukaïmeden et le Toubkal, 4167 m d’altitude.    En fait la route sera assez longue, une journée, car il n’y a pas de raccourci.    Nous devons prendre la direction de Marrakech avant de bifurquer vers Oukaïmeden.  Nous rejoignons Tazenakht, ensuite le Tizi-n-Tichka, “le Col des pâturages”, à 2260 m d’altitude, le plus haut passage routier du Maroc relie Marrakech vers les régions pré-sahariennes, dont Ouarzazate est le carrefour.    Là nous empruntons la direction de Telouet pour capturer je ne sais quel papillon et photographier des lézards.    Nous nous arrêtons le long d’un oued presque sec dont les cotés assez raides sont constitués de roches très rouges, il est très encaissé, il fait très chaud.    Mais nous ne trouvons rien de bien particulier.    Nous prenons une petite collation avant de poursuivre la route.   Nous croisons un de ces énormes camions trop chargé qui s’est renversé sur la route avec ses ballots de paille.   Heureusement la circulation peut se poursuivre.    Nous roulons dans un environnement de vallées très vertes, pleines de cultures de céréales ou de fruits et soudain, la vallée n’est plus que roches et pierraille dans des tons ocre-rouge.   Tout est sec.  La route se poursuit, Aït-Ourir à 30 km de Marrakech.  Les hommes sont trop fatigués pour aller y déguster un thé et une de ces délicieuses pâtisseries du pays.    Alors, nous poursuivons vers Oukaïmeden, où nous passerons la nuit au club alpin, un gîte de montagne, tenu par des français, et où les enfants des familles plus aisées viennent en classe de montagne avec leurs instituteurs.     Sur la route, nous croisons de jeunes femmes chargées de ballots de paille comme de vrais petits ânes.    Je crois bien que, dans ce pays les femmes travaillent davantage que les hommes.

Oukaïmeden, Nous y sommes.    Il est 18 heures environ.    Ici, l’air est frais, nous sommes à 2650 m d’altitude.    La route que l’on vient de prendre est bordée de flans très abrupts.  Ces rochers de couleur rouges, parfois très gros, se détachent de la paroi et tombent sur la route assez souvent à ce que l’on voit, cela donne le frisson.  À l’entrée de la station, plusieurs rochers de grès rouge sont ornés de gravures rupestres réalisées à l’âge du bronze.    Identiques à celles découvertes en Europe, elles confirment l’existence, dès cette époque, de communications entre les deux continents.  Nous pénétrons dans l’enceinte du club.    Il y a là un grand chalet de bois, le refuge.    Le temps de prendre un verre de rafraîchissement après cette longue route, les enfants terminent le repas au réfectoire et nous laissent la place pour un repas rustique.    Nous dormons comme des marmottes, ici la nuit est fraîche en altitude et les matelas-couchettes assez confortables.

 

16 Mai,   ce jour, le temps est mitigé, mais le soleil    daigne enfin faire une apparition.    Nous chassons les papillons et les images le long d’un petit ruisselet qui coule entre les grosses pierres et les prairies verdoyantes.    De l’autre côté de la route ce sont les gros rochers rouges.  On remarque aussi de petites habitations blotties sous d’énormes rochers qui se sont coincés là et qui font office de toiture, les hommes, eux, ont seulement assemblé les murs, en pierres.   Genre de maisons troglodytes.    Nous nous promenons aussi dans le grand cirque autour du refuge.    Ce jour dès que l’on aura regardé le soleil se coucher derrière les montagnes, nous prendrons notre repas en refaisant le monde avec Saïd qui n’y croit pas.

 

17 Mai,   après le petit-déjeuner, (enfin du lait frais et du miel extra)  nous explorerons les environs.    Dans les flans caillouteux, Jean cherchera des vipères.    Mais le froid a été trop vif, elles se cachent encore.   Ce coup de froid tardif a perturbé beaucoup de phénomènes naturels, selon Michel, qui cherche désespérément les papillons.    Le soir, nous montons vers un point culminant pour découvrir le panorama immense qu’ils viendront photographier dans la lumière douce du petit matin

 

18 Mai,   retour au n’Goun.  Le soleil brille enfin.  Michel peut travailler et Jean essaie de photographier ces fameuses “zygènes” qui viennent d’éclore.    Saïd capture des “martinis”, jolis lépidoptères au tons pastel gris et bleus.    Pendant ce temps, de petites bergères passent et regardent très longuement avant de s’en aller faire paître leurs chèvres plus haut, dans la montagne.   Elles ont 10 ans peut-être moins, quels beaux petits minois, tout hâlé par le soleil de la montagne.    Elles sont vêtues de bas de laine et de robes usées qui ont du être de couleurs vives.    La vie dans ces montagnes doit être extrêmement rude.   Le soir, nous dressons nos tentes sur le même plateau que lors de notre premier séjour dans ces lieux.   Il fait moins froid et nous improvisons un barbecue.    Dans le dernier village avant la piste de montagne, Saïd a acheté des morceaux de mouton qu’il va essayer de faire cuire sur un barbecue. Barbecue, improvisé au moyen d’un fil de fer prélevé d’une clôture le long de la route.  Un peu de sel, un morceau de pain, quelques légumes en boîte.    Il ne manque plus que la sauce de tomate à l’ail.    C’est presque bon.

 

19 Mai.   c’est la première fois qu’il a fait un peu moins froid à cette altitude.  Nous prenons le petit déjeuner, un peu n’importe comment, il ne reste plus grande chose à part du pain rassis.  Nos deux coéquipiers décident de chasser ici encore presque une journée et nous conseillent de prendre de l’avance sur le trajet assez long qui doit nous ramener vers le Rif.    Nous nous quittons pour entamer seuls quelque 600 kilomètres.    Il commence à faire très chaud.    De nouveau : Azilal, Afourer, Beni Melall, là, nous achetons des oranges et quelques fruits.    Khénifra, Azrou, Meknès, Moulay-- Idriss, Ouazzane, Chefchaouen, le point de chute.  Nous y passerons la nuit.  Quelle ville.    La cité fut construite en 1471, par le sultan Moulay Ben Rachid pour stopper la progression à l’intérieur des terres des Portugais et des Espagnols arrivés à Ceuta par le détroit de Gibraltar.   Il fit construire un Château fortifié dont une partie des murailles est encore visible.   La ville fut peuplée par une première vague de musulmans andalous chassés d’Espagne.   Puis, au XVII ème siècle, par une seconde vague de réfugiés andalous.   Donc elle a de fortes marques ibériques.   Dans cette région d’ailleurs les villes et villages sont blanchis à la chaux.  Pendant longtemps Chefchaouen fut interdite aux Chrétiens.    Trois occidentaux réussirent à y pénétrer dont Charles de Foucauld, en 1883.  Il y passa une nuit, déguisé en juif.    De la route, Chaouen apparaît comme une immense cité.  Quand on y pénètre, que de monde ! C’est une véritable ambiance de foire aux heures d’affluence.    Autour d’un énorme rond-point, les gens sont assis, les autres se promènent.   Des boutiques sont ouvertes un peu tout le long    des rues.  Enfin nous trouvons l’hôtel du Rif.   Une horreur.  Je passe les détails.  Nous savons une chose : nous n’y resterons pas deux nuits !    Michel et Saïd arriveront très tard, ou plutôt, au petit matin, vers deux heures.   Ils sont épuisés.   Ils ne remarquent même plus les horreurs.

 

20 Mai,    le départ est fixé à 7 heures.    Un café fort, même deux sont nécessaires pour réveiller nos amis.  Une brume épaisse baigne Chefchaouen qui, la veille, était écrasée de soleil.  Personne dans les rues.  Le brouillard retient tout le monde à l’intérieur.    Nous gagnons le haut de la ville, et là, nous nous engageons sur une piste très étroite et très dégradée par les pluies de ces derniers temps.  Certains tronçons sont en partie écroulés et les conducteurs doivent prendre des risques énormes pour passer.    Moi, je suis descendue de la jeep.    Ouf, elle passe, avec une roue partiellement dans le vide.   Au retour, nous devrons piocher pour élargir quelque peu le passage

 “Ils sont fous ces Gaulois !” ai-je souvent pensé.    Soudain, miracle, nous émergeons au-dessus des nuages, le ciel est bleu et un magnifique soleil réchauffe le paysage.    Nous nous croirions dans les Vosges.  Des conifères, ou plutôt de vrais ”abies ” couvrent les sommets.    Nous nous trouvons dans une très ancienne forêt.    Il y a des pivoines sauvages par endroits et bien sûr comme partout des bergers qui font paître leurs chèvres.    Ils sont munis de petites serpettes pour couper du bois mort dont ils feront des fagots.  Bientôt, nous atteignons le pied du sommet où Michel va essayer de trouver le petit papillon qui ne vit qu’ici (tagis), sur quelques mètres carrés.  Il passe des heures sur son rocher, là-haut, Jean le rejoint pour des photos, qu’il réussira, je crois.  La journée s’écoule à la recherche de ce petit papillon qui voltige autour de plantes inaccessibles sur le flanc des parois rocheuses à pic.    De temps à autre il en capture quelques-uns.    Nous cassons la croûte sous le regard des bergers et de leurs chiens affamés qui nous regardent avec envie.    La brume s’est épaissie et nous cache la vallée.    Elle persistera toute la journée.    En fin d’après-midi, nous reprenons la piste qui serpente dans un brouillard très dense, au point de ne plus apercevoir le chemin à suivre.  C’est fou, on descend sans rien voir à quelques mètres de l’abîme.    Nous devinons la piste en roulant très lentement et en s’étonnant d’être toujours dessus.    À l’endroit du rétrécissement nous piocherons quand même pour éviter la catastrophe.    Il y a bien nos anges gardiens, mais ils pourraient êtres distraits.  Nous rejoignons enfin la ville qui est restée dans le gris.    Ce soir-là, dîner chez Hassan dans la médina de Chefchaouen.  Avant le repas , on s’accorde une ballade dans les ruelles de la vieille ville.  C’est étonnant et très étrange.   Une multitude de petites rues très étroites, des habitations imbriquées les unes dans les autres, les soubassements sont souvent passées à la chaux teintée dans des bleu pastel.    Des portes ouvertes laissent entrevoir l’intérieur de ces habitations, la plupart très souvent transformées en boutiques de toutes sortes.   Malgré leur petitesse, elles sont très bien achalandées et l’on y trouve de tout.  Aussi bien des poteries que des vêtements, des produits de nettoyage et tout l’arsenal pour une maison propre ! dans une autre encore, des films photos avec des cafés de différentes provenances, des crémiers qui proposent sur leur étal des fromages de chèvre non emballés et que tout le monde peut toucher en passant, sans s’en priver d’ailleurs ! et j’en passe.  Au point de vue esthétique, rien n’est parfait, mais c’est dans l’inachevé et le suggéré que l’imagination peut enfin s’évader vers la créativité.   Trêve de commentaires, nous commençons réellement à avoir faim et nous pénétrons chez Hassan.   Hassan maître des lieux, jeune homme plein d’imagination et amateur d’art, accueille ses hôtes avec beaucoup de courtoisie.   Dans son restaurant au décor bleu et blanc, il accueille beaucoup d’artistes et de peintres de tous les coins, pas seulement pour le côté gastronomique. De l’autre côté de la ruelle, il a créé une galerie d’art où sont exposées en permanence les oeuvres de talents marocains et étrangers.    À l’étage, il a quelques chambres pour ceux qui ont eu la bonne idée de réserver car il n’y en a que six.    Ce soir-là, en effet le repas fût très acceptable et convivial.  Michel avait presque retrouvé son optimisme des jours de soleil pleins de papillons.  Ce ne fût pas tout, nous avons terminé la soirée en sirotant un thé berbère sous l’arbre de la grande place en face de la tour fortifiée.    C’était l’heure de la prière et les croyants se dirigeaient vers la mosquée.  L’ombre du soir était tombée depuis longtemps.

 

21 Mai,    le jour est encore gris et la pluie n’arrête pas de tomber.   Michel ne sait plus que faire.   Il décide d’explorer quelques pistes dans le Rif.    La première que l’on atteint est impraticable tant la boue est glissante, une vraie patinoire, et les jeeps refusent de monter. Nous devons faire demi-tour devant l’air amusé de quelques enfants.   Plus loin, une route plus adhérente grimpe et bientôt nous sommes entourés de champs de cannabis.   Il ne s’agit pas d’en prendre un “plant” rien que pour voir, il y a des gens qui guettent à tous les tournants, avec des portables (et des fusils ?) !  Après quelques rares habitations, un petit chemin calme serpente dans une forêt de petits chênes, on se croirait chez nous.    Même flore, terre très humide, petit ruisselet, fougères.   Michel trouve enfin une vipère de Lataste pour Jean Elle est prise en photo sur toutes ses coutures.    Jean trouve aussi une salamandre.    Michel est heureux pour nous. C’est rare dans le coin et peu connu.  La pluie cesse enfin.   Nous explorons la forêt.   Vers midi, nous prenons une collation dans un petit restaurant, le seul qui refuse d’y laisser commercer les dealers.

Le soleil brille à nouveau.  Nous prenons encore quelques photos de tortues dans une petite marre près de Chaouen.  Et, ce soir après un brin de toilette, nous retournerons prendre un repas chez Hassan, dans la Médina.  Le repas d’adieu, car demain, nous quitterons le Maroc.    Il est temps de laisser nos amis seuls.    Il nous aura servis de guides durant trois semaines et supportés avec beaucoup de patience et de gentillesse.    Je crois que cela suffit.   

 

22 Mai,    le bateau à Tanger, la Méditerranée, l’Espagne, l’EuropeNous avons décidé de folâtrer quelques jours encore dans la Sierra de Gredos.  

 

23 Mai,    la Sierra de Gredos, nous l’atteindrons à la fin de la journée après être passé par Séville, Mérida, Cacéres, Plasencia.  Là nous empruntons la route verte vers Puento del pico de Gredos situé à 1352 m.  Nous traversons de petits villages avant d’atteindre Candeleda , où nous décidons de trouver une auberge d’où nous pourrons partir le lendemain explorer les environs.

Nous avons dégusté là un de ces délicieux jambons crus du pays, juste bon à être savouré.    Il fut suivi d’un excellent repas, arrosé d’un vin de pays corsé et enivrant.  Une promenade au clair de lune en guise de dessert et de digestif avant notre nuit espagnole !

 

24 Mai,   le lendemain, après le petit-déjeuner, nous sommes partis à la recherche d’une banque pour quelques changes et d’une boutique pour quelques films.  Le soleil était avec nous, radieux.  Nous avons exploré la Sierra de Gredos en empruntant quelques pistes, nous commençons à en avoir l’habitude.    Nous avons pu surprendre des oiseaux fabuleux “les guêpiers d’Europe”.  En plus de ses couleurs lumineuses, cet oiseau est très vif, et, pour le prendre en photo, ce ne fut pas chose aisée.   Il a quand même daigné se laisser photographier tout en chassant les insectes dont il se nourrit.    Il y avait aussi d’énormes lézards ocellés, comme Jean n’en avait encore jamais rencontré.    Mais un des plus gros s’est caché dans son terrier sous une pierre que l’on a eu du mal à déplacer.    Finalement, nous avons décidé de lui laisser sa tranquillité.  Après un léger repas sous les arbres, nous poursuivions notre chemin lorsque nous avons croisé sur la route des “capra hispanica”, bouquetins sauvages des sierras espagnoles.  Nous avons eu le temps de les prendre en photos.    La fin de l’après-midi s’annonçait plus sombre et il s’est mis à pleuvoir.   Nous sommes remonté vers Hervas.    Tout à coup, des grêlons se sont mis à tomber avec tant de violence qu’ils auraient pu bosseler la carrosserie.    Ensuite, la pluie n’a plus cessé.    Nous roulions sans savoir où nous arrêter.    Dans un patelin nommé Béjar, nous avons enfin décidé de chercher un endroit pour la nuit tant le temps était devenu mauvais et le soir commençait à tomber.  De toute façon les Espagnols ne prennent leur dernier repas qu’après 21 heures. 

 

25 Mai,  vu le temps, il ne nous reste plus qu’à prendre la route du retour.  À quelques kilomètres de la frontière, PANIQUE ! le moteur se met à chauffer, et la voiture peine.    Jean espère arriver en France pour régler ce problème. On remet de l’eau de Vittel dans le radiateur troué, on repart.    Nous sommes quelque peu anxieux mais la voiture roule et le trajet diminue.  Nous arrivons bientôt dans le Gers, notre étape du jour ou une tante nous attend dans son joli presbytère.

 

26 Mai,   déjà le matin, l’air est tiède comme souvent dans ce coin de France.  Les chats ronronnent sur la terrasse, à l’ombre du parasol. Notre tante levée tôt nous attend avec croissants et petits pains au chocolat que l’on sait difficilement refuser.  Elle insiste pour nous offrir le déjeuner de midi : magrets de canard marinés au miel.  Comme le temps ne nous est pas compté nous acceptons avec plaisir.    Ce sera l’occasion d’échanger encore quelques histoires du pays et d’ailleurs.   Entre-temps, Jean a regardé son niveau d’eau. Il a fortement baissé.   Que faire, sinon en remettre à chaque baisse de niveau en espérant rentrer en Belgique sans trop de mal.   Après les adieux, nous voilà en route pour l’avant dernière étape, car nous passerons par Tours sur la Loire. Notre ami Maxime est prévenu, nous faisons halte chez lui.    Je trouve cela un peu cavalier de s’imposer de la sorte, mais je n’ai rien à dire, comme souvent dans ce voyage !    Il est environ 16 heures lorsque nous atteignons « La Fouraudière » à deux pas de l’autoroute et de la sortie à péage.  L’apéritif se passe à se raconter des histoires africaines, et une fois de plus à refaire le monde.  Pour le repas Maxime nous dit avoir joué la simplicité avec une côte à l’os et de la salade.     La saison en Touraine a été très fraîche jusqu’à présent, avec tellement t d’intempéries, que Maxime a été gêné dans ses travaux forestiers...    

 

27 Mai,   le lendemain nos deux hôtes s’affairent à nous préparer un petit-déjeuner.    Jean ira faire une dernière ballade avec Maxime dans le domaine, pour admirer ses merisiers et ses cormiers soigneusement sélectionnés, tandis que je range la valise dans la jeep qui commence à ne plus ressembler à rien.   De nouveau les adieux, et en route pour la Belgique.    Nous passerons par Hirson, Chimay, et les Barrages de l’Eau d’heure. Enfin “Les prés” . Nous retrouvons avec joie la maison, quelque peu déroutés quand même par ce long voyage où nous aurons parcouru près de 10 000 kilomètres, en quatre semaines.  Ce fût un beau voyage !

 

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