Il est problématique de naître dans la peau d’une Vipère !
L’Homme, lorsqu’il décréta avoir été créé à l’image de Dieu, s’est auto-proclamé au dessus des animaux. Pas étonnant donc que dans sa grande majorité, il les méprise, qu’il puisse les asservir, les tuer, les exterminer, les torturer. Les trois grandes religions monothéistes ont su plaire en proposant un anthropocentrisme dominateur, une supériorité de notre espèce sur tous les êtres vivants très séduisante parce qu’auto-satisfaisante. On entrevoit de nos jours les écueils d’une telle éthique et le temps du grand
« mea culpa » est venu. Le serpent, en sus de la peur innée et instinctive que leur vue nous inspire, serait en tant que responsable biblique de la dérive d’Ève et d’Adam, un animal « maléfique, retors et dangereux ». Il fût, et ce, dés les origines de l’Homme, craint et exterminé à l’exception des quelques rares cultures hindoues et asiatiques qui en sacralisant certains animaux les préservèrent des destructions aveugles. Ces ophidiophobies inscrites au plus profond de notre subconscient, héritage de notre passé d’animal-chasseur-cueilleur, amplifiées par notre culture judéo-chrétienne qui fit du serpent un symbole négatif, sont telles que nos réflexes resteront malheureusement longtemps inchangés :
Vipère vue égale Vipère morte.
Même W.Disney a enfoncé le clou en faisant du serpent un animal « antipathique et faux » qui tente d’étouffer et se délecter du « gentil » Mowgli. Il est donc temps de prendre conscience, de notre statut « d’animal parmi d’autres », de redescendre de notre piédestal destructeur, de retourner à notre humble place. Notre devoir est de nous intégrer en harmonie avec notre environnement, dans le respect de la vie sous toutes ses formes.
Plaidoyer pour le Vipère
Jean Delacre