Andrew Jennings - Carton Rouge !


Enquête de saison. Après le CIO, la FIFA.

J'étais complètement à côté de la plaque. Allez, je l'avoue. En général, je suis assez forte pour séparer comme ça d'un seul regard les bons et les méchants. Vous voyez, c'est l'habitude des films américains.

Exemple ? L'Abbé Pierre ? Bon !
George Bush ? Méchant !
Zinedine Zidane ? Bon !
Hakan Yakin ? Méchant ! (enfin... ça dépend s'il joue à YB contre Sion ou à Suisse contre quelqu'un d'autre, vous voyez, ça se complique déjà).
Sepp Blatter ? Bon ! Et Lennart Johansson ? Méchant !
Ca me paraissais évident. L'un a un physique petit et discret, il vient du même coin de terre que moi et il est principalement soutenu par les pays du tiers monde.
L'autre est tape à l'oeil, il vient du nord et il est soutenu par les riches fédérations d'Europe.

De quoi je parle ? Ah oui, de foot. Et de l'élection à la tête de la FIFA en 1998.

Grande désillusion, il y avait un piège. Heureusement, Andrew Jennings est là. Dans la multitude de bouquins qui paraissent ces temps-ci pour parler de foot, j'aurais même pu passer à côté si la FIFA n'avait pas tenté de le faire interdire. D'ailleurs j'ai même cru qu'ils avaient réussi à en interdire la diffusion en Suisse. Ca doit être faux car la FNAC de Lausanne en vendait quelques piles. Un bouquin qu'on veut faire interdire, c'est le meilleur moyen de donner envie de le lire, non ?

Et pour moi, Jennings n'est pas un inconnu. J'avais dévoré en son temps son bouquin sur les Jeux Olympiques. J'avais d'ailleurs prêté mon exemplaire autour de moi avec le vague espoir qu'il ouvrirait les yeux des innocents lors des candidatures de la ville de Sion à l'organisation des Jeux 2002 et 2006 et je sais qu'il avait circulé jusque dans les rangs du comité d'organisation. (Appel ! Appel ! Appel ! Si vous avez mon exemplaire, rendez-le. Il me manque ! J'aimerais beaucoup le relire !).

Enfin bref, dans la série "enquêtes de l'été", celle-ci vaut beaucoup mieux que la précédente. Jennings donne l'impression de faire du travail sérieux, en tout cas il ne lâche pas son os. Moi, j'ai un vague malaise, il faut que je reconstruise mon monde intérieur compte tenu du fait que dans cette histoire je me suis trompée de gentil et de méchant.

Que Blatter soit un méchant, allez, je veux bien l'accorder. Le pouvoir et l'argent corrompent. Ce ne serait pas la première fois. Mais que Johansson soit un gentil, c'est presque plus dur à avaler. Allez, on ne pourrait pas pour une fois avoir deux méchants ? Et on laisserait le rôle du gentil à Zizou, d'accord ?

Posted: Lun. - Juin 19, 2006 at 08:32 AM          


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