Quel drôle de hasard. Après Nothomb, Carlier. Après
l'anorexie, la potomanie etc.... voilà la boulimie.
Mais, comme
ce n'est pas pour entendre parler de boulimie ou de gros que je me suis offert
ce livre, ce n'est pas non plus dans ce sens là que je vais vous en
parler.
J'ai, avec mon poste de télévision, un certain
nombre de rendez-vous incontournables. Le mardi soir, on me trouvera devant
"
ABE ", le magazine des consommateurs. Le
dimanche soir, c'est "
Mise au Point ", ou "Histoire Vivante" si je me
décide à regarder le premier en différé sur mon Mac. Mais
dans ce cas, c'est l'angoisse car je vais manquer Carlier dans le
bocal.
Parce que, voyez-vous, Carlier, c'est mon délice
hebdomadaire. Un peu comme à une époque, j'aimais lire quelques coups
de gueule de Cavanna (Non, il n'y a pas de faute d'orthographe. J'ai bien
écrit Cavanna et pas l'autre avec un h quelque part). Un jour, par hasard,
j'ai vu Carlier à la télé et je me suis dit qu'il y avait encore
de l'espoir. N'étant pas une amatrice de radios françaises, je ne le
connaissais pas. Et là, ce type qui disait tout haut, et avec quel talent,
ce que j'arrivais à peine à formuler in petto, ça m'a même
incité à rester devant mon poste et à supporter le petit Fogiel
à logorrhée incorporée.
Voilà, dans Carlier le
féroce, celui qui ne craint pas de se mettre à dos tout ce que la
France compte d'amateurs d'horoscopes, j'ai reconnu comme un parent. Tiens, lui
aussi à vu derrière les clowneries et chansonnettes à deux balles
d'un Dave, une vraie profondeur d'esprit (ne riez pas... c'est un peu comme un
code secret. Le jour où vous aurez déchiffré Dave, vous non plus
vous ne pourrez plus le regarder de la même manière).
Tout
ça pour dire que Carlier, j'aime bien. Voilà. Non, je ne suis pas
toujours d'accord (encore heureux), mais rien que pour lui, je suis capable de
m'auto-infliger du Marco-qui-coupe-la-parole-plus-vite-que-son-ombre, et
quelques invités insipides.
Donc, à ma grande surprise,
j'apprend que Carlier écrit en plus de causer dans le poste. Chic alors,
moi qui lis ! Quel heureux hasard. Achetons
donc.
Et
là, plaf ! Une grande baffe. Oui, Carlier est énorme, gargantuesque.
Oui, il est malade. Oui, il se soigne. Cette autobiographie de la non-faim n'est
pas un recueil de chroniques, c'est un recueil de sa vie.
Avec
quelques pourquoi, des comment aussi. Des interpellations au lecteur dans
lesquels je ne sais s'il faut trouver une sorte de pudeur. Comme une
auto-défense (tiens, je fais du Gérard Miller à 2 balles là,
pardon). Bref, des interpellations de lecteur dans lesquels je ne me retrouve
pas, ou très rarement. Mais c'est normal, on est toujours meilleur
conducteur que les autres, meilleur lecteur aussi.
Je voulais dire
que j'ai dévoré ce bouquin. Ca serait à la limite du mauvais
goût. Donc je l'ai entamé hier soir. Je me suis endormie dessus, et ce
matin en me réveillant, je l'ai repris et ne l'ai posé qu'une fois la
dernière page tournée.
Décidément, j'aime bien
Carlier. Je ne suis pas sûre de savoir pourquoi il a écrit "Le Coeur
Au Ventre". Je l'ai lu un peu par erreur, mais je ne le regrette pas un quart de
seconde. Guy Carlier.... je vous souhaite tout le bonheur du monde. Même si
ça sonne creux, comme toutes les chansonnettes, c'est sincère.
Posted: Dim. - Mai 21, 2006 at 02:12 PM