J'ai la chance, les lundis, de me trouver sur la route entre 15 et 16
heures. C'est l'heure à laquelle la Radio Suisse Romande diffuse une
excellentissime émission appelée
Histoire
Vivante . De multiples thèmes y sont abordés, un
différent chaque semaine. Nous avons eu droit à l'histoire du LSD,
à celle de l'indépendance de l'Inde et à d'autres choses
encore....
La semaine dernière était consacrée au
McCarthysme . Cette émission radiophonique
s'étoffe, le dimanche soir, d'un reportage télévisé
diffusé sur
TSR2 . On a même droit à une page
d'éclairages dans le seul quotidien auquel je suis abonnée :
La Liberté.
L'utilisation de ces médias qui visent la qualité sans trop de
compromis, est une aubaine pour moi. Les reportages proposés sont souvent
très intéressant. Et la radio a le temps de faire un beau survol de
chaque thème en cinq heures d'émission. J'en profite le soir, la RSR
ayant la bonne idée de diffuser en différé certaines
émissions sur internet. La télévision nous permet de mettre des
images sur des visages, lieux, événements et nous aide ainsi à
les mémoriser. Et quant à l'article écrit, il nous permet
d'archiver ces connaissances. Plus simple de ranger dans un classeur une feuille
de journal qu'une émission radio. Non ?
C'est dire si ça
tombait bien en parallèle à ma lecture de ce roman de Roth.
Plaf.....
on est à nouveau, un peu comme dans '
Pastorale Américaine ', au coeur d'une
histoire qui s'étend sur plusieurs dizaines d'années. Zuckermann
(coucou, le revoilou) s'intéresse dans ce livre à une autre figure qui
a marqué son adolescence, sa vie de jeune adulte. Ce n'est plus le
Suédois parfait qui le fascine, mais Ira, Iron Rinn, l'homme de fer, celui
qui s'est élevé dans l'échelle sociale jusqu'à épouser
une vedette sans renier ses engagements de gauche.
Ca nous parait
tellement banal, vu d'ici. Il y en a plein le petit écran, de ces
gauchistes vaguement caviar bien pensants. Enfin non, pas tout à fait,
à l'heure à laquelle j'écris ces lignes, le petit écran est
encombré de
sportifs , pas de vedounettes. Mais outre
Atlantique, à l'époque de la chasse aux sorcières....
Bon. La vie donc d'Ira Ringold, vue au travers des yeux du petit
Zuckermann qui l'admirait et également du frère ainé, Murray. La
complexité du personnage, la trahison, l'impossibilité du bonheur
qu'il soit conjugal ou social. La lourdeur, la pesanteur, de cette époque
où il n'était pas bon avoir quelque sympathie pour le
prolétariat. Le rapport avec Clooney ? Ben... c'est le neveu de Rosemary,
bien sûr.
Bon, d'accord.... au moment où Histoire Vivante
et Philip Roth reviennent sur cette époque difficile de l'histoire des
Etats-Unis, George Clooney s'y
met aussi . Et il semble, qu'à l'instar
d'autres beaux gosses, le Dr Ross est sérieusement en train de prendre de
l'épaisseur, de la profondeur. Oui, il semble bien qu'il soit mieux qu'une
image impeccable.
Alors bien sûr qu'il faut lire "J'ai
épousé un communiste". Bien sûr. Pour en revenir au
parallèle entre le Suédois et l'Homme de Fer, si d'un côté
on voit le rêve américain s'effriter (on a cassé le moule et on
le met en bière une fois), d'un autre, c'est l'incroyable contradiction de
ce grand pays des libertés, particulièrement de la liberté
d'expression, qui est capable de s'en prendre à ses propres citoyens pour
rien de plus que des idées.
Roth a écrit ce roman en 1998,
bien des années après l'époque de McCarthy. Mais sa peinture de
l'époque est si poignante qu'on ne peut que se dire qu'il a été
profondément marqué par cette chasse à l'idée
déviante.