J'ai épousé un communiste - Philip Roth


La RSR, La Liberté, TSR2, George Clooney et Philip Roth ! Cherchez l'intrus.

J'ai la chance, les lundis, de me trouver sur la route entre 15 et 16 heures. C'est l'heure à laquelle la Radio Suisse Romande diffuse une excellentissime émission appelée Histoire Vivante . De multiples thèmes y sont abordés, un différent chaque semaine. Nous avons eu droit à l'histoire du LSD, à celle de l'indépendance de l'Inde et à d'autres choses encore....

La semaine dernière était consacrée au McCarthysme . Cette émission radiophonique s'étoffe, le dimanche soir, d'un reportage télévisé diffusé sur TSR2 . On a même droit à une page d'éclairages dans le seul quotidien auquel je suis abonnée : La Liberté. L'utilisation de ces médias qui visent la qualité sans trop de compromis, est une aubaine pour moi. Les reportages proposés sont souvent très intéressant. Et la radio a le temps de faire un beau survol de chaque thème en cinq heures d'émission. J'en profite le soir, la RSR ayant la bonne idée de diffuser en différé certaines émissions sur internet. La télévision nous permet de mettre des images sur des visages, lieux, événements et nous aide ainsi à les mémoriser. Et quant à l'article écrit, il nous permet d'archiver ces connaissances. Plus simple de ranger dans un classeur une feuille de journal qu'une émission radio. Non ?

C'est dire si ça tombait bien en parallèle à ma lecture de ce roman de Roth.

Plaf..... on est à nouveau, un peu comme dans 'Pastorale Américaine ', au coeur d'une histoire qui s'étend sur plusieurs dizaines d'années. Zuckermann (coucou, le revoilou) s'intéresse dans ce livre à une autre figure qui a marqué son adolescence, sa vie de jeune adulte. Ce n'est plus le Suédois parfait qui le fascine, mais Ira, Iron Rinn, l'homme de fer, celui qui s'est élevé dans l'échelle sociale jusqu'à épouser une vedette sans renier ses engagements de gauche.

Ca nous parait tellement banal, vu d'ici. Il y en a plein le petit écran, de ces gauchistes vaguement caviar bien pensants. Enfin non, pas tout à fait, à l'heure à laquelle j'écris ces lignes, le petit écran est encombré de sportifs , pas de vedounettes. Mais outre Atlantique, à l'époque de la chasse aux sorcières....

Bon. La vie donc d'Ira Ringold, vue au travers des yeux du petit Zuckermann qui l'admirait et également du frère ainé, Murray. La complexité du personnage, la trahison, l'impossibilité du bonheur qu'il soit conjugal ou social. La lourdeur, la pesanteur, de cette époque où il n'était pas bon avoir quelque sympathie pour le prolétariat. Le rapport avec Clooney ? Ben... c'est le neveu de Rosemary, bien sûr.

Bon, d'accord.... au moment où Histoire Vivante et Philip Roth reviennent sur cette époque difficile de l'histoire des Etats-Unis, George Clooney s'y met aussi . Et il semble, qu'à l'instar d'autres beaux gosses, le Dr Ross est sérieusement en train de prendre de l'épaisseur, de la profondeur. Oui, il semble bien qu'il soit mieux qu'une image impeccable.

Alors bien sûr qu'il faut lire "J'ai épousé un communiste". Bien sûr. Pour en revenir au parallèle entre le Suédois et l'Homme de Fer, si d'un côté on voit le rêve américain s'effriter (on a cassé le moule et on le met en bière une fois), d'un autre, c'est l'incroyable contradiction de ce grand pays des libertés, particulièrement de la liberté d'expression, qui est capable de s'en prendre à ses propres citoyens pour rien de plus que des idées.

Roth a écrit ce roman en 1998, bien des années après l'époque de McCarthy. Mais sa peinture de l'époque est si poignante qu'on ne peut que se dire qu'il a été profondément marqué par cette chasse à l'idée déviante.

Posted: Sam. - Février 11, 2006 at 06:28 PM          


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