Le photographe Joël PELERIN a enchaîné une exposition de Nu Artistique à Calgary, au Canada anglais, juste après son exposition à Johannesburg, en Afrique du Sud. Les Canadiens ont découvert à travers ses oeuvres la beauté et la féminité des Réunionnaises, et la valeur du métissage. C’était probablement une première dans l’Alberta où cet événement à fait grosse impression, à tel point qu’il est passé au journal télévisé et à la radio!
Du 11 janvier au 29 février 2008, Joël Pèlerin a exposé ses clichés au Canada, à la galerie Arts On Atlantic, située à Calgary. Du 6 au 29 février, l’exposition fait partie de EXPOSURE, le mois de la photo de la région.
Le point commun entre les expositions quasi-simultanées en Afrique du Sud et au Canada anglophone, c’est que ces deux pays se caractérisent par une culture empreinte de puritanisme, comme l’a bien ressenti Joël Pèlerin: «Dans ces pays, il n’y a pas de statues nues sur les frontons des édifices publics comme dans la majorité des villes européennes. La valeur artistique du Nu, pourtant présent depuis le début de l’humanité (statue de Willendorf qui date de la préhistoire), est totalement occultée». Beaucoup de visiteurs de l’exposition ne cachaient pas leur surprise…
À Johannesburg et à Calgary, ses clichés de femmes dénudées, surtout celles qui dansent drapées d’un voile écarlate, évoquent Ishtar, la déesse assyrienne de la liberté, Astarté, la déesse babylonienne de la fertilité et du bonheur, ou Isis, la déesse de la sexualité, bref elles évoquent des déesses païennes. Or les femmes ne sont pas fatales, au contraire : ce sont elles qui donnent la vie !
Les photos de Joël Pèlerin ne sont pas blasphématoires, elles donnent toute sa dimension à la Femme, dans la lignée des oeuvres d’art qui glorifient la Féminité depuis que l’humanité existe, et la première surprise passée, elles ont été bien accueillies.
Autre obstacle culturel à surmonter pour obtenir l’adhésion du public : le métissage (du latin mixtus qui signifie mélangé-mêlé) était interdit du temps de l’Apartheid en Afrique du Sud et il était également interdit dans certains états nord-américains, et cela marque encore les esprits. Tous sont admiratifs de ce qui se passe à la Réunion : « J’ai été bombardé de questions, tant à Johannesburg qu’à Calgary . Mon travail me semble important dans la mesure où il valorise le métissage aux yeux de personnes qui au départ y sont plutôt hostiles. Il réhabilite le Nu comme art fondamental, et rehausse l’image de la Femme, encore diabolisée dans le subconscient de beaucoup. Il montre que ce qui se passe à la Réunion a vraiment valeur d’exemple, et fait connaître notre île, en provoquant la réflexion et en touchant les gens en profondeur».
L’exposition a donc fortement ému les visiteurs sud-africains et canadiens, peu habitués au «Nu académique» et à la beauté des femmes métisses de l’Océan Indien !
Toutes proportions gardées, l’exposition de Joël Pèlerin est un signal au même titre que le monument « La Liberté Éclairant Le Monde », plus communément appelé Statue De La Liberté. L’oeuvre du Français Bartholdi est devenue le symbole international de la liberté, de l’émancipation, de «la lumière éclairant les ténèbres», au sens humaniste. D’un côté, des déesses de beauté à la peau cuivrée, de l’autre, une statue recouverte de cuivre, inspirée des déesses antiques.
Le message de Bartholdi se décrypte à travers les nombreux symboles utilisés, comme par exemple la couronne à 7 branches, qui symbolise les sept continents (Amérique du Nord, Amérique du Sud, Europe, Asie, Afrique, Océanie et Antarctique). Le message de Joël Pèlerin ne se décrypte pas avec l’intellect mais se ressent avec le coeur : il expose plus que des femmes, qui sont d’une beauté émouvante, il expose l’émotion. Elles émeuvent à La Réunion et encore plus au Canada ou en Afrique du Sud, où le puritanisme a déshabitué les gens à ce que la nudité d’une femme puisse être quelque chose de très beau à regarder. Et le fait que les modèles de Joël Pèlerin soient métisses apporte une dimension supplémentaire à sa démarche. C’est sa lumière à lui !
Les mentalités ne progressent jamais de façon uniforme dans la population, il y a toujours des précurseurs et des réactionnaires, ainsi va le monde. Le hasard a voulu que Joël Pèlerin soit sur le continent américain au moment où Barack Obama, sénateur de l’Ilinnois, né à Honolulu (Hawaii), d’un père Kenyan et d’une mère Américaine, un métisse donc, s’impose comme un candidat sérieux dans la course à l’investiture démocrate, devançant même Hilary Clinton dans certains états : un signe ?
La plupart des visiteuses de l’exposition n’avaient jamais été confrontées au Nu Artistique, et cela a été pour beaucoup d’entres elles une révélation, s’exclamant «they are so looooooovely !». L’oeuvre de Joël Pèlerin a fortement impressionné au Canada, et le photographe a fait l’objet à la fois d’un interview télévisé de 2min45, ce qui est plutôt long, qui a été diffusé aux deux JT du soir du 25 janvier sur la chaîne nationale CBC (Canadian Broadcasting Corporation, Radio-Canada), et d’un interview par téléphone retransmis sur la radio le mardi 29 sur la même station. La beauté des femmes Réunionnaises et la valeur du métissage ont été à l’honneur !