« L’ÉTERNEL FEMININ » a été la première grande exposition de Nu Artistique à la Réunion. Elle s’est déroulée à la Case Bédier Campenon du Musée Stella Matutina à St-Leu du 24 avril au 4 mai 2004. Il y eu environ 600 visiteurs. Lire la revue de presse , le texte remis aux journalistes (dossier de presse).
L’Express (île Maurice) http://www.lexpress.mu/display_article.php?news_id=18396
C’est une très belle exposition de photos de nues que propose actuellement le musée Stella de Saint-Leu. Le photographe Joël Pèlerin y dévoile des photos de femmes « ordinaires » qui posent dans le plus simple appareil. L’artiste explique que son plus grand plaisir est de redonner confiance à des modèles non expérimentées « qui n’acceptaient pas leurs corps et qui reprennent finalement confiance en se voyant dans mes photos ». Alice Pèlerin, son épouse, après avoir elle-même posé pour son mari, écrit à présent des poèmes qui accompagnent les dites photos. Sensuelle.
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Témoignages (île de La Réunion) du mardi 20 avril 2004 http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=3113
Du 24 avril au 4 mai prochain, à la Case Bédier Campenon à Stella Matutina (Saint-Leu), Iris et Joël Pèlerin, peintre et photographe, exposent sur « L’Éternel féminin». Il s’agit d’un hymne à la beauté et à la féminité des femmes de l’océan Indien, en opposition à l’image de la «femme objet». 25 photos, la plupart en couleur, choisies parmi 170 ont été sélectionnées par un collège d’une dizaine de femmes. Un poème de Mme Pèlerin, épouse du photographe, enrichissent ces oeuvres…
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Témoignages (île de La Réunion) du vendredi 30 avril 2004 http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=3292
« Il ny a pas de liberté possible dans le monde sans art et sans culture […] cest par lart que lêtre humain prend la distance nécessaire avec la réalité et peut, par là, mieux penser et trouver les conditions de sa liberté ». Cette pensée de Mgr Saudreau pourrait être en mise en exergue de lexposition intitulée "LÉternel Féminin" et présentée à Stella Matutina jusquau 4 mai par Joël Pélerin et Iris. Il y avait beaucoup de monde samedi dernier au vernissage pour admirer les photographies et les toiles des deux artistes - lui, photographe dart, et elle, artiste peintre - tous deux spécialisés dans le "nu académique". Cette forme dart a enchanté le public présent, même si elle est peu fréquente dans le paysage culturel réunionnais. Quoi que… Certains se rappellent le "scandale" suscité au siècle dernier par le monument aux morts de Salazie. Ce monument, érigé après la première guerre mondiale de 1914 - 1918, fut surmonté dune statue en bronze représentant une "Victoire", comme dans des milliers de communes françaises, sauf quici, lartiste a peut-être reproduit plus fidèlement que de coutume la fort jolie silhouette de son modèle, dénudée jusquà la ceinture, brandissant un bouclier et un rameau dolivier, symbole de paix. Les anciens combattants de 14 - 18 ny trouvaient rien à redire ; au contraire, ils appréciaient plutôt ce monument, qui symbolisait lengagement patriotique sans leur rappeler la boucherie des tranchées. Le scandale éclata parce que le monument aux morts de Salazie était situé juste en face de léglise. Le curé nappréciait pas tellement que la première chose qui simposait à ses paroissiens à la sortie de la messe fut cette représentation féminine, certes académique mais à la poitrine… ostentatoire ! La statue fut finalement retirée (sous Pétain) et placée dans un hangar. Mais quelques années plus tard, sous de Gaulle, la Victoire aux jolis seins de bronze fut réinstallée dans le jardin public de Hell-Bourg, où on peut depuis ladmirer. Émotions esthétiques. Lexposition de nu académique qui a lieu à Stella Matutina est en tout cas une grande première à La Réunion et devrait permettre au public de cultiver son sens de lesthétique. Le mot "esthétique" a pour étymologie "aisthesis" qui en grec veut dire "étude de la sensation". Nous possédons cinq sens (vision, odorat, ouïe, goût, toucher) mais nous éprouvons plein dautres sensations : nous possédons, par exemple, un sens moral, qui nous permet de distinguer le bien du mal, et un sens esthétique, qui nous permet de distinguer le laid du beau. De même que notre sens inné du bien et du mal peut séduquer (par la morale), nous développons notre sens du beau, de lharmonie des formes, grâce à lart, «cette manifestation matérielle et intuitive de lesprit». Les civilisations antiques célébraient la beauté de la femme dans lart de la sculpture. Notre langue en a gardé ladjectif "sculpturale", dont la définition est : «qui évoque une sculpture par sa beauté plastique : corps aux formes sculpturales». La photographie est une forme dart de notre temps, qui consiste à sculpter des formes avec lombre et la lumière. Il est agréable de penser que cette exposition puisse donner à réfléchir sur le sens des mots. Certains se laisseront peut-être même aller à quelques pensées philosophiques : si nous somme si sensibles à la beauté, nest-ce pas parce que la beauté est une promesse de bonheur ?… Toutes les femmes sont belles, mais elles ne le savent pas. Finalement, quoi de plus agréable que de se cultiver ainsi, loin des livres, en se laissant simplement submerger démotions esthétiques ? Une dimension pédagogique. Cette exposition a également une dimension pédagogique. Nous sommes envahis dimages de nu féminin, qui nous parviennent par la télé, le cinéma, linternet, laffichage publicitaire, la presse magazine… Mais il faut distinguer le nu féminin érotique, qui a pour but de susciter un désir sexuel, et le nu féminin académique, dont le but est de provoquer une émotion esthétique. La frontière entre les genres est parfois floue, controversée, en tout cas difficile à définir par des mots. Où situer par exemple la photo "de charme" ? Cette exposition de nu académique pourrait avoir valeur dexemple pédagogique. Lintérêt de cette exposition va encore plus loin. Si Christo habille les monuments pour modifier le regard et le comportement du public, pour parvenir au même but, Joël Pélerin déshabille ses modèles. Les premières personnes concernées par cette modification du regard sont les modèles : certains ne saimaient pas avant de voir les premiers agrandissements photos. Elles sont maintenant admiratives devant leurs propres photos. Les séances de poses devant lobjectif ont produit sur elles le même effet quune intervention de chirurgie esthétique, le scalpel en moins ! Lambition du photographe ne sarrête pas là : il veut également provoquer une modification du regard du public. Cette exposition est un reflet fidèle de limage que les femmes veulent donner delles-mêmes : les 25 photos exposées par Joël Pélerin ont été sélectionnées par un jury composé de plusieurs femmes, dont les modèles. La foule admirative qui sest pressée le soir du vernissage est une autre belle "Victoire" ! Correspondant