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Compte-rendu du voyage préparatif
(du 17 avril au 9 mai 2008)

1) À Diego

Au cours de ce voyage à Diego, nous avons pu rencontrer divers membres de l’autorité locale, à commencer par le maire de la commune de Ramena, M. Antoine MARTIN, qui s’est montré très intéressé par le contenu de notre projet, en particulier, le volet écologique pour le reboisement, la rencontre avec l’association des femmes et les tradipraticiens, et il était même question d’organiser une cérémonie de tromba (transe) pour notre départ. Nous regrettons de ne pas avoir pu revoir le maire pour en rediscuter, mais j’ai été reçu par son 1er adjoint.

Rencontre avec le premier adjoint au maire qui a beaucoup tempéré notre enthousiasme concernant notre rêve d’initier la replantation des cocotiers à Ramena car les noix de coco arrivaient tout juste, il faut d’abord les faire germer, cela prend des mois, et nous partons en hiver, période non propice pour la plantation. Des réalités qui nous avaient échappé, et qui me rappelaient à tout instant le décalage qu’il pouvait y avoir entre nos rêves et la réalité. Je lui ai laissé un dossier et il m’a promis d’en discuter avec le conseil municipal.

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Nous avons fait une très belle rencontre en la personne de Mme Paulette NABEZAFY, masseuse, et présidente de l’association des Femmes de Ramena, sympathique et dynamique, qui nous a organisé une rencontre avec les femmes du village.

Rencontre avec l’association des femmes de Ramena à qui nous avons exposé les tenants et aboutissants de notre projet. Une des doyennes de cette assemblée nous a offert les premières graines que nous allons planter. Moment fort! Une autre nous a parlé du massage utérin chez la femme enceinte et d’une plante qu’elle appelle « 50 maladies », qui leur sert quasiment à tout soigner. Elles nous ont fait part aussi du manque cruel de médecin et de médicaments. En une petite heure, ce n’était évidemment pas si facile de se « lâcher » d’emblée, mais cela nous a permis de nouer un premier contact que j’ai trouvé excellent, et elle nous ont arraché la promesse de commencer notre marche de la commune de Ramena. Nous avons échangé des chants et danses, et elles ont été très agréablement surprises de voir que je connaissais leurs chansons et leurs danses, que j’avais apprises récemment lors de notre dernière édition de Mad’Art avec l’association NY VALIHA avec le groupe SARAMBA. Une vieille dame est venue me consulter. Elle avait 23 de tension artérielle. J’ai confirmé le traitement que son médecin lui avait prescrit (furosémide) avec une hygiène de vie et les tisanes qui font baisser la tension, la nécessité de poser les soucis, relativiser les choses… Je suis venue sans aucun médicament et c’est la première situation qui me confronte à mon impuissance en tant que médecin quand je n’ai aucun moyen d’agir, à part, faire un diagnostic. Seulement accepter que les choses soient telles qu’elles sont, et partager avec cette personne ses soucis…

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Rencontre avec M. Jean, gardien des ânes qui était censé nous les présenter. Première surprise, il n’en reste apparemment plus que 3 : 2 femelles et un mâle, au lieu des 6 ou 7 prévus. Ensuite, une femelle a la patte cassée, victime d’une collision avec une voiture, les 2 femelles sont pleines et le mâle boîte. Une grande partie de notre rêve s’arrête ici avec les ânes. Nous ne l’acceptons pas tout de suite, car ils avaient pris une telle place dans notre projet, nous sommes venus avec tout le matériel pour les équiper. Nous nous disons qu’il sera peut-être possible de montrer le mâle à un vétérinaire. Autre leçon de vie, décalage rêve-réalitéÉ…

Journée du 22 avril 2008: rencontre avec le maire de Diego qui est enthousiaste pour notre projet et nous met en contact avec son responsable des affaires culturelles, M. Assany AYOUB et la responsable de communication Mme AURELIA qui va nous organiser une conférence de presse, et ultérieurement une rencontre avec une association de femmes. M. Assany AYOUB nous propose de nous organiser une rencontre avec Mama TSARA, de descendance royale, une spécialiste des chants traditionnels de la région qui fait autorité en la matière et à qui on fait appel pour les rituels ancestraux. Autre coïncidence, le film projeté lors de la conférence de notre dernier Mad’Art sur la région de Diego, concernait principalement cette femme. Je vais donc la rencontrer en chair et en os! Il y a décidément une continuité dans les choses que je vis! Cela me plaît d’imaginer que c’était écrit ainsi, à la manière de mes ancêtres… Il nous prend aussi rendez-vous avec un des plus grands conteurs de la région, connu sur le plan international, M. Paul JAORAVOANA , appellé aussi Paul CONGO. Très agréable contact, M. Assany AYOUB , et très efficace.

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Rencontre avec M. BOTRA René, président du conseil municipal de Diego, qui nous conseille de voir la chef de Région.

Après avoir attendu un après midi pour rencontrer Mme la chef de la région DIANA, nous sommes reçus par le secrétaire général de la Région, en la personne de M. RAVELOSON Jean de Dieu, qui, favorable à notre projet, nous promet d’intervenir auprès du ministère de l’intérieur pour que nous puissions avoir une prolongation de visa après les 3 mois que nous aurons obtenus à l’arrivée. Le jour de notre conférence de presse à la mairie de Diego, nous rencontrons le directeur de cabinet de la chef de Région qui nous donne toutes les coordonnées pour le joindre afin de préciser ce que nous attendons de la Région.

Conférence de presse à la mairie de Diego avec Mme AURELIA qui elle-même est journaliste de la mairie. L’heure est décalée car il y avait un événement politique qui était prioritaire. Après avoir attendu toute la matinée, nous rencontrons 3 journalistes de « La Gazette », « Midi » et &la quo; Les nouvelles » au lieu des 5 prévus. Ils prennent des notes, nous prennent en photo et semblent très intéressés par notre marche et nous promettent la publication pour le vendredi 2 Mai. Cela ne se fera finalement pas, et je saurai plus tard pourquoi. J’en tire une autre leçon que je savais plus ou moins déjà, mais que j’avais oubliée : le Malgache sourit toujours, dit rarement non et ne dit pas toujours les choses ouvertement. Le fait que je sois Malgache a dû jouer, et ils ont dû se dire que je devais le savoir.

Rencontre avec M. GUY LAURENT SYLVAIN, gérant propriétaire d’un bar restaurant chambre d’hôtes, qui nous conseille de voir le président de la FHORM (Fédération des Hôteliers Restaurateurs de Madagascar) et la directrice de l’Office de tourisme, et nous présente à un historien M. CASSAM ALY, un grand personnage qui nous fixe un rendez-vous tout de suite pour nous montrer sa collection d’anciennes photos de Diego. Il est en train d’écrire un livre sur le passé de Diego.

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Rencontre passionnante avec M. CASSAM ALY qui nous fait voyager dans le temps et fait germer en nous l’idée d’une exposition sur la ville mais surtout sur les anciens Réunionnais de Diego. Et nous rejoignons une des idées principales de cette marche qui est de rendre hommage à cette histoire commune entre la Réunion et Madagascar. Peut-être créer l’occasion, pour certains Réunionnais qui n’ont pas pu le faire jusqu’à présent, de revenir sur leurs traces ou sur celles de leurs ancêtres, à l’occasion du début de notre marche de Diego. Nous nous proposons d’en parler avec le maire de St-Denis, dont M. CASSAM ALY connaissait très bien la mère et qui fait partie de ces Réunionnais nés à Diego.

Rencontre avec M. Daniel LOZES, directeur du Grand Hôtel, et président de la FHORM de Diego qui attend un dossier et une précision sur ce que nous attendons de la FHORM dans ce projet. Il nous conseille aussi de contacter le président national de la FHORM, vu que nous allons sillonner tout Madagascar.

Rencontre avec Mme ALIAT, directrice de l’office du Tourisme de Diego, à qui nous remettons un dossier et qui attend des précisions sur notre attente.

Rencontre avec Mme Joëlle COUSINAUD, directrice de l’Alliance Française de Diego qui serait d’accord pour réaliser l’exposition que nous souhaiterions sur les anciens Réunionnais de Diego au moment de notre départ et nous propose que notre départ se fasse devant l’Alliance Franco-Malgache de Diego.

Rencontre avec le Consul de France à Diego, M. François FRANKEL, un homme charmant qui nous donne de nombreux conseils sur notre marche. Lui aussi, fête ses 50 ans cette année…

Dominique et Alain rentrent à la Réunion le 2 Mai, je continue seule sur Tana.

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2) À Tana

Rencontre avec le père Pedro dans son village d’AKAMASOA! Beaucoup d’émotion pour mes frères et moi de voir la grandeur et l’humanité de cet homme. Le médecin que je suis remarque un sub-ictère au passage, au niveau de ses yeux. J’espère me tromper. Mon désir de participer aux œuvres du père Pedro m’est apparu un jour de juillet 2006, à l’aube, dans un petit camping au Canada, une ville qui s’appelle REVELSTOKE. Je peux dire que c’est quelque chose qui m’a pratiquement réveillée et qui m’est apparu comme une évidence ce jour-là quand j’ai ouvert les yeux. C’était au début, quand je venais juste d’avoir l’idée de faire cette marche (juin 2006). Et cela ne m’a plus jamais quittée. Je n’en parlais pas beaucoup car je n’ai pas eu l’avis du père Pedro et ne voulais pas être interprétée comme exploitant son nom.

Rencontre avec le Colonel TOMBO Serge, qui s’est chargé de nous trouver les guides.

Audition de 7 guides, sur les 15 qui se proposent, dans le bureau du Colonel TOMBO Serge. La réunion dure tout l’après midi où j’expose le projet et ce que j’attends des guides, et où ils me posent toutes les questions et me livrent leurs motivations personnelles. Tous souhaiteraient faire la totalité de la marche mais je leur dis d’emblée que ce ne sera pas possible financièrement, et qu’il faudra faire des groupes qui vont se relayer sur différentes portions. La plupart me disent être intéressés par le projet en lui-même et l’occasion qu’il leur offre de découvrir leur pays et leur culture. C’est rassurant et réconfortant pour moi. Ils vont se concerter pour me livrer par écrit leur motivation pour certains et me faire une proposition de salaire. Je revois deux d’entre eux, les 2 plus âgés, la veille de mon départ et ils me proposent 40 000fmg soit 8000 ariary par jour et par personne, charge à nous de subvenir à leur équipement et leur nourriture, ainsi que de payer leur frais de transport jusqu’au point de départ de la marche ainsi que leur retour. Je leur dis que je vais soumettre leur proposition à l’association. Ces deux guides sont venus me saluer à mon départ de l’aéroport le matin à 5h30 pour me dire au revoir.

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Rencontre avec le Député RANDRIANANTENAINA José, d’Antsirabe II qui me permet de rencontrer une très grande concentration de journalistes à l’ouverture de la session parlementaire, ce qui me permet de les inviter à la conférence de presse que j’organise le 8 Mai.

Comme guidé par « l’esprit » de ma marche, je me dirige vers le TAHALA RAHARIHASINA, car on m’a vaguement signalé qu’il y a là bas quelqu’un qui pourrait me renseigner sur les fours solaires. Et là, je suis complètement sidérée car j’ai l’impression que tout le volet écologique de ANGOVO 2008 m’est offert sur un plateau car je rencontre un jeune homme en qui je me reconnais, comme si c’était mon homologue. En quelques mots, il me dit ses convictions et me décrit tout ce que j’ai toujours voulu faire pendant ma marche ! C’est tout mon projet, et nous décidons de travailler ensemble. L’association « Sun For Life » est en train de promouvoir la vulgarisation du four solaire chez l’habitant, elle ne donne pas de four solaire mais montre comment le fabriquer pour un coût tout à fait modique ! Elle est en train de promouvoir aussi un arbre : le « moringa olifeira lam », désigné comme brède mouroum à la Réunion ou anan’ambo à Madagascar, un arbre qui a des propriétés très intéressantes car elle retient la terre,donc évite l’érosion du sol, a des propriétés médicinales, nutritives et peut servir de pare feu car elle ne brûle pas. J’ai trouvé l’arbre que je vais proposer pour ANGOVO 2008 ! Je n’en reviens pas comment la vie peut organiser une telle rencontre ! Je reçois cela comme un énorme cadeau ! Et je me dis que si tout cela se goupille de cette manière, c’est que cette aventure était prévue pour avoir lieu ! Je me suis sentie bien en cet endroit !

Rencontre avec Mme Bodo RAZAFINDRABE, gérante et propriétaire d’une maison d’hôtes, « Le Carrefour », et membre de la FHORM, à qui je remets un dossier, et qui attend un courrier que je vais lui transmettre pour le président National de la FHORM. Une femme extraordinaire avec qui le courant passe très bien.

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Journée du 8 Mai : conférence de presse avec une vingtaine de journalistes au restaurant LOUNGE’ART à Antsahavola, en présence du représentant d’Air Madagascar, M. Jacques RAKOTOJAONA à qui j’offre quelques échantillons des T-shirts Dia 50, du COLONEL TOMBO Serge de l’armée Malgache et du COLONEL Franck REIGNIER, attaché militaire près l’ambassade de France et des représentants de « Sun for life ». Cette fois ci, j’ai préparé les enveloppes pour ma participation à leurs frais de déplacement. Il y avait des journalistes de la radio, de la télévision et de la presse écrite. L’interview a été diffusé au journal télévisé de la chaîne nationale TVM à midi le jour même et sur la chaîne privée Ma TV le lendemain. Trois journaux ont publié des articles le lendemain , et l’interview radiophonique prévu pour l’émission sportive du samedi après midi sur la radio nationale.

Rencontre avec le Consul Général de France à 11h30.

Déjeuner avec le député RANDRIANANTENAINA José à midi. Je lui remets un dossier pour qu’il me donne la liste des chefs de Région que je dois contacter pour que la population joue le jeu pour le relais vert ANGOVO 2008.

À 14h je retrouve les guides et le Colonel TOMBO Serge, puis ce dernier nous accompagne au ministère de l’intérieur où l’on m’indique la démarche à suivre pour obtenir un visa. C’est assez compliqué…

À 16h rencontre avec le Colonel Franck REIGNIER.

À 16H30, avec le Conseiller Culturel de l’Ambassade de France, M. Christian OCQUET, qui me donne des conseils sur une éventuelle demande de subvention auprès du Fonds de Coopération Régionale (Préfecture) et me présente Mlle Valérie BAUDHUIN chargée de mission Co-développement, que je devrais revoir à la Réunion dans les prochains jours.

17h30, enregistrement, interview à la radio Nationale Malgache.

19h30, dîner chez M. et Mme RAMAMPY Christian et Reine (Réunionnaise) en compagnie de Mme TALSON RABIALAHY journaliste de la chaîne Nationale RNM-TVM, qui m’ont aidée dans l’organisation de la conférence de presse de Tana. Ma journée s’achève à 23h30.

Le lendemain, je suis à l’aéroport à 5h30 du matin car mon vol décolle à 7h30. Mes deux guides sont à l’aéroport pour me saluer!

Je retiens beaucoup de choses positives de ce voyage préparatif. J’ai tiré des leçons, reçu beaucoup de cadeaux de la vie et je suis contente d’avoir été capable de les recevoir et de les apprécier. Je me suis enrichie de tous les contacts que j’ai eus, et sens que mon aventure est bel et bien commencée déjà. dans ce marathon, je n’ai pas eu le temps d’aller à l’Office de tourisme de Tana. il nous faudra leur envoyer par courrier.

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