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ASSEMBLEE GENERALE DIA 50
SAMEDI 29 AOUT 2009
MEDIATHEQUE BENOITE BOULARD LE PORT
Un hommage est rendu à Eugénie Monnier, secrétaire de l’association, décédée le 7 juin 2009 des suites d’une longue maladie. Génie comme nous l’appelions était une femme
remplie de joie qui avait trouvé dans cette marche une raison de continuer à se battre contre sa maladie et apporter aux gens sa gaieté et sa chaleur humaine. Elle nous manque beaucoup.
L’association Dia 50 a d’ailleurs reçu un message de condoléances de l’école primaire Charles Vendomele au Port qui a entretenu une correspondance avec les marcheurs pendant la marche.
RAPPORT MORAL
La présidente remercie les personnes de l’assistance pour leur présence. Elle rappelle les 2 objectifs qui ont conduit à la création de l’association Dia 50 :
- Réaliser la traversée de Madagascar à pied
- Réaliser les projets découlant de la marche
Sur le premier point : les marcheurs sont partis de Ramena le 15 Juillet 2008 et arrivés à Fort Dauphin le 4 février 2009 (attestation du Président de la Délégation Spéciale de Fort Dauphin!!).
Les objectifs poursuivis pendant la marche étaient les suivants :
- 1) Rendre un hommage à l’histoire commune entre La Réunion et Madagascar, en l’expliquant aux autorités et aux habitants des villages traversés. En effet, beaucoup de malgaches ne savaient pas que
les premiers habitants de La Réunion venaient de Madagascar.
- 2) Sensibiliser les habitants à la protection de l’environnement : des arbres ont été plantés dans les villages, en mettant les enfants à contribution, afin de leur transmettre ces valeurs essentielles.
Une démonstration de fours solaires (montage du four et cuisson des aliments) a également été mise en place à plusieurs reprises, grâce au partenariat de l’association
Sun for Life. Dans un premier temps, le but était de transmettre la notion que lon peut utiliser lénergie solaire pour avoir de lénergie, à partir de matériaux simples et peu
coûteux, en espérant que lingéniosité malgache sinspire du concept pour ladapter à sa sauce. L’utilisation du four solaire permettrait une diminution de la déforestation
(à l ’heure actuelle, 70% de l’énergie est utilisée avec du bois).
- 3) Recueillir les contes et berceuses traditionnels : à part dans le Sud Est de Madagascar où la tradition orale se perpétue encore fortement, la plupart des anciens ne transmettent plus les contes. Dans beaucoup
de villages traversés ce sont les « Ciné Vidéo » qui ont pris la place des conteurs. Les marcheurs ont pourtant constaté qu’il était très facile de captiver une assistance avec des contes.
Pour exemple lors de la venue de Marie Madeleine Maillot qui écrit des contes à La Réunion et lors de sa venue à la marche a ainsi captivé enfants et adultes des villages traversés. Les chants traditionnels recueillis
feront l’objet d’un partenariat avec le Pôle Régional des Musiques Actuelles.
Points forts observés pendant la marche :
- Les tabous : l’abandon des jumeaux, vu en particulier dans le Sud Est. Alice PELERIN va écrire à ce sujet car peu évident à aborder vite fait en public.
- Les « tromba », alias cérémonies de possession pour trouver une solution à un problème donné. Les villageois passent par leurs ancêtres via une cérémonie où ils entrent en transe.
Lart daller chercher la solution dun problème dans une démarche collective en faisant appel à des valeurs anciennes.
- Le famadihana : cérémonie dexhumation.
- Rencontres avec les écoles des villages traversés : ont fait l’objet d’échanges extrêmement riches. 2 collèges ont d’ailleurs laissé des lettres, l’association fait appel
à toute personne qui serait prête à mettre en place une correspondance avec un établissement de La Réunion.
Certaines pratiques ancestrales sont en perte de vitesse car elles ont perdu leurs sens aux yeux de certaines populations, doù lintérêt de retrouver
ce sens pour éviter lacculturation, valoriser son identité pour senraciner dans sa culture, condition importante de développement.
La présidente souligne encore 2 points importants:
- La chaire de l’UNESCO, label attribué à l’association Dia 50 par Sudel FUMA. Servira en particulier pour l’hommage à l’histoire commune entre La Réunion et Madagascar.
- Conflits entre marcheurs : 2 marcheurs du groupe (la vice-présidente de l’association et son mari) ont choisi de quitter la marche quelques jours avant l’arrivée à Fort Dauphin qu’ils ont rejoint de
leur côté. De grosses divergences de points de vue ont été à l’origine de ce clash. Ceci a mené à la démission de la vice-présidente et de son fils, qui occupait le poste de
trésorier.
Sur le 2ème point (activités post-marche) :
- Refaire une autre marche d’ici 2-3 ans (la « Transversale », traverser Madagascar d’Est en Ouest)
- Mettre en route les projets inter écoles
- Développer l’écotourisme (faire voyager les gens sur une partie du trajet emprunté par les marcheurs, en particulier la Route des Volcans, au Sud Est d’Antsirabé, qui pourrait se dérouler sur
une dizaine de jours).
Rapport moral adopté à l’unanimité.
Questions :
- Combien de kilomètres parcourus par jour? 25 km en moyenne
- Combien de personnes ont participé à la marche? Une cinquantaine au total : (Malgaches qui ont accompagné les marcheurs sur une étape, Mauricien, Réunionnais, métropolitains). Il y a eu entre
4 et 12 personnes par étape. 4 personnes ont fait l’intégralité de la marche.
- Apport de cette marche? Apport humain, personnel, beaucoup de partage avec les autres, découverte de soi. Le but n’était pas de donner sur le plan matériel, mais d’échanger sur un pied d’égalité.
- Comment contribuer au développement de Madagascar? Arriver à faire prendre conscience aux malgaches des richesses de leur pays pour qu’ils puissent davantage se développer. Les malgaches sont encore
enracinés dans leurs peurs ils doivent se donner le droit à la parole et avoir davantage confiance en eux.
Un échange a alors lieu entre des participants concernant le niveau de vie des gens vivant en brousse et leurs réels besoins. A Madagascar les gens partagent tout même s’ils n’ont rien. Attention au miroir aux alouettes
du progrès. Notion d’entraide « fihavanana ».
- Intervention des différentes association sur Madagacar? Il serait en effet intéressant de recenser les activités des associations qui oeuvrent sur Madagascar afin d’agir en complémentarité. Il est possible
de se procurer cette liste.
- Vision des personnes restées sur La Réunion? Long!! Des moments d’inquiétude aussi, même si un contact par jour était assuré.
- Pourquoi avoir constitué une association? Pour permettre à dautres personnes de participer à la marche. Pour permettre de faire des demandes de sponsorisation. Pour des raisons d’assurance (des marcheurs on
fait l’objet d’une évacuation sanitaire et le fait d’avoir souscrit à une assurance a considérablement facilité les choses). A permis d’investir dans du matériel (GPS, téléphone
satellitaire). A aussi permis de monter un partenariat avec les FASZOI pour qu’ils viennent récupérer un ou plusieurs marcheurs en cas d’extrême urgence à n’importe quel endroit.
Rapport financier
Des données ont été récupérées auprès du trésorier suite à sa démission.
Point au 31/03/2009 :
2488,18 Euros sur le compte, auxquels il faut enlever:
2151,50 Euros (téléphone satellitaire)
36,20 Euros (pharmacie)
599,80 Euros (filtres à eau)
145,02 Euros (GPS)
Soit au total 2932,51 Euros de débit
L’association se retrouve donc avec un déficit de 532,58 Euros.
Propositions pour combler ce déficit (en plus du paiement des cotisations pour l’année 2009-2010) :
- Faire un DVD diaporama
- Tarif des cotisations 2009/2010: 30 Euros (membres actifs), 10 Euros (adhérents), 50 Euros voire plus (membres bienfaiteurs).
Rapport financier adopté à l’unanimité
Question posée sur les dons dont a bénéficié l’association Dia 50 : la plupart des entreprises démarchées nont donné aucun retour. Le Département et la Région ont donné une
réponse négative.
Principaux sponsors : Air Madagascar (ont payé les billets d’avion pour les marcheurs ayant fait l’intégralité de la marche), Orange Madagascar (ont offert les communications locales). D’autres entreprises ont
spontanément donné (mais pas celles qui avaient été démarchées!!!).
Restructuration du bureau : après concertation, une Assemblée Générale Extraordinaire sera organisée pour l’élection du nouveau bureau, pour permettre aux adhérents de se porter candidats.
Un vote sera donc fait après paiement des cotisations. Un appel à candidature sera fait lors de l’envoi des convocations. Il faudra a minima un(e) président (e), un(e) trésorier(ère), un(e) secrétaire.
Projets à court terme
- Exploiter les fruits de la conférence donnée par Pascale Moignoux lors de la semaine malgache, et concernant les enfants malgaches qui ont été déportés à La Réunion en 1838, dans un
but d’évangélisation. Un grand nombre ont péri, et ont été enterrés à côté du cimetière jésuite à Sainte-Marie (La Ressource). Aucune plaque commémorative
à ce jour. Un hommage doit leur être rendu.
- Devoir de mémoire pour toutes les personnes mortes dans les affaires d’Etat depuis l’indépendance. Années funestes qui ont ensanglanté l’histoire malgache : 1972-1991-2002-2009.
Dénoncer l’histoire et les faits pour marquer la mémoire. Accomplir un geste citoyen. Faire signer ce « manifeste » à d’autres associations. Un débat a lieu à ce sujet entre personnes de la
diaspora qui craignent pour leur famille restée sur place. Ce projet sera soumis au vote lors de la prochaine Assemblée Générale.
Une dernière question est posée rapport au conflit entre marcheurs et les tentatives de conciliation : est expliquée la demande faite très courtoisement et sans aucune forme de polémique pour récupérer
le carnet de route, où ont été apposés les tampons et signature des autorités des villages traversés, une fin de non recevoir doublée d’accusations personnelles a été signifiée en
retour.
Lordre du jour est épuisé.
La réunion sest terminée par la projection de 2 diaporamas sur la marche, et un pot de lamitié a été offert par lassociation.
Date et lieu de l’Assemblée Générale Extraordinaire à fixer.