Platon : Philosophe de la Grèce antique (-428/-348)
Il rencontra Socrate dont il suivit l'enseignement durant près de dix ans, et il l'immortalisera en en faisant plus tard la figure principale de ses dialogues philosophiques. Puis il voyagea, fut un temps le conseiller du Tyran Denys à Syracuse. De retour à Athènes, il créa l'« Académie », où il enseigna en rédigeant des traités philosophiques sous forme de dialogues qui le rendirent célèbre, et qui sont pour la plupart parvenus jusqu'à nous. Platon y aborde les grands problèmes philosophiques, et y formule notamment sa théorie des « Idées », modèles immuables de l'ensemble du monde sensible. Du point de vue de Platon, toute connaissance est donc une réminiscence — on le voit notamment dans le Cratyle.
Le platonisme fut plus ou moins habilement combiné plus tard avec le christianisme, et son influence se perpétua jusqu'à nos jours, parfois sous des formes quelque peu inattendues... Ainsi les « théories » éducatives de la deuxième moitié du XXe siècle, prétendant « mettre l'enfant au centre du système éducatif » et effacer le rôle du maître pour « laisser s'exprimer l'enfant », sous leurs apparences humanistes et anti-autoritaires ne sont-elles en fin de compte que la résurgence de la conception platonicienne selon laquelle l'enfant « sait tout » (de façon innée), mais ignore seulement qu'il le sait. Dans cette optique, la « pédagogie » n'a plus qu'un rôle d'accoucheuse... Il est plaisant de voir que ce soient des « pédagogues », pour l'essentiel, qui aient remis à a mode ces conceptions qui les dévaluent! On notera d'ailleurs que si Socrate - selon Platon - s'efforce en effet « d'accoucher les esprits », il le fait dans le domaine des concepts généraux, comme ceux de la logique, de la géométrie et de la morale... Il s'agit du mode de pensée - et non des connaissances. Prétendre appliquer la « méthode socratique » aux connaissances elles-mêmes, c'est donc faire un contresens dont les conséquences catastrophiques se vérifient aisément aujourd'hui.