L'interview "True colors" du deuxième dvd Live at the Beacon 2003 est essentielle pour comprendre l'Allman Brothers Band, ses membres, son esprit, sa musique.

Malheureusement elle est en VO non sous-titrée.

J'ai donc entrepris de la traduire, aussi fidèlement que possible.
vous la trouverez ici, dans l'ordre du DVD.
Elle est bien entendu lisible sans avoir le DVD.

Je n'ai personnellement jamais rien entendu d'aussi intelligent, sensible et sincère sur l'histoire et la vie d'un groupe, et du Rock en général.

Je ne garantis pas d'avoir saisi 100% des paroles prononcées (disons 98% quand même).  Gregg lui même, qui nous dit à un moment bouleversant ne plus jouer bourré, avait l'air quand même un peu fatigué lors de l'interview, et l'exercice est assez voisin de la transcription d'un discours Gainsbourien !

Par souci de commodité, l'interview est divisée en deux parties. On est le 29 juin et j'espère mettre la suite sous quelques jours.

J'ai marqué les différentes parties de l'interviews auxquelles on peut accéder directement via le menu. (ici, "rebirth" et "the sound")

Les italiques sont des NDT.

Bonne lecture !

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" REBIRTH "
(renaissance, sur l'ABB après le retour de Warren Haynes)

Butch Trucks (batteur) :

Ma manière de décrire la version actuelle de l'ABB, c'est que pour la première fois depuis la mort de Duane Allman, nous avons un groupe de personnes dont le seul but est de faire de la bonne musique.
Et de jouer absolument au mieux de leur capacités, dans un respect mutuel qu'il n'y avait pas avant.

Jaimoe (batteur) :

Sur le son actuel du groupe , je crois que tout le monde est synchro avec les vibrations qu'il y avait en '69.
Tout le monde est là pour jouer et est à çà (il montre ses doigts serrés), du fun. (rire).

Marc Quinones (percussions) :

Il y a eu des hauts et des bas depuis 12 ans que j'appartiens à ce groupe avec, mais actuellement, il y a une communication musicale et visuelle sur scène qu'il n'y a jamais eu depuis que je suis là.

Gregg Allman (vocals, Hammond B3, Keyboard, guitar) :

Les choses vont vraiment mieux maintenant. Nous avons des musiciens incroyables, il n'y a pas de nuages noirs au dessus de nous, pas d'embrouilles. On a toujours nos... nos problèmes, mais c'est à propos de la musique, à l'extérieur de la vie du groupe. Les problèmes qui naissent de l'intérieur sont les plus préoccupants.


Warren (vocals, lead & slide guitar) :

Un truc très intéressant actuellement, à propos de la nouvelle composition du groupe
et la manière dont  tout le monde travaille est bonne. tout le monde travaile, on est bien, on se marre. Il n'y a rien de laborieux. On a fait de  vraies des répétitions, et ça c'est très nouveau. Parce que les répétition de l'Allman Brothers Band, ça a toujours été on joue 1/4 d'heure, on s'arrête un heure, on joue 20 minutes, on s'arrête une heure et demie, on joue 1/2 heure et on s'arrête pour bouffer. On arrive pas à grand chose comme ça...

Oteil Burbridge (bass) :

Pour moi, aussi bien sur scène qu'en studio, y'a beaucoup plus de fun qu'il y en a jamais eu.

(scène dans les loges)

Butch :

C'est une combinaison de des anciens membres du groupe, qui sont là depuis 34 ans, (en 2003) , et qui sont plus sobres, qui ont remis les pieds sur terre, (il n'y a rien de spécial à dire à ça, c'est comme ça...), et du sang neuf, qui arrive avec cette attitude. Ils ont grandit en écoutant ce qu'on faisait, en le comprenant et en l'appréciant, et qui ils ajoutent leur propores idées.

Derek Trucks (lead and slide guitar) :

C'est un trip différent. quand tu joues les anciens morceaux, tu dois être respecteux de ce qui a été fait. Tu sais que les gens qui viennent au concert veulent entendre ce qui se faisait à l'époque, Tu dois pas trop t'en éloigner, mais tu ne dois pas non plus "photocopier" le passé.
Quand tu joue le nouveau matériel, tu as toujours ce "son de velours", le feeling des origines, mais tu as plus de liberté, tu peux l'amener plus loin. Tu n'as pas à respecter une sorte de certificat d'authenticité. tu peux avoir ce son, mais ne  pas y coller absolument. C'est sympa de pouvoir "réécrire" le livre.

Oteil :

Hier soir, je disais à ma femme que Derek et moi, on était dans un  état d'esprit plus moderne. On comprends tous les deux la tradition des Allman Borthers, et d'où ils viennent. Et je crois que Warren est un pont parfait au dessus de cet espace qui nous sépare, et qui est vraiment grand entre Derek et moi d'une part, et les membres d'origine. Regardez, j'avais 4 ans quand ils ont commencé, et Derek n'était pas même une idée où une étincelle dans les yeux de qui que ce soit ! Alors cet espace est vraiment important, aussi bien en terme de musique que d'état d'esprit, et Warren est ce pont naturel. Ça a aidé les choses à décoller naturellement.

Warren :

Gregg et moi avons bâti de nouveaux rapports. Nous nous sommes toujours entendus très bien, mais on a pas écrit des tonnes de chansons dans le passé. Maintenant nous sommes à un point où nous nous sentons bien pour écrire ensemble.
Ça a beaucoup à voir avec lui, et sa vie maintenant. Il chante mieux qu'il n'a jamais chanté depuis les 70's, il est plus heureux, il est sobre, Il a signé un nouveau contrat avec la vie. Maintenant on dirait qu'il sort de son silence d'écriture, mais ça fait un moment, et j'imagine ce que ça doit être de comparer ce que tu écris aujourd'hui avec les plus grandes chansons que tu as écrites, quand tu t'appelles Gregg Allman. (extrait de Whipping post...)

Gregg :

Ça fait peur ! au début t'y penses pas. Tu sais que sans ces substances tu peux pas jouer. Il te faut du courage pour monter sur scène, et tu prends une double dose de Brandy. Et aussi, ça relaxe ta langue, tes lèvres et ton larynx, et au final t'as l'impression d'avoir deux tonnes dans la bouche ! Finalement j'ai écouté des bandes où j'avais picolé, et d'autres où j'avais pas picolé. La musique était la même, mais pour le chant c'était totalment différent, c'était atroce. Ça aurait dû suffire pour faire arrêter n'importe qui, mais non. Alors j'ai souffert tout seul, en me disant que je devais faire partie des gens destinés à faire partie des gens qui sont pas bien à cause de ça. Et puis j'ai rencontré cette dame, ma femme, elle est dans le hall. Et les choses ont changé... Pour le mieux ! avec les autres femmes avant, ça changeait pour le pire !


Derek :

Quand t'as un gars comme ça qui chante comme il en est capable, c'est super pour un groupe. Il a été dans la merde, mais il est de retour maintenant. Je me disais ça en écoutant le dernier disque (Hittin' the note), c'est extraordinaire. J'écoutais les vocals qu'il a mis là dedans. En quelque sorte j'étais fier de moi de l'avoir pour l'avoir poussé à ça, Ça n'est pas le son du début des 70's, c'est une nouvelle version de Gregg, on entend où sa voix a mûri et pris de l'âge. Dans le bon sens, pour moi.

Gregg :

Je suis concentré comme un pilote de chasse ! J'ai pas l'air, sûrement. je sais exactement ce que chacun fait -et ne fait pas ! -, Et je domine beaucoup plus le groupe que j'en ai l'air. J'écoute chacun des instruments, et je crois que c'est ce qui fait de ce groupe un aussi bon groupe. Personne n'est là à fanfaronner ("showboating", terme savoureux !) pour lui-même.

(..... prises de son douteuses dans les loges)

Oteil :

On y est ! (au Beacon). Soir après soir. Et je me retrouve à vouloir les bandes du concert soir après soir ! Je sais  qu'il y a deux ou trois moments du concert où je me dis ouah !, il faut que j'ai la bande de ça. C'est irréel !

Marc :

Je crois que se groupe se nourrit et vit de ce qui se passe dans le public et sur scène. Et il y a des soirs où il y a beaucoup plus le feu que d'autres soirs, tout va très haut, On peut jouer Elizabeth Reed deux soirs de suite, et ça sera une chanson différente.

Warren :

Il est évident que nous sommes musiciens pour une raison : la musique offre quelque chose de différent à tout le monde, mais il y a une chose qu'elle offre à tout le monde, c'est un sens de la sécurité, de l'appartenance, à l'univers, au monde, à la nature, ou ce que tu veux. Le sens d'être une partie de  quelque chose... et que tu en es plus proche que tu n'en étais. Dans l'improvisation, quand tu cherches quelque chose, même si tu arrives, ce n'est qu'une étape sur le chemin de ta recherche. tu cherches autre chose à ce moment là. Tu ne LE trouve jamais, tu l'as seulement approché.

Oteil :

C'est quelque chose de spirituel. Les gens payent des sommes énormes pour des billets, parce qu'ils comptent sur toi pour les élever spirituellement. Pour ça, tu dois être... Pour amener cette joie, tu dois l'avoir en toi. Sinon tu fais l'acteur, c'est comme si tu jouais dans Friends ! (rires). La joie doit être là pour que ça soit vrai, authentique. Quand elle est là, ça se voit, la magie est là et ça devient surnaturel.

"THE SOUND"

Warren :

Si tu regardes la communauté des jam bands, les deux groupes qui ont tracé le chemin sont essentiellement les Allman Brothers et le Grateful Dead. Et j'ai toujours trouvé que ce qui rendait ces deux groupes exceptionnels, et fait qu'ils sont là depuis 35 ans, c'est que non seulement ils savaient jammer et transcender la musique, mais aussi qu'ils avait des grands titres à jouer ! Pour rester au pouvoir tu dois avoir les deux !

Gregg :

Les Allman Brothers sont un groupe qui jamme. Un jam band est probablement quelque chose de différent. On sait jammer, je veux dire, Y'en a qui font que jammer, et ça part en nouille (sic, "noodles"). Ce qui est très cool, parce que c'est toujours jouer de la musique. Mais pour moi il doit y avoir.... de temps en temps il doit y avoir un repère spatial dans une chanson. sinon tu fais que te balader.

Butch :

Quand on a commencé, on avait tous eu cette expérience d'entendre "soyez autre chose que ce que vous êtes, et vous aurez du succès !".
Et nous on pensait on va être ce que nous sommes ! Parce que ça c'est bon. Ce qu'on jouait était incroyable ! C'était comme trouver Dieu ! C'était une religion !

Jaimoe :

Le son qu'on a créé avec l'Allman Brothers Band, vient du fait que Dickey Betts était dans Chuck Berry et la country, Butch était dans le Grateful Dead et les Byrds, ce genre d'école, Gregg et Duane et moi, et Berry,  étions dans le rythm and blues.

Butch :

Cette fusion honnête et sincère de tous ces backgrounds, avec des gens qui jouaient vraiment, qui savait le jouer, tu sais... On était pas là pour faire de la danse classique ! On était là pour jouer de la musique, ce qui a été un problème un début !
On a eu ce problème avec Atlantic records qui nous disaient "Vous plaisantez ! Des mecs blancs du sud qui vont jouer de la musique ! Oubliez". Ils nous ont dit "sortez ce mec, le blond, à, de derrière son orgue, mettez lui un pantalon en velours, et un salami dedans, faites le courir le long de la scène et peut être là, vous aurez votre chance !"
Qu'est ce qu'on se marrait ! On a vraiment jamais cru être autre chose qu'un groupe à 5000 dollars la soirée en première partie d'une grande tournée.

Gregg :

C'était bon pour notre son. En fait je n'ai jamais pensé qu'on ait jamais eu notre propre jusque très récemment, je n'ai jamais pensé que ma propre voix ait eu sa propre identité ("if you heard it you knew who it was") jusqu'à il y 5 ou 6 ans.

Jaimoe :

A l'époque où on était en Alabama, juste Duane et moi, on jouait des trucs dingues. pas le genre de truc qu'on entend à la radio en permanence. Et c'était bien, parce que quand tu joues la musique des autres, tu dois plus ou moins jouer ce qu'il y a sur le disque, pas exactement, mais en grande partie. Alors que quand tu joues ta propre musique, tu doit créer des lignes, même si ces lignes sont recyclées de trucs que t'as étudiés au fil des années ; mais la différence c'est que ta personnalité ressort, c'est ce qui crée  ton son, ta personnalité apparaît dans ton jeu.

Derek :

Je ne crois pas qu'il y ait un autre groupe de Rock, (il n'y en aura peut-être jamais un autre), qui sonne comme ça, comme un grand Jazz Band des 50's, tu vois...
Il y a de l'improvisation, mais il y a des compositions énormes qui rassemblent les gens... Il y a une section rythmique... je ne crois pas qu'il y en ait une autre dans le Rock n'Roll qui s'en approche même un tout petit peu. Le son et le feeling qu'a ce groupe est absolument unique.

Oteil :

C'est rare de trouver deux batteurs qui ont cette sorte de dynamique ensemble, comme Butch et Jaimoe, parce que t'en trouveras jamais qui ont joué ensemble depuis si longtemps. Les gens pensent "mais ça doit être lourd", mais non, parce que c'est un peu comme un batteur et  un percusionniste, ou un seul batteur avec quatre mains et quatre jambes !.

Jaimoe :

Je peux vivre pas mal des mes fantasmes de Jazz, en me situant entre ce que Marc et Butch jouent, et Derek et Warren, et Oteil, et Gregory...
Tout ce que j'ai entendu ! C'est une sorte de catalogue informatisé qui s'est établi au fil du temps, et qui est là, et qui attend de se mettre en oeuvre !

Oteil :

Le jeu de Jaimoe occupe les espaces que Butch laisse, et j'entends quelque chose là-bas, (il montre un endroit à gauche d'une scène imaginaire) et, my god !... Et les plans de Jaimoe me mettent sur le cul ! si vous me voyez me marrer parfois sans raison, c'est souvent que Jaimoe vient de faire un truc qui me tue !

Marc :

J'essaie de trouver ma place dans l'espace ou je peux accentuer ce qui se passe. parfois je joue un petit truc en plus, et Jaimoe me regarde en souriant, il commence à interagir avec moi...
Je peux pas mettre en avant un truc précis que je fais. C'est dans la musqiue. J'écoute ce qui se passe, les guitares, je joue avec eux, avec Oteil, avec le groupe en général. J'écoute Jaimoe et je me nourrit de ce qu'il joue, il se nourrit de ce que je joue, et ça me fait réagir. Butch... en quelque sorte il défend le fort, là-bas ! Et Jaimoe et moi on le complète.

Oteil :

C'est un animal différent ! Je dois avoir plus de fond que dans un autre contexte. c'est comme si tu allais à 15 miles à l'heure, et il y a un train derrière toi qui s'approche à 60 miles ! Il te tanne le cul et t'as intérêt à accélérer sinon il te roule dessus !

Warren & Derek :

- C'est cool d'avoir trois batteurs. Parfois on déconne avec Gregg en disant si y'en a un de malade on en a toujours deux ! Mais on est contents d'avoir retrouvé Jaimoe !

- Et ils viennent de trois planètes différentes, Jaimoe, Butch et Marc...

- Sûrement !

- Ils se seraient sûrement jamais rencontrés autrement ! Ils se seraient dit "bonjour Monsieur comment allez vous ?

- Ils ne se seraient jamais regroupés autrement, sans cette musique. Cette toute la chimie de Gregg de faire se rencontrer des gens comme ça.

- Tout le groupe est basé là dessus. Il n'y a pas deux personnes qui se seraient rencontrés, si ce n'était pas pour jouer cette musique.

Ron Delsener (le promoteur des concerts)...

... engueule Butch et Jaimoe. On entend pas tout, mais il leur dit de faire court pour le solo de batteries qu'il y a à chaque concert, sur Liz Reed ou Whipping post ou Mountain jam, en principe. Il leur dit qu'après le concert il a l'intention d'aller au resto et qu'il voudrait bien arriver avant que ça ferme !

Marc :

Le son des deux guitares, c'est le son qui définit le groupe, à part la voix et le chant de Gregg.

Oteil :

Warren et Derek font la même chose que nous faisons dans la section de percussions. Ils s'écoutent, se complètent, se tiennent à l'écart du chemin de l'autre, sans avoir à faire de compromis.

Butch :

Ils viennent d'horizons complètement différents. Derek joue tout ce qu'il peut imaginer en ce moment, et ça ne vient pas empiéter le territoire de Warren. Et Warren et revenu sans aucune crainte de dupliquer le jeu de Derek.

Gregg :

Les deux ensemble, un jeune, qu'ont peut nourrir et l'autre qui donne tout ce qu'il a, et les deux ont... (il accroche ses doigts pour montrer la fusion et l'unité).

(travail en coulisse sur Old before my time)

Derek :

N'importe qui, n'importe quand, peut improviser, mais normalement c'est juste après les solos. Oteil est très fort pour faire aller le solo où lui le veut. C'est très sympa. C'est sympa quand t'es lead guitar de suivre aussi ce qu'un autre fait. Oteil est un maître pour ça. Y'a pas beaucoup de gens qui s'en rendent compte du boulot que fait Oteil. c'est une partie de ce que sont les Allman Brothers.
Berry Oakley était un troisième guitariste. Il créait les choses. Beaucoup de gens attribuaient à Duane ou Dickey des trucs qui étaient faits par Berry.

- à Warren :
Quand t'es en solo accroché à Oteil je sais que j'ai pas besoin de jouer tout le temps. c'est pareil pour Jaimoe, qui n'a pas besoin de se bagarrer avec le groupe tout le temps. Pareil quand je suis en solo, tu t'écartes, et je me mets devant la rythmique et j'interagis avec eux.

- Warren.
Et moi j'attends un indice de Jaimoe pour savoir quel est le bon moment pour revenir dans le jeu, quand il faut ajouter une nouvelle couche à l'orchestre.

- Ouais, combien on a de mecs sur scène ? 7, 8, 10 !!!

- 7 je crois. Jaimoe et moi on discutait un soir. la beauté d'un groupe de 7 c'est qu'on peut être n'importe quoi entre un et sept. On est pas forcément sept tout le temps. Il est maître pour savoir quand on doit être un petit groupe, ou que 5 ou 6.

- Oui, on a pas forcément besoin d'être 7 tout le temps. L'autre soir on était en trio avec Oteil et Jaimoe pendant un moment, Oteil était libre de faire son truc...

- Oui, Oteil adore ça.

(extrait d'Instrumental Illness, fin de la première partie).

La suite.