Melissa

Traduction, adaptation, Franck Playe

Melissa figure au nombre des ballades de l'Allman Brothers Band, que les fans de guitare apprécient peut-être moins. Elle est pourtant de grande qualité et permet de respirer un peu au cours des sets les plus torrides !

La traduction pose pourtant un petit problème, qui est l'occasion d'éclairer un point de l'histoire du Sud américain.

Il n'y a bien entendu pas de "gitans" en Amérique. Pourtant le terme "Gypsy" revient souvent, en particulier dans le blues et le rock qui s'en inspire, (Hootchie Coochie man et sa Gypsie Woman, le Band of Gypsies d'Hendrix....)

On sait bien que l'Angleterre procéda à l'importation massive d'esclaves pour exploiter ses plantations de Jamaïque et du Sud américain. Population majoritairement mâle.

 Il s'avèra vite que ce précieux capital ne fructifierait pas par génération spontanée. Comme l'autre dessein de la Couronne était de réduire l'Irlande à néant, la déportation massive de femmes irlandaises fut mise en oeuvre.
 
Dans la très traditionnelle Irlande, les pratiques druidiques étaient à l'époque bien vivantes. Et jusque très récemment une communauté Rom authentique parcourait les routes de le verte Eirin. La fusion des deux cultures, le Vaudou du golfe du Bénin et la sorcellerie européenne eut alors lieu. Le résultat est ce qu'on  appelle les "Gypsies".

Ici, c'est plus aux Hoboes, ces vagabonds qui suivirent les mouvements de l'expansion économique américaine, avec ses espoirs chimériques et ses désillusions qu'il faut se référer.

Au passage, le thème satanique de Robert Johnson et de sa rencontre du Diable au carrefour ou à l'aiguillage, (càd au lieu du choix en bien et mal) est repris, comme tant de fois dans l'histoire du blues.

ps : je ne connais pas cette Melissa.








MELISSA


Les aiguillages passent et se succèdent,
Le vagabond erre d'une côte à l'autre.

Il en connaît beaucoup,
Mais n'en aime aucune,
Il porte avec lui son chagrin,
Il a de bon moments aussi,
Mais quand il rentre,
C'est pour la douce Melissa.

Passe un train de marchandises,
Tous les wagons se ressemblent,
Et personne ne connaît le nom de ce vagabond.

Personne n'entend son soupir solitaire,
Là où il dort, pas de couverture,
Au plus profond de ses rêves,
Le vagabond erre avec
La douce Melissa... mmm...

Un nouveau matin s'est levé,
Un nouveau voyage,
Le soleil qui brille dans ses cheveux
Ne fait pas attention à lui !
Vagabond, prend ton balluchon, et roule, roule !

Et toi, l'aiguillage, le laisseras tu passer ? (Seigneur ! Seigneur !)
Cacheras tu le fantôme de cet homme mort,
Ou dormira-t-il sous l'argile ?
Ou bien son âme vagabondera-t-elle à jamais ?

Mais je sais qu'il ne restera pas sans Melissa,

Oui je sais qu'il ne restera pas sans Melissa

 


Melissa
 by Gregg Allman
 Copyright 1972 & 1974
No Exit Music Co., Inc. and Sherlyn Music


 Crossroads, seem to come and go, yeah.
 The gypsy flies from coast to coast

 Knowing many, loving none,
 Bearing sorrow havin' fun,
 But back home he'll always run
 To sweet Melissa... mmm...

 Freight train, each car looks the same, all the same.
 And no one knows the Gypsy's name

 No one hears his lonely sigh,
 There are no blankets where he lies.
 In all his deepest dreams the Gypsy flies
 with sweet Melissa... mmm...

 Again the morning's come,
 Again he's on the run,
 Sunbeams shining through his hair,
 Appearing not to have a care.
 Well, pick up your gear and Gypsy roll on, roll on.

 Crossroads, will you ever let him go? (Lord, Lord)
 Will you hide the dead man's ghost,
 Or will he lie, beneath the clay,
 or will his spirit roll away?

 But I know that he won't stay without Melissa.

 Yes I know that he won't stay without Melissa.