Live at Fillmore East
The Fillmore Concerts
Au jeu des erreurs on remarque que ces rigolos de Dickey et Jaimoe
ont changé de place !
Le
disque par excellence, celui par quoi tout commence et tout finit.
"Le meilleur disque live de tous les
temps" dit-on. C'est sûrement vrai.
Le disque qui énerve les fans.
L'Allman Brothers Band, ah oui, mon beau frère m'a fait
écouter un live où ils sont contre un mur.
Celui qu'on écoute pas, parce
que quand même, ils ont fait autre chose. Et puis on y revient,
et qu'est-ce que c'est bon !
Celui qu'on achète quatre
fois. Le double vinyl, qu'on garde précieusement. Puis le cd,
dans les années 80.
Et puis en 92 sort "The Fillmore
Concerts", la même chose, mais avec les morceaux des mêmes
sessions qui ont complété le disque (posthume pour Duane)
Eat a Peach. A cette occasion Tom Dowd (et il s'en vante) mixe les
solos de Duane des deux soirs de Mars. Le résultat est
excellent, mais l'exercice inutile. Les fans se procureront donc s'ils
le peuvent les deux versions.
En 2003 sort une édition
deluxe, avec un morceau en plus.
Donc, si vous êtes
arrivés ici par hasard, commencez par l'une de ces versions. si
vous n'accorchez pas, n'allez pas plus loin, votre cas est
hermétiquement désespéré !
Il existe en bootleg un disque
énorme, le concert de juin dont est tiré One Way Out. sur
un seul cd, alors que Bill Graham annonce que la nuit d'avant ils ont
joué de 3 à 7 heures du matin.
Que faisiez vous dans la nuit du 26
au 27 juin 1971 ?
LIVE AT FILLMORE EAST
THE FILLMORE CONCERTS (1971)
1) Statesboro Blues 4:15
2) Trouble no more 3.46
3) Don't keep me wondering 3.20
4) In Memory of Elizabeth Reed 12.59
5) One Way Out 4.55
6) Done Somebody Wrong 4:11
7) Stormy Monday 10.19
8) You Don't Love Me 19:24
*
9) Hot 'Lanta 5:11
10) Whipping Post 22.37
11) Mountain Jam 33.47
12) Drunken Hearted Boy 7.33
* L'édition deluxe de 2003 comprend
Midnight rider en fin de disque 1
CREDITS
Duane Allman
Guitar, Slide Guitar
Gregg Allman
Organ, Piano, Keyboards, Vocals
Dickey Betts
Guitar, Vocals
Jaimoe
Percussion, Conga, Drums, Timbales
Berry Oakley
Bass, Guitar (Bass)
Butch Trucks
Percussion, Drums, Tympani [Timpani]
Tom Dowd
Producer, Liner Notes
Aaron Baron
Engineer
Larry Dahlstrom
Engineer
Dennis M. Drake
Mastering
Jim Marshall
Photography
Une analyse
détaillé du disque par
"Ayler"
Pour ceux
qui veulent y voir plus clair, voici mon analyse (objective
pour qui-joue-quoi, totalement subjective pour les commentaires) :
Duane Allman
: à gauche.
Dickey Betts
: à droite.
Face 1
Statesboro
Blues
Intro,
Fills*, Solo 1 : Duane Allman à la slide. A noter qu'il a
certainement entendu la version Taj Mahal publiée peu auparavant
(avec Jesse Ed Davis et Ry Cooder aux guitares). Pour autant, les
duanismes n'appartiennent qu'à lui, et il dépasse ses
contemporains de la tête et des épaules.
Solo 2
(après chant) : Dickey Betts
*
Définition : traits joués entre les passages
chantés, faisant le lien.
Done
Somebody Wrong
Intro, Fills
: Duane Allman à la slide
Solo 1 :
Thom Doucette
Solo 2 :
Dickey Betts
Solo 3
(après chant) : Duane Allman
Solo 4
(final) : Duane Allman
Stormy Monday
Intro :
Interactions DB/DA
Solo 1 :
Duane Allman
Solo 2
(changement tempo) : Gregg Allman
Solo 3
(retour tempo initial) : Dickey Betts
Face 2
You
Don’t Love Me
Intro :
Duane Allman rejoint rapidement par Dickey Betts.
Solo 1 :
Duane Allman.
Solo 2
(après chant) : Dickey Betts
Solo 3 :
Gregg Allman
Solo 4 :
Thom Doucette
Solo 5
(après chant) : Duane Allman. 12 mesures avec le Band
puis a capella. Jusqu’à 8:55.
Solo 6 (avec
batterie uniquement) : Dickey Betts. Jeu
légèrement moins saturé que Duane Allman. Plus
rythmique. Souvent structuré sur des phrases
répétitives, avec variations de celles-ci. Jeu moins
blues.
(la basse
revient vers 11:50)
Le groupe
reprend vers 14:05.
Solo 7
(14:25) : Duane Allman. A 15:18 Dickey Betts joue
l’harmonie de la mélodie de Duane Allman, qui en profite
pour faire des variations.
A 16:10,
Duane Allman est a capella un peu plus d’une minute.
A 17:32, il
joue une mélodie dans la lignée de son solo
sur Little Wing
Face 3
Hot Lanta
Thème
: Dickey Betts avec Duane Allman (harmonie)
Solo 1 :
Gregg Allman (rythmique jazz)
Solo 2 :
Duane Allman. Solo très rock d’un bout à
l’autre.
Solo 3
(2:33) : Dickey Betts. Première partie très jazz.
Seconde avec des plans assez country.
Reprise du
thème à deux guitares.
In Memory Of
Elizabeth Reed
Intro :
Dickey Betts (jeu avec potentiomètre volume, pas de
slide)
Thème
: Dickey Betts avec Duane Allman (harmonie)
Solo 1 :
Dickey Betts
Solo 2 :
Gregg Allman
Solo 3 :
Duane Allman
Final en
harmonie.
Sur la
durée, les différences stylistiques entre Betts et
Allman se font sentir plus nettement. Dickey Betts est plus jazz. Son
solo présente pas mal de petits plans rythmiques
particulièrement efficaces. Il joue souvent sur les dissonances
(quintes diminuées).
Le solo de
Duane Allman est plus rock, et plus blues. Son phrasé
est plus personnel à mon sens. Le son est plus chaud.
En
étant légèrement caricatural, on peut dire que
le jeu de Duane est moins cérébral, moins technique (ce
qui n’implique nullement que sa technique soit
inférieure). Son jeu vient droit du cœur, des tripes.
Face 4
Whipping Post
Intro :
Duane Allman, rejoint par Dickey Betts
Fills :
Duane Allman
Riff refrain
: Duane Allman avec Dickey Betts en harmonie
Solo 1
(1:45-5:22) : Duane Allman.
Couplet 2
identique au 1.
Solo 2
(6:27-16:25) : Dickey Betts. Aussi intense que ceux de Duane
Allman.
A partir de
la 10ème minute, Duane Allman répond par
quelques traits. Le coté plus jazz de Betts ressort de temps
à autres (emploi de dissonances).
Harmonie de
Duane à partir de 15:50.
C’est
le solo d’une vie. Le meilleur jamais gravé
par Dickey Betts sur disque officiel à mon sens. 10 minutes
où le temps s’efface. On passe par tous les climats.
INOUBLIABLE.
A 16:25,
reprise du riff commun.
Guitare de
Duane Allman à nouveau devant, et reprise du chant
peu avant les 17 minutes.
Dickey Betts
reprend la main, joue le thème de "Frère
Jacques" !
18:25 : A
nouveau Duane Allman.
A partir des
20 minutes, Dickey Betts joue des harmonies sur les
mélodies de Duane Allman, avant que ce dernier ne rejoue avec
une ultime intensité.
De
même que sur la fin de Hot Lanta, l’influence de John
Coltrane est manifeste.
Duane Allman
répond à son frère lors des derniers
passages chantés.
Le groupe
enchaîne alors sur la Mountain Jam… mais
c’est une autre histoire..