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HISTOIRE DE LA FÉDÉRATION

QUATRIÈME PARTIE : de  1949  à  1972

Première partie
de 1922 à 1927
Deuxième partie
de 1928 à 1937
Troisième partie
de 1938 à 1948

1949-1950

Le Comité d'Entente repart en guerre pour réclamer le rétablissement de la parité. Les manifestations se succèdent auxquelles participent des milliers de grands invalides et parfois des dizaines de milliers lorsque ceux de province se joignent à leurs camarades parisiens. Tantôt ils vont planter au pied du monument de Clemenceau des croix de bois portant les noms des grandes batailles les plus meurtrières. Tantôt ils bloquent l'avenue de l'Opéra depuis le théâtre jusqu'au Palais Royal, devant les Finances ou encore ils vont en cortège devant la présidence du Conseil, au ministère des Anciens Combattants dont ils enfoncent le portail de fer qu'on leur avait stupidement fermé au nez alors que leurs manifestations pacifiques étaient bien connues. Le 24 juin 1950, quinze mille grands mutilés campent une grande partie de la nuit sur la place de l'Opéra. Certes, ils gênent la circulation, mais le public parisien ne leur en veut pas ; il sait que ces manifestants, arborant leurs décorations et accompagnés de leurs drapeaux, se sont battus pour la France à laquelle ils ont tant donné. Le public les considère avec sympathie, parfois même des larmes coulent devant ce spectacle de voiturettes, d'amputés, de manches vides, d'yeux clos à jamais.

Tout cela est triste, mais pouvait être évité : il fallait d'abord chercher à comprendre, à savoir si ces mouvements de colère étaient justifiés ou non. C'est ce que fait M. Louis Jacquinot lorsqu'il devient ministre des Anciens Combattants en 1950. Il reçoit le Comité d'Entente qu'il écoute attentivement ; il ne promet absolument rien sinon qu'il étudiera à fond ce que nous demandons. Si nous avions eu tort, il l'aurait dit franchement, mais il comprend que nous avions raison, alors il promet de faire son possible pour nous faire obtenir satisfaction.

1951

Camille Allilaire, secrétaire général de notre Fédération étant décédé le 13 janvier 1951, le conseil d'administration élit Georges Gauriault pour le remplacer. Langlois devient trésorier général, André Gomy, directeur administratif et Jean Meurein, vice-président ; Godet-la-Loi, Jaquinet et Bordère sont élus administrateurs. Langlois, administrateur, a été récemment nommé juge au tribunal des Pensions de Paris, poste qu'il occupe encore en 1972.

La loi du 29 juillet 1950 accordant le bénéfice de la Sécurité sociale aux grands invalides incapables de travailler est mise en vigueur en 1951. C'est la réalisation d'un vœu que notre Fédération émettait depuis longtemps.

La loi du 19 juillet crée une allocation spéciale n° 8 en faveur des aveugles, des paraplégiques, des hémiplégiques, des amputés ou impotents de deux membres.

Les pensions de guerre avaient, fin 1950, perdu 48,5 % de leur pouvoir d'achat par rapport aux traitements des fonctionnaires. En plusieurs paliers au cours de la seule année 1951, M. Jacquinot obtient du gouvernement que cette situation soit rétablie. Le 25 décembre 1951, la pension de l'invalide à 100 % est remise au niveau du traitement qui lui était égal en septembre 1937, et toutes les pensions des victimes de guerre reçoivent le même coefficient de majoration.

M. Jacquinot, reçu au siège de la Fédération à l'occasion de son congrès de mai 1951, est ovationné par les représentants de nos sections. Dans son allocution, le ministre se félicite du concours technique que lui ont apporté le président Régnier et l'ancien marin Gauriault qui a permis à la barque du rapport constant de naviguer entre les récifs avant d'apercevoir le soleil de la parité.

Cette loi du 24 mai 1951, complément de la loi du 27 février 1948, forme avec celle-ci la clef de voûte du rapport constant. Beaucoup l'oublient et pourtant cet événement fut marqué par un immense banquet organisé par le Comité d'Entente des Grands Invalides au Palais de la Mutualité, présidé par le président de la République assisté du ministre des Anciens combattants, en présence des hautes personnalités.

Le principe ainsi établi du rapport constant sera appliqué pendant de nombreuses années. Mais par un concours de circonstances impossible à développer dans cette histoire volontairement restreinte de notre Fédération, il n'est que partiellement appliqué depuis dix ans.

Les pensions de guerre recommencent à prendre progressivement du retard sur les traitements. En 1962 il était de 10 % ; en 1970 de 13 % ; en 1971 de 15 % ; il est de 17 % en 1972, il sera de 20 % en 1973, de 23 % en 1974 et il est prévu qu'il va s'accroître encore.

Un arrêt du Conseil d'État est invoqué pour justifier un tel état de choses que le législateur n'a jamais voulu. Cet arrêt est basé sur une loi de 1953 qui n'a fait que codifier, sans rien changer de leurs principes, les lois des 27 février 1948 et 24 mai 1951 qui ont d'ailleurs été appliquées jusqu'en 1962.

C'est pourquoi le Comité d'Entente des Grands Invalides, de même que les associations qui connaissent réellement le problème, insistent pour qu'il soit l'objet d'études approfondies.

Le président Pierre Régnier dirige une séance de travail de son conseil d'administration.

A la table de direction (de gauche à droite) : André Gomy, directeur administratif ; Georges Gauriault, secrétaire général ; Pierre Régnier, président ; maître Etienne Millot, vice-président.


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1953

« Dolce Farniente », la maison de repos des plus grands invalides installée au Cannet (Alpes-Maritimes), acquise grâce à une émission de timbres avec surtaxe accordée à notre Fédération, est inaugurée le 6 mars 1953 en présence de M. Bergasse, ministre des Anciens Combattants et de très nombreuses personnalités civiles et militaires.

Dans son discours, le président Régnier rend hommage au vice-président René Villemin et au secrétaire général Gauriault qui ont su mener à bien la mission que la Fédération leur avait confiée. « Dolce Farniente » fonctionnera pendant 18 ans à la satisfaction de nos camarades ayant besoin d'une détente passagère ou d'un repos de convalescence.


Cette belle demeure de maître était très chère au cœur des grands mutilés qui aimaient à s'y retrouver et passer quelques jours ensemble en se reposant.

18 ans plus tard, elle sera détruite pour faire place à une maison de repos et de convalescence répondant à toutes les normes de la vie moderne, ce que n'offrait pas ce vieux bâtiment dont l'équipement était aux limites de la sécurité.

Le capitaine de vaisseau L'Herminier, commandant le sous-marin « Casabianca » dont l'épopée en 1942 est un des plus beaux faits d'armes, est décédé en juin 1953. Désarticulé des deux hanches, il était membre de notre Fédération. Auteur du livre « Casabianca », le commandant L'Herminier avait abandonné ses droits d'auteur pour créer le « Prix L'Herminier » destiné à encourager les recherches pour le progrès de l'appareillage des mutilés.

M. André Mutter est nommé ministre des A.C. et V.G. en juin 1953. Il se préoccupe aussitôt du projet de plan quadriennal envisagé par son prédécesseur en vue de réparer certaines lacunes subsistant dans la législation des victimes de guerre. Il nomme une commission d'études chargée de préparer un rapport. Delporte et Gauriault, avec quelques autres camarades font partie de la sous-commission des pensions. Plusieurs réunions plénières ont lieu en juillet et en septembre. Le ministre fait savoir que les Finances ont reconnu se trouver devant un travail sérieux.

Le plan quadriennal devient finalement la loi du 31 décembre 1953. Certes, les vœux de la commission ne sont pas tous adoptés ; néanmoins la loi contient des dispositions importantes :

- Les conditions d'application du rapport constant selon les règles fixées par les lois des 27 février 1948 et 24 mai 1951 (malheureusement elles seront faussées par des décrets, en 1962 et 1970).

- Le plafond des dix degrés d'invalidité au-dessus de 100 % est supprimé (ce qui n'est que justice pour les plus grands invalides).

- L'allocation de grand mutilé est augmentée pour les amputés et les impotents ne pouvant se déplacer sans béquilles ou cannes schlick.

- L'aggravation d'une infirmité définitive doit être liquidée à titre définitif.

- Une allocation différentielle est accordée en faveur des invalides implaçables (son application fera couler beaucoup d'encre).

- Les pensions de veuves, ascendants et orphelins sont améliorées, ainsi que les majorations pour enfants à charge.

- Le droit à pension est accordé aux Alsaciens et Lorrains incorporés de force au service du travail allemand.

- Les déportés résistants, grands invalides à 100 % ou plus, auront droit à la Légion d'honneur au même titre que les grands mutilés de guerre ;

- La retraite du combattant est, à l'âge de 65 ans, portée à 33 points d'indice de pension, donc soumise au régime du rapport constant.

M. Mutter s'est montré compréhensif et efficace. Il a droit à la reconnaissance des A.C. et V.G.

1954

Les blessures du président Régnier se sont aggravées ; il est transporté en février 1954 à l'hôpital du Val-de-Grâce où il doit subir une délicate opération. Il reprendra courageusement ses activités en juillet.

Au congrès de mai 1954, nos camarades Bacmaud, Collot, Dessalle, Nickler et Paulian sont élus administrateurs.

Un décret du 20 juillet 1954 répare une série de sous-estimations contenues dans le guide-barème des invalidités au détriment des défigurations, des paraplégies, des organes génitaux, des ankyloses de hanche, etc., améliorations dues à l'action de notre Fédération et du Comité d'Entente des Grands Invalides.

En matière d'appareillage, notre vice-président Pierre Boursot mène depuis quelque temps dans Le Grand Invalide une campagne tendant à apporter des progrès à la prothèse et à l'orthopédie. Le docteur Abadie, chef du service central de l'appareillage apprécie les observations toujours judicieuses de Boursot.

Gauriault dénonce les entorses faites au rapport constant par le gonflement des indemnités, de résidence, notamment. Les syndicats de fonctionnaires protestent d'ailleurs eux-mêmes contre ces procédés.

1955

Le nouveau centre de traitement et de réadaptation des paraplégiques et grands invalides de guerre est inauguré le 25 mai 1955 à l'Institution nationale des Invalides. De vifs éloges sont adressés à cette occasion au médecin colonel Labrousse qui en a réalisé la partie technique et au président Régnier qui lança l'idée de cette belle réalisation et consacra son autorité et son prestige à vaincre tous les obstacles.

Grâce à l'équipement moderne de ce centre, à son bloc opératoire, à la science du docteur Pélot, chirurgien urologue de l'I.N.I, de nombreux paraplégiques seront arrachés à la mort.

Cette œuvre magnifique fait suite à la création de la polyclinique, créée à l'I.N.I. par le médecin colonel Labrousse, qui a rendu et rend encore des services inappréciables aux mutilés souffrant de leurs blessures ; soignés par une équipe de médecins dévoués, nos camarades sont unanimes à se déclarer satisfaits de la polyclinique, des soins qu'ils y reçoivent et aussi de l'aimable accueil qui leur est fait par Mme Rameau, infirmière chef et son adjointe Mme Alloy.


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1956

Le 1er juin 1956, le président Régnier présente à M. René Coty, président de la République, une centaine de plus grands mutilés de guerre belges en visite à Paris, conduits par l'Œuvre belge des automobiles pour invalides de guerre.

Le président  Régnier présente au président de la République, René Coty, les plus grands invalides belges, hôtes de la Fédération.

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1957

Le président Régnier subit à nouveau, en mars 1957, une grave intervention chirurgicale. Il a le courage de prononcer, sur son lit de souffrance, une allocution qui, enregistrée par son ami Acoulon, sera diffusée au congrès du 26 mai devant l'assemblée plénière. Ecoutées par une assistance profondément émue, ses paroles seront longuement applaudies.

Mais, une fois de plus, Régnier se rétablit. Le Grand Invalide d'octobre publie un article qu'il a intitulé : « Propos d'un revenant », dans lequel il exprime sa reconnaissance à tous ceux qui lui ont envoyé des témoignages d'amitié et des vœux de rétablissement. A partir de novembre ses éditoriaux reparaissent à la première page de notre journal. Le congrès de mai 1958 élit administrateur fédéral notre camarade Hoëltzel, président de la section Aisne-Ardennes-Oise-Somme.

1958

Le président Régnier est élevé, par décret du 19 avril 1958, à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur. Le président de la République, M. René Coty, lui remet les insignes de cette plus haute distinction de l'ordre au cours d'une émouvante cérémonie, le 7 octobre, à l'Institution nationale des Invalides.

Le président de la République,
René Coty,
a remis
au président Pierre Régnier
les insignes
de Grand-Croix
de la Légion d'honneur

La suppression de la retraite du combattant, par une ordonnance du 30 décembre 1958, est ressentie comme une gifle par tous les anciens combattants. Près de cent mille d'entre eux, accompagnés de 4.000 drapeaux, manifestent leur indignation en défilant de l'Opéra au Palais-Royal, le 3 octobre 1959. Les grands invalides, bien que n'étant pas touchés par cette regrettable mesure, les accompagnent par esprit de solidarité combattante.

Cette réaction massive provoque le rétablissement de la retraite du combattant, mais seulement pour les anciens combattants de 1914-18, ce qui soulève des protestations légitimes chez les nouvelles générations de combattants.


Place de l'Opéra,
les anciens combattants
valides,
invalides,
grands invalides,
expriment
solidairement
le mécontentement
général

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1966

M. Sanguinetti est devenu ministre des Anciens Combattants. Il est en nette contradiction avec les aspirations du monde ancien combattant et il le dit publiquement. Il accepte cependant de participer à un « face à face » télévisé le 22 novembre 1966. Quatre représentants des associations sont désignés pour lui donner la réplique : Nouveau pour l'U.F.A.C., Gauriault pour le Comité d'Entente des Grands Invalides, Fion pour les Amicales régimentaires et Laumond pour les Prisonniers de guerre. M. Sanguinetti est un discuteur éprouvé et il pensait bien confondre ses interlocuteurs devant des millions d'auditeurs ; il ne semble pas y être parvenu, d'après les nombreux échos recueillis sur cette émission.

Soyons juste, M. Sanguinetti a admis que les veuves des morts pour la France doivent être traitées dignement ; il leur fait accorder dans la loi de Finances pour 1967 une majoration de pension de 1,33 %. C'est peu, mais il dit son intention de renouveler ce geste. Il n'en aura pas le temps car il quitte la rue de Bellechasse en avril 1967.

Les grands mutilés des guerres d'Indochine et d'Algérie sont venus grossir les rangs de la Fédération des Plus Grands Invalides. Celle-ci s'efforce de les guider dans le dédale de notre législation si compliquée. Un exemple entre mille, qui peut paraître sans importance, mais qui est cependant apprécié de nos camarades: notre organe Le Grand Invalide a été le premier, en juillet 1962, à imaginer, même avant les Finances, un petit tableau tout simple qui permet à n'importe quelle catégorie de pensionnés de guerre de calculer rapidement, à l’aide d'une seule multiplication, le montant de son échéance trimestrielle y compris les rappels de rajustements qui se succèdent plusieurs fois par an.

Mais nous arrivons à une période de l'histoire de notre Fédération mieux connue de l'ensemble de nos camarades et il faut respecter la place prévue dans le Livre d'or.

Signalons toutefois que nos camarades le colonel Pasteau (1939¬45) et Georges (Indochine) sont élus administrateurs par l'assemblée générale de 1965 ; que Raymond Méray est élu le 5 mars 1966 au poste de secrétaire général en remplacement de Gauriault, élu vice-président le même jour.

Rappelons aussi le magnifique congrès fédéral de 1968 organisé à Nice par Armand Costes, président de notre section des Alpes-Maritimes et ses collaborateurs.

Et enfin que R. Méray prend en octobre 1969 la direction du « Grand Invalide » en remplacement de Gauriault qui en assumait la charge depuis 39 années. Il est inutile de dire que notre journal n'a rien perdu de son intérêt.

Nous ne pouvons cependant pas conclure sans évoquer le douloureux événement qui nous a tous profondément attristés il y a déjà plus de cinq ans.

La santé de notre cher président Pierre Régnier devenait de plus en plus inquiétante. Mais il veut revoir encore une fois ses camarades et il fait une apparition de quelques instants à l'assemblée des présidents de section, le 8 juin 1966. C'est sa dernière visite au siège. Malgré les efforts du docteur Pélot et des médecins de l'Institution, ses forces déclinent de semaine en semaine. Seule sa lucidité reste intacte et l'auteur de ces lignes le tient au courant de la marche de la Fédération à laquelle Régnier ne cesse de s'intéresser. Hélas ! si son esprit est toujours clair, son corps terriblement mutilé ne réagit plus aux remèdes.

Et le 3 novembre 1966, le lieutenant Pierre Régnier rend le dernier souffle de la vie de martyr que fut la sienne depuis la dernière de ses blessures reçue au Chemin des Dames en juillet 1917, à l'âge de vingt ans.

Pendant 45 ans, il aura tout donné, son intelligence, son cœur, son énergie pour défendre la cause de ses compagnons de misères.

Selon sa volonté, il repose au petit cimetière parisien de Vaugirard, dans le carré de ses camarades de l'I.N.I., comme lui morts pour la France.

Bien d'autres dirigeants de la Fédération sont morts depuis sa création. Le dernier en date est Marcel Hoëltzel, décédé brusquement quelques heures à peine après la clôture de notre congrès 1971. Trésorier général, il aura veillé jusqu'au dernier moment de sa vie, avec une rare compétence, sur les finances fédérales.

Les années passent, les nouvelles générations prennent la relève de leurs aînés à une cadence accélérée. Dans les divers organismes de la Fédération, elles sont de plus en plus la majorité : conseil d'administration fédéral, comité directeur, présidents et bureaux des sections départementales et régionales. Ceux de la guerre 1939-45 prétendent qu'ils ne sont déjà plus des jeunes ; sans doute, mais trois générations ont fait la guerre. Disons qu'elles sont composées des anciens, des mi-anciens et des jeunes.

Souhaitons que les plus jeunes aient l'occasion de célébrer le centenaire de la Fédération en l'an 2022, pourquoi pas ? Même peu nombreux, s'il ne surgit pas une quatrième génération de combattants, ils resteront les plus grands mutilés de guerre.

Quoi qu'il en soit, les « durs-à-cuire » de 1914-18 - il en reste encore un nombre important - souhaitent ardemment que les mi-anciens et les jeunes suivent sans désemparer l'exemple de leurs anciens qui se sont battus pour que soit donnée une vie décente à ceux qui ont été le plus déchirés dans leur chair en défendant la patrie.

Georges GAURIAULT
en 1972, année du cinquantième anniversaire de la Fédération
extrait de la plaquette éditée pour le congrès national de ce cinquantenaire

1972

Raymond Méray est élu président fédéral.

A sa droite,
le président honoraire, Georges Gauriault ;
le vice-président,
maître Etienne Millot.

Depuis que ces lignes ont été écrites, plus de trente années sont passées. Y aura-t-il quelqu'un pour en écrire l'histoire ? La question est posée, mais la réponse n'est pas encore donnée !
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