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Le charme d'Eden repose sur une authenticité intacte

La structure du village d'Eden n'a pas changé depuis les années 1800. Aujourd'hui comme hier, on ne trouve que des fermes à Eden,  constituées d'un nombre élevé de bâtiments, plus de dix en général, construits de façon traditionnelle, en bois, et peint du rouge typique "de Falun". Ses habitants ont eut la bonne idée de conserver en l'état ces bâtiments. 

Un village de fermiers

Un de ces fermes vieille de plus de deux siècles est celle de Nina, où nous habiterons pendant quelques mois. Tous les batîments, étable, écurie, réserves à grains, atelier à fromages, les garages, les trois maisons d'habitations sont en bois. La maison numérotée 131 est la résidence principale , seul batîment peint en blanc.

En 1550, Eden comptait deux fermiers, cinq en 1789, dix en 1858. Ce chiffre n'a pas varié depuis. Eden n'a jamais été un village très riche, en raison d'hivers rudes, qui ont toujours rendu l'agriculture difficile. Une ferme comptait en général moins de dix vaches, un cheval, et quelques cochons, moutons et chèvres. 

En été, les champs les plus proches du village étaient cultivés et leurs récoltes stockées, pour fournir l’alimentation des habitants et des bêtes en hiver. Les animaux demeuraient à l’écart du village, souvent sous  la surveillance d’une jeune fille qui habitait ainsi seule, dans une petite cabane ("Fäbod") près des bêtes. La maman de Nina a connu cette époque et à elle-même habitée seule dans la forêt pour surveiller les bêtes durant l'été.

Les "35 heures" d'Ida

Ecoutons une jeune femme du village, Ida, née en 1903 raconter ses journées : 

"Je gardais les animaux de mes frères, Abraham, Joseph, Olle, et Daniel, et ceux d'autres propriétaires. Cela représentait au total dix vaches et quinze chèvres. Chaque matin je me levais à 5 heures, faisais mon café, puis sortais traire les animaux en comptabilisant avec soin la quantité de chaque propriétaire.

Je partais ensuite puiser de l'eau à une source éloignée de cent cinquante mètres, deux fois par jour. L'eau était nécessaire à la confection des fromages. Ce travail terminé, je donnais à manger aux veaux, puis j'écrémais le lait avant de déjeuner. 

Après la vaisselle, je préparais le fromage de chèvre ou le fromage de vache selon le jour, j'accompagnais les bêtes sur leurs pâturages, rentrais faire le ménage, puis nettoyais les étables. Vers cinq heures de l'après-midi je rentrais les bêtes à l'étable, pour les traire à nouveau, et fabriquer le fromage du soir, avant de me coucher, après vingt et une heure. 

Une fois par semaine je marchais huit kilomètres, avant de retrouver mon vélo, puis le village vingt kilomètres plus loin, où chaque fermier attendait sa production de fromage. C'était un trajet difficile, mais avec au bout le bonheur de retrouver les siens. Tous les samedis soir, mon petit copain venait me retrouver. Et là on s'amusait !" 

Ces informations sont extraites d'une étude réalisée par Ann Renstrôm en 1999, sous l'égide de la municipalité de Solleftea 

Eden aujourd'hui

Les fermiers sont presque touts partis, mais les batiments sont toujours là. Seules deux fermes sont encore en activités. Les autres sont occupées souvent par les descendants de ces valeureux fermiers. Ils travaillent à Junsele et dans les environs. Eden reste un lieu à part, convoité par beaucoup des habitants de la région tombé sous le charme du lieu, et son authenticité. L'un d'entre eux s'est installé il y a quelques années. Il est chirurgien du coeur, et semble tombé suffisament amoureux de l'endroit pour cultiver sa terre. Quelque chose me dit que l'histoire n'est pas finie.